Personnellement, je considère Brad Bird comme étant un des plus illustres cinéastes contemporains. Je regrette beaucoup que son nom ne soit aussi peu connu, sous prétexte qu’il a connu ses plus grands succès en dirigeant des films d’animation. Certes, le travail de réalisateur y est quelque peu différent, mais cela reste un vrai travail de direction artistique et cinématographique. Son œuvre la plus marquante reste sans conteste les Indestructibles. Le premier volet représentait en effet un vrai bijou pour petits et grands, alliant aventures et humour, premier et second degré avec une maestria rare. Il avait donc placé la barre haut et la suite allait forcément être jugée à l’aune de celle-ci. Mais visiblement Brad n’est pas du genre à avoir le vertige !
Les Indestructibles 2 est un succès sur toute la ligne, même s’il n’est pas totalement parfait. Le scénario a su parfaitement trouver un prolongement logique et drôle au premier volet. Un modèle de rebond sur une première idée pour la développer, l’enrichir et nous réserver encore bien des surprises. Cependant, le scénario recèle aussi la faiblesse la plus flagrante du film : un rebondissement principal largement cousu de fil blanc. Certes, ce genre de film nous rend facilement indulgent pour ce type de défaut, mais cela empêche cette suite de posséder le même souffle épique que le premier épisode. Mais, le spectacle proposé reste tout de même particulièrement réjouissant.
Les Indestructibles 2 reste un spectacle familial puisque toutes les générations y trouveront un intérêt. Il faut être cependant adulte pour saisir toute la profondeur d’un humour parodique parfois assez subtil. C’est ça qui fait la force de l’œuvre de Brad Bird, d’ouvrir sur le rêve et l’imaginaire, sans jamais être gnangnan. Le film vous offrira un vrai moment de détente, sans crampe au cerveau, mais sans non plus mettre ce dernier totalement en position arrêt. Un équilibre savoureux qui donne tout son piment à cette œuvre qui prouve que rassembler un large public ne signifie pas forcément tout avoir tiré vers le bas.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures Distribution : Walt Disney Studios Distribution Réalisation : Brad Bird Scénario : Brad Bird Montage : Stephen Schaffer Musique : Michael Giacchino Directeur artistique : Ralph Eggleston Durée : 118 min
Casting : Craig T. Nelson : Robert Parr / Mr Indestructible Holly Hunter : Helen Parr / Elastigirl Sarah Vowell : Violet Parr Huck Milner : Dashiell « Dash » Parr / Flèche Samuel L. Jackson : Lucius Best / Frozone Brad Bird : Edna Mode Jonathan Banks : Rick Dicker Bob Odenkirk : Winston Deavor Catherine Keener : Evelyn Deavor Sophia Bush : Voyd Isabella Rossellini : l’Ambassadrice John Ratzenberger : le Démolisseur
Lecture récurrente chez moi, un roman de la série le Poulpe. Il m’en reste encore une petite dizaine à lire donc j’aurais encore l’occasion de vous repasser encore le même plat. Mais les mollusques sont comme tout, il existe moult façons de les préparer. Surtout quand le cuisinier change à chaque recette. Ici Hervé le Tellier, un auteur à la carrière littéraire solide, et qui nous offre donc un épisode, la Disparition de Perek, particulièrement bien écrit. A défaut d’être le plus imaginatif et le plus passionnant.
La Disparition de Perek n’est pas parcouru par cet humour un peu désabusé qui caractérise beaucoup d’épisodes de la série. Le personnage principal ne nous fait que très part au spectateur de ses pensées et le récit perd là une dimension qui fait souvent le charme de ces courts récits. Ce volet aurait pu en fait s’insérer dans un autre série que le Poulpe sans trop de soucis. On perd ici ce qui fait la singularité de ce vrai-faux détective à nul autre pareil. L’amateur éclairé aura donc un peu de mal à y trouver totalement son compte.
Comme je l’ai écrit plus haut, la Disparition de Perek est par contre écrit dans un style très agréable, d’un niveau littéraire supérieur à la moyenne de cette série. Cela ne fait évidemment qu’amplifier nos regrets que cette qualité ne vienne pas au soutien d’un récit beaucoup plus original, pour ne pas dire intéressant. L’intrigue policière en elle-même se laisse lire, mais n’a rien d’inoubliable. Le tout donne un résultat assez neutre. Ni totalement bon, ni vraiment mauvais, mais qui ne laisse que peu de trace dans l’esprit du lecteur. Heureusement, vu sa brièveté, il ne lui aura pas pris trop de son temps.
Le Polar à la française est souvent une affaire d’hommes et de femmes. Bref, de personnages. Le portrait dressé du flic ou du voyou, l’analyse de leur psychologie compte au moins autant et souvent plus que la simple résolution d’un mystère ou le récit d’une traque. Paul Sanchez est revenu ! se situe dans cette pure tradition. Cependant, pour fonctionner, un tel film doit offrir au spectateur des personnages forts, suffisamment pour que l’on se soucie de leur sort. Et il n’est jamais évident de rendre attachants des figurent de flic ou de voyou. Surtout quand on fait des choix aussi hasardeux que Patricia Mazuy.
En effet, entre le pauvre type clairement mythomane (je ne spoile même pas, on le comprend immédiatement) et la flic quelque peu limitée (différente si on veut rester politiquement correct), on assiste à un duel entre deux protagonistes qui ne nous inspire pas grand chose, sinon une forme de compassion proche de la gêne. Si le spectateur se trouve mal à l’aise en regardant Paul Sanchez est Revenu !, ce n’est pas à cause d’une tension narrative particulièrement prenante, c’est juste que les personnages font clairement pitié et on a hâte que le film s’achève pour que s’achève leur calvaire. Du coup, impossible de vraiment rentrer dans cette histoire de toute façon hautement improbable.
Paul Sanchez est Revenu ! est donc un film raté. L’idée de base n’était pas totalement inintéressante, mais n’est jamais exploitée de manière à surprendre ou enthousiasmer le spectateur. Laurent Laffite et Zita Hanrot ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour donner vie à leurs personnages. Mais c’est vraiment dans l’essence même de ces derniers que réside le problème. Leur interprétation est irréprochable. De plus, le film s’étire beaucoup trop en longueur pour le peu d’intérêt qu’il présente, annihilant tout souffle narratif qui aurait pu porter un tant soit peu le spectateur. Aucun film ne se remet d’un scénario aussi mal écrit. Pas plus ce film qu’un autre.
LA NOTE : 7/20
Fiche technique : Réalisation : Patricia Mazuy Scénario : Patricia Mazuy et Yves Thomas, d’après une idée originale d’Yves Thomas Décors : Thierry François et Dorian Maloine Costumes : Khadija Zeggaï Photographie : Frédéric Noirhomme Son : Jean-Pierre Duret, Jean Mallet et Luc Thomas Montage : Mathilde Muyard Musique : John Cale Production : Patrick Sobelman Coproducteurs : Saïd Ben Saïd et Gilles Sitbon Durée : 110 minutes
Casting : Laurent Lafitte : Paul Sanchez Zita Hanrot : Marion Idir Chender : Yohann Poulain Philippe Girard : le commandant Anthony Paliotti : le gendarme Gaspard Achille Reggiani : le gendarme Boris Anne-Lise Heimburger : la femme de Paul Sanchez Norah Krief : Laëtitia Luc Palun : le garagiste
L’Etoile de Pandore de Peter F. Hamilton reste pour moi une des meilleure saga de science-fiction qui m’a été donnée de lire. C’est donc avec une certaine envie que j’ai attaqué la lecture de la Trilogie du Vide et son premier tome Vide qui Songe, qui se situe dans le même univers. Cependant, la personne qui a eu l’amabilité de me le prêter m’a averti qu’elle était quelque peu décevante. J’avoue qu’au final ce premier volet me laisse quelque peu sur ma faim. Des bases sont posées, mais je reste circonspect sur ce qu’elle peuvent donner par la suite.
On retrouve vraiment dans ce début de saga le même style que celui qui avait présidé à l’Etoile de Pandore. Une foule de personnages qui surviennent, au sein de plusieurs fils narratifs parallèles qui ne semblent pas forcément à première vue reliés entre eux. Ca a même un petit côté Game of Thrones, mais Peter F. Hamilton n’est pas tout à fait George R. Martin. Surtout que ces deux autres œuvres font bénéficier du lecteur d’un index des personnages très utiles. Pas de trace dans Le Vide qui Songe et c’est bien dommage. Mais le principal problème réside dans le fait qu’aucun des fils ne nous donnent une terrible envie de le suivre.
Le Vide qui Songe propose bien quelques idées sympathiques et originales, qui montrent que Peter F. Hamilton n’a pas perdu son imagination foisonnante. Cependant, aucune ne dépasse le stade de l’anecdotique et on voit mal comment elles vont pouvoir contribuer à créer une grande saga épique. La Trilogie du Vide commence donc doucement et ne formule que peu de promesses auprès du lecteur. Mais l’avantage de cette situation, c’est qu’elle n’aura pas trop de mal à les tenir. Cependant, même si elle y parvient, pas sûr qu’elle sauve le lecteur de l’ennui.
Une bande-annonce a pour but premier de donner envie aux spectateurs de venir voir le film en question. En tant que militant politique et ayant un métier fortement orienté communication, je sais à quel point il faut savoir parfois déformer quelque peu la vérité pour donner envie. L’omission reste peut-être le travers le plus pardonnable, puisque, techniquement, on ne ment pas. On n’en voudra donc pas trop à ceux qui ont monté la bande-annonce de Roulez Jeunesse, qui, à travers elle, semblait être une pure comédie, très orientée premier degré. Il se révèle finalement être bien plus que cela. Et de plus, la surprise est vraiment bonne.
Roulez Jeunesse est un film qui vous fera passer par beaucoup d’émotions contrastées. On rit souvent, surtout dans la première moitié. On finira ensuite par pleurer. Ce glissement progressif se fait à chaque fois que l’on découvre un nouvel élément de l’intrigue, quand le point de départ prêtait avant tout à sourire. Cette évolution est menée avec une réelle intelligence, sans à-coups, et avec une réelle crédibilité. Le scénario n’est pas dénué d’ambition, mais parvient à ne pas tomber dans l’excès ou la maladresse. Le spectateur apprécie vraiment ce lent changement de cap plutôt inattendu. Quand un film donne plus que ce que l’on était venu chercher, comment être déçu ?
Roulez Jeunesse marquera sans doute un tournant dans la carrière d’Eric Judor. Comme son ancien compère Ramzy Bedia, il prouve qu’il peut être à l’aise dans des rôles un peu plus complexes que celui d’ahuri un peu naïf. Le film le prouve d’autant plus que c’est exactement ce qu’est son personnage au départ. Et comme l’intrigue, on le verra évoluer, en même temps que le jeu de son interprète. Il ne livre pas non plus une interprétation bouleversante. Mais sans doute, beaucoup de réalisateurs auront noté qu’il est possible de lui proposer autre chose. Le reste du casting est également excellent, avec une mention spéciale pour les deux enfants qui savent se montrer aussi attachants qu’horripilants parfois. Entre surprise et tromperie, la frontière est parfois mince. Mais ce film fait incontestablement partie de la première catégorie.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : SRAB films, Rectangle productions, France 2 cinéma Distribution : Le Pacte Réalisation : Julien Guetta Scénario : Julien Guetta, Dominique Baumard Montage : Jean-Christophe Bouzy Photo : Marion Burger, Benjamin Roux Musique : Thomas Krameyer Durée : 84 mn
Casting : Eric Judor : Alex Laure Calamy : Nelly Brigitte Roüan : Antoinette Ilan Debrabant : Kurt Louise Labeque : Tina Marie Kremer : Prune Satya Dusaugey : Philippe Déborah Lukumuena : Lou
C’est l’histoire d’un mec qui téléphone… Voilà, fin de la critique… Vous trouvez ça un peu court ? Pourtant objectivement, cela pourrait parfaitement résumer The Guilty puisque ce film ne comporte quasiment que des plans où son personnage principal est en train de téléphoner. Dis comme ça, on voit mal comment il pourrait ressembler à un thriller captivant. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences car c’est bien ce qu’il est, grâce à beaucoup d’intelligence et une interprétation convaincante de son premier rôle. Une curiosité cinématographique certes, mais avant tout un bon film.
Evidemment, le personnage principal de The Guilty n’est pas au standard de Pizza Hutt et tout le suspense ne repose pas sur le fait de savoir si la 4 fromages va être livrée à temps ou pas. Il travaille au standard de la police et quand une femme appelle pour faire comprendre qu’elle en train de se faire enlever, il va tout faire pour dénouer les fils du mystère et l’aider sans quitter son poste. L’intérêt de The Guilty repose donc entièrement sur la qualité de son scénario et certainement pas sur le caractère spectaculaire des images. Ceci n’est pas vraiment la normes des longs métrages que l’on peut voir sur nos écrans. Il s’agissait donc d’un pari, mais un pari réussi et assez brillamment l’avouer. Certes, ce choix imposait forcément des limites, mais Gustav Möller a sur tiré le meilleur de la liberté qu’il lui restait.
En effet, livrer des images qui n’ont rien de spectaculaires ne veut surtout pas dire que l’on ne peut pas soigner sa réalisation. C’est même nécessaire, sous peine de donner à son film un caractère statique pouvant facilement conduire à l’ennui. Mais Gustav Möller parvient à jouer sur les types de plan et les angles de prise de vue pour vraiment faire vivre sa narration. Il parvient surtout à vraiment nous faire partager l’état d’esprit du personnage remarquablement interprété par Jakob Cedergren. Cette dimension du film joue d’ailleurs un rôle important dans l’histoire qui se révèle beaucoup plus riche que ce que l’on pouvait imaginer au départ. Et tout cela fait de The Guilty un peu plus qu’un simple exercice de style réussi.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Gustav Möller Scénario : Gustav Möller et Emil Nygaard Albertsen Photographie : Jasper Spanning Montage : Carla Luffe Heintzelmann Musique : Carl Coleman et Caspar Hesselager Pays d’origine : Danemark Durée : 85 minutes
Casting : Jakob Cedergren : Asger Holm Jessica Dinnage : Iben Johan Olsen : Michael, le mari d’Iben Katinka Evers-Jahnsen : Mathilde, la fille d’Iben et Michael Omar Shargawi : Rashid, le coéquipier d’Asger Jeanette Lindbæk : le responsable de la zone nord de Seeland Jakob Ulrik Lohmann : Bo Simon Bennebjerg : le junkie Laura Bro : la journaliste
Je l’ai souligné dans ma critique de Infinity War (et peu dans celle de Deadpool 2), les films de super-héros arrivent à un tournant de leur histoire. Ils ont connu un succès grandissant ces dernières années, grâce à un renouvellement, voire même parfois une réinvention, constante. Le processus semble être arrivé à son terme et les réelles nouveautés se font rares. Du coup, on commence à craindre à chaque fois que l’on va voir un nouveau long métrage tiré de l’univers Marvel de tomber sur l’épisode vraiment raté et sans intérêt. Ant-Man et la Guêpe avait le potentiel pour être celui-là. Il n’en est rien. Et le plaisir demeure !
Ant-Man et la Guêpe fait partie de ces films dont on n’attend pas grand chose, mais dont on sort presque enthousiaste car il s’avère bien meilleur que prévu. Il ne s’agit certainement pas là du film Marvel le plus inoubliable, mais dans la lignée du premier, il constitue un divertissement de premier ordre, mêlant action, humour premier et second degré et des personnages particulièrement attachants. Le tout sur un rythme relativement endiablé qui ne laisse pas une seconde de la place à l’ennui. Un film qui ne cherche pas à être plus que ce qu’il est et qui remplit donc sa mission à la perfection. Si on ajoute les quelques clins d’œil qui raviront les fans, on en a vraiment pour notre argent.
Ant-Man et la Guêpe bénéficie d’une réalisation de Peyton Reed, qui était déjà à la tête du premier qui a le bon goût de ne pas faire ressembler son film à un clip vidéo. Le film n’a rien de particulièrement esthétique et ne présente pas d’un intérêt artistique délirant, mais on se situe tout de même un cran au-dessus de l’efficacité pure et simple. On se divertit, mais sans risque de mal de crâne à la fin. Le duo formé par Paul Rudd et Evangeline Lily fonctionne à merveille, en s’amusant de manière particulièrement communicative à l’écran, sous le regard bienveillant de Michael Douglas. Tout ce petit monde entraîne le spectateur avec lui, permettant à ce dernier de ne surtout pas regretter d’être venu.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Peyton Reed Scénario : Chris McKenna, Erik Sommers, Gabriel Ferrari, Andrew Barrer et Paul Rudd, d’après les personnages créés par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby Direction artistique : Clint Wallace Décors : Shepherd Frankel Costumes : Louise Frogley Photographie : Dante Spinotti Montage : Dan Lebental et Craig Wood Musique : Christophe Beck Production : Kevin Feige Production déléguée : Victoria Alonso, Stephen Broussard, Stan Lee et Charles Newirth Coproduction : Mitchell Bell et Lars P. Winther Durée : 118 minutes
Casting : Paul Rudd : Scott Lang / Ant-Man Evangeline Lilly : Hope van Dyne / la Guêpe Michael Peña : Luis Walton Goggins : Sonny Burch Bobby Cannavale : Paxton Judy Greer : Maggie David Dastmalchian : Kurt T. I. : Dave Hannah John-Kamen : Ava Starr / Fantôme Abby Ryder Fortso : Cassie Lang Randall Park : l’agent du FBI Jimmy Woo Michelle Pfeiffer : Dr Janet van Dyne / l’ancienne Guêpe Laurence Fishburne : Dr Bill Foster Michael Douglas : Dr Henry « Hank » Pym / l’ancien Ant-Man
Tous les amateurs de football en sont convaincus depuis le dernier Euro, les Islandais sont des guerriers. Mais les Islandaises ? Pour leur équipe de football, je ne sais pas bien, mais pour ce qui est de leurs militantes écologistes, il suffit d’aller voir Woman at War pour en être convaincu. Un film écolo et féministe et surtout un film bien mené et bien construit. Un long métrage qui vous donnera aussi envie de découvrir ce pays aux paysages grandioses. Déjà que le tourisme y explose, le succès de ce film ne va pas inverser le phénomène. Et si en plus, le pays compte d’autres cinéastes aussi talentueux que Benedikt Erlingsson, alors il s’agit définitivement d’une contrée qui gagne à être mieux connue et qui vaut bien un clapping !
Dans un premier temps, Woman at War peut paraître un film relativement naïf et plein de bonnes intentions. Mais très vite, on réalise qu’il ne faut pas confondre l’idéalisme du personnage principal et le propos porté par le scénario. Certes, ce dernier épouse largement son point de vue et prend clairement son parti, mais en soulignant fortement les difficultés auxquelles elle va se heurter. L’intérêt du film est donc double. Il porte à la fois un message presque politique, mais un rien désabusé, et reste avant tout un film de personnage. Le contenu est donc riche, mais jamais indigeste. Il est à la fois léger et grave, drôle et émouvant, riche en surprises et rebondissements. On ne peut que s’attacher à l’héroïne et finir par partager ces combats, quelque soit le camp dans lequel on se serait trouvé dans la vraie. C’est là la magie du cinéma et la force d’un propos convaincant.
Woman at War se démarque aussi par sa forme. Benedikt Erlingsson prouve qu’un budget moyen n’empêche en rien l’imagination visuelle et le travail artistique de premier ordre. Par quelques trouvailles, notamment les groupes qui viennent jouer la musique du film à l’écran, il donne à son film un supplément de poésie qui ajoute le charme à l’intérêt. Evidemment, la beauté des paysages islandais aide aussi à faire de ce film une œuvre à l’esthétique marquée. Le film doit beaucoup également à Halldóra Geirharðsdóttir qui interprète non pas un seul, mais deux rôles. Elle tient largement son rôle sur ses frêles épaules. Mais comme veut le prouver ce film, aussi frêles soient-elles, elles ont la capacité à changer le monde. Enfin au moins à essayer…
LA NOTE: 14/20
Fiche technique : Réalisation : Benedikt Erlingsson Assistants-réalisateurs : Vasiliy Belousov, Sigurdur Kjartan Scénario : Benedikt Erlingsson et Ólafur Egilsson Costumes : Sylvia Dögg Halldórsdóttir et Maria Kero Directeur de la photographie : Bergsteinn Björgúlfsson Montage : David Alexander Corno Musique : Davíð Þór Jónsson Son : François de Morant Durée : 101 minutes
Casting : Halldóra Geirharðsdóttir : Halla / Ása Jóhann Sigurðarson : Sveinbjörn Juan Camillo Roman Estrada : Juan Camillo Jörundur Ragnarsson : Baldvin Bjön Thors : le Premier ministre Jón Gnarr : le Président de la République islandaise Jón Jóhansson : le fermier Hjörleifur Hjartarsson : un conseiller du Premier ministre Olena Lavrenayuk : la responsable de l’orphelinat Antoine Huré : un touriste
Tout le monde sait que Cat’s Eyes est un dessin-animée qui aura marqué ma génération. Mais ce que l’on sait moins, c’est que c’est aussi un duo anglais qui a notamment sorti en 2016 l’album Treasure House. Il nous y propose aussi bien des titres évaporés et légèrement dissonants et d’autres plus pop, interprétés avec plus de conviction, et à vrai dire plus convaincants et sympas. Il font preuve d’une vraie maîtrise et leur musique possède une réelle personnalité. Cependant, cela reste vraiment trop inégal pour être réellement transcendant.
On poursuit avec le groupe américain Wilco et leur album Schmilco. Il s’agit du quatrième album de ce groupe dont je parle ici (visiblement j’ai raté celui d’avant celui-ci) et il s’écoute une nouvelle fois avec plaisir, mais sans enthousiasme cependant. Ils nous offrent une musique douce et tranquille, mélodieuse et maîtrisée. Ils affichent une vraie personnalité, nous offrent des titres variés, mais cela manque parfois un peu de punch. La qualité est constante, mais aucun titre n’accroche vraiment l’oreille.
On terme avec Let the Record Show : Dexys Do Irish and Country Soul, un album de reprises du groupe anglais Dexys. On reconnaîtra pas mal de titres de cet album mais sans jamais entendre ces nouvelles interprétations apporter grand chose par rapport aux titres originaux. Voire même ils nous arrivent de les trouver moins intéressantes. Du coup, on apprécie avant tous les morceaux qui nous sont inconnus de prime abord et qui peuvent se révéler malgré tout fort sympathiques. Au final, le groupe n’avait pas tout à fait les moyens de leurs ambitions, ne parvenant pas à sublime ou revisiter les titres qu’ils reprennent.
Steven Soderbergh figure incontestablement parmi les cinéastes les plus prolifiques de l’histoire du 7ème art, du moins dans son histoire la plus récente. Certains trouveront du coup qu’il dilue quelque peu son immense talent. Il est vrai que toutes ses œuvres ne se valent pas et certaines sortent sur les écrans dans un certain anonymat. Il n’y a pas eu par exemple d’hystérie autour de la sortie de Paranoïa, son dernier film passé relativement inaperçu. Ceci s’explique aussi assez naturellement par le fait qu’il ne figurera certainement pas parmi les éléments les plus marquants de sa filmographie. Ceci dit il ne s’agit pas non plus d’un mauvais film.
Paranoïa reprend un point de départ assez classique. Les hôpitaux psychiatriques ont toujours constitué un lieu relativement fascinant pour les scénaristes. Il est vrai qu’ils offrent de multiples possibilités, même si on retrouve toujours plus ou moins les mêmes éléments d’intrigue. Rien de très nouveau ici, mais on reconnaîtra volontiers à Steven Soderbergh une réelle habileté pour construire son histoire de manière à maintenir une tension et un intérêt du spectateur constants. Tout cela n’apportera rien à longue histoire du 7ème art, mais aura offert un agréable moment au public, ce qui n’est pas si mal, avouons-le.
Steven Soderbergh reste un des maîtres de la réalisation style « reportage » avec une impression de caméra à l’épaule et un grain d’image qui fait plus penser à une vidéo prise avec un téléphone portable qu’à un classique hollywoodien. Ceci n’est évidemment qu’illusion, tant on sent que la photographie, assurée par Soderbergh lui-même, est soignée. Paranoïa permet aussi à Claire Foy de quitter le monde de la série télévisée pour tenir un premier rôle au cinéma. La transition du petit au grand écran se déroule sans soucis tant elle paraît à l’aise dans ce rôle qui demandait pourtant beaucoup de maîtrise. Mais Soderbergh reste aussi un merveilleux directeur d’acteur. Bref, un grand cinéaste, même dans ses œuvres les moins marquantes.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche techique : Claire Foy : Sawyer Valentini Joshua Leonard : David Strine Amy Irving : Angela Valentini Jay Pharoah : Nate Hoffman Juno Temple : Violet
Production : Production : Extension 765, New Regency Pictures, Regency Enterprises Distribution : Twentieth Century Fox France Réalisation : Steven Soderbergh Scénario : Jonathan Bernstein, James Greer Montage : Steven Soderbergh Photo : Steven Soderbergh Musique : Thomas Newman Costumes : Susan Lyall Durée : 98 min
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