La guerre d’Indochine constitue sûrement un des moments de notre histoire les plus méconnus. Trop lointain, trop peu glorieux sans doute. Le cinéma français n’a pas fait beaucoup pour combler cette ignorance. En tout cas, rien à voir avec la manière dont les Etats-Unis portent à l’écran les conflits dans lesquels ils sont été engagés. Les Confins du Monde comble un peu de ce manque en nous plongeant dans la guérilla qui a suivi le départ des Japonais de la péninsule indochinoise. Il nous en livre une vision crue qui s’appuie surtout sur ce qui a pu animer ce qui ont vécu ce conflit.
Il existe plusieurs façons de filmer la guerre. Soit on s’intéresse à l’Histoire, avec un grand h et on décrit les événements dans leur globalité, y compris les enjeux géopolitiques qui sous-tendent toujours un conflit. Les Confins du Monde fait un tout autre choix. On est très loin d’une leçon magistrale d’histoire. C’est à travers des destins individuels que l’on va plonger dans cette guerre qui n’en est pas encore tout à fait une. Une plongée dans l’âme de soldats, des âmes rongées par ce qu’ils vivent, parce qu’ils voient, par ce qu’ils font. La plongée se fait sans fard, alors elle raisonne avec l’âme du spectateur qui ne peut rester indifférent.
Les Confins du Monde n’est pas à mettre devant tous les yeux. Il montre toute la cruauté de ce conflit, où le sadisme sert à terrifier le camp d’en face. On peut parfois s’interroger sur la nécessité de monter de manière aussi directe autant d’horreurs. Le choix de Guillaume Nicloux s’explique sans doute par une volonté de mieux faire comprendre au spectateur comme les personnages peuvent glisser sur une pente qui les conduisent vers une forme de folie. On ne ressort pas de ce film à moitié fou, mais le cœur un peu serré, admiratif de la performance de Gaspard Ulliel et compatissant pour tous ceux qui ont vécu ces événements pour de vrai.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Les Armateurs, Les films du Worso, Orange Studio, Scope Pictures Réalisation : Guillaume Nicloux Scénario : Guillaume Nicloux, Jérôme Beaujour Montage : Guy Lecorne Photo : David Ungaro Distribution : Ad Vitam Musique : Shannon Wright Durée : 103 min
Casting : Gaspard Ulliel : Robert Tassen Gérard Depardieu : Saintonge Lang-Khê Tran : Maï Guillaume Gouix : Cavagna Jonathan Couzinié : Lt Maussier Kevin Janssens : Cdt Orlan
Si on pense au rock’n’roll, on pense bannière étoilée, grands espaces traversés sur une Harley Davidson et bottes en cuir. Ou éventuellement Union Jack, passage piéton à Liverpool et coupe au bol. Mais beaucoup plus rarement à la faucille et au marteau. Pourtant, la musique rock existait aussi de l’autre côté du rideau de fer. Timidement, sous le contrôle pointu des autorités soviétiques. C’est cette histoire singulière que se propose de raconter Leto. Un film qui respire la musique dans une mise en scène élégante et originale. Et surtout une belle ode à la liberté.
Leto est un film qui repose sur deux piliers. Le premier est avant tout la musique, omniprésente, qui fait ressembler parfois le film à une comédie musicale. De grands classiques chantés en anglais, leur traduction en russe ou du vrai rock soviétique, le nombre de titres que l’on entend en un peu plus de deux heures est impressionnant. Il existe surtout une vraie synergie entre cette musique et les images grâce à la créativité de Kirill Serebrennikov. L’usage du noir et blanc se justifie ici pleinement, permettant aux quelques images en couleurs de posséder un sens particulier. Tout cela est très beau et ravira tout amateur de musique qui se respecte.
Leto raconte aussi une histoire. Celle de quelques jeunes garçons et jeunes filles cherchant à vivre leur passion et le désir de liberté qu’elle porte, malgré les forces qui les enferment. Ils profitent de chaque occasion, de chaque petit espace qui leur est laissé. Si on ajoute à cela une triangle amoureux, on obtient un film riche et consistant, même si tout cela s’étiole quelque peu sur la fin. Du coup, cela s’étire un peu en longueur, mais avec encore assez de musique pour qu’on ne regrette pas de rester là. Le film apporte donc un joli témoignage, montrant une nouvelle fois la force de l’art quand il est au service de la liberté.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Hype Film, Kinovista Réalisation : Kirill Serebrennikov Scénario : Kirill Serebrennikov, Lily Idov, Mikhail Idov Montage : Yury Karikh Photo : Vladislav Opelyants Décors : Andrey Ponkratov Distribution : Kinovista, Bac Films Musique : Roman Bylik Directeur artistique : Andrey Ponkratov Durée : 126 min
Casting : Teo Yoo : Victor Irina Starshenbaum : Natacha Roman Bilyk : Mike Filipp Avdeyev : Lenya Evgeniy Serzin : Oleg Aleksandr Gorchilin : Punk
Autant vous avertir tout de suite, ce billet sera particulièrement égocentrique. Mais voyez-vous, être élu d’opposition dans une ville aussi moyenne que Viroflay revient un peu à prêcher dans désert. Alors quand vous consentez beaucoup d’efforts, quand vous vous investissez à fond dans quelque chose et surtout quand vous êtes brillant, tellement plus brillant que d’autres, il n’y aura pas grand monde pour le savoir et pour le souligner. Surtout que votre principal public reste quand même vos principaux adversaires formant la majorité, qui se pendraient plutôt que de vous faire un compliment (sauf le jour de votre départ évidemment… mais là aussi j’y reviendrai).
J’ai été élu municipal pendant près de huit et demi. J’ai travaillé sur bien des sujets, plus ou moins profondément. J’ai du acquérir des compétences, comme savoir décrypter une budget et une comptabilité municipale. Mais rien ne fut comparable à ce que j’aurais accompli dans le suivi et évidemment la critique du projet du Plan Local d’Urbanisme (PLU) aura occupé à peu près la moitié du temps que j’aurais passé au Conseil Municipal de Viroflay. Ce dossier, je m’y serai plongé totalement, me documentant pour mieux le comprendre, comparant ce que nous faisons avec ce qui se faisait ailleurs. Bien sûr, mon activité professionnelle ayant trait au foncier agricole, j’avais quelques connaissances de base qui m’ont facilité la vie, mais dans un contexte trop différent pour m’épargner certains efforts. Quand vous êtes élu d’opposition, vous réalisez vite que vous ne disposez pas d’employés municipaux pour vous aider et apporter leurs compétences. Vous êtes seul et vous devez tout maîtriser, le camp d’en face étant à l’affût du moindre faux pas.
La séance lançant la procédure aura été l’occasion de mon premier grand discours. Dix bonnes minutes sans note (cf. l’épisode 3) pour déjà marquer notre différence. Dès ce jour-là, on sentira à bien tout ce qui nous séparait au fond de la majorité municipale viroflaysienne. Cette dernière est là pour gérer les choses au mieux, quand nous sommes habités d’une mission. Nous voulons rendre le monde meilleur. Evidemment, ce n’est pas le PLU de Viroflay qui pouvait sauver la planète. Mais ce qui aura toujours guidé mes choix et mes prises de position, c’est bien la volonté de faire à travers ce document tout ce qui était en notre pouvoir, aussi limité soit-il, pour aider à résoudre les grands problèmes environnementaux et sociaux, dans l’espoir que si toutes les communes faisaient de même, alors il existerait une chance réelle qu’ils soient résolus.
Tout ce travail durera près de trois ans avant d’aboutir sur un projet qui est donc soumis à l’approbation du Conseil Municipal. C’est ainsi le moment d’exposer tous les fruits de ma propre réflexion. J’ai fait ce jour là la plus longue intervention de ma carrière d’élu. Et très certainement la meilleure. J’ai souligné ce jour-là tout ce que le PLU aurait pu être et qu’il n’était pas. Je mis en lumière la manière dont il ne contribuait pas comme il le faudrait au développement de l’offre de logements, à la préservation des espaces agricoles, à la lutte contre le réchauffement climatique. Les arguments étaient travaillés, étayés et je les maîtrisais totalement. Ce jour-là, j’ai eu le sentiment profond et sincère d’avoir les capacités d’être un maire d’une toute autre carrure que celui qui occupe le poste. Je voyais tellement plus loin que cette majorité qui semblait penser parfois que leur ville flottait au milieu de rien. Ce jour-là, je fus profondément fier de moi et je crois que j’avais de quoi l’être.
A la fin de la séance, le leader de l’autre opposition viendra me féliciter. Cela restera le seul signe me confortant dans mon auto-satisfaction. En effet, même quand un sujet aussi important est abordé, les spectateurs pouvaient se compter sur les doigts d’une main (ou les deux les jours de grande affluence). Nul journaliste, nulle caméra n’étaient là pour témoigner de mon moment de gloire. Alors que les élections municipales se rapprochaient, personne ou presque parmi les Viroflaysiens n’eut conscience à quel point j’avais pu être bon, tellement meilleur en tout cas que nos adversaires. Me voilà donc condamné à un exercice d’auto-satisfaction sur mon blog. Et personne n’est obligé de me croire.
Je mesurerais toute l’étendue de cette indifférence quelques semaines plus tard. Ce long discours, je l’ai transformé en un texte pour notre petit journal que nous diffusions de temps en temps auprès de la population. Je l’ai ramené à deux pages Word, quand le texte d’origine faisait beaucoup plus. Deux petites pages de texte pour un sujet aussi important, deux pages parlant du document qui va décider et structurer l’évolution du visage de la ville pour au minimum les dix prochaines années, ça ne me semblait pas grand chose. Pourtant, à l’occasion d’une fête chez des amis, j’ai eu l’occasion de discuter avec une de nos électrices fidèles. Fidèle parce que « de gauche », mais sans savoir grand chose de notre action. Elle me parle pourtant du numéro où nous parlions du PLU et me dit qu’elle l’a lu. Je me dis alors que tout cela n’était pas si inutile. Avant qu’elle ne m’avoue, après quelques secondes d’hésitation, qu’elle n’a lu que le début parce que c’était un peu long…
Peut-être bien que mon texte n’était pas assez bien écrit ou intéressant pour passer dix petites minutes à le lire. Peut-être. Ce jour-là j’ai mieux mesuré tout ce qui ne servait à rien, ou pas grand chose, dans le jeu politique. Comme avoir des grandes idées fondées et pertinentes par exemple. C’est malheureux, mais c’est comme ça. Reste un peu d’aigreur sans doute. Mais heureusement, un peu de fierté aussi. Les grands problèmes attendront encore avant d’être résolu. Au moins, j’aurais fait ce que j’ai pu. Même si ça n’aura servi à rien.
J’ai annoncé plusieurs fois ici que les productions Marvel commençaient à tourner en rond et à ne plus rien produire de vraiment original. Et plusieurs fois, ils ont su me donner tort. Une dernière fois sans lendemain avais-je envie de penser à chaque fois. Mais à force, il me faut l’admettre. J’avais tort, elles ont encore bien des choses à nous offrir. Une preuve éclatante avec Spider-Man : New Generation. On tient là incontestablement le film Marvel de l’année. On peut même aller plus loin. On tient là incontestablement un des films de l’année.
Drôle, épique, original et magnifiquement créatif visuellement. Tout est dit, j’aurais presque envie de m’arrêter là. Spider-Man : New Generation est enthousiasmant du début à la fin. Comme souvent, c’est l’humour qui donne au film un délicieux supplément d’âme. C’est grâce à lui qu’on s’attache aux personnages, qu’on entre immédiatement dans l’histoire pour ne jamais en sortir. Mais cette dernière ne nous porte pas que pour ça. Rythmée, pleine de surprise et de vrais moments de bravoure, elle vaut le détour par elle-même. A défaut d’être complexe, au moins est-elle assez riche pour nous plonger dans un monde dont on ressort sans avoir nullement l’impression d’en avoir déjà fait le tour. Car évidemment, on sera vite invité à y revenir.
Mais Spider-Man : New Generation se démarque définitivement par son graphisme terriblement imaginatif. Il rend de multiples hommages dans un tout étonnamment cohérent. Il fait tout d’abord le lien entre cette version cinématographique et les comics sur papier où il est né. Mais il s’amuse aussi à quelques clins d’œil à l’univers du manga ou des cartoons. C’est foisonnant, mais totalement maîtrisé. L’animation est fluide, les émotions des personnages sont palpables et les scènes d’action restent claires. Bref du vrai cinéma à côté duquel tout amateur de super-héros qui se respecte ne peut pas passer. Longue vie à cette nouvelle génération !
LA NOTE : 15,5/20
Fiche technique : Production : Columbia Pictures, Marvel Entertainment, Sony Pictures Animation Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : Peter Ramsey, Bob Persichetti, Rodney Rothman Scénario : Phil Lord, histoire de Phil Lord, Chris Miller et Alex Hirsch Décors : Justin Thompson Musique : Daniel Pemberton Directeur artistique : Dean gordon Durée : 117 min
Casting : Shameik Moore : Miles Morales Jake Johnson : Peter B. Parker Hailee Steinfeld : Gwen Stacy Nicolas Cage : Spider-Man noir Kimiko Glenn : Peni Parker Mahershala Ali : Aaron Dabis, le rôdeur Bryan Tyree Henry : Jefferson Dabis Lily Tomlin : May Parker Zoë Kravitz : Mary Jane Watson Liev Schreiber : le Caïd
Arriver au bout de près de 2500 pages de lecture vous rend quelque peu exigeant quant à la qualité du dénouement. Après avoir passé autant de temps à tourner les pages, vous voulez que cet investissement trouve une juste récompense. Il faut bien avouer que souvent on aboutit à un final quelque peu décevant. Peter F. Hamilton avait parfaitement relevé le défi avec sa saga l’Etoile de Pandore, qui resta passionnante du début à la fin. La Trilogie du Vide, qui lui fait suite, offre deux premiers tomes nettement moins enthousiasmants. On pouvait donc craindre légitimement que le dernier, Vide en Evolution, soit du même acabit.
Franchement, je me trouve super doué pour maintenir un certain suspense en attendant la moitié du deuxième paragraphe pour dire ce que je pense du livre dont je suis en train d’écrire la critique (bon ok, suffit de lire le titre, mais bon…). Une frustration d’écrivain du dimanches sûrement. Bref, allons désormais droit au but, Vide en Evolution est dans la lignée des deux tomes précédents de la Vide en Evolution. Bien, mais pas top. Et surtout, il se termine un peu en eau de boudin. La conclusion n’est pas mauvaise, elle laisse juste le lecteur sur sa faim, en étant un peu trop rapide et sans bouquet final. Elle suit pourtant le même modèle que pour l’Etoile de Pandore, c’est dire que tous les éléments (et surtout les personnages) jusque là éparses se rassemblent à fin, sauf que là ce n’est pas pour faire grand chose.
Vous l’aurez compris, si l’Etoile de Pandore était une saga absolument indispensable à tout amateur de science-fiction qui se respecte, on peut se permettre de passer à côté de la Trilogie du Vide. Non pas que cette œuvre fera honte à votre bibliothèque, mais disons que c’est un peu long pour ce que c’est. Je regrette aussi fortement cette fois-ci l’absence d’un index des personnages qui auraient été pourtant fort utile, vu le foisonnement de protagonistes, que l’on peut perdre parfois de vue pendant des centaines de pages. Vide en Evolution apporte donc une conclusion en demi-teinte à une saga en demi-teinte. Mais au moins elle la constance pour elle.
Etre l’homme (ou la femme bien sûr) de la situation, voilà un titre flatteur. En effet, cela implique qu’un autre que lui aurait fait moins bien, ce qui témoigne d’un talent rare et unique. Alexandre Astier en possède un. Et un grand. Mais cela implique aussi une synergie entre la tâche à accomplir et la personne en question, qui tient à un je-ne-sais-quoi inexplicable qui fait que tout s’emboîte parfaitement. Sans doute, le créateur de Kaamelot était celui, à défaut d’être le seul, capable de reprendre à son compte l’héritage de Goscinny. Après avoir adapté (et enrichi) à merveille le Domaine des Dieux, il nous offre une histoire totalement originale avec Asterix – Le Secret de la Potion Magique. Une œuvre que ne renierait pas le grand René.
Le succès d’Asterix et Obelix, et en fait de toute l’œuvre de René Goscinny, tient à la capacité de créer un humour qui soit de tous les degrés à la fois. Quelque soit celui que l’on apprécie le plus, on y trouve son compte. Petits et grands sont séduits, pour des raisons différentes, mais avec la même force. Asterix – Le Secret de la Potion Magique se situe dans cette pure tradition et c’est sans doute son plus grand mérite. On ne peut s’attaquer à un tel mythe, à une œuvre aussi profondément ancrée dans l’imaginaire national, sans se devoir de respecter l’original. Il est ici total.
Mais Alexandre Astier va plus loin. En effet, il ajoute une petite touche à lui, discrète mais bien réelle. Il donne à Asterix – Le Secret de la Potion Magique une dimension épique comme on l’a rarement vu dans les aventures d’Asterix et Obelix. Ceci tient au personnage du méchant qui est largement plus inquiétant qu’il est ridicule parfois. On suit donc cette histoire avec le plus grand des plaisirs et un plaisir qui dépasse de loin la simple nostalgie. Il s’agit là d’une véritable œuvre originale d’une très grande qualité qui démontre encore une fois à quel point Alexandre Astier était l’homme de la situation.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Valus, Mikros animation, M6 Distribution : SND Réalisation : Louis Clichy, Alexandre Astier Scénario : Alexandre Astier, inspiré des BD de René Goscinny et Albert Uderzo Montage : Bertrand Maillard Musique : Philippe Rombi Directeur artistique : Alexandre de Broca Durée : 85 min
Casting : Christian Clavier : Astérix Guillaume Briat : Obélix Bernard Alane : Panoramix Daniel Mesguich : Sulfurix Alex Lutz : Teleferix Lévanah Solomon : Pectine Elie Seimoun : Cubitus François Morel : Ordralfabétix Florence Foresti : Bonemine
Lambchop est un groupe américain de Nashville qui nous propose de la country alternative, d’après Wikipedia. Bon, je ne sais pas trop alternatif à quoi, mais je vais croire les spécialistes. J’avais écouté et apprécié Oh Ohio, un album sorti en 2017. Flotus, sorti neuf ans plus tard, m’a par contre nettement moins convaincu. Pourtant, il débute par une douce ballade possédant assez de personnalité pour que l’on dresse un oreille. Mais le reste va vite devenir relativement lugubre et transparent. La voix de Kurt Wagner, le leader du groupe, est déformée par des effets sonores d’assez mauvais goût. Tout du long, l’album perd de sa substance pour devenir totalement oubliable.
On enchaîne avec ceux qui sont peut-être à ce jours le monstres les plus sacrés du rock, à savoir les Rolling Stones. Avec Blue and Lonesome, ils s’offrent et surtout nous offrent un album de reprises. L’ouverture est plutôt prometteuse. Le reste reste plutôt bon, mais on ne peut que constater que les britanniques n’ont pas cherché à sortir de leur zone de confort. Ils explorent quelques classiques du blues, mais avec aucune prise de risque. C’est maîtrisé, sympa, mais pas forcément indispensable.
Artiste très prolifique, Neil Young ne prend guère plus de risque avec Peace Trail. L’album s’ouvre avec du classique, mais plutôt énergique. Mais globalement, il manque passablement d’épaisseur, le canadien ne cherche pas à nous offrir autre chose que ce qu’il nous propose d’habitude. Le tout manque vraiment de titres percutants. La seule touche d’originalité reposera sur le dernier titre, mais là encore le résultat n’est pas spécialement transcendant.
Un film de casse, c’est un peu comme un western. On se dit que c’est un genre un peu daté, mais on est toujours ravi d’en voir un revenir sur grand écran. Surtout évidemment quand il est plutôt bon. On y va un peu nostalgique de tous ces grands classiques que l’on a découvert plus jeunes, dont certains nous ont fait aimer le cinéma. Mais on a aussi forcément envie de voir quelque chose de nouveau. Avec les Veuves, on est comblé. On retrouve la plupart des éléments qui ont fait le succès du genre, mais agrémentés de touches beaucoup plus originales.
Introduire des personnages féminins là où précédemment les mâles dominaient outrageusement se situe bien dans l’air du temps. Mais au-delà de surfer sur une vague, ce choix place les Veuves dans une perspectives relativement inédites. Cela ressemble quelque peu à un cliché, mais l’absence de testostérone en fait un film plus cérébral, plus centré sur les personnages et moins sur la simple mécanique de comment vont réussir leur coup. Cela joue même au final un rôle relativement mineur dans l’histoire, même si cela ajoute tout de même une dose de suspense qui donne du corps à cette histoire. On ne s’ennuie pas une seconde du coup, malgré quelques faiblesses.
La première d’entre elle est un casting un peu faiblard. Personne n’est mauvais, mais personne ne ressort vraiment du lot. Viola Davis tient le film largement sur ses épaules, mais sans flamboyance. Tout ceci est cependant largement compensé par la réalisation brillante de Steve McQueen. La photographie est magnifiquement ciselée et constitue un régal pour les yeux. Comme souvent, le film manque un tout petit peu de rythme, mais cette légère lenteur est aussi caractéristique de son style. Les Veuves ne restera peut-être pas comme le film de l’année, mais il n’en reste pas moins un vrai film de cinéaste. De ceux qui écrivent l’histoire du 7ème art.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Regency Enterprises, Film4 Productions, See-Saw Films Distribution : 20th Century Fox France Réalisation : Steve McQueen Scénario : Steve McQueen, Gillian Flynn, Lynda La Plante (livre) Montage : Joe Walker Photo : Sean Bobbitt Décors : Adam Stockhausen Musique : Hans Zimmer Durée : 129 min
Casting : Viola Davis : Veronica Rawlings Liam Neeson : Harry Rawlings Michelle Rodriguez : Linda Elizabeth Debicki : Alice Cynthia Erivo : Belle Colin Farrell : Jack Mulligan Daniel Kaluuya : Jatemme Brian Tyree Henry : Jamal Robert Duvall : Tom Mulligan Jacki Weaver : la mère d’Alice
Le personnage principal d’une histoire est souvent celui lequel l’histoire est racontée. Le scénario adopte son point de vue et du coup le spectateur également. Il apporte son lot de subjectivité qui existe forcément en tout récit. Mais quand le personnage principal est un nourrisson de quelques jours, cela paraît plus difficile, puisqu’il apparaît quasiment impossible de faire partager ses émotions et la manière dont il vit les événements. Quasiment, mais pas totalement, comme le prouve Pupille. Un joli film sur un sujet finalement assez peu souvent abordé au cinéma.
Pupille est bien l’histoire d’un enfant. Le bébé ne représente pas uniquement un fil rouge auquel se rattache tout le reste, mais bien un personnage à part entière. C’est réellement ce qui fait l’originalité et tout l’intérêt de ce film. Au-delà de ça, il s’agit d’un film chorale qui nous fait partager un bout du destin des personnes qui gravitent autour de lui. Tous les fils narratifs ne se valent pas, mais forment un tout assez solide pour être convaincant. La narration de Jeanne Herry constitue un point fort de ce long métrage. En montrant dès la première scène où tout cela va mener, il libère le spectateur d’un suspense artificiel pour qu’il puisse se concentrer sur les émotions véhiculées par les personnages. Tous les personnages.
Pupille bénéficie d’un casting de tout premier ordre. Le film permet à Gilles Lelouche de connaître un de ses plus beaux rôles. Il fait part d’une grande sensibilité, doublée d’une vraie justesse. Elodie Bouchez est elle aussi remarquable et sans elle, le film n’aurait pas pu être aussi touchant. Jeanne Henry nous offre de très belles scènes, dont celle de la rencontre entre le bébé et sa future mère, qui prouve que la sobriété peut être parfois le meilleur moyen de sublimer les émotions. On passe donc le film avec une petite larme qui pointe aux paupières. Mais elle est plus souvent de joie que de tristesse et on ressort de ce film le cœur léger. Et il faut admettre que cela fait le plus grand bien.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Chi-fou-mi productions, Trésors films Distribution : Studio Canal Réalisation : Jeanne Herry Scénario : Jeanne Herry Montage : Francis Vesin Photo : Sofian El Fani Décors : Johann George Musique : Pascal Sangla Durée : 107 min
Le cinéma est un des principaux vecteurs par lequel tous ceux qui veulent faire avancer la liberté en Iran s’expriment. Nos écrans témoignent souvent de cette lutte et nous transmettent le cri de ceux qui vivent des formes parfois particulièrement pernicieuses d’oppression. La Permission reprend le flambeau et le fait avec beaucoup de talent. Un film aux qualités nombreuses, qui brillent autant par la forme que par le fond. Je ne sais pas si aller voir ce film est un acte de résistance. Mais c’est au moins une petite manière d’apporter son soutien à tous celles et ceux qui résistent.
La Permission est porté par un scénario solide, rythmé, riche de vrais rebondissements. On n’est pas du tout dans le cinéma quelque peu contemplatif de Jafar Panahi. On ne s’ennuie donc jamais et on est captivé par cette histoire dont on a envie de savoir où elle finira par nous mener. Le personnage principal, au caractère bien trempé, emporte tout de suite notre affection et on devient vite son premier supporter, terme particulièrement adapté puisqu’il s’agit de la capitaine de l’équipe d’Iran de futsal. Même sans être un passionné de géopolitique du Moyen Orient, on peut prendre beaucoup de plaisir à suivre cette histoire.
La Permission enthousiasmera d’autant plus si on s’intéresse à ce que le film nous dit de la société iranienne. Pas de révélation fracassante, mais une démonstration brillante. Que la société iranienne ne soit pas un modèle d’égalité femme-homme ne constitue pas un scoop, mais on comprend mieux à travers ce film comme elle s’exerce, sous couvert d’état de droit. Avec Baran Kosari, cette lutte prend un visage fort et déterminé. Elle incarne avant tout son personnage, mais bien plus que cela au fond. Cette histoire n’est pas que celle d’un destin individuel. C’est l’histoire de toutes ces femmes qui vivent cette oppression, alors qu’elle ne demande qu’un peu de liberté. Celle de jouer au foot par exemple. Celle d’être elle-même en fait.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation :Soheil Beiraghi Scénario : Soheil Beiraghi Musique : Karen Homayoonfar Production : Soheil Beiraghi, Mehdi Davari Photographie : Farshad Mohammadi Montage : Bahram Dehghan, Mohammad Najarian Assistant réalisateur : Mohammad Reza Keshmiri Son : Mehdi Saleh kermani
Casting : Baran Kosari : Afrooz Ardestani Amir Jadidi : Yaser Shahoseini Sahar Dowlatshahi : Mehraneh Noori Leili Rashidi : Pantea Aledavood Hoda Zeinolabedin : Masi Ata’ee Abbas Moosavi : Le directeur de la Fédération Maryam Sarmadi : L’entraîneuse
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