TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 8 : Les jours heureux

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episode8Au cours de ce récit, je vais essayer de m’efforcer de ne pas donner une image injustement négative de mes dix années de militantisme. Il est vrai que le tout va bien donne moins à raconter que les travers drôles, pathétiques ou dramatiques. Je ne me serais pas autant investi s’il n’y avait pas eu aussi de bons moments, où je pouvais parler avec fierté des actions entreprises. Je vais donc vous parler cette fois-ci d’une de ces périodes… et de sa fin lamentable.

A la fin du congrès fédéral du Congrès de Reims, la responsable du site internet de la fédération PS des Yvelines vient me voir pour me demander si je veux bien reprendre sa mission, puisqu’elle est amenée à d’autres fonctions. Je faisais précédemment partie de son équipe et j’étais très flatté de cette « promotion » pas du tout sollicitée et totalement inattendue, surtout qu’il y avait dans l’équipe également un militant beaucoup plus expérimenté et compétent techniquement. Mais j’accepte volontiers.

Cette fonction me fait intégrer l’équipe communication de la fédération, dirigée par une camarade de la même commune que moi avec qui je m’entends plutôt bien. Globalement, c’est toute l’équipe qui fonctionne à merveille et qui surtout bosse ! Chaque mois, nous nous réunissons pour travailler et nous parvenons à tenir un site internet à jour donc, mais aussi à publier une newsletter hebdomadaire, le BIF ou Bulletin d’Information Fédéral, et même un petit « magazine » d’une dizaine de page, YAG, acronyme de Yvelines à Gauche. Cela nous demande beaucoup de temps, mais à la fois, si nous sommes militants, ce n’est pas pour nous tourner les pouces !

Au niveau national, le Parti a pansé les plaies du Congrès de Reims et s’est mis au travail. Ma Section viroflaysienne coule des jours heureux faites d’action et de débat. Et la fédération des Yvelines est au travail. Pour cette dernière, ce n’est pas que le service communication qui assure. Une conférence est organisée chaque mois (les Mardis du PS), des formations pour les militants, des moments de convivialité comme un barbecue fédéral annuel. J’étais alors loin de me douter que je vivais la seule période où mon Parti allait fonctionner normalement et efficacement à tous les niveaux. Cette période fut malheureusement assez courte, mais en tout cas heureuse.

Comment tout cela s’est-il terminé alors ? Le militant expérimenté que j’évoquais plus haut semblait avoir bien pris dans un premier temps ma nomination et m’avait proposé de continuer d’aider, se chargeant notamment de nourrir le site le plus régulièrement possible. Or, il s’est vite avéré qu’il avait en fait très mal vécu la chose et a décidé alors de me pourrir la vie. Cela passait par des petites remarques acerbes, quand par exemple je publiais directement une info sur le site pour gagner du temps et éviter un échange de mails inutiles. Tout choix d’évolution du site était systématiquement contesté. Le ton est monté progressivement. Sa grande spécialité était notamment de jouer un maximum la provocation, d’attendre une remarque désagréable de ma part avant de faire une réponse le présentant comme une victime, avec en copie des représentants des instances supérieures de la fédération. C’est peut-être la seule fois de ma vie où quelqu’un cherchait directement à me nuire personnellement. Et c’est peut-être aussi la seule fois de ma vie où j’ai eu autant de haine pour quelqu’un.

Ceci a pris une ampleur insupportable le jour où la plate-forme Overblog a connu un bug majeur. Beaucoup de sites, dont le notre, ont vu leur affichage perturbé, y compris après la « réparation » du dysfonctionnement. Ceux pour qui le problème persistait devaient contacter le support de la plate-forme pour qu’ils interviennent. J’ai fait le choix de maintenir plusieurs jours un site visiblement « bugué » pour que un support quelque peu débordé puisse analyser et corriger le problème et qu’on ne perde pas tout le travail accompli sur le nouveau design. Nouveau design qui déplaisait fortement à la personne en question, qui s’est alors déchaîné contre ma décision, arguant qu’elle donnait une mauvaise image du PS 78 vis-à-vis de la presse (comme si elle s’amusait à regarder notre blog tous les jours…). Il finit par revenir lui-même à l’ancien design, particulièrement ringard, mais qui ne buguait effectivement pas et surtout a changé les codes d’accès pour prendre seul le contrôle du site.

La responsable de la communication et moi nous sommes alors tournés vers notre premier fédéral. Malheureusement, ce dernier figurait sur la liste pour les élections européennes de 2009 et n’avait pas vraiment le temps de se pencher sur la question. De toute façon, tout cela se heurtait à une caractéristique des partis politiques. Malgré leur aspect d’organisation pyramidale, ils sont foncièrement différents d’une entreprise. En effet, il n’existe aucun rapport naturel d’autorité entre ses membres, quels que soient leurs échelons respectifs. Il s’agit d’un monde fait principalement de militants amateurs où chacun peut se comporter aussi mal qu’il le souhaite sans que personne ne puisse rien y faire. Et personne ne doute que cela soit particulièrement vrai au PS…

Je finis donc par claquer la porte de la vie fédérale. La mort tragique de notre premier fédéral l’été suivant (un homme absolument remarquable par ailleurs) me convainc d’en rester éloigner quelques temps. J’y suis revenu un peu plus tard pour un des épisodes les plus ridicules de la vie du PS de ces dernières années : le lancement de la COOPOL. Mais ceci vaudra bien un chapitre à lui tout seul.

LOGAN LUCKY : Retour à pleine vitesse

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loganluckyaffichePersonne n’a vraiment cru Steven Soderbergh quand il avait annoncé qu’Effets Secondaires, sorti en 2013, serait son dernier long métrage. Effectivement pour un réalisateur qui tournait quasiment deux films par an, la pause fut longue. Elle lui a permis notamment de se consacrer à une série, mais le voilà revenu à ses premiers amours cinématographiques avec Logan Lucky. Et il revient au meilleur de sa forme, avec un casting d’enfer pour nous offrir un vrai bon moment de cinéma jouissif et une nouvelle fois réalisé à la perfection.

Pour son retour, Steven Soderbergh n’a pas pris trop de risque et s’est aventuré sur un terrain particulièrement connu pour lui. En effet, Logan Lucky a des faux airs de Ocean’s Eleven (et ses deux suites). Bref, c’est un film de casse et même si le contexte et le décor sont ici assez différents, les mécanismes sont les mêmes. Mais on y replonge avec grand plaisir, se laissant porter par une mécanique sans faille qui nous amène vers le twist final qui va bien. Pas de grande originalité à l’horizon donc, mais des personnages assez savoureux et un second degré qui ne l’est pas moins, égratignant toujours au passage les travers de la société américaine. De quoi passer un bon moment !

loganluckyCette pause de 4 ans n’a en rien rouillé l’œil de grand réalisateur que possède Steven Soderbergh. Le style reste le même, parfaitement reconnaissable, mais difficilement imitable tant il demande une grande maîtrise du montage notamment. Il reste également un formidable metteur en scène, dirigeant de main de maître un casting particulièrement riche. Logan Lucky offre notamment un rôle à contre-emploi à Daniel Craig, mais qui lui va au final comme un gant. On sent bien que toute la distribution s’éclate à faire vivre cette histoire et ses protagonistes qu’ils incarnent. Cet enthousiasme se transmet au spectateur qui ne regrette sûrement pas d’être venu voir ce film léger certes, mais ô combien réjouissant.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Rebecca Blunt
Direction artistique : Eric R. Johnson et Rob Simons
Décors : Howard Cummings
Costumes : Ellen Mirojnick
Photographie : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Peter Andrews)
Montage : Steven Soderbergh (crédité sous le nom de Mary Ann Bernard)
Musique : David Holmes
Production : Reid Carolin, Gregory Jacobs et Mark Johnson
Producteur délégué : Zane Stoddard
Coproducteur : Matt Summers
Durée : 119 minutes

Casting :
Channing Tatum : Jimmy Logan
Adam Driver : Clyde Logan
Seth MacFarlane : Max Chilblain
Riley Keough : Mellie Logan
Katie Holmes : Bobbie Jo Chapman
Katherine Waterston : Sylvia Harrison
Dwight Yoakam : Warden Burns
Sebastian Stan : Dayton White
Jack Quaid : Fish Bang
Brian Gleeson : Sam Bang
Hilary Swank : agent spécial Sarah Grayson
Daniel Craig : Joe Bang
David Denman : Moody
Macon Blair : agent spécial Brad Noonan
Jim O’Heir : Cal
Brandon Ray Olive : le manager général

AU REVOIR LA-HAUT : Au sommet

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aurevoirlahautafficheN’ayant pas lu le roman dont il est l’adaptation, c’est avec un œil neuf et sans a priori que je suis allé voir Au Revoir Là-haut. Un œil impatient également, séduit par une bande-annonce qui faisait naître une réelle envie de voir ce film. Enfin, la présence d’Albert Dupontel derrière la caméra présageait du meilleur. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est à la hauteur des attentes, nous offrant un des meilleurs films français de l’année. Et même un des meilleurs films tout court de 2017. Une nouvelle preuve de l’immense talent de son réalisateur qui ne semble définitivement plus avoir de limite.

Au Revoir Là-Haut repose d’abord sur une grande histoire. Le roman n’a pas reçu le Prix Goncourt pour rien visiblement. Une histoire inattendue et riche, peuplée de personnages relativement inoubliables. On se laisse emporter par elle dès les premières secondes jusqu’aux derniers instants. Elle arrive à véhiculer des sentiments et des émotions aussi nombreuses que contradictoires, ne laissant jamais une seconde de répits au spectateur. Tour à tour, on rit, on tremble, on pleure aussi un peu. Tout ce qu’il faut pour un récit qui marque vraiment les esprits.

aurevoirlahautLe talent d’Albert Dupontel irradie de partout dans Au Revoir Là-Haut. S’il ne peut revendiquer qu’une petite partie de la qualité d’écriture dont bénéficie ce film, il ne faut pas non plus penser que le travail d’adaptation est un travail facile. Mais là où son mérite est incontestable, c’est dans une mise en scène brillante, sachant créer des atmosphères aussi différentes que les sentiments qu’elles véhiculent. Il parvient surtout à mettre sublimement en lumière personnages et donc comédiens, au premier rang desquels Nahuel Perez Biscayart qui après 120 Battements par Minute, fait une entrée fracassante au firmament du cinéma français ! Albert Dupontel y siège depuis longtemps, mais semble avoir encore gagné en altitude. Il est bien là-haut, tout là-haut !

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Stadenn prod, Manchester films, Gaumont, France 2 cinéma, Entourage pictures
Distribution : Gaumont
Réalisation : Albert Dupontel
Scénario : Albert Dupontel, d’après le roman de Pierre Lemaître
Montage : Christophe Pinel
Photo : Vincent Mathias
Décors : Pierre Queffelan
Musique : Christophe Julien
Durée : 117 min

Casting :
Albert Dupontel : Albert Maillard
Nahuel Perez Biscayart : Edouard Péricourt
Laurent Lafitte : Pradelle
Niels Arestrup : Marcel Péricourt
Emilie Dequenne : Madeleine Péricourt
Mélanie Thierry : Pauline
Héloïse Balster : Louise
André Marcon : Officier gendarme
Michel Vuillermoz : Joseph Merlin

THE SQUARE : Une Palme sans ivresse

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thesquareafficheA l’heure de décerner des prix, c’est évidemment la subjectivité qui l’emporte. Sur quels critères objectifs peut-on juger qu’un film est meilleur qu’un autre ? La Palme d’Or est évidemment soumise aux mêmes règles et le jury est souverain. Pourtant, nombreux spectateurs sont allés voir The Square en se demandant s’il était possible que ce film soit vraiment meilleur que 120 Battements par Minute. Au final, en qualité pure, ce dernier l’emporte largement. Mais le Festival de Cannes a toujours récompensé une audace formelle et une certaine originalité non consensuelle. Et en ce sens, la récompense est loin d’être imméritée.

The Square à le grand mérite d’être toujours surprenant. Il s’apparente presque à un film à sketchs et chaque séquence réserve son lot d’inattendu. Le tout est parcouru d’un humour pince sans rire et décalé relativement déstabilisant. Malheureusement, la plupart des scènes semblent s’être arrêtées au milieu de l’idée qui les sous-tend. On est surpris, curieux, mais rarement enthousiaste. Certains passages savoureux, comme celui autour d’un préservatif usagé, arrachent un vrai sourire, mais une sorte de froideur toute nordique nous retient de totalement adhérer au délire.

thesquareThe Square fait partie de ces films dont on ressort sans vraiment savoir si on l’a adoré ou détesté. Si l’oeuvre est audacieuse ou juste intellectuellement prétentieuse. Mais malgré sa longueur, le film n’ennuie jamais le spectateur. La diversité des séquences s’accompagne d’un sens de l’esthétisme particulièrement affûté. Photographie, mise en scène, mais aussi direction d’acteurs sont largement du niveau d’une Palme d’Or. Mais au final, le film échoue à être aussi génial que ce qu’il aurait du être. On ne peut que saluer ses qualités, sans pour autant dépasser le stade de l’admiration raisonnable.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Plattform Production, Essential Films, Parisienne
Réalisation : Ruben Östlund
Scénario : Ruben Östlund
Montage : Ruben Östlund, Jacob Secher Schulsinger
Photo : Fredrik Wenzel
Décors : Josefin Asberg
Distribution : Bac Films
Durée : 142 min

Casting :
Dominic West : Julian Gijoni
Claes Bang : Christian
Elisabeth Moss : Anne
Terry Notary : Oleg
Marina Schiptjenko : Elna
Elijandro Edouard : Pojken
Daniel Hallberg : le consultant RP

ZOMBILLENIUM : Enfer bien de chez nous

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zombilleniumafficheQuand on pense cinéma d’animation, on pense souvent au Japon, avec les animes tirés des mangas, ou bien aux Etats-Unis, avec Disney et Pixar. On pense moins souvent à la France, révélant là la faculté de notre pays à mettre au second plan ses propres réussites pour penser avant tout à ce qui ne va pas. Notre pays n’a pourtant rien à envier aux deux autres dans ce domaine et on se rappelle que certaines productions « internationales » sont en partie réalisées en France (comme les Minions notamment). Un film comme Zombillénium prouve une nouvelle fois la qualité de notre école d’animation.

Adaptation d’une bande-dessinée dont j’ignorais totalement l’existence, Zombillénium constitue un divertissement familial de qualité. Un scénario agréable, rythmé, mêlant humour et action, tout est rassemblé pour passer un bon moment. Il séduit avant tout par sa galerie de personnages légèrement décalés qui emportent rapidement l’affection du public. On ne voit pas le temps passer, même si on ne ressort pas de ce film avec un souvenir impérissable. Ca fait passer un bien bon moment et c’est déjà pas mal.

zombilleniumJ’imagine que le style graphique de Zombillénium correspond à celui de l’œuvre d’Arthur de Pins dont il est adapté. Au final, il n’est ni beau, ni laid. Il semble hésiter entre un trait vraiment « dessin » et une image qui soit clairement « de synthèse ». Cela donne un résultat relativement impersonnel et assez passe-partout, qui permet de se concentrer pleinement sur l’histoire, sans pour autant apporter un vrai plus au film. On n’a pas vraiment de quoi se plaindre, mais on reste tout de même en droit de le regretter.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Maybe Movies, 2 minutes, Pipangai Production, Gao Shan Pictures, Dupuis édition & audiovisuel, Gebeka films, Belvision
Distribution : Gebeka Films
Réalisation : Arthur de Pins, Alexis Ducord
Scénario : Arthur de Pins, Alexis Ducord, d’après la BD d’Arthur de Pins
Montage : Benjamin Massoubre
Photo : Nicolas Vercruyssen
Musique : Eric Neveux, Mat Bastard
Durée : 78 min

Casting :
Emmanuel Curtil : Hector
Kelly Marot : Gretchen
Alexis Tomassian : Steven
Mat Bastard : Sirius
Alain Choquet : Francis

NUMERO UNE : Oubli réparé

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numerouneafficheLe combat pour l’égalité homme/femme se joue pour une part importante au sein des entreprises. On pense immédiatement à l’égalité salariale. Mais il existe d’autres enjeux. On souligne souvent l’absence quasi totale de femmes à la tête des entreprises du CAC 40. C’est sur ce constat qu’est basé Numéro Une. Un film sur l’univers impitoyable des affaires et sur la manière dont les hommes cherchent à conserver l’exclusivité du pouvoir. Un film qui prend une résonance particulière dans le contexte actuel, même si les sujets sont bien distincts.

Numéro Une aurait pu être un film tout ce qu’il y a des plus classiques sur les jeux de pouvoir et d’influence et toutes les extrémités dont certains sont capables pour garder leur position dans l’ordre des choses. Lui donner une dimension féministe lui donne étonnamment un relief, un intérêt et un originalité supplémentaire. Etonnamment car cela permet de réaliser à quel point le sujet a pour l’instant été largement oublié par le cinéma français. Un des grands mérites de ce film est de réparer cet oubli.

numerouneNuméro Une est d’autant plus méritant qu’il est aussi maîtrisé et réussi. Emmanuelle Devos éclabousse l’écran comme à son habitude et sa présence constitue une raison à elle seule d’aller voir ce film. On retrouve globalement la science de la narration de Tonie Marshall qui sait raconter son histoire comme un polar et maintient donc une vraie tension narrative du début à la fin. Certes, le film n’est pas parfait, manque parfois d’une réelle audace, comme si la réalisatrice avait peur de desservir son sujet en prenant des risques. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison de bouder ce film.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Tabo Tabo Films, Versus productions, France 3, Noodles production
Distribution : Pyramide
Réalisation : Tonie Marshall
Scénario : Tonie Marshall, Marion Doussot, Raphaëlle Bacqué
Montage : Marie-Pierre Frappier
Photo : Julien Roux
Décors : Anna Falguières
Musique : Mike Kourtzer, Fabien Kourtzer
Durée : 110 min

Casting :
Emmanuelle Devos : Emmanuelle Blachey
Suzanne Clément : Véra Jacob
Richard Berry : Jean Beaumel
Sami Frey : Henri Blachey
Benjamin Biolay : Marc Ronsin
Francine Bergé : Adrienne Postel-Devaux
Anne Azoulay : Claire Dormoy
John Lynch : Gary Adaùs
Jérôme Deschamps : le P-DG

A BOUCHE QUE VEUX TU (Brigitte), GIVE ME LOVE TO LONDON (Marianne Faithfull), ART OFFICIAL AGE (Prince) : Divine Brigitte

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abouchequeveuxtuOn commence cet avis par un vrai coup de cœur pour un groupe que je connaissais avant tout de réputation et à travers quelques single. Le duo fait désormais partie d’un des fleurons de la nouvelle scène française, même si je ne sais pas très bien quand est-ce qu’on cesse de faire partie de la nouvelle scène. A Bouche que Veux-tu est quand même sorti en 2014 et constitue déjà leur troisième album. Quoi qu’il en soit, il est tout de suite emballant. Les titres s’enchaînent avec énergie et conviction. Le duo de voix est vraiment prenant et dégage une vraie sensualité. Et quand on sait que l’album est d’une qualité constante du début jusqu’à la fin, on ne peut que se régaler.

givemylovetolondonmariannefaithfullMarianne Faithfull ne fait plus partie d’aucune nouvelle scène depuis belle lurette. Elle a sorti son premier album en 1965, 40 ans avant ce Give Me Love to London. Mais si ce dernier s’ouvre avec un titre un peu country fort sympathique, la suite, beaucoup plus éthérée, n’est pas terrible. Certes, on compte quelques ballades un peu plus convaincantes, mais jamais rien de bien transcendant. Je ne sais pas si c’est l’âge qui fait ça, mais la voix n’est jamais d’une grande intensité, plongeant l’auditeur dans une grande indifférence.

artofofficialageprinceSi Prince est parti trop tôt, il laisse derrière lui une discographie incroyablement pléthorique, dont ce Art Official Age, sorti deux ans avant sa mort. Il y livre un son assez funky, qui rappelle fortement les années 90. Mais beaucoup de titres sont déstructures et semblent surtout totalement inaboutis, joués de manière un peu forcée. Du coup, les titres ne coulent jamais tous seuls aux oreilles. Quelques exceptions cependant, comme Breakdown, un jolie ballade tout en maîtrise. Mais globalement, l’album manque sérieusement d’une étincelle et est même parfois, osons le dire, un peu chiant.

L’ATELIER : En zone grise

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latelierafficheSi le cinéma n’a généralement aucun scrupule à ranger les personnages dans des cases manichéennes, il a beaucoup de scrupule à faire de même quand il s’agit d’enfants ou d’adolescents, n’osant considérer que leur cause est déjà entendue. Cela donne même lieu à réflexion sur les « enfants » perdus, qui semblent voués à devenir des adultes infréquentables, mais qu’il est encore temps de sauver. L’Atelier se situe dans cette lignée. Un film qui essaye de comprendre les racines de la dérive vers la haine et la violence, mais sans tout à fait y parvenir.

L’Atelier est doté de deux centres de gravité. Le sujet reste un des jeunes élèves d’un atelier d’écriture qui a commencé à basculer vers la haine et l’extrême droite. Si le début du film peut nous laisser penser à un propos plus large, il se focalise très vite sur ce seul axe. Par contre, l’histoire n’est pas raconté d’un œil extérieur et neutre. On partage clairement le point de vue de l’animatrice de l’atelier. Son désir de comprendre se transmet au spectateur et la quête devient commune. Et si le dénouement n’apporte pas de réponse claire et définitive, c’est sans doute que cette dernière n’existe de toute façon pas.

latelierIl y a longtemps que Marina Foïs a quitté son statut d’actrice comique, on n’est plus du tout surprise de la voir aussi à l’aise dans un tel rôle. Mais on ne peut que constater que sa présence à l’écran apporte un vrai plus. Elle est parfaitement secondée par tout le casting post adolescent, avec le jeune Matthieu Lucci, vraie révélation. Au final, l’Atelier n’est peut-être pas le film le plus abouti et le plus passionnant de Laurent Cantet. Mais il livre une œuvre qui sait résister à tous les raccourcis qu’il aurait pu facilement emprunter pour nous offrir au final une ambiguité ni noire, ni blanche, mais grise. Bref, comme dans la vraie vie.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Archipel 35 / Archipel 33
Réalisation : Laurent Cantet
Scénario : Laurent Cantet, Robin Campillo
Montage : Mathilde Muyard
Photo : Pierre Milon
Distribution : Diaphana Films
Musique : Bedis Tir, Edouard Pons
Durée : 113 mn

Casting :
Marina Foïs : Olivia
Matthieu Lucci : Antoine
Warda Rammach : Malika
Issam Talbi : Fadi

LE SIECLE, TOME 2 (Ken Follett) : L’HIVER DU MONDE

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lhiverdumondeAprès un premier tome aussi passionnant que l’est celui de la saga le Siècle de Ken Follett, on s’attaque forcément au deuxième épisode avec enthousiasme. L’Hiver du Monde nous amène cette fois jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. On y retrouve beaucoup des personnages de la Chute des Géants et évidemment beaucoup de nouveaux, les générations se succédant. On y retrouve surtout le même plaisir, mais avec quelques réserves cependant.

Evidemment, Ken Follett n’y est pour rien, mais la période de l’entre deux-guerre recèle moins de mystère que les raisons obscures qui ont conduit au déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Du coup, l’Hiver du Monde laisse beaucoup plus d’espace aux petites histoires des personnages plutôt qu’à la grande Histoire. Ce n’est ni une qualité, ni un défaut en soi, mais l’équilibre entre les deux faisait la force et la singularité du premier volet. On ne le retrouve pas ici et cela rend ce roman un peu plus ordinaire.

Cependant, l’Hiver du Monde reste un roman de Ken Follett, ce qui signifie qu’il a peu de chance d’être mauvais. En effet, on y retrouve le formidable sens de la narration de cet auteur qui nous fait dévorer les 1000 pages de ce roman plus facilement que bien des œuvres bien moins épaisses signées par des écrivains moins talentueux. Les amateurs de grands romans historiques seront ravis, démontrant une nouvelle que le Gallois a peu d’équivalent en la matière. C’est donc avec le même réel enthousiasme que je m’attaquerai prochainement au troisième et dernier volet.

COEXISTER : Divine surprise

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coexisterafficheJ’avoue que lorsque j’ai vu pour la première fois les affiches de Coexister sur les murs du métro, j’ai pris un peu peur. Non que je dénie tout talent à Fabrice Eboué, mais je ne le pensais pas capable de traiter un tel sujet sans se prendre les pieds dans le tapis de la lourdeur. Le résultat confirme qu’il ne faut jamais douter a priori de la réussite ou d’un échec. En effet, sans être parfait, le film évite beaucoup des pièges qui se dressaient devant lui et se révèle surtout très drôle. Il fera en tout cas définitivement oublier le détestable Qu’Est ce qu’on a Fait au Bon Dieu ?

Excusez-moi pour cette expression triviale, mais Fabrice Eboué a quand même eu les couilles d’oser se moquer gentiment mais résolument des religions dans le contexte que l’on connaît. Il y a une forme de tendresse dans son regard certes, mais aussi beaucoup de mordant. Si on veut chercher des défauts à Coexister, on pourrait dire qu’il y en a pas toujours assez de ce dernier. On aurait aimé que Fabrice Eboué aille un peu plus loin dans le caustique, mais il est vrai que ça aurait été sûrement au détriment de l’attachement que l’on ressent pour les personnages.

coexisterLes mérites de Fabrice Eboué n’en restent pas moins multiple. Au-delà d’une réelle qualité d’écriture, il a su aussi diriger un casting qui aurait pu vite partir dans le cabotinage insupportable. Finalement, Coexister forme un tout supérieur à la somme des petits numéros de chacun. Toutes les parties du film ne se valent pas, mais il y a assez de rythme pour vite passer à un passage plus réjouissant et drôle. On peut voir de nombreuses limites à ce film, mais au moins Fabrice Eboué a osé. Voilà une audace salutaire dont on peut le remercier !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation et scénario : Fabrice Éboué
Photographie : Philippe Guilbert
Montage : Alice Plantin
Musique : Guillaume Roussel
Producteurs : Édouard de Vésinne et Fabrice Éboué
Directeur de production : Alain Mougenot
Durée : 90 minutes

Casting :
Fabrice Éboué : Nicolas Lejeune
Ramzy Bédia : Moncef, l’imam
Guillaume de Tonquédec : Benoit, le curé
Jonathan Cohen : Samuel, le rabbin
Amelle Chahbi : Alexia
Audrey Lamy : Sabrina
Mathilde Seigner : Sophie Demanche
Grégoire Foessel : un technicien du cinéma
Mylene Bude : la groupie
Michel Drucker : lui-même
Jean-Pascal Zadi : Pink Kalash