Pardon Madame Taubira. Oui, ce billet sera un billet d’excuses… Quand les excuses doivent être mutuelles, il faut bien que quelqu’un commence. Oh, je sais bien que les excuses en retour ne viendront sûrement jamais. Je ne l’écris pas pour en avoir (en dehors du fait que vous ne lirez jamais ces lignes), mais parce que je me suis trompé sur votre compte et que je ne peux que le reconnaître. Aussi parce qu’en ces heures, votre combat est trop important pour ne pas recevoir un soutien plein et entier.
J’ai longtemps pensé que vous n’étiez devenue Ministre de la Justice que parce que vous étiez (dans le désordre) radicale, antillaise et une femme. Peut-être que cela fait de moi un affreux raciste misogyne, mais il est ridicule de nier que la composition d’un gouvernement ressemble au moins autant à un casting qu’à un entretien d’embauche. Je continue de penser que vous n’avez pas été nommée pour vos compétences. Mais cela ne vous empêche pas d’en posséder, vous l’avez largement prouvé, je ne peux que le reconnaître.
Je suis le premier à défendre l’idée que la fonction d’homme ou de femme politique n’est en rien celle d’un expert. On n’a pas besoin d’être spécialiste d’un domaine pour devenir un bon ministre. Ainsi on ne confie pas la défense à un militaire ou l’éducation nationale à un prof. Alors pourquoi pas vous comme ministre de la Justice ? Parce que je n’ai pas oublié le 21 avril 2002. Oh, la responsabilité de la catastrophe ne vous incombe pas, mais vous y avez largement contribué. Or, vous n’avez jamais reconnu votre part de responsabilité, ce qui est pour moi le début de l’irresponsabilité. Oui je pensais que vous ne pourriez pas être une bonne ministre, je pensais que vous ne seriez pas à la hauteur, je pensais que vous étiez une erreur de casting qu’on allait amèrement regretter.
Quand, au meeting de François Hollande à Bercy à quelques jours du premier tour des Présidentielles, on vous a applaudi, je me suis abstenu. Je ne voyais pas en quoi vous méritiez la moindre acclamation, bien au contraire. Aujourd’hui, je le frapperai mes mains en votre honneur. Aujourd’hui, je vous féliciterai surtout pour votre discours d’hier à l’Assemblée, qui n’est pas la première sortie remarquable que vous avez effectué depuis que vous êtes Ministre. Oui le discours était beau, convaincant, fort et sincère pour une cause qui vaut bien que l’on mette tout son talent à son service. Et du talent, vous en avez.
Je vous avais mal jugé, Madame Taubira. Je m’en excuse encore une fois. On n’effacera jamais le passé, mais votre action conduira demain à une société plus juste, plus solidaire, tout simplement plus agréable à vivre. Cela vaut bien des excuses. Cela vaut même bien un merci.
Ce sont dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes, paraît-il. Ainsi, un groupe qui a quarante ans de carrière, on peut facilement penser qu’il possède assurément de grandes qualités. On ne produit pas non plus 29 albums en étant totalement dénués de talent… Et pourtant… Je m’interroge après avoir écouté Your Future Our Clutter du groupe The Fall. Un album que j’ai trouvé totalement inaudible !
The Fall est un groupe de punk britannique fondé en 1976. Il a connu de grand nombre de membres au cours de son histoire, avec un seul qui a traversé toutes les époques : son leader et chanteur, Mark E. Smith. Ils ont été productifs tout au long de leur carrière, avec donc un 28ème album studio sorti en 2010, intitulé Your Future Our Clutter. Ils sont connus pour un goût toujours prononcé pour l’expérimentation tout au long de leur carrière et se caractérisent par une musique souvent répétitives. Pour le coup, je confirme… Mais ce n’est pas vraiment un compliment. Non, vraiment pas…
Il m’arrive de fréquenter quelqu’un d’un peu âgé (enfin bon, une jeune retraité, pas non plus un vieillard gâteux) qui répète souvent que la musique moderne « lui casse les oreilles ». Je trouve l’expression délicieusement désuète et surtout le signe d’une opposition de principe, teintée d’un rien de ringardise. Mais en écoutant Your Future Our Clutter, c’est exactement le terme qui m’est venu à l’esprit. Je ne saurais trouver une meilleure expression pour décrire ce que cette musique, ou plutôt cette cacophonie, a eu comme effet sur moi.
Les titres de Your Future Our Clutter ressemblent à de la bouillie. Les titres répètent à l’envie une même phrase musicale jamais harmonieuse une seule seconde, qui donne un résultat lancinant, pour ne pas dire totalement insupportable. Les titres sont longs qui plus est, se ressemblent énormément et s’apparentent tous à une introduction qui se poursuit inlassablement. Et une mauvaise introduction qui mériterait plutôt le qualificatif de bruit. Oui, je sais, je parle comme un vieux pour le coup… Peut-être que je vieillis en effet… Ou peut-être que j’aime la qualité, même pour de la musique punk !
Et si seulement le chant venait sauver la mise. Mais Mark E. Smith parle plus qu’il ne chante, d’une voix qui n’a pas spécialement d’intérêt. Peut-être que les textes sont d’une profondeur et d’une poésie bouleversante… Mais je ne sais pas pourquoi, mais j’ai comme un doute… En tout cas, pour un auditeur francophone, il n’a rien à sauver… Rien ou presque… Allez, j’accorde à Funnel of Love le statut de chanson qui peut éventuellement s’écouter. La voix est alors plus énergique, plus posée et cela ressemble pour la première fois dans Your Future Our Clutter à de la musique. Mais franchement, ça ne change pas grand chose à l’opinion catastrophique que je peux avoir sur cet album.
Je ne sais pas ce que vaux le reste de la discographie de The Fall, un groupe que je ne connaissais que très vaguement de nom. Visiblement, je dois être vraiment insensible à leur style et leur talent. Sans doute, vue la longueur de leur carrière, ont ils produits d’excellents albums. En tout cas, Your Future Our Clutter n’en fait certainement pas partie pour moi.
Pour finir, faisons le tour des titres que l’on trouve sur cet album.
1.: Ofyc Showcase Une longue introduction pour un titre rock assez brouillon et pour tout dire, presque insupportable.
2.: Bury Un titre en plusieurs parties, avec la première en live avec un enregistrement de mauvaise qualité. Par la suite, la musique est plus nette, mais cela reste sans intérêt et lancinant.
3.: Maxico Wax Solvent Bouillie lancinante.
4.: Cowboy George Le chanteur parle plus qu’il ne chante, avec le même rif de guitare qui tourne en boucle.
5.: Hot Cake Un titre toujours sur le même schéma.
6.: Yfoc/Slippy Floor Texte parlé sur un fond musical qui casse littéralement les oreilles.
7.: Chino Toujours la même chose… (oui, j’avoue, je ne sais plus quoi dire)
8.: Funnel of Love Un peu plus d’énergie dans la voix, pour un résultat qui ressemblerait presque à de la musique.
On pouvait penser que sur la lancée de son US Open victorieux, Andy Murray ferait basculer l’histoire, surtout après qu’il ait remporté le premier set de la finale de l’Open d’Australie. Mais le patron du tennis mondial actuel s’appelle bien encore Novak Djokovic. Certes, ce dernier profite du déclin de Federer et des blessures à répétition de Rafael Nadal, mais sa domination est réelle et assez longue désormais pour en faire un des joueurs marquants de l’histoire du tennis. Le serbe est un immense champion pour bien des raisons.
Déjà parce qu’il possède désormais un formidable palmarès. Il a remporté aujourd’hui son 6ème titre du Grand Chelem et son 4ème Open d’Australie. Cela le place déjà dans le gotha du tennis. Mais quand on connaît la concurrence à laquelle il fait face, on peut imaginer à quel point il serait encore plus fourni à une époque plus « normale ». Evidemment, tout cela n’est pas fini et on imagine mal qu’il ne continue pas à s’étoffer de manière significative.
Ensuite, parce qu’il a cette incroyable faculté à sortir vainqueur de matchs homériques. On parle beaucoup de la résistance physique de Rafael Nadal, mais celle de Djokovic est également remarquable. On a tous en mémoire la prodigieuse finale 2012 de l’Open d’Australie. Cette année, c’est en 8ème de finale contre le Suisse Wawrinka qu’il a livré un combat d’une incroyable intensité et d’une longue déraisonnable.
Enfin, Novak Djokovic sort du lot par sa personnalité. Certes, on est loin des années 80 où McEnroe et Connors rivalisaient en comportements excessifs. Le Serbe se démarque surtout par son humour et un certain sens de la dérision. Cela le rend sympathique et surtout plus humain qu’un Nadal qui ressemble parfois un peu trop à une machine. Là où Federer est le gendre idéal, Djokovic est le mec avec qui on a envie d’aller boire des bières en étant sûr de passer une bonne soirée !
Novak Djokovic fait partie de ces joueurs qui nous font aimer le tennis ! Et pour ça, on peut lui dire merci !
Après une vaine tentative le week-end dernier, hier j’ai enfin pu voir, que dis-je contempler, le nouveau film de Quentin Tarantino, Django Unchained. Attention le D est muet… Bref, l’attente fut longue car entre les réunions, les séances de vœux et mon sport obligatoire, je n’avais pas pu caser une séance pendant la semaine. Mais tout vient à point à qui sait attendre comme dit le dicton et ma patience fut récompensée par un spectacle toujours aussi jouissif et toujours réalisé avec un brio proprement prodigieux.
King Schultz est chasseur de primes. Pour pouvoir reconnaître une de ces cibles, il libère Django, un esclave qui l’a côtoyé dans la plantation où il travaillait précédemment. Une fois cette première mission accomplie, les deux hommes vont s’associer le temps d’un hiver, formant un duo particulièrement efficace. Mais Django ne pense qu’à une seule chose : retrouver et délivrer sa femme, elle aussi esclave, dont il a été séparé. Son compagnon décide alors de l’aider dans son entreprise.
Django Unchained est un Tarantino, un vrai Tarantino, rien qu’un Tarantino. Si l’univers du western n’avait pas encore été exploré par le réalisateur américain, il lui applique tout ce qui a fait son succès. Il reprend tous les codes du genre (enfin du côté western spaghetti, pas version John Ford) pour les approprier, les réutiliser pleinement sans les parodier mais en les poussant plus haut, plus loin, plus fort, le tout avec un talent inédit pour un film du genre… Enfin presque inédit parce que le western spaghetti a quand même connu Sergio Leone…
La force de Django Unchained, comme tous les films de Tarantino, est qu’il est incroyablement jouissif vu au second degré, sans que ce dernier ne soit justement apparent. On est face à un film qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui est réalisé avec le plus grand sérieux. Cela donne quelques scènes absolument incroyables. On découvrira par leur intermédiaire que les membres du Klu Klux Klan forment vraiment une bande d’abrutis ou qu’il ne faut pas se contenter de compter le nombre de balles tirées, mais aussi le nombre de pistolets… On est face à un film qui deviendra forcément culte, dont on pourra revoir des passages encore et encore, sans jamais se lasser.
Django Unchained est aussi typique du style Tarantino dans sa construction. On retrouve une nouvelle fois ces longs dialogues, interminables pour certains, qui précédent une déchaînement de violence spectaculaire. Cela constitue vraiment sa marque de fabrique. C’est vrai que cela tourne quelque peu au tic et que certains peuvent trouver ça relativement insupportable (si, si, j’en connais…). Mais c’est tellement bien fait, les échanges verbaux ou à coup de pistolets sont tellement savoureux, qu’on en redemande encore et encore !
Django Unchained est aussi un Tarantino typique parce qu’il est porté par une réalisation une nouvelle fois sublime. Chaque plan, chaque angle de caméra, chaque éclairage démontrent une maîtrise artistique hors du commun. Ces petits riens qui font le génie, le vrai, pas celui qui se voit par des effets spectaculaires. C’est de mon point de vue ce qui fait encore la différence entre Quentin Tarantino et Christopher Nolan. Bref, c’est beau, c’est parfait, c’est quasi magique. Ce film est une nouvelle bouffée de cinéma à l’état brut, du 7ème art en intraveineuse comme seul le réalisateur de Pulp Fiction sait nous en proposer.
Comme tous les Tarantino, Django Unchained, c’est aussi une bande-originale qui déchire, comme disent les jeunes. Bon, on m’avait parlé d’une tuerie (je cite!), je m’attendais donc à un chef d’œuvre au niveau de Pulp Fiction ou Kill Bill, volume 1 à ce niveau-là. Je l’ai trouvé quand même un petit ton au-dessous, alors j’ai ressenti une très légère déception. Cependant, si on regarde les choses objectivement et dans l’absolu, elle reste tout de même constellée de petits bijoux, comme seul Tarantino sait en dégoter. Et surtout, elle s’intègre toujours aussi bien dans la construction globale du film, ne venant pas simplement s’ajouter aux images, mais en devenant un élément constitutif. De ce point de vue-là, seul Kubrick savait faire aussi bien.
Django Unchained restera dans la série des Tarantino purement divertissants. Certains diront mineur, mais je ne souhaite pas accoler un tel adjectif à un tel film, même si cela reste relatif à la carrière d’un vrai génie. Pour moi, il se rapproche de Boulevard de la Mort dans l’enthousiasme dont fait preuve le réalisateur à faire revivre les séries B qui ont marqué sa jeunesse. Le film n’a en fait rien d’innovant, il est plutôt un hommage à un cinéma populaire qui contribue largement à la richesse du 7ème art. Mais un bien bel hommage.
Django Unchained nous propose un casting comme Quentin Tarantino est capable d’en rassembler. Après l’avoir découvert dans Inglourious Bastards, il offre à Christoph Waltz un rôle à la mesure de son immense talent. Cet acteur est définitivement génial, rendant les répliques les plus anodines terriblement percutantes ou drôles. Jamie Foxx est égal à lui même, incarnant parfaitement son personnage. Leonardo Di Caprio fait preuve de son charisme habituel, ce qui n’est pas peu dire. La grande surprise vient de Samuel L. Jackson, l’habitué des films de Tarantino, qui livre là un numéro d’acteur comme il en a rarement offert. Il est tout simplement génial et presque méconnaissable ! Bref, un casting irrésistible !
Quentin Tarantino est grand ! Vive Tarantino ! Vive Django Unchained !
Fiche technique : Production : Sony Pictures, The Weinstein Company Distribution : Sony Pictures Relasing France Réalisation : Quentin Tarantino Scénario : Quentin Tarantino Montage : Fred Raskin Photo : Robert Richardson Décors : J. Michael Riva Maquillage : Heba Thorisdottir Directeur artistique : Page Buckner, David F. Klassen, Mara LePere-Schloop Durée : 164 mn
Casting : Samuel L. Jackson : Stephen Leonardo DiCaprio : Calvin Candie Christoph Waltz : Dr King Schultz Jamie Foxx : Django Kerry Washington : Broomhilda Walton Goggins : Billy Crash Dennis Christopher : Leonide Moguy
Contrairement à ce que pourrait éventuellement donner à penser le titre de mon billet, non, je ne vais pas vous parler d’économie. Non, il est à prendre quasiment au premier degré, puisque je vais vous parler de mon régime. Bon, je ne crois pas déjà être en mesure de fermer ma ceinture un cran plus loin, mais parti comme c’est, ça ne devrait pas tarder. En tout cas, j’espère bien qu’au bout de ces trois mois où je vais être à la diète, je flotterai assez dans mes jeans pour devoir les tenir plus fermement.
Le but de ce régime n’est certes pas de maigrir, mais à force de devoir limiter tout ce qui fait grossir, forcément on fond quelque peu. Surtout que je m’astreins à côté de ça à deux longues séances hebdomadaires minimum sur mon fidèle et loyal vélo d’appartement. Je n’arbore toujours pas une silhouette svelte, mais disons que je me sens comme une fin d’été, alors que nous sommes fin janvier. Ce n’est pas cet hiver que mon gras servira me tenir chaud.
Me voir arriver à un apéro avec ma bouteille de Coca Zéro ne me ressemble évidemment pas. J’ai un rapport quasi amoureux avec la nourriture et l’alcool (avec plus ou moins de modération). Un bon repas est pour moi le plus grand plaisir qui soit après le sexe, avec peut-être les buts du PSG, gagner à Mario Kart, les grands films et les bons bouquins… Ouf, j’ai quand même beaucoup d’activité à ma disposition pour compenser, je devrais survivre… Même si, en ce moment, le sexe… Bref, ceci est un sujet complètement différent, revenons plutôt à nos moutons…
Je ne suis pas quelqu’un qui fait les choses à moitié et cela se vérifie une nouvelle fois dans le cas qui nous intéresse. J’en fais sûrement un peu trop, surtout que je dois tenir sur ce rythme jusqu’au 10 avril et que c’est encore long. Mais il faut dire que s’il y a quelque chose auquel je ne contribue pas, c’est bien le trou de la sécurité sociale. Déjà, j’ai passé cet examen de manière quasi fortuite, pensant au départ qu’il fallait s’y inscrire volontairement. Finalement, la MSA m’a envoyé une convocation, alors que je n’avais pas l’intention d’y participer. Je n’avais pas vu un médecin depuis dix ans et encore la dernière fois, c’était pour qu’il me déclare apte à la pratique du rugby ! Bref, je ne suis jamais malade, ou alors jamais longtemps, et j’étais doté de la profonde conviction d’avoir une santé de fer, totalement indestructible !
Du coup, inconsciemment, je flippe sûrement un peu plus que de raison. Sans parler de mon ego qui en prend un coup en découvrant que je ne suis finalement pas un super-héros et que mon alimentation peut tout de même avoir un impact sur ma santé ! Merde, je suis humain ! Je vieillis aussi… Enfin, n’ayant aucune envie de prendre le moindre médicament (ma médication se limitant à deux aspirines par an) et ni même de revoir trop souvent ma charmante docteur, je fais le nécessaire pour arriver dans deux mois et demi avec des analyses sanguines en béton armé…
… avec la ferme intention de fêter dignement la fin de mes tri-glycérides !
Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Nous avons chacun nos préférences ou, au contraire, des choses que nous détestons plus particulièrement. Notre discographie se focalise ainsi sur certains genres musicaux et en dédaignent d’autres. Mais parfois, nous faisons des exceptions. De mon côté, je n’aime pas quand la musique est trop évaporée, quand les interprètes semblent tous chanter loin du micro ou quand le résultat est un peu trop lancinant. Mais pour The Besnard Lakes Are The Roaring Night de The Besnard Lakes, mon jugement ne sera pas celui que l’on aurait pu prédire au départ.
The Besnard Lakes nous vient de Montréal, même si le groupe est anglophone comme son nom l’indique. Il est emmené par Jace Lacek qui chante, joue de la guitare et même parfois de l’orgue. Ils ont sorti leur premier album en 2003, sobrement intitulé Volume 1. Suivra The Besnard Lakes Are The Dark Horse en 2007 puis ce The Besnard Lakes Are The Roaring Night trois ans plus tard. Wikipédia juge leurs compositions atmosphériques, ce qui résume assez bien leur style effectivement.
Lorsque j’ai commencé à écouter The Besnard Lakes Are The Roaring Night, j’ai été un peu méfiant. J’appréciais ce que j’écoutais, mais je me disais que j’allais vite finir par me lasser. Surtout que le quatrième morceau, Albatross est vraiment lancinant et ne décolle jamais. Là, je me suis vraiment dit que j’allais décrocher. Mais la suite a continué à me séduire et je suis finalement arrivé à la fin de cet album assez heureux de ce que j’avais entendu, malgré un dernier titre, The Lonely Moan, vraiment pas terrible.
Je vais pas crier au génie et faire preuve d’un enthousiasme démesuré, mais au je serai malhonnête de ne pas dire que The Besnard Lakes Are The Roaring Night m’a déplu. J’ai été surpris de l’apprécier, mais c’est une bonne surprise. Mais à côté d’une musique très évaporée et d’un effet loin du micro qui m’agace quand même toujours un peu, le groupe fait preuve de beaucoup de qualités. Tout d’abord de la conviction dans les interprétations…. Bon j’emploie toujours le mot conviction dans mes critiques musicales sans vraiment savoir s’il est approprié, mais il correspond tout à fait à ce que je ressens. The Besnard Lakes livre des compositions souvent lentes, un rien lancinante, mais avec un rythme très appuyé et parfois une réelle énergie. Energique et lancinant, voici deux termes qui peuvent sembler antinomiques, mais qui caractérisent tous deux de manière égale plusieurs titres.
En fait, ces caractéristiques que je n’aime pas d’habitude en sont pas ici le signe d’une sorte de dilettantisme musical. Non, il s’agit bien d’une volonté artistique assumée par un groupe qui fait preuve d’une vraie maîtrise. Cela donne une vraie personnalité à leur musique. Après on peut ne pas aimer, mais il serait injuste de leur reprocher quoique ce soit. On pourrait même penser que l’album est un peu court, avec seulement 10 titres, dont deux courtes introductions, mais la plupart des morceaux durent près de cinq minutes. On en a donc pour notre argent malgré tout.
Le Québec nous apporte donc des choses beaucoup plus réjouissantes que Céline Dion. Personnellement, si on m’avait décrit la musique de The Besnard Lakes, je n’aurais jamais cru pouvoir l’apprécier. Et pourtant, j’ai tout de même passé un bon moment à l’écoute de ce The Besnard Lakes Are The Roaring Night.
1.: Like the Ocean, Like the Innocent, Pt. 1: The Ocean Introduction instrumentale et psychédélique.
2.: Like the Ocean, Like the Innocent, Pt. 2: The Innocent La voix du chanteur est aiguë, le rythme lent, donnant une impression d’hallucination. Le ton est plus rock par la suite.
3.: Chicago Train Une longue introduction éthérée avant un rock puissant et posé.
4.: Albatross Un titre assez lancinant qui ne décolle jamais vraiment.
5.: Glass Printer Un son plus pop, avec un effet loin du micro prononcé.
6.: Land of Living Skies, Pt. 1: The Land Une courte introduction assez sombre.
7.: Land of Living Skies, Pt. 2: The Living Skies Un titre évaporé, mais assez envoûtant.
8.: And This Is What We Call Progress Plus rythmé, plus appuyé et pas mal du tout.
9.: Light Up the Night Un morceau plus doux, plus mélodieux.
10.: The Lonely Moan Un titre un peu mou, pour ne pas dire chiant, pour finir.
Il paraît que le Paris-Saint-Germain a un grave souci cette saison : il est totalement dépendant de Zlatan Ibrahimovic… A tel point qu’il faut s’en inquiéter, car sans lui, le club parisien est voué à la défaite, totalement perdu sans son charismatique avant-centre. Cet état de fait ne fait aucun doute, puisqu’il a été répété encore et encore par les commentateurs de tout poil depuis le début de la saison. S’ils le disent, cela doit être vrai… Mais pas sûr que les Toulousains, sèchement battus hier, soient vraiment d’accord avec ce constat…
Tout simplement parce qu’il est faux. Enfin, en partie… La performance brillante du club de la capitale, pourtant privé de son Suédois, a largement prouvé que le PSG possède bien d’autres atouts offensifs. Certaines actions ont été de grande classe et les trois buts sont nés de beaux mouvements collectifs. Il serait bon de se rappeler le match à Montpellier, dans la même configuration, avait déjà été très bon, même si au final il s’était terminé sur un score de parité.
On peut tout de même souligner que le PSG est plus fort avec Zlatan Ibrahimovic dans ses rangs que sans… Mais la seule réaction logique face à ce constat est de s’écrier « heureusement ! ». On ne recrute pas un joueur de ce calibre et on ne lui offre pas un tel salaire, s’il n’apporte pas une vraie valeur ajoutée à l’équipe avec laquelle il évolue. Personne ne semble s’inquiéter du fait que Barcelone soit moins impressionnant s’il est privé de Lionel Messi. Evidemment qu’il l’est, sinon Messi ne serait pas Messi…De même que Zlatan ne serait pas Zlatan, si le PSG pouvait s’en priver sans qu’on ne voie la moindre différence…
Le PSG n’est donc pas dépendant de Zlatan Ibrahimovic, il est simplement beaucoup plus fort avec lui, ce qui est presque une lapalissade. Mais tout est bon pour casser du sucre sur le dos du club parisien, cela fait vendre du papier ou monter l’audimat pour pas cher… Même s’il faut bien admettre que le PSG a quand même souvent donné le bâton pour se faire battre au cours de son histoire…
J’avais intitulé ma critique du premier album du groupe Lightspeed Champion, Falling Off The Lavender Bridge, « une vraie bonne surprise ». Je ne peux donc plus utiliser le même titre puisque la qualité de leur second album, Life Is Sweet ! Nice To Meet You !, ne constitue pas une surprise, mais une confirmation. C’est donc ce dernier qualificatif que j’emploie pour parler de ce disque ‘qui est en fait deux disques).
Lightspeed Champion est un groupe britannique aux influences diverses. Il fait partie de la même génération qu’Artic Monkeys, mais n’a pas connu le même succès, malgré des critiques excellentes. Le pilier de la formation est Dev Hynes, qui est accompagné d’une multitude de musiciens en studio et sur scène. D’ailleurs, le Wikipedia anglais considère que Lightspeed Champion est un pseudonyme de cet artiste, plutôt qu’un groupe. Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! est sorti en 2010.
Parler de révélation pour parler de Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! est d’autant plus justifié que l’on sent une plus grande maturité par rapport à Falling Off The Lavender Bridge. Cela constitue d’ailleurs à la fois la force et la faiblesse de cet album. La faiblesse car ce second album est sans doute moins créatif que le premier. La musique saute moins aux oreilles, cela attire moins l’attention et au final rend un peu moins enthousiaste.
Mais aussi une force car une écoute sereine est un plaisir différent, mais non moins fort. Life is Sweet ! Nice To Meet You ! nous propose une musique posée, sûre d’elle même et totalement maîtrisée. Aucune esbroufe ici, mais une volonté de Lightspeed Champion de nous livrer le meilleur de son art, sans donner l’impression de vouloir faire ses preuves à chacun des titres proposés. Du coup, le résultat est peut-être moins mémorable, mais encore extrêmement plaisant.
De plus, avec Life Is Sweet ! Nice To Meet You !, Lightspeed Champion nous livre une nouvelle fois une musique aux sonorités variées, explorant tout l’espace du rock, de la pop ou encore de la country. Chaque morceau pourrait être né à des époques différentes et aucun ne ressemble à celui qui le précède ou celui qui suit. Les instruments utilisés sont eux aussi variés : guitare et batterie sont souvent utilisés conjointement au violon ou au piano. Et comme le tout est toujours interprété avec énergie, conviction et maîtrise, on ne boude vraiment pas notre plaisir.
Life Is Sweet ! Nice To Meet You ! nous en donne en plus pour notre argent. Je passerai rapidement sur le deuxième disque comportant 5 titres live, mais qui ressemblent trop à leur version studio pour vraiment avoir un réel intérêt en soi. Le CD principal comporte 15 titres, ce qui est rare de nos jours. Certes, cela comporte trois titres instrumentaux sous forme d’interlude, mais le reste reste toujours d’une qualité égale. Je mettrai en avant en particulier I Don’t Want to Wake Up Alone qui est vraiment caractéristique de ce que Lightspeed Champion nous propose de meilleur. Mais j’aurais tout aussi bien pu en choisir n’importe quel autre, tant ils sont homogènes en qualité.
Life Is Sweet ! Nice to Meet You ! confirme donc de manière éclatante tout le talent de Lightspeed Champion. Un talent à suivre !
Disque 1 : 1.: Dead Head Blues Ouverture mélodieuse qui permet de rentrer sereinement dans l’album.
2.: Marlene Une pop énergique et sympathique.
3.: There’s Nothing Underwater Une ballade énergique pleine de conviction.
4.: Intermission Petit interlude.
5.: Faculty of Fears Le ton est plus rock ! Mais le violon est toujours présent.
6.: The Big Guns of Highsmith Un petit air au piano pour ouvrir ce titre un rien psychédélique.
7.: Romart Un titre pop quelque peu lyrique.
8.: I Don’t Want to Wake Up Alone Excellent et qui caractérise très bien le style de Lightspeed Champion : des chœurs, des violons, de l’énergie, de la maîtrise et surtout beaucoup de talent.
9.: Madame Van Damme Une pop un peu sucrée, mais très sympa.
10.: Smooth Day (At the Library) Une ballade douce et un peu triste.
11.: Intermission 2 Nouvel interlude.
12.: Sweetheart Un titre plus épuré, plus acoustique.
13.: Etude Op. 3 Goodnight Michalek Interlude qui sonne comme de la musique classique.
14.: Middle of the Dark Des sonorités plus rock, avec un côté Queen.
15.: A Bridge and a Goodbye Un titre instrumental qui sonne comme un au revoir.
Disque 2 : 1.: Devil in Disguise 2.: Marlene 3.: Madame Van Damme 4.: Faculty of Fears 5.: Sweetheart
J’ai quelque peu hésité à rédiger ce billet, tant l’éditorial du Monde d’hier correspondait déjà parfaitement à ce que je voulais exprimer, même si le ton était tout de même particulièrement agressif. Il concernait la réforme des rythmes scolaires et la grève des instituteurs parisiens particulièrement suivie. Il rappelait qu’il serait bon que les acteurs de l’éducation se mobilisent avant tout pour améliorer la qualité de l’enseignement prodigué aux enfants et non pour défendre leurs propres intérêts.
Du coup, je vais plutôt m’aventurer dans une réflexion plus large, mais que j’ai déjà eu sur d’autres sujets. Lorsque l’on définit une politique publique (cela peut cependant être vrai dans d’autres domaines), il faut bien distinguer les buts des moyens. Cela peut paraître trivial, mais cela ne l’est pas tant que ça ! Dans bon nombre de cas, la frontière est floue et surtout ne va pas être tracée au même endroit selon qui la dessine. Pour un acteur public, elle est pourtant supposée être toujours sur le même axe, celui de l’intérêt général.
On ne paye pas les professeurs pour leur permettre d’occuper leur journée. De même, on ne subventionne pas les agriculteurs parce qu’ils ont la vocation de l’être. Non, l’Education Nationale existe pour éduquer les enfants et la Politique Agricole Commune existe pour assurer la production de denrées alimentaires en quantité suffisante pour nourrir l’ensemble de la population européenne. Tout autre objectif assigné à ses institutions ne peut être que secondaires, c’est-à-dire un moyen d’arriver à l’objectif principal.
Prenons l’exemple de l’agriculture, sujet que je maîtrise quand même beaucoup plus. De mon point de vue, le seul et unique objectif que doit donc se fixer la moindre politique agricole, c’est d’assurer de manière durable une production alimentaire capable de satisfaire les besoins de la population et sa bonne santé. Ce n’est donc ni de préserver l’environnement, ni d’offrir un revenu aux agriculteurs. Mais sans le premier élément, l’épuisement ou la détérioration des ressources conduira à une décroissance de la production et d’autres problèmes de santé surviendront par ailleurs. Sans le second, il n’y aura plus de production du tout… Les politiques cherchant à consolider ces deux approches sont donc totalement légitimes, tant qu’elles ne perdent pas de vue leur but premier qui les rend légitime. Cela reste pour moi la meilleure manière de savoir où l’action publique doit s’arrêter avant d’entrer dans le superflu.
Concernant les rythmes scolaires, une seule question doit donc être posée : la réforme permet-elle d’améliorer les conditions d’apprentissage des enfants ? Si la réponse est oui, et il semble bien qu’un large consensus existe autour de cette réponse positive, alors elle doit être mise en œuvre. Concernant les modalités, la seule question à se poser est : celles qui sont définies permettent-elles d’appliquer la réforme à court et à long terme ? Si la réponse est encore oui, alors la loi est bonne et doit être votée et appliquée. Que cela modifie les conditions de travail de certains, c’est possible. Mais tant que cela n’implique pas qu’ils soient découragés, qu’ils ne puissent plus exercer leur fonction convenablement ou qu’il devienne impossible de recruter, alors cela ne peut contrebalancer le bénéfice au profit du sens même de la politique d’éducation, qui reste tout de même avant tout d’éduquer.
L’action publique gagnera toujours à garder à l’esprit son sens et son but premiers. Tout peut être bon ou mauvais s’il est regardé avec un regard étroit et subjectif. Et la politique est malheureusement un domaine où les myopes sont nombreux ! Espérons que Vincent Peillon continuera à l’être un peu moins que ses prédécesseurs
N’ayant pas pu aller voir Django Unchained pour cause de séance complète, je me suis rabattu sur Alceste à Bicyclette. Je préfère vous prévenir, il y a nettement moins d’action. Le duo d’acteurs qui se partagent l’affiche m’avait donné envie, même si j’avais un peu peur que cela finisse en cabotinage insupportable. Au final, il fonctionne plutôt bien. Mais il reste bien des défauts à ce film pour un résultat final plutôt moyen.
Gauthier Valence connaît un grand succès dans son rôle de chirurgien dans une série télévisée. Il rêve néanmoins de montrer une pièce de théâtre, le Misanthrope de Molière. Il souhaite avoir à ses côtés sur scène Serge Tanneur, avec qui il a tourné plusieurs films. Le seul problème est que ce dernier vit désormais reclus sur l’Ile de Ré. Mais comment pourrait-il refuser un rôle qui lui ressemble tant ?
Le premier problème de Alceste à Bicyclette est un réel manque de rythme, causé par trop d’éléments inutiles qui n’apportent rien, mais ralentissent constamment l’intrigue principale. Les personnages secondaires sont notamment trop absents, trop mal utilisés pour que leur intervention soit vraiment justifiée et pertinente. Le meilleur exemple reste la jeune fille qui débute une carrière dans le X, intervenant dans une scène totalement superflue dont on cherche encore l’intérêt. Bref, Philippe Le Guay n’a pas su choisir entre un vrai enrichissement par des intrigues secondaires à la réelle épaisseur et un choix assumé de se concentrer uniquement sur les deux protagonistes principaux. Comme souvent, l’entre-deux ne donne rien de bon.
Le deuxième problème d’Alceste à Bicyclette est que l’intrigue principale en question ressemble plutôt à un simple prétexte au cabotinage des deux acteurs vedettes. Certes, ils le font au final très bien, j’y reviendrai, mais cela aboutit à une conclusion qui n’arrive pas à donner un sens et un intérêt à l’ensemble. On reste un peu sur notre faim car on avait appris à aimer les deux hommes et aurait vraiment apprécié de voir leur performance récompensée par une fin plus convaincante.
Troisième problème, qui découle d’ailleurs quelque peu des deux premiers, est qu’Alceste à Bicyclette n’arrive pas à choisir entre la franche comédie et un propos plus profond. Les deux n’auraient pas été incompatibles, le cinéma français nous a quand même souvent proposé de très bonnes comédies de mœurs. Mais dans le cas qui nous intéresse, aucun des deux aspects n’est vraiment abouti, alourdi par la sensation que Philippe Le Guay cherche désespérément le ton juste.
Par contre, Alceste à Bicyclette m’a fortement envie de me remette au théâtre. Bon, c’est un sentiment qui revient régulièrement chez moi (notamment quand j’y vais…), mais voir les deux hommes répéter, apprivoiser le texte, jouer avec les mots, chercher le ton le plus juste m’a rappelé quelques souvenirs. D’ailleurs, on ressort de ce film avec une folle envie de voir une représentation du Misanthrope ! Ce film, même moyen, vous fera infiniment plus aimer Molière que tous les cours de français du monde.
Ce qui finalement permet à Alceste à Bicyclette d’être un film qui peut se laisser voir un soir de pluie reste le savoureux duo formé par Lambert Wilson et Fabrice Luchini. Il fonctionne à la perfection, notamment parce que le second est vraiment dirigé et ne sombre jamais dans les insupportables cabotinages qu’il nous a parfois proposé. De ce point de vue là, le travail de Philippe le Guay est à saluer. Quant au premier, il fait preuve de sa classe habituelle et elle est éclatante.
Au final, il manque un vrai film autour des deux acteurs principaux. Ces derniers sont excellents mais ne peuvent à eux-seuls donner un profond intérêt à Alceste à Bicyclette.
Fiche technique : Production : Pathé, les Films des Tournelles, Appaloosa, France 2 Cinéma Distribution : Pathé distribution Réalisation : Philippe Le Guay Scénario : Philippe Le Guay, sur une idée de Fabrice Luchini Montage : Monica Coleman Photo : Jean-Claude Larrieu Décors : Françoise Dupertuis Musique : Jorge Arriagada Costumes : Elisabeth Tavernier Durée : 104 mn
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