
Yann et Nadia s’aiment et rêvent de l’avenir. Ils finissent par acheter une maison au bord d’un lac avec l’espoir d’y ouvrir un restaurant. Mais sans argent, ils se couvrent de dettes et doivent faire face à des contraintes administratives qui les plongent vite en plein cauchemar financer. Du coup, Nadia est obligée d’accepter un emploi au Canada et part en laissant à son compagnon son fils âgé de dix ans. Une situation provisoire, mais qui laisse Yann seul face à ses difficultés et ses espoirs brisés.
Une Vie Meilleure est donc un film au scénario très solide et consistant. Il y a un vrai effort de narration, avec de multiples rebondissements et péripéties. On n’est donc loin du cinéma contemplatif et pseudo-psychologique que l’on pouvait craindre. Ce n’est pas un film sur les sentiments, mais une véritable histoire avec un début et… Bon, je reviendrai là-dessus…
Le soucis est que parfois, tout cela est un peu gros pour être crédible. Si pour Mission Impossible et un James Bond, on se moque bien du réalisme, pour une histoire avec un tel fond social, cela devient nettement plus embêtant. Certes, de nombreuses personnes semblent destinées à prendre systématiquement les mauvais décisions. Simplement, il arrive à un moment où cela fait perdre son statut de victime au profit de celui de coupable de ses propres ennuis. Certes, Yann est sympathique, plein d’une énergie et d’une ténacité qu’on aimerait voir récompenser, mais très vite, les ficelles deviennent trop grosses et on a vraiment le sentiment qu’il s’enfonce lui-même la tête sous l’eau…sinon il n’y aurait pas de film ! Du coup, l’attachement au personnage se dilue un peu et par la même occasion l’intérêt que l’on porte au film.
L’autre problème de Une Vie Meilleure est l’absence d’un réel dénouement. Le plan final laisse songeur et on voit mal en quoi il apporte la moindre conclusion à cette histoire. Certes, un film n’est pas une dissertation philosophique et je suis même le premier à l’affirmer. Mais tout de même, on sent bien que Cédric Kahn cherche à mettre du sens dans son film, mais n’y parvient qu’à moitié. Cela laisse un goût d’inachevé, alors que les dernières minutes nous avaient apporté les seuls vrais moments d’émotion et presque réconciliés avec les personnages.

Une Vie Meilleure nous propose un beau trio de comédiens. Guillaume Canet occupe une place prépondérante dans ce film et nous offre un nouvel aperçu de l’étendu de son talent. Il porte véritablement le film sur ses épaules et on ne pourra lui reprocher ses faiblesses. A ses côtés, Leila Bekhti est toujours aussi belle et gagne encore en maturité. Si elle est moins présente que son compagnon, elle s’acquitte toujours avec un grand talent de ses passages à l’écran. Enfin, le jeune Slimane Khettabi nous offre un très beau rôle enfantin, surtout que celui-là n’est pas toujours facile.
Au final, Une Vie Meilleure n’est pas un film raté, mais un film mal maîtrisé où la volonté de bien faire de Cédric Kahn ne lui a pas permis d’être réellement convaincant.
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario : Cédric Kahn, Catherine Paillé
Montage : Simon jacquet
Photo : Pascal Marti
Décors : Patrick Gilbert
Musique : Akido
Durée : 110 mn
Leïla Bekhti : Nadia
Slimane Khettabi : Slimane
Nicolas Abraham : L’entrepreneur
François Favrat : le banquier
Brigitte Sy : la femme qui so’ccupe de surendettement

We are Four Lions séduit tout de même grâce à ses personnages. C’est sans doute ce qu’il y a de plus troublant dans ce film. Car en se moquant d’eux, le film arrive à rendre cette bande de vrais imbéciles presque sympathiques et attachants. En effet, il ne s’agit pas de vrais méchants qui font peur, mais plus des victimes de leur propre stupidité. On a du mal à les prendre au sérieux. C’est pourquoi la fin laisse un goût bizarre, car on se rend quand même finalement compte de qui ils sont vraiment. 
2011 fut une année difficile pour les grands réalisateurs américains : Clint Eastwood, les frères Coen, Steven Spielberg, David Cronenberg, Jean-Jacques Annaud sont absents du palmarès malgré des films à l’affiche. Seul Martin Scorcese tire son épingle du jeu avec une formidable déclaration d’amour au cinéma, accueilli froidement par une critique qui a depuis longtemps perdu son âme d’enfant. Y aurait-il une transmission de flambeau à une nouvelle génération qui avait déjà dominé le palmarès 2010 avec Chistopher Nolan (Inception) et David Fincher (The Social Network) ? 2012 permettra peut-être de le savoir définitivement…
En fait, la Délicatesse en ne choisissant pas pleinement le ton de la comédie met lui-même en lumière ses propres limites. François Damiens est largement sous-exploité et Audrey Tautou est incapable d’être au même niveau sur ce plan là. Au final, on assiste donc à un film bancal qui fait plus rire que sourire et qui ne convainc pas par ailleurs. On en ressort avec un léger sentiment de gâchis. Les frères Foekinos ont sûrement cherché à être fidèles à l’œuvre de David, mais ils ont du coup légèrement oublié d’en faire vraiment un film.
A Dangerous Method est d’une forme extrêmement classique. Le sujet était pourtant très « cronenbergien », avec une exploration des faces cachées des personnalités humaines. Mais pris par la dimension historique, le réalisateur n’a pas su nous offrir son habituel regard sur la noirceur des âmes. La photographie reste élégante, la direction d’acteur parfaite, mais cela reste extrêmement lisse et lumineux, loin de l’ambiance sombre et inquiétante de Les Promesses de l’Ombre notamment. Les fans seront donc un peu décontenancés. Le style est peut-être plus accessible que d’habitude, mais il semblerait que le génie du Canadien s’y exprime avec moins d’aisance.
Une seule chose m’a cependant quelque peu déranger dans Le Havre. C’est l’interprétation très particulière d’André Wilms. Ce vieux routier du cinéma français tient là un de ses rares premiers rôles. Il livre une performance décalée qui colle assez bien avec l’esprit du film, mais qui je trouve sonne souvent faux. Du coup, au lieu d’être lunaire, son personnage semble juste interprété par un très mauvais acteur. Ce qui n’est pourtant pas le cas.
Enfin, Oh my God ! présente aussi un petit aspect romance, mais il resgte vraiment cousu de fil blanc. Cependant, comme on s’attache vraiment aux personnages, cela passe comme une lettre à la poste. Cela représente plus un fil rouge narratif support de la comédie qu’un vrai facteur de tension. Rien de bien génial donc, mais rien de bien gênant non plus.
On appréciera tout de même la sensibilité avec laquelle les sœurs Coulin ont traité le propos dans 17 filles. Elle s’attachent vraiment à nous faire ressentir toutes les émotions typiques de l’adolescence. En cela, le film est une vraie réussite. Le contexte est certes exceptionnel, mais au fond, on ne nous fait partager que des sentiments que beaucoup de nous ont ressenti à un moment ou à un autre entre 13 et 18 ans. L’ordinaire et l’extraordinaire se mêlent donc dans ce film qui, s’il laisse parfois perplexe, maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout. On peut être, comme moi, absolument pas convaincu, mais sans pour autant s’être ennuyé. 
La réalisation de C’est donc ton Frère est elle aussi très basique. Laurel et Hardy faisait des films à la chaîne et on sent bien que l’aspect artistique était totalement négligé. On est très loin, une nouvelle fois, du travail de photographie d’un Chaplin. Mais c’est vrai là devant une œuvre dont le format (65 minutes) et la qualité seraient plus ceux qu’une production purement télévisuelle. Mais d’une œuvre qui a traversé près d’un siècle, on attend un plus qu’un bonne émission de télé. 
Après évidemment, le côté totalement basique du scénario ne fait pas de Mission : Impossible – Protocole Fantôme un pur chef d’œuvre. Encore une fois, on n’est de toute façon pas venu pour cela, mais il est vrai que pour accéder au rang de film culte, il aurait fallu réussir à marier les deux. Et puis bon, Ethan Hunt aura beau s’agiter tant qu’il ne voudra, il n’aura jamais la classe d’un 007 en smoking. Les personnages sont eux aussi vraiment bruts de décoffrage et on ne peut pas dire que les scénaristes se soient vraiment foulés pour leur donner la moindre épaisseur. Mais bon, on se prend vraiment au jeu et on passe un excellent moment. C’est vraiment le principal dans un film de ce genre. Les fans de la série regretteront par contre que l’action pure ait été à ce point privilégiée, ce qui n’a jamais été le point central de la version télévisée.
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