Les confessions de Lance Armstrong sont à la fois un non-événement complet et un tournant dans l’histoire du cyclisme. Un non-événement parce que la mise en scène ridicule a transformé des aveux en opération de communication. Le but était de sauver ce qui pouvait l’être encore et surtout d’éviter à l’Américain le même détour par la case prison que Marion Jones avant lui. Les journaux ont déjà souligné les nombreux mensonges qui ont encore émaillé ces soi-disant révélations. Tout reste sous contrôle. Si c’est à ça que ressemble le cœur ouvert de Lance Armstrong, c’est sans doute qu’il est totalement dénué de cet organe.
Le vrai tournant de cette affaire fut évidemment le rapport de l’USADA, qui a décrit avec minutie les techniques de dopage de Lance Armstrong et son équipe. Les aveux de ce dernier ne changent pas grand chose, les faits étaient déjà largement avérés. Mais tout de même, sa parole, même émaillée encore de bien des contre-vérités, n’autorisera plus d’ancien champion comme Eddy Merckx ou Miguel Indurain à avoir l’indécence de dire qu’ils croient encore en son innocence. Personne ne les écoutait plus, mais peut-être tout cela va les pousser à parler à leur tour.
Car si même un homme aussi haï que Lance Armstrong, un homme décrit comme monstrueux, tyrannique, manipulateur et j’en passe a fini par avouer qu’il s’est dopé, pour qui vont passer ceux qui gardent encore le silence ? On pense tout de suite à notre Laurent Jalabert national. Oui, on t’aime Laurent, comme on aimait Laurent Fignon, dont les confessions n’ont fait que renforcer le lien entre lui et le public français. Un éditorial célèbre de l’Equipe Magazine t’avait exhorté à parler. Tu avais fait une réponse aussi élusive qu’intelligente, un joli moment de ni oui, ni non, mais qui, avouons-le, nous avait tous déçus. Alors, aujourd’hui, il est vraiment temps de renouveler cet appel !
Et espérons que si d’autres parlent enfin, ils le feront avec infiniment plus de sincérité que Lance Armstrong, que nous avons enfin le droit d’oublier définitivement. Si l’Américain avait été programmé pour gagner, il aura pu découvrir que l’on peut bien plus difficilement programmer l’émotion. Adieu et sans regret !



En tout cas, Paul Thomas Anderson reste un formidable directeur d’acteurs. Il faut dire qu’il sait toujours s’entourer d’un casting de très haut niveau. Joaquin Phoenix et Phillip Seymour Hoffman ont été justement récompensés à Venise (ce qui a d’ailleurs coûté le Lion d’Or au film, la règle étant de ne pas donner plusieurs prix à un même film). Mais si leur performance est impressionnante, demandant un investissement à la fois mental et physique hors du commun. Cependant, comme tout le reste dans ce film, cela n’arrive pas à dépasser l’admiration pour passer au stade de l’émotion.
En fait, j’ai surtout trouvé Maniac dérangeant et malsain, mais au final de manière assez gratuite. Le rapport entre le tueur et sa mère fait un peu psychologie de bas étage et n’arrive pas vraiment à donner une épaisseur à tout cela. Visiblement, certains l’ont perçu, moi j’ai surtout trouvé le temps long, pour ne pas dire pénible. En plus, tout cela se prend désespérément au sérieux ! 

Renoir nous propose une vraie révélation en la personne de Christa Théret que l’on avait découvert il y a quelques années dans le sympathique Et Toi, t’es Sur Qui ? En plus d’être tout simplement sublime, elle dégage un charisme sur lequel repose une large partie du film. Sa carrière devrait prendre une nouvelle dimension et méritera d’être suivie. On ne n’en dirai pas autant de Vincent Rottiers dont la performance est convaincante, mais sans être particulièrement brillante. Tout cela sous le regard d’un Michel Bouquet qui ne rajeunit pas et qui, après le Promeneur du Champs de Mars, nous livre encore une fois une interprétation sublime d’un personnage historique au crépuscule de sa vie.
A l’image de son réalisateur, Christian Bale semble un peu hésitant dans son costume de chauve-souris. En fait c’est tout le casting de Batman Begins qui, comme le film dans son ensemble, ne semble jamais vraiment convaincu par ce qu’il joue et donc jamais vraiment convaincant. Liam Neeson nous livre encore un rôle de mentor et ce n’est sûrement pas son meilleur. Katie Holmes est bien gentillette mais un peu transparente. Seul Cillian Murphy arrive à mettre un peu de folie et de conviction dans son personnage.

Laurent Cantet nous fait étalage ici d’aspects de son talent qu’on ne lui connaissait pas encore. En effet, Foxfire, Confessions d’un Gang de Filles est un film situé dans l’Amérique profonde des années 50 et a donc nécessité un travail important de reconstitution des décors et des costumes. La photographie est elle aussi soignée, afin de recréer une ambiance visuelle collant avec l’époque. On est très loin de l’aspect documentaire de Entre les Murs, mais a au contraire nécessité une grande maîtrise artistique.
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