THE DARK KNIGHT RISES : Trilogie conclue !

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thedarkknightrisesafficheEtre le grand favori aux Jeux Olympiques et triompher quand même n’est jamais facile. La faute à la pression tout ça, tout ça… Réaliser un film qui suscite une énorme attente de la part de millions de fans à travers le monde ne l’est pas non plus. On n’a pas le droit de se rater et on sait que son travail sera décortiqué à l’infini. Christopher Nolan en signant un chef d’œuvre en 2008 avec The Dark Knight était condamné à livrer un nouveau film de très haute tenue avec le troisième et dernier volet de sa trilogie consacrée à l’homme chauve-souris. The Dark Knight Rises répond à ces attentes… mais peut-être pas totalement.

Voilà huit ans que la paix règne à Gotham City depuis que Batman s’est accusé du meutre d’Harvey Dent et a disparu de la circulation. Bruce Wayne vit depuis reclus et diminué physiquement. Mais une nouvelle menace apparaît, en la personne du mercenaire Bane. Elle n’est pas prise au sérieux par la police locale, persuadée d’avoir définitivement mis le crime au pas. Le seul espoir réside alors dans le retour du héros masqué avant qu’il ne soit trop tard.

On peut difficilement contester que The Dark Knight Rises se situe quand même largement un ton en dessous de The Dark Knight. Evidemment, il est toujours dommage de juger un film en le comparant en tout point à un autre. Mais dans ce cas, c’est malheureusement relativement inévitable. Surtout que Christopher Nolan a vraiment cherché à unifier la trilogie et conclure les deux thèmes développés précédents épisodes. Il donne un sens à l’ensemble et c’est là un de ses plus grands mérites, au-delà des faiblesses dont il fait preuve. Les cinq dernières minutes sont notamment de toute beauté et nous offre une magnifique conclusion à toutes les péripéties vécues précédemment.

Le scénario de The Dark Knight Rises est à l’image de ce film. D’un côté, l’intrigue est solide et particulièrement prenante. Des rebondissements, de vraies surprises, des personnages dont l’épaisseur constitue un vrai plus. Et surtout une ambiance sombre et gothique à la hauteur du mythe de Batman. Mais à côté de ça, trop de détails clochent. Des incohérences, des éléments absolument pas crédibles font parfois sortir le spectateur de l’histoire et lui font lever un sourcil circonspect. Un seul exemple, qui ne révèlera pas trop de l’histoire. A un moment, alors que « les policiers sont traqués comme des chiens », le commissaire Gordon va chercher son adjoint… chez lui, où il est tranquillement avec sa femme… Ce n’est pas grand chose, mais le problème est que l’on peut multiplier ce genre de petites choses. C’est surtout très surprenant de la part des frères Nolan qui font partie des scénaristes les plus magistraux de l’histoire du cinéma.

On est aussi quelque partagé sur le message délivré par The Dark Knight Rises. En effet, il en délivre plusieurs assez contradictoires. D’un côté, le film peut apparaître comme une célébration de l’ordre policier contre l’anarchie. Le personnage de Bane est un terroriste qui se sert d’un message social pour arriver à ses fins. Cela fait passer le message « le pouvoir au peuple » comme un message subversif. Mais de l’autre, on a aussi un discours célébrant la désobéissance aux ordres et à l’autorité des institutions. Ce contraste est en lui-même intéressant, mais Christopher Nolan ne tire pas de conclusion. Ce n’est pas forcément le rôle d’un film comme celui-là, mais cela laisse un peu le spectateur sur sa faim.

Et comme on ne peut échapper aux comparaisons entre The Dark Kinght et The Dark Kinght Rises, on ne peut que souligner que Bane est quand même loin de posséder le charisme du Joker. Pour faire de ce genre de film un chef d’œuvre, il faut un héros mythique, mais aussi, et même surtout, un méchant qui soit à la hauteur. Il faut dire que le personnage incarné par le regretté Heath Ledger a mis la barre incroyablement haut et on pouvait difficilement imaginer que Christopher Nolan puisse renouveler l’exploit. C’est loin d’être le cas, même si des éléments sont intéressants, comme le fait que Batman fait face à un adversaire qui lui ressemble beaucoup plus que ses précédents.

thedarkknightrisesBon après, toutes ses considérations objectives, reste la vraie question : The Dark Knight Rises fait-il passer un vrai bon moment ? En effet, tous les défauts que j’ai cité précédemment ne sont pas forcément rédhibitoire pour un film quand même largement tourné vers l’action. Surtout que ce film bénéficie quand même d’un atout majeur et irremplaçable : la merveilleuse réalisation de Christopher Nolan qui n’a pas son pareil pour créer un univers et une ambiance. Il fait preuve de sa maîtrise artistique habituelle pour nous offrir un film magnifique visuellement. Que ce soit dans les scènes spectaculaires ou plus intimistes, il nous livre un travail remarquable de mise en scène et de photographie. Ceci explique largement la facilité avec laquelle on entre dans ce film et à quel point les 2h44 passent à une vitesse vertigineuse.

The Dark Knight Rises propose un casting impeccable. Christopher Nolan sait parfaitement diriger ses acteurs, même si c’est derniers sont toujours un peu écrasés par la démesure visuelle de ses films. Il n’y a pas ici de nouveau Heath Ledger. Tom Hardy a de toute façon du mal à être vraiment expressif, affublé ainsi d’un masque. Christian Bale est un peu froid et monolithique, mais c’est le rôle qui veut ça. C’est avant tout par les rôles féminins que le film se démarque. Si Marion Cotillard ne brille pas outre mesure, la vraie touche de charme vient d’Anne Hataway qui le grand mérite de camper une Catwoman très différente de son illustre modèle, jouée par Michèle Pfeiffer dans le film de Tim Burton.

Au final, The Dark Knight Rises ne déçoit pas, mais ne provoque pas un enthousiasme comparable à celui engendré par l’épisode précédent. Mais pour un film d’action, il reste une œuvre merveilleusement bien réalisée, malgré quelques faiblesses dans l’intrigue.

Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, DC Entertainment, Legendary Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan, d’après les personnages de Bob Kane
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Décors : Nathan Crowley, Kevin Kavanaugh
Musique : Hans Zimmer
Durée : 164 mn

Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne, Batman
Tom Hardy : Bane
Anne Hathaway : Selina, Catwoman
Gary Oldman : Commissaire Gordon
Joseph Gordon-Levitt : Blake
Marion Cotillard : Miranda
Morgan Freeman : Fox
Michael Caine : Alfred
Matthew Modine : Foley

LE TENNIS BIEN A SA PLACE

LlodraTsonga

LlodraTsongaEvidemment, il serait de mauvais ton de cracher dans la soupe après les deux médailles du jour, mais à chaque JO revient toujours le même débat : le tennis a-t-il sa place aux Jeux ? Il en a été absent pendant de près de 60 ans et son retour au programme depuis 1988 s’est longtemps fait dans un relatif anonymat. Dans ce débat, je prendrai une position claire et nette. Pour moi la question est clairement oui !

Un des principaux critères pour qu’un sport ait droit de figurer au programme olympique est son universalité. Or le tennis est un sport pratiqué partout dans le monde. Certes, il compte peu de champions venus d’Afrique ou d’Asie, mais si on bouche le bouchon aussi loin, seul l’athlétisme serait autorisé. Et encore, si on le découpe épreuve par épreuve, cela n’est même plus vrai. L’autre argument qui veut que le tennis est déjà extrêmement médiatisé en dehors des Jeux est pour moi complètement idiot. Pourquoi les JO seraient-ils seulement l’addition de disciplines qui n’intéressent personne le reste du temps ?

Pendant longtemps, on pouvait certes arguer que l’épreuve n’intéressait guère les cadors de la discipline. Malgré toute l’affection que j’ai pour Marc Rosset ou Nicola Massu, il faut bien avouer que ce n’étaient pas des joueurs qu’on imaginait voir gagner un tournoi du Grand Chelem. Mais depuis deux Olympiades, la situation a bien évolué. Le dernier carré du Tournoi de Londres est là pour le prouver, tout comme le désarroi de Rafael Nadal à l’annonce de son forfait, qui l’a également privé de l’honneur d’être porte drapeau.

Si le tennis n’a pas sa place aux Jeux, que dire d’autres sports présents au programme depuis longtemps ? L’exemple le plus parlant est le handball, que l’on imaginerait mal voir quitter les JO. Pourtant, il ne concerne qu’un nombre très limité de nations, quasiment toutes européennes (c’est certes un peu moins vrai pour le handball féminin). Quant à la présence des stars, elle est acquise partout, comme en cyclisme. Qui imaginerait le cyclisme proposer une course espoir comme c’était encore le cas à Barcelone en 1992 ? Qui voudrait revoir débarquer une équipe américaine de basket composée de joueurs universitaires ?

En fait, le seul sport qui reste dans une situation rendant sa présence discutable est le football masculin. Proposer une compétition entre équipes espoir, renforcées par trois joueurs plus âgés est un peu ridicule et prive ce tournoi de tout intérêt, à part pour les nations engagées. Voilà donc le premier sport que j’éliminerai du programme, tout en gardant bien sur le tournoi féminin.

L’arrivée au programme en 2016 du rugby (même si c’est à 7) et du golf va encore faire couler beaucoup d’encre. Personnellement, je suis extrêmement favorable à l’arrivé de tous les grands sports, même si dans le cadre du rugby, on peut franchement discuter de son universalité. Les JO ne sont pas un lot de consolation pour des sports comme le trampoline, la GRS ou le BMX, que l’on regarde un œil amusé, pour ne pas dire condescendant. C’est là que s’écrit la légende du sport universel, sûrement le seul moment où se construit réellement une identité culturelle commune à toute l’humanité.

MAINS ARMEES : Classique mais efficace

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mainsarmeesafficheRoschdy Zem semble avoir un physique de policier. En effet, il ne semble plus possible de réaliser un polar en France sans en faire le personnage principal. Après Go Fast et Une Nuit, voici Mains Armées, où il campe un inspecteur de police pris entre enquête et problèmes de famille. Un film ultra classique, tel que le cinéma hexagonal en a produit tant. Mais cela reste une spécialité locale et le résultat se montre encore une fois tout à fait digeste.

L’inspecteur Skali enquête avec son équipe basée à Marseille sur un trafic d’armes volées à l’OTAN en ex-Yougoslavie et dont on a retrouvé la trace dans plusieurs braquages. Pour poursuivre leurs investigations, ils se délocalisent à Paris. Afin de suivre une des pistes, il contacte Maya, sa propre fille, elle aussi dans la police, mais qu’il a abandonnée avant sa naissance. Des retrouvailles qui ne sont pas uniquement professionnelles.

Mains Armés est un film noir à la française. Une enquête qui sert de fil rouge, mais une intrigue qui s’intéresse avant tout aux personnages qui la mènent. L’équilibre entre les deux est capital pour assurer la réussite d’une telle histoire et celui de ce film est parfait. Des scènes à d’action policières, des pistes, des vraies, des fausses, des rebondissements, des tensions dans les équipes, un vilain à coincer… Bref, tous les ingrédients sont là…

Mains Armés repose beaucoup sur ses personnages. Ils sont plutôt réussis et cela contribue fortement à la réussite de ce film. On s’y attache assez facilement, même si ce sont de vrais archétypes. Certes, la relation père-fille compliquée n’est pas d’un intérêt fabuleux, mais elle est néanmoins parfaitement exploitée pour enrichir et faire avancer l’intrigue. Encore une fois, aucun élément de ce film n’est vraiment original, mais tout s’articule parfaitement bien. C’est en ça que l’on apprécie grandement le spectacle offert, au-delà de la légère impression de déjà-vue.

Pierre Jolivet a toujours réalisé des films plutôt populaires et souvent bien foutus. Mains Armés se situe dans cette droite lignée, puisque le film est plutôt rythmé et efficace. Certes son œuvre ne dégage pas une forte personnalité, mais on passe souvent un bon moment. Au moins, a-t-il mis son talent au service d’histoires très variées, du polar à la comédie romantique, avec la même réussite. Ses films ne bénéficient pas de la même promotion qu’une production Besson, mais rivalisent largement avec n’importe laquelle de ces dernières.

mainsarmeesArtistiquement, Mains Armés est donc plus efficace que véritablement abouti. Mais la réalisation est tout simplement au service de l’intrigue et de l’interprétation. Une sobriété qui n’a cependant rien à voir avec un aspect « téléfilm » que peuvent parfois revêtir certains longs métrages français. Pierre Jolivet nous propose du cinéma direct et sans fioriture, mais du cinéma quand même.

Les deux interprètes principaux tiennent parfaitement leur rôle. Ce n’est vraiment pas étonnant de la part de Roschdy Zem qui est déjà à la base un grand acteur et qui, on l’a vu, est ici dans son élément. Leila Bekhti est elle-aussi un niveau, malgré quelques maladresses. Elle explore un registre assez nouveau pour elle et confirme ainsi tout son potentiel. On attend avec impatience de la voir dans un grand rôle. A noter également l’apport de Marc Lavoine, donc le personnage est sûrement celui qui possède la personnalité la plus intéressante.

Mains Armés n’a donc rien d’inoubliable et brille pas par son originalité. Mais il reste une production solide et tout à fait divertissante.

Fiche technique :
Production : Mars Films, 2 4 7 Films, France 2 Cinéma
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Pierre Jolivet
Scénario : Pierre Jolivet, Simon Michaël
Montage : Jean-François Naudon
Photo : Thomas Letellier
Décors : Denis Seiglan
Musique : Sacha Sieff
Costumes : Chloé Lesueur
Durée : 105 mn

Casting :
Roschdy Zem : Lucas Skali
Leïla Bekhti : Maya Dervin
Marc Lavoine : Julien Bass
Nicolas Bridet : Simon
Nina Meurisse : Juliette
Eric Bougnon : Melik
Adrien Jolivet : Hector
Cyril Gueï : Benji
Marilyne Canto : Brigitte

TOUT SUR MA MERE : Tout Almodovar

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toutsurmamereafficheTous les artistes parlent toujours un peu d’eux-mêmes à travers leurs œuvres. Pour certains, c’est tout à fait évident. Pedro Almodovar en est sûrement un des exemples les plus évidents. L’ambiguïté sexuelle et de genre, les rapports parentaux complexes peuplent son œuvre et font forcément écho à des éléments de sa propre existence. De toute façon, peut-on réaliser un film intitulé Tout Sur Ma Mère sans y mettre un peu de soi ?

Manuela vit seule avec son fils. Elle a toujours refusé de lui parler de son père mais s’apprête, pour son anniversaire, à lui révéler qui il est réellement. Elle n’en aura pas l’occasion car il meurt fauché par une voiture. Sa mère va alors quitter Madrid pour Barcelone, sur les traces de sa propre jeunesse, pour retrouver son père et lui révéler le décès d’un fils qu’il ignore avoir.

Pour beaucoup, et moi y compris, Tout Sur Ma Mère est le plus beau film jamais réalisé par Pedro Almodovar. Peut-être parce que c’est celui qui parle le plus de ses thématiques récurrentes et, on peut le supposer, celui dans lequel il a mis le plus de lui même. Une œuvre qui dégage une incroyable émotion, dépassant la simple fiction aux personnages torturés, pour nous offrir un grand moment d’humanisme. Même si les circonstances et les évènements sont quelques peu exceptionnels, il y a forcément des éléments de cette histoire qui parle à chacun d’entre nous.

Si le point de départ de Tout Sur Ma Mère est le plus dramatique qui soit, la perte d’un enfant, le film n’est jamais sinistre. Il ne s’agit pas d’un film sur la mort, même pas vraiment sur le deuil, mais parle bien de la vie, de la manière dans notre existence est marquée par nos passions et notre amour, qu’il soit charnel ou familial. Tous les personnages de ce film nous font partager leurs émotions. Cependant, même quand elles sont plutôt négatives, on les ressent comme des éléments qui forgent qui ils sont vraiment et qui leur permettent d’avancer.

De plus, Tout Sur Ma Mère est plein de cet humour si particulier de Pedro Almodovar. Ce dernier possède un recul sur sa propre création, apporte cette pointe de dérision qui montre qu’il ne se prend jamais tout à fait au sérieux. On est loin d’une description du malheur qui se renfermerait sur lui-même. Non, la vie est fait de larmes et de rires et parler de l’un sans l’autre n’a pas vraiment de sens et enlèverait toute sa force à l’histoire.

toutsurmamereTout cela permet au spectateur de ressentir une incroyable tendresse pour l’ensemble des personnages. C’est ainsi que l’on arrive à vraiment et totalement entrer dans l’histoire, à partager les sentiments et les émotions. Pedro Almodovar nous invite à partager son propos et ne se contente pas de nous l’exposer de manière académique. Certes, certains protagonistes sont hauts en couleur, mais son étonnamment proches de nous, nous démontrant à chaque fois que la notion de différence n’a guère de sens.

Comme à son habitude, Pedro Almodovar dirige dans Tout Sur Ma Mère un formidable casting. Il fait partie de ces réalisateurs qui subliment le jeu de leurs comédiens. Cecilia Roth est absolument fabuleuse de justesse et d’émotion. A ses côtés, deux grandes étoiles du cinéma espagnol brillent de mille feux : la sublime Marisa Paredes et Penelope Cruz, qui était alors très jeune.

Tout Sur Ma Mère est un chef d’œuvre du cinéma européen. Bouleversant, triste et drôle, il délivre un flot ininterrompu d’émotions pour un film passionnant.

Fiche technique :
Production: El Deseo Filmes, Pathé, Renn Productions
Réalisation: Pedro Almodovar
(Talons Aiguilles, En Chair et en Os)
Scénario: Pedro Almodovar
Photo : Alfonso Beato
Musique : Alberto Iglesias
Son : Miguel Rejas
Montage : Jose Salcedo (100 mn)

Casting :
Cecilia Roth : Manuela
Marisa Parédès : Huma Rojo
Penelope Cruz : Hermana Rosa
Antonio San Juan : Agrado
Eloy Azorin : Esteban

LES KAIRA : La banlieue qui fait rire… ou pas

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leskairaafficheSi j’avais su, j’aurais pas venu… Voici ce que m’inspire les Kaïra, comédie française lourdingue que je n’ai pas vraiment apprécié. Pourquoi donc m’y suis-je rendu, alors que la bande-annonce et la promotion ne me donnait pas du tout envie ? Je me suis fié aux critiques très positives, pour ne pas dire élogieuses, qui ont piqué ma curiosité. Mais parfois, il faut savoir ne pas écouter l’opinion des autres…

Mousten, Abdelkrim et Momo sont trois losers dont la vie se limite à leur triste cité de Melun, où règne en maître Warner, un crétin absolu qui se prend pour Tony Montana. Ils sont surtout désespérément célibataire et commencent à être sérieusement en manque. Ils décident alors de se présenter à un casting pour tourner dans un film pornographique. Un seul problème, on leur demande une vidéo de démo…

J’avais pu lire que les Kaïra étaient une comédie à l’américaine, c’est à dire avec un humour très premier degré, mais surtout dix gags à la minute. Le problème, c’est que pendant une bonne heure, on est plutôt à un gag toutes les dix minutes. Peut-être qu’il y en a que je n’ai pas compris et donc même pas remarqué. Mais je crois simplement que le tout souffre d’un manque flagrant d’inspiration. C’est franchement poussif et la plupart des chutes sont totalement téléphonées. Sans parler de quelques gags pipi-caca d’un goût douteux. Et pourtant, il n’y a rien qui ne me fasse plus rire que les blagues de cul…

L’humour des Kaïra repose presque exclusivement sur les trois personnages. Le seul problème, c’est qu’on les connaît déjà pour les avoir vus de nombreuses fois à la télé. Ce n’est donc pas vraiment suffisant pour donner un réel intérêt à ce spectacle jamais surprenant. Franck Gastambide essaye bien de broder une histoire autour de tout ça, mais ça reste léger, trop léger. Ca manque franchement de consistance et c’est dommage car on s’attache quand même à ces trois compères qu’on aimerait voir autrement mis en valeur.

C’est vraiment dommage car la dernière demi-heure est elle bien meilleure. L’intrigue accélère enfin, les personnages évoluent un minimum et quittent la pure caricature. On laisse derrière soi la parodie un peu trop sommaire de la culture des banlieues pour délivrer un message plus subtil et faire sortir les personnages des lieux communs attendus où ils sont enfermés. Ces derniers prennent de l’épaisseur et ainsi s’achève le processus d’attachement qui nous permet d’apprécier pleinement un dénouement fort sympathique.

leskairaParler autrement des banlieues est évidemment un but de la démarche des auteurs des Kaïra. Bien sûr, ce film est avant tout et presque exclusivement voué à nous faire rire, mais cherche tout de même à donner une image plus positive de ces quartiers, de cette culture. Bref, les cités de Melun sont des sujets de comédie comme les autres ! Je trouve que la démarche est vraiment ratée pendant les deux premiers tiers avant de se mettre à fonctionner sur la fin. Du coup, je suis sorti de ce film largement déçu, mais aussi un peu frustré en me disant que le tout aurait pu être facilement bien meilleur.

Le trio Franck Gastambide, Medi Sadoun et Jib Pochtier est égal à lui-même, tel qu’on peut le voir à la télé. Encore une fois, il n’y a aucune surprise à ce niveau-là, ce qui peut-être vu comme une force ou une faiblesse. Les Kaïra multiplie surtout les caméos. Si certains ne sont pas très convaincants comme François Damiens en producteur porno, on appréciera celui d’Eric Cantona et celui d’Elie Semoun, qui prouvent leur sens de l’auto-dérision. Et bien sûr le public averti sera ravi de voir sur grand écran Rocco Sifredi et surtout la belle et troublante Katsuni.

Les Kaïra cherche avant tout à faire rire et n’y réussit que trop rarement pour que l’on soit vraiment convaincu, malgré un dénouement plutôt sympathique.

Fiche technique :
Réalisation : Franck Gastambide
Scénario : Franck Gastambide
Décors : Laurent Tesseyre
Costumes : Sandra Berrebi
Photographie : Antoine Marteau
Montage : Véronique Parnet
Musique : Sinik, Cheb Bilal et Big Ali
Production : Éric Altmayer, Nicolas Altmeyer, Jean-Charles Felli et Christophe Tomas
Société de production : Save Ferris/Mandarin
Durée : 95 minutes

Casting :
Franck Gastambide : Mousten
Medi Sadoun : Abdelkrim
Jib Pocthier : Momo
Ramzy Bédia : Warner
Alice Belaïdi : Kadija
Pom Klementieff : Tia
Demon One : Steeve
Ismaël Sy Savané : Ismaël
Annabelle Lengronne : Stay
Sissi Duparc : Sylvaine
Anouar Toubali : le mini-facteur
Jérôme Paquatte : le videur du Pacha Club
Doudou Masta : l’organisateur festival rap
François Bureloup : Bernard
Fatsah Bouyahmed : Roger
Katsuni : elle-même
François Damiens : Claude Fachoune, le producteur porno
Éric Cantona : l’entraîneur de l’équipe de foot
Elie Semoun : Lui même
François Levantal : le vendeur sex-shop
Armelle : Fille du casting pour les TTBM
Alex Lutz : l’Egyptien partouze haut de gamme
Kafka : le physio club branché
Cut Killer : le DJ festival hip-hop
Jean-Louis Barcelona : le physio club branché
Mafia K’1 fry : eux même
Rocco Siffredi : lui-même

 

PIEGEE : Soderbergh nous distraît

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piegeeafficheOn l’oublie peut-être quelque peu, mais Steven Soderbergh est un personnage historique du 7ème art. En effet, son film, Sexe, Mensonges et Vidéo en remportant la Palme d’Or en 1989 a brisé la mainmise complète d’Hollywood sur le cinéma américain. De nombreux réalisateurs se sont depuis engouffrés dans la brèche, au premier rang desquels Quentin Tarantino. Mais tourner loin de Los Angeles ne signifie pas que l’on ne cherche pas à gagner de l’argent avec un cinéma « commercial ». Soderbergh, comme un certains nombres de réalisateurs d’Outre-Atlantique, doit alterner des films d’auteur, comme son (chiantissime) Che, avec des œuvres aptes à séduire un large public pour conserver le soutien de ses producteurs. Son dernier film, Piégée, fait incontestablement partie de la seconde catégorie avec un polar classique, rythmé et loin d’être désagréable.

Dans un café quelque part aux Etats-Unis, Mallory reçoit une visite visiblement inopportune. La rencontre va se terminer en un combat violent entre deux professionnels surentraînés. La jeune fille finira par s’enfuir et forcer un des clients à la conduire chez son père, au Nouveau-Mexique. Elle va en profiter pour lui raconter son histoire, commencée à Barcelone, lors ce qui semblait être une mission comme une autre.

Le scénario de Piégée est l’archétype du scénario de polar moderne. Un film qui commence par une scène située au milieu de l’intrigue, qui enchaîne ensuite les flashbacks, avant de reprendre un cours plus linéaire. Une construction qui n’a donc plus rien d’originale, tant elle est utilisée de manière quasi systématique désormais. Pourtant, commencer une histoire par le début n’a rien d’illogique… ni de ringard de moins point de vue. Mais ce n’est que le mien…

De toute façon, tout cela ne change pas le fond de cette histoire de trahisons multiples, avec le traditionnel qui trahit qui et pourquoi. Pas de surprise donc, mais une intrigue assez bien foutue pour être à la fois claire et proposer un suspense qui tient la route. Si la trame est sans surprise, la narration n’en est pas pour autant cousue de fil blanc et on se laisse porter de bout en bout. Surtout que le tout est rythmé et alterne les avancées narratives avec les passages d’action pure. Ces derniers rappelleront des souvenirs à tous les anciens fans de la série Alias, puisque la jeune femme prend un malin plaisir à dérouiller des hommes qui font une bonne tête de plus qu’elle.

piegeeLe petit élément en plus de Piégée reste quand même le formidable sens de l’image de Steven Soderbergh. Le travail de photographie et de cadrage, de montage montre qu’on a un vrai réalisateur derrière la caméra. On est loin d’un clip vidéo donnant mal à tête, alors que le scénario s’y prêtait pourtant. On peut comparer ce film avec Salt, avec Angelina Jolie, au scénario quelque peu similaire, mais réalisé par Philipp Noyce, qui n’a a peu-près fait que cela de sa vie artistique.

La grande star de ce film reste la belle Gina Carano qui fait une entrée très remarquée dans le monde du film d’action. Elle n’a rien à envier à Jennifer Garner, voire même la bat à plate couture en terme de sex-appeal. A ses côté, un casting masculin très prestigieux, et très européen, qui montre à quel point Steven Soderbergh fait partie de ces réalisateurs avec lesquels les acteurs on envie de tourner : Ewan McGregor, Michael Fassbender (toujours aussi génial!), Matthieu Kassovitz et Antonio Banderas. A cela s’ajoute deux Américains : l’éternel Michael Douglas et le jeune et très musclé Channing Tatum. Tout ce petit monde est particulièrement bien dirigé par ce grand monsieur du cinéma.

Piégée souffre donc d’un manque d’originalité d’un scénario cependant divertissant et rythmé. Cependant, la qualité de la réalisation et du casting permet de passer définitivement un bon moment.

Fiche technique :
Production : Relativity media, Lionsgate, Irish Film Board
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Steven Soderbergh
Scénario : Lem Dobbs
Montage : Steven Soderbergh
Photo : Steven Soderbergh
Décors : Howard Cummings
Musique : David Holmes
Costumes : Shoshana Rubin
Durée : 93 mn

Casting :
Gina Carano : Mallory Kane
Channing tatum : Aaron
Michael Douglas : Conlenz
Antonio Banderas : Rodrigo
Ewan McGregor : Kenneth
Michael Fassbender : Paul
Mathieu Kassovitz : Studer

THE AMAZING SPIDER-MAN : Inutile et pathétique

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theamazingspidermanafficheOn pouvait craindre le pire. En effet, un réalisateur moins prestigieux, un casting qui n’avait rien d’enthousiasmant, un compositeur professionnel, mais sûrement pas génial… Bref il était difficile d’imaginer que ce reboot de la franchise Spider-Man puisse vraiment rivaliser avec le génial original signé Sam Raimi. Et on avait totalement raison… Et encore, on ignorait toutes les trahisons au comics original.

Peter Parker est un lycéen brillant mais malmené par ses camarades. Orphelin, élevé par son oncle et sa tante, il rêve secrètement à la belle Gwen Stacy. Piqué par une araignée manipulée génétiquement, il hérite de super pouvoirs dont il ne sait pas vraiment quoi faire. Mais un drame va le pousser à se muer en justicier… et à chercher à percer les mystères qui planent autour de la mort de ses parents.

Le problème de The Amazing Spider-Man est bien qu’il ne souffre pas une seule seconde la comparaison avec son prédécesseur, bien trop récent pour ne plus être dans toutes les mémoires. Celui lui décerne le prix du film le plus inutile qui soit. Tout est moins bien et dans les grandes largeurs. Sans cela, il aurait peut-être pu passer pour un sympathique divertissement. Mais de toute façon, trop d’éléments sont objectivement pathétiques.

L’énorme faiblesse de The Amazing Spider-Man réside dans un scénario qui souffre de multiples faiblesses et de certains passages complètement idiots. Ca aurait pu faire rire au second degré, si Sam Raimi n’avait pas déjà prouvé l’immense potentiel de l’histoire et du personnage. De plus, il multiplie les infidélités à l’histoire originale imaginée par Lee et Ditko, non pour innover ou réinventer le mythe, mais simplement pour se démarquer du film de 2002 et justifier son existence. Sauf que toutes ces trahisons sont bancales, quant elles ne sont pas ridicules. Les fans pourraient se réjouir de voir à l’écran le personnage de Gwen Stacy, si important dans le comics, mais on sait bien que jamais les scénaristes n’oseront respecter son destin.

La réalisation de Marc Webb présente quelques éclairs, mais n’a rien de la maîtrise affichée par Sam Raimi. L’auteur du merveilleux 500 Jours Ensemble n’est pas franchement dans son élément. Il nous propose quelques bonnes idées, comme ces grues qui s’alignent pour ouvrir un chemin à l’homme-araignée. Mais les scènes au-dessus de New York sont tellement moins enthousiasmantes que celles de 2002… On en revient encore à la comparaison qui demeure définitivement inévitable.

theamazingspidermanLe seul domaine où le match est proche du nul est la bande-originale. Les inconditionnels de Danny Elfman hurleront peut-être, mais j’ai vraiment apprécié le travail de James Horner, qui avait signé les musiques d’Avatar. Le résultat est peut-être moins symphonique, mais colle en fait assez bien avec l’ambiance de ce The Amazing Spider-Man, sans pour autant être tiré vers le bas. Des musiques plus modernes, moins présentes à l’écran, mais qui constituent le seul point fort de ce film raté.

Le casting de The Amazing Spider-Man est quant à lui d’une médiocrité désolante. Andrew Garfield possède la personnalité d’une courge, pas aidé, il est vrai, par des dialogues parfois consternants. Emma Stone n’est pas dénuée de charme, mais là encore, elle ne peut rivaliser avec le talent de Kirsten Dunst. Enfin, Rhys Ifans n’arrive pas à donner la moindre épaisseur à un Docteur Connors que le scénario ridiculise dans les grandes largeurs.

The Amazing Spider-Man est donc un pur navet, une insulte à tous les fans des comics et prend les spectateurs qui ont apprécié le chef d’œuvre de Sam Raimi pour des crétins ou des vaches à lait.

Fiche technique :
Production : Marvel Entertainment, Laura Ziskin Productions, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Marc Webb
Scénario : James Vanderbilt, Alvin Sargent, Steve Kloves, d’après l’histoire de James Vanderbilt et la BD de Stan Lee & Steve Ditko
Montage : Alan Edward Bell, Pietro Scalia
Photo : John Schwartzman
Décors : J. Michael Riva
Musique : James Horner
Effets spéciaux : Sony Pictures Imageworks
Durée : 137 mn

Casting :
Andrew Garfield : Peter Parker, Spider-Man
Emma Stone : Gwen Stacy
Rhys Ifans : Dr Connors
Denis Leary : Capitaine Stacy
Campbell Scott : Richard Parker
Irrfan Khan : Ratha
Martin Sheen : Oncle Ben
Sally Field : Tante May

TO ROME WITH LOVE : Légèreté romaine

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toromewithloveafficheA chaque année, son Woody Allen. Le 2012 s’appelle To Rome With Love. Le réalisateur new-yorkais continue donc son tour d’horizon des capitales européennes, après sa trilogie londonienne et son délicieux Minuit à Paris. Il nous offre un regard peut-être moins amoureux, mais qui donne au final un film léger et agréable, plein du romantisme de la Ville Eternelle.

Une ville, quatre destins. Celui d’un couple de provinciaux innocents, celui d’un quidam qui devient une star du jour au lendemain et sans raison, celui d’un architecte qui revient sur les traces d’une vieille histoire d’amour et celui d’un producteur de musique retraité qui rêve de renouer avec son passé.
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To Rome With Love est un film à sketchs. Ces derniers ne se succèdent pas mais se déroulent en parallèle. On saute constamment d’une histoire à l’autre, dont le seul lien est la ville dans laquelle les évènements se déroulent. Forcément, il est du coup un peu inégal. Mais comme on navigue d’une histoire à l’autre, même s’il y a l’une ou l’autre que l’on aime moins, on n’y reste jamais trop longtemps. Tout est donc réuni pour passer un très bon moment.

Sur les quatre histoires, personnellement, il y en a une que j’ai vraiment aimée, deux que j’ai trouvé sympathiques et une dernière auquel je reproche un léger manque d’intérêt. Celle qui m’a le moins convaincue est celle mettant en scène Roberto Benigni, une farce sur le ridicule des gloires médiatiques éphémères consacrées à des gens qui n’en valent pas la peine. A l’inverse, celle où apparaît Alec Baldwin m’a vraiment séduite. Une intrigue classique de triangle amoureux mais particulièrement bien mené et parcouru par un délicieux souffle de nostalgie.

To Rome With Love est un Woody Allen léger, comme il nous en livre de plus en plus. Il s’affranchit de plus en plus du réalisme pour ne plus hésiter à introduire des éléments de « fantastique » pour soutenir son propos ou juste pour le délice des situations. C’est moins marqué que pour Minuit à Paris, mais parfois bien présente. Bien sûr il faut aimer l’humour basé presque exclusivement sur des dialogues à profusion, mais cela reste tout à fait accessible. On se laisse porter par cette intrigue qui met en valeur la capitale italienne, mais surtout des sentiments que l’on a tous ressenti à un moment ou l’autre de sa vie.

toromewithloveLa réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle.

Le casting de To Rome With Love est encore une fois flamboyant. Woody Allen lui-même apparaît à l’écran pour un rôle de new-yorkais névrosé que l’on connaît par cœur, mais qui fonctionne toujours aussi bien. Mais le plus grand plaisir est la présence du beaucoup trop rare Alec Baldwin, dont le charme et le charisme inonde l’écran. La jeune Ellen « Juno » Paige confirme son statut de future grande et Jesse « Mark Zuckerberg » Eisenberg est lui aussi très à son aise. La touche de charme ingénue d’Alessandra Mastronardi rappelle que le charme est une invention italienne.

To Rome With Love n’est peut-être pas le Woody Allen le plus inoubliable, mais il constitue un badinage léger et agréable qui donne envie d’être amoureux… et d’aller à Rome bien sûr.

Fiche technique :
Production : Medusa Film, Gravier productions, Perdido Porudctions, Mediapro
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Woody Allen
Scénario : Woody Allen
Photo : Dairus Khondji
Décors : Anne Seibel
Costumes : Sonia Grande
Directeur artistique : Luca Tranchino
Durée : 102 mn

Casting :
Roberto Benigni : Leopoldo
Woody Allen : Jerry
Alec Baldwin : John
Penelope Cruz : Anna
Jesse Eisenberg : Jack
Ornella Muti : Pia Fusari
Judy Davis : Phyllis
Ellen Page : Monica
Riccardo Scamarcio : le voleur à l’hôtel

HOLY MOTORS : Mauvais et ridicule

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holymotorsafficheRarement je suis sorti du cinéma en étant énervé par le spectacle auquel je venais d’assister. Déjà parce que quand je vais voir un mauvais film, c’est le plus souvent en connaissance de cause et j’assume donc mes choix. Parfois, je vais voir une œuvre qui divise la critique et l’opinion, ne sachant du coup à l’avance dans quel camp je vais me situer. C’est un peu le cas de Holy Motors, qui avait déjà fait parler de lui lors de sa projection à Cannes. Je savais que je risquais d’assister à un spectacle plutôt ennuyeux. Mais bon, quand même, pas à ce point.

Oscar parcourt les rues parisiennes à bord d’une limousine conduite par Céline, sa fidèle assistante. Il enchaîne les « rendez-vous » pour lesquels ils se transforment physiquement et jouent son rôle, dans la peau de divers personnages…

Holy Motors est tout simplement le film ayant le moins d’intérêt de tous les films que je n’ai jamais vu. Vous trouverez peut-être l’affirmation un peu extrême et péremptoire. Mais ce film est un film à sketchs, il y a donc quelque part plusieurs films en un. On se dit alors qu’il y’en aura bien au moins un qui va allumer une lueur d’intérêt au fond de notre regard. Et bien non, ils sont tous extrêmement différents, mais aucun d’entre eux ne fait naître quoique ce soit.

Peut-être pour la première fois de ma vie, j’ai failli sortir avant la fin d’un film. Si je suis resté, c’est parce que j’avais lu que l’apparition de Kylie Minogue constituait le meilleur moment de Holy Motors. Elle conclut le film, elle chante, elle chante bien… mais je ne vois toujours pas quel peut être l’intérêt de ce passage. Franchement, au-lieu d’aller voir ce grand n’importe quoi cinématographique, allez revoir tous les clips de l’Australienne, quand bien même vous ne l’aimez pas, ça sera toujours mieux.

Leos Carax est un réalisateur rare et dont les films sont toujours étranges et ne laissent jamais indifférents. On aime ou on déteste, mais le plus souvent on déteste. En fait, heureusement qu’il ne prend pas plus souvent la caméra, puisqu’il ne sait rien en faire d’intéressant. 14 ans d’absence pour pondre ça, c’est à se demander ce qu’il a fait de ses journées. Il se croit sûrement génial et provocateur (car monsieur est un peu mégalo sur les bords), il nous vend juste du vent et un grand vide. Un très grand vide…

holymotorsJe veux bien cependant admettre une chose. Leos Carax sait tenir une caméra. Il le démontre encore avec Holy Motors. Mais quand un grand écrivain réécrit l’annuaire, cela ne fait pas du bottin de la grande littérature. Après, il y en aura toujours pour trouver ça génial. Personnellement, je veux surtout connaître les coordonnées de leur revendeur de drogue, parce qu’elle doit être de très bonne qualité ! Franchement, je ne sais pas à quoi me raccrocher d’autre pour énoncer quelque chose de positif, tant ce film m’a plongé dans un abîme de consternation.

Holy Motors marque une nouvelle collaboration entre Leos Carax et Denis Lavant. Il peut faire étalage de tout son talent, de tous ses talents, tant il interprète des personnages totalement différents. Au moins, on admire sa polyvalence. Il croise à l’écran des stars internationales comme Eva Mendes et Kylie Minogue, mais ce n’est par pour autant que ce film sera un blockbuster…

Holy Motors est sans intérêt. N’y allez pas !

Fiche technique :
Production : Les films du Losange, Pierre Grise distribution, Arte
Réalisation : Leos Carax
Scénario : Leos Carax
Montage : Nelly Quettier
Photo : Caroline Champetier
Décors : Emmanuelle Cuillery
Distribution : Les films du Losange
Musique : Leos Carax, Neil Hannon
Durée : 115 mn

Casting :
Denis Lavant : Monsieur Oscar
Edith Scob : Céline
Kylie Minogue : une collègue de Monsieur Oscar
Eva Mendes : La beauté
Michel Piccoli : l employeur

L’AGE DE GLACE 4 : LA DERIVE DES CONTINENTS : Il est temps de rentrer au port

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lagedeglace4afficheLa franchise l’Age de Glace s’était pour l’instant bien maintenue, le troisième épisode rebondissant après un deuxième un peu plus faiblard. La nécessité d’un quatrième pouvait donc prêter à discussion, mais l’attrait de recettes sonnantes et trébuchantes a évidemment incité les producteurs à se lancer dans l’aventure. Pour un résultat mitigé.

Scrat toujours a enfin tout pour être heureux puisqu’il a enfin un gland à sa disposition. Mais voulant l’enfouir, il va provoquer une série de catastrophes qui vont entraîner ni plus ni moins que le début de la dérive des continents… Si, si, je vous jure, on ne vous a appris que des conneries lors de vos cours de géologie… Un cataclysme qui va malheureusement couper en deux notre groupe d’amis, qui vont néanmoins tout faire pour se retrouver.

Si la question est simplement l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents fait-il passer un bon moment, la réponse est oui. On ne s’ennuie pas, on rit quelques fois de très bon cœur car les gags s’enchaînent à un rythme plutôt soutenu et fonctionnent le plus souvent assez bien. Le film ne connaît pas de longs passages faibles et on reste tout même heureux de retrouver nos amis, dont la petite bande se voit renforcée par une mamie paresseuse pas piquée des hannetons (à dents de sabre bien sûr). Et puis, il y a Scrat, Scrat et encore Scrat…

Par contre, si la question est l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents a-t-il un réel intérêt, la réponse est déjà beaucoup moins évidente. Parce qu’à part la mamie précitée, il n’y pas grand-chose de nouveau sous le soleil des glaciations. Les ressorts sont les mêmes et l’effet de surprise a définitivement disparu. Du coup, notre enthousiasme faibli pareillement et on se dit qu’on oubliera ce quatrième volet relativement rapidement.

L’Age de Glace 4, la Dérive des Continents n’est donc pas un mauvais film. Il reste un des meilleurs divertissements familiaux du marché. Mais son aspect tout public est aussi sa plus grande limite, car le public adulte a pour sa part des chances de franchement se lasser. Le scénario en lui-même n’a pas grand intérêt, seul l’humour le plus souvent visuel entretient l’attention du spectateur. L’histoire essaye bien se creuser un peu la personnalité de Diego, en le confrontant à un alter-ego féminin, mais ça ne va pas non plus très loin. Le thème de l’adolescence, lui aussi évoqué, reste de même très superficiel. A la fois, on ne va pas voir ce genre de film pour voir un documentaire sur la sociologie des mammouths…

lagedeglace4Visuellement, là aussi, l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne réserve aucune surprise. C’est très beau, mais ça l’était depuis le début. De toute façon, les progrès techniques ont été tels depuis dix ans qu’on a bien du mal à s’enthousiasmer désormais devant ce qui est devenu tout simplement la norme. On est un tantinet blasé, avouons-le. Il est loin le temps où l’ordinateur ouvrait de nouvelles possibilités encore inconnues et fascinantes aux animateurs. Tout semble désormais exploré. Y compris la banquise donc…

Le casting voix reste d’un très haut niveau. On retrouve toujours Ray Romano, Denis Leary, John Leguizamo, Queen Latifah et Sean William Scott. Les deux petits nouveaux se nomment Jennifer Lopez, qui visiblement apprécie ce genre d’exercice et surtout Wanda Sykes, qui incarne la grand-mère, constituant le principal attrait et surtout la seule vraie nouveauté de ce film. Mais tout ce beau monde, par son grand professionnalisme, contribue à faire de l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents un agréable moment.

L’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne relance pas la franchise, mais se situe dans sa droite lignée. Mais si le cap est toujours maintenu, il serait peut-être temps de penser à faire rentrer définitivement le bateau au port.

Fiche technique :
Production : Blue Sky Studios
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Steve Martino, Mike Thurmeier
Scénario : Michael berg, Jason Fuchs
Montage : James Palumbo, David Ian Salter
Photo : Renato Falcao
Musique : John Powell
Directeur artistique : Nash Dunnigan
Durée : 94 mn

Casting :
Ray Romano : Manny
John Leguizamo : Sid
Denis Leary : Diego
Queen Latifah : Ellie
Jennifer Lopez : Shira
Simon Pegg : Buck
Alain Chabat : Silas