DARK SHADOWS : Quand Tim Burton paresse un tantinet

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darkshadowsafficheDe tous les réalisateurs ayant un univers bien à lui et reconnaissable entre mille, Tim Burton est peut-être le plus grand d’entre tous. Les rares fois où il est sorti de son univers gothique et sombre, avec Big Fish ou la Planète des Singes par exemple, le résultat fut plutôt décevant. Mais à tourner dans un univers étroit, on prend forcément le risque de se répéter quelque peu. Jusqu’à présent, il était totalement parvenu à y échapper. Mais on doit bien avouer que Dark Shadows, son dernier film, peut nous faire craindre qu’il commence quelque peu à tourner en rond.

Au 18ème siècle, Barnabas Collins est l’héritier d’une famille qui a vu toute une ville se bâtir tout autour de leur pêcherie. Cependant, il commet l’erreur de briser le cœur d’une servante, sorcière à ses heures perdues. Elle provoque la mort des parents de Barnabas, pousse sa fiancée au suicide et surtout le transforme en vampire avant de l’enfermer dans un cercueil, histoire de prolonger ses tourments. Mais 200 ans plus tard, des travaux routiers vont libérer le vampire assoiffée.

Pendant les deux tiers de Dark Shadows, on est quelque peu surpris par son aspect très pure comédie. Certes l’humour a toujours été très présent dans l’œuvre de Tim Burton. Mais il était souvent au 2ème, voire au 3ème degré, véhiculé essentiellement par une forme d’ironie. Là, il est beaucoup plus direct, proche de l’humour Scoobidoo si j’ai envie d’être un peu méchant. Parce qu’il faut bien avouer que ça fonctionne, mais assez mollement. Tout comme le scénario en fait.

Dark Shadows est en fait un film relativement paresseux. Tim Burton fait ce qu’il fait le mieux, frôle presque l’auto-parodie, mais sans forcément se fouler ! C’est sympa, mais très très loin des grands chef d’œuvres du réalisateur. L’histoire n’est pas non plus d’un intérêt fabuleux, les personnages sympathiques, mais guère enthousiasmants. Le tout manque quelque peu de rythme et si on ne s’ennuie pas, on ne trépigne pas non plus sur son siège.

Heureusement, le dernier tiers du film relève nettement le niveau. On retrouver le souffle épique que Tim Burton arrive si bien à insuffler dans ses films. On n’est pas tout à fait au niveau de Sleepy Hollow, mais au moins, on entre enfin totalement dans Dark Shadows. Ca s’anime nettement plus et emmène l’intrigue à un point qu’on aurait du atteindre beaucoup plus tôt. En effet, le film est quand même largement ralenti par des scènes ou péripéties inutiles, comme ce bal qui n’a d’autre intérêt que de voir le vrai Alice Cooper chanter en live.

Visuellement, Dark Shadows nous propose un univers connu de tous les fans de Tim Burton. Là encore, le réalisateur n’a pas vraiment cherché à innover ou à surprendre. Ce n’est pas forcément un problème en soi, mais cet aspect n’apporte du coup pas vraiment un plus, susceptible d’effacer totalement les défauts cités précédemment. Enfin tout cela reste très relatif, car dans l’absolu, ce film reste quand même très abouti visuellement.

darkshadowsSi Tim Burton a fait preuve de paresse dans Dark Shadows, il n’est pas le seul. Johnny Depp est lui aussi dans un registre très connu et guère surprenant. Il y a très certainement un lien de cause à effet, car on connaît la relation symbiotique entre les deux. A tel point qu’on peut se demander si la relation entre les deux n’était pas arrivé à son terme. Mais on peut faire confiance à ces deux purs génies pour savoir se renouveler très prochainement. La vraie star de ce film reste Michele Pfeiffer qui nous rappelle que même si on la voit moins et si l’âge fait son œuvre, elle reste toujours aussi charismatique et pour tout dire sublime. Enfin Chloe Moretz confirme encore et toujours tout le bien que je pense d’elle. Pour moi, une future géante !

Dark Shadows reste incontestablement un bon film sympathique et divertissant. Mais le problème avec le génie, c’est qu’il rend les fans exigeants. Et Tim Burton n’a pas tout à fait répondu à toutes nos exigences avec ce film.

Fiche technique :
Production : Warner Bros., Village Roadshow Pictures, San Curtis prod., The Zanuck Cy, GK Films, Infinitum Nihil, Tim Burton
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Seth Grahame-Smith, d’après la série TV de Dan Curtis
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Bruno Delbonnel
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Danny Elfman
Durée : 113 mn

Casting :
Johnny Depp : Barnabas Collins
Michelle Pfeiffer : Elizabeth Collins Stoddard
Helena Bonham-Carter : Dr Julia Hoffman
Eva Green : Angelique Bouchard
Jackie Earle Haley : Willie Loomis
Jonny Lee Miller : Roger Collins
Chloë Grace Moretz : Carolyn Stoddard
Bella Heathcote : Victoria Winters, Josette DuPres
Christopher Lee : Clarney

AVENGERS : Marvel Greatest Hits !

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avengersafficheQuand on aime quelque chose, pourquoi ce contenter d’en avoir qu’une, quand on peut en avoir plusieurs pour le même prix ? Bah oui, c’est vrai, ça pourquoi ? Je ne suis évidemment pas là pour me lancer dans ce débat hautement philosophique, mais pour vous vous parler de Avengers, le film avec plein de super-héros dedans. Pas un, pas deux, mais encore bien plus que ça ! En tout cas, ce film représentait un des blockbusters le plus attendus de cette année. Et bien, les fans, et les autres, ne seront pas déçus !

Sous l’autorité du Shield, l’équipe du Professeur Erik Selvig essaye de maîtriser l’énergie du Cube Cosmique. Mais d’autres forces souhaitent s’en emparer. Elles parviennent à leur fin par l’intermédiaire de Loki. Notre monde est alors menacé de destruction. Nick Fury n’a alors d’autres choix que de faire appel à l’élite des super-héros : Captain America, Iron Man, Thor, Hulk. Mais pourront-ils travailler en équipe assez efficacement pour assurer notre survie ?

La première très bonne surprise de Avengers réside dans son scénario. Evidemment, comme tous les films de super-héros et j’ai presque envie de dire la plupart des films d’action, il ne brille pas par une complexité particulière. N’est pas Inception qui veut. Cependant, il reste riche en rebondissements et en petits à côté qui lui donnent beaucoup d’intérêt. De plus, il se tient, tout en étant rythmé à souhait ! On ne s’ennuie donc pas une seule seconde, sans se prendre la tête, mais sans non plus assister à un spectacle crétin et abrutissant.

Le charme d’Avengers tient avant tout dans ses personnages. Des personnages que l’on connaît déjà, par l’intermédiaire des films qui leur ont déjà été consacrés. Du coup, le film creuse leur personnalité, leurs motivation, leurs défauts, qui ressortent grâce à la confrontation avec ceux de leurs coéquipiers. Cela donne une vraie âme à cette histoire qui n’est pas qu’une suite de péripéties. On s’attache vraiment à cette fine équipe de manière plus affective que dans les productions où ils brillent en individuel.

S’il a toujours été assez présent dans les productions Marvel, l’humour est nettement plus mordant dans Avengers. En effet, il peut exploiter le ressort qui consiste à mettre en avant la rivalité un peu puérile qui naît entre ces super-héros. Cela les rend plus humains et apporte une bonne dose de second degré. Le film ne se prend pas totalement au sérieux et c’est salutaire. Il n’est cependant pas une parodie, mais une belle aventure parcouru d’un vrai souffle épique.

Evidemment, le cœur du film reste tout de même les scènes d’action. Avengers en propose deux réellement mémorables. Le final notamment est vraiment jouissif, nous démontrant une nouvelle fois que New York constitue encore et encore un des plus beaux décors de cinéma qui soit. Et quel plaisir de voir cette ville malmenée et ses immeubles subir les pires outrages ! La complémentarité entre les caractéristiques des différents héros est parfaitement exploitée, justifiant pleinement ce film qui est bien plus qu’une simple addition de personnages déjà exploités.

avengersLe casting est largement dominé par Robert Downey Jr. Son charme, son humour est un de pilier sur lequel repose Avengers. Ses coéquipiers sont nettement moins expressifs. Même Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson et Mark Ruffalo au pedigree plutôt prestigieux se contentent d’une performance avant tout professionnelle. Par contre, du côté du méchant, Tom Hiddelson confirme le talent entrevu dans Thor.

Avengers est donc vraiment à la hauteur de l’attente engendrée. Un vrai grand film d’action et d’aventures qui séduira bien au-delà des fans purs et durs des super-héros.

P.S : comme d’habitude dans les films Marvel, une scène figure pendant le générique (et plus à la fin, ce que je trouve regrettable). Les fans de cet univers en ressortiront impatients et enthousiastes. Ne la ratez pas !

Fiche technique :
Production : Marvel Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Joss Whedon
Scénario : Joss Whedon, sur une histoire de Zak Penn et Joss Whedon d’après les comics Marvel The Avengers
Montage : Jeffrey Ford, Lisa Lassek
Photo : Seamus McGarvey
Décors : James Chinlund
Musique : Alan Silvestri
Effets spéciaux : Dan Sudick
Durée : 142 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Tony Stark
Samuel L. Jackson : Nick Fury
Chris Evans : Steve Robers
Jeremy Renner : Barton
Scarlett Johansson : Natasha Romanoff
Chris Hemsworth : Thor
Mark Ruffalo : Bruce Banner
Stellan Skarsgard : Dr Erik Selvig
Tom Hiddleston : Loki

TYRANNOSAUR : Bonheur fossile

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tyrannosaurafficheL’amour reste quand même de loin le sujet le plus abordé au cinéma. Dans quel film n’est-il pas présent à un niveau plus ou moins élevé ? Parfois, tout cela est synonyme de fleurs bleues, de paillettes et de bonheur doux et sucré. Et parfois, pas du tout… Il y a bien sûr parfois de purs drames, mais aussi toutes ces histoires entre deux êtres trop marqués par les difficultés de la vie pour que le mot romance possède encore le moindre sens pour eux. C’est notamment le cas dans Tyrannosaur.

Joseph boit. Joseph a tendance à perdre ses nerfs et à se servir de ses poings un peu trop facilement. En fait, Joseph vit très mal le décès de son épouse. Un jour, après une bagarre, il se réfugie dans la boutique tenue par Hannah. Cette dernière se propose de prier pour lui, mais ne récolte que de l’hostilité. Cependant, Joseph reviendra le lendemain pour s’excuser. Il se rendra vite compte que chacun d’eux portent en lui une grande souffrance. Mais peut-on encore soulager la peine de l’autre quand on ne peut plus supporter la sienne ?

Autant le dire tout de suite, Tyrannosaur n’est pas le film le plus gai de l’année. Mais il est également néanmoins loin d’être le plus sinistre. Les personnages sont certes au plus bas, le film est parfois dur. Mais il s’en dégage finalement un grand optimisme, même si, rassurez-vous, il est loin de s’achever sur un happy-end hollywoodien. Un film noir donc, où l’on aperçoit cependant la lumière qui pointe à l’horizon. Un horizon lointain, mais un horizons visible quand même.

Tyrannosaur tient avant tout sur les deux personnages principaux et leur relation. La grande force de ce film est d’arriver finalement à nous attacher à eux. En effet, c’est loin d’être gagné à la base puisqu’ils se caractérisent justement dans leur incapacité à nouer des relations avec les autres. Ils finiront pas s’apprivoiser mutuellement (enfin le plus sauvage reste quand même de loin Joseph), nous entraînant par la même avec eux. Paddy Considine a pris le parti de nous montrer d’abord les conséquences des blessures subies par les deux personnages, puis de nous faire découvrir peu à peu d’où elles viennent. On apprend donc à les comprendre et à les connaître et par la même de les aimer.

Tyrannosaur est typique d’un cinéma britannique qui sait si bien donner un fond social à des films de genres très différents. Souvent des comédies (The Full Monty, Fish and Chips), mais ce film se situe évidemment plutôt dans lignée du cinéma de Ken Loach. Un cinéma profondément humain, qui nous plonge également au cœur de la misère sociale. On aurait pu imaginer une même histoire dans un milieu plus aisé, mais le décor aurait été si différent que les deux films ne se seraient que peu ressemblés.

tyrannosaurLa réalisation de Paddy Considine est sobre, malgré un réel travail sur la photographie. Là encore, ça rappelle fortement Ken Loach. Une caméra au service de l’histoire et des acteurs et ne cherche jamais à faire dans l’esbroufe. Ca peut paraître un peu austère parfois, mais cela colle parfaitement avec l’ambiance et le propos de Tyrannosaur. De plus, la sobriété n’a jamais été antinomique avec la maîtrise.

Tyrannosaur met en avant un très beau duo d’acteurs. Peter Mullan tient là un de ses rares premiers rôles. Il faut dire qu’il semble être né pour interpréter ce personnage. Il fait preuve de beaucoup de justesse dans un rôle où on pouvait aisément en faire trop. A ses côtés, Olivia Colman nous livre elle-aussi un performance proche de la perfection. Elle contribue fortement à l’émotion qui se dégage de ce film et, sans elle, il n’aurait constitué une telle réussite.

Tyrannosaur est donc un très beau film, dont la noirceur n’arrive pas à éclipser un certain optimisme qui donne tout son sens à cette histoire.

Fiche technique :
Production : Warp X, Inflammable films, Optimum Releasing, Film4
Distribution : DistriB Films
Réalisation : Paddy Considine
Scénario : Paddy Considine
Montage : Pia Di Ciaula
Photo : Erik Alexander Wilson
Décors : Simon Rogers
Musique : Chris Baldwin, Dan Baker
Durée : 91 mn

Casting :
Peter Mullan : Joseph
Olivia Colman : Hannah
Eddie Marsan : James

LE PRENOM : Au nom de la famille

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leprenomafficheAdapter une pièce de théâtre au cinéma constitue toujours un exercice particulièrement délicat. C’est pourquoi, je le dis à chaque fois pour introduire la critique d’un tel film… Le décor forcément limité dans l’espace, la place prépondérante des dialogues conduisent souvent à cette impression de « théâtre filmé », pas toujours très agréable. Si le Carnage de Roman Polanski n’y avait pas échappé, il faut reconnaître à Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte le mérite d’avoir éviter beaucoup de ces écueils à leur film, le Prénom. Mais ce dernier souffre néanmoins de quelques autres défauts.

Vincent est agent immobilier, a de l’argent, est plutôt de droite et n’est pas un puits de culture. Mais il s’apprête à devenir papa pour la première fois. Il se rend à un dîner organisé par sa sœur et son beau-frère, prof de lettres, franchement à gauche. Mais lorsque la discussion se porte sur le choix du prénom du futur bébé, une annonce plutôt surprenante va faire ressurgir toutes les tensions familiales.

Tout d’abord, un gros « big up », comme disent les jeunes aux personnes qui ont réalisé la bande-annonce de le Prénom. Déjà parce qu’elle ne dévoile pas le prénom qui fait débat (je pensais même qu’on l’ignorait pendant tout le film) et surtout elle ne nous montre que le point de départ du propos. J’avais peur que tout tourne autour de ça dans un comique de répétition qui aurait pu finir par lasser. Il n’en est rien et le scénario réserve au final beaucoup de rebondissements et de surprises.

Comme je l’ai évoqué en introduction, le Prénom nous apparaît comme un film. Enfin, quelqu’un qui l’ignorerait ne serait pas étonné d’apprendre qu’il s’agit à la base d’une pièce de théâtre Mais au final, par les cadrages et les angles de prises de vue, on échappe tout à fait à la sensation d’être assis devant une scène statique. On reste dans le décor confiné d’un appartement, mais la réalisation arrive vraiment à en exploiter tout le volume et tous les axes. Cela ne peut paraître qu’un détail, mais un détail qui compte et nous permet de rentrer pleinement dans ce film.

Par contre, le Prénom souffre un peu d’un manque de souffle pendant une bonne moitié. En fait, c’est même la partie qui tourne autour uniquement autour du fameux prénom qui se révèle être la moins intéressante. Mais au fur et à mesure que cela fait ressortir l’ensemble des tensions familiales, le film prend de l’ampleur et l’humour aussi. Ca devient plus tranchant, plus méchant, moins caricatural. Décidément, les histoires de famille constitue un sujet inépuisable d’inspiration. La dernière demi-heure est vraiment savoureuse, marquée en plus par de vrais rebondissements scénaristiques.

leprenomOn rit donc devant le Prénom de manière un peu intermittente, mais croissante. On ressort donc plutôt sur une bonne impression. Mais le film reste globalement sympathique et drôle, mais il lui manque un petit quelque chose pour devenir vraiment culte. Pourtant, certaines répliques sont vraiment excellentes et constituent le principal vecteur d’humour. Sans doute manque-t-il aux personnages un peu plus d’humanité et de tendresse pour faire de ce film l’égal du meilleur Jaoui-Bacri.

Enfin le Prénom souffre d’une autre limite flagrante. Une limite qui se nomme Patrick Bruel. J’ai toujours dit qu’il était bien meilleur acteur que chanteur, mais pour le coup, il est un cran en dessous du reste du casting. En fait, c’est le seul dont le jeu reste trop théâtral. Cela semble souvent surjoué, oubliant que la caméra ne nécessite pas la même énergie qu’une scène qu’il faut occuper. A l’inverse, Valérie Benguigui est extraordinaire et tient là sûrement son meilleur rôle. Rien que pour l’admirer, ce film mérite d’être vu, même si cela peut bien attendre un passage à la télévision.

Au final, le Prénom a très bien réussi son passage de la scène à l’écran. Patrick Bruel un peu moins malheureusement…

Fiche technique :
Production : Chapter 2, Fargo films, Pathé, TF1 Films, M6 Films, Nexus Factory
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte
Scénario : Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte, d’après leur piède de théâtre
Montage : David Ungaro
Photo : Célia Lafitedupont
Décors : Larie Cheminal
Musique : Jérôme Rebotier
Costumes : Anne Schotte
Durée :
109 mn

Casting :
Patrick Bruel : Vincent
Valérie Benguigui : Eilsabeth
Charles Berling : Pierre
Guillaume De Tonquédec : Claude
Judith El Zein : Anna
Françoise Fabian : Françoise
Yaniss Lespert : le livreur de pizza

FISH AND CHIPS : Intolérance sans frontière

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fishandchipsafficheLes années 90 ont été une sorte d’âge d’or pour les comédies sociales anglaises. La plus célèbre d’entre elles fut The Full Monty, mais le cinéma d’Outre-Manche nous a livré bien d’autres petites pépites. Parmi elles, Fish and Chips, sorti en 1999, que je me rappelle avoir vu dans un cinéma caennais, inondé quelques jours plus tôt et dont les sièges n’étaient pas tout à fait sec… Bon ok, l’anecdote n’a aucun intérêt, mais pourquoi dire toujours des choses intéressantes…

George Khan vit en Angleterre depuis 30 ans désormais. Il a épousé une Anglaise qui lui a donné 7 enfants. Il tient un petit restaurant et est fier de sa réussite. Il est aussi fier d’être Pakistanais et musulman, malgré l’exil. Il rêve d’élever sa progéniture dans le pur respect de la tradition. Mais le jour de son mariage, arrangé comme il se doit, son aîné s’enfuit. Ce dernier est alors mort aux yeux de son père, qui compte bien se rattraper avec les six autres. Mais cela sera-t-il possible quand eux se sentent Anglais et ont un fort désir de liberté ?

Ce qu’il y a de formidable dans ce genre de film, et celui-ci en particulier, c’est la manière dont ils arrivent à mêler humour et sujets très sérieux, voire graves. Immigration, intégration, racisme, voilà qui prête rarement à sourire. Mais Fish and Chips réussit à nous montrer la réalité sans l’édulcorer, tout en nous faisant rire aux éclats à plusieurs reprises. A la fois, on reste dans la mise en avant des travers humains et, avec du recul, ils restent le plus souvent risibles.

Mais le plus grand mérite de Fish and Chips est d’éviter, et de très loin, tout manichéisme. Il n’y a ni bons, ni méchants. On est plus dans « United Color of Bande de Cons ». Les personnages négatifs ne sont pas jugés, même si on prend évidemment parti pour les victimes de leur intransigeance. Le film n’élude rien, ne fait sûrement pas preuve d’angélisme. Le film porte évidemment un appel à la tolérance, mais ce n’est pas pour autant qu’il s’achève dans un happy end où tout le monde s’aime dans le pays des Bisounours. Il est des fossés qui ne peuvent se refermer le temps d’une vie, l’espoir ne pouvant venir que des générations futures.

Voilà pour le fond ! Mais Fish and Chips s’apprécie surtout parce qu’il est drôle. L’humour reste largement situationnel, mais certaines répliques, certaines péripéties arrachent de vrais éclats de rire. On est clairement pas dans l’idée d’un gag toutes les deux secondes, mais le film nous propose vraiment tous les degrés d’humour, avec toujours la même réussite. Cela ne masque pas, cela n’édulcore pas du tout le fond des problèmes qui sont traités ici. Au final, ce mélange se révèle particulièrement savoureux. Bien meilleur que la cuisine anglaise en tout cas…

fishandchipsVisuellement, notamment au niveau de sa photographie, Fish and Chips est assez daté. Mais cela n’enlève rien à l’intelligence de la mise en scène qui donne à ce film son rythme et son caractère percutant. On peut vraiment regretter que Damien O’Donell n’ait rien fait d’autre de marquant. C’est même relativement incompréhensible. Mais bon, beaucoup de réalisateurs aimeraient réaliser ne serait-ce qu’un seul film de cette qualité.

Fish and Chips est une des multiples manifestations du réservoir incroyable de talents du cinéma britannique. L’interprétation est tout simplement remarquable, bien que le casting ne soit composé que d’acteurs que l’on a très peu vu par ailleurs. Seuls Om Puri et Archie Panjabi ont tenu quelques seconds rôles dans des films ou des séries. Cela n’enlève rien au talent de l’ensemble des comédiens qui contribuent largement à faire de ce film un classique du genre.

Fish and Chips est donc un film à voir et revoir, pour son humour, mais aussi pour les sujets qu’il aborde et qui sont toujours bien d’actualité.

Fiche technique :
Titre original : East Is East
Réalisateur : Damien O’Donnell
Scénario : Ayub Khan-Din d’après sa pièce
Dialogues : Ayub Khan-Din
Musique : Deborah Mollison
Direction artistique : Henry Harris
Costume : Lorna Marie Mugan
Photographie : Brian Tufano
Montage : Michael Parker
Production : Stephanie Guerrasio, Shellie Smith, Leslee Udwin et Alan J. Wands
Durée : 97 minutes

Casting :
Om Puri : George Khan
Linda Bassett : Ella Khan
Jordan Routledge : Sajid Khan
Archie Panjabi : Meenah Khan
Emil Marwa : Maneer Khan
Chris Bisson : Saleem Khan
Jimi Mistry : Tariq Khan
Raji James : Abdul Khan
Ian Aspinall : Nazir Khan
Lesley Nicol : Tante Annie

VIVA RIVA ! Il était une fois au Congo

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vivarivaafficheViva Riva ! constitue un événement que l’on attendait depuis 20 ans. En effet, voilà deux décennies qu’aucun long métrage n’avait été tourné en République Démocratique du Congo. Bon, il faut dire que le pays a eu bien d’autres choses à penser, avec une terrible guerre civile. Si un film ne fait pas le printemps, on peut quand même se réjouir de voir la création artistique renaître dans un pays aussi durement marqué. Surtout que le résultat est plutôt bon.

Riva retourne à Kinshasa après de longues années d’exil en Angola. Il ne vient pas les mains vides, mais avec un camion rempli de bidon d’essence, alors que la pénurie de carburant fait montrer les prix très très hauts. Malheureusement, arrivent dans son sillage ceux à qui il l’a dérobé. Ils vont alors se mettre à sa recherche, tandis qu’il flambe et cherche à séduire la compagne d’un petit truand local.

La promotion de Viva Riva ! l’a présenté comme le Scarface congolais. Bon, la comparaison est peu-être un peu facile et trompeuse, mais nous sommes clairement dans un vrai film de gangsters où l’influence des grands films hollywoodiens du genre se fait sentir de manière évidente. Par contre, on se situe bien loin de l’Amérique puisque ce film nous offre aussi une vraie séance de dépaysement. Le film a été en partie produit par la France et la Belgique, mais il s’est vraiment tourné au Congo avec des acteurs locaux, souvent amateurs, à deux exceptions près (notamment Manie Malone que l’on a vu dans Braquo). Un film réalisé avec peu de moyens, mais Djo Tunda Wa Munga a su magnifiquement le cacher et on connaît des films français qui font beaucoup plus cheap que ça !

Sur le fond, l’intrigue est vraiment classique pour le genre. Un jeune ambitieux qui convoite notamment la femme d’un autre, tout en se heurtant au méchant en place qui veut se débarrasser de lui…. et réciproquement. Sans son aspect exotique, il est vrai que Viva Riva ! n’aurait vraiment rien d’original de ce point de vue là. Enfin, on peut surtout y voir un message universel qui démontre que les truands sont les mêmes partout dans le monde… Enfin même si elle est très classique, l’intrigue reste rythmée, pleine de rebondissements avec moult trahisons et retournements de situation. Bref, on ne s’ennuie pas.

J’ai déjà insisté sur la manière dont Djo Tunda Wa Munga réussit à nous faire oublier le manque de moyens. Cela passe par une mise en scène imaginative et soignée. Il cherche et parvient à nous livrer un long métrage artistiquement et techniquement élaboré. Il n’a pas du tout négligé cet aspect ou cherche d’excuse du genre « je suis un réalisateur du tiers monde alors caméra à l’épaule, ça ira bien ! ». Alors évidemment, il touche parfois ses limites et fait preuve quelque fois d’une certaine naïveté. Mais cela apporte aussi beaucoup de fraîcheur à ce film, qui ne constitue peut-être pas une leçon de cinéma, mais est incontestablement celui d’un élève brillant et appliqué.

vivarivaOn pourra aussi noter que Viva Riva ! est assez cru, en particulier sexuellement. Ce qui fait qu’il a été censuré et donc non distribué… au Congo… C’est quand même ballot que ce pays n’ait pas la chance de voir le premier qui y soit réalisé en vingt ans. Les âmes les plus sensibles devront donc s’abstenir même si, objectivement, il n’y a pas non plus de quoi fouetter un quart de chat. Il suffit d’avoir vu un seul épisode de Californication pour avoir vu bien pire.

Viva Riva ! nous permet donc de découvrir des acteurs vraiment nouveaux. Patsha Bay est vraiment excellent dans le rôle principal. Entre dilettantisme et confiance en soi tirant sur l’arrogance, il donne à son personnage beaucoup de personnalité et d’épaisseur. L’affection que cela engendre participe grandement à la réussite de ce film. On doit cependant admettre que Manie Malone reste l’interprète la plus charismatique du casting, par sa beauté mais aussi son professionnalisme.

Viva Riva ! nous permet donc de nous rappeler qu’il existe un cinéma africain. Ce film a raflé six récompenses aux derniers « Oscars africains » et c’est entièrement mérité.

Fiche technique :
Réalisation : Djo Tunda Wa Munga
Scénario : Djo Tunda Wa Munga
Photo : Antoine Roch
Pays : République démocratique du Congo
Durée : 100 minutes

Casting :
Patsha Bay : Riva
Manie Malone : Nora
Hoji Fortuna : Cesar
Marlene Longage : la Commandante

L’ENFANT D’EN-HAUT : Un film d’en bas

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lenfantdenhautafficheUrsula Meier est une réalisatrice relativement originale. Déjà parce que les femmes restent encore assez peu nombreuses dans ce métier, même si les choses évoluent doucement. Ensuite, elle est suisse, nationalité plus fréquente chez les banquiers, les vendeurs de montres et les chocolatiers (vive les clichés!). Enfin, son premier film, Home, s’était fait remarqué par son scénario inattendu et surprenant. Mais personnellement, je n’avais pas aimé. Son second, L’Enfant d’En-Haut, a été une nouvelle fois salué par la critique. Mais de mon côté, la déception est encore au rendez-vous.

Simon a une dizaine d’années et vit seul avec sa sœur, en bas d’une grande station de ski suisse. Tous les jours, il monte en haut des pistes pour dérober matériel et vêtements qu’il revend pour leur permettre de survivre. Mais combien de temps avant qu’il ne se fasse prendre ?

L’Enfant d’En-Haut souffre pour moi d’un manque flagrant de contenu. La séquence d’exposition dure en fait plus de la moitié du film, avant le rebondissement qui va changer totalement la perspective. Mais une fois qu’il est survenu, le propos reste avant tout contemplatif et rien n’évolue, ni ne se passe. Bref, on s’ennuie ferme. Il n’y avait pas là de quoi faire un long métrage et ça se sent. Toutes les qualités constatées par ailleurs ne peuvent compenser ce vide.

Le propos évite pourtant beaucoup de pièges. Déjà, il n’est pas un énième « les pauvres sont des gens formidables ». Le film ne cherche pas à expliquer, encore moins à excuser. Il constate, il raconte et c’est tout. Mais c’est peut-être trop peu car du coup, on cherche un peu le sens de tout ceci. A ne pas vouloir prendre parti, Ursula Meier a bien du mal à donner de l’épaisseur à cette histoire, qui par ailleurs manque de péripéties.

En fait, la seule chose qui peut sauver L’Enfant d’En-Haut et qui peut expliquer son succès critique reste l’émotion que cette histoire peut susciter. Pour cela, il faut évidemment s’attacher profondément à ce gamin forcé de faire face aux ambiguïtés logiquement réservées aux adultes. Cela n’a pas fonctionné chez moi, c’est clair. De mon point de vue, le personnage est plus intéressant que touchant. Certes, on ne peut ressentir que de l’empathie, mais pas suffisamment pour vraiment vibrer et se projeter dans l’histoire.

lenfantdenhautLe tout est porté par une réalisation très sobre. On ne retrouve pas le petit grain de folie qui habitait Home. Ici, cela reste lisse. Pourtant la majesté des paysages du haut et la tristesse de celui du bas aurait mérité un traitement artistique plus ambitieux. Ce propos social sur la séparation de deux mondes pourtant très proches constitue le cœur de ce film aurait pu transparaître beaucoup plus dans la mise en image. Cela aurait pu donner une autre dimension à l’Enfant d’En-Haut, à défaut de le rendre réellement passionnant.

L’Enfant d’En-Haut nous offre au moins l’occasion de voir Gilian Anderson à l’écran et c’est toujours un plaisir. Quel dommage que l’ex-Dana Scully n’ait pas connu une carrière d’actrice sur grand écran d’un autre calibre. Son talent le méritait. Léa Seydoux par contre est bien partie pour devenir une future immense star. Sa personnalité s’affirme un peu plus à chaque rôle. Son interprétation est ici encore une fois impeccable. La vraie star de ce film reste tout de même Kacey Mottet Klein, que l’on avait déjà vu dans Home. Une belle performance d’acteur malgré son jeune âge, même si son charme n’a pas tout à fait agi sur moi.

Visiblement, je dois être relativement hermétique à l’univers d’Ursula Meier. L’Enfant d’En-Haut restera donc pour moi un film avant tout vide et ennuyeux.

Fiche technique :
Production : Vega Film, Archipel 35
Distribution : Diaphana Distribution
Réalisation : Ursula Meier
Scénario : Ursula Meier, Antoine Jaccoud
Montage : Nelly Quettier
Photo : Agnès Godard
Décors : Ivan Niclass
Musique : John Parish
Costumes : Anne Van Brée
Durée : 100 mn

Casting :
Léa Seydoux : Louise
Kacey Mottet Klein : Simon
Jean-François Stévenin : Le chef cuisinier
Martin Compston : Mike
Gillian Anderson : Kristin Jansen

BLANCHE NEIGE : Incroyable gâchis

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blancheneigeafficheLe cinéma français a eu ses deux remakes de la Guerre des Boutons, sortis à quelques semaines d’intervalle. Hollywood va avoir son double Blanche Neige. On se demande vraiment si c’est une épidémie de manque d’imagination chez les scénaristes. Enfin, après tout, dépoussiérer des vieux mythes peut s’avérer parfois tout à fait salutaire. Tim Burton l’a parfaitement fait avec Alice au Pays des Merveilles. Tarsem Sing s’est par contre bien planté.

Une jeune orpheline nommée Blanche Neige. Une belle-mère devenue reine, mais surtout un peu sorcière. Un miroir magique. Une forêt. Sept Nains. Et naturellement un Prince, beau comme il se doit. Bref, vous connaissez déjà l’histoire…

Blanche Neige, au-delà d’être objectivement un mauvais film, est surtout un formidable gâchis. Un gâchis parce qu’incapable de valoriser ses points forts, à cause d’un conformisme désespérant. Je mentirai si je disais que je me suis ennuyé pendant ce film. Mais il se termine par un tel déluge de politiquement correct et de happy end à la con, que l’on en ressort passablement dégoûté. Si on a souvent disserté sur la faculté de Disney à édulcorer la noirceur des contes jusqu’à les dénaturer, ce n’est rien par rapport à ce qu’accompli le dernier quart d’heure de cette niaiserie cinématographique.

Pourtant, Tarsem Sing avait toutes les cartes en main pour donner une seconde jeunesse à ce conte. Déjà, les moyens financiers car visuellement le film est impeccable. Bon, ce n’est pas hyper créatif et loin de la personnalité d’un univers à la Tim Burton, mais au moins c’est cohérent et pas du tout kitch. Les scènes d’action sont relativement bien menées, avec notamment un duel entre Blanche Neige et le prince qui demeure un des rares bon moments du film. Par contre, le duel final entre les gentils et un méchant dragon reste un summum de platitude, comme si toutes les bonnes idées avaient été épuisées avec la précédente séquence.

Blanche Neige mise beaucoup sur l’humour, si bien qu’il flirte vraiment avec la parodie. Mais il ne choisit vraiment jamais franchement le ton qu’il souhaite adopter. Cela aurait pu être source de richesse, c’est au final tout le contraire. Jamais le film ne va au bout de ses idées, qui restent du coup totalement inintéressantes. C’est parfois drôle, mais c’est aussi souvent lourdingue. Les plus jeunes riront peut-être de bon cœur, les adultes cèderont parfois à la consternation.

En fait, là où le film sombre vraiment, c’est dans la manière dont il revisite les personnages. Sur Blanche Neige pas grand chose à dire, elle est sans doute la plus conforme à ce qu’on connaissait déjà. Le prince est par contre désespérant de platitude conformiste. Comment la jeune fille peut-elle tomber amoureux de ce bellâtre sans intérêt ? On lui pardonnera, vu qu’elle n’est guère sortie du château et n’a donc pas beaucoup d’éléments comparaison. Les nains sont vraiment à l’image du film. Il y a quelques bonnes idées : les nouveaux noms, les caractéristiques plus modernes… Mais encore une fois, tout cela est très mal exploité, souvent lourdingue et tous les éléments qui auraient pu se révéler un tantinet provocateurs sont développés avec le frein à main.

blancheneigeBlanche Neige est parfaitement résumé par le traitement du personnage de la Reine. D’un côté, le film la transforme en sorcière beaucoup plus stupide que machiavélique. Cela aurait pu finalement se révéler pertinent si le ton avait été franchement à la parodie. Comme ce n’est pas le cas, le personnage et bancal et tout sauf convaincant. D’un autre côté, l’interprétation de Julia Roberts est fantastique. Elle met tout son talent, toute son énergie et aurait presque pu sauver le film à elle toute seule, si seulement la tâche n’avait pas été si herculéenne. Tant de talent gâché, ça vous donne des regrets et a de quoi vous mettre en colère.

Le meilleur moment de Blanche Neige est au final son générique de fin. Non parce que le calvaire est enfin fini, mais surtout parce qu’il nous livre le seul moment un peu original et surprenant. La cour qui se met à danser sur une musique bollywoodienne. Une nouvelle preuve qu’avec juste un tout peu plus d’audace et d’imagination, ce film aurait pu constituer une bonne surprise. Espérons que le prochain Blanche Neige et le Chasseur soit d’un tout autre acabit.

Fiche technique :
Production : Citizen Snow Film, Goldmann Pictures, Misha Films, Rat Entertainment, Relativity Media, Yuk Films
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Tarsem Singh
Scénario : Marc Klein, Jason Keller, Melisa Wallack, d’après le conte des frères Grimm
Montage : Robert Duffy, Nick Moore
Photo : Brendan Galvin
Décors : Tom Foden
Musique : Alan Menken
Costumes : Eiko Ishioka
Durée : 105 mn

Casting :
Julia Roberts : La Reine
Lily Collins : Blanche Neige
Armie Hammer : Le Prince Alcott
Nathan Lane : Brighton
Mare Winningham : Baker Margaret
Michael Lerner : Le Baron
Sean Bean : Le Roi

RADIOSTARS : Personnages attachants et humour drôle

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radiostarsafficheDes potes, un roadtrip, voilà de quoi faire un film. Une recette assez commune, mais qui peut parfaitement fonctionner quand les ingrédients se marient avec bonheur. Pas forcément de quoi faire le film de l’année, mais au moins nous faire passer un bon moment. C’est exactement le cas de Radiostars, un film bien meilleur que ce que l’on pouvait imaginer. Une comédie sympathique et distrayante.

Le Breakfast club est le morning numéro 1 des radios françaises. Il est présenté par trois joyeux lurons dont le leader, Arnold, est dans le viseur de sa direction, car incontrôlable. Mais tant qu’il est numéro 1, on ne peut rien lui dire… Sauf que l’émission finit par passer en deuxième position en termes d’audience. Ils sont alors envoyés faire la tournée des villes de France en guise de grandes vacances. Dans cette aventure, ils embarquent avec eux Ben, jeune humoriste tout juste revenu de New York.

Un tel film ne peut fonctionner que s’il s’appuie sur deux piliers solides : des personnages sympathiques d’un côté, de l’humour drôle de l’autre. Si un seul des deux est présent, le résultat sera bancal et sera vite oublié. Radiostars a le grand mérite d’être bâti sur deux axes très réussis et surtout parfaitement complémentaires. Typiquement le film qui est plus que la somme de ses parties et qui du coup enthousiasme bien plus que ce qu’il devrait.

Radiostars nous propose quatre personnages principaux et trois un peu plus secondaires. Ils jouent tous un rôle bien différent, mais échappent largement à la caricature et à l’archétype. Romain Levy est arrivé à leur donner vraiment une identité propre qui fait qu’on fini tous par les aimer, mais pour des raisons très différentes. C’est sans doute là le vrai petit plus qui fait que l’on peut avoir très facilement un vrai coup de cœur pour ce film. Ils ne sont pas artificiellement complexes, pas particulièrement singuliers, mais simplement humains et sympathiques.

Ensuite, Radiostars est simplement drôle. Pas hilarant, mais toujours drôle. Il n’y a pas de baisse de régime, de moment plus faible à ce niveau-là. Le comique reste souvent situationnel, même si beaucoup de répliques nous arrachent de vrais éclats de rire. Le tout fait que l’on garde le sourire aux lèvres pendant toute la durée du film. Jamais vulgaire, flirtant mais vraiment de loin avec le lourdingue, l’humour est à l’image des personnages : proche de celui de vous et moi… en un peu mieux quand même je vous rassure.

radiostarsAprès reste une vague intrigue, mais ce n’est pas évidemment le plus important dans un roadmovie. Cependant, le tout est assez bien mené pour que l’on apprécie le dénouement comme une vraie fin à cette histoire. La véritable tension narrative ne survient qu’à la fin, mais on est largement rentré assez profondément dans l’histoire pour vraiment la vivre pleinement. Après, il y a toutes les petites histoires personnelles de chacun, qui ne font pas une grande histoire, mais on est assez attachés à chacun d’eux pour là-aussi prendre vraiment les choses à cœur.

Radiostars offre quatre beaux rôles à quatre beaux acteurs. Clovis Cornillac, Douglas Attal et Pascal Demolon sont très bons et participent pleinement à la réussite de ce film. Cependant, la vraie révélation reste Manu Payet dont le jeu aussi prend ici une autre dimension, prouvant encore une fois que les comiques, correctement dirigés, se révèlent souvent être de très grands acteurs.

Radiostars fait donc souffler un vent de fraîcheur sur ce printemps. Une fraîcheur bien plus agréable que celle provoquée par le vent du Nord qui souffle dehors. Une bonne raison pour aller au cinéma voir ce film.

Fiche technique :
Production : Mars films, Les productions du Trésor, Chaocorp, Picseyes
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Romain Levy
Scénario : Romain Levy, Mathieu Ouillon
Montage : Stéphane Couturier
Photo : Laurent Tangy
Décors : Nicolas de Boiscuillé
Musique : Robin Coudert
Durée : 100 mn

Casting :
Manu Payet : Alex
Clovis Cornillac : Arnold
Douglas Attal : Ben
Pascal Demolon : Cyril
Benjamin Lavernhe : Smiters
Côme Levin : Jérémie
Zita Hanrot : Jennifer
Sam Karmann : J.R. Jablonski
Ana Girardot : Sabrina

TWIXT : Plaisir pas vraiment partagé

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twixtafficheA 73 ans, Francis Ford Coppola a décidé de ne plus faire que des films plutôt intimistes avec lequel il se fait plaisir. C’est bien son droit après tout et surtout après une telle carrière. D’ailleurs, sa dernière très grosse production remonte à 1992 avec Dracula. Cependant, cela ne n’empêcherait pas de faire des films qui présentent un minimum d’intérêt. Car après un Homme Sans Age, absolument incompréhensible, et un Tetro qui laissait quelque peu perplexe, il revient à Twixt, un film vaguement de vampire, vaguement d’horreur, qui ne soulève une nouvelle fois guère l’enthousiasme.

Hall Baltimore est un romancier spécialisé dans les histoires de sorcellerie. Mais sa carrière est en déclin. Lors d’une séance de dédicaces dans un petite ville du fin fond des Etats-Unis, il tombe sur son seul fan du secteur, le shérif du coin. Ce dernier lui explique qu’il écrit lui-même et lui propose de rédiger tous les deux un roman sur ce qu’il croit être le serial-killer local. Il’ l’emmène d’ailleurs à la morgue de la ville, où le cadavre d’une jeune fille attend le passage du légiste. L’écrivain décline dans un premier temps la proposition, mais un rêve mystérieux va le faire changer d’avis.

On peut faire un bon film avec un scénario incompréhensible. Sinon David Lynch n’aurait pas connu une telle carrière. Cependant, l’exercice a ses limites et si on perd le spectateur, il va vite tomber dans un désintérêt total. Twixt nous laisse perplexe pendant toute sa durée. On attend éventuellement que le dénouement vienne donner un peu de sens à l’ensemble. C’est exactement le contraire qui se produit et du coup, on en ressort sur un vrai sentiment de déception.

En fait, j’ai beau remuer les choses dans tous les sens, le scénario de Twixt n’a tout simplement pas grand intérêt. Son côté ésotérique est malheureusement faussement poétique. Le suspense n’en est pas un, vu que l’on ne comprend même pas quel est l’enjeu. Il est structuré autour de plusieurs couches qui s’entrecroisent, mais aucune n’arrive vraiment à nous faire entrer dans cette histoire plus obscure que mystérieuse. Bref, on s’ennuie…

A côté de ça, Twixt reste quand même merveilleusement bien réalisé. Les deux ambiances visuelles entre rêves et réalités affichent toutes les deux une vraie personnalité, signe d’une maîtrise artistique hors du commun. Un grand est derrière la caméra et ça se sent. Cela aurait pu donner une formidable dimension à ce film si le scénario avait été vraiment percutant. Là, cela tourne à l’exercice de style un peu vain. De l’art pour l’art, mais puisqu’il n’a guère de sens, n’arrive absolument pas à soulever la moindre étincelle d’enthousiasme chez le spectateur.

twixtTwixt a divisé la critique. Il est vrai que si vous arrivez à entrer dans cette histoire, vous pourrez trouver ce film sublime. C’est l’effet tout ou rien. Bon, vous aurez bien compris où je me situais personnellement. Après à chacun de se faire son opinion. De toute façon, Francis Ford Coppola a toujours signé des œuvres qui ne laissent pas indifférents qui possèdent de nombreux adeptes, mais aussi des détracteurs vindicatifs.

Twixt permet de revoir à l’écran Val Kilmer. Il fait du Val Kilmer, c’est à dire qu’il interprète son rôle sans être particulièrement expressif. Lorsque George Clooney lui avait succède dans le costume de Batman, il avait déclaré « si Val Kilmer l’a fait, tout le monde peut le faire… ». A ses côtés, Bruce Dern et Ben Chaplin sont nettement plus intéressants. Mais la vraie star reste la jeune Elle Fanning, déjà vue dans Somewhere (de Sofia Coppola) et dans Super 8.

Avec Twixt, Francis Ford Coppola s’est certainement fait plaisir. Par contre, il ne me l’a pas fait spécialement.

Fiche technique :
Production : American Zoetrope
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Francis Ford Coppola
Scénario : Francis Ford Coppola
Montage : Kevin Bailey, Glen Scantlebury, Robert Schafer
Photo : Mihai Malaimare Jr.
Décors : Katherine Covell
Musique : Dan Deacon, Osvaldo Golijov
Costumes : Marjorie Bowers
Durée :
89 mn

Casting :
Val Kilmer : Hall Baltimore
Bruce Dern : Bobby LaGrange
Ben Chaplin : Edgar Allan Poe
Elle Fanning : V
Joanne Whalley : Denise
Davis Paymer : Sam Malkin