Après onze ans à étudier l’allemand, j’avoue être absolument incapable de soutenir une conversation dans cette langue. Si j’arrive encore à comprendre de quoi parle un texte, je ne perçois que rarement le sens de ce qui peut être dit à l’oral. Cela ne m’empêche pas de prendre plaisir à voir des films allemands en version originale. Je me suis donc rendu voir Nous Sommes la Nuit, un film de vampires d’outre-Rhin, pour profiter de la joie d’ouïr la langue de Goethe. Et là, surprise, le narrateur commence à parler en anglais… Puis, les acteurs… Et c’est là que les problèmes commencèrent ! Car le doublage était affreusement mauvais, à la limite du sitcom ! Et puis quel est l’intérêt de proposer en France un film allemand doublé en anglais ? Bon, de toute façon, le film est nul, mais ce point de détail m’a rendu sa vision horriblement pénible.
Lena est une jeune délinquante de 20 ans, habillée avec l’élégance d’un sac à provision. Elle croise la route de trois belle vampire qui vivent, elles dans le luxe et la classe. Elles vont faire de Lena l’une d’ entre elle.
Vous l’aurez compris, Nous Sommes la Nuit ne brille pas particulièrement par l’originalité de son scénario. En fait, il ne brille pas du tout, mais on y reviendra. Une histoire de vampire hyper basique, pour ne pas dire sans intérêt. On pourrait éventuellement citer l’esthétique lesbien qui parcourt ce film, mais les histoires de vampires sont souvent marqué par un fort caractère sexuel, quand elles ne sont pas emplis de perversités. Alors ce n’est pas la vision de deux femmes qui s’embrassent qui va nous faire grimper aux rideaux. Les longs plans sur les soirées luxueuses et décadentes font plutôt penser à un reportage sur les rave party en banlieue qu’une vision orgiaque à la Pasolini.
Le réalisateur Dennis Gansel avait pourtant fait ses preuves avec le très réussi et surprenant la Vague. Mais là, c’est à peine digne d’un téléfilm pour adolescents… Bon, je suis peut-être un peu dur, mais à force de nous proposer le minimum de l’acceptable à tout point de vue, le tout ne l’est plus du tout. Pour être totalement positif, je saluerai le rebondissement du rebondissement qui m’a bien eu. C’est peu, mais c’est déjà ça. A côté de ça, les personnages sont d’une platitude affligeante et leurs réactions et évolutions sont cousus de fil blanc. Du coup, même la séquence « émotion » où une vampire retrouve sa fille octogénaire et mourante prête à sourire, alors que ce n’était évidemment pas du tout le but de la scène.
Je pourrais bien vous parler des acteurs. Mais comment les juger quand leurs performances sont à ce point massacrées par un doublage indigent. On n’a rien à dire sur le physique très avenant de ces jeunes filles. Les personnages masculins ont pour certains des physiques…comment dire… très allemands. Mais version Derrick, pas version Daniel Brühl. Pour autant, si j’avais l’occasion de revoir Nous sommes la Nuit en allemand, je crois bien que je m’abstiendrai. Bien sûr, je crois que cela me donnerait une image bien plus positive de ce film, mais je ne vois pas comment cela pourrait effacer totalement son manque flagrant d’intérêt.
Nous Sommes la Nuit est donc un gros navet. Ein Kitschiger Film comme on dirait outre-Rhin.
Fiche technique :
Réalisateur : Dennis Gansel
D’après les personnages créés par Dennis Gansel
Scénariste : Jan Berger
Directeur de production : Uli Fauth
Maquilleur : Georg Korpas
Directeur de la photographie : Torsten Breuer
Ingénieur du son : Alexander Saal
Casting :
Karoline Herfurth : Lena Bach
Nina Hoss : Louise
Jennifer Ulrich : Charlotte
Anna Fischer : Nora
Max Riemelt : Inspecteur Tom Serner
Jochen Nickel : L’officier de probation de Lena
Arved Birnbaum : Inspecteur Lummer
Steffi Kühnert : La mère de Lena

C’est fort dommage, car, comme je l’ai dit les deux premiers tiers étaient fort prometteurs. Et ceux grâce aux trois acteurs principaux : Gael Garcia Bernal, qu’on ne présente plus, Luis Tosar, une valeur sûre du cinéma ibérique, et l’étonnant Carlos Aduviri qui tient là un premier rôle prometteur. Malheureusement, à l’image du film, leurs jeux perdent en consistance à mesure que leurs personnages perdent en crédibilité.

Techniquement, le film n’a rien non plus de révolutionnaire. La gestion de la 3D est très en deçà de Raiponce par exemple, les personnages manquant de profondeur visuel. Les décors sont par contre eux très soignés. Il manque peut-être aussi un caractère un peu plus cartoon. Il y a une vraie retenue visuelle. En fait, cela rejoint une impression générale donné par Megamind. Les auteurs n’ont pas été au bout de leur idée et n’ont pas exploité toutes les possibilités que leur imagination aurait pu leur offrir. 
Another Year marque surtout la révélation de Lesley Manville, absolument époustouflante dans le rôle de Mary. Un personnage qui fait rire, parfois de manière sympathique, parfois de manière pathétique, quand le rire se fait à ses dépend. Elle est la star du film, de part sa place dans le scénario, mais surtout par la la formidable prestation livrée par cette actrice, habituée des films de Mike Leigh, mais qui tient là son rôle le plus marquant. 

C’est regrettable car le duo Jake Gyllenhaal et Anne Hataway fonctionne remarquablement bien. Cette dernière est assez charmante pour que l’on comprenne très bien que l’on puisse en tomber follement amoureux dès le premier regard. Quant au premier, il est excellent dans le rôle du dragueur impénitent qui connaît toutes les ficelles pour faire succomber ses proies. Le film est d’ailleurs très instructif sur ce plan-là… Bon, par contre, pas sûr que tout le monde connaisse le même taux de réussite en les appliquant.

L’interprétation est quant à elle assez moyenne, il est vrai. Les jeunes acteurs ont bien sûr grandis au fil des années et, un peu à l’image d’un Daniel Radcliffe, leur spontanéité et leur énergie se sont un peu diluées avec la puberté. Mais s’ils ne tirent pas le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores vers le haut, ils ne l’entraînent pas non plus vers les grands fonds. Là encore, on ne peut pas crier au génie, mais le plaisir est ailleurs. 
On pourra toujours reprocher aux Emotifs Anonymes un certain manque d’ambition. Certes, il se concentre vraiment sur l’essentiel de son propos. L’originalité vient quasiment uniquement des personnages et de leur personnalité et, au fond, la trame narrative est de ce qu’il y a de plus classique pour une comédie romantique. On peut y voir un défaut, mais parfois, il faut vaut mieux se concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. Ce film n’est pas forcément riche dans l’absolu, mais le peu qu’il recèle représente une vraie richesse.
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