Comme certains semblent avoir découvert le dopage dans le cyclisme il y a à peine un mois, voici que l’on découvre la corruption dans le football. Après les révélations sur l’attribution de l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, voici les matchs achetés pour favoriser des parieurs. Cela fait beaucoup en moins d’une semaine, mais est-ce vraiment étonnant ? Non, à moins d’être complètement aveugle ou naïf.
L’attribution des grandes compétitions a toujours été sujette à des manœuvres douteuses. La France est bien placée pour le savoir, quand on connaît les détails des échecs successifs de Paris pour obtenir les Jeux Olympiques. On s’est moins vanté par contre de la manière dont on a devancé la Turquie pour l’organisation de l’Euro 2016. Il n’y a eu sans doute pas de corruption, mais quelques intrigues de palais guère reluisantes. On se souvient aussi de la manière dont Atlanta a piqué les Jeux du centenaire à Athènes, ou bien les scandales autour de la victoire de Salt Lake City pour les Jeux d’hiver. Bref, rien de nouveau sous le soleil, argent et manœuvres politiques ont toujours été utilisés pour soutenir ce genre de candidatures. Le tort des Qatari ? Celui d’avoir tellement d’argent que ça ne pouvait pas ne pas se voir… Mais sinon, ils n’ont fait que perpétuer une longue tradition…
Par contre, l’irruption de l’argent des paris dans le football est un phénomène beaucoup plus récent. Et nettement plus condamnable aussi, puisqu’il touche à l’intégrité des compétitions, indépendamment du lieu où elles se déroulent. Par contre, la corruption et les matchs truqués ne représentent pas une innovation. Simplement, elles se déroulaient à l’intérieur du monde du football, avec des présidents prêts à tout pour faire gagner leur club. Désormais, ce sont des éléments extérieurs qui viennent acheter des victoires. Ceci est beaucoup plus inquiétant, car nettement plus incontrôlable. Mais la lutte contre ce phénomène s’organise. Espérons que les révélations récentes marquent avant tout la fin d’une certaine impunité.
La tricherie en sport a toujours existé et existera toujours. Mais si on peut comprendre que le désir de vaincre pousse certains à s’écarter du droit chemin, il est totalement insupportable de voir des forces qui se moquent du nom du vainqueur mais cherchent juste à maximiser leur gain venir troubler la noble incertitude du sport.
Parmi tous ceux qui, sur Terre, vivent en nous racontant des histoires (je ne parle pas des politiciens ici, mais bien des artistes…), il y a ceux qui pour nous intéresser et de se démarquer des autres sont obligés d’en faire plus : plus d’action, plus de rebondissements, plus de sexe, plus de provocation… Et puis, il y a ceux qui ont assez de talent pour vous passionner même lorsqu’ils vous parlent du temps qu’il fait. Steven Spielberg est de ceux-là, un extraordinaire conteur. Peut-être le plus grand de l’histoire du cinéma, ce qu’il nous confirme avec un formidable Lincoln.
Depuis 4 ans, la guerre de Sécession ensanglante les Etats-Unis d’Amérique. Le Président Lincoln, fraîchement réélu, cherche à tout prix à faire adopter un 13ème amendement à la Constitution qui abolirait l’esclavage, enlevant toute justification à ce conflit. Mais les résistances sont nombreuses au sein du Congrès. Surtout que le Sud est au bord de la défaite et serait prêt à négocier. Un processus qui pourrait être compromis si le texte est voté.
2012 nous avait montré avec Margin Call qu’on pouvait faire du grand cinéma avec les cours de la bourse et la crise économique. 2013 nous prouve que cela est également possible avec une bataille législative. Certes, le film politique n’est pas un genre nouveau et il existe quelques chefs d’œuvre du genre. Mais cela passe souvent par une dramatisation qui en fait des polars déguisés. Lincoln n’est pas un polar, c’est un récit sans fard et sans esbroufe, nous plongeant au cœur d’un des tournants les plus marquants de l’histoire politique américaine.
Lincoln est un film à base de gens debout ou assis et qui se parlent. Bien sûr, l’enjeu est assez important pour assurer un début d’intérêt. Mais pour le maintenir, le faire grandir encore et encore pendant 2h30, il faut du génie. Il faut savoir mettre en scène, au sens premier de terme, son propos. Il faut savoir créer une tension constante, il faut toujours créer l’envie chez le spectateur de connaître la suite des évènements, il faut rendre grandiose et puissant ce qui n’est que des mots. Des mots, toujours des mots, mais des mots qui frappent, qui serrent le cœur et qui marquent d’une encre indélébile l’Histoire, celle avec un grand H.
Je suis rentré dans Lincoln à la première seconde pour ne jamais en sortir. Le film n’est pas long, il est parfait (oui bon, la perfection n’est pas de ce monde, je sais, mais j’ai l’humeur lyrique aujourd’hui). Rien n’y est vain, rien n’y est inutile. Tout concourt à retranscrire toute la force de combat, tout l’enjeu pour un homme, un pays, pour l’humanité. Oui, c’est du très grand cinéma car, par le son, par l’image et par les acteurs, le film rend passionnant ce qui aurait pu être profondément ennuyeux !
Bien sûr, Lincoln est une hagiographie. Sans doute, le point de vue sur ce personnage mythique n’est-il pas totalement objectif, même si le film cherche à le dépeindre avec toute sa complexité. Comme le dit si bien un des personnages du film, pour voir aboutir une grande cause, il faut être prêt parfois à accepter les compromissions. Steven Spielberg est particulièrement sensible à cette thématique. Mais là où il a avait échoué avec Amistad, il réussit ici avec grandeur à délivrer un message de manière éclatante. Ce dernier est assez puissant pour ne pas chercher à regarder avec un microscope s’il respecte à lettre la vérité historique.
Le cinéma de Steven Spielberg s’est toujours démarqué par un sens de la narration hors du commun. Mais bien sûr, à côté de ça, il y a aussi un grand metteur en scène, même s’il n’est pas Kubrick ou Tarantino. Lincoln est un film également parfaitement abouti artistiquement. La complicité du réalisateur avec son compositeur John Williams fonctionne toujours aussi bien. Mais la réalisation et la photographie restent d’une sobriété remarquable, là où on avait pu reprocher à la Liste de Schindler un trop grand esthétisme. Elle est comme le plus réussi des maquillages, celui qui sublime la beauté, sans que l’on remarque pour autant sa présence. Il a mis sa caméra au service de son propos et elle l’a servi avec talent digne de la grandeur de la tâche.
Lincoln sera aussi peut-être le plus grand rôle de la carrière de Daniel Day Lewis. Et quand on connaît la rareté de ses apparitions, tant il les choisit avec un soin particulier, on peut mesurer l’extraordinaire éclat de sa performance. Certes, rentrer dans la peau d’un personnage historique, c’est un peu l’Oscar assuré et l’usine à superlatifs. Mais ce coup-ci, ces derniers sont infiniment mérités et jamais trop élogieux. Je ne voudrais pas oublier ici Tommy Lee Jones qui apporte vraiment sa pierre au magnifique édifice que ce film constitue, même si c’est tout le casting qui est à saluer.
Steven Spielberg nous avait fait craindre un certain essoufflement avec Tintin et Cheval de Guerre. C’est reculer pour mieux rebondir, tant ce Lincoln est un film au contenu magistral et à la forme parfaite dans sa sobriété.
Fiche technique : Production : 20th Century Fox, Dreamworks Pictures, Reliance Entertainment, Participant Media Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Steven Spieblerg Scénario : , d’après le livre de Doris Kearns GoodwinTony Kushner Montage : Michael Kahn Photo : Janusz Kaminski Format : 35mm Décors : Rick Carter Son : Ronald Judkins Musique : John Williams Directeur artistique : Leslie McDonald, David Crank, Curt Beech Durée : 149 mn
Casting : Daniel Day-Lewis : Abraham Lincoln Joseph Gordon-Levitt : Robert Lincoln David Strathairn : William Seward Sally Field : Mary Todd Lincoln Tommy Lee Jones : Thaddeus Steven John Hawkes : Robert Latham Hal Holbrook : Preston Blair James Spader : W. N. Bilbo
On se demandait quel XV de France nous allions retrouver pour ce Tournoi des 6 Nations 2013. L’équipe poussive et hésitante du Tournoi 2012 ou celle fringante des tests matchs d’automne ? La proximité dans le temps nous permettait d’espérer la seconde, mais ce fut la première qui nous a été offerte. La première, mais en pire, tant le niveau affiché par l’Equipe de France cette après-midi à Rome fut déplorable.
Qu’il y-a-t-il à sauver ce la prestation du jour ? Rien, strictement rien. La France ne fut supérieure à l’Italie dans aucun compartiment du jeu, bien au contraire. La première mi-temps pouvait donner à penser que la Squadra Azura finirait par céder physiquement en fin de match. Ce ne fut absolument pas le cas. L’impact physique, tout autant que la détermination n’était pas du côté du XV de France et si nos trois-quarts vont vite, commettre autant de fautes de mains, être incapable de réceptionner une chandelle à la lutte annihilent totalement cet avantage.
Que peut faire Philippe Saint-André face à un tel désastre ? Pas grand chose, tant il fut massif. On peut pointer quelques défaillances individuelles, mais c’est toute l’équipe qui a sombre car personne côté français ne s’est montré digne de son rang. On peut évidemment s’attendre à des changements pour le prochain match, mais il est difficile aujourd’hui de faire des pronostics sur ceux qui en feront les frais.
Pour une équipe qui visait le Grand Chelem, le XV de France a tout simplement été lamentable aujourd’hui. Espérons qu’après avoir touché le fond, il saura rebondir. A moins qu’il ne puisse creuser encore…
Kathryn Bigelow a sans doute signé l’Oscar le plus inattendu avec son Démineurs. Une film que j’avais beaucoup apprécié, sans imaginer qu’il puisse remporter le prix le plus prestigieux du cinéma mondial. Un film qui apportait une regard neuf et sans concession sur la souffrance psychologique des soldats américains embraqués dans une guerre sans fin en Irak et en Afghanistan. Faire un film sur la traque et l’exécution de Ben Laden aurait pu donner le pire résultat qui soit. Mais elle était la femme de la situation et nous livre finalement ce très réussi Zero Dark Thirty.
11 septembre 2001, Oussama Ben Laden devient l’ennemi mondial numéro 1. Mais les années passent et il reste introuvable. Alors, la CIA se tourne progressivement vers d’autres priorités. Maya ne veut pourtant pas lâcher la piste qui la conduirait à Abu Ahmed, le messager personnel du leader d’Al-Qaïda, malgré les ordres de sa hiérarchie. Seule contre tous, sa persévérance finira par payer…
Bon, je ne gâche pas trop le suspense en laissant entendre que Zero Dark Thirty se termine par l’exécution de Oussama Ben Laden. L’intérêt du film est évidemment dans le comment, dans la découverte de l’envers du décor d’évènements qu’on nous a raconté à la télévision. En cela, ce film est un remarquable film d’espionnage, infiniment plus réaliste que le reste du genre. Kathryn Bigelow mélange forcément beaucoup de fiction avec la réalité, surtout que le scénario avait été écrit avant que Ben Laden ne soit retrouvé (et a donc été profondément transformé suite à cela).
Il y a eu une forte polémique aux Etats-Unis autour de Zero Dark Thirty, l’accusant de faire l’apologie de la torture. Le film nous livre surtout une vision loin de toute naïveté. On sait quand même très bien qu’elle s’est pratiquée longuement après 2001 et il aurait été ridicule de nier son rôle dans l’obtention de renseignements. Certes, Kathy Bigelow ne cherche pas à dénoncer. En fait, son film ne cherche pas à donner une opinion. Il reconstitue les évènements, nous les montre de manière assez froide et distante. A chacun de se faire une opinion.
Ce recul et cette neutralité donnent tout son intérêt à Zero Dark Thirty. Bien sûr, c’est un hommage aux services de renseignements américains, à la ténacité de certains de ses agents. Mais justement, le film montre bien à quel point ce ne sont pas de super-héros à la James Bond, mais juste de hommes et des femmes prêts à mettre toute leur énergie pour chercher une aiguille dans une botte de foin. Il montre l’ingratitude de ce travail de fourmi, où l’on risque sa vie, sans vraiment vivre de grandes aventures, faites de glamour et d’action.
Mais ce regard un peu froid constitue aussi la limite de Zero Dark Thirty, d’un point de vue cinématographique. Il bride quelque peu l’enthousiaste du spectateur, qui peut s’enflammer pour un film à thèse fortement romancé, comme l’a pu être JFK d’Oliver Stone en son temps. Ce film parle plus à notre raison qu’à notre cœur, même si la longue scène finale de l’assaut est assez prenante pour avoir le cœur qui se serre un peu en pensant à la portée des évènements.
Tout comme Démineurs, Zero Dark Thirty est un film magnifique visuellement, mais qui manque un peu d’une légère étincelle. Kathy Bigelow est une réalisatrice remarquable, le travail de photographie sur ce film était vraiment sublime. Si on y rajoute la musique d’Alexandre Desplat, on est vraiment face à une œuvre artistiquement très abouti. Mais encore une fois, j’ai aussi trouvé que tout cela reste quand même un rien contemplatif et manque d’un léger souffle. Au final, il y a peut-être un bon quart d’heure de trop. A vouloir éviter les raccourcis, l’histoire décortique un rien à l’excès les évènements.
Zero Dark Thirty repose fortement sur les épaules de la pourtant frêle Jessica Chastain. Mais son interprétation remarquable, qui pourrait lui valoir un Oscar (même si on espère tous qu’Emmanuelle Riva sera récompensée à sa place), sublime vraiment son personnage. Elle arrive à nous faire ressentir toute la force et toute la faiblesse qui se trouvent réunis dans cette femme dont la ténacité parfois horripilante sera finalement récompensée.
Zero Dark Thirty évite donc tous les pièges dans lesquels il aurait pu facilement tomber. Témoignage historique plutôt qu’œuvre de fiction passionnante, il fait définitivement de Kathy Bigelow une grande réalisatrice.
Fiche technique : Production : Annapurna Pictures Distribution : Universal Pictures International France Réalisation : Kathryn Bigelow Scénario : Mark Boal Montage : William Goldenberg Photo : Greig Fraser Décors : Jeremy Hindle Son : Paul N.J. Ottosson Effets spéciaux : Richard Stutsman Directeur artistique : Ben Collins, Rod McLean Durée : 149 mn
Casting : Jessica Chastain : Maya Joel Edgerton : Patrick Jason Clarke : Dan Jennifer Ehle : Jessica Reda Kateb : Ammar Kyle Chandler : Joseph Bradley
On se rappelle des grandes lois et de ceux qui les ont porté. Jules Ferry et l’école gratuite, laïque et obligatoire. La loi de 1901 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat sous l’égide de Waldeck-Rousseau. Les congés payés inventés par le Front Populaire. Simone Veil et la légalisation de l’avortement, Robert Badinter et l’abolition de la peine de mort. Mais à chaque fois, il y a eu des députés pour s’y opposer, voter contre et expliquer que l’on courait à la catastrophe. Qui se souvient d’eux et de leurs arguments ? Personne ! Car l’histoire est cruelle avec ceux qui croient pouvoir s’opposer à son cours et les fait sombrer dans l’oubli.
On ne sait pas encore quelle place la loi pour le mariage pour tous occupera dans la mémoire collective de notre pays. On ne sait pas non plus si un nom lui sera associé. Parlera-t-on du rôle de Christiane Taubira ? Son discours de mardi sera-t-il vu comme un moment historique ? Seul l’avenir le dira. Mais une chose est sûr, les 97 députés qui ont voté ce matin contre l’adoption du premier article de la loi disparaîtront des mémoires. Personne ne verra comme un acte significatif celui de s’être opposé à quelque chose voué à devenir aussi naturel que les congés payés ou la scolarisation universelle.
On ne fait pas de la politique pour rentrer dans l’histoire, mais pour défendre des idées. Ces 97 députés étaient donc en droit de défendre les leur. Dans notre pays, on est toujours libre de ne pas prendre le train, serait-ce celui de l’histoire. De toute façon, à une autre époque, ces 97-là se seraient opposés à l’invention de la roue…
Il nous l’avait dit qu’il serait de retour, il nous l’avait promis et il a tenu parole. Après des caméos dans les deux The Expandables, Arnold Schwarzenegger est à nouveau sur nos écrans avec Le Dernier Rempart. Certes, cela pouvait faire peur à première vue. On pouvait craindre l’ode à l’auto-défense écervelé. Finalement, on a droit à un joli moment d’auto-dérision et tout simplement un bon western.
Ray Owens a connu la violence et la mort lorsqu’il était flic à Los Angeles. Désormais, il est le simple shérif d’une petite ville désespérément tranquille à la frontière entre Etats-Unis et Mexique. Mais au même moment, le pire chef de cartel qui soit s’évade selon un plan qui va l’amener à traverser cette sympathique bourgade. Mais cette dernière va se préparer à le recevoir.
S’il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Arnold Schwarzenegger, c’est bien de manquer de sens de l’auto-dérision. Il en avait fait déjà preuve dans Last Action Hero, un de mes films culte, dans les années 90, où il n’hésitait pas à se dépeindre comme un abruti et à démonter tous les codes des films d’action qui ont fait sa fortune. Au moins, l’homme à du recul sur lui-même et sur son œuvre qui, si elle ne nous a jamais fait mal à la tête, nous a quand même réservé quelques très bons moments de bonheur cinématographique.
Et bien, Le Dernier Rempart se situe exactement dans la même lignée. On retiendra notamment cette réponse donnée par son personnage à la question « how do you feel ? » : « Old ! ». Le film est constellé de clins d’œil à sa propre carrière et à son retour à 65 ans dans le cinéma d’action. Il est aussi marqué constamment par un humour parodique et très second degré. Les méchants sont des caricatures et les héros ne sont pas vraiment des héros. Plutôt des gens comme tout le monde qui cherchent à faire comme les héros des films d’action. Bref, ce film ne se prend jamais au sérieux et on l’apprécie d’autant plus pour cela.
A côté de ça, Le Dernier Rempart est un western, un vrai. Certes, on se situe au XXI ème siècle mais qu’importe, les codes sont les mêmes. Il y a toujours des shérifs et des hors-la-loi qui s’attaquent aux petites villes. Cela donne quelques belles fusillades et un duel final que n’auraient pas renié John Ford ou Sergio Leone. Et si les voitures de sport ont remplacé les chevaux, on retrouve vraiment tout ce qui a fait la grandeur du western des années 60. Entre John Wayne et Arnold Schwarzenegger, les mentons des shérifs sont tout toujours aussi carrés.
Pour couronner le tout, Le Dernier Rempart nous livre des scènes d’action convaincantes et parfaitement réalisées. Certes, encore une fois, elles ne se prennent pas au sérieux et sont fortement marquées par le second degré, mais cela ne les empêche pas d’être particulièrement spectaculaires et réussies. Tout ces ingrédients font de ce film un excellent moment de divertissement bon enfant et qui ne vous coûtera pas trop de neurones.
Le Dernier Rempart est un peu plus qu’une série B. Il suffit de regarder le casting. Aux côtés d’un Arnold Schwarzenegger toujours inexpressif, mais toujours aussi parfaits dans ses rôles, on retrouve notamment le trop rare Forest Whitaker, pour une contraste entre flic du FBI des villes contre shérif des champs. Le méchant est interprété par Eduardo Noriega, que l’on avait déjà vu récemment dans un western crépusculaire, Blackthorn. Il est secondé par Peter Stormare qui est décidément spécialiste des rôles d’homme de main des pires truands. Il faut dire qu’avec son physique…
Le Dernier Rempart est donc une des bonnes surprises de ce début d’année, grâce à une bonne dose d’auto-dérision, qui n’enlève rien au caractère spectaculaire et jouissif de l’action.
Fiche technique : Production : Lionsgate, Di Bonaventura Pictures Distribution : Metropolitan Filmexport Réalisation : Kim Jee-Woon Scénario : Andrew Knauer Montage : Steven Kemper Photo : Ji Yong Kim Format : 35mm Décors : Franco Carbone Musique : Mowg Effets spéciaux : Josh Hakian Directeur artistique : James F. Oberlander Durée : 104 mn
Casting : Arnold Schwarzenegger : Ray Owens Rodrigo Santoro : Franck Martinez Eduardo Noriega : Gabriel Cortez Luis Guzman : Mike Figuerola Johnny Knoxville : Lewis Dinkum Forest Whitaker : Agent Bannister Peter Stomare : Burell
Il y a un an, j’étais circonspect, mais je ne peux nier que j’étais aussi assez excité à l’idée de voir David Beckham revêtir le maillot du PSG. Il s’agit quand même d’un des joueurs les plus mythiques de l’histoire du football, bien au-delà de sa simple valeur purement sportive. Une telle star dans le championnat de France, voilà quelque chose qu’on avait pas vu depuis jamais. Finalement, il n’est pas venu, ça a fait rire tout le monde et les supporters s’en sont remis.
Un an plus tard, les choses ont changé. Le PSG a changé, grandi, pris une autre dimension. L’effectif s’est étoffé et possède une arme absolue nommée Zlatan Ibrahimovic. La démonstration hier soir à Toulouse a montré que l’équipe est encore parfois inconstante, mais son jeu atteint quelques sommets rarement vu dans l’Hexagone. La machine à gagner se met doucement en place et si Lyon fait encore de la résistance, la domination écrasante est pour demain. Et pour après-demain, on pense à l’Europe…
Alors la venu de David Beckham apparaît aujourd’hui définitivement uniquement comme une opération marketing. J’ai du respect pour la légende et accueillir un tel joueur est un honneur pour un club, même si l’honneur est cher payé. Mais il ne répond à aucun besoin sportif, surtout après la très bonne prestation de Lucas hier soir, qui pourrait être bien la future star annoncée, reléguant Jérémy Menez sur le banc.
Ancelotti va donc être obligé d’accorder un peu de temps de jeu à l’Anglais, simplement pour justifier l’opération. Certes, le buzz sera là, des maillots seront vendus, apportant au club de la capitale plus de moyens pour demain. Oui, voir David Beckham avec le maillot du PSG ressemble un peu à rêve de gosse. Mais revoir le club parisien champion de France l’est encore plus. Or, je doute fort que la venue du Spiceboy contribue beaucoup à la réussite de cet objectif.
Mais le football est irrationnel. Aimer passionnément le football est irrationnel ! Alors oui, j’avoue, quand même, au fond de moi, au-delà du discours raisonnable de circonstance, David Bekcham au PSG, ça le fait !
Alors que la grisaille a succédé au grand froid, on a tous envie de partir vite au soleil pour faire le plein de soleil et de bonne humeur. Pourquoi ne pas partir à Hawaï ? C’est une bien belle destination ! C’est vrai, mais malheureusement, c’est un peu cher. Alors, on se contentera de s’y rendre par la pensée en écoutant la musique de Jack Johnson, notamment son album To The Sea, qui fleure bon les chemises à fleurs !
Jack Johnson est vraiment le mec qu’on déteste. Déjà, il est né au pays de Magnum et plutôt beau gosse. De plus, il est surfeur et aurait même pu devenir professionnel si un accident ne lui avait appris à avoir peur. Et enfin, il chante et joue de la guitare… Bref, je ne vous raconte pas le succès auprès des femmes… Mais bon, comme il fait tout cela avec infiniment de talent, on lui pardonne. Son succès en France a surtout débuté en 2005, avec son troisième album, In Between Dreams, porté par son tube Good People. To the Sea est lui sorti en 2010.
Dans To The Sea, Jack Johnson mélange toujours avec le même bonheur rock, folk, blues et country. Ses chansons donnent envie d’être écoutées sur la plage, la nuit, autour d’un feu, avec une bière fraîche, tout en contemplant les étoiles. Bref, une musique plutôt tranquille et douce qui donne envie de vivre la belle vie. Tout cela est porté par sa voix suave qu’il utilise avec beaucoup de dextérité pour nous charmer une nouvelle fois.
Bon par contre, il faut bien avouer que même si le soleil d’Hawaï est très plaisant, il n’y a pas grand-chose de nouveau en-dessous. En effet, To The Sea se situe dans la droite lignée de ses albums précédents et ne réservent ni surprises, ni innovations. Jack Johnson fait du Jack Johnson. Pour sûr, il le fait bien, mais on est en droit d’être ne serait-ce qu’un tout petit peu déçu de ce point de vue-là. Certes, quand on était, comme moi, assez fan de sa musique, on savoure, mais sans enthousiasme délirant. C’est toujours aussi bon, mais c’est toujours aussi un peu la même chose.
Mais dans l’absolu, To The Sea reste très bon car il propose une belle densité. De mon point de vue, seul le titre Turn Your Love est en retrait du reste. Sinon, on retrouve une alternance de ballades et de rythmes plus entraînants. S’il varie peu d’un album à l’autre, au moins, ne propose-t-il pas une trop grande monotonie au sein de ses albums. Les titres sont loin de tous se ressembler, même si cela reste toujours paisible et serein. C’est aussi pour ça qu’on aime Jack Johnson et pour ça, on est très heureux qu’il n’ait pas changé. Et si je devais ressortir un seul titre de cet album, je choisirai From the Clouds, un des titres les plus énergiques de cette album. Mais j’aurais tout aussi bien pu à l’inverse, To the Sea est lui tout en douceur et permet d’apprécier pleinement la très belle voix de notre ami surfeur.
Jack Johnson continue son petit bonhomme de chemin avec To The Sea. Un chemin sur lequel on est heureux de l’accompagner, même si on commence à connaître quelque peu le paysage.
Pour finir, passons en revue les titres que l’on trouve sur To The Sea.
1.: You And Your Heart Tout ce que l’on aime chez Jack Johnson, interprété avec entrain et conviction.
2.: To The Sea La voix de Jack Johnson nous charme et nous transporte.
3.: No Good With Faces Ton plus doux, plus posé.
4.: At Or With Me Un titre qui commence au piano, avant une suite entre blues et rock.
5.: When I Look Up Un très court morceau très mélodieux, accompagné de chœurs, qui sonne comme une berceuse.
6.: From The Clouds Un titre presque entraînant, mais surtout excellent !
7.: My Little Girl Un morceau très épuré, presque murmuré.
8.: Turn Your Love Un rien transparent, limite ennuyeux.
9.: The Upsetter Un rock un peu chaloupé.
10.: Red Wine Mistakes Mythology Un peu groovy avec Jack Johnson toujours aussi séducteur.
11.: Pictures Of People Taking Pictures Une ballade un peu fleur bleue pour ados.
12.: Anything But The Truth Une ballade épurée, un rien mélancolique.
13.: Only The Ocean Une ballade qui sonne comme un au revoir.
Il y a des gens qu’on devrait juste détester mais que l’on aime quand même. C’est le cas pour moi de Mario Bartoli. Il s’agit effectivement d’un de mes sujets de billet préféré et j’ai souvent parlé d’elle sur ce blog. Que voulez-vous, j’ai une certaine affection pour elle, malgré mon envie de lui mettre une bonne fessée de temps en temps. Ca n’a évidemment rien de sexuel… Quoique..
Bref, dans un tennis féminin aseptisé, rempli de grandes blondes au charisme de flan, dont le niveau a chuté il y a dix ans pour ne jamais plus remonter, cette petite brune, à la silhouette loin d’être filiforme pour une taille humaine fait un peu tâche. En plus, elle est intelligente avec un QI très supérieure à la moyenne. Toutes ses victoires ont donc été conquises à force de travail et d’abnégation, sûrement pas grâce à un simple don de de la nature qu’elle se serait contentée de cultiver. Marion Bartoli a donc tout d’une héroïne et pourtant, elle s’est souvent heurtée à une certaine froideur de la part du public français.
La faute à une intelligence qu’elle a souvent transformé en prétention, alors que sa carrière aura aussi connu bien des bas indignes de son niveau réel. Mais c’est surtout sa relation avec son père qui nous rappelle un peu trop de mauvais souvenirs au sein du tennis féminin et qui surtout semble la couper du monde réel pour la rendre inaccessible. Avec comme paroxysme son refus de se plier aux règles de vie en groupe, conditions indispensables pour jouer la Fed Cup. Certes, cette compétition ne possède pas la popularité de la Coupe Davis, mais on connaît l’attachement du peuple tennistique français pour les épreuves par équipes.
Tout semble avoir changé depuis un mois. Son père est absent du bord des cours et surtout Marion Bartoli va enfin faire son retour en Equipe de France de Fed Cup. Un retour inattendu qui doit beaucoup à Amélie Mauresmo, la nouvelle capitaine. Mais il vient peut-être avant tout d’une maturité nouvelle, d’une envie de vivre tout simplement. Les Français n’ont jamais aimé les machines à gagner (surtout quand au final, elles ne gagnent pas tant que ça) et leur ont toujours préféré les sportifs sympas avec qui on aurait envie d’aller boire une bière.
Marion Bartoli est sans doute trop avancée dans sa carrière pour changer radicalement sa relation avec le public. Mais ce match de Fed Cup contre l’Allemagne peut représenter un tournant qui lui apportera une partie de l’affection que, d’un côté, elle aura tout fait pour détruire, mais que, de l’autre, elle aurait tant mérité !
Ils sont deux, trois, plus rarement quatre. Ce sont le plus souvent des hommes, même si ça peut aussi marcher en version couple. Ils ne s’aiment pas, ils s’ignorent ou bien ils ne se connaissent pas. Ils vont faire la route ensemble et cela va être l’occasion de créer ou de renouer des liens, de voir naître une amitié, une complicité, un amour fraternel. Voilà la recette immuable du road movie. Il n’y a pas longtemps, le cinéma français nous avait offert Comme des Frères, avec Nicolas Duvauchelle. Voici, désormais Mariage à Mendoza, avec Nicolas Duvauchelle. Mais les mêmes ingrédients ne donnent pas toujours le même résultat.
Antoine et Marcus, deux frères, débarquent à Bueno Aires pour se rendre au mariage de leur cousin. Mais le premier est passablement déprimé car en rupture quasi-consommée avec son épouse. Le second espère que ce voyage remontera le moral à son cadet. Mais lui aussi ne va pas très bien, suivant un traitement qui lui évite de sombrer dans la dépression. Le trajet ne s’annonce donc pas de tout repos.
Mariage à Mendoza est un film qui ne fonctionne jamais très bien, à n’importe quel niveau que ce soit. Déjà, les deux personnages principaux, et les secondaires d’ailleurs, ne sont ni convaincants, ni vraiment attachants. En fait, on s’en fout un peu de ce qui leur arrive, on ne compatit pas vraiment à leurs malheurs. Du coup, cette légère indifférence ressurgit sur tout le film, que l’on suit sans aucun enthousiasme, pour ne pas dire un léger ennui.
Plus globalement, c’est le scénario de Mariage à Mendoza qui est bancal. Certes, les péripéties sont nombreuses et relativement variées, mais ne sont jamais vraiment très drôles et souvent pas très plausibles. Bref, on n’y croit pas, en plus de s’en tamponner un peu le coquillard. Certes, on voyage un peu, l’Argentine semble un très joli pays. Mais, ce pays nous livre assez de films intéressants permettant de les découvrir directement pour ne pas y voir une raison fondamentale d’aller voir ce film très moyen.
Comme on se situe dans un domaine cinématographique où l’offre est pléthorique, on a bien du mal à pardonner une certaine médiocrité. On traverse Mariage à Mendoza avec une impression constante de déjà-vue, mais de déjà-vue en mieux… Edouard Deluc avait bien droit de faire ce film, peut-être qu’il y a mis des éléments assez personnels, mais son œuvre apparaît avant tout pour le spectateur comme une énième version d’une histoire mainte fois racontée. Les routes ne sont jamais les mêmes, mais le parcours des personnages l’est souvent.
Edouard Deluc fait donc preuve d’une certaine timidité pour son premier film. Sa réalisation est propre, sans être ni brillante, ni particulièrement imaginative. Là encore, Mariage à Mendoza ne brille pas particulièrement, sans être foncièrement désagréable. Mais aucune lueur d’intérêt profond ne s’allume jamais au fond des yeux des spectateurs. Le réalisateur n’est pas parvenu à insuffler un vrai souffle à un film qui ne décolle jamais d’une certaine platitude. Et malheureusement, on ne peut même pas dire qu’il a mal exploité un potentiel, car l’idée de départ n’était même pas prometteuse.
Nicolas Duvauchelle met infiniment moins d’enthousiasme dans Mariage à Mendoza que dans Comme des Frères. Le casting est comme le reste du film, sans conviction. Philippe Rebbot est parfois totalement horripilant et l’apparition de Benjamin Biolay est trop courte pour changer quoique ce soit. On se réjouira simplement du charme très prononcé de la jeune et jolie Paloma Contreras.
Mariage à Mendoza n’est pas vraiment un film raté, mais un film pas assez réussi pour donner de l’intérêt à une histoire déjà vue mille fois.
Fiche technique : Réalisation : Édouard Deluc Scénario : Anaïs Carpita, Édouard Deluc, Thomas Lilti et Philippe Rebbot Directeur de la photographie : Pierre Cottereau Montage : Chantal Hymans Directeur artistique : Françoise Joset et Ignacio Luppi Musique : Herman Düne Durée : 1 h 34
Casting : Nicolas Duvauchelle : Antoine Philippe Rebbot : Marcus Benjamin Biolay : Xavier Gustavo Kamenetzky : Gonzalo Paloma Contreras : Gabriela Sarah Grappin : Mélanie César Bordón : Emilio Gonzalo Suárez : Le rabatteur
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