
A la fin du congrès fédéral du Congrès de Reims, la responsable du site internet de la fédération PS des Yvelines vient me voir pour me demander si je veux bien reprendre sa mission, puisqu’elle est amenée à d’autres fonctions. Je faisais précédemment partie de son équipe et j’étais très flatté de cette « promotion » pas du tout sollicitée et totalement inattendue, surtout qu’il y avait dans l’équipe également un militant beaucoup plus expérimenté et compétent techniquement. Mais j’accepte volontiers.
Cette fonction me fait intégrer l’équipe communication de la fédération, dirigée par une camarade de la même commune que moi avec qui je m’entends plutôt bien. Globalement, c’est toute l’équipe qui fonctionne à merveille et qui surtout bosse ! Chaque mois, nous nous réunissons pour travailler et nous parvenons à tenir un site internet à jour donc, mais aussi à publier une newsletter hebdomadaire, le BIF ou Bulletin d’Information Fédéral, et même un petit « magazine » d’une dizaine de page, YAG, acronyme de Yvelines à Gauche. Cela nous demande beaucoup de temps, mais à la fois, si nous sommes militants, ce n’est pas pour nous tourner les pouces !
Au niveau national, le Parti a pansé les plaies du Congrès de Reims et s’est mis au travail. Ma Section viroflaysienne coule des jours heureux faites d’action et de débat. Et la fédération des Yvelines est au travail. Pour cette dernière, ce n’est pas que le service communication qui assure. Une conférence est organisée chaque mois (les Mardis du PS), des formations pour les militants, des moments de convivialité comme un barbecue fédéral annuel. J’étais alors loin de me douter que je vivais la seule période où mon Parti allait fonctionner normalement et efficacement à tous les niveaux. Cette période fut malheureusement assez courte, mais en tout cas heureuse.
Comment tout cela s’est-il terminé alors ? Le militant expérimenté que j’évoquais plus haut semblait avoir bien pris dans un premier temps ma nomination et m’avait proposé de continuer d’aider, se chargeant notamment de nourrir le site le plus régulièrement possible. Or, il s’est vite avéré qu’il avait en fait très mal vécu la chose et a décidé alors de me pourrir la vie. Cela passait par des petites remarques acerbes, quand par exemple je publiais directement une info sur le site pour gagner du temps et éviter un échange de mails inutiles. Tout choix d’évolution du site était systématiquement contesté. Le ton est monté progressivement. Sa grande spécialité était notamment de jouer un maximum la provocation, d’attendre une remarque désagréable de ma part avant de faire une réponse le présentant comme une victime, avec en copie des représentants des instances supérieures de la fédération. C’est peut-être la seule fois de ma vie où quelqu’un cherchait directement à me nuire personnellement. Et c’est peut-être aussi la seule fois de ma vie où j’ai eu autant de haine pour quelqu’un.
Ceci a pris une ampleur insupportable le jour où la plate-forme Overblog a connu un bug majeur. Beaucoup de sites, dont le notre, ont vu leur affichage perturbé, y compris après la « réparation » du dysfonctionnement. Ceux pour qui le problème persistait devaient contacter le support de la plate-forme pour qu’ils interviennent. J’ai fait le choix de maintenir plusieurs jours un site visiblement « bugué » pour que un support quelque peu débordé puisse analyser et corriger le problème et qu’on ne perde pas tout le travail accompli sur le nouveau design. Nouveau design qui déplaisait fortement à la personne en question, qui s’est alors déchaîné contre ma décision, arguant qu’elle donnait une mauvaise image du PS 78 vis-à-vis de la presse (comme si elle s’amusait à regarder notre blog tous les jours…). Il finit par revenir lui-même à l’ancien design, particulièrement ringard, mais qui ne buguait effectivement pas et surtout a changé les codes d’accès pour prendre seul le contrôle du site.
La responsable de la communication et moi nous sommes alors tournés vers notre premier fédéral. Malheureusement, ce dernier figurait sur la liste pour les élections européennes de 2009 et n’avait pas vraiment le temps de se pencher sur la question. De toute façon, tout cela se heurtait à une caractéristique des partis politiques. Malgré leur aspect d’organisation pyramidale, ils sont foncièrement différents d’une entreprise. En effet, il n’existe aucun rapport naturel d’autorité entre ses membres, quels que soient leurs échelons respectifs. Il s’agit d’un monde fait principalement de militants amateurs où chacun peut se comporter aussi mal qu’il le souhaite sans que personne ne puisse rien y faire. Et personne ne doute que cela soit particulièrement vrai au PS…
Je finis donc par claquer la porte de la vie fédérale. La mort tragique de notre premier fédéral l’été suivant (un homme absolument remarquable par ailleurs) me convainc d’en rester éloigner quelques temps. J’y suis revenu un peu plus tard pour un des épisodes les plus ridicules de la vie du PS de ces dernières années : le lancement de la COOPOL. Mais ceci vaudra bien un chapitre à lui tout seul.

Cette pause de 4 ans n’a en rien rouillé l’œil de grand réalisateur que possède Steven Soderbergh. Le style reste le même, parfaitement reconnaissable, mais difficilement imitable tant il demande une grande maîtrise du montage notamment. Il reste également un formidable metteur en scène, dirigeant de main de maître un casting particulièrement riche. Logan Lucky offre notamment un rôle à contre-emploi à Daniel Craig, mais qui lui va au final comme un gant. On sent bien que toute la distribution s’éclate à faire vivre cette histoire et ses protagonistes qu’ils incarnent. Cet enthousiasme se transmet au spectateur qui ne regrette sûrement pas d’être venu voir ce film léger certes, mais ô combien réjouissant.
Le talent d’Albert Dupontel irradie de partout dans Au Revoir Là-Haut. S’il ne peut revendiquer qu’une petite partie de la qualité d’écriture dont bénéficie ce film, il ne faut pas non plus penser que le travail d’adaptation est un travail facile. Mais là où son mérite est incontestable, c’est dans une mise en scène brillante, sachant créer des atmosphères aussi différentes que les sentiments qu’elles véhiculent. Il parvient surtout à mettre sublimement en lumière personnages et donc comédiens, au premier rang desquels Nahuel Perez Biscayart qui après 120 Battements par Minute, fait une entrée fracassante au firmament du cinéma français ! Albert Dupontel y siège depuis longtemps, mais semble avoir encore gagné en altitude. Il est bien là-haut, tout là-haut !
The Square fait partie de ces films dont on ressort sans vraiment savoir si on l’a adoré ou détesté. Si l’oeuvre est audacieuse ou juste intellectuellement prétentieuse. Mais malgré sa longueur, le film n’ennuie jamais le spectateur. La diversité des séquences s’accompagne d’un sens de l’esthétisme particulièrement affûté. Photographie, mise en scène, mais aussi direction d’acteurs sont largement du niveau d’une Palme d’Or. Mais au final, le film échoue à être aussi génial que ce qu’il aurait du être. On ne peut que saluer ses qualités, sans pour autant dépasser le stade de l’admiration raisonnable.
J’imagine que le style graphique de Zombillénium correspond à celui de l’œuvre d’Arthur de Pins dont il est adapté. Au final, il n’est ni beau, ni laid. Il semble hésiter entre un trait vraiment « dessin » et une image qui soit clairement « de synthèse ». Cela donne un résultat relativement impersonnel et assez passe-partout, qui permet de se concentrer pleinement sur l’histoire, sans pour autant apporter un vrai plus au film. On n’a pas vraiment de quoi se plaindre, mais on reste tout de même en droit de le regretter.
Numéro Une est d’autant plus méritant qu’il est aussi maîtrisé et réussi. Emmanuelle Devos éclabousse l’écran comme à son habitude et sa présence constitue une raison à elle seule d’aller voir ce film. On retrouve globalement la science de la narration de Tonie Marshall qui sait raconter son histoire comme un polar et maintient donc une vraie tension narrative du début à la fin. Certes, le film n’est pas parfait, manque parfois d’une réelle audace, comme si la réalisatrice avait peur de desservir son sujet en prenant des risques. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison de bouder ce film.
Marianne Faithfull ne fait plus partie d’aucune nouvelle scène depuis belle lurette. Elle a sorti son premier album en 1965, 40 ans avant ce Give Me Love to London. Mais si ce dernier s’ouvre avec un titre un peu country fort sympathique, la suite, beaucoup plus éthérée, n’est pas terrible. Certes, on compte quelques ballades un peu plus convaincantes, mais jamais rien de bien transcendant. Je ne sais pas si c’est l’âge qui fait ça, mais la voix n’est jamais d’une grande intensité, plongeant l’auditeur dans une grande indifférence.
Si Prince est parti trop tôt, il laisse derrière lui une discographie incroyablement pléthorique, dont ce Art Official Age, sorti deux ans avant sa mort. Il y livre un son assez funky, qui rappelle fortement les années 90. Mais beaucoup de titres sont déstructures et semblent surtout totalement inaboutis, joués de manière un peu forcée. Du coup, les titres ne coulent jamais tous seuls aux oreilles. Quelques exceptions cependant, comme Breakdown, un jolie ballade tout en maîtrise. Mais globalement, l’album manque sérieusement d’une étincelle et est même parfois, osons le dire, un peu chiant.
Il y a longtemps que Marina Foïs a quitté son statut d’actrice comique, on n’est plus du tout surprise de la voir aussi à l’aise dans un tel rôle. Mais on ne peut que constater que sa présence à l’écran apporte un vrai plus. Elle est parfaitement secondée par tout le casting post adolescent, avec le jeune Matthieu Lucci, vraie révélation. Au final, l’Atelier n’est peut-être pas le film le plus abouti et le plus passionnant de Laurent Cantet. Mais il livre une œuvre qui sait résister à tous les raccourcis qu’il aurait pu facilement emprunter pour nous offrir au final une ambiguité ni noire, ni blanche, mais grise. Bref, comme dans la vraie vie.

Les mérites de Fabrice Eboué n’en restent pas moins multiple. Au-delà d’une réelle qualité d’écriture, il a su aussi diriger un casting qui aurait pu vite partir dans le cabotinage insupportable. Finalement, Coexister forme un tout supérieur à la somme des petits numéros de chacun. Toutes les parties du film ne se valent pas, mais il y a assez de rythme pour vite passer à un passage plus réjouissant et drôle. On peut voir de nombreuses limites à ce film, mais au moins Fabrice Eboué a osé. Voilà une audace salutaire dont on peut le remercier !
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