L’Egypte a été au cœur de l’actualité depuis un an et encore plus depuis quinze jours avec les élections présidentielles et le procès Moubarak. Du coup, il serait dommage que passe inaperçu la sortie de Les Femmes du Bus 678, un film qui dénonce les agressions sexuelles dont sont sont victimes les femmes de ce pays. Une démarche courageuse qui suffit à donner son intérêt à un film dont la valeur artistique est plus limitée.
Fayza, Seba et Nelly n’auraient jamais du se croiser dans cette immense ville qu’est le Caire, où la société est très compartimentée. Mais toutes les trois vont se dresser face au machisme ambiant et dénoncer les agressions sexuelles dont elles sont victimes. Elle vont cependant se heurter à toute une société qui vit dans le déni et les pousse à renoncer. Y compris leurs proches.
Le principal intérêt de Les Femmes du Bus 678 tient donc dans son sujet. Mohamed Diab s’est appuyé sur divers témoignages et affaires réels. Il y dénonce la négation des violences faites aux femmes, qui peut aller d’une simple main baladeuse dans le bus à une véritable agression. Mais comment se révolter quand les autres vont considèreront comme déshonorée si vous osez en parler ? Le film cherche à briser des tabous d’une société où les traditions sont encore particulièrement présentes, pour ne pas dire pesantes.
On ne peut évidemment qu’être touché et prendre fait et cause pour ces trois femmes. La justesse de leur combat est indéniable. Du coup, on entre vraiment dans Les Femmes du Bus 678 et on soutient leur lutte du fond de notre cœur. Une partie de la salle a applaudi au générique de fin, chose déjà assez rare, surtout qu’elle était loin d’être pleine. Le propos renvoie vraiment à une réalité et transcende donc les limites de la fiction.
Surtout que Les Femmes du Bus 678 souffre quand même d’un certain nombre de limites sur la forme. Déjà le scénario arrive à mêler question de fond et une vraie narration, mais présente quand même quelques faiblesses. Le propos flirte souvent avec un certain manichéisme qui le rend parfois très prévisible. Le moment le plus intéressant est lorsque les lignes se brouillent. On peut simplement regretter que, très vite, tout revienne dans l’ordre attendu.
La réalisation et la direction d’acteurs de Mohamed Diab sont elles-aussi plus efficaces que brillantes. C’est propre, ça ne donne pas du tout l’impression « téléfilm », mais cela reste quand même sans grande imagination. On aurait aimé plus de subtilité dans la captation des émotions des protagonistes. Plus globalement, Les Femmes du Bus 678 reste un peu entre deux, préférant un premier degré pur à une véritable émotion ou au contraire une véritable ironie.
Les Femmes du Bus 678 tire aussi son intérêt d’une interprétation vraiment convaincante. L’affection que l’on ressent pour les trois jeunes femmes ne tient pas qu’à leur statut de victimes, mais bien aussi par le talent avec lequel elles sont incarnées. On saluera en premier lieu Bushra Rozza, étonnante alors qu’elle est surtout connue pour être une chanteuse de variété très populaire en Egypte. La voir jouer la moins libérée des trois, la seule voilée, est un vrai contre-emploi, mais surtout une vraie réussite.
Au final, Les Femmes du Bus 678 est un film auquel on pardonne volontiers bien des défauts. Mais traiter de manière un peu naïve un combat si salutaire vaut parfois bien plus que traiter avec subtilité un sujet sans intérêt.
Fiche technique :
Production : Dollar Film, New Century productions
Distribution : Pyramide distribution
Réalisation : Mohamed Diab
Scénario : Mohamed Diab
Montage : Amr Salah El din
Photo : Ahmed Gabr
Son : Ahmed Gaber
Musique : Hani Adel
Durée : 100 min
Casting :
Nahed El Sebaï : Nelly
Bushra Rozza : Fayza
Nelly Karim : Seba
Omar El Saeed : Omar
Bassem Samra : Adel

Sur la Route fonctionne aussi grâce à ses deux acteurs principaux. On avait découvert Sam Riley dans Control, où il interprétait Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. On l’avait un peu perdu de vue depuis, mais il signe là un retour vraiment brillant. Son alter ego, Garrett Hedlund, s’est fait remarqué lui dans Eragorn (j’en rigole encore !) et surtout dans Tron, l’Heritage. Son rôle tout en charme et en charisme n’aurait pu être incarné par n’importe quel acteur et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’en sort particulièrement bien. Le reste du casting, notamment féminin, est plutôt prestigieux avec Kristen Stewart et Kirsten Dunst, mais aussi les apparitions de Viggo Mortensen et Steve Buscemi.
La multitude des intrigues parallèles fait que le film est plutôt rythmé. Même si on n’est pas toujours totalement convaincus, au moins, on ne s’ennuie pas. La réalisation de John Madden, dont l’œuvre majeur, Shakespeare in Love a quand même reçu l’Oscar du meilleur film, est très professionnelle, mais sans génie particulier. Il faut dire que depuis Slumdog Millionnaire, on sait comment un Occidental peut filmer l’Inde avec un talent infini. 
Niveau casting, de Rouille et d’Os marque une confirmation et une révélation. La révélation s’appelle Marion Cotillard… Bon ok, je fais un peu de provocation, mais malgré tout le mal que je pense que l’être humain, on ne peut qu’en dire du bien à la vision de ce film. Une interprétation juste et poignante d’un rôle qui aurait pu tuer le film s’il avait sombré dans un pathos surjoué. La confirmation s’appelle Matthias Schoenaerts, lui qu’on avait découvert dans l’extraordinaire Bullhead, qui reste pour encore pour moi le meilleur film de l’année. Un acteur au physique hors du commun qui compense une expressivité limitée par une justesse remarquable et un travail corporel impressionnant.
On reconnaît la qualité de réalisateur de Wes Anderson, quand on voit le fabuleux casting qu’il a réussi à réunir, malgré un budget limité. Si Bill Murray et Frances McDormand en couple d’avocats complètement lunaires sont tout à fait dans le registre qu’on leur connaît, on apprécie particulièrement les performances de Bruce Willis, Edward Norton et Harvey Keitel dans de jolis contre-emplois. Il est évident qu’ils n’auraient jamais accepté de tels rôles pour un jeune débutant. Enfin, ne passons pas sous silence le vrai talent dont font preuves l’ensemble du casting « enfantin », en particulier les deux acteurs principaux : Jared Gilman et Kara Hayward. Toutes les scènes ne sont pourtant pas faciles, notamment celles où les deux jeunes gens découvrent l’amour.
Men in Black III n’est donc ni moins bon, ni vraiment meilleur à ce que l’on attendait. C’est propre, distrayant, professionnel, bref très hollywoodien. On peut toujours discuter de l’intérêt d’un tel film, mais je serai de mauvaise foi, si je disais que je n’ai pas passé un bon moment. Cet épisode n’est pas l’épisode de trop, mais on se dit que le nombre limité de nouvelles idées n’incite pas à l’optimisme quant à un quatrième ou un cinquième opus.
Les deux personnages principaux fonctionnent bien. Mais si l’un provoque bien le dégoût, l’héroïne quant à elle n’inspire pas toute la sympathie nécessaire à faire de Miss Bala un film totalement enthousiasmant. Certes, c’est du au fait sans doute que le personnage est réaliste et tout de même un tantinet ambigu. On y gagne sans doute en intérêt sur le fond, mais on y perd un peu en émotion pure.
Le casting ne recèle pas de grosses révélations, mais une vraie surprise que je dévoilerai pas non plus ici, puisqu’elle ne survient qu’à la fin. Le groupe est composé de jeunes acteurs qui tiennent là le plus grand rôle et s’en sortent plutôt bien et Chris « Thor » Hemsworth. Ce dernier est plus à l’aise sans son costume de dieu asgardien, même s’il n’est définitivement pas un grand acteur… ni même un acteur si je voulais être vraiment méchant. Si un nom était à retenir, ce serait celui de Fran Franz qui fait preuve de la personnalité la plus originale. Enfin, le casting est complété par l’éternel second rôle américain Richard Jenkins, un comédien qu’on voit tout le temps et dont on ne connaît que rarement le nom.
Globalement, Babycall ne voit pas ses bonnes idées développées jusqu’au bout. Le film est riche, mais chacun des aspects laisse quelque peu sur sa faim. Il reste globalement tiède et si Pal Sletaune fait preuve d’une vraie maîtrise aussi bien visuelle que narrative, notamment au niveau du rythme, il n’a pas su lâcher la bride à son imagination. C’est dommage car il avait entre les mains de quoi faire quelque chose de beaucoup plus intéressant que ça.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que pour un premier film, Margin Call bénéficie d’un casting très haut de gamme. En tête, deux vieux routiers du cinéma hollywoodien qui fait étalage de leur immense talent : Kevin Spacey et Jeremy Irons dans deux rôles taillés pour eux, mais dont ils s’acquièrent avec beaucoup de conviction. La jeune génération est elle aussi au niveau, avec un Zachary Quinto qui quitte définitivement son statut d’ex-acteur de série, un Paul Bettany égal à lui-même (ce qui est un beau compliment) et Simon The Mentalist Baker qui est aussi bon sur petit que grand écran. Entre les deux, la désormais rare Demi Moore qui nous rappelle qu’elle a encore de beau reste. Elle est sûrement celle qui apporte le plus de classe et d’humanité à cette distribution détonante.
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