Le problème quand vous lisez trop de critiques élogieuses concernant un film est que vous vous attendez forcément au petit chef d’œuvre, au risque d’être déçu si le résultat est seulement très bien. Ce fut mon cas avec Blue Jasmine, objectivement un excellent Woody Allen, mais peut-être pas aussi génial qu’annoncé de mon humble point de vue. Mais ce n’est que mon point de vue…
En tout cas, si une chose n’est pas du tout survendue, c’est bien la performance de Cate Blanchett. Elle est absolument extraordinaire, affichant une expressivité qu’on le lui connaissait pas en dehors de son charisme toujours aussi prégnant. Elle inonde Blue Jasmine de sa classe et insuffle au film une énergie qui constitue à elle seule une raison valable de s’enthousiasmer. Cela restera sûrement un de ses rôles les plus marquants, de ceux qui pourraient facilement valoir un Oscar si Woody Allen était soutenu par un grand studio hollywoodien.
Par contre, à côté de ça, j’ai trouvé que Blue Jasmine ne racontait pas grand chose. L’intrigue est déjà en elle-même assez limitée, avec une évolution somme toute prévisible du personnage. Ca manque un tantinet de matière pour créer une vraie tension narrative. Quand au fond, il y a certes une critique de la haute société où seules les apparences règnent, mais cela ne va pas très loin dans la réflexion. Au moins, cela évite les poncifs et les raccourcis faciles qui auraient pu facilement accompagnés ces sujet, mais sans pour autant apporter une opinion originale ou intéressante.
Au final, Blue Jasmine reste un divertissement intelligent et une performance assez éblouissante d’une grande actrice. Mais je ne le qualifierai certainement pas de meilleur Woody Allen depuis 15 ans comme certains !
LA NOTE : 13/20
Production : Perdido productions
Cate Blanchett : Jasmine

Ma Vie avec Liberace présente aussi un intérêt cinématographique réel. Si la réalisation de Soderbergh est plus sobre qu’à son habitude, le cinéaste nous montre (une dernière fois?) qu’il a toujours su diriger merveilleusement bien les acteurs. Certes, il a toujours bénéficié de casting assez incroyables. Mais si les comédiens se sont toujours pressés pour tourner avec lui, ce n’est pas pour rien. Avec à l’affiche un duo aussi prestigieux que Michael Douglas – Matt Damon, il partait avec un sérieux atout dans sa manche. Mais la manière dont il est arrivé à pousser ces deux immenses stars dans des territoires inhabituels nous offre deux numéros d’acteurs valant à eux seuls le déplacement.
Il n’en reste pas moins que les Miller, une Famille en Herbe reste quand même une comédie drôle et qui fonctionne. C’est relativement rythmé, les situations sont variées et si cela ne vole jamais très haut, cela ne sombre jamais dans une réelle vulgarité. On pousse de vrais éclats de rire, on s’attache aux personnages et on ne s’ennuie jamais. Bref, tout ce que l’on recherche dans une comédie… même si, encore une fois, tout cela provoque aussi une certaine frustration car cela aurait gagné à être encore plus méchant et plus réellement, plus profondément subversif.
Le soucis qu’il ne ressort au final pas grand chose de Jimmy P (Psychothérapie d’un Indien des Plaines). Les dialogues finissent pas s’éterniser et tourner en rond. On ne saisit pas dans quelle mesure il s’agit d’un processus par lequel le malade avance. Du coup, on décroche pour finir par franchement s’ennuyer, puisque l’on est devenu totalement indifférent à des propos dont le sens nous échappe de plus en plus. Puis le film se termine sans que l’on sache trop pourquoi à ce moment-là et pas à un autre.


Il est cependant vrai que No Pain No Gain nous laisse sur une impression un peu bizarre. Parce que mine de rien, on finit par aimer ces trois crétins, anti-héros absolus. Mais quand on nous apprend à la fin que deux d’entre eux ont finalement été condamnés à mort, on se rappelle d’un coup que leur bêtise les ont transformés en meurtriers. Ca gâche un peu la légèreté que dégage ce film vraiment drôle par ailleurs.

Malheureusement, la démarche n’est pas toujours totalement convaincante. Par contre, le casting de très grande qualité tient Grand Central à bout de bras et donne assez de vie aux personnages pour qu’on se laisse prendre par l’histoire, malgré quelques longueurs. Tahar Rahim et Olivier Gourmet, dans des registres très différents, font étalage de tout leur talent. Mais la vraie star de ce film est l’époustouflante Léa Seydoux, plus belle, charismatique et troublante que jamais. Elle prend une dimension supplémentaire à chacune de ses performances et on se demande où elle s’arrêtera.
Au final, on oublie totalement la réalisation sans grande imagination et l’émotion parfois un peu facile. On se laisse facilement convaincre par cette histoire qui doit beaucoup à l’immense Forest Whitaker, qui confirme là son incroyable charisme. Après un Oscar pour le Dernier Roi d’Ecosse, il est incontestablement en lice pour une seconde statuette avec le Majordome. Le film en lui même ne devrait pas connaître un tel bonheur, mais il serait dommage de bouder notre plaisir face au meilleur film de cette rentrée cinématographique.
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