Etre le grand favori aux Jeux Olympiques et triompher quand même n’est jamais facile. La faute à la pression tout ça, tout ça… Réaliser un film qui suscite une énorme attente de la part de millions de fans à travers le monde ne l’est pas non plus. On n’a pas le droit de se rater et on sait que son travail sera décortiqué à l’infini. Christopher Nolan en signant un chef d’œuvre en 2008 avec The Dark Knight était condamné à livrer un nouveau film de très haute tenue avec le troisième et dernier volet de sa trilogie consacrée à l’homme chauve-souris. The Dark Knight Rises répond à ces attentes… mais peut-être pas totalement.
Voilà huit ans que la paix règne à Gotham City depuis que Batman s’est accusé du meutre d’Harvey Dent et a disparu de la circulation. Bruce Wayne vit depuis reclus et diminué physiquement. Mais une nouvelle menace apparaît, en la personne du mercenaire Bane. Elle n’est pas prise au sérieux par la police locale, persuadée d’avoir définitivement mis le crime au pas. Le seul espoir réside alors dans le retour du héros masqué avant qu’il ne soit trop tard.
On peut difficilement contester que The Dark Knight Rises se situe quand même largement un ton en dessous de The Dark Knight. Evidemment, il est toujours dommage de juger un film en le comparant en tout point à un autre. Mais dans ce cas, c’est malheureusement relativement inévitable. Surtout que Christopher Nolan a vraiment cherché à unifier la trilogie et conclure les deux thèmes développés précédents épisodes. Il donne un sens à l’ensemble et c’est là un de ses plus grands mérites, au-delà des faiblesses dont il fait preuve. Les cinq dernières minutes sont notamment de toute beauté et nous offre une magnifique conclusion à toutes les péripéties vécues précédemment.
Le scénario de The Dark Knight Rises est à l’image de ce film. D’un côté, l’intrigue est solide et particulièrement prenante. Des rebondissements, de vraies surprises, des personnages dont l’épaisseur constitue un vrai plus. Et surtout une ambiance sombre et gothique à la hauteur du mythe de Batman. Mais à côté de ça, trop de détails clochent. Des incohérences, des éléments absolument pas crédibles font parfois sortir le spectateur de l’histoire et lui font lever un sourcil circonspect. Un seul exemple, qui ne révèlera pas trop de l’histoire. A un moment, alors que « les policiers sont traqués comme des chiens », le commissaire Gordon va chercher son adjoint… chez lui, où il est tranquillement avec sa femme… Ce n’est pas grand chose, mais le problème est que l’on peut multiplier ce genre de petites choses. C’est surtout très surprenant de la part des frères Nolan qui font partie des scénaristes les plus magistraux de l’histoire du cinéma.
On est aussi quelque partagé sur le message délivré par The Dark Knight Rises. En effet, il en délivre plusieurs assez contradictoires. D’un côté, le film peut apparaître comme une célébration de l’ordre policier contre l’anarchie. Le personnage de Bane est un terroriste qui se sert d’un message social pour arriver à ses fins. Cela fait passer le message « le pouvoir au peuple » comme un message subversif. Mais de l’autre, on a aussi un discours célébrant la désobéissance aux ordres et à l’autorité des institutions. Ce contraste est en lui-même intéressant, mais Christopher Nolan ne tire pas de conclusion. Ce n’est pas forcément le rôle d’un film comme celui-là, mais cela laisse un peu le spectateur sur sa faim.
Et comme on ne peut échapper aux comparaisons entre The Dark Kinght et The Dark Kinght Rises, on ne peut que souligner que Bane est quand même loin de posséder le charisme du Joker. Pour faire de ce genre de film un chef d’œuvre, il faut un héros mythique, mais aussi, et même surtout, un méchant qui soit à la hauteur. Il faut dire que le personnage incarné par le regretté Heath Ledger a mis la barre incroyablement haut et on pouvait difficilement imaginer que Christopher Nolan puisse renouveler l’exploit. C’est loin d’être le cas, même si des éléments sont intéressants, comme le fait que Batman fait face à un adversaire qui lui ressemble beaucoup plus que ses précédents.
Bon après, toutes ses considérations objectives, reste la vraie question : The Dark Knight Rises fait-il passer un vrai bon moment ? En effet, tous les défauts que j’ai cité précédemment ne sont pas forcément rédhibitoire pour un film quand même largement tourné vers l’action. Surtout que ce film bénéficie quand même d’un atout majeur et irremplaçable : la merveilleuse réalisation de Christopher Nolan qui n’a pas son pareil pour créer un univers et une ambiance. Il fait preuve de sa maîtrise artistique habituelle pour nous offrir un film magnifique visuellement. Que ce soit dans les scènes spectaculaires ou plus intimistes, il nous livre un travail remarquable de mise en scène et de photographie. Ceci explique largement la facilité avec laquelle on entre dans ce film et à quel point les 2h44 passent à une vitesse vertigineuse.
The Dark Knight Rises propose un casting impeccable. Christopher Nolan sait parfaitement diriger ses acteurs, même si c’est derniers sont toujours un peu écrasés par la démesure visuelle de ses films. Il n’y a pas ici de nouveau Heath Ledger. Tom Hardy a de toute façon du mal à être vraiment expressif, affublé ainsi d’un masque. Christian Bale est un peu froid et monolithique, mais c’est le rôle qui veut ça. C’est avant tout par les rôles féminins que le film se démarque. Si Marion Cotillard ne brille pas outre mesure, la vraie touche de charme vient d’Anne Hataway qui le grand mérite de camper une Catwoman très différente de son illustre modèle, jouée par Michèle Pfeiffer dans le film de Tim Burton.
Au final, The Dark Knight Rises ne déçoit pas, mais ne provoque pas un enthousiasme comparable à celui engendré par l’épisode précédent. Mais pour un film d’action, il reste une œuvre merveilleusement bien réalisée, malgré quelques faiblesses dans l’intrigue.
Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, DC Entertainment, Legendary Pictures, Syncopy
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Christopher Nolan
Scénario : Christopher Nolan, Jonathan Nolan, d’après les personnages de Bob Kane
Montage : Lee Smith
Photo : Wally Pfister
Décors : Nathan Crowley, Kevin Kavanaugh
Musique : Hans Zimmer
Durée : 164 mn
Casting :
Christian Bale : Bruce Wayne, Batman
Tom Hardy : Bane
Anne Hathaway : Selina, Catwoman
Gary Oldman : Commissaire Gordon
Joseph Gordon-Levitt : Blake
Marion Cotillard : Miranda
Morgan Freeman : Fox
Michael Caine : Alfred
Matthew Modine : Foley


Artistiquement, Mains Armés est donc plus efficace que véritablement abouti. Mais la réalisation est tout simplement au service de l’intrigue et de l’interprétation. Une sobriété qui n’a cependant rien à voir avec un aspect « téléfilm » que peuvent parfois revêtir certains longs métrages français. Pierre Jolivet nous propose du cinéma direct et sans fioriture, mais du cinéma quand même. 
Tout cela permet au spectateur de ressentir une incroyable tendresse pour l’ensemble des personnages. C’est ainsi que l’on arrive à vraiment et totalement entrer dans l’histoire, à partager les sentiments et les émotions. Pedro Almodovar nous invite à partager son propos et ne se contente pas de nous l’exposer de manière académique. Certes, certains protagonistes sont hauts en couleur, mais son étonnamment proches de nous, nous démontrant à chaque fois que la notion de différence n’a guère de sens. 
Parler autrement des banlieues est évidemment un but de la démarche des auteurs des Kaïra. Bien sûr, ce film est avant tout et presque exclusivement voué à nous faire rire, mais cherche tout de même à donner une image plus positive de ces quartiers, de cette culture. Bref, les cités de Melun sont des sujets de comédie comme les autres ! Je trouve que la démarche est vraiment ratée pendant les deux premiers tiers avant de se mettre à fonctionner sur la fin. Du coup, je suis sorti de ce film largement déçu, mais aussi un peu frustré en me disant que le tout aurait pu être facilement bien meilleur. 
Le petit élément en plus de Piégée reste quand même le formidable sens de l’image de Steven Soderbergh. Le travail de photographie et de cadrage, de montage montre qu’on a un vrai réalisateur derrière la caméra. On est loin d’un clip vidéo donnant mal à tête, alors que le scénario s’y prêtait pourtant. On peut comparer ce film avec Salt, avec Angelina Jolie, au scénario quelque peu similaire, mais réalisé par Philipp Noyce, qui n’a a peu-près fait que cela de sa vie artistique.
Le seul domaine où le match est proche du nul est la bande-originale. Les inconditionnels de Danny Elfman hurleront peut-être, mais j’ai vraiment apprécié le travail de James Horner, qui avait signé les musiques d’Avatar. Le résultat est peut-être moins symphonique, mais colle en fait assez bien avec l’ambiance de ce The Amazing Spider-Man, sans pour autant être tiré vers le bas. Des musiques plus modernes, moins présentes à l’écran, mais qui constituent le seul point fort de ce film raté. 
La réalisation reste égale à elle-même. Du jazz ou de la musique classique en fond sonore et une caméra qui n’hésite pas à s’attarder sur le décor pour nous en faire partager la beauté. Je ne sais pas si les Romains ressentent le même plaisir en regardant To Rome With Love que les Parisiens en regardant Minuit à Paris. Personnellement, ça m’a tout de même envie de sauter dans le premier avion et d’aller passer un week-end chez mes amis qui vivent dans la Ville Eternelle. 
Je veux bien cependant admettre une chose. Leos Carax sait tenir une caméra. Il le démontre encore avec Holy Motors. Mais quand un grand écrivain réécrit l’annuaire, cela ne fait pas du bottin de la grande littérature. Après, il y en aura toujours pour trouver ça génial. Personnellement, je veux surtout connaître les coordonnées de leur revendeur de drogue, parce qu’elle doit être de très bonne qualité ! Franchement, je ne sais pas à quoi me raccrocher d’autre pour énoncer quelque chose de positif, tant ce film m’a plongé dans un abîme de consternation.
Visuellement, là aussi, l’Age de Glace 4, la Dérive des Continents ne réserve aucune surprise. C’est très beau, mais ça l’était depuis le début. De toute façon, les progrès techniques ont été tels depuis dix ans qu’on a bien du mal à s’enthousiasmer désormais devant ce qui est devenu tout simplement la norme. On est un tantinet blasé, avouons-le. Il est loin le temps où l’ordinateur ouvrait de nouvelles possibilités encore inconnues et fascinantes aux animateurs. Tout semble désormais exploré. Y compris la banquise donc…
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