
Hugo Cabret est un orphelin qui vit caché dans les combles d’une gare parisienne dont il remonte les pendules. Le reste du temps, il essaye de réparer un automate que lui a laissé son père, à partir du carnet de notes de ce dernier. Le document tombe un jour dans les mains d’un vieil homme qui vend des jouets dans l’enceinte de la gare et qui est bouleversé par cette découverte. Il refuse d’expliquer pourquoi et de rendre le carnet au jeune garçon. Quels peuvent être les liens entre tous ces éléments ? Hugo va se mettre en quête des réponses qui pourront peut-être l’aider à comprendre les raisons de la mort de son père.
Hugo Cabret rend hommage à George Méliès, sans que ce dernier en soit le personnage principal. Ce n’est donc pas un biopic, mais une histoire où son œuvre joue un rôle important. D’ailleurs, le film prend un certain nombre de libertés avec la véracité historique, mais cela n’a guère d’importance. Surtout qu’il nous offre au final une formidable déclaration d’amour au cinéma en général, à la manière dont il donne vie à l’imaginaire et aux rêves les plus fous. Il nous ramène à l’émerveillement enfantin que provoque le cinéma, parfois enfoui sous une intellectualisation d’adulte, mais qui est la source de toute passion pour le cinéma.
Certains n’y verront que sentiments puérils, d’autres sauront y voir la trace d’une émotion éternelle, intemporelle, sans âge et surtout ô combien précieuse. George Méliès est le premier à l’avoir ressenti et le premier à l’avoir partagé, bien avant que la notion même de marketing ne soit inventé. Ce film m’a fait le même effet que « la Dernière Séance », la chanson d’Eddy Mitchell. Ces deux œuvres, qui n’ont rien à voir a priori, peuvent peuvent paraître lisses à beaucoup, mais fera vibrer le cœur de ceux qui partagent cet amour inconditionnel du 7ème art.
Cependant, Hugo Cabret pourra séduire un public beaucoup plus large. Car il est aussi, et avant tout quelque part, un film d’aventures un peu enfantines. Un divertissement familial, idéal pour les fêtes de Noël, mais qui n’est en rien synonyme de médiocrité. Martin Scorcese est derrière la caméra et ça se sent, avec un sens de la narration et de la mise en scène qui portent la marque des plus grands. Mais il est vrai que ceux qui ne resteront insensibles à ce que j’évoquais plus haut pourront reprocher à ce film de manquer quelque peu d’ambition et d’être au mieux très sympathique. De l’humour, du rythme, des rebondissements, mais pas de grands sentiments, de thèmes profonds et de grand souffle épique.

Hugo Cabret est donc un joli film dans la hôte du Père Noël. Un film qui peut être vu avec des regards très différents. De 7 à 177 ans, on sera séduit par ces aventures divertissantes. Et les amoureux du 7ème art se rappelleront pourquoi cette passion brûle en eux. Et cela ça n’a pas de prix, alors merci Monsieur Scorcese.
Distribution : Metropolitan FilmExport
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : John Logan, d’après le roman de Brian Selznick
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Robert Richardson
Décors : Dante Ferretti
Musique : Howard Shore
Durée : 128 mn
Ben Kingsley : Papa Georges, Georges Méliès
Chloë Grace Moretz : Isabelle
Sacha Baron Cohen : Le chef de gare
Ray Winstone : Oncle Claude
Jude Law : Le père d’Hugo
Emily Mortimer : Lisette
Helen McCrory : Maman Jeanne
Christopher Lee : Monsieur Labisse

Pour ses premiers pas derrière la caméra, Jalil Lespert nous offre une réalisation ultra sobre. Ce n’est pas donc pas ses qualités artistiques qui viendront sauver Des Vents Contraires. Tout cela est à l’image de ce film qui manque cruellement de consistance. Il peut bien arracher quelques larmes, mais par une émotion facile, sans surprise et qui ne conduit absolument pas à l’enthousiasme. On ne ressent rien, au mieux, on constate.
Mais encore une fois, on peut regretter que Roman Polanski n’ait pas su faire de sa caméra un outil au service de l’histoire, qui sublimerait le jeu des acteurs et qui ne se contenterait pas de nous le livrer de manière brute. En fait, si Carnage était une chanson, cette version serait un clip, plutôt bon certes, mais qui n’arriverait pas à la cheville de la version live. 
Techniquement, le Chat Potté est dans la droite lignée de ce que propose d’habitude les studios Dreamworks. C’est à dire, qu’il n’y a rien à dire ! Par contre, je sais que c’est la mode de dire que la 3D ne sert à rien, mais je continue de trouver que pour le cinéma d’animation, cela donne vraiment une profondeur supplémentaire aux décors et aux personnages. Je trouve donc qu’elle a son utilité et sa justification ici. Après, très honnêtement, je ne suis quand même pas convaincu que son absence diminuerait quoi que ce soit au plaisir que nous procure ce film. 
Mais ce qu’on retiendra avant tout de Shame, c’est la nouvelle performance incroyable de Michael Fassbender, qui confirme ici son statut de futur très grand. Encore une fois, il va très loin dans l’investissement physique. La manière dont il arrive à mimer des rapports sexuels de manière très intense (ce qui déjà en soi ne doit pas être évident) tout en exprimant un désespoir toujours plus profond est bluffante. Tout dans son rôle passe par les expressions et le regard puisque un des thèmes centraux du film est l’impossibilité de verbaliser cette souffrance. A ses côtés, Carrey Mullingan s’impose elle aussi comme un des talents les plus sûrs du cinéma actuel.
Olivier Marshall livre avec les Lyonnais un film peut-être moins sombre qu’à son habitude, mais toujours aussi violent. Il n’y a pas d’effusion spectaculaire d’hémoglobine, mais il prend visiblement un malin plaisir à faire mourir une bonne partie de ses personnages à chacun de ses films. Et étonnamment, ils meurent rarement paisiblement de vieillesse dans leur lit. Mais la violence ici tient plus du code d’un genre cinématographique que d’un réel reflet de la société. Certes, le film est tiré des mémoires du vrai Edmond Vidal, mais on a tout de même du mal à y voir autre chose qu’un scénario de cinéma. 
Ce qui pêche dans Time Out réside dans un nombre un peu trop élevé d’invraisemblances dans le scénario. Pas d’incohérences flagrantes, simplement, on a un peu de mal à croire à tout ça. Du coup, l’univers de ce film n’est pas vraiment immersif, on reste très spectateur. On ne ressent pas vraiment le caractère oppressant de cette société, on ne partage par les angoisses de personnages que l’on aime sans vraiment s’y attacher. Les deux personnages jouant le rôle de méchants sont vraiment faibles et caricaturaux. On est donc diverti, pas passionné.
The Lady nous rappelle aussi que Luc Besson sait tenir une caméra. On l’oublie souvent, mais ses films sont souvent visuellement très travaillés et c’est sûrement un de meilleur dans ce domaine avec Jean-Piere Jeunet au niveau de l’Hexagone. Il a opté cette fois pour la sobriété mais il alterne les scènes intimistes avec les scènes de foule avec le même bonheur. Par contre, il s’obstine à confier la bande-originale à Eric Serra, son éternel complice, qui continue à faire un tantinet dans le too much. Du coup, au lieu de porter l’émotion, elle exaspère parfois par une lourdeur superflue. 
… Mais soyons honnêtes. Le Stratège souffre tout de même d’une limite indéniable pour nous, pauvres Français. Il s’agit de baseball, un sport totalement obscur pour nombre d’entre nous. Heureusement grâce à ma Wii, je connais désormais les règles, mais je me souviens aussi d’être déjà tombé sur du baseball à la radio quand j’étais au Québec et d’avoir entendu la retransmission la plus inintéressante qui soit, vu qu’il ne se passe à peu près rien la plupart du temps. Du coup, il manque cette dernière étincelle qui aurait pu donner à ce film une dimension supplémentaire. Si les qualités cinématographiques sont indéniables, il manque un écho à nos propres émotions. Certes, on peut facilement transposer tout cela à un sport qui nous est plus familier, mais cela rend les sentiments plus distants, moins profonds et moins naturels.
Mais le pire dans Or Noir reste la direction d’acteurs. Je ne pouvais pas imaginer qu’Antonio Banderas puisse être aussi mauvais. Et encore, je reste poli pour qualifier cette performance absolument indigne d’un acteur professionnel. C’est tellement surjoué, qu’on se demande si le bel Espagnol ne fait pas exprès pour finir de décrédibiliser ces dialogues ineptes. Cela donne envie de revoir La Piel que Habito, où il était formidable, pour finir de mesurer ce qui sépare désormais un réalisateur comme Pedro Almodovar de Jean-Jacques Annaud. Mark Strong s’en sort un peu mieux, malgré un personnage d’opérette. Quant à Tahar Rahim, il sombre carrément se contentant de nous servir le même air de chien battu pendant plus de deux heures.
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