
Après deux ans de silence, Martha affolée, perdue, appelle sa sœur, Lucy pour qu’elle vienne la chercher dans un coin isolé. Elle a fuit une secte et son leader, manipulateur et séducteur, mais s’enferme dans le silence et cache la vérité. Il va être dur de se reconstruire et impossible d’oublier. Surtout quand monte la peur d’être pourchassée par ses anciens compagnons.
Martha Marcy May Marlene est un film relativement inclassable. Bien sûr, il possède tout de même un thème central bien identifié : celui du processus d’embrigadement qui peut faire glisser un individu vers un comportement totalement aberrant et destructeur et évidemment, son pendant, la difficulté presque insurmontable de pouvoir totalement en sortir. Pourtant, on ne sent pas chez Sean Durkin la volonté de vraiment faire un film sur ça. Il n’y a pas de volonté de généraliser le propos, mais simplement de nous montrer un parcours individuel. Bien sûr, le spectateur peut toujours extrapoler et en tirer des conclusions, mais le film ne le fait pas pour nous.
En fait, ce qu’il manque à Martha Marcy May Marlene, c’est une conclusion claire. Le dénouement est lui-même interprétable de manières diverses, mais plus généralement, c’est le propos qui n’aboutit pas vraiment. Le spectateur passe tout le film à se demander où l’histoire va le mener, quel va être le sens de tout ça, mais il est bien obligé de constater à la fin qu’il n’est arrivé nul part. Cela l’empêche de rentrer totalement dans le film et c’est dommage.
C’est d’autant plus dommage que Martha Marcy May Marlene est un film par contre totalement maîtrisé sur la forme. La photographie est très réussie, sobre comme l’est la réalisation. Les deux récits parallèles, le présent et le passé, se mélangent de manière claire et logique. Il y a une vraie progression dans la tension, qui est présente dès les premières secondes, mais qui se renforce au fur et à mesure que le tableau devient plus clair. On apprécie donc ce que l’on voit, mais comme je viens de l’expliquer, on reste trop à l’extérieur pour être totalement enthousiaste.

La direction d’acteurs et évidemment ces derniers font incontestablement partie des points fort de Martha Marcy May Marlene. Elizabeth Olsen est une jolie révélation, déjà parce qu’elle l’est, jolie, mais avant tout parce que c’est visiblement une comédienne talentueuse. A suivre donc. En face d’elle, John Hawkes, qu’on avait pu découvrir dans la série Deadwood et dans divers seconds rôles, tient là un rôle beaucoup plus consistant, qu’il interprète avec beaucoup de justesse, malgré l’ambivalence du personnage.
Martha Marcy May Marlene est objectivement un bon film. Mais on en reste sans doute trop purement spectateur pour l’apprécier à sa juste valeur.
Fiche technique :
Production : Fox Searchlight Pictures, Maybach Cunningham, FilmHaven Entertainment, BorderLine Films, This is That prod.
Réalisation : Sean Durkin
Scénario : Sean Durkin
Montage : Zachary Stuart-Pontier
Photo : Jody Lee Lipes
Décors : Chad Keith
Distribution : 20th Century Fox France
Musique : Daniel Bensi, Saunder Juriaans
Costumes: David Tabbert
Durée : 102 mn
Casting :
Elizabeth Olsen : Martha
John Hawkes : Patrick
Christopher Abbott : Max
Brady Corbet : Watts
Hugh Dancy : Ted
Maria Dizzia : Katie
Julia Garner : Sarah
Sarah Paulson : Lucy

La réalisation est sobre, mais pas moins aboutie. La tension palpable ne l’est pas que par la qualité du scénario. Elle est aussi visuelle. Nous faire pénétrer dans l’esprit d’un personnage aussi peu bavard que Jacky peut passer que par les images. Les moments d’intimité, où il se retrouve seul dans sa chambre, en disent plus long sur lui que tous les dialogues. On pénètre dans son esprit, nous faisant plonger encore plus profondément dans cette histoire, dans cet univers à la fois étonnement proche et étonnement dépaysant.
Niveau casting, le meilleur acteur de Cheval de Guerre reste de loin… le cheval. D’ailleurs, je trouve dommage qu’il n’est pas été crédité au générique… Je n’ai peut-être pas bien vu, mais il doit bien avoir un nom dans vraie vie et il n’est pas cité… Sinon, ce film nous fait rendre compte que tout le monde vieillit, y compris Emma Watson, qui joue désormais les mères de famille. Si les ans ont ajouté quelques rides, ils n’ont rien enlevé de son talent. Par contre, ce qui m’a vraiment gêne, c’est le fait d’avoir choisir des acteurs anglais, allemands et français pour jouer les différents personnages de différentes nationalités pour finalement les faire tous parler anglais, souvent avec un accent à couper au couteau… Ca renforce la faiblesse de certains passages, en y ajoutant un soupçon de ridicule. 
Albert Nobbs est à la fois un film historique et universel. Car si le contexte sociétal est bien daté, les sentiments sont intemporels. Le temps passe, mais beaucoup de gens sont encore obligés de cacher ce qu’ils sont pour avoir droit à une chance de réussir. Le poids du regard des autres joue un rôle très important dans ce film d’une remarquable intelligence et d’une grande sensibilité. On ne peut qu’être touché par cette histoire subtile, parfois surprenante, qui arrive à créer une vraie tension narrative. Jamais le film ne sombre dans la facilité et ne devient cousu de fil blanc. Jusque dans les dernières minutes, on se demande où va nous mener l’intrigue.
La réalisation de Sécurité Rapprochée est plutôt soignée. Comme le scénario, elle est plutôt nerveuse et nous place au cœur de l’action. Cependant, jamais elle ne se transforme en bouilli type clip vidéo provoquant le décès de tous les épileptiques photosensibles de la salle. On avait remarqué le réalisateur, Daniel Espinosa, suédois, contrairement à ce que peut laisser penser son nom, avec Easy Money, film venu du Nord de l’Europe, contrairement à ce que peut laisser penser son titre. Le passage de l’autre côté de l’Atlantique est plutôt réussi et il s’est visiblement bien adapté à l’efficacité hollywoodienne. On peut peut-être simplement lui reprocher une photographie tirant un peu sur le sépia, qui faisait hyper novateur y a dix ans, mais qui tient désormais plus du tic que de la prouesse artistique.
Globalement, si Chronicle fonctionne, c’est parce que le film est rythmé, focalisé sur son sujet et ne se perd ni dans des considérations ésotériques, ni dans des scènes spectaculaires mais qui ne feraient pas avancer l’intrigue ou les personnages. Le film dure un peu moins d’une heure et demi et c’est suffisant. Comme je l’ai dit, le sujet et le film sont limités, mais cette limite est assumée et Josh Tank ne cherche jamais à les masquer artificiellement.
On sent bien qu’Angelina Jolie a mis beaucoup d’elle dans ce film. Dénoncer tout ce qu’on veut, bien au chaud à Hollywood est à la portée de la première star venue. Mais le risque artistique est ici trop réel pour que la démarche ne soit pas d’une totale sincérité. On ne réalise pas un film en bosniaque de plus de deux heures, aussi dur, pour se faire mousser. Surtout que sa réalisation reste d’une sobriété remarquable, entièrement au service de son sujet. Certes, le point de vue reste romanesque, avec toutes les limites que cela suppose, mais Au Pays du Sang et du Miel reste une fiction, pas un documentaire.
La réalisation de Asger Leth est à l’image du film. Professionnelle, efficace, mais sans prise de risque, ni imagination débridée. On aurait pu attendre mieux d’un ancien 1er assistant de Lars Van Trier. Là encore, le manque d’ambition est patent, mais d’un autre côté, il fait de Dos au Mur un film qui a au moins le mérite d’atteindre son but premier, sans se disperser.
Restent néanmoins quelques passages vraiment drôles, faisant de la Vérité Si Je Mens 3 un divertissement passable pour soir de pluie. Les éléments du scénarios sont plus ou moins bien réussis. Le meilleur reste l’histoire d’amour entre Patrick et sa contrôleuse fiscale. A l’inverse, les relations entre Serge et son beau-père n’apportent vraiment rien et n’arrachent guère qu’un sourire circonspect. Sans parler d’épisode de trop, ce film fait rentrer la saga dans le rang et une quatrième volet pourrait facilement la faire basculer du côté obscur du navet. 
Comme tous les films basé sur un solitaire obligé de renoncer à sa solitude, El Chino véhicule un message humaniste. Vous vous doutez bien que tout cela ne se termine pas sans que le personnage central ne soit quelque peu sorti de sa misanthropie. Il est délivré avec beaucoup d’intelligence et n’alourdit en rien le film. Il fait même partie intégrale du charme que dégage cette production argentine. Là encore, certains éléments sont plutôt inattendus, à défaut d’être totalement inoubliables.
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