GREY TICKLES, BLACK PRESSURE (John Grant), ANGELS & GHOSTS (Dave Gahan and Soulsavers), VAMPIRE EN PYJAMA (Dionysos) : Toujours au top !

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greyticklesblackpressurejohngrantOn commence cet avis avec un artiste américain, John Grant, né en 1968, mais qui n’a débuté sa carrière solo qu’en 2010. Grey Tickles, Black Pressure est lui sorti en 2015 et constitue son troisième album. Ce dernier se démarque par une grande variété, même s’il est au final assez inégal. Cela rappelle un peu l’univers de Beck. On enchaîne des titres aux accents électros, pas les plus réussis, avec des titres très rock. L’album va d’ailleurs crescendo en termes de qualité, porté par une voix assez marquante et un travail toujours pointu sur les sonorités. On retiendra notamment le titre Global Warming.

angelsandghostsdavegahanandsoulsaversOn enchaîne avec un artiste britannique encore un peu plus âgé (né en 1962) mais dont la carrière est-elle très longue. Dave Gahan s’associe ici avec le groupe Soulsavers pour nous proposer Angels & Ghosts. Là encore, c’est la variété qui prédomine avec un univers parfois très sombre ou d’autres titres plus posé, tirant presque sur le crooner. Là aussi la voix est marquante, mais la musique un peu moins, manquant un peu trop souvent d’épaisseur. De la maîtrise certes, mais pas de génie.

vampireenpyjamadionysosOn termine avec de vieilles connaissances, le groupe Dionysos dont j’ai toujours été très fan. Leur album Vampire en Pyjama montre qu’ils sont toujours au top. Plus que jamais le duo formé par Matthias Malzieu et Babette fonctionne à merveille et nous propose un album d’une qualité constante, plein d’énergie et d’imagination. On retiendra en particulier les titres Guerrier de Porcelaine, Vampire de l’Amour ou encore une version assez blues de I Follow Rivers. Plus que jamais, j’adore ce groupe !

A GHOST STORY : Un fantôme pas comme les autres

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aghoststoryafficheSi on pense film de fantôme, on pense naturellement à un film d’horreur, avec le bruit dans le placard et la musique qui fait peur. Il est fort possible qu’une partie du public ait imaginé cela en allant voir A Ghost Story. Or, il n’en est rien et c’est peut-être pour cela qu’elle a déserté la salle avant la fin. En effet, pas d’effroi, ni de frisson dans ce film mais beaucoup de poésie. Il s’agit d’un film contemplatif. Très contemplatif. Trop contemplatif ?

Étirer une scène à l’infini pour plonger le spectateur dans l’attente de la chute est un procédé de mise en scène fort respectable. Mais répéter l’opération pour quasiment chacune d’elles finit surtout par plonger le spectateur dans un certain ennui. L’effet de surprise disparaît et finit par être remplacé par une réelle impatience, pour ne pas dire un agacement. Surtout que certaines scènes de A Ghost Story ne sont pas non plus toutes indispensables. Bref, il n’y avait pas vraiment matière à proposer un long métrage.

aghoststoryA Ghost Story n’est cependant pas dénué d’intérêt. Le film reste globalement inattendu et surprenant. Il est parcouru par une poésie touchante qui vous attache à l’histoire malgré l’ennui qui guête. Surtout que les images et la musique sont assez belles pour créer une ambiance assez fascinante. Si vous acceptez d’être quelque peu déstabilisé par ce film qui ne rentre dans aucune case, alors vous n’aurez pas envie de sortir de la salle avant l’heure mais bien de savoir où ce joli moment de poésie va vous mener.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Sailor Bear, Zero Trans Fat productions, Ideaman Studios
Distribution : Universal Pictures International
Réalisation : David Lowery
Scénario : David Lowery
Montage : David Lowery
Photo : Andrew Droz Palermo
Musique : Daniel Hart
Durée : 92 min

Casting :
Casey Affleck : C
Rooney Mara : M

TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 10 : Collage et tractage, les deux mamelles du militant PS

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episode10Lorsque l’on adhère à un parti politique, on s’imagine facilement en train de changer le monde. Voire le sauver pour les plus hardis. On ne sait pas vraiment comment on va s’y prendre mais on est hyper motivé. On découvre vite que le Grand Soir n’est peut-être pas pour demain et qu’il faut revoir ses ambitions à la baisse. En attendant, les militants sont conviés à deux activités centrales dans la vie de l’adhérent PS : le collage et le tractage.

Je dois admettre que j’ai toujours esquivé les séances de collage. Une seule en dix ans, pas de quoi se vanter. Mais il faut dire que nous disposions à la Section de militants chevronnés et motivés par ce genre d’exercice. Tellement motivés d’ailleurs que chaque cession s’étirait en longueur et décourageait toutes les bonnes volontés voulant leur apporter un peu d’aide. En effet, la plupart des militants, moi le premier, ont autre chose à faire entre 23h et 1h du matin, heure traditionnelle des collages, comme par exemple dormir !

Je vais donc vous parler plutôt de l’exercice que j’ai beaucoup pratiqué. Sur les marchés, dans les gares, à des carrefours, dans le froid, le chaud, sous la pluie ou la neige… le tractage donc ! J’ai déjà évoqué ma première fois dont l’approche m’avait beaucoup stressé avant de découvrir que cela se résumait avant tout à surmonter l’indifférence totale des gens qui passent autour de vous pour les convaincre de prendre le bout de papier que vous lui tendez. Certes, je me suis déjà fait traiter de connard à l’occasion d’un tractage, mais on se dit que c’est plus motivant que le vide que vous renvoie l’immense majorité des passants.

Pour tracter, il faut évidemment un tract. En réaliser un est un exercice délicat car il faut savoir allier dans un subtil équilibre la forme et le fond. Donner envie de lire, tout en faisant passer un vrai message. Au PS, on adore produire des tracts et on pourrait penser que cela procure à se parti un talent particulier pour les rendre efficaces et percutants. Ceux qui suivent ce récit et ont déjà compris comment la médiocrité a toujours régné en maître dans les hautes sphères de ce Parti et ne seront pas surpris par l’idée que j’ai eu à distribuer un nombre phénoménal de tracts déplorables sur la forme et sur le fond. Mais un bon petit soldat comme moi s’exécute. Et puis comme de toute façon, personne ne les lit…

Distribuer des tracts représente tout un art. Si vous rester droit comme un piquet le bras près du corps avec un tract dans la main, vous n’allez pas en distribuer beaucoup. Mes camarades les plus expérimentés ont développé diverses techniques pour optimiser leur efficacité. Il y a tout d’abord la technique de la poissonnière, qui consiste à crier haut et fort ce que l’on distribue. « C’est la gauche à Viroflay » par exemple. Dans une ville aussi marquée de l’autre bord, cela ne garantissait pas un taux de distribution optimal, mais au moins cela provoquait un élan de sympathie chez les rares personnes partageant nos convictions. Cependant, estimant que prêcher des convaincus fait partie des travers du militantisme au PS, je n’ai jamais adopté cette technique.

Il y a ensuite la technique du barrage qui consiste à tendre le bras, tract à la main, pour carrément barrer le passage à celui qui vient vers vous. Ce dernier comprend qu’il n’aura la voie libre que s’il saisit le papier. Il s’exécute souvent pour gagner en tranquillité, mais pas sûr qu’il garde un très bon souvenir de cette rencontre. La technique n’est donc pas optimale en termes d’image. Enfin, on peut aussi essayer d’entamer la conversation avec ceux qui passent autour. Une remarque sur le cabas un peu lourd, sur l’indiscipline des enfants ou le temps qu’il fait et une fois le contact établi, zou, on glisse discrètement le tract que la personne n’ose alors plus refuser. Cette technique est tout à fait valable mais demande une énergie folle par tract distribué. Au final, on en distribue moins et pas sûr que ceux qui ont trouvé preneur soit plus lu au final.

Personnellement, j’ai donc développé un technique faisant un peu la synthèse de toutes celles-ci. Le bras décollé du corps mais sans être agressif, une tentative de capter le regard de ceux qui passent pour leur dire simplement « bonjour ». Souvent par politesse, les personnes se sentent alors obligées de prendre votre tract. Pas toujours évidemment. Tracter en apprend d’ailleurs beaucoup sur le comportement moutonnier des gens. Lorsqu’un groupe arrive si le premier prend le tract, vous pouvez être sûr qu’une bonne partie du groupe fera de même, n’osant pas paraître plus impolie que la première personne à être passée. Evidemment, l’inverse est vrai et un refus initial risque fort de provoquer des refus en cascade.

Reste enfin la question fondamentale : est-ce que ça sert à quelque chose ? En termes de lecture, vous l’aurez compris, l’impact est faible. Enfin, il y a une seule exception. Les distributions aux gares aux gens qui vont prendre leur train. Il suffit alors d’observer le nombre de personnes en train de parcourir le tract sur le quai de la gare en attendant leur transport pour voir que dans ces circonstances, oui, vos tracts sont lus. En dehors de ça, le résultat est beaucoup plus aléatoire.

En fait, tracter revient surtout à faire acte de présence auprès de la population. Ne plus le faire n’aura pas de conséquences immédiates, mais d’autres prendront votre place et gagneront en influence auprès de la population. C’est évidemment surtout vrai pour les enjeux locaux, on l’a vu dans mon billet précédent sur les élections européennes, mais ça l’est toujours plus ou moins.

Au cours de mes dix ans de militantisme, j’ai vu apparaître des militants FN venir tracter de manière de plus en plus fréquente et assumée. J’ai vécu des marchés où nous étions seuls face à eux. Ce jour-là, je n’ai surtout pas lâché une seule seconde le meilleur emplacement sur le marché que nous tenions pour être arrivé avant eux et j’ai prolongé l’exercice pour ne pas partir et les laisser seuls. Ce jour-là, j’en ai voulu à toutes ces formations politiques de gauche, enclines à nous faire la leçon, mais qui était comme d’habitude totalement absente. Ce-jour là, j’étais fier d’appartenir au PS et fier d’être là, dans un exercice peut-être futile, mais qui reste encore un outil démocratique de contact avec le terrain que les réseaux sociaux ne pourront jamais totalement remplacer.

Je finirai ce billet par une pensée pas vraiment amicale à cet homme, sympathisant d’extrême-droite connu, qui est venu me parler plus d’une dizaine de fois lors de distributions au marché, me demandant toujours qui nous étions. Un brin facho, mais pas physionomiste. Après ma réponse, il me rétorquait invariablement « ah mais vous savez, je suis profondément anti-socialiste ». Je lui faisais remarquer qu’à force j’étais bien au courant. Nous parlions alors un peu politique et je réalisais combien peut parfois se mêler chez certain une réelle forme d’intelligence et de culture et la plus grande bêtise et la plus profonde ignorance.

Les personnes de ce genre n’hésiteront évidemment pas à saisir le pouvoir si on leur laisse. On ne leur fera évidemment pas barrage en distribuant des tracts. Si cela y contribue, cela vaut bien quelques heures passées à distribuer ces papiers un peu vains en eux-mêmes. Mais c’est souvent le geste et ce qu’il symbolise qui compte.

LUCKY : Good-bye Harry, hello John

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luckyafficheAller voir le dernier film d’un grand acteur récemment décédé est une belle manière de lui rendre hommage. Surtout quand ce dernier aura encore occupé le haut de l’affiche à 90 ans, achevant ainsi une vie tout entière marquée par le 7ème art. Lucky constitue donc l’occasion d’adresser un dernier au revoir à Harry Dean Stanton. Surtout que le film a été spécialement écrit pour lui et s’inspire largement de sa vie et de sa personnalité. Pas étonnant alors qu’il y soit aussi éblouissant.

Lucky repose donc sur cet ultime et brillant numéro d’acteur. Car il faut l’avouer, en dehors de l’émotion due à la présence de Harry Dean Stanton à l’écran, le film flirte parfois avec l’ennuyeux. Flirte seulement heureusement. Faisant moins d’une heure et demi, il a la bonne idée de ne pas se prolonger plus que nécessaire. Le temps d’apprécier la découverte d’un personnage assez remarquable, et pas que par son âge, et de savourer une vision moins caricaturale que d’habitude de l’Amérique profonde.

luckySi Lucky restera le dernier film de Harry Dean Stanton, il est aussi le premier film du réalisateur John Carroll Lynch. Contrairement à ce que pourrait facilement penser la présence de David Lynch au sein du casting, il n’est pas le fils (ni le neveu, ni le cousin) de. Il signe un film formellement abouti qui arrive à exploiter pleinement un scénario finalement peu consistant. On a donc envie de le revoir avec un peu plus de matière à mettre en scène. Il est trop tôt pour lui prédire une carrière de plus de 60 ans comme son acteur, mais on peut que la lui souhaiter longue et réussie. A suivre donc.

LA NOTE :12/20

Fiche technique :
Réalisation : John Carroll Lynch
Scénario : Logan Sparks et Drago Sumonja
Photographie : Tim Suhrstedt
Montage : Robert Gajic
Musique : Elvis Kuehn
Durée : 88 minutes

Casting :
Harry Dean Stanton : Lucky
David Lynch : Howard
Ron Livingston : Bobby Lawrence
Ed Begley Jr. : docteur Christian Kneedler
Tom Skerritt : Fred
Beth Grant : Elaine
James Darren : Paulie
Barry Shabaka Henley : Joe
Yvonne Huff : Loretta
Hugo Armstrong : Vincent
Bertila Damas : Bibi
Ana Mercedes : Victoria

LES GARDIENNES : Attendre et attendre encore

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lesgardiennesafficheEn cette période de centenaire, la Première Guerre Mondiale apparaît comme un sujet privilégié ces derniers temps au cinéma. La vie sur le front et l’après-guerre ont déjà fait l’objet de longs métrages. Les Gardiennes nous présente quant à lui la vie à l’arrière, plus particulièrement dans des exploitations agricoles désertées par les hommes où les femmes ont du prendre les choses en main. Xavier Beauvois signe un film dans son style habituel… Mais qui ici donne un film avant tout ennuyeux.

Proposer un film lent et contemplatif quand il place la notion d’attente au coeur de son propos peut apparaître comme une bonne idée. Sauf que du coup le spectateur attend plus qu’il ne contemple. Ce n’est qu’il se passe rien dans les Gardiennes, mais tout se passe lentement. Chaque scène s’étire plus que de raison, diluant ainsi toute tension narrative et par la même occasion l’intérêt du spectateur. C’est dommage car le scénario recèle en sin sein les éléments d’une histoire puissamment dramatique.

lesgardiennesSur la forme, les Gardiennes reste un film réellement abouti. Xavier Beauvois reste un cinéaste de premier plan et ça se voit. Il reste en particulier un formidable directeur d’actrices et arrivé à sublimer un casting de haut niveau. Mention spéciale à Iris Bry qui n’a rien à envier au talent de Nathalie Baye. Au final, le film parlera aux amoureux d’histoire agricole. Les autres devront prendre le risque de s’ennuyer quelque peu devant ce beau spectacle qui un manque un peu trop de consistance.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Les films du Worso, Pathé, Versus production, Rita productions, Orange studio
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Xavier Beauvois
Scénario : Xavier Beauvois, Frédérique Moreau, Marie-Julie Maille, d’après le roman d’Ernest Pérochon
Montage : Marie-Julie Maille
Photo : Caroline Champetier
Décors : Yann Mégard
Musique : Michel Legrand
Durée : 134 min

Casting :
Nathalie Baye : Hortense Sandrail
Laura Smet : Solange
Iris Bry : Francine Riant
Olivier Rabourdin : Clovis
Cyril Descours : Georges Sandrail
Nicolas Giraud : Constant Sandrail
Gilbert Bonneau : Henri
Mathilde Viseux : Marguerite
Yann Bean : John

HOLLOW MEADOWS (Richard Hawley), ONES AND SIXES (Low), UNBREAKABLE (Janet Jackson) : Que du bon !

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hollowmeadowsrichardhawleyDécidemment, la qualité est en hausse avec un avis musical empli de bonnes choses. On commence avec Richard Hawley, un artiste britannique, et son album Hollow Meadows. Un musicien folk qui navigue entre belles ballades mélancoliques et titres plus énergiques. Il fait surtout preuve d’une belle maîtrise et d’une réelle conviction dans ses interprétations. La voix est chaude, mais pas trop, possédant en tout cas un charme particulier. Ceci donne un album de très bonne qualité du début à la fin.

onesandsixeslowOn enchaîne avec Low, un groupe américain, dont j’avais déjà apprécié le précédent album. Ones and Sixies, dont il s’agit ici, nous propose une musique un rien évaporée, mais en tout cas mélodieuse et agréable. Les titres ne sont pas extrêmement variées, mais toujours maîtrisée artistiquement. Au final, ce sont les titres les plus pop, parfois un peu sucrés, qui sont les plus réussis. Il manque juste un petit pas grand chose pour être vraiment génial. On peut le regretter ou souligner que le résultat est pas mal quand même.

unbreakabluejanetjacksonOn termine avec une Janet Jackson et son album Unbreakable. Si elle ne possédera jamais la notoriété de son frère, elle aura tout de même mené une belle carrière. Une nouvelle preuve ici avec un son groovy, énergique, plein de conviction et de maîtrise. Les titres sont propres, carrés, peut-être un peu trop d’ailleurs. On y trouve notamment la belle ballade qui va bien, After You Fall, mais sans surprise. Sa voix ressemble à s’y méprendre à celle de son frère, ce qui nuit aussi à donner une vraie personnalité à cet album. Cependant, le résultat reste quand même très agréable à écouter.

SANTA ET CIE : Ho ho ho !

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santaetcieafficheA Noël, on a facilement envie de rires et de légèreté. Bon en fait, on en a envie tout le temps, mais disons qu’il est de bon ton d’oublier un peu ses soucis à cette période de l’année. Donc quoi de mieux qu’une bonne comédie familiale, drôle et touchante, pour cela. Il suffit donc de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Santa et Cie, nouveau film d’Alain Chabat. Et surtout un de ses plus réussis.

Si Alain Chabat a signé dans sa carrière un des films les plus cultes de l’histoire du cinéma français (Asterix et Obelix, Mission Cléopâtre), il a également signé plusieurs comédies à moitié réussies, parfois même aux trois quart ratées. Avec Santa et Cie, il signe un film avant tout, pour ne pas dire uniquement, léger mais abouti. L’humour fait mouche, les personnages sont attachants, l’histoire est rythmée. Le tout saupoudré d’un rien de poésie qui ne fait pas de mal, surtout que cela n’alourdit en rien le reste, qui demeure beaucoup plus digeste qu’une bûche avec trop de matière grasse.

santaetcieSi Santa et Cie dépasse beaucoup des autres films d’Alain Chabat, c’est parce que ce dernier semble avoir compris que la direction d’acteurs est capital pour une bonne comédie. Le cabotinage reste quand même souvent l’ennemi du rythme, qui est lui le meilleur allié du rire. Il dirige donc avec un certain talent son casting en commençant par lui-même. Certes, il flirte parfois avec la ligne rouge du laisser-aller et en fait peut-être un chouïa trop et sombre parfois dans la facilité. Mais il en sort vite et se met au niveau du duo formé par Pio Marmaï et la merveilleuse Golshifteh Farahani qui fonctionne à merveille. Du coup, c’est bien tout le film qui fonctionne parfaitement et apporte un peu de magie de Noël sur cette fin d’année cinématographique.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisateur et scénario : Alain Chabat
Production : Alain Goldman
Musique : Matthieu Gonet
Durée : 100 minutes

Casting :
Alain Chabat : Santa
Pio Marmaï : Thomas
Golshifteh Farahani : Amélie
Bruno Sanches : Magnus et tous les autres lutins
Louise Chabat : toutes les lutines
David Marsais : l’inspecteur Olivier Le Guennec
Grégoire Ludig : le commissaire Stéphane Bertoli
Audrey Tautou : Wanda, la femme de Santa
Johann Dionnet : le frère de Thomas
Jean-Pierre Bacri : le Père Noël rouge
Thomas VDB : le dealer de bonne humeur
Patrick Timsit : l’oncle d’Amélie
Kyan Khojandi : le cousin d’Amélie

 

BIENVENUE A SUBURBICON : Mêmes les meilleurs ont des faiblesses

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bienvenueasuburbiconafficheGeorge Clooney constitue pour moi une idole absolue. C’est donc par solidarité avec lui que j’ai été voir Bienvenue à Suburbicon, malgré un accueil critique plus que mitigé. Et forcément en tant que socialiste, la solidarité est essentielle pour moi. Surtout qu’un scénario signé des frères Coen ne pouvait pas donner à mon sens quelque chose de foncièrement mauvais. Comme quoi on peut se tromper car il s’agit incontestablement d’un film raté auquel il manque trop de choses pour être vraiment intéressant.

Bienvenue à Suburbicon se veut tout d’abord une satyre de l’Amérique blanche des banlieues américaines dans les années 60… même si beaucoup de thèmes sont encore d’actualité. Le trait est malheureusement trop grossier pour ne pas se contenter d’enfoncer des portes ouvertes. Le film est aussi un nouveau récit de quidams se lançant dans une entreprise criminelle qui les dépasse progressivement. Un thème récurrent chez les frères Coen. Mais ils retrouvent ici incapables de se renouveler et semblent à cours d’idées nouvelles.

bienvenueasuburbiconLe jeu des acteurs reste ce qui sauve (un peu) Bienvenue à Surbibicon. Matt Damon et Julianne Moore prennent beaucoup de plaisir dans leur rôle, parfaitement secondé par Oscar Isaac. Tout le monde s’amuse et empêche le film de totalement sombrer. Ce n’est cependant pas suffisant pour compenser les faiblesses citées plus haut. Au final, ni les frères Coen, ni George Clooney n’arrivent à donner de l’épaisseur, ni étincelle, ni fantaisie à cette histoire. Comme quoi rassembler autant de talent dans un même film ne suffit pas à garantir le succès. Heureusement qu’il reste la solidarité !

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Black Bear Pictures, Dark Castle Entertainment, Huahua Media, Silver Pictures, Smokehouse Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Geroge Clooney
Scénario : Ethan & Joel Coen, George Clooney, Grant Heslov
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Robert Elswit
Décors : James D. Bissell
Musique : Alexandre Desplat
Directeur artistique : Christa Munro
Durée : 105 min

Casting :
Matt Damon : Gardner Lodge
Julianne Moore : Margaret / Rose
Noah Jupe : Nicky
Oscar Isaac : Roger
Glenn Fleshler : Ira
Alex Hassell : Louis
Leith M. Burke : M. Meyers
Karimah Westbrook : Mme Meyers
Gary Basaraba : Oncle Mitch

STAR WARS, EPISODE VIII : LES DERNIERS JEDI : Kill the past, kill the fan !

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lesderniersjediafficheRédiger la critique d’un Star Wars constitue un exercice à la fois difficile et exaltant. Mais écrire celui sur Star Wars, Episode VII : les Derniers Jedi revient carrément à participer à une bataille intergalactique d’une violence inouïe. Pourtant en ressortant de ce film, je me suis dit qu’on pouvait difficile être fan et ne pas l’adorer, malgré les faiblesses objectives. Or c’est exactement l’inverse qui se produit. Une grande partie des admirateurs de la saga est entrée dans une croisade délirante pour le descendre en flamme, quand les spectateurs plus neutres l’ont apprécié à sa juste valeur. Je vais de mon côté m’efforcer de garder la tête froide et de parler sereinement de objet passionnel.

Je vais faire tout mon possible pour ne pas spoiler le film pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, même si grande est la tentation. Je dirais simplement que pour le fan, tout se joue dans une des premières scènes du film. On reprend là où l’Episode VII s’était arrêté, Rey tend son sabre laser à Luke et là… Chuuuut ! Simplement, soit vous trouvez ce qui se passe ensuite totalement surprenant, inattendu et du coup génial (c’est mon cas), soit vous trouvez que c’est une insulte impardonnable et vous basculez à mon avis irrémédiablement dans le côté obscur des contempteurs de Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi.

Je souhaite de tout cœur pour vous que ce ne soit pas le cas car sinon vous passerez à côté d’un grand moment d’audace scénaristique. Non pas dans l’absolu, mais au moins dans le contexte d’une saga faisant l’objet d’un tel culte. Depuis deux ans, des millions des fans ont attendu des réponses, échafaudé des théories, imaginé ce à quoi pourrait ressembler Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. Le film leur envoie au final un grand coup de pied au cul en ne leur proposant absolument pas ce qu’ils attendaient sur de nombreux points. Beaucoup ont pris ça comme une déclaration de guerre. C’est à mon sens surtout une manière assez brillante de tourner une page, de passer à autre chose, surtout après avoir tant reprocher à l’Episode VII de s’être contenté de reprendre des éléments déjà connus.

Le fan que je suis a aimé profondément Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. En plus du côté totalement inattendu que j’ai évoqué plus haut et dont il est difficile de parler sans trop en dire, je retiendrai deux éléments. Tout d’abord, les personnages qui prennent une dimension et une complexité supplémentaire. Ils quittent surtout leur caractère profondément manichéen inhérent à la Saga (le côté obscur contre le côté lumineux) pour apparaître torturés, shakespeariens et du coup nettement plus intéressants. Cela rend surtout leurs réactions et leurs actes beaucoup moins prévisibles.

lesderniersjediEnsuite, l’humour beaucoup plus assumé dans Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. Il y a là clairement une volonté des producteurs (et donc de Disney) de reproduire ce qui a si marché avec Marvel. Beaucoup de fans ont très mal pris ce choix, le prenant comme un manque de respect envers le côté sacré de la saga. C’est oublier que l’humour a toujours été un de ces fondements (sinon C3PO n’existerait pas) et que je préfère nettement ce premier degré assumé que le caca-prout qu’on peut trouver dans l’Episode I par exemple. Personnellement, j’ai été un peu déstabilisé il est vrai par ce choix, mais au final je trouve que ça s’insère parfaitement dans une histoire qui revient, faut-il le rappeler, à voir des gens se battre avec des épées lumineuses déguisés en moine-chevaliers. Si on ne peut pas rire de ça, autant ne plus rire du tout. Et puis finalement, c’est un vrai plaisir d’être déstabilisé ainsi par quelque chose d’aussi familier dont on imaginait pas qu’elle en avait encore la capacité.

Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi n’est cependant pas exempt de défauts loin de là. Mais aucun film de la saga ne l’est et je ne crois pas qu’il fasse pire ou moins bien qu’aucun autre. Ce qui m’a le plus dérangé ce sont quelques faiblesses « techniques » avec des séquences visuellement un peu ratées (spéciale dédicace à Mary Poppins), ce qui est assez impardonnable pour un tel film. On peut aussi reprocher un arc narratif assez superflu qui vient allonger le film de manière artificielle. A cela s’ajoute quelques incohérences, des lois de la physique bafouées, mais là franchement, je ne vois pas pourquoi faire ces reproches à cet épisode en particulier, c’est juste de la mauvaise foi !

Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi marque donc la fin d’une époque et offre la perspective d’une direction nouvelle. Que les grognons restent nostalgiques à jamais de l’attaque des pots de yaourt… pardon de l’Etoile de la Mort de l’Episode IV ! Les autres seront heureux d’emprunter cette nouvelle voie et étant heureux de ne pas savoir où elle va les mener.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Studios Motion Pictures, Lucasfilm, Bad Robot Productions
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
Réalisation : Rian Johnson
Scénario : Rian Johnson
Montage : Bob Ducsay
Photo : Steve Yedlin
Décors : Rick Heinrichs
Musique : John Williams
Durée : 152 min

Casting :
Adam Driver : Ben Solo / Kylo Ren
Carrie Fisher : Générale Organa
Mark Hamill : Luke Skywalker
Oscar Isaac : Poe
John Boyega : Finn
Daisy Ridley : Rey
Gwendoline Christie : capitaine Phasma
Lupita Nyong o : Maz
Domhnall Gleeson : Général Hux
Kelly Marie Tran : Rose Tico

SING INTO MY MOUTH (Iron and Wine et Ben Bridwell), DEPRESSION CHERRY (Beach House), POISON SEASON (Destroyer) : Retour au sympathique

singintomymouthironandwinebenbridwell

singintomymouthironandwinebenbridwellAprès une série d’avis musicaux emplis de déceptions et parfois d’albums carrément inaudibles, voici enfin quelques petites choses agréables à se mettre sous l’oreille. On commence par Iron and Wine en duo avec Ben Bridwell et leur album Sing into my Mouth, sorti en 2015. J’avais rédigé un avis sur le précédent album du premier en le qualifiant de sympathique mais manquant de relief. Je ne suis pas loin de résumer celui-là, un album de reprises, de la même façon. La musique est douce et agréable, une sorte de country un peu sucré, mais qui tire parfois vers la soupe. Cependant, il y a de la maîtrise et de la conviction. Rien d’inoubliable, mais les deux artistes ne déméritent cependant pas.

depressioncherrybeachhouseOn enchaîne avec un groupe de « dream pop » (je suis définitivement fan des noms de genres musicaux sur Wikipedia) américain et leur album Depression Cherry. J’aurais bêtement qualifié ça d’électro-pop un peu sucré et un rien évaporé. Le résultat est cependant surtout lancinant et pas très intéressant. C’est tellement plat que c’est au final même pas vraiment désagréable, mais simplement totalement oubliable.

poisonseasondestroyerOn termine par Poison Season des Canadiens de Destroyer, dont j’avais déjà apprécié un album précédent. Un rock parfois doux et mélodieux, parfois jazzy et dynamique, porté par une voix pas forcément impressionnante mais possédant un réel charme. Les styles et les ambiances varient d’un titre à l’autre, avec une qualité constante. Rien n’est jamais totalement enthousiasmant, mais l’album recèle quand même pas mal de titres fort sympathiques.