INHERENT VICE : Talent dilué

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inherentviceafficheVoici une critique que j’ai tout simplement failli oublier d’écrire, ne me rappelant plus sur le moment que j’avais été voir ce film. De là à dire que Inherent Vice n’est pas un spécialement marquant, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai pas, même s’il est loin d’être exempt de défauts. On y retrouve tout ce qui fait le charme du cinéma de Paul Thomas Anderson… mais aussi les travers dans lesquels le réalisateur de The Will Be Blood ou The Master tombent trop souvent.

Inherent Vice est tout simplement beaucoup trop long. Paul Thomas Anderson n’est définitivement pas un adepte du court métrage, mais ici il étire de manière un peu inconsidérée une intrigue qui ne nécessitait certainement pas près de 2h30 pour être correctement traitée. Il n’y a pas vraiment de longueurs à proprement parler, mais tout dans ce film est quelque peu dilué dans un faux rythme constant qui l’empêche de ne jamais vraiment décoller. Du coup, le talent des acteurs est lui aussi quelque peu noyé dans un léger vide qu’ils n’arrivent jamais tout à fait à combler, malgré la somme assez phénoménale de talents ici réunis. C’est dommage car cela gâche un casting relativement exceptionnel.

inherentviceA contrario, Paul Thomas Anderson reste un cinéaste possédant un sens de l’esthétique assez hors du commun. Il fait étalage de ce talent fou à chacun de ses plans. Certains trouveront que cela prend du coup un aspect quelque peu artificiel, faisant ressembler Inherent Vice à un exercice de style un peu vain. Personnellement, je trouve surtout que cela contribue à créer une ambiance assez unique qui nous permet quand même malgré tout de rentrer dans cette histoire. Cette intrigue à tiroirs aurait d’ailleurs pu être un point fort de ce film si elle avait été déroulée avec plus de dynamisme. Au final, ce film est donc un bel objet cinématographique, mais dont l’utilité reste tout de même limité.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Ghoulardi Film Company, IAC Films, Warner Bros
Distribution : Warner Bros France
Réalisation : Paul Thomas Anderson
Scénario : Paul Thomas Anderson, d’après le roman de Thomas Pynchon
Montage : Leslie Jones
Photo : Robert Elswit
Décors : David Crank
Musique : Jonny Greenwood
Costumes : Mark Bridges
Directeur artistique : Ruth De Jong
Durée : 148 mn

Casting :
Joaquin Phoenix : Larry Sportello dit Doc
Josh Brolin : Lt. Det. Christian F. Bjornsen dit Bigfoot
Katherine Waterston : Shasta Fay Hepworth
Hong Chau : Jade
Reese Witherspoon : Deputy D.A. Penny Kimball
Owen Wilson : Coy Harlingen
Benicio Del Toro : Sauncho Smilax
Eric Roberts : Michael Z. Wolfmann
Joanna Newsom : Sortilège

NIGHT RUN : La guerre des vieux

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nightrunafficheIl y a des acteurs qui ne semblent jamais changer au fil du temps. A peine grisonnent-ils un peu. C’est le cas de Liam Neeson qui nous livre depuis plusieurs décennies des rôles de mentor et de père avec un physique constant et invariant. Par contre, sur certains on peut lire les années qui passent dans leurs rides, comme on compte les cernes d’un tronc d’arbre. C’est le cas de Ed Harris qui ressemble de plus en plus à un raisin sec. Night Run les réunit… mais je vous rassure pas pour comparer leurs crèmes de jour.

Night Run (« traduction » de Run all Night… sérieusement ?) est un film noir dont le principal mérite est d’être plutôt bien foutu. Au-delà de ça, il ne révolutionnera pas le genre, ni par son scénario, ni par sa réalisation. Mais quand tout est fait avec talent et maîtrise, le résultat reste suffisamment bon pour ravir les amateurs du genre, voir même séduire quelques spectateurs égarés qui seraient arrivés là par hasard. Dommage que le dénouement soit beaucoup plus moyen que le reste néanmoins.

nightrunLiam Neeson et Ed Harris n’ont pas trop à forcer leur talent pour se montrer convaincants. Deux rôles qui ressemblent à beaucoup d’autres dans leur carrière. Cependant, quand on est un grand acteur, on ne confond pas habitude et routine. Ils mettent assez de conviction dans leur interprétation pour rendre crédibles des personnages qui ne le sont pas forcément dans l’absolu. On n’en dira pas autant d’un Joel Kinnaman, bien transparent. Comme quoi c’est souvent encore dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Jaume Collet-Serra
Scénario : Brad Ingelsby
Direction artistique : Sharon Seymour
Décors : Deborah Jensen
Costumes : Catherine Marie Thomas
Photographie : Martin Ruhe
Montage : Craig McKay
Musique : Junkie XL
Durée : 114 minutes

Casting :
Liam Neeson : Jimmy Conlon
Ed Harris : Shawn Maguire
Joel Kinnaman : Mike Conlon
Génesis Rodríguez : Gabrielle
Vincent D’Onofrio : inspecteur Harding
Bruce McGill : Pat Mullen
Holt McCallany : Frank
Boyd Holbrook : Danny Maguire
Common : M. Price
Beau Knapp : Kenan Boyle
Malcolm Goodwin : Colston
James Martinez : inspecteur Jose Flores
Radivoje Bukvic : Victor Grezda
John Cenatiempo : Tommy
Nick Nolte : Eddie Conlon

SELMA : La longue marche

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selmaafficheSelma a été à l’origine d’une polémique. En effet, beaucoup ont estimé qu’il était injustement sous-représenté aux derniers Oscars, reproduisant la ségrégation dénoncée par ce film nous plongeant au cœur du combat de Martin Luther King. Pourtant, je trouve au contraire que sa présence discrète est plutôt le signe que ce film a été traité comme n’importe quel autre. En effet, une pluie de nominations, et encore plus de récompenses, aurait été totalement injuste.

Selma n’est pas un film médiocre. Il y a en effet beaucoup de talents à tous les niveaux, réalisation, scénario, interprétation. Cependant, il n’y a pas la moindre prise de risque. C’est propre et efficace, comme Hollywood sait parfaitement le faire, mais ne réserve strictement aucune surprise. Le récit est clair, chronologique et nous décrit avec précision ce moment important de l’histoire américaine. Il y a de l’émotion, parce que les événements rapportés en sont chargés, mais jamais le film ne les sublime.

selmaIl est assez incroyable que Selma soit le premier film consacré à Martin Luther King. Ce film n’est pas vraiment un biopic, il ne raconte qu’un court épisode de sa vie, mais le personnage occupe une place plus que centrale dans cette histoire. Dommage qu’un tel homme ne se soit pas incarné au travers d’un grand moment de cinéma, comme a pu l’être le Lincoln de Steven Spielberg par exemple. Ce sera peut-être pour bientôt. En attendant, on appréciera tout de même les grandes qualités de ce film de ce film sans génie, mais sans défauts.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Plan B Entertainment, Pathé, Celador Films, Harpo Films, Plan B Entertainment
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Ava DuVernay
Scénario : Paul Webb
Montage : Spencer Averick
Photo : Bradford Young
Décors : Mark Friedberg
Durée : 122 mn

Casting :
David Oyelowo : Martin Luther King Jr
Carmen Ejogo : Coretta Scott King
Tim Roth : George Wallace
Common : James Bevel
Tom Wilkinson : Lyndon B. Johnson
Dylan Baker : John Edgar Hoover
Oprah Winfrey : Annie Lee Cooper
Tessa Thompson : Diane Nash

BIRDMAN : Un Oscar mérité

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birdmanafficheEnfin un film de super-héros récompensé aux Oscars… Bon ok, Birdman n’est pas vraiment un film de super-héros. On y parle bien d’un héros costumé, mais il est loin d’être un film nous proposant un enchaînement de scènes d’action. On est tout simplement devant un grand film qui mérite mille fois son couronnement. Il s’agit surtout d’une reconnaissance méritée pour cet extraordinaire cinéaste qu’est Alejandro Gonzales Inarritu.

Le réalisateur mexicain a toujours livré des films esthétiquement sublimes. Mais au-delà de ça, il imprégnait parfois un rythme assez lent et une ambiance un peu ésotérique à ses récits qui pouvaient rebuter. J’avoue ne pas avoir été totalement enthousiasmé par Babel ou 21 Grammes. Avec Birdman, il retrouve les qualités de son premier film, Amours Chiennes. Une histoire forte, dont la tension provient de personnages flirtant avec une certaine forme de folie et d’autodestruction. Pourtant, jamais le film ne sombre dans le contemplatif, même quand les protagonistes sont dans un moment d’introspection.

birdmanOn a beaucoup parlé du fait que Birdman soit tourné comme un long plan séquence. De mon point de vue, l’incroyable qualité de cinéaste d’Alejandro Gonzales Inarritu se concrétise avant par sa formidable direction d’acteurs. Là encore, les commentaires se sont surtout focalisés sur la performance de Michael Keaton, qui trouve ici un rôle quasi autobiographique. Mais c’est à mon sens dans le jeu d’Edward Norton qu’on mesure tout le talent du metteur en scène. Jamais on a vu cet acteur qui n’a pas toujours bien su choisir ses rôles à ce niveau de maîtrise et d’intensité dans l’interprétation. Il est tout simplement magistral et tire le formidable casting vers le haut.

Il est heureux de voir ce film primé aux Oscars un an après le très hollywoodien 12 Years a Slave. Deux films très différents, démontrant la richesse du 7ème art. L’audace esthétique et narrative de Birdman n’ont pas condamné ce film à un anonymat qui aurait fait injure à ses immenses qualités.

LA NOTE : 16/20

Fiche technique :
Production : New Regency, M Prods, Grisbi productions, TSG Entertainment, Worldview Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Alejandro G. Iñárritu
Scénario : Alejandro G. Iñárritu, Nicolas Giacobone, Alexander Dinelaris, Armando Bo
Montage : Douglas Crise, Stephen Mirrione
Photo : Emmanuel Lubezki
Décors : Kevin Thompson
Musique : Antonio Sanchez
Durée : 119 mn

Casting :
Michael Keaton : Riggan
Emma Stone : Sam
Edward Norton : Mike
Naomi Watts : Lesley
Zach Galifianakis : Jake
Andrea Riseborough : Laura
Amy Ryan : Sylvia
Lindsay Duncan : Tabitha

TOKYO FIANCEE : Love in translation

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tokyofianceeafficheLe Japon est certainement un des endroits les plus fascinants au monde. Surtout du point de vue d’un Occidental comme moi, qui ai baigné dans les dessins-animés venus de ce pays étant petit. Chez Amélie Nothomb, le sentiment a été au-delà de la fascination, puisque née au pays du soleil levant, elle s’est longtemps considérée comme Japonaise, quand son état civil indiquait désespérément Belge (non, je n’insinue pas qu’être belge est désespérant). Du coup, à 20 ans, elle est retournée y vivre. De cette période, sont nés deux livres. Stupeur et Tremblements, déjà adapté au cinéma sous ce titre et Ni d’Eve, ni d’Adam adapté lui sous le titre Tokyo Fiancée.

Tokyo Fiancée est donc un peu la fusion entre Amélie Poulain et Lost in Translation. Sauf que le film ne mélange pas le meilleur des deux. L’histoire qui sert de fil rouge est au fond une simple histoire d’amour malgré des différences culturelles assez banale et du coup, passablement dénuée d’un intérêt profond. Ensuite, la confrontation entre la culture occidentale et japonaise est toujours intéressante, mais de manière trop insuffisante ici pour vraiment offrir au film une raison de s’enthousiasmer.

tokyofianceeReste heureusement le très beau couple formé par Pauline Etienne et Taichi Inoue. Ils dégagent tous deux un charme troublant et immédiat qui fait que l’on croit aisément à cette histoire, malgré l’abîme culturelle qui les sépare parfois. Il s’agit là d’une vraie confirmation pour cette jeune actrice que l’on avait pu découvrir dans la Religieuse il y a un peu moins de deux ans. Malheureusement tout cette débauche de charme ne suffit pas à en donner à Tokyo Fiancée pour lui donner une réelle épaisseur.

LA NOTE : 9,5/20

Fiche technique :
Production : Versus production, Les films du Worso, Forum Films, RTBF, Belgacom
Distribution : Eurozoom
Réalisation : Stefan Liberski
Scénario : Stefan Liberski, d’après le roman d’Amélie Nothomb
Montage : Frédérique Broos
Photo : Hichame Alaouie
Décors : Sophie Anquez
Musique : Casimir Liberski
Effets spéciaux : Alchemy 24
Costumes : Claire Dubien
Durée : 100 mn

Casting :
Pauline Etienne : Amélie
Taichi Inoue : Rinri
Julie LeBreton : Christine
Alice de Lencquesaing : Yasmine
Akimi Ota : Hara
Hiroki Kageyama : Hiroki
Tokio Yokoi : le père de Rinri
Hiromi Asai : la mère de Rinri

CROSSWIND – LA CROISEE DES VENTS : Austérité statique esthétique

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crosswindafficheJ’ai pour habitude d’en lire le moins possible sur un film avant d’aller le voir. Je me contente de consulter la synthèse des notes sur Allociné et si elle est assez haute, je me laisse tenter. Le plus souvent, j’ai quand même vu la bande-annonce ou au moins entendu assez de choses sur le long métrage en question pour savoir un minimum ce que je vais voir. Or, je suis allé voir Crosswind en sachant juste qu’il s’agissait d’un film estonien parlant de la déportation de nombreux ressortissants des pays baltes en 1941 par le pouvoir soviétique. Télérama parlait même de chef d’œuvre. Cependant, j’ignorais tout de la particularité principale de ce film. Une particularité qui m’aurait sûrement découragé d’y aller. A tort ou à raison, je ne sais pas trop.

Crosswind est en effet un film composé de « tableaux ». A part cinq minutes au début ou à la fin, chaque scène est composée d’acteurs totalement statiques, figés dans leur action comme lors d’un arrête sur images, au milieu de laquelle la caméra se promène. Au premier tableau, je me suis dit pourquoi pas. Puis vint un deuxième, un troisième… Et là j’ai commencé à réaliser que le film était entièrement basé sur ce principe et là j’ai eu très très peur de finir par m’ennuyer ferme. Mais au final, ce fut rarement le cas car Martii Helde arrive toujours à jouer avec les détails, les angles de prises de vue pour vraiment raconter une histoire par l’intermédiaire de ces voyages à travers ses tableaux. Si les acteurs ne bougent pas, la caméra n’est jamais statique. Les effets changent d’une scène à l’autre et la réalisatrice a vraiment été au bout de son idée et l’a merveilleusement exploitée.

crosswindCrosswind laisse tout de même sur une impression contrastée. La lecture des lettres de la jeune femme déportée (de vraies lettres) par la voix-off est chargée d’émotions et on en apprend beaucoup sur cette époque et sur ce que ces hommes et ces femmes ont vécu. On est impressionné par le travail artistique car la photographie en noir et blanc est absolument sublime. Je ne me suis au final pas ennuyé et je suis ressorti de ce film surpris et admiratif. Cependant, on entre jamais totalement dans un film comme celui-ci. On ne cesse jamais tout à fait de lutter pour ne pas décrocher car la beauté des images ne peut totalement compenser l’austérité du récit. Je suis donc aussi sorti de ce film quelque peu soulagé qu’il soit fini et sans avoir lié de liens affectifs avec lui.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Martii Helde
Productrice Pille Rünk
Productrice Piret Tibbo-Hudgins
Directeur de la photographie Erik Põllumaa
Directeur de la photographie Janne Laine
Chef monteur Liis Nimik
Chef décorateur Reet Brandt
Chef costumier Anna-Liisa Liiver
Chef maquilleur Liisi Roht

Casting :
Laura Peterson : Erna
Mirt Preegel : Heldur
Ingrid Isotamm : Eliide
Einar Hillep: Hermiine

CHAPPIE : Pas chapeau, mais bravo quand même

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chappieafficheL’intelligence artificielle, voici un sujet qui n’a pas fini d’inspirer les auteurs de science-fiction. Voir Neil Blomkamp s’emparer du sujet n’a rien d’étonnant. Après avoir livré un film sur les extra-terrestres qui changeait des films sur les extra-terrestres (l’excellent District 9), il arrive avec Chappie à proposer une nouvelle fois une vision originale et surprenante d’un sujet que l’on pensait proche de l’épuisement le plus total. Même si, ce coup-ci, le scénario est tout de même marqué par beaucoup de maladresses.

Neil Blomkamp a le grand mérite d’assumer pleinement ses idées et de les exploiter à fond. Cela donne une sorte de crédibilité à ce qui est pourtant au fond totalement improbable. Mais à l’inverse, quand l’idée de base est un peu bancale, cela peut tourner à quelque chose d’extrêmement maladroit, pour ne pas dire un peu ridicule. C’est le cas à plusieurs reprises avec Chappie dont des éléments de l’univers prêtent un peu à sourire. Le déroulement de l’intrigue présente de sérieuses failles, mais l’histoire avance avec assez de détermination pour que l’on suive son chemin sans finalement y prêter trop d’attention.

chappieAprès les succès de District 9, Neil Blomkamp peut désormais se payer un casting nettement plus ronflant. Dommage que les personnages interprétés par Hugh Jackman et Sigourney Weaver soient loin d’être les plus intéressants. Dev Patel met beaucoup d’énergie dans son rôle, mais son jeu reste limité. Mais la vraie star de Chappie reste l’acteur qu’on ne voit jamais mais qui a donné vie au robot, à savoir Sharlto Copley. Il est à ce film ce que Adam Serkis en Gollum était au Seigneur des Anneaux. Il donne un petit supplément d’âme à ce film un peu bancal mais qui la mérite de proposer de vrais partis pris scénaristiques qui nous sortent de l’ordinaire et du convenu. Pour cela, bravo !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, Alpha Core, Genre films, LStar Capital, Media Rights Capital, Ollin Studio, Sony Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Neil Blomkamp
Scénario : Neill Blomkamp, Terru Tatchell
Montage : Julian Clarke, Mark Goldblatt
Photo : Trent Opaloch
Décors : Jules Cook
Musique : Hans Zimmer
Costumes : Diana Cilliers
Durée : 120 mn

Casting :
Sharlto Copley : Chappie
Dev Patel : Deon Wilson
Hugh Jackman : Vincent Moore
Sigourney Weaver : Michelle Bradley
Yo-Landi Visser : Yolandi
Brandon Auret : Hippo

CITIZENFOUR : L’histoire en direct

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citizenfourafficheChristophe Barbier a consacré son dernier édito vidéo sur le site de l’Express au fait que désormais rares sont les événements qui échappaient à une capture vidéo. Ils parlaient alors de la collision entre les deux hélicoptères en Argentine, mais cela m’a fait penser à ce que j’ai ressenti devant Citizenfour, Oscar du meilleur documentaire cette année. Un film qui nous fait partager le moment où Edward Snowden a fourni les informations sur la NSA à deux journalistes.

Citizenfour n’est pas vraiment un documentaire. Ce n’est même pas vraiment un film. C’est plutôt une petite page d’histoire filmée. Un peu comme si au lieu de réaliser les Hommes du Président, Alan J. Pakula avait réalisé un montage autour d’images des réelles entrevues entre Gorge Profonde et les deux journalistes. C’est assez symptomatique d’une époque où plus rien ne peut échapper à l’oeil d’une caméra, même si ici, la démarche est volontaire et programmée à l’avance.

citizenfourCitizenfour ne se compose pas que de séquences mettant en scène Edward Snowden dans sa chambre d’hôtel à Hong-Kong avec les deux journalistes. Il y a tout de même une partie qui s’apparente à un travail documentaire beaucoup plus classique. Mais ce sont les séquences « live » qui nous marquent le plus, avec l’impression de vivre un moment d’histoire et non de le voir reconstituer ou expliquer. Ce film ne peut donc être jugé sur sa seule valeur cinématographique pure, mais surtout pas l’intérêt du document qui nous ai présenté et qui transforme cette menace si invisible en quelque chose de beaucoup plus réelle, de personnalisée. Du coup, on en ressort quelque peu terrifié… Tellement terrifié que je vais poster cette critique sur Facebook… Peut-être pas encore assez alors…

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Bertha Foundation, Britdoc Circle, Channel 4
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Laura Poitras
Montage : Mathilde Bonnefoy
Photo : Kirsten Johnson, Trevor Paglen, Katy Scoggin, Laura Poitras
Son : Judy Karp
Effets spéciaux : Killian Manning
Durée : 114 mn

Casting :
Laura Poitras : Elle-même
Glenn Greenwald : Lui-même
Edward Snowden : Lui-même
Julian Assange : Lui-même
Jeremy Scahill : Lui-même

LES CHEVALIERS DU ZODIAQUE – LA LEGENDE DU SANCTUAIRE : Madeleine de Proust écrasée à coup de météores de Pégase

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leschevaliersduzodiaqueafficheSi je ne devais garder qu’une madeleine de Proust, je pense que ce serait les Chevaliers du Zodiaque. Ce dessin-animé a marqué mon enfance comme aucun autre et je parlerai bien de lui pendant des heures. Il y a d’ailleurs une section qui devrait lui être entièrement consacrée sur ce site, mais elle restera, je le crains, à jamais en chantier. Malheureusement, ce n’est pas de lui dont je dois vous parler ici, mais de son adaptation modernisée qui vient de sortir sur nos grands écrans. Vu la réussite de ce même exercice avec Albator l’année dernière, j’étais plutôt impatient. Malheureusement, le résultat est désastreux.

Les Chevaliers du Zodiaque – la Légende du Sanctuaire, puisque c’est son nom complet, est tout simplement moche, nul et très con. Déjà, l’idée de réduire 150 épisodes de 20 minutes en une heure et demi constitue à la base une idée complètement imbécile. La richesse de la mythologie liée à cette série est réduite à trois fois rien et je me demande comment un public qui n’a pas vu le dessin-animé original peut trouver le moindre intérêt à cette histoire où tout semble sorti de nul part, sans explication et sans aucun approfondissement. En plus, une telle réduction amène les scénaristes à modifier en profondeur un certain nombre d’éléments. Du coup, on se demande vraiment pourquoi ils n’ont pas carrément opté pour une histoire totalement différente (comme pour Albator d’ailleurs).

leschevaliersduzodiaqueA côté de ça, Les Chevaliers du Zodiaque – la Légende du Sanctuaire est tout simplement super laid. Mais alors vraiment laid ! Ces images de synthèse ont certes une fluidité très moderne, mais une esthétique d’une autre siècle, le temps où on s’émerveillait devant la moindre image sortie d’un ordinateur. Ce film est donc un calvaire pour les yeux. Enfin, dernier élément à charge : l’humour. Cela aurait pu être le point fort et donner à ce film un côté parodique savoureux… Sauf que les tentatives sont juste pitoyables, avec notamment le chevalier du Cancer, tueur sadique et terrifiant dans la version originale, transformé en bouffon grotesque… qui chante.

Cependant, en y repensant, Les Chevaliers du Zodiaque la comédie musicale aurait mieux valu que ce crime contre les souvenirs d’enfance.

LA NOTE : 2/20

Fiche technique :
Production : Toei Animation, Masami Kurumada
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Keiichi Sato
Scénario : Chihiro Suzuki, Tomohiro Suzuki, d’après le manga de Masami Kurumada
Musique : Yoshiki, Yoshihiro Ike
Durée : 93 mn

RED ARMY : OK !

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redarmyafficheJe regarde un match de hockey sur glace tous les 4 ans, à savoir la finale des Jeux Olympiques et ça me va très bien. Ce n’est pas un spectacle désagréable en soi, mais certainement pas un sport qui me passionne. Par contre, le documentaire Red Army, qui nous raconte l’histoire de la formidable équipe d’URSS qui aura dominé son sport dans les années 80, m’a littéralement passionné. Déjà parce qu’il ne parle au fond que très peu de patins et de crosses.

Red Army est avant tout un documentaire sur le système soviétique et son effondrement. Le hockey n’est qu’un prétexte. Mais un prétexte particulièrement bien choisi, tant le destin des principaux acteurs de cette équipe a été marqué par ces deux éléments. Il s’agit donc d’une démonstration par l’exemple, particulièrement vivante donc, mais surtout particulièrement passionnante. Même ceux qui n’ont aucun intérêt pour ce sport ou même pour la géopolitique en général pourront être séduits par ce documentaire qui méritait bien sa distribution sur grand écran.

redarmyDans la forme, Red Army est très classique. Il alterne interviews et images d’archives. Mais en plus de l’intérêt du sujet et de la manière dont il est traité, ce documentaire raconte vraiment une histoire, avec un début, des péripéties, une fin, des protagonistes et donc au final un vrai suspense et une tension narrative constante. Cela finit de faire de ce film un modèle du genre qui se regarde avec autant de plaisir qu’un très bon match… de football. C’est dire !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Gabe Polsky
Durée : 85 minutes