ASTERIX – LE DOMAINE DES DIEUX : Alexandre Astier digne de Goscinny

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asterixledomainedesdieuxafficheLe Domaine des Dieux est, avec la Zizanie, mon album d’Astérix préféré. Enfant, je l’ai lu des dizaines de fois sans me lasser. C’est dire si je le connais par cœur. C’est dire surtout que c’est avec un grande impatiente que j’attendais son adaptation à sur grand écran. Avec une petite appréhension aussi car un seul album offre rarement à lui seul assez de contenu pour un long métrage. Le film allait donc proposer des péripéties supplémentaires. Allaient-elles être dignes du génie de Goscinny ? Dis comme ça, c’est sûr que ce n’était pas gagné.

Heureusement, ces ajouts ont été signés Alexandre Astier. Un choix réellement judicieux car les univers des deux hommes ont quelques similitudes. Si dans une première moitié, Astérix – le Domaine des Dieux est strictement fidèle à l’album, la seconde sort elle de l’imagination de l’auteur de Kaamelott. Mais il faut vraiment connaître l’original pour s’en rendre compte ! C’est sans doute là la plus grande réussite de ce film qui ravira petits et grands. Les grands aussi car cet album est certainement un de ceux où Goscinny se moquait le plus des travers de son époque par l’intermédiaire de ces Gaulois qui ressemblent en fait étrangement aux Français d’aujourd’hui.

asterixledomainedesdieuxGraphiquement ensuite, Astérix – le Domaine des Dieux est très beau. Le style d’animation rompt totalement avec tout ce qui avait été fait auparavant pour Astérix pour entrer pleinement dans le 21ème siècle. La transition est parfaitement réussie, le film était à la fois extrêmement moderne et respectant totalement le pinceau d’Uderzo. Par contre tout est plus fluide et surtout beaucoup élaboré en termes de mise en scène. Cela permet de rentrer dans le film comme on le ferait pour un film « normal ». Mais jamais le film ne cherche à proposer un dessin réaliste. Une jolie prouesse à ce niveau là qui fait de ce film définitivement une réussite.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : M6 Films, Belvision, SNC, Mikros Image
Distribution : SND
Réalisation : Louis Clichy, Alexandre Astier
Scénario : Alexandre Astier, Jean-Rémi François, Philip LaZebnik, d’après l’album de René Goscinny et Albert Uderzo
Montage : Soline Guyonneau
Son : Raphaël Seydoux
Musique : Philippe Rombi
Directeur artistique : Thierry Fournier
Durée : 85 mn

Casting :
Roger Carel : Astérix
Guillaume Briat : Obélix
Lorànt Deutsch : Anglaigus
Laurent Lafitte : Duplicatha
Alexandre Astier : Centurion Oursenplus
Alain Chabat : Sénateur Prospectus
Géraldine Nakache : Dulcia
François Morel : Ordralfabétix
Florence Foresti : Bonemine

LE HOBBIT : LA BATAILLE DES CINQ ARMEES : Faut partir maintenant, Monsieur Jackson…

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lehobbitlabatailledescinqarméesafficheLorsque mes voyages se terminent, je dis toujours que je suis triste de partir, mais que je suis content de rentrer. C’est à peu près ce sentiment qui domine avec le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées, dernier moment cinématographique passé en Terre du Milieu. Car si on est forcément un peu chagrin de quitter cet univers auquel Peter Jackson aura donné vie, après des décennies d’attente, il faut bien avouer qu’il était temps de stopper ici ce séjour avant de définitivement tourner en rond, faute de nouvelles idées.

Il n’est pas question ici de cracher dans la soupe. On trouve dans le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées exactement ce que l’on avait envie de voir : un combat spectaculaire et démesuré. Et à ce niveau-là, on en a pour notre argent. Les autres aspects du récit sont d’ailleurs vite expédiés au cours des premières minutes du film, sans que l’on s’en plaigne outre mesure. Et dans l’absolu, ce dernier volet constitue une même réussite technique et visuelle que les épisodes précédents. Mais justement peut-être un peu trop la même…

lehobbitlabatailledescinqarmeesEn effet, il est clair que Peter Jackson a largement épuisé son stock d’idées pendant la vingtaine d’heures de films qui auront précédé ce final. Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées ressemble parfois à un « best of » des meilleures scènes de tous les films précédents. Et je doute que la volonté de Peter Jackson ait été de proposer des clins d’œil au reste de son œuvre. Il ne sait tout simplement plus quoi inventer de nouveau. Et que Legolas défie la gravité, et que je filme le champ de bataille vu du dessus, et que les trolls sont transformés en machines de siège, et que le méchant a une grosse masse d’arme, et que les aigles arrivent à la fin… Ah oui, non, pour le dernier point, c’est Tolkien qui est à blâmer. Enfin bref, sans être déçu, on a bien du mal à s’enthousiasmer pour cet air de déjà-vu.

A l’échelle de ces six films, on n’en voudra cependant pas outre mesure au réalisateur néo-zélandais pour cette baisse de régime finale. Merci pour tout Monsieur Jackson ! And farewell Middle-Earth !

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : New Line Cinema, MGM, WingNut Films, 3Foot7
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Peter Jackson
Scénario : Peter Jackson, Fran Walsh, Guillermo del Toro, Philippa Boyens, d’après l’oeuvre de J.R.R. Tolkien
Montage : Jabez Olssen
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Dan Hennah
Musique : Howard Shore
Effets spéciaux : Weta Digital
Durée : 144 mn

Casting :
Martin Freeman : Bilbon le Hobbit / Bilbo Baggins
Ian McKellen : Gandalf
Evangeline Lilly : Tauriel
Luke Evans : Bard
Richard Armitage : Thorin Oakenshield
Benedict Cumberbatch : Smaug / le nécromancier (voix)
Orlando Bloom : Legolas
Cate Blanchett : Galadriel
Christopher Lee : Saruman

SECRET D’ETAT : Le jeu de la vérité

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secretdetatafficheUn film est un film, c’est à dire une fiction. Un documentaire est un documentaire, c’est à dire qu’il essaye de nous présenter des faits aussi proches que possible de la vérité. Ce sont deux choses bien distinctes. Cependant, ces derniers temps certaines œuvres semblent vouloir brouiller un peu les pistes. Certes, le film à thèse est un genre tout à fait acceptable. Mais tout comme JFK en son temps, Secret d’Etat est à prendre pour ce qu’il est, c’est à dire une vision romancée de ce que l’auteur imagine être la vérité. Et si c’est le cas, alors on est là devant un très bon film.

Je ne veux pas nier l’intérêt « historique » de Secret d’Etat. Il nous relate la relation trouble entre la CIA et les trafiquants de drogue du Nicaragua, dans le cadre du financement de la guérilla contre le pouvoir communiste en place dans les années 80. Une partie des faits ont été depuis reconnus officiellement. La vérité a surgi suite au combat de Gary Webb, obscur journaliste qui a poursuivi inlassablement son enquête malgré les pressions. C’est le héros de ce film. Il y est représenté comme un vrai héros défenseur du bien contre le mal. Son manque d’ambiguïté constitue la plus grande limite de ce film, mais aussi la principale raison qui nous incite à la prudence quand à l’objectivité des faits.

secretdetatAu-delà de ça, Secret d’Etat est un très bon film d’enquête journalistique. La tension est réelle de bout en bout et même si aucun rebondissement n’est réellement original, au moins ne les voit-on pas venir de trop loin. Le casting des seconds rôles est plutôt prestigieux avec notamment Andy Garcia et Ray Liotta. Et demi-surprise, Jeremy Renner est presque bon dans le rôle titre. Quand on connaît sont inexpressivité habituelle, c’est déjà pas mal pour lui. En tout cas, il ne tire pas ce bon film vers le bas et on l’en remercie.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Michael Cuesta
Scénario : Peter Landesman, d’après les livres : Kill the Messenger de Nick Schou et Dark Alliance de Gary Webb
Direction artistique : John Paino
Décors : Scott G. Anderson
Costumes : Doug Hall
Montage : Brian A. Kates
Musique : Nathan Johnson
Photographie : Sean Bobbitt
Son : Paul Hsu
Production : Pamela Abdy, Naomi Despres, Jeremy Renner et Scott Stuber
Production déléguée : Michael Bederman, Don Handfield et Peter Landesman
Durée : 112 minutes

Casting :
Jeremy Renner : Gary Webb
Rosemarie DeWitt : Susan Webb
Ray Liotta : John Cullen
Barry Pepper : Russell Dodson
Mary Elizabeth Winstead : Dawn Garcia
Paz Vega : Coral Bacca
Oliver Platt : Jerry Ceppos
Michael Sheen : Fred Weil
Richard Schiff : Richard Zuckerman
Andy Garcia : Norwin Meneses
Robert Patrick : Ronny Quail
Michael K. Williams : « Freeway » Rick Ross
Joshua Close : Rich Kline
Tim Blake Nelson : Alan Fenster
Gil Bellows : Leo Walinsky
Lucas Hedges : Ian Webb
Susan Walters : la rédactrice du Los Angeles Times

UN ILLUSTRE INCONNU : En deux dimensions

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unillustreinconnuafficheQui n’a jamais rêvé de rentrer dans la peau d’un autre, ne serait-ce que l’espace de quelques heures ? Or certains sont prêts à tout pour réaliser leurs rêves, même les plus fous. C’est le cas du personnage principal de Un Illustre Inconnu qui, pour fuir sa vie totalement transparente, vit celle des autres de manière totale, en changeant même d’apparence physique. Un point de départ qui aboutit au final à un film réussi et maîtrisé.

Un Illustre Inconnu est un film à deux dimensions. C’est avant tout un film portrait où tout tourne autour du personnage central, mais il repose aussi sur une intrigue solide qui propose un vrai suspense qui ne s’éteindra que dans les dernières secondes. Les deux aspects sont traités d’une manière assez convaincante et solide. Ils se complètent l’un l’autre pour créer une vraie tension narrative et maintenir en éveil l’intérêt du spectateur. Le film manque peut-être cependant d’une profondeur supplémentaire pour que l’on quitte le stade de la simple curiosité.

unillustreinconnuUn Illustre Inconnu offre un rôle très riche à Matthieu Kassowitz, qui doit rentrer dans la peau de plusieurs protagonistes. Sa prestation est à la hauteur du défi, mais manque sans doute d’un trait de génie pour donner au film une autre dimension. Il est d’ailleurs plus convaincant quand son personnage est lui-même, c’est à dire un homme effacé et en retrait, que lorsqu’il doit donner vie à un artiste à la personnalité flamboyante. Il est donc à l’image du film, solide, mais jamais enthousiasmant.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Matthieu Delaporte
Scénario : Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière
Décors : Marie Cheminal
Costumes : Anne Schotte
Photographie : David Ungaro
Montage : Célia Lafitedupont
Musique : Jérôme Rebotier
Production : Dimitri Rassam ; Alexandre de La Patellière
Langue originale : français
Format : couleur
Genre : thriller
Durée : 118 minutes

Casting:
Mathieu Kassovitz : Sébastien Nicolas, Henri de Montalte
Bernard Murat : Voix d’Henri de Montalte
Marie-Josée Croze : Clémence, mère de Vincent
Diego Le Martret : Vincent
Éric Caravaca : Deveaux, inspecteur de police
Siobhan Finneran : Traven
Philippe Duclos : Prêtre
Olivier Rabourdin : Chambard, directeur de l’agence immobilière.
Geneviève Mnich : Mère de Sébastien Nicolas
Dimitri Storoge : Charles Beaumont
Mounia Raoui : Policière

THE SEARCH : Tout mais pas l’indifférence…

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thesearchafficheAprès avoir connu un immense succès, le plus dur est évidemment d’enchaîner. Après Intouchables, le duo Eric Toledano et Olivier Nakache a plutôt bien réussi son coup avec Samba qui, sans atteindre les mêmes sommets, a connu un nouveau succès commercial et critique. Par contre, on peut s’étonner de la totale indifférence dans laquelle est sorti sur nos écrans The Search, nouveau film de Michel Hazanavicius. Il faut dire qu’il n’a strictement rien à voir avec The Artist. Et ne rencontrera pas du tout le même succès. Dommage ?

C’est sûr qu’en choisissant comme sujet la guerre en Tchétchénie pour The Search, Michel Hazanavicius n’a pas chois la légèreté. Il nous présente trois destins et trois points de vue différents : celui des victimes, à travers le parcours de deux réfugiés, celui des « bourreaux » à travers celui d’un jeune Russe enrôlé plus ou moins de force dans l’armée et celui d’une fonctionnaire de l’Union Européenne qui enquête sur les exactions russes et se heurte à l’indifférence politique des démocraties occidentales. Il y avait donc matière à proposer un propos riche et convaincant. Le résultat est au final assez inégal.

thesearchEn fait, The Search dit beaucoup de choses que le cinéma répète encore et encore. Oui, la guerre, c’est mal, horrible, cela déshumanise aussi bien les victimes que ceux qui la font. Le propos est certes salutaire, mais sans surprise et donc au final sans fort impact. Michel Hazanvicius n’a pas su traiter dans son film les aspects vraiment spécifiques de ce conflit (l’attitude russe concomitante à l’arrivée de Vladimir Poutine au poste de Premier Ministre, la passivité de l’UE…) qui sont au final juste évoqués, comme une toile de fond, sans constituer réellement le sujet du film. Le film aurait pu avoir une dimension politique très forte, il n’en est rien. Heureusement, il nous offre par ailleurs de vrais beaux moments à travers les rapports humains qu’entretiennent les personnages entre eux. Certains passages auraient pu se passer dans un tout autre contexte, mais ça ne leur empêche pas d’apporter une vraie touche d’émotion à un film qui n’atteint peut-être pas le son but premier, mais qui ne méritait sûrement pas tant d’indifférence.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : La petite Reine, La classe américaine, France 3 Cinéma, Orange Studio, Wild Bunch, Search production
Réalisation : Michel Hazanavicius
Scénario : Michel Hazanavicius, inspiré du film The Search de Fred Zinnemann
Montage : Anne-Sophie Bion, Michel Hazanavicius
Photo : Guillaume Schiffman
Décors : Emile Ghigo
Distribution : Warner Bros Pictures France
Durée : 150 mn

Casting :
Bérénice Bejo : Carole
Annette Bening : Helen
Maxim Emalianov : Kolia
Andul-Khalim Mamatsuiev : Hadji
Zukhra Duishvili : Raïssa
Lela Bagakashvili : Elina

NIGHT CALL : Regarde les hommes filmer

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nightcallafficheJake Gyllenhaal est depuis 14 ans, et sa révélation dans Donnie Darko, un des acteurs majeurs du cinéma américain. Mais aussi un des plus discrets, ne possédant pas l’aura médiatique d’un Brad Pitt ou d’un George Clooney. Il s’affirme pourtant, film après film, rôle après rôle, comme un grand comédien, à l’aise sur tous les terrains. Il lui manque peut-être désormais un deuxième vrai grand rôle dans un vrai grand film après le Secret de Brokeback Moutain, il y a maintenant dix ans. Night Call ne sera pas celui-là. Mais il nous offre néanmoins une nouvelle occasion de mesurer l’étendu de son talent.

Allez, commençons par le petit aparté spécial « traduction de titre ridicule ». En effet, Night Call a pour titre original en anglais… Nightcrawler. Oui, je sais ce terme est relativement intraduisible en français (d’ailleurs le super-héros qui porte ce nom en VO s’appelle Diablo en VF, ce qui n’a rien à voir), mais alors pourquoi lui donner un nouveau titre en anglais ? Soit on garde le titre anglais original, soit on lui donne un titre en français, quitte à passer pour des Québecois. Bon, je sais, je me répète, mais ça m’énerve, je n’y peux rien.

nightcallBon cette parenthèse refermée, parlons plus précisément de ce film. Voilà le genre de long métrage qui nous fait haïr et aimer les Etats-Unis. Haïr car il nous plonge dans ses pires aspects. Ici le voyeurisme des chaînes de télévision locales, pour lesquelles des « journalistes » circulent la nuit à l’affût du moindre fait divers pour en tirer les images les plus choquantes possibles qu’ils vendront au plus offrant. A côté, BFM TV, c’est le Monde Diplomatique. Aimer aussi car Night Call confirme l’incroyable faculté de ce pays à dénoncer ses propres travers avec une force et une audace bien trop rare dans l’Hexagone.

Night Call est un film très réussi avec un scénario brillant, qui nous happe peu à peu, doté d’une tension narrative qui monte toujours en intensité et qui démontre que l’on peut encore surprendre les spectateurs sans se sentir obligé de proposer des rebondissements toutes les dix minutes. Le film est très réussi grâce à son personnage central d’une ambiguïté étonnante et subversive, pour ne pas dire effrayante. C’est bien l’immense talent de Jake Gyllenhaal qui lui donne vie et le rend si convaincant. Il est la pierre angulaire de ce film, mais a largement les épaules pour supporter un tel poids et rendre le film globalement aussi convaincant que sa propre interprétation.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Bold films
Distribution : Paramount pictures
Réalisation : Dan Gilroy
Scénario : Dan Gilroy
Montage : John Gilroy
Photo : Robert Elswit
Décors : Kevin Kavanaugh
Musique : James Newton Howard
Durée : 117 mn

Casting :
Jake Gyllenhaal : Louis Bloom
Bill Paxton : Joe Loder
Rene Russo : Nina Romina
Riz Ahmed : Rick

RESPIRE : Oubliez Voldemort, voici Sarah !

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respireaffichePensez à la personne la plus atrocement méchante, vicieuse et manipulatrice que vous ayez jamais croisé. Bref pensez à votre ex. Et bien dites vous que ce n’est rien par rapport à Sarah, une des deux protagonistes de Respire, premier film de Mélanie Laurent, qui fait décidément toujours prevue de beaucoup de talent dans tout ce qu’elle entreprend. Un film sur l’adolescence dur et cruel, mais globalement bien maîtrisé.

Respire se démarque par une scénario au tempo parfaitement ajusté. Il n’y a rien de vraiment inattendu dans ce film, à part le dénouement sur lequel je reviendrai, mais il se déroule de manière assez intelligente et subtile pour que la tension narrative soit toujours particulièrement forte. Cette histoire d’amitié qui tourne à la relation malsaine et destructrice est un modèle de construction dans la progressivité d’une évolution que l’on sait inéluctable (sinon il n’y aurait pas de film), mais qu’on aurait envie à chaque instant d’arrêter.

respireRespire est aussi l’occasion de confirmer le grand talent de deux jeunes actrices. Celui de Lou De Laâge, qui a déjà eu l’honneur d’une nomination aux César du Meilleur Espoir Féminin pour son rôle dans Jappeloup, et qui est absolument terrifiante dans ce rôle. Mais la vraie révélation de Respire reste Joséphine Japy, que l’on avait déjà remarquée dans le Moine et en dans le rôle de France Gall dans Cloclo. La réussite de ce film doit beaucoup à ses deux actrices, mais on peut évidemment souligner la direction remarquable de Mélanie Laurent.

On peut cependant émettre deux petites critiques à propos de Respire. Tout d’abord, si le propos est parfaitement construit, il cosntitue au final un spectacle un peu voyeur et sadique. Certes, il retranscrit parfaitement la cruauté que revêt parfois l’adolescence, mais ne va guère au-delà du constat et de la reconstitution méthodique et exhaustive. Ensuite, le dénouement m’a laissé quelque peu circonspect. Evidemment je n’en dirai rien et je laissera à chacun le loisir de se faire sa propre opinion.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Move Movie, Gaumont, Mely productions, Canal +
Réalisation : Mélanie Laurent
Scénario : Mélanie Laurent, Julien Lambroschini, d’après le roman d’Anne-Sophie Brasme
Montage : Guerric Catala
Photo : Arnaud Potier
Décors : Stanislas Reydellet
Distribution : Gaumont distribution
Musique : Marc Chouarain
Durée : 91 mn

Casting :
Joséphine Japy : Charlie
Lou de Laâge : Sarah
Isabelle Carré : la mère de Charlie
Claire Keim : Laura
Radivoje Bukvic : le père de Charlie
Roxane Duran : Victoire
Thomas Solivéres : Gastine

HUNGER GAMES : LA REVOLTE – PARTIE 1 : Prêt à prendre son envol final

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hungergames3afficheAprès un épisode initial très réussi et devenu culte et un deuxième plutôt raté et sans grand intérêt, revoici la saga Hunger Games, avec la première partie du troisième volet (je sais c’est subtil… mais Harry Potter nous avait déjà habitué à ça). Un épisode qui sort alors que des symboles de cet univers sont repris par les opposants au pouvoir en Thaïlande, ce qui montre quand même son impact sur l’imaginaire collectif mondial. Les attentes étaient donc grandes. Le résultat est au final… allez gardons encore un peu de suspense pour quelques lignes…

Hunger Games : la Révolte Partie 1 ressemble au deuxième épisode dans le sens où le contenu est relativement limité. On est en droit de se demander si cette division en deux parties du chapitre final était vraiment nécessaire. Franchement, le film aurait pu tenir en une grosse heure sans que l’histoire n’en souffre vraiment. Le récit est quand même largement dilué et se concentre longuement sur les états d’âme des personnages, beaucoup plus que sur l’avancée de l’intrigue qui fait du surplace.

Hunger Games : la Révolte Partie 1 ne ressemble pas du tout au deuxième épisode dans le sens où ce qui est raconté présente un réel intérêt. Le rythme de narration est lent, mais à force de voir des séries télévisées (ou des films asiatiques), on est habitué à ce tempo et on se dit qu’on ne fait que prolonger le plaisir. Car le plaisir est réel de voir l’histoire s’attarder ainsi sur des personnages qui nous tiennent à cœur. Surtout que le propos n’est pas dénué d’un minimum de subtilité et réserve un peu d’inattendu.

hungergames3Hunger Games : la Révolte Partie 1 ressemble surtout au premier épisode dans le sens où il nous réserve de beaux moments de cinéma. On retrouve dans certaines séquences la qualité de la réalisation et l’esprit épique qui nous avaient cloués au fauteuil au premier round et on ne peut que s’en réjouir. Certes, cet épisode est beaucoup plus inégal que le premier et certaines séquences font parfois sourire par une maladresse flagrante. Mais on se régale devant ces petits moments enthousiasmants, un enthousiasme que l’on redoutait de ne jamais retrouver et qui nous fait attendre la conclusion avec une réelle impatience.

Reste enfin la grâce de Jennifer Lawrence. Elle possède ce petit quelque chose en plus qui fait les grandes actrices. Sa présence, son charisme compensent largement les dialogues parfois un peu faibles, même parfois, à de rares moments heureusement, un peu ridicules. Cette saga a fait d’elle une star mondiale. Elle connaîtra, et a déjà connu, de plus grands rôles, dirigés par de vrais grands réalisateurs (sans faire injure à Francis Lawrence), mais elle restera à jamais dans le cœur de beaucoup de cinéphile Katniss Everdeen.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Lionsgate, Colorforce
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Peter Craig, Danny Strong, d’après le roman de Suzanne Collins
Montage : Alan Edward Bell, Mark Yoshikawa
Photo : Jo Willems
Décors : Philip Messina
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Double Negative
Costumes : Kurt and Bart
Durée : 123 mn

Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Donald Sutherland : President Snow
Philip Seymour Hoffman : Plutarch Heavensbee
Julianne Moore : President Alma Coin
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Stanley Tucci : Caesar Flickerman

LA PROCHAINE FOIS JE VISERAI LE COEUR : Portrait plongeant

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laprochainefoisjeviserailecoeurafficheL’adaptation de faits divers ou d’affaires criminelles réelles est devenue une idée récurrente chez les réalisateurs français. Et visiblement, pour cela, il pense immédiatement à Guillaume Canet pour incarner le psychopathe de service. Après sa prestation dans L’Homme Qu’on Aimait Trop (dont le scénariste n’était autre que… Cédric Anger), le voici à l’affiche de La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur, un film de… Cédric Anger. Un film portrait plutôt qu’un film policier.

La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur nous confronte à ce que l’on nommera de manière simpliste la folie. Non tant sur ses racines, mais dans la manière dont elle se manifeste, peut consumer un homme et le pousser à commettre les pires atrocités, poussé par des pulsions incontrôlables. Le film aurait donc pu facilement être vain, un peu voyeur et dénué de profondeur. Il n’en est rien. Cédric Anger évite les pièges dans lequel il aurait pu tomber et livre un propos convaincant, une plongée fascinante dans les méandres de l’âme humaine. Il n’y a pas de morale finale à cette histoire, mais on en ressort quand même quelque peu secoué.

laprochainefoisjeviserailecoeurLa réussite tient aussi à la réalisation tout en sensibilité de Cédric Anger. La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur n’est pas dénué de qualités esthétiques, mais elles restent toujours au service du propos et des personnages. La caméra est là pour nous faire partager des sentiments, aussi incompréhensibles soient-ils, non pour donner un caractère spectaculaire. Tout cela contribue à ce que le film soit parcouru tout du long par une réelle intensité narrative, bien que l’on se doute bien comment tout cela va finir. Une belle réussite cinématographique donc.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Cédric Anger
Scénario : Cédric Anger, d’après le roman Un assassin au-dessus de tout soupçon d’Yvan Stefanovitch
Décors : Thierry François
Costumes : Jürgen Dœring
Photographie : Thomas Hardmeier
Son : Pierre André, Jean Goudier, Nicolas Dambroise et Florent Lavallée
Montage : Julien Leloup
Musique : Grégoire Hetzel
Production : Alain Attal et Anne Rapczyk
Durée : 111 minutes

Casting :
Guillaume Canet : Franck
Ana Girardot : Sophie
Jean-Yves Berteloot : Lacombe
Patrick Azam : Tonton
Arnaud Henriet : Locray
Douglas Attal : Nono
Piérick Tournier : Carpentier
Alexandre Carrière : Ossart
François-Dominique Blin : Niel
Franck Andrieux : Auzier
Arthur Dujardin : Bruno
Alice de Lencquesaing : Melissa
Hélène Vauquois : la mère de Franck
Jean-Paul Comart : le père de Franck
Michel Cassagne : le vieil homme
Jade Henot : Alice
Laura Giudice : Roxanne

QUAND VIENT LA NUIT : Histoire belgo-hollywoodienne

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quandvientlanuitafficheLes grands acteurs savent changer leur sourire, leur regard, leur physique tout entier parfois pour entrer dans les peau des personnages qu’ils sont chargés d’incarner. Et parfois aussi leur voix. Mais cette dernière transformation demande un supplément de talent qui n’est pas donné à tout le monde. Tom Hardy fait partie des valeurs sûres d’Hollywood. Mais il lui manque peut-être encore un petit quelque chose pour entrer dans le club très fermé des étoiles du cinéma. La preuve dans Quand Vient la Nuit.

Quand Vient la Nuit a pour personnage principal un homme que l’on qualifiera sobrement d’un peu limité. Il parle donc comme quelqu’un d’un peu limité. Tom Hardy était donc censé de parler comme quelqu’un d’un peu limité. Sauf qu’au final, il parle comme un acteur qui voudrait faire croire qu’il parle comme quelqu’un d’un peu limité. Bref, ça sonne très faux, son personnage sonne très faux et au final le film sonne un peu faux. Un peu seulement car heureusement il y a quand même quelques raisons d’aimer ce film.

quandvientlanuitOn peut déjà l’aimer pour le reste du casting. C’est avec un petit pincement au cœur quand l’on voit à l’écran James Gandolfini, malheureusement décédé depuis et qui nous rappelle ici pourquoi on le regrette. Matthias Schoenaerts confirme de l’autre côté de l’Atlantique tout le bien que l’on pensait de lui sur le Vieux Continent. Ce chemin, Noomi Rapace l’a fait depuis quelques temps déjà, toujours avec bonheur. Mais Quand Vient la Nuit marque surtout les débuts américains de Michael R.Roskam, le réalisateur belge du fantastique Bullhead (mon film de l’année 2011 rappelons-le). Des débuts un peu mitigé donc, mais qui montre tout de même qu’il n’a pas perdu son sens de l’ambiance et de la réalisation. Il sait toujours faire des films noirs et on attend avec impatience le prochain !

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Fox Searchlight Pictures,
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Michael R. Roskam
Scénario : Dennis Lehane, d’après sa nouvelle Animal Rescue
Montage : Christopher Tellefsen
Photo : Nicolas Karakatsanis
Décors : Thérèse DePrez
Musique : Marco Beltrami
Costumes : David C. Robinson
Durée : 107 mn
 
Casting :
Tom Hardy : Bob Saginowski
Noomi Rapace : Nadia
James Gandolfini : Cousin Marv
Matthias Schoenaerts : Eric
John Ortiz : Détective Torres
Elizabeth Rodriguez : Détective Romsey
Michael Aronov : Chovka