SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI : Houba houba pas top, mais pas flop non plus

surlapistedumarsupilamiaffiche

surlapistedumarsupilamiafficheAprès avoir fait vivre, avec une immense réussite, l’univers de René Goscinny avec Asterix et Obelix, Mission Cléopatre, Alain Chabat s’attaque cette fois à celui d’André Franquin, le papa de Spirou et de Gaston Lagaffe, avec Sur la Piste du Marsupilami. Il était sûrement l’homme de la situation, même si le résultat final est très inégal.

Dan Géraldo est un grand reporter, mais dont l’audimat a tendance à flancher. Sa patronne lui lance donc un ultimatum et l’envoie en Palombie, là où il avait réalisé son premier reportage. Il doit y retrouvé Pablito, moitié vétérinaire, moitié escroc, qui doit le mettre en contact avec le chef d’une mystérieuse tribu. Les deux hommes vont être entraînés dans une aventure inattendue, sur fond de prophétie et sur les traces d’un animal « qui n ‘existe pas mais qui n’existe ».

Les critiques à propos de Sur la Piste du Marsupilami ont souvent souligné le début un peu poussif de ce film. Je trouve que leur notion de début est assez large : un tiers, une moitié, les deux tiers… Bon, il est vrai que les choses s’accélèrent progressivement avant une dernière demi-heure qui décolle enfin. Globalement ce film propose le meilleur, mais aussi le pire de l’humour Nul. Une suite un peu décousue de gags plus ou moins efficaces, qui ressemblent souvent à un grand n’importe quoi. Une recette qui marchait très bien sur petit écran et dans des formats courts, mais qui touche ses limites sur le grand avec un long métrage.

Le meilleur tient dans des répliques potentiellement cultes, qui font mouche et qui nous feraient presque oublier tout le reste. Mais Sur la Piste du Marsupilami restera surtout dans les mémoires pour LE moment de bravoure comique de l’année. Même si nous ne sommes qu’en avril, on peut déjà l’annoncer. Une prestation inoubliable signée Lambert Wilson ! Il serait dommage de dire quoique ce soit de plus, mais rien que pour ces trois minutes de pur bonheur, ce film mérite d’être vu.

Alain Chabat n’a pas non plus son pareil pour nous proposer des personnages lunaires, qui emportent immédiatement la sympathie. Bien sûr, ils contribuent à cette impression de manque de maîtrise. L’ancien Nul n’est clairement pas le plus grand spécialiste de la direction d’acteurs et laisse un peu trop ses interprètes, et lui-même pas la même occasion, cabotiner un maximum, faisant perdre son rythme au film. D’un autre côté, cela apporte une certaine poésie qui colle assez bien avec l’univers de Franquin, où de Gaston Lagaffe au Professeur Champignac, les personnages lunaires sont légion.

Sur la Piste du Marsupilami est aussi une sorte d’hommage aux grands films d’aventures populaires. Mais l’équilibre avec l’humour souffre du manque évident de maîtrise de la réalisation. Du coup, les deux aspects se superposent, sans réelle synergie. Or, c’est quand l’intrigue proprement dite gagne en rythme et en consistance que le film devient bien meilleur. Cela cadre un minimum les choses et fait enfin ressembler le film à un long métrage, plutôt qu’à une succession de sketches télévisés. Dommage que cela survienne si tardivement.

surlapistedumarsupilamiUn mot enfin sur la bête elle-même. Plus largement, Sur la Piste du Marsupilami est visuellement très réussi, absolument pas kitch ou cheap. Le Marsu est lui même adorable et très expressif et les scènes où il se bat sont très convaincantes. Et ceux qui, comme moi, ont toujours eu un faible pour l’album de Spirou « le Nid du Marsupilami » seront émus de le voir prendre vie sous leurs yeux. Les moyens ont été mis, l’œuvre d’André Franquin valait bien ça. Après, comme pour Lucky Luke, cela ne signifie pas pour faire un grand film.

Les deux grandes stars de Sur la Piste du Marsupilami sont donc au final Lambert Wilson et le Marsu lui-même. Bon, Alain Chabat et Djamel Debouzze sont ceux qui restent de loin les plus longtemps à l’écran, mais ils se contentent simplement de réciter ce qu’ils savent faire de mieux. C’est déjà pas mal, mais pas suffisant pour surprendre et enthousiasmer. Fred Testot et Patrick Timsit s’en donnent par contre à coeur-joie et leur énergie est vraiment communicative.

Au final, Sur la Piste du Marsupilami n’est ni vraiment réussi, ni tout à fait raté. Il constitue un divertissement agréable où les vraiment moments de pur bonheur font oublier les nombreux passages beaucoup plus faibles.

Fiche technique :
Production : Chez Wam, Pathé, TF1 Film production
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Alain Chabat
Scénario : Alain Chabat, Jeremy Doner, d’après l’oeuvre de André Franquin
Montage : Marilyne Monthieux
Photo : Laurent ailland
Décors : Olivier Raoux
Musique : Bruno Coulais
Effets spéciaux : BUF Compagnie, BeDigital
Durée : 105 mn

Casting :
Jamel Debbouze : Pablito Camaron
Alain Chabat : Dan Geraldo
Fred Testot : Hermoso
Lambert Wilson : Général Pochero
Patrick Timsit : Caporal
Géraldine Nakache : Pétunia
Aïssa Maïga : Clarisse
Jacques Weber : Papa
Liya Kebede : Reine Paya

TITANIC : 3D, 2D, on s’en fout, seule demeure la légende

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titanicafficheIl y a les films. Puis il y a les bons films. Ensuite les grands films. Et enfin, il y a les films qui se situent au-delà de tout ça. Les films qui vous rappelle pourquoi vous pouvez aimer si passionnément le cinéma. Les années passant, ils deviennent ce qu’on appelle des classiques, continuant d’émerveiller générations après générations. Titanic fait incontestablement partie de ces films-là. Alors avoir l’occasion de le revoir sur grand écran est une chance qu’il ne faut pas laisser passer.

Jack Dawson gagne sa place sur le Titanic quelques minutes avant le départ, à l’occasion d’une partie de poker. Sur le bateau, il sauve Rose du suicide. La jeune femme, passagère de première classe est la fiancée d’un riche héritier qu’elle méprise. Mais sa mère, désargentée, compte sur ce mariage pour survivre. Malgré le dilemme, des sentiments que rien ne pourra arrêter vont naître entre Rose et Jack. Que rien ne pourra arrêter, sauf peut-être un célèbre iceberg.

Bon, commençons par un mot sur la 3D. Personnellement, je trouve que c’est comme la galette, c’est bon quand c’est bien fait. Ca a l’avantage de mettre en valeur les arrières-plans en leur donnant de la profondeur. Sauf que ce film se passe essentiellement soit en intérieur, soit avec l’océan à perte de vue en fond. Bref, la 3D est techniquement très réussie mais n’avait de toute façon pas grand chose à apporter.

Revenons donc au cœur du sujet. Titanic est un film Kisscool. Un film double effet. D’un côté, vous avez l’intrigue, cette histoire d’amour archi-classique, mais dans lequel on se laisse prendre grâce à ses personnages. James Cameron nous raconte une histoire éternelle mais qui n’a jamais lassé. De l’Iliade à Titanic, tant d’auteur nous ont compté des passions impossibles entre deux êtres que tout sépare. Le roi et la bergère, même si, ici, on est plutôt face à la reine et le berger. On n’est pas vraiment surpris par le fond de l’histoire, mais qu’importe, elle est trop bien racontée pour qu’on n’en tienne rigueur.

De l’autre côté, il y a bien sûr le décor. L’océan, un bateau, mais surtout un mythe, celui du Titanic. Là-aussi, quelque part, on est face à une histoire éternelle. Celle de la folie des grandeurs humaine qui finit toujours par se terminer en désastre. Ce paquebot fut une Tour de Babel moderne. La plus grande force de James Cameron est d’avoir su faire revivre ce mythe en mêlant son intrigue avec toutes les anecdotes déjà connues, comme l’orchestre qui joue jusqu’au bout. La petite et la grande histoire se mêlent. Bien sûr, quelques effets spéciaux ont un peu vieilli, notamment les survolés du bateau, où les passagers ont l’air de personnages de vieux jeux-vidéos. Mais tout cela est bien fugace et le décor de ce film continue d’émerveiller, de faire rêver, de fasciner.

titanicEnfin, le génie de Titanic tient dans le talent de James Cameron, qui n’est peut-être pas le plus grand réalisateur de l’histoire d’un point de vue purement artistique, mais qui a toujours été remarquablement imaginatif et inventif. Ce film est le seul à ma connaissance à contenir sa propre bande-annonce. La première partie où est présentée une reconstitution numérique du naufrage nous met à la bouche « Quoi ? Nous allons assister à ça, mais c’est incroyable ! ». Le spectateur brûle alors d’impatience et ne ressortira plus jamais du film. Désormais, on est peut-être moins facilement impressionné par les effets-spéciaux, mais la scène où le paquebot se retrouver à la verticale avant de sombrer définitivement reste une des plus spectaculaires de l’histoire du 7ème art.

Titanic restera à jamais dans nos mémoires, c’est aussi grâce à son duo d’acteurs. Bon, Leonardo Di Caprio était encore dans sa phase « j’ai une tête d’ado prépubère » qui m’horripilait franchement à l’époque. Mais le talent est déjà là et on comprend aisément que Rose puisse vouloir tout lâcher pour lui (surtout quand on voit ce qu’il l’attend par ailleurs). A ses côtés, l’immense Kate Winslet commençait une grande carrière qui lui a valu 5 nominations aux Oscars, bien qu’elle tourne finalement assez peu, avant d’être enfin récompensée pour The Reader. Sa présence à l’écran, son charisme, font d’elle la vraie seconde star de ce film… après le bateau bien sûr.

Quand on pense à Titanic, on ne sait pas quel est est son plus grand exploit. Celui d’être le film ayant fait le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma en France ou bien celui de nous faire supporter Céline Dion pendant le générique de fin. Quoiqu’il en soit les deux sont la marque d’un film inoubliable.

Fiche technique :
Réalisation et scénario : James Cameron

Production : James Cameron et Jon Landau (producteurs) ; Rae Sanchini (producteur délégué) ; Al Giddings, Grant Hill et Sharon Mann (co-producteurs) ; Pamela Easley (productrice associée)

Musique: James Horner

Direction artistique : Martin Laing et Charles Dwight Lee, sous la supervision de Peter Lamont

Costumes : Deborah Lynn Scott

Photographie : Russell Carpenter

Sociétés d’effets spéciaux : notamment Digital Domain et Industrial Light & Magic

Son : Christopher Boyes

Montage : Conrad Buff, James Cameron et Richard A. Harris

Durée : 194 minutes

Casting :
Leonardo DiCaprio : Jack Dawson

Kate Winslet : Rose Dewitt Bukater jeune

Billy Zane : Caledon Hockley

Bill Paxton : Brock Lovett

Gloria Stuart : Rose Dawson Calvert âgée

Frances Fisher : Ruth Dewitt Bukater

David Warner : Spicer Lovejoy

Lewis Abernathy : Lewis Bodine

Danny Nucci : Fabrizio De Rossi

Suzy Amis : Lizzy Calvert

Jason Barry : Tommy Ryan

MY WEEK WITH MARILYN : L’étoile et le rien du tout

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myweekwithmarilynafficheLe cinéma n’est-il pas mort avec Marilyn Monroe ? Bon, j’exagère un peu peut-être, mais il est évident que sa disparition a marqué le déclin d’un certain cinéma. Celui des immenses stars qui exerçaient une fascination qui nous est étrangère aujourd’hui. Désormais, les stars nous répondent sur tweeter, on peut les voir, les entendre 24h/24 sur le net. Bref, il n’existe plus de mythe inaccessible comme a pu l’être Marilyn. Mais cette dernière reste encore dans nos mémoires. Pour preuve, le très joli My Week With Marilyn.

1956, Colin Clark est un jeune homme de 23 ans qui ne rêve que cinéma, au désespoir de son père, célèbre historien de l’art. Sa persévérance va lui permettre d’être embauché pour le tournage de Le Prince et la Danseuse avec et mis en scène par la légende Sir Lawrence Olivier. A ses côtés, la déjà légendaire Marilyn Monroe, qui vient pour la première fois de sa vie en Angleterre. Une actrice fragile et capricieuse, mais qui va s’enticher du jeune Colin qui lui apparaît comme étant le seul en qui elle peut avoir confiance.

Une fois n’est pas coutume, je tiens à féliciter l’auteur de la bande-annonce de My Week With Marilyn. Pourtant, son œuvre ne m’avait pas vraiment donné envie. En effet, j’avais un peu l’impression d’avoir déjà vu le film. Et bien pas du tout ! En fait, si elle nous faisait sentir l’ambiance générale du film, elle sortait les extraits de leur contexte de manière à leur donner un sens qui n’est pas celui qu’il possède vraiment. Bref, j’ai eu le plaisir de découvrir une intrigue différente et surtout beaucoup plus riche et surprenante que ce que j’avais pu imaginer.

My Week With Marilyn souffre pourtant d’un défaut, mais un défaut inévitable. En effet, malgré tout son talent et la grande qualité de sa performance, et je tiens à insister là-dessus, Michelle Williams n’est pas Marilyn Monroe. Tout simplement parce que personne n’est et ne sera jamais plus Marilyn Monroe. L’actrice, révélée dans la série Dawson, a eu l’intelligence de ne pas chercher à lui ressembler à tout prix, un peu à l’image de Jérémie Rénier, dans Cloclo. Mais elle ne peut évidemment exercer la même fascination, ni avoir la même présence à l’écran que son illustre modèle.

Cependant, My Week With Marilyn ne nous raconte pas la vie de l’actrice américaine. Elle nous raconte l’histoire de Colin Clark. Une histoire vraie, même si évidemment on ne peut pas vraiment mesurer à quel point les évènements ont été romancés. Il nous parle surtout de la frontière entre amour et admiration. A quel point est-il tombé amoureux de la star et à quel point de l’être humain ? Est-il encore possible de dissocier les deux quand on est face à la femme la plus célèbre au monde ? De ce point de vue là, le film est vraiment intéressant, au-delà de la curiosité de découvrir Marylin telle qu’elle était en dehors de la caméra. Et croyez-moi, il y a de quoi faire plusieurs films à ce sujet.

myweekwithmarilynMy Week With Marilyn nous raconte surtout l’histoire éternel de la romance entre un étoile et un rien du tout. Il est vrai que cet aspect n’apporte rien de très nouveau. Si le film s’était limité à cela, il n’aurait pas forcément eu un intérêt immense. Mais cela apporte un fil rouge assez solide pour apprécier tous les à côtés et la reconstitution élégante d’un univers qui a fait rêver. Les cinéphiles savoureront ce passage de l’autre côté du décor, qui nous met des étoiles plein les yeux.

Michelle Williams est loin d’être seule à l’écran. La vraie star de ce film reste Eddie Redmayne que l’on avait découvert dans l’adaptation télévisée des Piliers de la Terre. Pas forcément l’acteur du siècle, mais il s’acquitte ici de son rôle avec justesse. On est aussi heureux de revoir Kenneth Branagh au meilleur de sa forme, qui apporte une vraie plus-value à My Week With Marilyn. Enfin, un petit mot sur Emma Watson, qui prouve ici qu’elle connaîtra peut-être une vraie carrière d’actrice et ne restera pas tout sa vie Hermione Granger. Ah si on pouvait dire la même chose de Daniel Radcliffe…

My Week With Marilyn constitue au final un agréable moment de nostalgie, portée par une histoire touchante, à défaut d’être bouleversante.

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Lipsync production, Trademark Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Simon Curtis
Scénario : Adrian Hodges, d’après les livres de Colin Clark
Montage : Adam Recht
Photo : Ben Smithard
Décors : Donal Woods
Musique : Alexandre Desplat, Conrad Pope
Durée : 102 mn

Casting :
Michelle Williams : Marilyn Monroe
Eddie Redmayne : Colin Clark
Kenneth Branagh : Sir Laurence Olivier
Julia Ormond : Vivien Leigh
Dominic Cooper : Milton Greene
Judi Dench : Dame Sybil Thorndike
Zoë Wanamaker : Paula Strasberg
Emma Watson : Lucy
Dougray Scott : Arthur Miller

HUNGER GAMES : Jeux troublants

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hungergamesafficheJe ne sais pas pourquoi, mais visiblement, les futurs où tout va bien n’intéresse guère les auteurs de science-fiction. Par contre, les sociétés totalitaires, où une partie de la population est opprimée séduit beaucoup plus. C’est peut-être parce que c’est plus facile du coup d’avoir quelque chose d’intéressant à raconter. Hunger Games nous offre une nouvelle vision d’un avenir ne donnant pas vraiment envie de s’y projeter. Une vision un rien provocatrice, pour un très bon film.

Dans un futur indéterminé, 74 ans après une rébellion réprimée dans le sang, les 12 districts doivent payer un tribut à la capitale chaque année. Il prend la forme d’un garçon et d’une fille entre 12 et 18 ans condamnés à participer aux Hunger Games. Une compétition dont un seul pourra revenir vivant. Katniss se porte volontaire pour le district 12, afin de sauver sa petite sœur que le tirage au sort avait désigné dans un premier temps.

Bon évacuons déjà, ce qui fâche. On passera rapidement sur la crédibilité de la situation de départ, notamment la passivité de la population. On est dans la fiction, ce n’est pas forcément le plus important. D’un point de vue plus artistique, Hunger Games est quand même un poil trop long. Plus de 2h20, alors que 2h auraient suffit. Il y a sûrement une volonté d’être fidèle au roman dont il est tiré, mais il en ressort un très léger manque de souffle. On peut aussi peut-être regretter que le film soit très lisse visuellement. On très loin du délire visuel de Battle Royale, film japonais basé à peu près sur la même idée.

Voilà, passons maintenant au positif, qui domine largement lorsque l’on pense à Hunger Games. Pour moi, la plus grande force du film est d’amener le spectateur à se prendre au jeu. Ce qui nous ait montré est monstrueux, inacceptable, révoltant. Et pourtant, la magie du show fait que l’on se met à le prendre comme un spectacle, une compétition dont on veut connaître l’issue. On se laisse griser la mise en scène, par les montées d’adrénaline, tout comme les téléspectateurs du film. De ce point de vue là, la démonstration est magistrale. Et quand on commence à se dire que le plaisir que l’on éprouve est morbide, très vite, on replonge et on oublie nos scrupules. Le film est donc vraiment troublant et pousse à une réflexion très personnelle.

Hunger Games est aussi un film visuellement très abouti. Les décors, les costumes, tous les petits détails comme les accessoires, tout cela est très soigné et contribue à vraiment donner vie à ce monde. Cela facile évidemment grandement l’immersion du spectateur. S’il avait été ne serait-ce qu’un minimum cheap ou bancal, l’impact en aurait énormément souffert. Ce n’est vraiment pas qu’une question de budget ou de qualité des effets spéciaux, mais un soucis du détail qui démontre une réelle implication de Gary Ross et de toute la production. Par contre, comme je l’ai évoqué plus haut, la violence est à la fois omniprésente et largement édulcorée visuellement, ce qui la rend un peu artificiellement plus facilement acceptable.

hungergamesHunger Games est le premier volet d’une trilogie. Il est vrai qu’il aurait été dommage que l’histoire s’arrête là, même si ce film a bien un début et une fin qui se tient. On a envie de retourner dans cet univers si ambigu, de voir comment tout cela peut évoluer. Le sujet peut encore largement être approfondi et on hâte de connaître la suite.

Hunger Games nous propose un casting adolescent vraiment réussi, ce qui n’est jamais facile. Jennifer Lawrence est époustouflante et confirme un immense talent déjà vu dans Loin de la Terre Brûlée, Winter’s Bone, Le Complexe du Castor ou encore X-Men le Commencement. Cela lui a déjà valu un prix à la Mostra de Venise, un Golden Globe et une nomination aux Oscars. A 22 ans, c’est quand même déjà pas mal… Le casting est complété par quelques valeurs sûres, comme Woody Harrelson dont chacune des rares apparitions est un véritable plaisir et Donald Sutherland, dont le rôle sera beaucoup plus central par la suite.

Hunger Games n’a donc rien d’un divertissement violent et écervelé. Au contraire, il nous amène à une vraie réflexion sur la manière dont la violence peut justement devenir une source de divertissement.

Fiche techinque :
Production : Lionsgate
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Gary Ross
Scénario : Gary Ross, Suzanne Collins, Billy Ray, D’après l’oeuvre de Suzanne Collins,
Montage : Stephen Mirrione, Juliette Welfling
Photo : Tom Stern
Décors : Philip Messina
Son : Lon Bender
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Sheena Duggal
Directeur artistique : Paul Richards, Robert Fechtman
Durée : 142 mn

Casting :
Jennifer Lawrence : Katniss Everdeen
Stanley Tucci : Caesar Flickerman
Liam Hemsworth : Gale Hawthorne
Josh Hutcherson : Peeta Mellark
Woody Harrelson : Haymitch Abernathy
Lenny Kravitz : Cinna
Elizabeth Banks : Effie Trinket
Donald Sutherland : Président Snow

TARGET : Léger…dans tous les sens du terme

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targetafficheLe triangle amoureux fait partie de ces ressorts éternels qui nous ont offert moult histoires et qui continueront à le faire tant que les humains continueront à tomber amoureux. Bon peut-être qu’un jour, ils comprendront peut-être enfin que l’amour n’existe pas, mais ceci est un autre débat que je ne vais pas entamer ici. Target est un film basé sur ce principe éternel. Il démontre qu’il continue encore de fonctionner, même si on final l’intrigue est assez limitée.

FDR et Tuck sont deux agents secrets, mais aussi deux inséparables amis. Ils sont tous les deux célibataires. Après une opération qui n’a pas très bien tourné, ils se retrouvent consignés au bureau et s’ennuient ferme. Ils ont donc tout le temps pour courir après les filles, avant de s’apercevoir qu’ils sont en train de courir après la même. Que le meilleur gagne se disent-ils. Mais leur amitié pourra-t-elle survivre à cette rivalité ?

Ceux qui ont vu la bande-annonce de Target ne seront pas étonnés par le synopsis que je viens d’établir. En fait, ils ne seront pas étonne par le film dans sa globalité. Il est basé sur une idée assez peu originale donc, l’exploite de manière assez réussie… mais n’est enrichi par quasiment rien. Il y a bien une vague intrigue secondaire liée à leur métier d’espion, mais elle ne constitue qu’un simple prétexte pour arriver à la scène finale. On n’est pas face à une comédie romantique d’espionnage, on est face à une comédie romantique tout court.

L’aspect comédie est cependant assez réussi. On rit assez souvent, même si les meilleurs moments figuraient évidemment dans la bande-annonce. L’imagination déployée par les deux compères pour empêcher l’autre d’arriver à ses fins est savoureuse, surtout qu’ils ne manquent pas de moyens technologiques à leur disposition. On aurait pu cependant imaginer un peu plus de fantaisie et de créativité, même si du coup, cela évite que Target ne sombre dans le n’importe quoi. L’équilibre trouvé aurait donc pu être meilleur, mais il aurait surtout pu être bien pire.

Target divertit tout de même grâce à ses personnages, que ce soient les deux héros ou la belle blonde qu’il courtise. Même s’ils ne sont pas très originaux, on se prend d’affection pour eux dès les premières minutes. Ce côté grand gamin rend ces deux espions beaucoup plus humains qu’un James Bond classieux et sûr de lui. Leur cible est loin d’être une écervelée au corps de rêve, mais fait preuve d’un charme et d’une personnalité qui nous séduit tout autant que nos deux héros. Bref, on a envie de croire à cette histoire et on se prend au jeu.

targetMais bon, tout cela reste un peu léger et surtout sans surprise. L’intrigue aurait pu être considérablement enrichie sans pour autant casser le rythme, cela n’aurait rien gâché. Le déroulement des évènements est largement linéaire et le choix final de la belle est de toute façon logique, si on considère certains éléments (que je ne dévoilerai pas ici naturellement). Ce ménage à trois n’est vraiment pas politiquement incorrect et comme souvent dans les comédies hollywoodiennes, la morale sera sauve au final. On y est habitué, mais on peut continuer à trouver ça dommage.

Le duo Chris Pine – Tom Hardy fonctionne très bien. Disons qu’ils sont parfait pour le rôle. Cependant, ce ne sont pas non plus d’extraordinaires acteurs et ils n’apportent pas non plus une plus-value énorme. Ca reste juste parfaitement professionnel. Reese Whiterspoon reste donc la vraie star de Target. Elle est à la fois le charme et l’humour de ce film qui perdrait une bonne partie de son intérêt sans elle. On peut d’ailleurs regretter que cette actrice soit toujours cantonnée à de sympathiques séries B (pas toujours si sympathiques que ça d’ailleurs).

Target reste donc un divertissement sympathique. Mais il ne va vraiment pas plus loin, tant le film est sans surprise.

Fiche technique :
Production : Overbrook Entertainment, Robert Simonds Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : McG
Scénario : Timothy Dowling, Simon Kinberg
Montage : Nicolas De Toth, Jesse Driebusch
Photo : Russell Carpenter
Décors : Martin Laing
Musique : Christophe Beck
Durée : 100 mn

Casting :
Reese Witherspoon : Lauren
Chris Pine : FDR Foster
Tom Hardy : Tuck
Til Schweiger : Heinrich
Chelsea Handler : Trish
Angela Bassett : Collins

LES PIRATES ! BONS A RIEN, MAUVAIS EN TOUT : Wallace et Gromit sont sur un bateau…

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lespiratesafficheLa guerre entre Pixar-Disney et Dreamworks voit une troisième belligérant se mêler à cette lutte sans merci : Sony Pictures Animation. Après le très bon Tempête de Boulettes Géantes et le succès phénoménal des Schtroumpfs, voici Les Pirates ! Bon à Rien, Mauvais en Tout. Un divertissement familial, au vrai sens du terme, c’est à dire qui pourra séduire petits et grands, de 7 à 77 ans, voire même plus si affinités.

Le Capitaine Pirate est adoré de son équipage. Cependant, il n’est pas vraiment le plus redouté à naviguer sur les océans. Il décide pourtant de se présenter une nouvelle fois au concours du pirate de l’année, malgré de très nombreux échecs précédents, mais découvre vite que la concurrence est très très rude. Mais il ne se décourage pas et décide de redoubler d’effort. Jusqu’à croiser le chemin d’un scientifique nommé Charles Darwin.

Bon, soyons tout de suite clair, Sony Pictures Animation est loin d’avoir gagné la guerre. Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout reste très loin d’un Toy Story, d’un Là-Haut, d’un Kung-Fu Panda, d’un Wall-E et autres Indestructibles. On se contentera d’un divertissement sympathique qui fonctionne très bien et qui fait passer un très bon moment. C’est quand même déjà pas mal. Et comme je l’ai dit en introduction, il pourra séduire un public très large.

Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout est à la fois jamais vulgaire, sans être pour autant totalement enfantin ou gnangnan. Les gags sont très souvent visuels, ça reste très premier degré et il n’y a pas non plus d’humour caché que seuls les adultes comprennent. Seulement, c’est assez drôle et rythmé, du coup, quelque soit son âge, on se retrouve à rire très souvent. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on est plié en quatre du début à la fin, mais les moments un peu plus faibles sont vite remplacés par de vrais éclats de rire.

Avouons tout de même que l’intrigue principale de Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout ne casse pas non plus des briques. Cependant, elle est assez consistante pour que l’humour repose sur une vraie histoire, même si elle constitue plus un prétexte qu’autre chose. Il y a bien des rebondissements, mais cet aspect ne pourra enthousiasmer que les plus jeunes. Par contre, la grande force de ce film, ce sont les personnages. Tous les personnages. Loufoques, imaginatifs, ils constituent véritablement l’âme de cet aimable divertissement. On appréciera notamment le détournement de personnages historiques comme la Reine Victoria ou Charles Darwin… même si mon cœur de biologiste a été un peu chagriné à voir le plus grand scientifique de l’histoire (allez avec Copernic, Newton et Einstein) transformé ainsi en méchant de seconde zone. Mais bon, je m’en suis remis.

lespiratesVisuellement, Les Pirates ! Bon à Rien, Mauvais en Tout dégage une certaine personnalité, à défaut d’être splendide. Réalisé avec la même technique que Wallace et Gromit, il diffère ainsi de l’aspect un peu formaté de l’image de synthèse pure. Le film joue beaucoup sur un aspect cartoon, même s’il ne va pas jusqu’à aplatir les personnages quand ils percutent un mur. Les graphismes contribuent largement à la réussite de ce film et à lui donner ce charme transgénérationnel.

Le casting voix est d’un assez haut niveau. Le personnage principal est doublé par Hugh Grant. On retrouve aussi Brendan Gleeson, dont le nom ne vous dit peut-être rien, mais qui est un des seconds rôles récurrents du cinéma britannique (Alastor Maugrey dans Harry Potter notamment). Et puis, comme d’habitude, on retrouve Salma Hayek, dont le personnage fait une assez courte apparition, mais on se dit que la belle mexicaine doit vraiment adorer le travail de doublage.

Les Pirates ! Bons à Rien, Mauvais en Tout ne révolutionne pas le monde de l’animation. Mais prouve la montée en puissance d’un nouveau studio capable de proposer des divertissements très agréables.

Fiche technique :
Production : Aardman Animations, Sony Pictures Animation
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Peter Lord, Jeff Newitt
Scénario : Gideon Defoe, d’après ses propres livres
Photo : Frank Passingham
Décors : Norman Garwood
Musique : Theodore Shapiro
Directeur artistique : Matt Perry
Durée : 88 mn

Casting :
Hugh Grant : le Capitaine Pirate
Brendan Gleeson : le pirate à la goutte
Jeremy Piven : Black Bellamy
Salma Hayek : Liz Lafaucheuse
Imelda Staunton : La Reine Victoria

YOUNG ADULT : Le changement, c’est maintenant

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youngadultafficheAh notre amour de jeunesse ! Quand on y repense… On pensait s’aimer toute la vie, qu’on n’était fait l’un pour l’autre et que rien ne pourrait jamais nous séparer. Et puis la vie, les études, la distance, le temps, la maturité, les autres rencontres font que chacun prend un chemin différent. Mais si au fond, on était quand même deux âmes sœurs destinés à s’unir au final pour ne plus jamais s’éloigner l’un de l’autre ? Si la séparation avait été une simple erreur à corriger ? Vous avez un doute ? Et bien allez voir Young Adult, vous n’en aurez plus…

Mavis Gary a la quarantaine, un divorce, une vie dissolue et ne pense plus du tout au trou perdu dans lequel elle a grandi. Jusqu’au jour où elle reçoit une invitation pour fêter la naissance du premier enfant de son petit ami de lycée. Elle décide alors d’y aller, persuadée qu’elle va venir le délivrer d’une vie triste et morne.

Young Adult est un peu une comédie romantique adolescente, mais avec des adultes. Enfin, tout le monde ne l’est pas complètement. C’est d’ailleurs le thème central du film. L’acceptation du temps qui passe, des relations qui changent, les habitudes qui évoluent et les envies qui différent. Ce n’est pas vraiment un film sur la nostalgie, car pour être nostalgique, il faut accepter que cela soit révolu. Pas vraiment non plus sur le refus de grandir, même si le titre peut le laisser le penser. Plus sur le refus de voir les choses changer.

Young Adult joue aussi sur la corde du « la fille de la ville qui pense que sa vie est formidable et que la campagne, c’est l’enfer» contre « les gens simples de la campagne simplement heureux avec leur vie simple ». Un ressort très souvent utilisé et apporte un contrepoint comique à la réflexion générale. Car j’ai peut-être oublié de le préciser mais ce film est avant tout une comédie, même si l’humour est avant tout situationnel et ne repose pas sur des gags à proprement parler. Il fonctionne plutôt bien et on garde le sourire aux lèvres tout du long.

Ces deux aspects sont traités avec beaucoup d’intelligence et de finesse. Young Adult n’est pas le film le plus profond de l’histoire, mais au moins il est cohérent, il tient de bout et surtout présente un minimum d’intérêt. C’est tout à fait convaincant et surtout la fin est particulièrement réussie. N’allez pas imaginer une conclusion cousue de fil blanc, elle est tout autre. Au final, on a donc vraiment l’impression d’assister à un film vraiment original par la consistance du propos, même si les thèmes de départ semblaient plutôt assez éculés.

youngadultPar contre, Young Adult souffre d’un petit défaut qui empêche ce film d’être totalement enthousiasmant. Le rythme est un peu mou du genou. Ca manque d’un rien de peps pour que l’on soit totalement emballé. On se laisse bercer plus qu’emporter par le film. On ne s’ennuie jamais certes, le film est relativement court, mais avance dans un petit traintrain très paisible. Le propos est intelligent, mais la mise en scène manque un peu de fantaisie et d’imagination. Les plus méchants d’entre vous diront que, du coup, on dirait presque un film français. En tout cas, cela différencie nettement ce film des deux petits chefs d’œuvre de Jason Reitman qu’étaient Juno et In the Air.

La promo du film a beaucoup insisté sur le fait que Young Adult serait LE rôle de Charlize Theron. Bon, je n’irais pas jusque là. Enfin, admettons tout de même que j’ai passé tout le film à me dire que je ne me rappelais pas à quel point elle pouvait être belle. Elle est ici carrément sublime ! Elle joue aussi très très bien je vous rassure, même si le léger manque d’énergie de la mise en scène l’empêche de vraiment totalement lâcher les chevaux. Les rôles masculins sont eux aussi parfaitement interprétés par Patton Oswalt et Patrick Wilson.

Young Adult est donc un film au propos intelligent et à l’humour subtil. Dommage que la forme soit par contre un chouïa planplan.

Fiche technique :
Production : Mandate Pictures, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Jason Reitman
Scénario : Diablo Cody
Montage : Dana E. Glauberman
Photo : Eric Steelberg
Décors : Kevin Thompson
Directeur artistique : Michael Ahern
Durée : 93 mn

Casting :
Charlize Theron : Mavis Gary
Patton Oswalt : Matt Freehauf
Patrick Wilson : Buddy Slade
Elizabeth Reaser : Beth Slade
Collette Wolfe : Sandra Freehauf
Jill Eikenberry : Hedda Gary

CLOCLO : SI j’avais un Cloclo !

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clocloafficheQue celui qui n’a pas ramener les bras le long de son corps en poussant un râle sur Alexandrie Alexandra se dénonce ? Personne ? Evidemment, tout le monde l’a fait au moins une fois dans sa vie. Voici, tout le paradoxe de Claude François. Un chanteur, considéré pour beaucoup comme la négation de l’art et l’avènement de la sous-culture, mais qui continue à traverser les époques, comme si sa musique était finalement indémodable par sa simplicité. Et puis, n’est-il pas l’auteur de la chanson la plus reprise de l’histoire de l’humanité ? Bref, sa vie, son œuvre valait bien un film. C’est chose faite avec l’excellent Cloclo.

Le jeune Claude François est obligé de quitter Suez lorsque l’Egypte décide de nationaliser le Canal. Ce départ va traumatiser sa famille et surtout briser son père, qui ne s’en remettra jamais. Ce dernier est un homme dur et fier, qui coupe les ponts avec son fils quand il décide de se lancer dans la musique. Début alors une des plus extraordinaires carrières de l’histoire du show-business.

Le premier point fort de Cloclo est d’avoir dépeint Claude François tel qu’il était… soit un sale con. Je sais, je suis peut-être un peu sévère, mais il n’aurait pas été un tel artiste, tous ses défauts le classeraient immédiatement dans la catégorie psychopathe infréquentable. Ce film n’est donc absolument pas une hagiographie. Et ceci, même si ses deux fils en sont les producteurs. Au moins, ces deux là ont su prendre du recul face à la légende paternelle.

Ceci dit, cette vision réaliste du personnage est paradoxalement la plus grande limite du film. Cloclo est long, peut-être un peu trop, car il est totalement linéaire. Bien sûr, on déroule les anecdotes qui ont marqué sa carrière, mais le personnage en tant que tel n’évolue. Sale con un jour, sale con toujours. C’est sans doute là que le film rate vraiment le coche pour être inoubliable. On reste au stade de la biographie factuelle. Cela ne signifie pas que le film soit totalement dénué d’émotion, mais Florent Emilio Siri a choisi de ne prendre aucun risque dans le propos, de ne proposer aucun point de vue subjectif.

Cependant, le film fonctionne tout de même très bien. Il ne s’agit pas d’une comédie musicale, mais la musique y joue naturellement un grand rôle. On retrouve évidemment la plupart des grands succès de Claude François, joué en partie ou quasiment intégralement. Evidemment, il vaut mieux apprécier à la base, mais ce n’est pas comme écouter Si J’Avais un Marteau sur son autoradio. Les chansons participent à l’histoire, elles sont remises dans leur contexte et prennent du coup un autre sens, pour ne pas dire une autre dimension. Donc, pas forcément besoin d’être fan pour apprécier.

clocloComme tous les biopics, Cloclo, c’est aussi l’occasion de traverser les époques, de revivre l’évolution des modes, des codes vestimentaires, des mœurs, des coiffures… Bon, Claude François est mort un an avant ma naissance, je ne vois pas ça avec nostalgie, mais on prend toujours du plaisir lors de ce genre de voyage dans le temps. Celui est d’autant plus agréable que le chanteur a fait partie de ces gens qui faisaient les modes. C’était d’ailleurs la plus grande force de cet artiste, savoir humer l’air du temps pour durer et toujours se réinventer.

Cloclo constitue le plus grand rôle de la carrière de Jérémie Rénier. Un rôle à César assurément. La plus grande qualité de cette interprétation est n’avoir pas cherché à pousser le mimétisme à l’extrême. Les deux hommes ont déjà un air de ressemblance à la base. Il était nettement suffisant. L’acteur a donc pu se concentrer sur son jeu au sens strict et l’expression des émotions. Il en ressort une performance vraiment convaincante et qui participe pleinement à la réussite de ce film.

Cloclo est donc un biopic réussi, malgré une certaine longueur. On y découvre aussi bien la face claire que la face sombre de Claude François. Et on ressort avec un air de magnolias dans la tête.

Fiche technique :
Production : LGM productions, StudioCanal, TF1 Films, Flèche productions, 24C Prod, Rockworld, JRW Entertainment, uFilm, Emilio Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Florent Emilio Siri
Scénario : Julien Rappeneau
Montage : Olivier Gajan
Photo : Giovanni Fiore Coltellacci
Décors : Philippe Chiffre
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 148 mn

Fiche technique :
Jérémie Renier : Claude François
Benoît Magimel : Paul Lederman
Monica Scattini : Chouffa François
Sabrina Seyvecou : Josette François
Ana Girardot : Isabelle Forêt
Joséphine Japy : France Gall
Marc Barbé : Aimé François
Maud Jurez : Janet Woolacot
Edouard Giard : Ticky Holgado

LA DAME EN NOIR : Angoisses éternelles

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ladameennoirafficheNous avons tous eu peur étant petit des bruits étranges venant du grenier. Certes, on sait aujourd’hui que c’est simplement du à la dilatation du bois, mais on garde tous cette angoisse tapie au fond de nous. Depuis toujours, les cinéastes ont su l’exploiter pour nous offrir des films nous replongeant dans nos terreurs enfantines. Et on a beau avoir grandi, il faut avouer que cela fonctionne encore très souvent. Dans La Dame en Noir notamment, même si le film souffre par ailleurs de beaucoup de défauts.

Arthur Kipps a bien du mal à se remettre du décès de son épouse, morte en couches. Plusieurs années sont passées pourtant. Son employeur, un notaire de Londres, lui offre une dernière chance de se ressaisir pour conserver son emploi. Il est envoyé dans un petit village isolé, régler une succession. Très vite, il se heurte à l’hostilité des habitants qui font tout pour qu’il reparte au plus vite. Il va surtout se heurter à des phénomènes mystérieux et inquiétants qui surviennent dans le manoir de la défunte.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier la jeune femme (enfin pas si jeune que ça, mais je suis gentleman, alors je vais faire comme ci) qui a vécu particulièrement intensément la Femme en Noir. Cris, sursauts, réactions immédiates aux moindres mouvements de caméra… Ca a fait parfois rire la salle, mais au moins ça a rendu la séance très vivante. Surtout qu’elle ne parlait pas non plus tout le temps. Par contre, elle a une phrase qui résume très bien ce film et c’est sans aucun scrupule que je vais la lui emprunter « il ne se passe rien dans ce film, mais qu’est ce que ça fait peur ! ».

Voilà, commençons par ce qui fâche un peu. A part les grincements de parquet inquiétants et les apparitions de spectres pas vraiment bien attentionnés, il est vrai que la Dame en Noir ne propose pas grand chose. Scénario très basique, personnages, décor (manoir isolé dans la brume) vu mille fois et rebondissements faméliques. On peut dire qu’il se concentre sur l’essentiel, ce qui fait qu’il fonctionne, on va y revenir, mais voici un genre où on compte des dizaines de film lui ressemblant, on est donc en droit de rechercher un minimum d’originalité et de nouveauté. Ce n’est pas ici qu’on le trouvera.

ladameennoirCependant, comme dirait donc ma voisine, c’est vrai que la Dame en Noir nous met dans une situation de stress assez permanent. Les ressorts sont archi-éculés, mais il fonctionne encore. A la fois, ce n’est pas parce qu’il fait nuit tous les jours, que certaines personnes arrêtent d’avoir peur du noir. Le fantôme qui se cache à l’étage et fait grincer le parquet continue de nous effrayer, malgré toute la rationalité dont on peut faire preuve. Reconnaissons à James Watkins le talent d’avoir su le faire revivre une nouvelle fois avec efficacité. Le film atteint finalement pleinement son but et c’est bien là l’essentiel.

Daniel Radcliffe constitue lui aussi une limite sérieuse. Je n’ai rien contre Harry Potter, mais on a pu déjà constaté au fur et à mesure de la saga que l’adolescence n’avait pas fait de lui un grand acteur. La Dame en Noir le confirme. Il n’est pas à proprement parler mauvais, mais n’apporte pas grand chose et se révèle bien trop souvent totalement inexpressif. De plus, lui faire endosser le rôle d’un jeune veuf, alors qu’il semble être tout juste sorti de l’adolescence, ne se révèle pas non plus être l’idée du siècle.

La Dame en Noir est donc un film qui cherche à faire peur et qui fait peur. Mais il ne fait vraiment que cela.

Fiche technique :
Production : Talisman productions, Hammer, UK Film Council, Cross Creek Pictures, Filmgate, Film i Väst
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : James Watkins
Scénario : Jane Goldman, d’après le roman homonyme de Susan Hill
Montage : Jon Harris
Photo : Tim Maurice-Jones
Décors : Kave Quinn
Musique : Marco Beltrami
Durée : 95 mn

Casting :
Daniel Radcliffe : Arthur Kipps
Ciaran Hinds : Mr Daily
Janet McTeer : Mrs Daily
Liz White : Jennet Humfrye
Sophie Tuckey : Stella Kipps
Liz White : Jennet

PROJET X : Réussite inattendue

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projetxafficheDans la série des films que ne prévoyais pas du tout de voir, et elle est longue vu le nombre de fois que j’utilise cette phrase pour introduire mes critiques, voici un qui décroche la palme absolue. Jamais je n’aurais imaginé que Projet X puisse recevoir des critiques aussi bonnes (3/5 au bilan Allociné). Bon, ce n’est clairement pas le film du siècle, juste une idée exploitée pleinement et avec un certain talent et un peu d’imagination.

Thomas est un adolescent timide et introverti. Bref, pas vraiment monsieur Populaire ! Pour ses 17 ans, son meilleur ami, Costa, le convainc d’organiser une grande fête d’anniversaire en profitant de l’absence de ses parents pour le week-end. Mais la fête va prendre une ampleur inattendue, qui va mettre le feu à tout le quartier. Et pas qu’au sens figuré…

Projet X est un objet cinématographique indéterminé. Ce n’est pas vraiment une comédie adolescente, sûrement pas un film sérieux, encore moins une réflexion sur l’adolescence. C’est juste l’histoire d’une soirée qui tourne mal… Ok, dis comme ça, on dirait vraiment que ce film n’a vraiment aucun intérêt. Bon, clairement, il est totalement anecdotique, mais même une idée minuscule peut donner au final un film qui se laisse voir quand elle est vraiment exploitée jusqu’au bout.

Projet X fonctionne tout simplement, et il est assez difficile d’expliquer pourquoi. Mais bon, je vais quand même m’y essayer. Déjà, Nima Nourizadeh ne cherche pas à se justifier. Quelque part, ça limite forcément la portée du film, mais d’un autre côté il se concentre sur l’essentiel, sans chercher à faire passer son film pour autre chose que ce qu’il est. On est dans le divertissement pur, qui ne cherche d’ailleurs même pas l’originalité. Tous les éléments de ce film ont déjà été vu par ailleurs, parfois dans des films peu recommandables, mais ils se trouvent ici dans un tout qui vaut bien plus que la somme de ses parties.

Les personnages ? Quatre archétypes des ados loser, qui peuplent films et séries, mais on s’y attache tout de même immédiatement. Ils sont à la fois caricaturaux (l’exubérant, le maigre timide, le gros à lunette, le gothique…), mais sans en rajouter… Du coup, ils sont un minimum crédibles, humains et sympathiques. Certes la série des évènements qu’ils vont provoquer est totalement invraisemblable, mais Projet X arrive à arriver à ce résultat par une série de petites étapes qui une à une pourrait presque se produire.

L’humour ? Il y en a, mais sans être omniprésent. Projet X est en fait parsemé d’éléments comiques, comme les deux ados prépubères chargés de la sécurité et qui prennent leur rôle vraiment au sérieux. Mais on n’est pas du tout dans American Pie, tout n’est pas destiné à préparer des gags dont on voir arriver la chute dix minutes à l’avance. Non, ici les éclats de rires viennent soudainement, par des éléments inattendus qui parcourent le film sans en constituer du tout le fil rouge. Du coup, si on peut trouver ce film totalement inintéressant, au moins n’est-il pas lourdingue, alors qu’on pouvait le craindre.

projetxLa réalisation ? En caméra subjective, puisqu’un protagoniste est chargé de filmer la préparation et la soirée et c’est par lui que l’on vit les évènements. Cela donne à Projet X un aspect « faux documentaire », technique assez éculée, mais qui, encore une fois, fonctionne très bien ici. Et surtout, cela nous permet d’échapper à l’aspect clip vidéo puisque, du coup, le film est plutôt constitué de plans-séquences.

Les trois acteurs principaux ne feront peut-être pas une grande carrière de comédien. Mais Thomas Mann, Oliver Cooper et Jonathan Daniel Brown ont vraiment l’air de s’amuser et c’est tout à fait communicatif. La réussite inattendue de ce film est donc aussi à mettre à leur crédit.

Projet X est un film surprenant parce qu’il fonctionne à partir de pas grand chose. On peut bien sûr retenir le pas grand chose, mais aussi ne pas bouder son plaisir et passer un bon moment en le regardant.

Fiche technique :
Production : Green Hat Films, Silver Pictures
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Nima Nourizadeh
Scénario : Michael Bacall, Matt Drake
Montage : Jeff Groth
Photo : Ken Seng
Décors : Bill Brzeski
Directeur artistique : Desma Murphy
Durée : 88 mn

Casting :
Thomas Mann : Thomas
Oliver Cooper : Costa
Jonathan Daniel Brown : JB
Dax Flame : Dax
Kirby Bliss Blanton : Kirby
Brady Hender : Everett