
La tentation était trop grande pour ne pas finalement y revenir. En effet, Ca : Chapitre 2 nous propose bien des allers et retours constants entre les deux époques. Mais que reste-t-il à raconter pour la partie enfance ? Rien de terriblement nouveau en tout cas et les nombreuses scènes du film nous ramenant dans le passé sentent passablement le réchauffé. C’est vraiment regrettable car le récit adulte est vraiment réussi, apporte un souffle nouveau et permet vraiment à l’histoire de rebondir. Mais une fois dit cela, je me dois d’admettre que malgré les 2h50 du film, je n’ai pas du tout vu le temps passer. Je ne peux donc pas me montrer totalement critique face à un film qui m’aura tout de même fait perdre la notion du temps, porté par une tension permanente, qui fait parfois fermer les yeux de peur de voir ce qui va se passer ensuite.

LA NOTE : 12/20
Réalisation : Andrés Muschietti
Scénario : Gary Dauberman, d’après le roman Ça de Stephen King
Direction artistique : Paul D. Austerberry
Décors : Nigel Churcher
Costumes : Luis Sequeira
Photographie : Checco Varese
Montage : Jason Ballantine
Musique : Benjamin Wallfisch
Production : Roy Lee, Dan Lin et Barbara Muschietti
Coproduction : Jason Fuchs
Production déléguée : Richard Brenner, Marty P. Ewingn, Seth Grahame-Smith, David Katzenberg et Dave Neustadter
Durée : 170 minutes
Casting :
James McAvoy : William « Bill » Denbrough
Jaeden Lieberher : Bill Denbrough, jeune
Jessica Chastain : Beverly « Bev » Marsh
Sophia Lillis : Beverly Marsh, jeune
Bill Hader : Richard « Richie » Tozier
Finn Wolfhard : Richie Tozier, jeune
James Ransone : Edward « Eddie » Kaspbrak
Jack Dylan Grazer : Eddie Kaspbrak, jeune
Jay Ryan: Benjamin « Ben » Hanscom
Jeremy Ray Taylor : Ben Hanscom, jeune
Isaiah Mustafa : Michael « Mike » Hanlon
Chosen Jacobs : Mike Hanlon, jeune
Andy Bean : Stanley « Stan » Uris
Wyatt Oleff : Stanley Uris, jeune
Bill Skarsgård : Robert « Bob » Gray / Grippe-sou
Javier Botet : Hobo, le Lépreux / la Sorcière
Jackson Robert Scott : Georgie Denbrough
Joan Gregson : Madame Kersh
Owen Teague : Patrick Hockstetter
Teach Grant : Henry Bowers
Nicholas Hamilton : Henry Bowers, jeune
Xavier Dolan : Adrian Mellon
Taylor Frey : Don Hagarty
Jake Weary : John « Webby » Garton
Erik Junnola : Steve Dubay
Connor Smith : Christopher Unwin
Molly Atkinson : Sonia Kaspbrak / Myra
Jess Weixler : Audra Philipps
Will Beinbrink : Tom Rogan
Stephen Bogaert : Alvin Marsh
Il est des artistes qui gagnent à être connus et reconnus. Hafsia Herzi en fait partie. On avait déjà pu entrapercevoir ses talents de comédiennes à travers plusieurs seconds rôles, notamment dans les films d’Abdelatif Kechiche. Avec Tu Mérites un Amour, on découvre qu’elle possède tout l’envergure nécessaire pour occuper un premier et beau rôle, mais surtout qu’elle est aussi un réalisatrice prometteuse, en même temps qu’une scénariste particulièrement douée et même une productrice de qualité. Bref, beaucoup de cordes à l’arc d’une jeune femme qui pourrait bien compter pour le cinéma français dans les années qui viennent. En tout cas, ce premier film est vraiment réussi et donne envie qu’il ne soit que le premier d’une longue filmographie.
Hafsia Herzi illumine l’écran de sa grâce discrète, mais profondément touchante. Elle incarne son personnage avec une grande justesse, donnant vie à beaucoup d’émotions contrastées, avec conviction, mais sans en faire trop. Et surtout, Hafsia Herzi la réalisatrice sait parfaitement mettre en valeur Hafsia Herzi la comédienne… et tout le reste du casting. Tu Mérites un Amour révèle un vrai talent de mise en scène. Au final, c’est Hafsia Herzi la scénariste qui se heurte à quelques limites. Si la narration est bien construite et fait preuve d’une mesure qui le rend parfaitement crédible, elle manque peut-être parfois d’un rien de force et d’élan qui prendrait aux tripes. Par contre, l’alternance, réussie, de tragique et de comique se révèle assez audacieuse, car elle aurait pu facilement déséquilibrer le propos. Il n’en est rien, bien au contraire, et fait de ce film une œuvre profondément touchante.
Cédric Klapisch est un réalisateur plutôt sympathique, qui fait des films sympathiques, qui peuvent même devenir culte à l’occasion (l’Auberge Espagnole en particulier). Sa filmographie ne compte pas de grands chefs d’œuvre, mais la qualité constante de son travail fait de lui un réalisateur qui compte. Il fait incontestablement partie du club restreint des réalisateurs dont on va voir le nouveau film en disant « je vais voir le dernier… ». En allant voir Deux Moi, je me suis effectivement dit que j’allais voir le dernier Klapisch. Et comme d’habitude, sans être totalement bouleversé par la qualité du film, j’aurais passé un moment fort agréable. Et j’espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier.
Deux Moi offre deux beaux rôles à deux comédiens qui ont le vent en poupe. Ana Girardot et François Civil tiennent là des rôles qui semblent faits sur mesure. Ils donnent vie à leur personnage avec une certaine grâce, même si on aurait aimé les voir poussés plus loin dans leurs derniers retranchements. On retiendra aussi les deux beaux seconds rôles interprétés par Camille Cottin et François Berléand, qui ne sont pas loin d’être les vraies stars de ce film. Cédric Klapisch nous livre une réalisation relativement élégante, même si on l’a connu plus imaginatif. Cela résume au final ce film, où le réalisateur nous offre ce qu’il sait faire de mieux, ce qui n’est pas peu dire, sans avoir pris de vrais risques.
On commence avec Laura Veirs, une artiste américaine, et son album The Lookout, sorti en 2018. On est accueilli par beaucoup de douceur et sa jolie voix. Le résultat est propre sur lui et maîtrisé. Mais on peut aussi le qualifier d’assez plat et de gentillet. Certains titres sont même carrément lancinants ou beaucoup d’entre eux proposent de petites mélodies assez agaçantes. La bonne impression initiale s’efface donc rapidement et on peut facilement oublier cet album.
On reste aux Etats-Unis avec le groupe Rosetta et leur album Utopiod. Il nous entraîne dans une ambiance éthérée. Malheureusement, le résultat n’est pas très joli, ni très harmonieux. Pour tout dire, c’est même assez ennuyeux et sans intérêt au fond. Il y a de maîtrise certes, mais pour un résultat tout simplement transparent. Donc à quoi bon ?
On termine par une vieille connaissance qui a bercé mon adolescence, The Breeders, qui sont revenus avec leur album All Nerves, après dix ans d’absence. Cela commence par du rock plutôt gentillet, avant que l’on retrouve un style nettement plus caractéristique dès le deuxième titre. Un style toujours un rien dissonant, mais toujours plein d’une énergie brute. On sent cependant une certaine maturité par rapport aux années 90 dans certains titres comme Walking With the Killer, une très jolie balade. Mais on retrouve également parfois le côté brouillon et inabouti de leur œuvre. Bref c’est inégal et ne bénéficie plus de l’effet de découverte. On quitte l’album sur des notes plus douces, mais sans totalement le regretter.
L’été on a envie de contrées ensoleillées, proches de la mer et en bonne compagnie. Donc quoi de mieux qu’un voyage sur les rives orientales de la Méditerranée ? Bon, évidemment, le voyage est moins plaisant quand il est émaillé de violence et de sang. Retourner au temps des croisades ne s’apparente pas vraiment à un voyage touristique. Mais quand il se fait au travers d’un roman, il peut agrémenter d’excellentes vacances. Surtout un roman de qualité comme le deuxième tome de l’Ame du Temple, intitulé la Pierre Noire. Une suite qui confirme toutes les qualités du premier volet et nous rend impatient de lire le troisième et ultime.
On associe facilement le cinéma d’animation avec l’enfance, l’humour et la légèreté. Bon tous ceux qui ont vu le Tombeau des Lucioles ou Valse avec Bachir savent qu’il peut aussi rimer avec gravité et drame. Ceux qui verront les Hirondelles de Kaboul en seront définitivement convaincus. Ce joli moment d’animation, sous la direction de Zabou Breitman, nous emmène au cœur de l’Afghanistan du temps où les Talibans régnaient en maîtres dans la capitale. Autant vous dire que cela ne ressemblait pas vraiment au Club Med, surtout pour les femmes éprises de liberté et d’art, comme l’héroïne de cette histoire. Mais la tyrannie aura brisé bien des destins et ces quelques images animées leur rend un très bel hommage.
Graphiquement, les Hirondelles de Kaboul nous plonge dans un univers aux couleurs pastels, les couleurs vives semblant avoir disparu de la vie des personnages. Le trait est dessiné « à la main », très loin des images de synthèse. Le contours des visages n’est jamais net, comme si la vie avait jeté un voile sur eux, même quand ils n’ont pas à porter un voile de tissu. Il y a une réelle synergie entre le dessin et le sujet. Le casting voix est de tout premier ordre. Le jeu est d’autant plus convaincant que les comédiens ont joué le film avant qu’il ne soit mis en images et non l’inverse. Ils ont donc bénéficié d’une totale liberté pour donner vie aux personnages à travers leur voix. Leur performance n’a rien d’un simple doublage. Comme ce film qui n’est pas tout à fait qu’un simple film d’animation.
Aller voir un film centré sur deux personnalités (je ne parle pas des artistes) que je déteste au plus haut point peut d’apparenter à une forme de masochisme. Peut-être s’agit-il d’une sorte de curiosité voyeuriste, un peu comme les petits vieux qui espionnent leurs voisins qu’ils méprisent par l’œilleton. Je retiendrai donc cette dernière raison liée à mon grand âge pour expliquer pourquoi j’ai été voir Thalasso. Cependant, vu mon manque d’enthousiasme vis-à-vis de ce film (doux euphémisme), je me dis que les années qui passent n’apportent pas qu’une sagesse susceptible de vous faire faire les bons choix.
Thalasso n’est pas un film. Pourtant, on peut faire un film, voire même un bon film, avec trois fois rien. Mais vraiment rien, ce n’est pas possible. L’intérêt de ce film repose uniquement sur la capacité d’autodérision du duo. Qu’on les aime ou qu’on les déteste, on appréciera cet aspect, mais au-delà de ça, il n’y a rien à aimer. La réalisation est fade et vous aurez déjà compris ce que je pense globalement du scénario. Un bon mot toutes les dix minutes, même prononcés par deux personnalités hors du commun, c’est quand même un peu léger. Extraire cinq minutes de ce film suffit à offrir tout ce qu’il y a d’intéressant. Les 88 minutes restantes nous permettent juste de toucher de près ce que signifie le vide.
Beaucoup de films américains se caractérisent par de bonnes intentions un rien lourdingues, mais que l’on pardonne aisément car le reste est généralement assez bien foutu pour nous faire passer un excellent moment. Mais parfois le premier aspect l’emporte un peu trop sur l’autre pour que se montrer totalement magnanime. Late Night n’est pas foncièrement un mauvais film. Il comporte même pas mal de bonnes idées et des personnages plutôt réussis. Malheureusement, certaines ficelles sont bien trop grosses pour être honnêtes. Quand bien même les intentions étaient les meilleures du monde.
Late Night met côte à côte un monstre sacré du cinéma avec une quasi-débutante (enfin de 40 ans quand même). Et force est de constater que les deux rivalisent en termes de talent et d’aura. Ce n’est certainement pas par l’interprétation que ce film pêche. Emma Thompson et Mindy Kaling apportent chacun leur pierre à l’édifice, si différentes, mais si complémentaires. Dommage que le film ne sache pas mieux exploiter la vraie synergie qui naît entre elles et qui aurait pu donner quelque chose d’une toute autre ampleur avec un scénario plus intéressant et mieux écrit. Reste au final un film oubliable et qui sera certainement vite oublié.
Grand Corps Malade fait partie de ses gens horripilants qui font preuve d’un talent fou dans tout ce qu’ils touchent. A l’image de Orelsan avec Comme c’est Loin, il avait parfaitement réussi son passage sur grand écran avec Patients. Dans les deux cas, ces artistes nous avaient livré des œuvres très personnelles racontant en grande partie leur propre histoire. Avec la Vie Scolaire, il nous offre une œuvre plus distanciée, nous plongeant dans le quotidien d’un collège des nos jours et non à l’époque de sa propre adolescence. Il s’agit d’un exercice très différent et a priori plus difficile (même si parler de soi ne l’est pas toujours). Mais force est de constater qu’il continue de s’en sortir avec beaucoup de brio.
La distribution de la Vie Scolaire offre à Zita Hanrot le grand rôle auquel son talent la destinait. Elle irradie à chaque fois qu’elle apparaît à l’écran et donne à son personnage profondeur et crédibilité, alors que cela n’avait rien de forcément évident. La vraie star du film reste néanmoins le casting adolescent qui nous offre une formidable galerie de personnages. Le jeune Liam Pierron livre une prestation remarquable qui sera, n’en doutons pas, remarqué (futur Oscar du Meilleur Espoir Masculin ?). Une réalisation subtile et maîtrisée finit de donner à ce film assez de qualités pour valoir un petit détour, mais peut-être pas le voyage. Mais à la fois, la Seine-Saint-Denis, ce n’est pas très loin !
Jusqu’à présent, aucun des films d’Arnaud Depleschin ne m’avait pleinement convaincu. Je continue à aller voir néanmoins sans aucune hésitation chacune de ses œuvres, car je reconnais à chacune d’elles un réel intérêt, mais gâché par un caractère inabouti et une forme qui pousse souvent le spectateur vers l’ennui. Je suis donc très heureux de dire que je suis enfin pleinement enthousiaste devant un long métrage de ce réalisateur majeur du cinéma hexagonal. En effet, Roubaix, une Lumière est un film remarquable à bien des points de vue.
Roubaix, une Lumière bénéficie de la présence à l’écran de Roschdy Zem. Etre dythirambique sur sa prestation semble inutile, tant il est couvert d’éloges à chacun de ses films. Ici, il prend ce pendant une dimension supplémentaire, celle d’un immense acteur qui rencontre un des quelques rôles qu’il parvient à habiter de tout son être. Grandiose, magnifique, incroyable, il n’y a guère de mots pour définir à quel point il irradie de talent. Léa Seydoux et Sara Forestier ont d’autant plus de mérite à occuper elles aussi une grande place à l’écran, dans des rôles qui les poussent, avec beaucoup de bonheur, en dehors de leur registre habituel. Tout cela concourt à la réussite de ce film qui marque un sommet dans la carrière d’Arnaud Depleschin.
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