Chez les super-héros au cinéma, il y a le meilleur, mais aussi le nettement moins bon et le franchement décevant. Dans cette dernière catégorie, Thor avait remporté la palme. En effet, la présence de Kenneth Brannagh aux manettes nous avait fait espérer un film plus subtil et plus profond que la moyenne du genre. C’est exactement l’inverse qui s’est passé puisque le résultat fut extrêmement moyen et relativement inintéressant. Du coup, il n’y avait pas grand-chose à attendre de ce Thor, le Monde des Ténèbres, réalisé Alan Taylor, un illustre inconnu (en charge aussi de Terminator 5 néanmoins). Et pourtant…
Bon, soyons clair, Thor, le Monde des Ténèbres reste un divertissement basique. Mais au moins, il revient aux fondamentaux avec de l’action, de l’action et encore de l’action. L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais offre au moins aux personnages l’occasion de prendre un tout petit peu d’épaisseur. Dommage simplement que le combat final soit si décevant et tourne un peu au grand n’importe quoi. Mais bon, on en a pris assez plein les yeux précédemment pour ne pas trop s’appesantir là-dessus.
Mais globalement, la plus grande limite de cette franchise reste Chris Hemsworth. Certes, il a le physique de l’emploi, mais certainement pas le talent. Dans le genre grand baraqué, on lui préfère mille fois Chris Evans, beaucoup plus convaincant en Captain America (qui fait une toute petite apparition dans le film… mais alors vraiment toute petite). Il n’arrive absolument pas à donner assez de personnalité à son personnage pour qu’on s’y attache vraiment. Cela tire vers le bas tous les élans épiques de Thor, le Monde des Ténèbres. Heureusement, son frère maléfique est toujours parfaitement interprété par Tom Hiddelson. Mais cette dissymétrie ne permet pas à ce duel de prendre la dimension qu’il devrait posséder.
Au final, Thor, le Monde des Ténèbres n’est pas décevant. Il est même un peu mieux que ce à quoi on pouvait s’attendre. C’est-à-dire un petit peu mieux que franchement médiocre.
LA NOTE : 10,5/20

Reste le plaisir réel d’admirer un beau casting. Valéria Bruni Tedeschi est égale à elle-même, avec son charisme et cette expressivité, qui fait oublier cette voix érayée qui serait insupportable chez n’importe qui d’autre. A ses côtés, Louis Garrel confirme qu’il n’a pas son pareil dans les rôles de jeune minet, même si son talent lui permettra sûrement d’être convaincant dans bien d’autres registres. Les acteurs italiens ne sont pas non plus en reste, avec en premier lieu Filippo Timi, particulièrement émouvant.
Cependant, on peut aussi poser la légitime question de l’utilité d’une telle adaptation. En effet, Quai d’Orsay propose de vrais moments de bonheur, mais le tout paraît un peu bancal et inabouti. En restant trop près de la bande-dessinée, Bertrand Tavernier a peut-être oublié de faire un film. Je suis pourtant un grand défenseur de la fidélité dans les adaptations, mais dans le cas qui nous intéresse, le film aurait gagné à une plus grande distance entre les deux versions. Mais plus largement, on peut globalement remettre en question la pertinence d’une retranscription à l’écran d’un univers graphique fait pour le papier.
Inside Llewyn Davis a cependant par ailleurs de grandes qualités. Tout tourne largement autour du personnage principal et ce dernier est très réussi. La manière dont il subit une loi de Murphy implacable est un ressort comique qui n’a rien de nouveau, mais les frères Coen l’utilisent avec leur poésie et leur subtilité habituelles et arrivent ainsi à donner un réel intérêt à leur histoire par ce biais. Le tout est complété par l’omniprésence de la musique folk qui ravira tous les amateurs du genre. Mais encore une fois, j’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose, une petite étincelle pour que tout ça décolle vraiment.

Le casting est de haute volée, même si chacun reste dans un registre assez habituel pour lui. On a souvent raillé les limites d’une Marion Cotillard ou d’un Clive Owen, mais Guillaume Canet arrive vraiment à tirer le meilleur de ces derniers, leur permettant d’exprimer pleinement leur charisme naturel. A leurs côtés, Mila Kunis et le toujours épatant Matthias Schoenaerts restent des valeurs sûres, eux-aussi parfaitement mis en valeur. Enfin, le personnage principal est interprété par un Billy Crudup qui tient là son rôle le plus marquant depuis Watchmen.
Mais ce qui fait encore plus la différence, c’est le petit plus apporté par le réalisateur Bong Joon -Ho, qui nous avait déjà enchantés avec The Host ou Mother, réalisés en Corée du Sud. Avec Snowpiercer, il réalise la synthèse parfaite entre le cinéma coréen et hollywoodien. Il allie une maîtrise narrative, visuelle et technique propre au cinéma américain, tout en insufflant l’énergie et surtout la diversité du cinéma venu de Séoul. En effet, on passe ici de scène d’action ultra-violente à des passages flirtant avec la comédie sans aucun problème. Cela donne un résultat peut-être quelque peu déstabilisant pour le spectateur occidental, mais qui ravira tous ceux qui aiment ce cinéma si particulier et toujours si jouissif.

Des images d’une telle beauté ne doivent pas faire oublier le duo d’acteurs qui participent largement à la réussite de Gravity. Si George Clooney fait jouer sa classe habituelle, on peut être plus surpris par le charisme dont fait preuve Sandra Bullock. On lui connaissait un certain talent, mais sa filmographie ne nous avait pas habitué à des choix aussi judicieux. Il y a des rôles à ne pas rater, qui peuvent effacer d’un coup tous les navets de la terre et celui-ci en fait partie.
Il en résulte que L’Extravagant Voyage du Jeune et Prodigieux T.S. Spivet est un film sans doute plus classique dans la forme que ce l’on aurait pu imaginer. Mais cela n’enlève rien à ses qualités de poésie, à cette douce mélancolie qui le caractérise. Il ne s’agit pas d’un film pour enfants, contrairement à ce qu’on essayé de nous vendre les distributeurs, mais un film sur l’enfance, sur les souffrances et l’incompréhension qui naissent de la distance et des non-dits entre parents et enfants. Un road movie qui prend les codes du genre à l’envers, où le personnage principal ne va pas grandir, mais au contraire apprendre à nouveau à n’être qu’un enfant.
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