Commencer une histoire, c’est bien. La finir, c’est mieux. Après l’Auberge Espagnole et les Poupées Russes, voici le troisième volet des aventures de Xavier, Casse-tête Chinois. Même si aucun des films n’appelaient pas vraiment de suite, il est vrai que le propos général méritait sans doute une conclusion. C’est désormais chose faite. Elle est plutôt réussie, même si quelque peu imparfaite.
Déjà bonne nouvelle, les personnages font enfin leur âge. Parce que, franchement, qui peut croire que Romain Duris a 20 ans dans l’Auberge Espagnole. Bref, Casse-tête Chinois est l’épisode de la maturité pour les acteurs comme pour les protagonistes. Bon, espérons que la maturité ne signifie pas forcément divorce et famille recomposée, mais cela permet à la série d’avoir exploré tous les stades de la vie amoureuse. Et toujours avec le même humour, la même subtilité et le même humaniste.
Casse-tête Chinois est parfois très drôle, parfois moins. Inégal, le film est sans doute le moins intéressant des trois. Mais il permet de boucler les boucles et à Cédric Klapisch d’épuiser totalement son sujet. On prend vraiment plaisir à retrouver pour une troisième fois les personnages, toujours aussi attachants et réussis. Ceux qui auront aimé les deux premiers volets auront peu de chance d’être franchement déçu par cet épisode conclusif. Pour ma part, j’émettrai un seul regret, avec deux scènes de clôture qui sont pour moi dans le mauvais ordre. C’est peut-être un détail, mais comme tout le but du film est de conclure, il est dommage qu’il réserve un dénouement imparfait. Mais bon sans doute que je chipote…
LA NOTE : 12/20
Fiche technique : Production : Ce qui me meut, StudioCanal
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Cédric Klapisch
Scénario : Cédric Klapisch
Montage : Anne-Sophie Bion
Photo : Natasha Braier
Décors : David Schlesinger, Roshelle Berliner, Marie Cheminal
Quand on est passionné de cinéma boulimique comme moi, rien de mieux qu’une bonne soirée ciné où on va enchaîner deux ou trois excellents films, chef d’œuvres attendus ou bonnes surprises. Malheureusement, il y a les soirées qui ne se passent pas tout à fait comme ça, où l’on va au contraire passer de déception en médiocrité. Bref des soirées à oublier, à défaut d’être perdues, puisqu’on ne perd jamais sa soirée en allant au cinéma. C’est exactement ce que j’ai vécu en allant voir à la suite Hunger Games, l’Embrasement et The Immigrant.
Hunger Games, l’Embrasement possède tout de même un mérite, celui de donner envie de voir le troisième volet de la trilogie. Mais à part ça, on a droit à un film mal équilibré, qui cherche à reprendre tous les bons éléments du premiers, mais de manière trop rapide ou trop artificielle pour être vraiment convaincante. On est vraiment face à exemple frappant de la faiblesse inhérente à beaucoup de milieu de trilogie, qui se retrouve le cul entre deux chaises, sans effets de surprises, ni possibilité de faire avancer de trop les intrigues. En plus, ici, les quelques bonnes idées, comme la formation d’un triangle amoureux, n’est vraiment exploité qu’à moitié. Reste le bonheur de passer une soirée avec Jennifer Lawrence.
The Immigrant confirme tout le talent de James Gray et de Joaquim Phenix. Mais il confirme surtout qu’un couple voit vaciller la flamme qui l’anime quand il dure trop longtemps. La nouvelle collaboration entre l’acteur et le réalisateur donne un mélo paresseux, sans grandes surprises, qui s’étire pas mal en longueur sans arriver à faire naître une réelle émotion. C’est maîtrisé, beau à regarder, mais du coup trop lisse et surtout trop attendu. Bref, un film sans réel défaut si ce n’est de manquer au fond vraiment d’intérêt.
LES NOTES :
HUNGER GAMES, L’EMBRASEMENT : 10/20
THE IMMIGRANT : 9/20
HUNGER GAMES, L’EMBRASEMENT
Fiche technique : Production : Lionsgate
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Francis Lawrence
Scénario : Suzanne Collins, Simon Beaufoy, Michael Arndt
Montage : Alan Edward Bell
Photo : Jo Willems
Décors : Philip Messina
Musique : James Newton Howard
Costumes : Trish Summerville
Directeur artistique : Robert Fechtman
D’après l’oeuvre de Suzanne Collins
Durée : 146 mn
Casting : Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Stanley Tucci : Caeser Flickerman
Philip Seymour Hoffman : Plutarch Heavensbee
Donald Sutherland : Le président Snow
THE IMMIGRANT
Fiche technique : Production : Keep your head, kingsgate films, Wild bunch, worldview entertainment
Quand deux films au sujet très proche sortent la même année, il est difficile d’échapper aux comparaisons. C’est le cas avec Capitaine Phillips qui sera sorti la même année que Hijacking. Un film américain d’un côté, un film danois de l’autre, mais un même événement central : la prise en otage d’un cargo par des pirates somaliens. Force est de constater que Paul Greengrass ne fait pas mieux que Tobias Lindlhom, malgré le renfort de Tom Hanks à l’affiche.
Capitaine Phillips est un film hollywoodien, mais au bon sens du terme. Maîtrise parfaite de la narration et du rythme et les moyens qu’il faut au moment où il s’agit de passer à l’action. Dans ce domaine, il prend une certaine avance sur son rival européen. On retrouve ici le style de Paul Greengrass, style caméra à l’épaule, mais pour donner du punch à sa réalisation, jamais pour donner envie de vomir ou faire ressembler son film à un clip vidéo.
Par conte Capitaine Phillips n’a pas la richesse de Hijacking qui nous faisait vivre les évènements aussi bien sur mer que sur terre, avec les négociations menées par le directeur de la compagnie maritime. On ne quitte ici que rarement le bateau. Ce n’est pas un problème en soi, mais, encore une fois, comme on est quelque peu condamné aux comparaisons, on ne peut s’empêcher de le relever. Enfin, au niveau de l’interprétation, Tom Hanks est ici parfait… tout comme l’était les deux acteurs principaux danois.
Bref, tout ça pour finir sur une égalité entre les deux films. Une égalité qui n’enlève rien aux différences entres les deux films, qui nous permettent d’apprécier la richesse du cinéma mondial.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Michael De Luca Productions, Scott Rudin productions, Trigger Street Productions
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Paul Greengrass
Scénario : Billy Ray, d’après l’essai de Richard Phillips et Stephan Talty
Faire un film sur soi-même constitue d’un côté un acte courageux, car il amène forcément à se dévoiler à la face du monde. Mais d’un autre côté, il faut quand même avoir la conviction que sa propre existence présente assez d’intérêt pour captiver les foules. Cela peut donc vite tourner à l’exercice égocentrique et un peu surfait. Les Garçons et Guillaume, à table ! est un peu de deux. Heureusement, un aspect finit par largement l’emporter.
Pendant presque une heure, j’ai trouvé que Les Garçons et Guillaume, à table ! ressemblait quelque peu à 3615 Ma Vie Vous Intéresse. Certes, Guillaume Gallienne a connu une enfance sortant un peu de l’ordinaire, mais on se dit qu’il s’en est plutôt bien sorti et on a alors un peu de mal à vraiment s’émouvoir. Puis le propos s’affine et le regard du spectateur suit alors un chemin qui va le mener au retournement final, qui remet tout le propos en perspective. On comprend alors que l’on a commencé ce film avec les mêmes idées préfabriquées que celles qui ont toujours frappées le jeune Guillaume.
C’est ce parcours qui donne tout son sens et toute sa forme à Les Garçons et Guillaume, à table ! Pour le reste, la performance d’acteurs particulièrement savoureuse, un humour qui navigue sur toute la palette, du premier degré à la plus grande subtilité et un vrai effort de mise-en-scène font de ce film une œuvre très personnelle mais qui nous amène à remercier chaleureusement Guillaume Gallienne de l’avoir partagée avec nous.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique :
Production : LGM productions, Rectangle Productions, Gaumont
Réalisation : Guillaume Gallienne
Scénario : Guillaume Gallienne
Montage : Valérie Deseine
Photo : Glynn Speeckaert
Décors : Sylvie Olive
Distribution : Gaumont Distribution
Son : Marc-Antoine Beldent
Musique : Marie-Jeanne Serero
Costumes: Olivier Beriot
Autres infos : D’après l’œuvre de Guillaume Gallienne
Bon espérons que les critiques ciné, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Parce qu’après un mois d’interruption, je ne sais pas bien si je vais arriver à vous perler de la Stratégie Ender. Déjà parce que ça fait justement un mois que j’ai vu le film (mais bon, je fais confiance à ma mémoire) et parce que je suis un peu rouillé. Mon temps est en effet quelque peu précieux ces dernières semaines où j’exerce deux métiers à la fois, ingénieur-conseil et futur Maire (ou pas) de Viroflay. Heureusement, des hommes illustres ont inventé ce délicieux concept de vacances qui me permet de vous écrire aujourd’hui avant de filer à mon Réveillon.
La Statégie Ender est donc un bon space-opera avec Harrison Ford… Non, il ne s’agit pas de la suite de Star Wars, mais de l’adaptation d’un classique de la littérature jeunesse, publié en 1985. On y retrouve des thèmes assez classiques de la science-fiction : l’invasion extra-terrestre, le jeune garçon destiné à sauver le monde alors qu’à première vue on ne croirait pas, le mentor un peu bourru, les rivalités viriles qui se muent en franche camaraderie… Bref avec tout ça, ce n’était pas gagné d’assister à un spectacle qui soit au moins un tantinet original.
Pourtant la Stratégie Ender, à défaut d’être franchement révolutionnaire, propose au moins quelques bonnes surprises et n’est pas totalement cousue de fil blanc (mais un peu parfois néanmoins). Les personnages sont un peu plus épais et subtils que prévu, même si cela n’atteint pas non plus des sommets. Bref, on est plutôt agréablement surpris. Et comme le péripéties sont variées, rythmées, le tout avec des décors et des effets spéciaux de premier ordre, on ne boude pas notre plaisir face à un film vraiment bien foutu, qui arrive même à délivrer un message ni militariste, ni manichéen.
Bon ça va finalement, je crois que je m’en suis pas mal sorti… Allez zou, allons fêter la fin de 2013 !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Summit Entertainment, OddLot Entertainment, Chartoff Productions, Taleswapper, K/O Paper Products, Digital Domain
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Gavin Hood
Scénario : Gavin Hood, d’après les livres de Orson Scott Card
Chez les super-héros au cinéma, il y a le meilleur, mais aussi le nettement moins bon et le franchement décevant. Dans cette dernière catégorie, Thor avait remporté la palme. En effet, la présence de Kenneth Brannagh aux manettes nous avait fait espérer un film plus subtil et plus profond que la moyenne du genre. C’est exactement l’inverse qui s’est passé puisque le résultat fut extrêmement moyen et relativement inintéressant. Du coup, il n’y avait pas grand-chose à attendre de ce Thor, le Monde des Ténèbres, réalisé Alan Taylor, un illustre inconnu (en charge aussi de Terminator 5 néanmoins). Et pourtant…
Bon, soyons clair, Thor, le Monde des Ténèbres reste un divertissement basique. Mais au moins, il revient aux fondamentaux avec de l’action, de l’action et encore de l’action. L’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, mais offre au moins aux personnages l’occasion de prendre un tout petit peu d’épaisseur. Dommage simplement que le combat final soit si décevant et tourne un peu au grand n’importe quoi. Mais bon, on en a pris assez plein les yeux précédemment pour ne pas trop s’appesantir là-dessus.
Mais globalement, la plus grande limite de cette franchise reste Chris Hemsworth. Certes, il a le physique de l’emploi, mais certainement pas le talent. Dans le genre grand baraqué, on lui préfère mille fois Chris Evans, beaucoup plus convaincant en Captain America (qui fait une toute petite apparition dans le film… mais alors vraiment toute petite). Il n’arrive absolument pas à donner assez de personnalité à son personnage pour qu’on s’y attache vraiment. Cela tire vers le bas tous les élans épiques de Thor, le Monde des Ténèbres. Heureusement, son frère maléfique est toujours parfaitement interprété par Tom Hiddelson. Mais cette dissymétrie ne permet pas à ce duel de prendre la dimension qu’il devrait posséder.
Au final, Thor, le Monde des Ténèbres n’est pas décevant. Il est même un peu mieux que ce à quoi on pouvait s’attendre. C’est-à-dire un petit peu mieux que franchement médiocre.
LA NOTE : 10,5/20
Fiche technique :
Production : Marvel Films, Walt Disney Pictures
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Alan Taylor
Scénario : Christopher Yost, Christopher Markus, Stephen McFeely, D’après l’oeuvre de Jack Kirby, Larry Lieber et Stan Lee
Montage : Wyatt Smith, Dan Lebental
Photo : Kramer Morgenthau
Décors : Charles Wood
Musique : Brian Tyler
Directeur artistique : Mike Stallion, Thomas Brown, Ray Chan, Jordan Crockett, Matthew Robinson, Mark Swain
J’adore Valéria Bruni Tedeschi. Ne me demandez pas pourquoi, ça fait partie des choses qui ne s’expliquent pas. Enfin, je l’apprécie avant tout comme actrice, parce que comme réalisatrice, je suis plus réservé. Je n’avais pas spécialement aimé Il est plus Facile pour un Chameau… et je me suis donc allé voir Un Château en Italie sans m’attendre à en ressortir débordant d’enthousiasme. Et c’est exactement ce qui s’est passé.
Pourtant, l’histoire d’Un Château en Italie est riche et intéressante. Beaucoup de personnages et d’intrigues qui se croisent, des rebondissements, des rires, des larmes, bref tout ce qu’il faut pour faire un bon film. Dommage que tout cela manque un peu de rythme. L’intrigue fait un peu le yo-yo entre des moments relativement intenses et d’autres beaucoup plus creux. Certes, du coup, cette histoire autobiographique sans l’être vraiment ressemble à la vie, mais la vie n’est pas tout à fait le cinéma.
Reste le plaisir réel d’admirer un beau casting. Valéria Bruni Tedeschi est égale à elle-même, avec son charisme et cette expressivité, qui fait oublier cette voix érayée qui serait insupportable chez n’importe qui d’autre. A ses côtés, Louis Garrel confirme qu’il n’a pas son pareil dans les rôles de jeune minet, même si son talent lui permettra sûrement d’être convaincant dans bien d’autres registres. Les acteurs italiens ne sont pas non plus en reste, avec en premier lieu Filippo Timi, particulièrement émouvant.
Un Château en Italie n’est pas peut-être pas l’œuvre d’une grande cinéaste. Mais d’une grande dame du cinéma, oui, sûrement.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique :
Production : SBS Productions
Réalisation : Valeria Bruni-Tedeschi
Scénario : Valeria Bruni-Tedeschi, Agnès de Sacy, Noémie Lvovsky
J’aime bien les adaptations, parce qu’elles présentent un double intérêt. D’un côté, évidemment, la qualité du film indépendamment de son origine et de l’autre, la manière dont le cinéaste a géré le passage du papier à l’écran. Il y a les fidèles absolus et ceux qui ne cherchent visiblement qu’à attirer les fans, sans témoigner le moindre respect pour l’œuvre initiale. Ainsi, j’ai trouvé que le Parfum au cinéma était aussi crétin que le roman, mais que la manière dont le rapport aux odeurs a été mis en image était vraiment remarquable. Cela donne un avis contrasté. Le même avis que pour Quai D’Orsay.
La manière dont Bertrand Tavernier est arrivé à transposer d’une manière extrêmement fidèle la bande-dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac s’apparente à un tour de force. En effet, ni le style graphique, ni la narration de Quai d’Orsay ne semblait pouvoir passer facilement de l’un à l’autre. On arrive pourtant à retrouver les personnages, l’ambiance et le sens de la caricature subtile et ironique qui la caractérise. Pour cela, on peut tirer un grand coup de chapeau au réalisateur.
Cependant, on peut aussi poser la légitime question de l’utilité d’une telle adaptation. En effet, Quai d’Orsay propose de vrais moments de bonheur, mais le tout paraît un peu bancal et inabouti. En restant trop près de la bande-dessinée, Bertrand Tavernier a peut-être oublié de faire un film. Je suis pourtant un grand défenseur de la fidélité dans les adaptations, mais dans le cas qui nous intéresse, le film aurait gagné à une plus grande distance entre les deux versions. Mais plus largement, on peut globalement remettre en question la pertinence d’une retranscription à l’écran d’un univers graphique fait pour le papier.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Little Bear, Pathé, Alvy Developpement, CN2 productions, France 2 Cinéma
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Bertrand Tavernier, Christophe Blain, Antonin Baudry, d’après la BD de Christophe Blain et Abel Lanzac
Montage : Guy Lecorne
Photo : Jérôme Alméras
Décors : Emile Ghigo
Musique : Philippe Sarde, Bertrand Burgalat
Maquillage : Agnès Tassel
Durée : 113 mn
Casting : Thierry Lhermitte : Alexandre Taillard de Worms
Dieu sait si j’aime le cinéma des frères Coen. Sa poésie, sa variété, ses personnages, sa profondeur, le tout couplé à une mise en scène toujours élégante et imaginative. Ils apportent films après films l’éclatante démonstration que c’est avant tout le talent qui compte, quelque soit le genre cinématographique auquel on s’attaque, bien avant le budget dont on dispose. Leur dernière œuvre, Inside Llewyn Davis, a reçu un accueil critique très favorable au dernier Festival de Cannes et à sa sortie en salle. C’est donc avec une certaine avidité que je m’y suis rendu. Mais voilà, en toute honnêteté, je ne peux que souligner ce constat… Je me suis fait un peu chier…
Inside Llewyn Davis me rappelle A Serious Man. Bon, autant je n’avais pas accroché du tout à ce dernier, autant je trouve au film qui nous intéresse bien des qualités. Simplement, j’ai trouvé que cela manquait trop souvent de souffle, que les bonnes idées, notamment chez les personnages secondaires, n’étaient pas exploités jusqu’au bout. Et surtout, au final, l’absence d’intrigue forte et de réel dénouement ne nous permet pas de rester totalement dans le film dans les moments un peu plus faibles, qui ne sont quand même pas négligeables.
Inside Llewyn Davis a cependant par ailleurs de grandes qualités. Tout tourne largement autour du personnage principal et ce dernier est très réussi. La manière dont il subit une loi de Murphy implacable est un ressort comique qui n’a rien de nouveau, mais les frères Coen l’utilisent avec leur poésie et leur subtilité habituelles et arrivent ainsi à donner un réel intérêt à leur histoire par ce biais. Le tout est complété par l’omniprésence de la musique folk qui ravira tous les amateurs du genre. Mais encore une fois, j’ai trouvé qu’il manquait un petit quelque chose, une petite étincelle pour que tout ça décolle vraiment.
Inside Llewyn Davis m’a donc laissé sur une impression quelque peu mitigée. Un film que j’aurais aimé adorer, mais qui n’a pas su au final m’enthousiasmer.
LA NOTE : 11,5/20
Fiche technique : Production : Mike Zoss Productions, Scott Rudin Productions, StudioCanal
De mon point de vue personnel, qui n’engage évidemment que moi, Guillaume Canet est un très bon acteur, mais un très grand réalisateur. Dis le à Personne et les Petits Mouchoirs font partie des meilleurs films hexagonaux de ce début de siècle. C’est donc avec une certaine impatience que j’attendais ces débuts de l’autre côté de l’Atlantique avec des moyens et un casting de haute volée. Malheureusement, Blood Ties m’aura au final laissé largement sur ma faim.
On retrouve dans Blood Ties le talent de metteur en scène de Guillaume Canet. C’est tourné avec beaucoup de classe et de style, sans jamais être tape à l’œil, en restant surtout totalement au service des acteurs. Il fait partie de ces réalisateurs dont le génie, un peu à l’image de Polanski, est de savoir se faire oublier pour que l’on admire pleinement tout le reste, les comédiens, le décor, les costumes, la musique et bien sûr le scénario… mais ça j’y reviendrai un peu plus loin.
Le casting est de haute volée, même si chacun reste dans un registre assez habituel pour lui. On a souvent raillé les limites d’une Marion Cotillard ou d’un Clive Owen, mais Guillaume Canet arrive vraiment à tirer le meilleur de ces derniers, leur permettant d’exprimer pleinement leur charisme naturel. A leurs côtés, Mila Kunis et le toujours épatant Matthias Schoenaerts restent des valeurs sûres, eux-aussi parfaitement mis en valeur. Enfin, le personnage principal est interprété par un Billy Crudup qui tient là son rôle le plus marquant depuis Watchmen.
Mais alors qu’est ce qui cloche ? Le vrai problème de Blood Ties réside dans son scénario. Non qu’il soit inintéressant dans l’absolu ou mal construit. Mais cette histoire de deux frères l’un flic, l’autre voyou, c’est du archi-réchauffé. Et pas seulement parce que ce film est un remake d’un film français passé largement inaperçu. Mais en choisissant un thème aussi classique et en l’alliant à une réalisation qui l’est tout autant, Guillaume Canet n’apporte vraiment rien de bien nouveau et encore moins de surprenant. Du coup, sans s’ennuyer, on n’est guère passionné pas cette histoire déjà entendu mille fois.
Au final, Blood Ties confirme tout le bien que l’on peut penser de Guillaume Canet en tant que cinéaste. Simplement, le meilleur réalisateur du monde ne peut pas facilement donner de l’intérêt à un sujet trop éculé.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique :
Production : Les productions du Trésor, Worldview Entertainment, Canéo Films, Mars films, Wild Bunch, Le Grisbi productions, Chi-Fou-Mi productions
Réalisation : Guillaume Canet
Scénario : Guillaume Canet, James Gray, d’après le film de Jacques Maillot
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