JACK ET LA MECANIQUE DU COEUR : Et la musique prend vie

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jacketlamecaniqueducoeurafficheQuand on parle de bande-originale, on pense évidemment à la musique qui vient se poser sur les images d’un film. La musique de Jack et la Mécanique du Cœur a pourtant d’abord été la bande-originale du roman du même nom, écrit par Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos. Cependant, tout le monde imaginait que le film verrait alors rapidement le jour. Cela a été un peu plus long que prévu, mais l’attente a pris fin avec la sortie sur grand écran d’un très beau film d’animation.

Tous ceux qui apprécient l’album depuis longtemps seront donc heureux de découvrir l’univers visuel qui accompagne cette musique. Personnellement, je n’ai pas lu le roman donc j’ai eu aussi le plaisir de découvrir l’histoire qui relie les chansons entre elles. Une très belle histoire d’amour, mélancolique et très émouvante. Jack et la Mécanique du Coeur ne constitue pas un simple prétexte pour mettre en avant la musique et on sent bien que c’est le récit littéraire qui a précédé les images et le son.

jacketlamecaniqueducoeurJack et la Mécanique du Coeur est visuellement très réussi, avec une vraie personnalité dans l’animation qui n’a pas cet aspect froid lié à l’utilisation à outrance de l’ordinateur. Elle colle vraiment à l’ambiance crée par ailleurs par la musique et l’histoire. Elle met parfaitement en valeur la grande sensibilité du récit et l’imagination débordante de son auteur. Il y a une vraie synergie entre tous les éléments qui concourent à faire de ce film une belle réussite.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Europacorp, France 3 Cinéma, uFilm, Walking The Dog
Distribution : EuropaCorp distribution
Réalisation : Stéphane Berla, Mathias Malzieu
Scénario : Mathias Malzieu, d’après son propre livre
Montage : Soline Guyonneau
Musique : Dionysos
Effets spéciaux : Duran Duboi
Durée : 94 mn

Casting :
Mathiaz Malzieu : Jack
Olivia Ruiz : Miss Acacia
Grand Corps Malade : Joe
Jean Rocherfort : Georges Méliès
Rossy de Palma : Luna
Babet : Anna
Marie Vincent : Madeleine
Emily Loisezau : Madeleine
Arthur : Arthur H.
Alain Bashung : Jack l’éventreur

12 YEARS A SLAVE : Autant en emporte le sang…

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12yearsaslaveafficheAutre nommé aux Oscars, 12 Years A Slave. Et là encore, il serait dommage de passer à côté. Il ne fait pas partie des favoris pour rien ! Une nouvelle preuve de la formidable capacité du cinéma hollywoodien à nous raconter avec brio la grande Histoire à travers le parcours d’un seul homme, qui aurait pu être anecdotique s’il ne mettait en pleine lumière un contexte qui ne l’est pas du tout.

Steve McQueen a parfaitement réussi son passage de l’autre côté de l’Atlantique. La dureté dont son cinéma sait faire preuve, sa capacité à filmer la souffrance ne se sont pas édulcorées, alors qu’il bénéficie de moyens nettement plus importants. Il nous propose certes une mise en scène peut-être plus formatée, mais c’est pour rendre plus accessible un propos qui ne fait guère de concession. Evidemment, on ne pourra jamais prendre toute la mesure de ce que ces hommes et ses femmes ont pu vivre, mais 12 Years A Slave le montre d’une manière très crue. On est loin d’Autant En Emporte le Vent…

12yearsaslave12 Years A Slave devrait remporter quelques statuettes ce soir. Et on peut déjà parier que son casting lui en vaudra quelques unes. Lupita Nyong’O est souvent citée parmi les favorites dans sa catégorie et sa victoire n’aurait rien d’imméritée. Elle sera sûrement plus difficile à remporter pour Chivetel Ejiofor ou Michael Fassbender, mais là encore il n’y aurait pas de scandale. Et quand on sait que Brad Pitt complète cette distribution, on se dit qu’il n’y a pas décidément pas de grand film sans grands comédiens.

Après Django Unchained et Le Majordome, l’Amérique n’en finit pas de nous livrer de grands films sur la face sombre (sans mauvais jeu de mots!!!) de son passé ! Un exorcisme qui ravit tous les cinéphiles.

LA NOTE : 15,5/20

Fiche technique :
Production : Plan B, Regency Enterprises, River Road Entertainment, New Regency, Film4
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Steve McQueen
Scénario : John Ridley, d’après les mémoires de Solomon Northup
Montage : Joe Walker
Photo : Sean Bobbitt
Décors : Adam Stockhausen
Musique : Hans Zimmer
Durée : 134 mn

Casting :
Chiwetel Ejiofor : Solomon Northup
Michael Fassbender : Edwin Epps
Benedict Cumberbatch : Ford
Lupita Nyong’o : Patsey
Paul Dano : Tibeats
Brad Pitt : Bass
Alfre Woodard : Mistress Shaw
Paul Giamatti : Freeman
Sarah Paulson : Mistress Epps

AMERICAN BLUFF : La classe américaine

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americanbluffafficheNommé pour l’Oscar du meilleur film, American Bluff est passé quelque peu inaperçu sur nos écrans. Et c’est bien dommage ! Ce film typiquement hollywoodien met parfaitement en valeur un formidable casting. Il confirme surtout tout le talent de David O. Russel, qui semble une ampleur supplémentaire à chacun de ses films. Vivement le prochain !

American Bluff (« traduction » de American Hustle… bon passons…) manque peut-être parfois un peu de rythme et son classicisme est peut-être un peu trop classique. Mais une telle maîtrise et un scénario aussi solide ne peuvent donner qu’un résultat convaincant et fort distrayant. Certes, les moments de grâce sont peut-être un peu trop ponctuels, entraînant un tout petit rien de frustration chez le spectateur, il serait dommage de bouder son plaisir.

americanbluffAmerican Bluff brille quand même avant tout par son casting particulièrement flamboyant. Excusez du peu : Christian Bale, Bradley Cooper, Robert De Niro, Jeremy Renner… Mais c’est du côté des actrices que se trouvent les performances les plus impressionnantes. Amy Adams est magnifique et que dire de Jennifer Lawrence. Ok, je ne suis pas toujours objectif sur cette comédienne que j’idolâtre de plus en plus, mais j’ai été heureux de voir que de nombreuses critiques ont salué sa prestation.

Sans être totalement bluffant, American Bluff est quand même un film de grand classe, où le talent débord de partout.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Atlas entertainment, Annapurna Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : David O. Russell
Scénario : David O. Russell, Eric Warren Singer
Montage : Alan Baumgartner, Jay Cassidy, Crispin Struthers
Photo : Linus Sandgren
Décors : Judy Becker
Musique : Danny Elfman
Costumes : Michael Wilkinson
Directeur artistique : Jesse Rosenthal
Durée : 138 mn

Casting :
Christian Bale : Irving Rosenfeld
Amy Adams : Sydney Prosser
Bradley Cooper : Richie DiMaso
Jennifer Lawrence : Rosalyn Rosenfeld
Jeremy Renner : le maire Carmine Polito
Louis C.K. : Stoddard Thorsen
Jack Huston : Pete Musane
Michael Peña : Paco Hernandez, Sheik Abdullah
Robert De Niro : Victor Tellegio
Saïd Taghmaoui : Sheik Abdullah

LE VENT SE LEVE : L’adieu aux larmes

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leventseleveafficheMême si avec la campagne électorale dans laquelle je suis plongé jusqu’au cou et même au-delà je suis un peu largué niveau écriture de critiques, je ne pouvais évidemment pas passer sous silence la sortie du dernier film d’Hayao Miyazaki, le Vent se Lève. Le dernier film dans tous les sens du terme a priori, puisque le maître a annoncé qu’il arrêtait là une carrière qui aura fait changer radicalement notre regard sur l’animation japonaise. Une sortie à la hauteur de son immense talent.

Le Vent se Lève n’est peut-être pas son plus grand chef d’œuvre. Mais il occupera une place vraiment à part dans l’oeuvre de Miyazaki. En effet, ici pas de fantastique, juste quelques rêves ésotériques peuplant la tête du personnage principale. Il s’agit là d’une histoire vraie, ancrée dans le réel, même si certains esprits chagrins regretteront qu’il ne fasse qu’effleurer le contexte historique qui aurait pu occuper ici un rôle majeur.

leventseleveLe Vent se Lève est avant tout une bouleversante histoire d’amour. Et comment le lui reprocher ! L’histoire est triste, mais elle est belle, forte et chargée d’émotion. La sobriété visuelle dont Miyazaki fait preuve cette fois-ci n’enlève rien à sa faculté à plonger le spectateur au cœur d’un voyage hors du commun. Il est ici intérieur chez un personnage écartelé entre les deux amours de sa vie : le rêve de voler et une jeune fille à la santé fragile. Une histoire éternelle, mais mis en scène avec ce rien de génie qui fait toute la différence.

Pour être totalement objectif, je ne peux nier que le Vent se Lève est peut-être un petit peu trop long et manque un rien de rythme parfois. Mais quand l’émotion nous submerge à la fin, on oublie vite tout cela pour se dire qu’il y a des au-revoir particulièrement douloureux.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Studio Ghibli; Buena Vista Entertainment, Toho Company, NTV, Mitsubishi Motors Corp, KDDI Corp, Hakuhodo DY Media
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Réalisation : Hayao Miyazaki
Scénario : Hayao Miyazaki
Montage : Takeshi Seyama
Photo : Atsushi Okui
Musique : Joe Hisaishi
Directeur artistique : Yoji Takeshi
Durée : 126 mn

Casting :
Hideaki Annon : Jiro Horikoshi
Miori Takimoto : Noako Satomi
Hidetsoshi Nishijima : Honjo

THE RYAN INITIATIVE : Loin de Shakespeare

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theryaninitiativeaffichePremière grosse déception de l’année avec The Ryan Initiative. Le film faisait pourtant plutôt envie et on pouvait espérer que le personnage de Jack Ryan bénéficie enfin d’une adaptation cinématographique à la hauteur du succès en librairie après les films plutôt moyens avec Harrison Ford. Ce film est au final avant la confirmation, après l’insipide Thor, que Kenneth Brannagh n’est pas fait pour diriger un blockbuster hollywoodien.

Il n’est non plus fait pour incarner les oligarques russes, tant son accent bidon et ses manières surjouées tournent au ridicule. Mais s’il n’y avait que ça… Il n’y a pas une seule scène de The Ryan Initiative qui ne recèle sa part d’incohérence ou d’idées complètement artificielles. Tout est bancal, mal foutu, mal joué, jamais convaincant. Ca sent le réchauffé de partout, déborde de poncifs et de clichés. Bref, un vrai plantage sur toute la ligne…

theryaninitiativeAllez Kenneth, tu peux faire mieux que ça ! D’ailleurs, ça me donne une folle envie de revoir pour la cinquantième fois Beaucoup de Bruit pour Rien ! Kenneth, tu es fait pour Shakespeare, par pour Hollywood !

LA NOTE : 4/20

Fiche technique :
Production : Paramount pictures, Skydance productions, Mace Neufeld Productions, Di Bonaventure pictures, Buckaroo entertainment, Eta
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Kenneth Branagh
Scénario : Adam Cozad, David Koepp, d’après les personnages de Tom Clancy
Montage : Martin Walsh
Photo : Harris Zambarloukos
Décors : Andrew Laws
Musique : Patrick Doyle
Costumes : Jill Taylor
Durée : 105 mn

Casting :
Chris Pine : Jack Ryan
Keira Knightley : Cathy Muller
Kevin Costner : Thomas Harper
Kenneth Branagh : Viktor Cherevin
Lenn Kudrjawizki : Constantin
Elena Velikanova : Katya

DALLAS BUYERS CLUB : Le combat d’une vie

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dallasbuyersclubafficheIl y a des acteurs qui à un moment de leur carrière semble faire partie du casting de tous les films qui sortent. En France, on a Kad Merad. Aux Etats-Unis, ils ont Matthew McConaughey… Question de standing. Bref, là n’est pas le débat, puisqu’il s’agit ici de vous parler de Dallas Buyers Club, un des meilleurs films d’une année cinématographique 2014 qui commence un peu poussivement. Un récit fort et parfaitement mis en scène par Jean-Luc Vallée, cinéaste québecois auquel on doit notamment C.R.A.Z.Y.

Dallas Buyers Club nous raconte donc le combat au cœur des années 80 de Ron Woodroof, tombé malade du SIDA et qui est parti en guerre contre les autorités sanitaires américaines pour pouvoir bénéficier de traitements alternatifs aux rares qu’ils avaient autorisés sous la pression des laboratoires pharmaceutiques. Une histoire vraie et méconnue de ce côté de l’Atlantique, dont certains aspects sont malheureusement encore d’actualité.

dallasbuyersclubLe grand mérite de Jean-Luc Vallée est d’avoir évité le discours trop militant. Les revendications sont bien là, mais ressortent à travers le récit et le personnages. La narration fait avancer le fond du propos et non l’inverse, ce qui rend Dallas Buyers Club vraiment passionnant par moment. Il n’évite pourtant pas un léger sentiment de répétition à un moment donné et aurait gagné à durer un petit quart d’heure de moins, mais rien de bien méchant.

Dallas Buyers Club restera aussi mémorable par la performance « physique » de Matthew McConaughey. Il n’est pas le premier à perdre beaucoup de poids pour un rôle, mais on reste toujours aussi admiratif devant tant d’abnégation pour incarner un personnage. Surtout venant d’un acteur qui ne doit pas manquer de propositions pour des premiers rôles. Une vraie prestation à Oscar qui force le respect et qui confirme, si besoin en était, tout le bien que l’on pensait de ce formidable acteur.

LA NOTE : 14,5/20

Fiche technique :
Production : Voltage Pictures, Evolution Independent
Distribution : UGC Distribution
Réalisation : Jean-Marc Vallée
Scénario : Craig Borten, Melisa Wallack
Montage : John Mac McMurphy, Martin Pensa, Jean-Marc Vallée
Photo : Yves Bélanger
Décors : John Paino
Musique : Danny Elfman
Directeur artistique : Javiera Varas
Durée : 117 mn

Casting :
Matthew McConaughey : Ron Woodroof
Jared Leto : Rayon
Jennifer Garner : Dr Eve Sacks
Steve Zahn : Tucker
Griffin Dunne : Dr Vasse
Denis O’Hare : Dr Sevard
Dallas Roberts : David Wayne

LES BRASIERS DE LA COLERE : Casting d’enfer

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lesbrasiersdelacolereafficheAh l’Amérique, ces gratte-ciels, Hollywood, le rêve américain, les paillettes… Et puis l’Amérique profonde, très profonde, très très très très très très profonde et qui fait un peu peur quand même. Chaque année, un film nous plonge dans cet univers pour un résultat généralement convaincant : Winter’s Bone en 2012, Mud en 2013 et donc les Brasiers de la Colère en 2014. Avec cette fois-ci, un casting d’enfer !

Petite parenthèse (mais celle-là, je l’ouvre quand même régulièrement…) sur le côté complètement crétin du titre. En effet, le titre original est Out of the Furnace… Le mot furnace, désignant un haut fourneau, élément important de l’histoire. Mais je ne vois pas du tout ce que viennent faire les mots brasiers et colère ici… Ce n’est même pas une mauvaise traduction d’un jeu de mot, c’est juste du grand n’importe quoi. Bref, si le film présente un vrai fond social, n’attendez nulle révolte ici, mais au contraire beaucoup de résignation.

lesbrasiersdelacolereSi le fond de l’histoire des Brasiers de la Colère n’est pas tout à fait à la hauteur des deux films cités plus haut, la distribution est assez magistrale. Woody Harrelson, Christian Bale, Casey Affleck, Forest Whitaker, Willem Defoe, Sam Shepard… Bref, du très très lourd ! On pardonnera donc un scénario au fond pas si surprenant pour succomber à cette galerie de personnages aussi hauts en couleur qu’inquiétants. Au moins le film n’est pas moralisateur, mais nous plonge au cœur d’une misère sociale assez absolue, au pays de la réussite et de l’argent qui sourit aux méritants. On découvre surtout un monde violent où la misère vous colle à la peau et vous ramène à elle malgré tous vos efforts pour lui échapper.

Les Brasiers de la Colère n’est peut-être pas tout à fait le film coup de poing qu’il aurait pu être, mais au moins nous rappelle-t-il quelques réalités rarement visibles à Hollywood.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Appian Way, Energy Entertainment, Red Granite Pictures, Relativity Media, Scott Free Productions
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Scott Cooper
Scénario : Scott Cooper, Brad Ingelsby
Montage : David Rosenbloom
Photo : Masanobu Takayanagi
Décors : Thérèse DePrez
Musique : Dickon Hinchliffe
Costumes : Kurt and Bart
Directeur artistique : Gary Kosko
Durée : 116 mn

Casting :
Christian Bale : Russell Baze
Casey Affleck : Rodney Baze Jr
Woody Harrelson : Harlan DeGroat
Zoe Saldana : Lena Taylor
Sam Shepard : Gerald Red Baze
Willem Dafoe : John Petty
Forest Whitaker : Wesley Barnes

PHILOMENA : Grosse ficelle, émotion facile… et un peu de génie quand même

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philomenaafficheA la base, je n’avais vraiment aucune intention d’aller voir Philomena. La bande-annonce ne me disait franchement rien et donnait l’impression qu’on avait déjà vu le film. Et puis, j’ai eu l’occasion de revoir Tamara Drew en DVD et je me suis rappelé à quel point j’aimais Stephen Frears. Du coup, puisque les critiques étaient par ailleurs plutôt bonnes, j’ai fini par me laisser tenter.

Pour commencer, je tiens à féliciter les auteurs de la bande-annonce de Philomena auxquels je dois des excuses pour avoir médit. En effet, elle est au contraire très réussie, donne une vision très fidèle de l’esprit du film, mais une vision volontairement trompeuse du contenu exact de l’intrigue. Du coup, on est vraiment surpris et on n’assiste pas du tout à l’enchaînement cousu de fil blanc auquel on s’attendait.

philomenaCependant, Philomena joue quand même sur des ressorts assez faciles. L’histoire est peut-être parfois inattendue, mais reste quand même tissée avec de la corde assez grosse. L’émotion est bien là, mais elle arrive avec des sabots un peu trop gros pour être totalement convaincante. Après, il reste les touches de génie de Stephen Frears. On sent bien que ce film n’a pas été réalisé par n’importe qui. Des petits riens dans la réalisation, la narration ou la direction d’acteurs font la différence avec le commun des mortels. Cependant, on peut quand même reprocher au final au réalisateur anglais de ne pas s’être trop fatigué avec ce film !

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Pathé, BBC Films, BFI, Barry Cow productions, Magnolia Mae Films
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Stephen Frears
Scénario : Steve Coogan, Jeff Pope, d’après le livre de Martin Sixmith
Montage : Valerio Bonelli
Photo : Robbie Ryan
Décors : Alan McDonald
Musique : Alexandre Desplat
Costumes : Consolata Boyle
Durée : 98 mn

Casting :
Judi Dench : Philomena
Steve Coogan : Martin Sixsmith
Sophie Kennedy Clark : Philomena jeune
Anna Maxwell Martin : Jane
Peter Hermann : Pete Olsson
Michelle Fairley : Sally Mitchell
Barbara Jefford : Soeur Hildegarde
Ruth McCabe : Mère Barbara
Mare Winningham : Mary

L’AMOUR EST UN CRIME PARFAIT : Faux départ

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lamourestuncrimeparfaitafficheAprès près de vingt jours d’abstinence, ce qui est quand même particulièrement long pour moi, je suis enfin allé au cinéma pour voir un film sorti en 2014. C’est l’Amour est un Crime Parfait qui aura donc inauguré mon année cinématographique. Espérons que les 12 prochains mois ne seront pas à son image, sinon ils s’annoncent particulièrement longs et fastidieux.

Commençons par le seul mérite de l’Amour est un Crime Parfait : créer un vrai suspense. Il est vrai que le scénario arrive à conserver une large part de mystère jusqu’au bout et on ne sait vraiment pas comment tout cela va finir. Le seul soucis, c’est qu’on n’en a pas grand chose à faire, tant l’histoire frise par ailleurs avec le ridicule et l’abscons. Il n’est en fait pas très difficile de surprendre dans ces conditions.

lamourestuncrimeparfaitFaussement torturés, les personnages de l’Amour est un Crime Parfait sont tout simplement ratés. Les débuts de bonnes idées sont noyés dans un grand n’importe quoi, qui empêche tout attachement, empathie ou même au contraire hostilité. Il ne reste plus qu’une grande indifférence. Par contre, ce qui hérisse le poil, c’est la direction d’acteurs particulièrement défaillante. Les dialogues sont surjoués et sonnent faux. Les frères Larrieu ont réussi l’exploit de rendre Matthieu Amalric mauvais, ce qui n’est pas donné à tout le monde…

LA NOTE : 6,5/20

Fiche technique :
Production : Gaumont, Entre Chien et Loup, Mollywood, Arena Films, Vega films, Arte France Cinéma
Distribution : Gaumont
Réalisation : Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu
Scénario : Jean-Marie Larrieu, Arnaud Larrieu, d’après le roman de Philippe Djian
Montage : Annette Dutertre
Photo : Guillaume Deffontaines
Décors : Stéphane Lévy
Musique : Caravaggio
Durée : 121 mn

Casting:
Mathieu Amalric : Marc
Karin Viard : Marianne
Maïwenn : Anna
Sara Forestier : Anna
Denis Podalydès : Richard
Marion Duval : Barbara
Damien Dorsaz : l’inspecteur

CLASSEMENT 2013 : Cocorico !

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laviedadeleCocorico ! Pour la première fois de l’histoire, enfin de la jeune histoire, un film français se retrouve en première position de mon classement annuel. Couronné à Cannes, la Vie d’Adèle est à mon sens l’incontestable film de l’année, malgré une concurrence féroce. En effet, il devance un trio de très haut niveau, qui relève le niveau d’une année cinématographique qui a manqué parfois de densité.

Niveau interprétation, l’acteur de l’année est incontestablement Léonardo Di Caprio. A l’affiche de Django Unchained, il a aussi illuminé l’écran dans Gatsby le Magnifique et le Loup de Wall Street, malgré les limites de ces deux films. Chez les femmes, le duo Léa Seydou – Adèle Exarchopoulos a éclipsé tout le reste.

2013 est aussi marqué par la présence de nombreux vieux routiers du cinéma qui n’ont pas encore dit leur dernier mot. Steven Spielberg signe notamment son plus grand film depuis bien longtemps. Tarantino confirme son génie et Sam Raimi prouve une nouvelle fois qu’il est certainement le cinéaste le plus sous-côté d’Hollywood. Bref, les vieux pots font encore les meilleures soupes… ou du moins parmi les plus succulentes.

1-La Vie d’Adèle

Chef d’œuvre absolu par son histoire bouleversante, ses deux prodigieuses actrices et surtout une réalisation qui nous plonge de manière sidérante dans l’intimité des personnages. Un cinéma incroyablement sensuel au sens propre du terme. Dommage que les polémiques soient venues gâcher ce moment rare pour le cinéma français.

2-Gravity

Hallucinant voyage dans l’espace, qui plonge le spectateur en orbite dès les premières secondes. Une maîtrise artistique parfaite, du rythme, de l’action, des scènes spectaculaires comme rarement. Bref, un très grand film.

3-Lincoln

Steven Spielberg signe là un de ses plus grands chef d’œuvre. Il confirme sa maîtrise unique de la narration en rendant passionnant un épisode de l’histoire des Etats-Unis au cours duquel seuls des mots, et non des coups, se sont échangés.

4-Django Unchained

Le génie de Tarantino a encore frappé avec un nouveau genre cinématographique revisité : le western. Un film jubilatoire, aux dialogues encore une fois mythiques et surtout nous proposant des scènes épiques où la violence est à la démesure de l’amour du cinéaste américain pour son art.

5-Le Passé

Film franco-iranien passionnant, où la narration arrive à maintenir une tension constante et de nouveaux rebondissements alors que l’histoire semble finie. Une réflexion puissante et jamais contemplative, magnifiquement mis en image par la caméra magique de Asghar Farradi.

6-Tel Père, Tel Fils

Film japonais sur la relation père-fils. Un propos à la fois universel et qui plonge au cœur des particularités de la société nipponnes. Un film avant tout passionnant, jamais mélodramatique, mais toujours profondément humain.

7-Snowpiercer

Réalisé par le coréen Bong Joon-ho, ce film est la parfaite synthèse entre le cinéma hollywoodien et celui venant de Séoul. Des moyens, du rythme et une histoire qui passe en quelques secondes de l’humour premier degré au déchaînement de violence particulièrement spectaculaire. La preuve surtout que l’on peut encore surprendre, même dans des genres où tout semble avoir été déjà inventé.

8-Le Monde Fantastique d’Oz

Ce petit bijou signé Sam Raimi est passé beaucoup trop inaperçu. Pourtant, la réalisation démontre une nouvelle fois l’immense talent de ce cinéaste rarement considéré à sa juste valeur.

9-The Place Beyond the Pines

Un polar en trois parties qui revisite l’opposition entre le flic et le voyou. Un film au casting d’enfer et à la réalisation particulièrement soignée.

10-Le Majordome

Raconter la grande histoire par l’intermédiaire de la petite est un art dans lequel Hollywood est passé maître. Une nouvelle preuve avec ce film au scénario particulièrement habile et à l’émotion réelle.

11-La Cage Dorée

Après les Femmes du 6ème Etage, Philippe le Guay nous prouve qu’il est le grand spécialiste de la comédie humaniste. Un nouveau film enthousiasmant, drôle et touchant.