Le Domaine des Dieux est, avec la Zizanie, mon album d’Astérix préféré. Enfant, je l’ai lu des dizaines de fois sans me lasser. C’est dire si je le connais par cœur. C’est dire surtout que c’est avec un grande impatiente que j’attendais son adaptation à sur grand écran. Avec une petite appréhension aussi car un seul album offre rarement à lui seul assez de contenu pour un long métrage. Le film allait donc proposer des péripéties supplémentaires. Allaient-elles être dignes du génie de Goscinny ? Dis comme ça, c’est sûr que ce n’était pas gagné.
Heureusement, ces ajouts ont été signés Alexandre Astier. Un choix réellement judicieux car les univers des deux hommes ont quelques similitudes. Si dans une première moitié, Astérix – le Domaine des Dieux est strictement fidèle à l’album, la seconde sort elle de l’imagination de l’auteur de Kaamelott. Mais il faut vraiment connaître l’original pour s’en rendre compte ! C’est sans doute là la plus grande réussite de ce film qui ravira petits et grands. Les grands aussi car cet album est certainement un de ceux où Goscinny se moquait le plus des travers de son époque par l’intermédiaire de ces Gaulois qui ressemblent en fait étrangement aux Français d’aujourd’hui.
Graphiquement ensuite, Astérix – le Domaine des Dieux est très beau. Le style d’animation rompt totalement avec tout ce qui avait été fait auparavant pour Astérix pour entrer pleinement dans le 21ème siècle. La transition est parfaitement réussie, le film était à la fois extrêmement moderne et respectant totalement le pinceau d’Uderzo. Par contre tout est plus fluide et surtout beaucoup élaboré en termes de mise en scène. Cela permet de rentrer dans le film comme on le ferait pour un film « normal ». Mais jamais le film ne cherche à proposer un dessin réaliste. Une jolie prouesse à ce niveau là qui fait de ce film définitivement une réussite.
LA NOTE : 13,5/20

En effet, il est clair que Peter Jackson a largement épuisé son stock d’idées pendant la vingtaine d’heures de films qui auront précédé ce final. Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées ressemble parfois à un « best of » des meilleures scènes de tous les films précédents. Et je doute que la volonté de Peter Jackson ait été de proposer des clins d’œil au reste de son œuvre. Il ne sait tout simplement plus quoi inventer de nouveau. Et que Legolas défie la gravité, et que je filme le champ de bataille vu du dessus, et que les trolls sont transformés en machines de siège, et que le méchant a une grosse masse d’arme, et que les aigles arrivent à la fin… Ah oui, non, pour le dernier point, c’est Tolkien qui est à blâmer. Enfin bref, sans être déçu, on a bien du mal à s’enthousiasmer pour cet air de déjà-vu.
Au-delà de ça, Secret d’Etat est un très bon film d’enquête journalistique. La tension est réelle de bout en bout et même si aucun rebondissement n’est réellement original, au moins ne les voit-on pas venir de trop loin. Le casting des seconds rôles est plutôt prestigieux avec notamment Andy Garcia et Ray Liotta. Et demi-surprise, Jeremy Renner est presque bon dans le rôle titre. Quand on connaît sont inexpressivité habituelle, c’est déjà pas mal pour lui. En tout cas, il ne tire pas ce bon film vers le bas et on l’en remercie.
Un Illustre Inconnu offre un rôle très riche à Matthieu Kassowitz, qui doit rentrer dans la peau de plusieurs protagonistes. Sa prestation est à la hauteur du défi, mais manque sans doute d’un trait de génie pour donner au film une autre dimension. Il est d’ailleurs plus convaincant quand son personnage est lui-même, c’est à dire un homme effacé et en retrait, que lorsqu’il doit donner vie à un artiste à la personnalité flamboyante. Il est donc à l’image du film, solide, mais jamais enthousiasmant.
En fait, The Search dit beaucoup de choses que le cinéma répète encore et encore. Oui, la guerre, c’est mal, horrible, cela déshumanise aussi bien les victimes que ceux qui la font. Le propos est certes salutaire, mais sans surprise et donc au final sans fort impact. Michel Hazanvicius n’a pas su traiter dans son film les aspects vraiment spécifiques de ce conflit (l’attitude russe concomitante à l’arrivée de Vladimir Poutine au poste de Premier Ministre, la passivité de l’UE…) qui sont au final juste évoqués, comme une toile de fond, sans constituer réellement le sujet du film. Le film aurait pu avoir une dimension politique très forte, il n’en est rien. Heureusement, il nous offre par ailleurs de vrais beaux moments à travers les rapports humains qu’entretiennent les personnages entre eux. Certains passages auraient pu se passer dans un tout autre contexte, mais ça ne leur empêche pas d’apporter une vraie touche d’émotion à un film qui n’atteint peut-être pas le son but premier, mais qui ne méritait sûrement pas tant d’indifférence.
Bon cette parenthèse refermée, parlons plus précisément de ce film. Voilà le genre de long métrage qui nous fait haïr et aimer les Etats-Unis. Haïr car il nous plonge dans ses pires aspects. Ici le voyeurisme des chaînes de télévision locales, pour lesquelles des « journalistes » circulent la nuit à l’affût du moindre fait divers pour en tirer les images les plus choquantes possibles qu’ils vendront au plus offrant. A côté, BFM TV, c’est le Monde Diplomatique. Aimer aussi car Night Call confirme l’incroyable faculté de ce pays à dénoncer ses propres travers avec une force et une audace bien trop rare dans l’Hexagone.
Respire est aussi l’occasion de confirmer le grand talent de deux jeunes actrices. Celui de Lou De Laâge, qui a déjà eu l’honneur d’une nomination aux César du Meilleur Espoir Féminin pour son rôle dans Jappeloup, et qui est absolument terrifiante dans ce rôle. Mais la vraie révélation de Respire reste Joséphine Japy, que l’on avait déjà remarquée dans le Moine et en dans le rôle de France Gall dans Cloclo. La réussite de ce film doit beaucoup à ses deux actrices, mais on peut évidemment souligner la direction remarquable de Mélanie Laurent.


La réussite tient aussi à la réalisation tout en sensibilité de Cédric Anger. La Prochaine Fois Je Viserai le Coeur n’est pas dénué de qualités esthétiques, mais elles restent toujours au service du propos et des personnages. La caméra est là pour nous faire partager des sentiments, aussi incompréhensibles soient-ils, non pour donner un caractère spectaculaire. Tout cela contribue à ce que le film soit parcouru tout du long par une réelle intensité narrative, bien que l’on se doute bien comment tout cela va finir. Une belle réussite cinématographique donc.
On peut déjà l’aimer pour le reste du casting. C’est avec un petit pincement au cœur quand l’on voit à l’écran James Gandolfini, malheureusement décédé depuis et qui nous rappelle ici pourquoi on le regrette. Matthias Schoenaerts confirme de l’autre côté de l’Atlantique tout le bien que l’on pensait de lui sur le Vieux Continent. Ce chemin, Noomi Rapace l’a fait depuis quelques temps déjà, toujours avec bonheur. Mais Quand Vient la Nuit marque surtout les débuts américains de Michael R.Roskam, le réalisateur belge du fantastique Bullhead (mon film de l’année 2011 rappelons-le). Des débuts un peu mitigé donc, mais qui montre tout de même qu’il n’a pas perdu son sens de l’ambiance et de la réalisation. Il sait toujours faire des films noirs et on attend avec impatience le prochain !
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