STARBUCK : Famille nombreuse, famille heureuse

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starbuckafficheLe Québec est une charmante contrée, mais qui a la malheureuse habitude de nous refiler tout un tas de chanteurs et de chanteuses dont on se passerait bien. Malgré cela, on les aime bien nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique. Parce qu’ils se rattrapent avec leur gentillesse, leur sirop d’érable et quelques bons films de temps en temps. En voici un particulièrement réussi, on peut même dire génial, intitulé Starbuck.

Il y a une vingtaine d’années, pour gagner de l’argent, David Wozniak a donné son sperme plus qu’à son tour, sous le pseudonyme de Starbuck. Mais aujourd’hui, il apprend qu’il est le géniteur de 533 enfants, dont 142 ont monté une association pour connaître l’identité de leur père. Dépassé par les évènements, il sollicite l’aide d’un de ses amis avocat pour l’aider à conserver son anonymat. Mais peu à peu, il commence à espionner sa progéniture et à s’attacher à elle.

Starbuck est une comédie humaniste, moderne et drôle, où humour et une certaine profondeur se côtoient. C’est tendre, touchant, subtil, bien mené, toujours de bon goût, jamais vulgaire, intéressant, prenant du début à la fin,… Bref, on pourrait passer la nuit à lister toutes ses qualités. On ne sait d’ailleurs pas trop par quoi commencer car nous sommes typiquement face à un film qui fonctionne incroyablement bien sans que l’on sache vraiment pourquoi.

Ceux qui ont déjà vu maintes fois la bande-annonce de Starbuck savent déjà quel est le point de départ du film. Mais ce n’est pas grave car c’est justement simplement un point de départ qui est rapidement exposé. Cela permet de rentrer tout de suite dans l’histoire qui va se dérouler à un rythme très juste, entre une intrigue qui avance constamment et le temps nécessaire pour faire réellement connaissance avec les personnages.

Ces derniers sont d’ailleurs le point fort du film. Le personnage de David, loser au grand cœur, complètement dépassé par les évènements nous rappelle un peu The Dude de The Big Lebowski. Quelqu’un qu’on n’aimerait pas avoir comme ami, sauf si on est déjà son ami et qu’on sait à quel point c’est un ami formidable… Ce n’est pas forcément très clair ce que je dis, mais on a tous dans notre entourage quelqu’un comme ça. A propos de David, dans le film, son père explique que malgré sa maladresse, partout où il va, il sait se faire aimer. C’est exactement ce qui se passe dans Starbuck où très vite le spectateur est sous le charme.

Starbuck parle beaucoup de famille, mais d’une manière tellement plus intelligente, subtile et drôle que l’éternel message hollywoodien. Rien que pour ça, ce film apporte un vrai vent de fraîcheur absolument réjouissant. Et puis, encore une fois, Ken Scot ne s’est absolument pas contenté d’exploiter une idée de départ sympathique. Il a construit un film remarquable à tout point de vue. La réalisation est sobre, mais l’écriture et la direction d’acteurs sont-elles vraiment de tout premier plan. Bien des réalisateurs paresseux devraient prendre modèle sur lui !

starbuckStarbuck ne fonctionnerait pas si bien sans une belle brochette d’acteurs. Des acteurs bien du cru. Pour preuve leur accent qui nécessite parfois quelques sous-titres qui permettront à nous, maudits Français, de bien tout comprendre. Honneur tout d’abord à Patrick Huard, qui porte une bonne partie du film sur ses épaules mais s’en sort merveilleusement. Sans son charme et son charisme, jamais on ne croirait à cette histoire. Ensuite, Antoine Bernard apporte une touche comique plus premier degré, mais qui touche parfaitement à son but. Enfin, Igor Ovadis, le père, est lui vecteur d’une légère émotion qui vient apporte une petite touche d’émotion délicieuse.

Starbuck est donc une excellente comédie qui cartonnerait sûrement si elle était hollywoodienne. Espérons que le public français lui fera tout de même honneur !

Fiche technique :
Production : Caramel film
Distribution : Diaphana
Réalisation : Ken Scott
Scénario : Ken Scott, Martin Petit
Montage : Yann Thibaudeau
Photo : Pierre Gill
Musique : David Laflèche
Costumes : Sharon Scott
Directeur artistique : Danielle Labrie
Durée : 109 mn

Casting :
Patrick Huard : David Wozniak
Julie Le Breton : Valérie
Antoine Bertrand : l’ami et l’avocat de David
Igor Ovadis : le père de David

LA PART DES ANGES : Looking for the whisky

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lapartdesangesafficheKen Loach est un réalisateur génial mais à qui on fait souvent le reproche, souvent justifié, de faire toujours un peu le même film. Pourtant, toutes les fois où il a proposé quelque chose d’un peu différent, il a souvent connu une grande réussite. Ceci est notamment vrai quand le ton de ses films devient plus léger, comme pour Looking for Eric. La Part des Anges se situe dans cette lignée pour une réussite identique !

Robbie est sur le point d’être papa pour la première fois. Il mesure donc sa chance quand il échappe à la prison pour une énième bagarre et se voit condamné à de simples travaux d’intérêt général. Il y rencontre Henri, le superviseur du groupe, qui va le prendre sous son aile et l’initier au plaisir de la dégustation du whisky. Une simple passion d’abord avant d’y voir une opportunité de gagner beaucoup d’argent d’un coup, de refaire sa vie et d’échapper enfin à un passé qui ne cesse de le rattraper.

La Part des Anges commence comme un Ken Loach des plus classiques avec un fond social très fort et pas forcément beaucoup de raisons de sourire. Mais peu à peu le film change de ton et devient plus léger. La première partie campe longuement le décor, nous permet d’appréhender en profondeur les personnages. La seconde est vraiment axé sur l’intrigue avec un vrai suspense et des rebondissements. Tout le cinéma de Ken Loach dans un seul film et c’est un vrai régal.

En effet, du début à la fin, la Part des Anges est réellement passionnant. On entre dans cette histoire de manière immédiate et s’il nous faut un peu de temps pour vraiment s’attacher aux personnages, on finit par les aimer passionnément. Ni vrais gentils, ni jamais méchants, ce sont simplement des victimes de leur milieu qui tentent tant bien que mal de survivre et de s’en sortir le mieux qu’ils peuvent. Il n’inspire ni pitié, ni peur, mais une vraie sympathie sincère.

On retrouve dans la Part des Anges cette vision de la société britannique assez dure avec les plus faibles. Mais jamais Ken Loach ne devient moralisateur. Il n’y a pas vraiment de morale ou de conclusion à ce film. On suit simplement le parcours de personnages auquel on finit par s’identifier. On vit l’histoire totalement, surtout que ses aspects sombres restent assez limités et qu’il s’en dégage un vrai optimisme absolument pas béat. Le bien ne triomphe pas à la fin, il n’y a aucun manichéisme ici et c’est particulièrement réjouissant !

lapartdesangesLa réalisation de Ken Loach reste toujours aussi sobre. Mais sobre ne veut pas dire minimaliste. Une photographie qui peut paraître parfois un peu terne, mais qui est en fait le reflet de la réalité sociale qu’il cherche à retranscrire. Il garde surtout son extraordinaire sens de la narration et son qualité inégalée de direction d’acteurs.

En effet, encore une fois, Ken Loach a été chercher un grand nombre d’acteurs totalement inconnus pour leur faire jouer le rôle de leur vie. Ils sont une nouvelle fois tous géniaux. On sait bien que le réservoir de comédiens britanniques est très profond, mais tout de même, le réalisateur y est forcément pour quelque chose. On saluera donc les performances de Paul Brannigan, John Henshaw, Gary Maitland, Jasmin Riggins et Roger Allam.

La Part des Anges est donc une comédie sociale joyeuse, dans la pure tradition britannique. Mais avec Ken Loach derrière la caméra, elle prend une saveur toute particulière ! Un grand moment de bonheur cinématographique !

Fiche technique :
Production : Sixteen films, why not productions
Réalisation : Ken Loach
Scénario : Paul Laverty
Montage : Jonathan Morris
Photo : Robbie Ryan
Décors : Fergus Clegg
Distribution : Le pacte
Son : Ray Beckett
Musique : George Fenton
Costumes: Carole K. Fraser
Durée : 101 mn

Casting :
Roger Allam : Thaddeus
Jasmin Riggins : Mo
Gary Maitland : Albert
John Henshaw : Harry
Paul Brannigan : Robbie

THE RAID : John McLane est un Bisounours

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theraidafficheLe cinéma asiatique est le cinéma de tous les excès… Voilà, je vous ai livré le lieu commun qui ne veut strictement rien dire du jour pour commencer cette critique. Mais que voulez-vous, je suis parfois très faignant et j’avoue qu’il m’arrangeait pour introduire mon avis sur The Raid. Si on est plus habitué à voir sur nos écrans des longs métrages venus du Japon, de Corée ou de Chine, ce moment de pure adrénaline a été réalisé en Indonésie.

Une unité d’élite de la police de Java s’apprête à donner l’assaut à un immeuble qui tient lieu de quartier général à un baron de la drogue local. Une vraie forteresse qui va vite ressembler à un piège qui se referme sur le groupe. Va alors commencer une lutte sans merci pour survivre et arriver à échapper à cet enfer.

Autant vous le dire tout de suite, The Raid ne tire pas du tout son intérêt de son scénario. Certes, il nous réserve quelques surprises et un rebondissement plutôt inattendu, mais rien de bien transcendant. L’intrigue n’est qu’un support à tout autre chose et il serait très sévère de le juger sur ce point. C’est souvent le cas dans des films de pure action, mais là, on est face à un OVNI cinématographique dont l’intérêt dépasse de loin la plupart des blockbusters hollywoodiens.

The Raid est presque un film de danse… Ok, vous ne voyez pas vraiment le rapport entre ce film et un Sexy Dance. Pourtant, les films d’arts martiaux s’apprécient par les chorégraphies qu’ils nous proposent, même si le ballet des danseurs revient à vouloir s’étriper joyeusement. Certes, il est vrai aussi que le pistolet automatique n’est pas tout à fait comparable à un tutu et un diadème, mais il s’agit toujours de mettre en exergue les possibilités offertes par le corps humains quand on le maîtrise à la perfection.

The Raid ne cherche donc pas à être réaliste, mais simplement spectaculaire. Il nous offre de vrais moments de bravoure où le personnage principal déploie des ressources incroyables d’habileté, de souplesse, de rapidité et de force pour envoyer ses ennemis ad patres. C’est tellement improbable parfois, dans l’excès le plus total que ça en devient totalement jouissif. On est dans l’utra-violence, mais une violence tellement excessive et stylisée qu’elle en perd son sens. Cependant, le film mérite largement son interdiction au moins de 16 ans.

theraidLe tout est porté par une réalisation musclée et efficace, mais qui sait parfois s’attarder pour créer une ambiance et une vraie tension. C’est là que The Raid finit de prendre un intérêt bien supérieur à ce que peut donner à penser le synopsis. Gareth Evans ne nous livre pas un clip vidéo, mais un vrai moment de cinéma porté par un réel travail artistique et une photographie soignée, à défaut d’être géniale. La bande-son et la bande originale viennent encore souligner la qualité de la réalisation.

Alors évidemment, la performance de certains acteurs dépassent le seul cadre de l’expression dramatique. Nous sommes aussi face à des performances physiques réellement impressionnantes. Celles de Iko Uwais et Yayan Ruhian le sont de la première à la dernière seconde, avec comme point d’orgue leur inoubliable affrontement final. Le jeu de Ray Sahetapy est plus classique, mais il incarne parfaitement le grand méchant inquiétant et machiavélique.

The Raid est donc bien plus qu’un simple film d’action. En faisant passer Piège de Cristal pour un remake de la Mélodie du Bonheur, il repousse certaines limites pour notre plus grand bonheur.

Fiche technique :
Production : Pt. Merantau Films, XYZ Films
Distribution : SND
Réalisation : Gareth Evans
Scénario : Gareth Evans
Montage : Gareth Evans
Photo : Matt Flannery
Musique : Fajar Yueskemal, Aria Prayogi, Mike Shinoda, Joseph Trapanese
Durée : 101 mn

Casting :
Donny Alamsyah : Andi
Joe Taslim : Jaka
Yayan Ruhian : Mad Dog
Iko Uwais : Rama

THE DICTATOR : Au mieux un gros pétard

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thedictatorafficheSacha Baron Cohen peut faire rire ou agacer, mais on peut au moins lui reconnaître un investissement total dans chacun de ses projets. Le temps d’un film et de sa promotion, il incarne ses personnages jour et nuit… Enfin jour et nuit, je ne suis pas sûr en fait, mais au moins à chacune de ses apparitions publiques. Si bien qu’avant même la sortie de The Dictator, nous étions déjà familiers avec l’Amiral Général Aladeen. Mais du coup, le film n’avait peut-être pas les moyens de réellement nous surprendre.

L’Amiral Général Aladeen règne d’une main de fer sur la République du Wadiya. Dictateur mégalomane, il essaye tant bien que mal de se doter de l’arme nucléaire, bien qu’il ait fait exécuter le chef de son programme quelques temps avant, suite à une remarque mal placée de ce dernier. La communauté internationale est alors sur le point d’intervenir, obligeant le dictateur à se rendre à New York pour faire un discours devant l’ONU. Mais son oncle, le chef de la police secrète, va tenter d’en profiter pour se débarrasser de lui et reprendre le pouvoir.

Contrairement à Borat et Bruno, The Dictator est un film entièrement tourné avec des acteurs professionnels, dans une mise en scène de fiction tout ce qu’il y a de plus classique. Terminé donc les scènes prises sur le vif auprès d’interlocuteurs incrédules, ignorant que la personne qui est devant eux est un acteur interprétant un personnage de fiction. On pourra donc reconnaître le mérite à Sacha Baron Cohen d’avoir su ne pas répéter une énième fois la même recette, afin d’éviter qu’elle ne finisse pas lasser.

Cependant, en perdant ce qui faisait le cœur de son originalité, Sacha Baron Cohen a perdu aussi un tout petit peu de son intérêt. The Dictator est une comédie comme une autre, dont seule la promotion a été originale. Le film souffre donc de deux défauts. Déjà, comme beaucoup de comédies, il est quelque peu inégal. Certains gags fonctionnent bien, d’autres moins, voire sont parfois un peu lourdingues. De plus, le meilleur nous a été livré par la bande-annonce. Ensuite, le film ne propose pas de vrais morceaux de bravoures, comme certains passages absolument inoubliables de Borat. Les éclats de rire sont disséminés dans le film, mais aucun passage n’est assez culte pour qu’on est envie de se le raconter encore et encore.

The Dictator se laisse quand même voir. Même s’il est inégal, il reste une comédie efficace et assez drôle. Le format est court, moins de 90 minutes, on n’a donc absolument pas le temps de s’ennuyer. Sacha Baron Cohen exploite pleinement ses bonnes idées (quelques unes un peu moins bonnes également), mais ne les étire pas artificiellement jusqu’à lasser. Cela donne un film plutôt dynamique qui atteint son but, même si certain tirs passent à côté de leur cible. On n’est donc pas devant du grand cinéma, mais il peut nous permettre de passer très facilement une très bonne soirée détente devant la télé.

thedictatorEvidemment, c’est Sacha Baron Cohen lui-même qui occupe le haut de l’affiche. Ses personnages changent, mais c’est vrai que certaines de ses mimiques restent. Il continue d’exploiter avec bonheur son créneau. Cependant, on aimerait le voir de temps en temps prendre un peu plus de risque, histoire de voir ce qu’il a vraiment dans ses tripes de comédiens. Il est accompagné à l’écran par un casting secondaire de qualité. Ben Kingsley est évidemment très bon. Mais les deux autres grands contributeurs au comique de The Dictator restent Anna Farris, nettement plus convaincante en brune, et Jason Mantzoukas, qui tient là son premier vrai rôle au cinéma.

The Dictator reste sympathique et drôle, mais on sent que Sacha Baron Cohen arrive un peu au bout de ses concepts. Espérons qu’il arrivera à réellement se renouveler.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Faour By Two Films, Berg Mandel Schaffer, Scott Rundin Production
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Larry Charles
Scénario : Sacha Baron Cohen, Alec Berg, Jeff Schaffer, David Mandel
Montage : Greg Hayden, Eric Kissack
Format : 35mm
Décors : Victor Kempster
Musique : Erran Baron Cohen
Durée : 83 mn

Casting :
Sacha Baron Cohen : le général Aladeen
Anna Faris : Zoey
Ben Kingsley : Oncle Tamir
Jason Mantzoukas : Nadal
Megan Fox : elle-même
Anna Katarina : Angela Merkel

21 JUMP STREET : Trahison ?

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21jumpstreetafficheDans la série prends ton coup de vieux, lorsque j’ai dit à une jeune fille de 23 ans que j’allais voir 21 Jump Street au cinéma, elle m’a demandé le plus naturellement du monde de quoi il s’agissait. Evidemment, elle n’avait jamais entendu parlé de cette série mythique, qui a marqué ma génération (enfin moi pas trop en fait) et qui a surtout marqué les débuts de Johnny Depp. La voilà désormais portée sur grand écran, même si le ton choisi est clairement celui de la comédie.

Au lycée Schmidt était un intello timide, tandis que Jenko était un sportif ultra-populaire. Autant dire qu’ils n’étaient les meilleurs amis du monde. Ils se retrouvent quelques années plus tard à l’académie de police où ils vont finir par sympathiser et s’entre-aider. A leur sortie, ils sont envoyés dans une unité qui vient d’être recrée, dont la base est située 21 Jump Street. Leur mission : profiter de leur physique juvénile pour infiltrer les trafics de drogue lycéen.

21 Jump Street a tout pour diviser les fans de la série d’origine. En effet, s’il multiplie les clins d’œil vers cette dernière (dont un très gros, particulièrement savoureux), il est vrai que cette comédie potache et policière n’est pas du tout dans l’esprit d’origine. On pourra facilement accuser les producteurs d’utiliser un nom pour attirer un public, sans vraiment se soucier de ses attentes. Cependant, j’ai vraiment apprécié ce regard ironique sur ce qu’était la série à l’époque. Quelques éclats de rire naissent de ce dernier, sûrement les plus puissants du film.

Par ailleurs, 21 Jump Street reste une comédie adolescente inégale. On rit parfois très fort, mais pas non plus hyper souvent. Il y a même quelques moments de vraie lourdeur et des gags qui tombent carrément à plat, voire nous plongent dans une légère consternation. L’humour reste très premier degré et repose grandement sur les difficultés pour ces deux adultes de se faire passer pour deux lycéens. Mais quand ça ne marche pas, c’est simplement complètement idiot. Bon, franchement, dans le genre il y a carrément pire, donc le résultat reste quand même tout à fait regardable, faute de mieux.

L’intrigue policière reste un simple prétexte et un simple support pour l’humour potache. C’est sans doute ça que les vrais fans de 21 Jump Street, la série, ne pardonneront pas. Cet aspect n’est absolument pas pris au sérieux et n’apporte guère d’intérêt au film. Il ne faut donc surtout pas aller le voir pour ça et bien avoir à l’esprit qu’il s’agit d’une pure comédie.

21jumpstreetEn fait, 21 Jump Street peut permettre de passer un bon moment grâce à l’attachement que l’on ressent pour les deux personnages principaux. Des personnages plus proches de Max la Menace que James Bond, mais que l’on apprend très vite à aimer. C’est cette sympathie qui donne vraiment son âme au film et maintient le spectateur dans une histoire qui, sans cela, ne casserait vraiment pas trois pattes à un canard. Par contre, il est clair que la parenté avec le personnage interprété par Johnny Depp.

Jonnah Hill tient vraiment le rôle le plus marquant de 21 Jump Street. Il revient à un de ses rôles comiques habituels, avec beaucoup de bonheur, même s’il nous avait démontré dans le Stratège que son talent pouvait s’exprimer aussi bien dans des rôles un peu plus sérieux. A ses côtés, Channing Tatum quitte les films d’action et les comédies romantiques pour un rôle quelque peu à contre-emploi. Il ne s’en sort pas trop mal, même si son jeu est marqué par une certaine maladresse. Mais la touche de charme de ce film provient de la délicieuse Brie Larson, remarqué dans la série United States of Tara.

21 Jump Street est donc une comédie potache, pas forcément indispensable, mais tout à fait regardable… sauf peut-être par les inconditionnels de la série.

Fiche technique :
Production : Original Film, Cannell Studios
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Phil Lord, Christopher Miller
Scénario : Michael Bacall
Montage : Joel Negron
Photo : Barry Peterson
Décors : Peter Wenham
Musique : Mark Mothersbaugh
Costumes : Leah Katznelson
D’après la série télévisée créée par Patrick Hasburgh et Stephen J. Cannell
Durée : 109 mn

Casting :
Jonah Hill : Schmidt
Channing Tatum : Jenko
Brie Larson : Molly
Dave Franco : Eric
Ice Cube : Le capitaine Dickson

BLANCHE-NEIGE ET LE CHASSEUR : Blanche-Neige version adulte

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blancheneigeetlechasseurafficheAprès la double nouvelle adaptation aussi médiocre qu’inutile de la Guerre des Boutons à l’automne dernier proposée par le cinéma français, Hollywood nous offre lui aussi un double retour d’une œuvre ancestrale sur nos écrans. Après le Blanche-Neige, avec Julia Roberts, sorti le mois dernier et carrément pas terrible, voici Blanche-Neige et le Chasseur. Une version beaucoup plus adulte du mythe. Mais surtout beaucoup plus réussie !

Alors que sa belle mère règne d’une main de fer sur le royaume de feu son père, Blanche-Neige arrive à l’âge adulte et la surpasse alors en beauté. La méchante mégère ne le supporte pas, d’autant plus que son miroir lui explique que lui arracher le cœur lui procurera la jeunesse éternelle. Alors quand la jeune fille s’enfuit dans la forêt, la Reine doit recruter un des chasseurs du Royaume pour mener la poursuite.

Blanche-Neige et le Chasseur est en fait un bon film d’aventures, qui dépoussière le mythe et auquel on pardonne facilement les quelques faiblesses. On reste magnanime tout simplement parce que l’on ne s’ennuie pas du tout, que c’est quand même visuellement bien foutu et que le scénario est plutôt sombre et évite largement le gnangnan. On ne va certes jamais très loin dans le politiquement incorrect. Cependant, l’idée de placer la jeune fille au centre d’un triangle amoureux (qui n’est pas résolu à la fin ouvrant déjà la perspective d’une suite) apporte un légère tension sexuelle qui fait définitivement basculer le film dans un monde d’adultes.

Après, on peut reprocher bien des faiblesses au scénario de Blanche-Neige et le Chasseur. Quelques incohérences, des péripéties guère convaincantes et surtout le plus souvent prévisibles, mais bon rien de réellement pire que n’importe quel autre divertissement hollywoodien. Par contre, le vrai point noir de ce film, celui qui l’empêche d’être autre chose que distrayant et sympathique reste le manque flagrant de charisme et d’intérêt des personnages. Même la cruauté de la Reine reste superficielle et très attendue. Blanche-Neige manque sérieusement de personnalité et on a bien du mal à comprendre tout ce qu’elle est censée provoquer chez ses interlocuteurs. Quant au chasseur, il a la profondeur d’un fan de Justin Bieber. Seuls les nains arrivent à provoquer chez le spectateur un réel attachement.

Heureusement, Blanche-Neige et le Chasseur reste assez rythmé pour qu’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Certes, on reste dans un schéma hyper classique avec la gentille poursuivie par des méchants à travers des contrées hostiles, soit l’idée de base d’à peu-près un film d’aventures sur deux depuis un siècle… Mais bon, la vieille recette fonctionne encore et on passe tout de même un très bon moment. Les décors et les ambiances visuelles sont vraiment réussies, jamais kitch et apporte un vrai plus à cette vision assez sombre, presque gothique, de ce conte immortel.

blancheneigeetlechasseurBlanche-Neige et le Chasseur est aussi très riche en références diverses et variées. La plus flagrante est l’esprit de la forêt qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Princesse Mononoke. En fait, cela montre bien la volonté de faire de cette nouvelle version du mythe une œuvre d’heroic fantasy beaucoup plus qu’un conte pour enfants. On est vraiment loin de l’esprit Disney… Enfin le Disney actuel, parce que l’œuvre de Walt avait déjà une certaine noirceur.

Le casting de Blanche-Neige et le Chasseur ne vaut que pour Chalize Theron, impeccable en Reine… Impeccable mais pas géniale pour autant. Mais c’est sûr que comparer à Chris Hemsworth, son jeu est absolument époustouflant. Sérieusement, cet homme a peut-être un physique hors du commun, mais il n’a strictement rien à faire devant une caméra, si ce n’est pour nous montrer le vrai sens du mot « inexpressif ». Quant à Kristen Stewart, supposée être la grande star de ce film, elle peine vraiment à avoir le charisme qu’est supposé posséder son personnage.

Blanche-Neige et le Chasseur constitue donc globalement une réussite. Un vrai divertissement adulte, mais qui souffre vraiment d’un casting trop faiblard.

Fiche technique :
Production : Universal Pictures, Miller Roth Films, FilmEngine
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Rupert Sanders
Scénario : Evan Daugherty, John Lee Hancock, Hossein Amini
Montage : Conrad Buff
Photo : Greig Fraser
Décors : Dominic Watkins
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Cedric Nicolas
Costumes : Colleen Atwood
Directeur artistique : Andrew Ackland-Snow
D’après l’oeuvre des frères Grimm
Durée : 126 mn

Casting :
Kristen Stewart : Blanche Neige
Chris Hemsworth : Le chasseur
Charlize Theron : Ravenna
Sam Claflin : William
Bob Hoskins : Muir

LE GRAND SOIR : Décalé mais sans poésie

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legrandsoirafficheBenoît Délépine et Gustave Kervern sont avant tout connus pour être des piliers du Groland, depuis la création de cet univers sous la houlette de Jules-Edouard Moustic. Mais ce sont aussi deux cinéastes à l’univers poétique et décalé, qui nous font vivre toujours des personnages improbables mais terriblement attachants. Leur précédent film, Mammuth, avait été un franc succès et surtout un succès mérité. Du coup, le Grand Soir a eu le droit de concourir à Cannes dans la catégorie un Certain Regard. Mais si le résultat est toujours aussi décalé, la poésie est nettement moins présente.

Les Bonzini tiennent un restaurant dans la zone commerciale de Bègles. Ils sont deux fils : l’un deux se fait appeler NOT et se vante d’être le plus vieux punk à chien d’Europe. L’autre, Jean-Pierre, est nettement plus conformiste et vendeur dans un magasin de literie. Mais quand son mariage tombe à l’eau, il se met à déraper sévèrement, se fait licencier et commence alors à mener la même vie que son frère.

On retrouve dans le Grand Soir le message social qui parcourt toute l’œuvre de Délépine et Kervern. Une dénonciation du système et du conformisme qui broient les « différents » et les « inadaptés », aussi bien intentionnés soient-ils. Leurs personnages ne sont pas toujours totalement sympathiques, mais ils arrivent toujours à faire naître chez le spectateur une grande empathie. On se dit alors qu’ils ont bien droit d’être comme ils sont et on est révolté quand le reste de la société essaye de les faire sortir de leur folie douce.

Le tout est généralement traité avec un grand humour et une infinie tendresse. En tout cas, c’était bel et bien le cas dans Mammuth, qui était ainsi parcouru d’une réelle poésie. Malheureusement, dans le Grand Soir, la poésie reste largement absente. Les personnages sont bien hors système, mais pas forcément non plus hyper sympathiques. Si on comprend bien que Jean-Pierre ait envie de changer de vie, le chemin qu’il prend ne donne pas vraiment envie de le suivre. On n’est pas dans la folie douce et légère, mais plus dans la sociopathie… Bon j’exagère peut-être un peu, mais disons qu’on n’a pas forcément très envie de devenir amis avec les deux frères.

Du coup, c’est tout l’intérêt du propos du Grand Soir qui en prend un coup. En effet, le film se termine par une tentative des deux frangins de déclencher une révolution. Evidemment, personne ne les suit. Le problème est qu’on comprend beaucoup plus l’indifférence générale que leur envie de révolte. Le film nous projette du mauvais côté de la barrière, alors qu’il est évident que Délépine et Kervern souhaitaient que l’on prenne fait et cause pour leurs deux personnages.

legrandsoirLe Grand Soir se révèle donc au final très inégal. Il nous réserve quelques moments de bravoure, mais aussi malheureusement beaucoup de séquences fonctionnant nettement moins bien. Quelques éclats de rire fusent ça et là, mais aussi quelques sourcils levés, plongés dans une certaine perplexité. Bref, la sauce ne prend pas réellement, comme quoi les mêmes ingrédients ne donnent pas toujours la même saveur d’une préparation à l’autre.

Si le Grand Soir laisse une impression mitigée, ce n’est par contre pas du tout la faute des acteurs. Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel incarnent leurs personnages avec talent et une certaine retenue. Le film pouvait se prêter à un cabotinage débridée, mais il n’en est rien. Délépine et Kervern ont réussi à réellement diriger leurs comédiens. Le casting est complété par une multitude de caméos, dont celui de Brigitte Fontaine absolument savoureux dans le rôle de la mère.

Le Grand Soir est un donc un film décalé, comme savent si bien bien le faire Benoît Délépine et Gustave Kervern. Mais cependant ils n’ont pas su ce coup-ci insuffler cette poésie et cette tendresse qui nous permettraient de prendre vraiment fait et cause pour ces personnages.

Fiche technique :
Production : Panache productions, Arte France Cinéma, GMT, Anga, No Money productions,
Réalisation : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Scénario : Benoît Delépine, Gustave Kervern
Montage : Stéphane Elmadjian
Photo : Hugues Poulain
Décors : Paul Chapelle
Distribution : Ad Vitam
Musique : Brigitte Fontaine, Areski Blekacem
Costumes: Florence Laforge
Durée : 92 mn

Casting :
Benoit Poelvoorde : NOT
Albert Dupontel : Jean-Pierre Bonzini, DEAD
Brigitte Fontaine : La mère Marie-Annick Bonzini
Areski Belkacem : le père René Bonzini
Bouli Lanners : le vigile
Serge Larivière : le directeur du Grand Litier
Stéphanie Pillonca : l ex femme de Jean-Pierre
Miss Ming : la jeune femme muette
Gérard Depardieu : le voyant

ADIEU BERTHE : La mort leur va si mal

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adieubertheafficheLa mort n’est pas forcément le sujet le plus approprié pour une comédie. Ou du moins, il demande une extrême habileté pour éviter le mauvais goût. On peut effectivement rire de tout, tant que l’humour est manié avec précaution et talent. Du talent, Bruno Podalydes en a à revendre. Mais force est de constater qu’il n’a pas su l’exploiter pleinement dans son dernier film, Adieu Berthe, comédie paresseuse, pas vraiment drôle et guère intéressante.

La grand-mère d’Armand vient de mourir. Une grand-mère qu’il avait un peu oubliée dans sa maison de retraite. Il est chargé d’organiser ses funérailles. Mais au même moment, c’est toute son existence qui se compliqué, partagée entre sa maîtresse et sa femme, avec qui la rupture est difficile. Un peu perdu, il va pourtant devoir faire les choix devant lesquels il a longtemps reculé.

Un enterrement est moment privilégié pour réunir une famille et faire ressortir toutes les histoires et les non-dits qui l’habitent. De nombreux films l’ont exploité. Mais Adieu Berthe ne se situe pas du tout dans cette optique puisque ce n’est pas une comédie sur la famille, mais sur les interrogations existentielles d’un homme. Un des principaux problèmes de ce film est que, du coup, on ne voit pas bien le rapport réel entre l’enterrement de sa grand-mère et les interrogations d’Armand. Ainsi, le fil rouge n’enrichit pas un propos qui a bien du mal à se raccrocher sur ce dernier de manière convaincante.

Adieu Berthe nous présente une série de personnages lunaires, dont le côté décalé est le principal vecteur d’humour. Le seul problème, c’est qu’aucun d’eux ne fonctionne totalement. On ne s’y attache pas et toutes leurs facéties se transforment vite en grimaces un peu ridicules. Bref, c’est surjoué, tentative désespérée pour donner de l’épaisseur à des personnages qui en manquent cruellement. Du coup, on rit pas ou très peu. On est parfois amusé par les situations mais tout semble le plus souvent inabouti, comme si les frères Podalydes n’avaient pas daigné creuser et travailler assez longuement chacun de leur début de bonne idée.

Du coup, le peu de profondeur du propos perd tout intérêt et toute crédibilité. Les débuts de réflexion sur le deuil, l’amour, la séparation, la famille reste superficielles, peu convaincantes et ne dégagent du coup aucun émotion. Cela contribue largement à l’indifférence quasi totale qu’inspire Adieu Berthe. Et de l’indifférence à l’ennui, il n’y a qu’un pas. Bien sûr le film se veut avant tout léger, mais comme on a vu que l’aspect comique n’étais pas satisfaisant, on aurait aimé que les à-côtés remontent un peu le niveau. Ce n’est malheureusement pas le cas.

adieubertheEn fait, globalement Adieu Berthe est un film paresseux. Il n’y a pas assez de contenu et d’épaisseur pour en tirer un long métrage. Du coup, le film s’étire sur 1h40 avec un manque de rythme et de souffle constant. La mise en scène est sans imagination, même si certains décors, notamment celui d’une entreprise de pompe funèbre sont sûrement les seuls éléments qui démontrent un vrai travail artistique. Cependant, c’est bien trop peu pour sauver le film.

Denis Podalydes est à l’image du film. Un jeu cabotin mais sans conviction, jamais convaincant et qui ne provoque jamais les rires recherchés. Par contre, son frère, si son travail derrière la caméra est décevant, surprend devant cette dernière. Son personnage est un des seuls à vraiment posséder une puissance comique. Mais la vraie star de ce film reste Valérie Lemercier qui brille vraiment, mais pas encore suffisamment pour vraiment nous faire aimer Adieu Berthe.

Adieu Berthe souffre d’un manque flagrant de qualité dans à peu près tous les domaines. Du coup, le résultat final est extrêmement décevant et pour tout dire sans intérêt.

Fiche technique :
Production : Why Not Productions
Réalisation : Bruno Podalydès
Scénario : Bruno Podalydès, Denis Podalydès
Montage : Christel Dewynter
Photo : Pierre Cottereau
Décors : Guillaume Deviercy
Distribution : UGC Distribution
Son : Laurent Poirier, Nicolas Moreau, Cyril Holtz
Durée : 100 mn

Casting :
Denis Podalydès : Armand
Valérie Lemercier : Alix
Isabelle Candelier : Hélène
Bruno Podalydès : Yvon Grinda
Isabelle Candelier : Hélène
Catherine Hiegel : Suzanne
Samir Guesmi : Haroun
Michel Vuillermoz : Rovier Boubet

PROMETHEUS : Il était une fois l’homme

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prometheusaffichePrometheus était un des films le plus attendus de cette année. Le projet d’un prequel de Alien était dans l’air du temps depuis longtemps et savoir que Ridley Scott serait à sa tête attisait l’impatience et une envie gourmande chez les fans. Mais une fois le film sorti sur les écrans, les réactions furent beaucoup plus tièdes. Du coup, je m’y suis rendu avec beaucoup de méfiance et sans guère d’espérance. C’est peut-être pour ça que j’en suis ressorti particulièrement enthousiaste.

A la fin du XXIème siècle, à plusieurs endroits sur Terre et chez diverses civilisations antiques, on retrouve les mêmes représentations de géants les mains tournées vers les mêmes étoiles. Une expédition, financée par la multinationale Weyland et animée par deux scientifiques persuadés qu’ils tiennent là le secret de la création de l’homme, est envoyée dans le système qui figure sur ces dernières. Mais rien n’assure qu’ils y trouveront ce qu’ils espèrent.

Prometheus renoue avec une science-fiction emplie de mysticisme. Ce n’est certainement pas le premier récit du genre qui fait le lien entre des civilisations extra-terrestres, l’origine de l’humanité et l’existence de Dieu. Des thèmes hyper classiques qui ont toujours nourri ce domaine de l’imaginaire. Après on peut trouver que ce sont des questions existentielles de pacotille, du religieux qui n’a rien à faire là ou un ésotérisme du pauvre. Ou alors on peut y voir un nouvel épisode d’une tradition ancienne qui a largement irrigué la culture populaire depuis plusieurs décennies.

Un autre reproche fait à Prometheus est la légèreté de son scénario. Il est vrai qu’il n’est pas non plus hyper élaboré, mais pas plus que ne l’était celui d’Alien. Comme son prédécesseur, on est dans un film d’ambiance, dont l’intérêt est basé sur la tension constante et un mystère qui se dévoile peu à peu. Le film rentre assez vite dans le vif sujet alors que la bande-annonce pouvait donner à penser à une longue et pénible introduction. Après, on est face à des aventures assez classiques, mais qui ne sont certes pas portées par une intrigue particulièrement complexe.

N’empêche, malgré tout ces reproches que je peux objectivement comprendre. J’ai tout simplement adoré Prometheus. Je suis entré dans le film dès les premières secondes et je n’en suis jamais ressorti. J’ai accroché à tous les niveaux : l’ambiance, l’intrigue, les personnages… Une immersion immédiate dans un univers à la fois nouveau mais qui évidemment multiplie les clins d’œil vers l’univers que des quatre films de la quadrilogie initiale. Vous trouverez même des fans qui sur les forums regardent attentivement si tout cela est bien compatible avec les Aliens vs Predators. Sauf le respect que j’ai pour eux, Riddley Scott doit à peine savoir que ces deux navets existent.

Si Prometheus fonctionne si bien, c’est que la caméra de Ridley Scott reste une des plus magistrales d’Hollywood. Paradoxalement, le fait qu’il dispose de tous les moyens techniques qu’il désire rend peut-être son style plus impersonnel que dans un Alien, où il devait compenser le manque de moyen par son génie artistique. Mais tout de même, il y a chez lui une manière remarquable de passer avec le même bonheur de scènes d’action spectaculaires, aux frontières de la démesure, à des scènes intimistes où il développe la psychologie de ses personnages.

prometheusLe casting de Prometheus est riche en acteurs chevronnés. Les deux plus grandes stars sont Noomi Rapace et Michael Fassbender. La première confirme son incroyable charisme et cette faculté à se transformer physiquement pour chacun de ses rôles. Le second est parfois un peu hésitant dans ce rôle de cyborg qui s’interroge sur sa propre condition. Par contre, rien à redire sur les performances de Idris Elba, remarqué dans l’excellente série Luther, et Charlize Theron.

Prometheus manque peut-être d’audace et de surprises. Cependant, il renoue avec une science-fiction très classique dont Ridley Scott a toujours été un des porte drapeau (Alien, Blade Runner). On lui reproche de ne pas s’être réinventé, mais il n’a jamais été un précurseur. Je retrouve en fait dans ce film ce qui a fait que j’aime tant Kingdom of Heaven et qui fait que ce dernier est lui aussi parfois sévèrement décrié. Du cinéma classique, délivrant des messages simples (ce qui n’est pas pareil que superficiels), mais du cinéma éternel !

Fiche technique :
Production : Brandywine productions, Dune entertainment, Scott Free Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Ridley Scott
Scénario : Jon Spaiths, Damon Lindelof
Montage : Pietro Scalia
Photo : Dariusz Wolski
Décors : Arthur Max
Musique : Marc Streutenfeld
Costumes : Janty Yates
Durée : 124 mn

Casting :
Noomi Rapace : Elizabeth Shaw
Michael Fassbender : David
Charlize Theron : Meredith Vickers
Idris Elba : Janek
Guy Pearce : Peter Weyland
Logan Marshall-Green : Charlie Holloway
Kate Dickie : Ford
Sean Harris : Fifield

COSMOPOLIS : Retour aux sources, retour au chiant

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cosmopolisafficheParce qu’il nous a livré, avec A History of Violence, les Promesses de l’Ombre et A Dangerous Method, trois films au scénario solide et bien construit, on a peut-être oublié que David Cronenberg était plutôt habitué aux scénarios tordus et dont le sens était parfois quelque peu mystérieux. Pour le meilleur (Spider, Faux-Semblants), ou pour le pire (Crash). Avec Cosmopolis, il revient à ses premières amours.

Eric Packer est un des hommes les plus riches et les plus puissants au monde. Il se déplace dans les rues de New York à bord d’une immense limousine, où se succèdent les visiteurs, tandis qu’il cherche simplement à se rendre de l’autre côté de la ville pour se rendre chez son coiffeur. Mais ce jour-là, la ville est en ébullition, la révolte gronde. Il va alors voir son empire s’écrouler et va entrer dans un processus inexorable d’autodestruction.

Cosmpolis, c’est l’histoire d’un mec qui parle dans une voiture. A peu près 50% de ce film correspond exactement à cette description. Certes, la limousine est grande et les personnages peuvent s’y déplacer, mais tout de même, cela ne fait pas beaucoup d’espace à explorer. Restent donc principalement les dialogues. Si au moins, ils étaient intéressants… mais ils se contentent malheureusement d’être totalement abscons.

Bref, vous l’aurez compris, le sentiment qui domine largement à la vue de Cosmopolis, c’est un profond ennui, pour ne pas dire un ennui profond. Ca n’a vraiment aucun intérêt. C’est froid, distant, impénétrable. On reste totalement spectateur de ce spectacle quasi-immobile, ne dégageant ni émotion, ni suspense, ni humour. Le film n’a ni rythme, ni réelle profondeur. C’est un objet lisse sur lequel l’esprit n’a aucune prise et qui glisse sur votre regard sans jamais rien entraîner. En un mot, c’est très chiant !

Cosmopolis est une allégorie sur le capitalisme, sa fragilité, son côté destructeur et autodestructeur. On peut comprendre que David Cronenberg ait voulu adapté ce roman de Don DeLillo, vu l’actualité récente. Il est vrai qu’on a du mal à imaginer que cette histoire ait été écrite avant la crise actuelle. Comme quoi, certains sont plus visionnaires que d’autres. Le passage sur grand écran est totalement raté. Certes, visiblement, le roman a été largement autant encensé que critiqué, mais il y a vraiment un problème de forme au cinéma, ce format ne pouvant supporter un spectacle aussi statique.

cosmopolisCosmopolis reste tout de même un film particulièrement abouti visuellement. La maîtrise de David Cronenberg reste impressionnante. On sent bien que chaque cm² de l’image est exactement ce qu’il voulait qu’elle soit. Il a fait exactement à son idée. N’empêche que personnellement, je trouve juste que ce sont de très mauvaises idées pour le coup. C’est trop immobile pour être vraiment beau. Du coup, ça paraît juste surfait et prétentieux.

La grande star de ce film est Robert « Twillight » Pattinson, plutôt convaincant, à défaut d’être génial dans un rôle qui de toute façon ne pouvait guère être convaincant. Face à lui, un défilé d’invités prestigieux, donc deux de nos plus brillants comédiens : Juliette Binoche et Matthieu Almaric. Le troisième invité de marque est Paul Giamatti, une serviette sur la tête (ceux qui ont vu le film comprendront), dont l’apparition vient conclure le film. Mais bon comme la fin est à l’image du film, sans queue, ni tête et surtout sans intérêt, même lui n’arrive pas à faire naître le moindre frisson d’émotion.

Cosmopolis est sûrement plus représentatif de ce qu’est vraiment le cinéma de Cronenberg que son plus grand chef d’œuvre, les Promesses de l’Ombre. Mais on préfèrera évidemment un milliard de fois ce dernier.

Fiche technique :
Production : Alfama production, Stone Angels
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : David Cronenberg, d’après le roman de Don DeLillo
Montage : Ronald Sanders
Photo : Peter Suschitzky
Décors : Av Grewal
Distribution : Stone Angels
Musique : Howard Shore
Durée : 108 mn

Casting :
Robert Pattinson : Eric Paker
Juliette Binoche : la consultante en art
Paul Giamatti : l’ex employé
Samantha Morton : la professeur de théorie
Sarah Gadon : l’épouse
Mathieu Amalric : l’entarteur