
Sidonie Laborde est la jeune lectrice de la Reine Marie-Antoinette, à laquelle elle est entièrement dévouée. Elle ne s’imagine pas ailleurs qu’à ses côtés, à la servir. Mais nous sommes le 14 juillet 1789 et le petit monde versaillais va bientôt être bouleversé par une tempête aussi violente qu’inattendue. Une tempête qui va changer le cours de histoire de France et le cours du destin de la jeune femme.
Soyons honnête, j’ai eu un peu de mal à entrer totalement dans les Adieux à la Reine. La première demi-heure donne l’impression d’un film en costume pas très dynamique, guère intéressant et surtout aux dialogues absolument pas crédibles. Puis, quand tout ce petit beau monde commence à être secouer par un tremblement de terre venu de la Bastille, le film prend véritablement son envol pour devenir un mélange passionnant entre des destins individuels et celui d’une nation tout entière.
Le premier grand intérêt de les Adieux à la Reine est de nous montrer l’envers du décor de la cour de Louis XVI. La vie des domestiques, mais aussi celles des courtisans et des nobles de seconde zone quasiment logés à la même enseigne. Et puis, les film nous raconte surtout comment toute cette belle mécanique s’est totalement enrayée pour finir dans une débâcle assez pathétique. Ou comment l’instinct de survie finit par prendre le pas sur les conventions sociales. Le film casse un peu un certain nombre d’images d’Epinal, nées dans nos livres d’histoire. Ou plutôt les enrichit en nous montrant ce qu’il se passait derrière les belles tapisseries.
Ensuite, les Adieux à la Reine est avant tout le récit d’un destin, celui d’une jeune femme, simple domestique, mais qui côtoie un monde qui lui semble devoir durer éternellement. Un monde qui lui est à la fois totalement étranger et complètement familier. Ce personnage, plutôt effacé au début du film, prend de l’épaisseur à mesure que se déroule l’intrigue. On apprend à l’aimer pour finalement épouser ses espoirs et ses craintes. Il y a un final une grande intelligence dans ce scénario qui arrive à nous surprendre jusqu’au bout, malgré un contexte historique que l’on pouvait penser déjà archi-connu.

Les Adieux à la Reine confirme la montée en puissance de Lea Seydoux qui tient là son rôle le plus marquant dans un film français. Tout comme son personnage, son jeu gagne en épaisseur à mesure que le film progresse. Le film repose en grande partie sur ses seules épaules et on ne peut par souligner la réussite qu’il représente sans lui en attribuer une large part. A ses côtés, Diane Kruger nous livre une très belle interprétation de Marie-Antoinette, même si elle confirme aussi les limites de ton talent. Quant à Virginie Ledoyen, son rôle quasi-muet permet de se rendre compte que sa seule présence à l’écran suffit pour faire parler son charisme.
Les Adieux à la Reine constitue donc le premier film français vraiment marquant de 2012. Cependant, la cuvée 2011 fut tellement exceptionnelle qu’on en deviendrait presque trop exigeant.
Fiche technique :
Production : Morena Films, Les films du lendemain, France 3 Cinéma, GMT Productions
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Benoît Jacquot
Scénario : Benoît Jacquot, Gilles Taurand
Montage : Luc Barnier
Photo : Romain Winding
Décors : Katia Wyszkop
Musique : Bruno Coulais
Durée : 100 mn
Casting :
Léa Seydoux : Sidonie Laborde
Diane Kruger : Marie-Antoinette
Virginie Ledoyen : Gabrielle de Polignac
Xavier Beauvois : Louis XVI
Noémie Lvovsky : Mme Campam
Julie-Marie Parmentier : Honorine
Lolita Chammah : Louison
Grégory Gadebois : Le comte de Provence
Michel Robin : Jacob Nicolas Moreau

38 Témoins reste tout de même l’œuvre d’un réalisateur brillant. Tout le talent de Lucas Belvaux se ressent pleinement dans un dernier quart d’heure vraiment poignant. On oublie alors toutes les incohérences ou les faiblesses pour se laisser porter par l’émotion. Notre cœur se sert et on ressent enfin à quel point la culpabilité peut être un étau oppressant et insupportable quand on doit y faire face. On pourra simplement regretter que tout le film ne soit pas à l’image de cette magnifique séquence.
Mais là où John Carter finit de sombrer, c’est au niveau du casting. Il faut dire qu’en choisissant un acteur principal portant le nom de Kitsch (ça ne s’invente pas), les producteurs de chez Disney ont donné le bâton pour se faire battre. Ce bellâtre a autant de talent que Liliane Bettancourt de lucidité. A ses côtés, Lynn Collins s’en sort beaucoup mieux, avec un minimum de personnalité. Sans parler de sa plastique… Par contre, ayons une pensée ému pour ce pauvre Mark Strong et son costume ridicule…
Possessions reste tout de même avant tout une réflexion sur la jalousie, la frustration sociale qui peut mener à la violence. Comment face à un ascenseur qui ne fonctionne pas, on est tenté de brûler tout l’immeuble… C’est beau ce que je dis… Sauf que trop d’imperfections viennent parasiter le fond du sujet. De plus, on est là face à une histoire très particulière, qui n’est pas vraiment symptomatique de quoique ce soit. On n’est pas là face à un film social, même si on y retrouve une forme de lutte des classes. Bref, tout concourt pour que ce film reste tout simplement purement anecdotique.
Enfin, Terraferma est un régal par ses décors. Emmanelle Crisale est visiblement amoureux de cette île, petit coin de paradis au milieu de la Méditerranée. Certes, il nous explique toujours qu’il n’est pas toujours facile de vivre au paradis, mais au moins, c’est un régal pour les yeux. On a vraiment envie d’y partir en vacances, de profiter des paysages et la mer bleue turquoise.
En fait, le Territoire des Loups est un bon film tout simplement parce qu’aucun aspect n’a été bâclé. Il est relativement rythmé. Certes, on n’échappe pas à un côté « amitié virile qui naît dans l’épreuve » qui peut prêter à sourire, mais qui finalement nous pousse à nous attacher aux personnages et à rentrer d’autant plus dans cette histoire. Enfin, le dénouement est assez réussi, ce qui permet de rester sur une très bonne impression. A noter que le film ne se termine vraiment qu’après le générique. 95% des spectateurs auront donc raté l’ultime plan, qui ne change pas grand chose, sinon à conclure définitivement l’histoire.
Le style graphique rappelle aussi celui de Valse avec Bachir, si on excepte le recours au noir et blanc. L’animation est cependant plus fluide dans Alois Nobel, mais le film est graphiquement moins imaginatif. Le style colle assez bien avec le scénario. Un rien austère, mais non dénué de profondeur. Il s’agit d’un vrai choix artistique. Tomas Lunak a incontestablement cherché à soigner la forme tout autant que le fond. Il n’a simplement pas chercher à être léger et encore moins sexy.
Hasta la Vista fonctionne si bien grâce à son trio de personnages. On devrait même dire son quatuor, en n’oubliant pas l’infirmière qui les accompagne pendant leur voyage. L’attachement est immédiat et ne va jamais se relâcher, même quand certains deviennent odieux. On n’a pas pitié d’eux. Au mieux on est admiratif. En fait, on les trouve juste sympathique avec leur humour, leur énergie et leur envie de connaître les mêmes joies. Ils aiment le vins et les jolies filles. Ca tombe bien, moi aussi !
Une des raisons pour lesquelles je n’ai pas vraiment accroché avec cette histoire, c’est peut-être pour son grand pessimisme. Je ne vais pas dévoiler ici la manière dont Oslo 31 août se termine, mais globalement le film parle largement de l’aspect inexorable de la tentation et du risque de rechute, qui apparaît alors inévitable tôt ou tard. La fatalité est un thème central de la réflexion. Or, j’ai parfois du mal avec les films qui nous montrent une situation dramatique juste pour nous dire qu’elle est dramatique. Je ne veux pas dire qu’il faut que tout se termine toujours pas un happy end, mais l’aspect « noir c’est noir » n’est pas forcément signe d’un propos très intéressant.
Au final, Les Infidèles est donc plutôt frustrant. On ne s’y ennuie pas, puisqu’au moins sa forme l’empêche de s’enferme dans d’interminables longueurs. Le thème aurait vraiment pu donner un contenu plus riche et surtout plus inattendu. On pourra peut-être regretter la suppression du sketch réalisé par Jan Kounen, qui, paraît-il, était trop fantaisiste par rapport aux autres. Enfin, ce n’est pas non plus comme si Jan Kounen avait du talent… (désolé, je ne lui pardonnerai jamais ce qu’il a osé faire du mythe de Blueberry! – Jean paix à ton âme !)
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