Il y’a quelques jours, je publiais sur ce blog un article intitulé « Deux fois 16 ans » à l’occasion de mes 32 ans… Comme j’ai fêté mes 33 ans il y a quelques jours, cela signifie que cela fait en fait un an que j’ai écrit cette courte prose. L’adage qui veut que le temps semble passer de plus en plus vite à mesure que l’on vieillit se vérifie une nouvelle fois, ce qui n’est pas forcément hyper rassurant.
Mais bon, pour une fois, je n’ai pas été du tout traumatisé par ce gain d’une année supplémentaire. Ok, une semaine avant j’ai découvert mes premiers poils de barbe blancs et j’avoue que ça ne m’a pas fait spécialement plaisir. Les cheveux blancs, ça fait dix ans que le processus a commencé, je m’y suis habitué. Les poils de torse, je m’y suis fait aussi, mais là, c’est un nouveau territoire qui tombe. Barbe grisonnante n’est pas vraiment une expression qui respire la jeunesse.
Cependant, pour rien au monde, je ne redeviendrai plus jeune. A 25 ans, je n’avais certes aucun problème pour récupérer après une fête, un peu plus de cheveux et peut-être encore quelques illusions, mais ça ne vaut pas ce que j’ai gagné depuis ! Ce que j’ai gagné s’appelle la confiance en soi et l’assurance. Bon, je n’ai jamais été franchement complexé, mais disons que sur certains aspects, je partais souvent perdant. C’est alors que s’enchaîne le cercle vicieux où moins on y croit, moins on ose et moins on y arrive. Avec les ans, on s’aperçoit qu’il suffit d’essayer et on arrive à ses fins beaucoup plus souvent qu’on ne l’imaginait.
Tout cela permet d’être bien dans sa peau et dans sa tête. Eviter les questions et les doutes inutiles, savoir un minimum ce que l’on veut et ce que l’on vaut libèrent assez de place dans l’esprit pour laisser place au bonheur, pour apprendre à vraiment savourer sa propre existence et regarder chaque lendemain comme une promesse… Bon, bon, je m’emballe un peu et devient un tantinet mélodramatique. Disons que si j’avais déjà l’impression d’être heureux à 25 ans, il est clair que j’ai la sensation de l’être encore plus aujourd’hui.
Evidemment, à 33 ans, j’aurais pu aussi dire que j’ai atteint la maturité et la sagesse. Mais si j’ai nettement plus confiance en moi, il me reste encore une part de modestie…




Cosmopolis reste tout de même un film particulièrement abouti visuellement. La maîtrise de David Cronenberg reste impressionnante. On sent bien que chaque cm² de l’image est exactement ce qu’il voulait qu’elle soit. Il a fait exactement à son idée. N’empêche que personnellement, je trouve juste que ce sont de très mauvaises idées pour le coup. C’est trop immobile pour être vraiment beau. Du coup, ça paraît juste surfait et prétentieux. 
La réalisation et la direction d’acteurs de Mohamed Diab sont elles-aussi plus efficaces que brillantes. C’est propre, ça ne donne pas du tout l’impression « téléfilm », mais cela reste quand même sans grande imagination. On aurait aimé plus de subtilité dans la captation des émotions des protagonistes. Plus globalement, Les Femmes du Bus 678 reste un peu entre deux, préférant un premier degré pur à une véritable émotion ou au contraire une véritable ironie.
Sur la Route fonctionne aussi grâce à ses deux acteurs principaux. On avait découvert Sam Riley dans Control, où il interprétait Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. On l’avait un peu perdu de vue depuis, mais il signe là un retour vraiment brillant. Son alter ego, Garrett Hedlund, s’est fait remarqué lui dans Eragorn (j’en rigole encore !) et surtout dans Tron, l’Heritage. Son rôle tout en charme et en charisme n’aurait pu être incarné par n’importe quel acteur et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’en sort particulièrement bien. Le reste du casting, notamment féminin, est plutôt prestigieux avec Kristen Stewart et Kirsten Dunst, mais aussi les apparitions de Viggo Mortensen et Steve Buscemi.

La multitude des intrigues parallèles fait que le film est plutôt rythmé. Même si on n’est pas toujours totalement convaincus, au moins, on ne s’ennuie pas. La réalisation de John Madden, dont l’œuvre majeur, Shakespeare in Love a quand même reçu l’Oscar du meilleur film, est très professionnelle, mais sans génie particulier. Il faut dire que depuis Slumdog Millionnaire, on sait comment un Occidental peut filmer l’Inde avec un talent infini. 
Niveau casting, de Rouille et d’Os marque une confirmation et une révélation. La révélation s’appelle Marion Cotillard… Bon ok, je fais un peu de provocation, mais malgré tout le mal que je pense que l’être humain, on ne peut qu’en dire du bien à la vision de ce film. Une interprétation juste et poignante d’un rôle qui aurait pu tuer le film s’il avait sombré dans un pathos surjoué. La confirmation s’appelle Matthias Schoenaerts, lui qu’on avait découvert dans l’extraordinaire Bullhead, qui reste pour encore pour moi le meilleur film de l’année. Un acteur au physique hors du commun qui compense une expressivité limitée par une justesse remarquable et un travail corporel impressionnant.
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