
Faire mieux que ce dernier ? Cela aurait été difficile si le personnage et le film étaient restés sur le même registre. The Dark Night n’est en rien un remake, c’est une vision différente du mythe de l’homme chauve-souris et de son plus coriace ennemi. Et cette vision est d’un remarquable intérêt aussi bien artistique que narratif. En tout cas, on ne pourra pas reprocher à ce film de s’être contenté de chercher à vider le porte-feuille des fans mais, au contraire, de chercher à attirer tous les amateurs de bon, de très bon cinéma.
Le Gotham City de Cristopher Nolan ne ressemble en rien à celui de Tim Burton. Ici, pas de délires gothiques et de décors grandioses, mais une ville qui ressemble comme deux gouttes d’eau au New York actuel. Enfin, à la fois, Gotham City, c’est justement le surnom de NYC. De manière générale, The Dark Night se veut un récit qui intègre des problématiques de société très actuelles, concernant la gestion de la violence et de la criminalité. Evidemment, dans le monde réel, personne ne se ballade la nuit en costume en cuir… Enfin si plein de gens, mais pas pour pourchasser la grande criminalité. Alors disons que ce film nous livre l’image de notre monde réel dans lequel Batman existerait et pas pour fréquenter des boîtes sado-maso.
Le Joker interprété par le regretté Heath Ledger ne ressemble en rien à celui légendaire joué par Jack Nicholson. Moins délirant, plus sombre, plus sadique, plus inquiétant, plus terrifiant, ce rôle marquera également l’histoire du cinéma. D’ailleurs, s’il y’a un point commun entre les deux versions du Joker, c’est que dans les deux cas, il représente, et de loin, la grande star du film. Si Christian Bale est peut-être moins transparent que Michael Keaton à l’époque, ils sont tous deux nettement en retrait par rapport à leur ennemi, dont le charisme irradie tout au long de chacun des deux films. Heath Ledger sera donc décédé à l’aube d’une formidable carrière car le talent dont il fait preuve ici n’a rien à envier à celui dont fait preuve son prédécesseur dans ses plus grands rôles.
En fait, la seule vraie ressemblance entre les deux films se situe au niveau du personnage de notre héros masqué en lui-même. Personnage torturé, se posant moult questions sur sa place dans ce bas monde, il ne ressemble en rien à un héros sûr de lui et confiant dans la justesse de son combat. Mais encore une fois, il manque quelque peu d’épaisseur et ses interrogations existentielles ressemblent un peu à une tentative désespérée de lui donner de la consistance. En plus dans les deux cas, l’acteur qui l’interprète offre une prestation un tout petit peu fade.

Les intrigues secondaires se croisent et se recoupent, les rebondissements sont nombreux, bref The Dark Night n’est en rien une collection de scènes d’actions dénuées de tout fil conducteur . C’est une vraie histoire au dénouement qui en surprendra plus d’un et qui maintient la tension jusqu’au bout. L’histoire est particulièrement prenante. Le personnage du Joker inquiète et fascine, créant à la fois une sensation de malaise et une impatience de le revoir à l’écran. On pourra toujours discuter de la morale parfois limite véhiculée par ce film, mais elle n’est pas assez omniprésente pour que cela soit réellement gênant. Autre petit défaut peut-être : le film n’est pas totalement exempt de quelques longueurs, mais, là aussi, rien de vraiment notable.
The Dark Night est évidemment également un film d’action… Et qui dit film d’action, dit scènes d’action… Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont réussies. Intensité, grand spectacle, réussite technique, tout y est ! Vus les moyens déployés, on peut considérer que c’était la moindre des choses, mais fallait-il encore le faire. Surtout, que toutes ces scènes ne cèdent jamais à la tentation du délire pyrotechnique et reste centrée sur l’affrontement entre les personnages. Il aurait été dommage que la performance si remarquable de Heath Ledger ait été mise au second plan par une pluie d’effets visuels.
The Dark Night a donc répondu à toutes les attentes qu’il avait suscitées. Personnellement, je préfère encore la vision de Tim Burton du mythe, mais cette nouvelle version ravira tout de même une large majorité de cinéphiles.
Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, legendary Pictures, DC Comics, Syncopy
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan, d’après l’histoire de David Goyer et les personnages de Bob Kane
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Format : 2.35:1, Digital Intermediate, Imax, Panavision
Décors : Nathan Crowley
Musique : James Newton Howard, Hans Zimmer
Effets spéciaux : BUF, Double Negative
Durée : 152 mn
Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne, Batman
Heath Ledger : The Joker
Aaron Eckhart : Harvey Dent
Michael Caine : Alfred
Maggie Gyllenhaal : Rachel Dawes
Gary Oldman : Gordon
Morgan Freeman : Lucius Fox
Monique Curnen : Det. Ramirez
Cillian Murphy : Scarecrow
Eric Roberts : Salvatore Maroni

Evidemment, tout cela n’aurait pas été possible sans la qualité phénoménale de l’animation. Déjà, c’est beau ! Et même les humains ! Cela peut paraître tout bête, mais dans Némo par exemple, j’avais trouvé les personnages humains très laids, ce qui m’avait un peu déçu. Dans Ratatouille, ils gardent un aspect cartoon mais aussi un certain réalisme très esthétique (le réalisme esthétique, je crois que je viens d’inventer une nouvelle tendance de l’art contemporain !). Et que dire des rats ! L’expressivité de leur visage, de leur regard, de leurs mimiques est absolument subjuguant. Ceci participe fortement à l’épaisseur des personnages et de leur personnalité. Et tout cela, n’empêche évidemment pas des moments de pur bonheur visuel ! 
Mais Les Promesses de l’Ombre, c’est surtout une étude très profonde de ses personnages. Le film n’est jamais manichéen et les personnages sont souvent pas bien plus complexes que ce que l’on croit au premier abord. Certes, certains sont des monstres, de terribles monstres, mais le film montre également leur humanité. Le choc n’en est que plus fort, la monstruosité d’autant plus dérangeante, surtout que jamais le film ne donne d’excuses aux exactions commises par les personnages. 
Que dire par contre de la qualité de la réalisation… Un concours de superlatifs ne suffirait pas pour qualifier le talent de Tarantino qui confirme une nouvelle fois que seuls un Welles ou un Kubrick peuvent prétendre avoir atteint une maîtrise technique aussi poussée. En plus d’être un des meilleur réalisateur de l’histoire, il est incontestablement sans peu d’égaux en tant que directeur de la photographie. La bande-son est encore une fois phénoménale, par la qualité des musiques qui peuplent le film, mais surtout par la façon dont elles portent l’histoire, dont elles font partie intégrante d’elle. Elles ne sont pas simplement un élément de décoration. Mais ce qu’il y’a eu de plus remarquable encore que pour ses films précédents, c’est que dans tous ces élements, Quentin Tarantion a cherché, et réussi, à recréer l’aspect sonore et visuel du cinéma populaire des années 60. Ce n’est pas qu’un hommage, même plus qu’une imitation, c’est une renaissance et une recréation dans les moindres détails, même les plus infimes, même les plus anodins.
Ensuite, viennent le points qui prêtent un peu plus à discussion. Tout d’abord, les acteurs. Enfin, surtout l’acteur principal, Orlando Bloom. Il faut dire qu’il possède le seul rôle un minimum consistant de toute la distribution, Liam Neeson tenant une nouvelle fois le rôle du mentor qui meurt dès le début du film, certains diront même que le film est entièrement conçu pour assurer sa promotion. Si l’acteur était fabuleusement talentueux, cela n’aurait pas forcément posé de problème, mais le bel Orlando est, avouons-le, un tout petit peu limité. Mais j’insiste sur le un tout petit peu car Kingdom of Heaven constitue largement son meilleur rôle et, personnellement, je trouve qu’il s’en sort plutôt bien. En tout cas, un million de fois mieux que ce que l’on pouvait craindre.
Il faut dire, il est difficile de rivaliser avec Impitoyable, et surtout avec le talent d’Eastwood. Il a connu les dernières heures de l’âge d’or d’Hollywood et il en est le digne héritier. Son style déborde d’élégance. La photographie est sublime, le montage posé. Bref, on peut y accoler le mot classique, mais au sens noble du terme. Clint Eastwood n’est pas un réalisateur de clip vidéo, mais un vrai cinéaste.
La caméra de Sam Mendes est une des plus élégante du cinéma américain, on le savait déjà. Il nous avait déjà prouvé son talent prodigieux avec Americain Beauty, mais Les Noces Rebelles est encore un cran au dessus. Filmer la tension du quotidien est un exercice difficile car cela repose beaucoup plus dans les moments de silence, dans les non-dits que dans les explosions de colère passagers. Ce film déborde de tension, une tension transmise au spectateur de la première à la dernière seconde. Ne croyez pas une seule seconde que l’on peut s’ennuyer devant ce film, tant chaque plan vous enserre l’esprit et le c?ur. On ne ressort pas indemne de ce film, qui vous prend littéralement aux tripes. Il révèle au grand jour la médiocrité de nos quotidiens, la mort de nos désirs, alors que le cinéma, la publicité, la morale et la société tout entière essayent de nous vendre ça pour du bonheur. Frank et April ont tout pour être heureux, disent leurs voisins, qui refusent d’imaginer qu’ils puissent être malheureux. Car si eux le sont, alors ils le sont tous ! 
Graphiquement, le film est vraiment réussi. C’est à la fois un style très cartoon, très dessin animée au sens premier du terme, tout en gardant la beauté d’une production Dreamworks. On n’a plus l’aspect un peu trop « images de synthèse », que je n’aime pas trop dans un Monde de Nemo par exemple, tout en gardant les possibilités qu’offrent l’informatique en termes d’effets visuels. Bref, c’est beau, parfaitement animé et agréable aux yeux. 
Je tiens encore à insister sur l’immense richesse de ce film. Le scénario nous offre une histoire si simple, mais si réussie, si inspirante, si drôle, si bouleversante… Gran Torino n’est pas un film, c’est un concentré de cinéma pur, d’émotions à l’état brut. Comme si Clint Eastwood avait décidé de nous offrir d’un coup tout ce que son talent nous avait distillé pendant cinquante ans de carrière. Les neurones du spectateur se retrouvent tous stimulés en même temps. Voir ce film est presque une épreuve physique tant on l’impression d’avoir vu des dizaines de films d’un coup, en un peu moins de deux heures… Et de très bons films ! 
Mais un autre couple est au cœur du succès d’Il était une fois dans l’Ouest. Ou plutôt, deux paires. Deux paires d’yeux bleus de deux légendes d’Hollywood. Enfin, si Charles Bronson est légendaire, c’est surtout pour avoir joué dans Il était une fois dans l’Ouest car le reste de sa filmographie n’est pas vraiment au niveau. Avec un réalisateur autant amateur de gros plans que Sergio Leone, le regard des acteurs joue un rôle évidemment capital. D’un côté, les petits yeux rentrés dans leurs orbites de Charles Bronson, deux petits points bleus à l’image de son personnage si mystérieux et dont on ne sait si peu. De l’autre, le grand regard clair de Henry Fonda qui colle parfaitement avec la suffisance et la confiance en soi de son personnage, tueur implacable et sans pitié. Ce duo mythique nous fera vivre un duel final mémorable.
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