UNE VIE MEILLEURE : Pour le meilleur et le moins bon

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uneviemeilleureafficheLa crise semble être devenu la dernière source d’inspiration des cinéastes. Si cela avait déjà été le cas l’année dernière de l’autre côté de l’Atlantique, avec notamment The Company Men, cette tendance arrive en force dans notre beau pays avec deux films cette semaine : Louise Wimmer (qui ne se joue pas dans les cinémas les plus près de chez moi malheureusement) et donc Une Vie Meilleur, objet de cette critique. Un film porté par un vrai scénario, mais qui souffre aussi de nombreux défauts.

Yann et Nadia s’aiment et rêvent de l’avenir. Ils finissent par acheter une maison au bord d’un lac avec l’espoir d’y ouvrir un restaurant. Mais sans argent, ils se couvrent de dettes et doivent faire face à des contraintes administratives qui les plongent vite en plein cauchemar financer. Du coup, Nadia est obligée d’accepter un emploi au Canada et part en laissant à son compagnon son fils âgé de dix ans. Une situation provisoire, mais qui laisse Yann seul face à ses difficultés et ses espoirs brisés.

Une Vie Meilleure est donc un film au scénario très solide et consistant. Il y a un vrai effort de narration, avec de multiples rebondissements et péripéties. On n’est donc loin du cinéma contemplatif et pseudo-psychologique que l’on pouvait craindre. Ce n’est pas un film sur les sentiments, mais une véritable histoire avec un début et… Bon, je reviendrai là-dessus…

Le soucis est que parfois, tout cela est un peu gros pour être crédible. Si pour Mission Impossible et un James Bond, on se moque bien du réalisme, pour une histoire avec un tel fond social, cela devient nettement plus embêtant. Certes, de nombreuses personnes semblent destinées à prendre systématiquement les mauvais décisions. Simplement, il arrive à un moment où cela fait perdre son statut de victime au profit de celui de coupable de ses propres ennuis. Certes, Yann est sympathique, plein d’une énergie et d’une ténacité qu’on aimerait voir récompenser, mais très vite, les ficelles deviennent trop grosses et on a vraiment le sentiment qu’il s’enfonce lui-même la tête sous l’eau…sinon il n’y aurait pas de film ! Du coup, l’attachement au personnage se dilue un peu et par la même occasion l’intérêt que l’on porte au film.

L’autre problème de Une Vie Meilleure est l’absence d’un réel dénouement. Le plan final laisse songeur et on voit mal en quoi il apporte la moindre conclusion à cette histoire. Certes, un film n’est pas une dissertation philosophique et je suis même le premier à l’affirmer. Mais tout de même, on sent bien que Cédric Kahn cherche à mettre du sens dans son film, mais n’y parvient qu’à moitié. Cela laisse un goût d’inachevé, alors que les dernières minutes nous avaient apporté les seuls vrais moments d’émotion et presque réconciliés avec les personnages.

uneviemeilleureTout comme le scénario, la réalisation de Cédric Kahn fait d’Une Vie Meilleure un film dynamique. Certes, il y a quelques longueurs, mais c’est parce que l’intrigue parfois en rond, pas parce qu’elle s’éternise au même point. De même, le montage est plutôt nerveux, avec des scènes généralement assez courtes. Ce sont de vraies qualités cinématographiques, mais qui font naître de vrais regrets par rapport au fond qui n’est pas tout à fait au niveau.

Une Vie Meilleure nous propose un beau trio de comédiens. Guillaume Canet occupe une place prépondérante dans ce film et nous offre un nouvel aperçu de l’étendu de son talent. Il porte véritablement le film sur ses épaules et on ne pourra lui reprocher ses faiblesses. A ses côtés, Leila Bekhti est toujours aussi belle et gagne encore en maturité. Si elle est moins présente que son compagnon, elle s’acquitte toujours avec un grand talent de ses passages à l’écran. Enfin, le jeune Slimane Khettabi nous offre un très beau rôle enfantin, surtout que celui-là n’est pas toujours facile.

Au final, Une Vie Meilleure n’est pas un film raté, mais un film mal maîtrisé où la volonté de bien faire de Cédric Kahn ne lui a pas permis d’être réellement convaincant.

 
Fiche technique :
Production : Les films du lendemain, Maia Cinéma, Cinémaginaire
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Cédric Kahn
Scénario : Cédric Kahn, Catherine Paillé
Montage : Simon jacquet
Photo : Pascal Marti
Décors : Patrick Gilbert
Musique : Akido
Durée : 110 mn
 
Casting :
Guillaume Canet : Yann
Leïla Bekhti : Nadia
Slimane Khettabi : Slimane
Nicolas Abraham : L’entrepreneur
François Favrat : le banquier
Brigitte Sy : la femme qui so’ccupe de surendettement

WE ARE FOUR LIONS : Entre 1er et 12ème degré

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wearefourlionsafficheLe cinéma anglais se plaît à régulièrement mêler sujets sociaux et comédie. Après tout, il n’y a pas que les gens riches et heureux qui ont droit de rire et de faire rire, tant que ce n’est pas à leurs dépends. We are Four Lions se situe dans cette veine. Sauf que cette fois les prolétaires sont des apprentis terroristes que le film s’amuse à nous dépeindre comme une belle brochette d’abrutis.

Omar rêve de devenir un vrai jihadiste et de commettre un attentat retentissant au cœur de Londres. Pour cela, il part même dans un camp d’entraînement au Pakistan. Il en reviendra en quatrième vitesse après avoir malencontreusement fait exploser un chef religieux en cherchant à abattre un drone de l’armée américaine. Il ne se décourage pourtant pas, bien que ses complices n’aient rien d’une équipe de choc compétente et efficace.

We are Four Lions est visiblement un film au budget limité, cherchant avant tout à exploiter jusqu’au bout la bonne idée de départ. Faire d’un groupe terroriste un objet de dérision constitue un point de départ assez audacieux. Je ne discuterai pas ici si ce genre de procédé est légitime pour combattre ce genre d’extrémisme. Le rire peut accomplir de grand chose, mais je ne suis pas sûr qu’il faut voir dans ce film autre chose qu’une histoire qui cherche simplement à divertir, même si les auteurs ont sûrement voulu afficher une certaine forme de résistance face à un mouvement qui cherche avant tout à se nourrir de la peur.

We are Four Lions provoque quelques moments de franches rigolades. Mais ce de manière un peu intermittente. C’est vraiment là la plus grande limite de ce film qui restera un objet de curiosité sympathique, mais peut-être pas un film culte. En fait, il pêche surtout au début à la fin. Si la préparation de l’attentat par cinq bras cassés constitue un vrai moment de bravoure, en particulier la manipulation des explosifs, l’introduction et surtout la conclusion restent beaucoup plus brouillonnes. Le dénouement est partagé entre comédie et drame et Christopher Morris semble hésiter entre les deux tons, sans trouver le bon. Du coup, cela donne un résultat assez bancal et le spectateur n’arrive vraiment à rire, ni à être ému ou choqué.

L’humour de We are Four Lions est un mélange de premier et de douzième degré. Certains gags ou situations provoquent de vrais éclats de rire. Mais ils restent relativement peu nombreux au regard du comique de situation qui englobe tout le film. Là encore, Christopher Morris semble avoir un peu de mal à se situer parfois. Il y a donc pour tous les goûts, même si personne ne sera totalement satisfait. Le tout est mis en image par une réalisation qui tient plus du bon téléfilm que du grand 7ème art. Mais bon, dans ce genre de film, ce n’est pas forcément gênant, même si cela contribue à une impression générale que l’idée de base a été exploitée de manière inaboutie.

wearefourlionsWe are Four Lions séduit tout de même grâce à ses personnages. C’est sans doute ce qu’il y a de plus troublant dans ce film. Car en se moquant d’eux, le film arrive à rendre cette bande de vrais imbéciles presque sympathiques et attachants. En effet, il ne s’agit pas de vrais méchants qui font peur, mais plus des victimes de leur propre stupidité. On a du mal à les prendre au sérieux. C’est pourquoi la fin laisse un goût bizarre, car on se rend quand même finalement compte de qui ils sont vraiment.

Cette bande de bras cassés est interprétée par des acteurs qui à défaut d’être géniaux, s’en donnent à cœur-joie. Riz Ahmed tient le haut de l’affiche, déjà parce qu’il interprète le rôle principal, mais aussi parce que son rôle est sans doute le plus subtil et le plus intéressant. Nigel Lindsay interprète l’autre principal élément comique de We are Four Lions et parvient souvent à nous faire rire. De manière générale le casting représente une des grande force de ce film.

We are Four Lions présente donc bien des défauts, mais est d’une originalité assez radicale pour qu’on prenne plaisir à partager un moment avec ces bras cassés du terrorisme.

Fiche technique :
Production : Warp films, Film4, Wild Bunch
Distribution : UFO distribution
Réalisation : Christopher Morris
Scénario : Jesse Armstrong, Sam Bain, Christopher Morris, Simon Blackwell
Montage : Billy Sneddon
Photo : Lol Crawley
Décors : Dick Lunn
Durée : 105 mn

Casting :
Riz Ahmed : Omar
Benedict Cumberbatch : Edmund
Kayvan Novak : Waj
Nigel Lindsay : Barry
Craig Makinson : Matt
Peeya Kalidas : Sophia
Asher Ali : Hassan

PALMARES 2011

thetreeoflife
thetreeoflifeRappel : ce palmarès regroupe tous les films auxquels j’ai mis la note maximum sur le site Ciao.fr où je publie mes critiques.
 
Un palmarès resserré cette année, puisque j’avais fait figurer 28 films en 2009 et 23 films en 2010. Cette année seulement 13, mais avant tout parce que j’ai décidé d’être plus impitoyable et de ne donner la note maximum qu’aux films auxquels je n’avais vraiment rien à reprocher. Du coup, sont éjectés du palmarès des films comme Le Discours d’un Roi (que je trouve traversé par un grand trou d’air narratif entre un début et une fin très réussis) et surtout Drive, pour beaucoup le meilleur film de 2011, mais que j’ai trouvé trop froid pour être totalement enthousiaste.

En tête, la Palme d’Or, The Tree of Life, qui confirme que la Croisette sacre des films qui ne laissent pas indifférents, tant l’œuvre de Terrence Malick a divisé critiques et spectateurs. Derrière lui, un formidable tir groupé du cinéma français qui a connu une année faste :5 films sur 13 au palmarès dont 3 dans les 4 premiers. Le cinéma européen occupe d’ailleurs plus de la moité du palmarès (7 films sur 13) avec les renforts de l’Italie et de l’Espagne. Le cinéma asiatique est absent, mais plusieurs films coréens ont été tout près d’intégrer le classement. On pourra noter l’absence de film d’animation, mais celle tout de même de deux films de genre : Insidious et Sucker Punch.

 
laguerreestdeclaree2011 fut une année difficile pour les grands réalisateurs américains : Clint Eastwood, les frères Coen, Steven Spielberg, David Cronenberg, Jean-Jacques Annaud sont absents du palmarès malgré des films à l’affiche. Seul Martin Scorcese tire son épingle du jeu avec une formidable déclaration d’amour au cinéma, accueilli froidement par une critique qui a depuis longtemps perdu son âme d’enfant. Y aurait-il une transmission de flambeau à une nouvelle génération qui avait déjà dominé le palmarès 2010 avec Chistopher Nolan (Inception) et David Fincher (The Social Network) ? 2012 permettra peut-être de le savoir définitivement…
 
Bref une année cinématographique s’éteint, une autre tout aussi passionnante s’éveille.
 
1-The Tree of Life
Un film peut-être difficile d’accès, mais qui offre des moments de grâce cinématographique absolue. Une Palme d’Or méritée donc.
 
2-La Guerre est Déclarée
Un sujet difficile mais traitée avec une grande intelligence et une formidable imagination. Valérie Donzelli nous livre sa propre histoire, mais surtout un film formidable d’audace et d’émotion.
 
3-The Artist
Un film qui s’annonce comme un des plus gros succès du cinéma français à l’étranger. Il faut dire qu’en réalisant un film muet, Michel Hazanavicius s’est affranchi de la barrière de la langue. Un choix osé mais qui a débouché sur une étonnante réussite, portée par un Jean Dujardin entré définitivement dans la cour des très grands.
 
4-Polisse
Un film choc, qui fait passer du rire aux larmes de manière étonnante. Maïwenn peut agacer par certains choix esthétiques, mais elle nous offre un troisième moment d’audace, qualité qui a tant manqué au cinéma français depuis de longues années.
 
5-Le Complexe du Castor
Un film passé trop inaperçu, malgré un duo Mel Gibson – Jodie Foster absolument époustouflant. Le premier tient son meilleur rôle depuis… toujours et la seconde nous prouve qu’elle est au moins aussi brillante derrière que devant la caméra.
 
6-La Piel que Habito
Après plusieurs films moins convaincants et tournés vers les mêmes éternelles obsessions, Pedro Almodovar signe un nouveau grand film qui propose à la fois un scénario particulièrement réussi et une mise en images toujours aussi soignée.
 
7-Habemus Papam
Nanni Moretti signe là un petit chef d’œuvre d’humour et de réflexion humaniste. Un film qui critique vertement l’institution religieuse, mais apporte un regard neuf sur les hommes qui la font vivre.
 
8-Et Maintenant on va où ?
Une formidable fable sur la tolérance religieuse dans un Liban déchiré par les tensions entre Chrétiens et Musulmans. C’est drôle et dramatique, mais surtout délivre avec force un très beau message qui évite toutes les facilités.
 
9-Hugo Cabret
Un film sur l’enfance du cinéma, mais surtout sur la manière dont on tombe amoureux du cinéma dans son enfance. Un film pour cinéphiles, qui sauront voir au-delà de l’aimable divertissement familial qu’il est par ailleurs.
 
10-Sucker Punch
Je suis peut-être le seul à faire figurer ce film dans son top 10. Peut-être parce que film reprend à son compte des éléments générationnels très précis que la grande majorité considéreront comme de la sous-culture.
 
11-Intouchables
Le succès du box-office de l’année en France et peut-être même bientôt de l’histoire. Comme quoi le succès ne s’explique pas… Enfin il s’explique quand même avant tout par de formidables qualités qui font que cette comédie hilarante et intelligente a su toucher un très large public et fonctionne à la perfection.
 
12-Insidious
Un film de genre certes, mais un film de genre qui fait preuve d’une incroyable dextérité. On tremble du début à la fin, sans que jamais le film ne soit violent ou gore visuellement. Un cours magistral sur la manière de créer une tension à l’écran à partir d’éléments anodins.
 
13-Captain America
Le film de super-héros de l’année. Peut-être moins subtil que X-Men, le Commencement, il arrive à donner une crédibilité à un personnage né dans les années 40, avec un costume qui aurait pu facilement être ridicule à l’écran. Ce film réalise donc le tour de force de moderniser un des personnages les plus emblématiques de l’univers Marvel, tout en se montrant incroyablement fidèle au comics original. Le tout pour un divertissement de haut niveau.

LA DELICATESSE : Le cul entre deux chaises

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ladelicatesseafficheLa comédie romantique a longtemps été un genre totalement ignoré par le cinéma français. Pas assez profond, pas assez intellectuel très certainement. Puis les choses ont commencé à changer avec des films sympathiques comme L’Amour c’est Mieux à Deux ou la Chance de ma Vie et surtout un chef d’œuvre, l’Arnacoeur. La Délicatesse aurait pu être un nouvel bel exemple, mais en choisissant un ton plus sérieux, alors que le film n’a rien à dire, il gâche sérieusement le plaisir.

François et Nathalie ont tout pour être heureux. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont heureux. Mais la mort viendra frapper le jeune homme. Son épouse se plongera alors dans le travail et ne laissera plus d’homme entrer de près ou de loin dans sa vie pendant trois ans. Jusqu’au jour où, sans presque s’en rendre compte, elle embrasse un de ces collègues, alors que ce dernier n’a rien d’un apollon.

La Délicatesse commence sur un ton plutôt dramatique. Celui qui ignorerait tout du synopsis peut alors avoir des raisons de s’inquiéter, car ce n’est pas la mine de chien battu d’Audrey Tautou qui vous porte un film à elle toute seule. Puis enfin apparaît François Damiens. Et là tout s’éclaire. Son potentiel comique est immense et sa seule présence constitue une bonne raisons de se réjouir.

Commence alors une bonne heure de romance improbable, auquel, il faut bien l’admettre, on se prend à croire. On passe du rire à l’émotion, sans que ni l’un, ni l’autre n’atteigne jamais des sommets. La Délicatesse reste un peu le cul entre deux chaises, mais fonctionne quand même plutôt bien. On passe un bon moment et on rentre dans cette histoire. On est a pays des Bisounours, mais cela fait du bien et on a très envie de voir cet homme un peu pataud et pas très séduisant arriver à conquérir complètement cette femme qu’il trouverait inaccessible dans d’autres circonstances.

Et puis, soudainement, à une petite demi-heure de la fin, la Délicatesse arrête d’être drôle pour prendre un ton beaucoup plus sérieux, pour ne pas dire pédant. On a l’impression que les frères Foenkinos nous disent « bon assez rigoler, maintenant on va vous donner de la profondeur ». Sauf qu’expliquer que les mecs gentils et délicats, même s’ils ne sont pas très beaux, peuvent eux aussi séduire les plus belles femmes, ce n’est pas être profond, c’est nous livrer un cliché cinématographique des plus éculés. Du coup, le ton devient complètement inapproprié au propos et le film devient strictement sans intérêt.

ladelicatesseEn fait, la Délicatesse en ne choisissant pas pleinement le ton de la comédie met lui-même en lumière ses propres limites. François Damiens est largement sous-exploité et Audrey Tautou est incapable d’être au même niveau sur ce plan là. Au final, on assiste donc à un film bancal qui fait plus rire que sourire et qui ne convainc pas par ailleurs. On en ressort avec un léger sentiment de gâchis. Les frères Foekinos ont sûrement cherché à être fidèles à l’œuvre de David, mais ils ont du coup légèrement oublié d’en faire vraiment un film.

Le duo François Damiens – Audrey Tautou fonctionne donc très bien sur le plan des sentiments. Sur le potentiel comique, l’acteur belge écrase évidemment sa partenaire, même si on a vraiment le sentiment qu’il est sérieusement bridé par les choix de réalisations. Le reste du casting est sympathique, mais sans plus. Enfin, il y a Audrey Fleurot… Ah Audrey…

La Délicatesse nous prouve qu’en cette année faste pour lui, le cinéma français est encore capable de tomber dans ses pires travers en se prenant parfois beaucoup trop au sérieux.

 
Fiche technique :
Production : 2,4,7 Films, StudioCanal, France 2 cinéma
Distribution : StudioCanal
Réalisation : David Foenkinos, Stéphane Foenkinos
Scénario : David Foenkinos, d’après son propre roman
Montage : Virginie Bruant
Photo : Rémy Chevrin
Décors : Maamar Ech-Cheikh
Musique : Emilie Simon
Costumes : Emmanuelle Youchnovski
Durée : 108 mn

Fiche technique :
Audrey Tautou : Nathalie
François Damiens : Markus
Bruno Todeschini : Charles
Mélanie Bernier : Chloé
Joséphine de Meaux : Sophie
Pio Marmai : François
Ariane Acaride : la mère de Nathalie
Christophe Malavoy : le père de Nathalie
Monique Chaumette : la grand-mère de Nathalie

A DANGEROUS METHOD : Cronenberg moins à l’aise à la lumière

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adangerousmethodafficheA Dangerous Method de David Cronenberg est la dernière sortie cinématographique très attendue de 2011. Un sujet audacieux, un duo d’acteurs qui semblait être fait pour tourner devant la caméra du réalisateur canadien. Bref, beaucoup de promesses. Malheureusement, le film est loin de toutes les tenir.

Le docteur Carl Jung décide de s’inspirer des travaux révolutionnaires de Sigmund Freud pour soigner une patiente hystérique, Sabrina Spielrein. Très vite, les résultats sont probants et la jeune femme devient même son assistante… et plus. En même temps, il commence une correspondance avec le maître viennois de la psychanalyse. Ce dernier se révèle être une figure tutélaire enrichissante, mais aussi intransigeante.

Film historique sur les débuts de la psychanalyse, mais aussi récit classique de la relation entre un maître et son élève, A Dangerous Method brille par l’intérêt de son sujet. On prend plaisir à voir s’humaniser des personnages qui ont habité nos cours de philo et qui ont surtout été à l’origine d’un des bouleversements majeurs de notre perception de l’être humain. Sur le fond, notamment le conflit entre Freud, persuadé que tout se rapporte au sexe, et Jung qui veut élargir le champ de cette science nouvelle, le film est vraiment prenant et rend vivant des éléments qui étaient parfois rébarbatifs scolairement.

Mais David Cronenberg a échoué à insuffler le petit quelque chose qui aurait pu donner à A Dangerous Method une dimension supplémentaire. Car si l’aspect historique est parfaitement réussi, la description des relations entre les deux hommes et entre le docteur et sa patiente n’arrive pas totalement à nous passionner et à nous convaincre. Le propos est crédible, mais il manque une profondeur et une originalité qui auraient vraiment fait la différence. Que les grands hommes aient des relations ordinaires constitue certes déjà une thèse intéressante, mais peut-être pas suffisante pour en faire un film.

adangerousmethodA Dangerous Method est d’une forme extrêmement classique. Le sujet était pourtant très « cronenbergien », avec une exploration des faces cachées des personnalités humaines. Mais pris par la dimension historique, le réalisateur n’a pas su nous offrir son habituel regard sur la noirceur des âmes. La photographie reste élégante, la direction d’acteur parfaite, mais cela reste extrêmement lisse et lumineux, loin de l’ambiance sombre et inquiétante de Les Promesses de l’Ombre notamment. Les fans seront donc un peu décontenancés. Le style est peut-être plus accessible que d’habitude, mais il semblerait que le génie du Canadien s’y exprime avec moins d’aisance.

A Dangerous Method signe une nouvelle collaboration entre David Cronenberg et Viggo Mortensen. Les deux hommes se connaissent visiblement très bien et on ne pourra rien reprocher à l’interprétation. Surtout que le reste du casting se montre au niveau. Michael Fassbender conclue une année qui l’aura vu multiplier les apparitions dans des rôles parfois difficiles, mais en faisant preuve d’un talent constant et bien supérieur à la moyenne. Mais la plus grande surprise de ce film reste la performance de Keira Knightley que l’on n’attendait pas dans un rôle aussi physique avec autant de réussite. Enfin, on notera l’apparition d’un Vincent Cassel qui n’apporte pas grand-chose au propos, mais sans que l’acteur ne soit à blâmer.

A Dangerous Method ne conclue donc pas l’année cinématographique en beauté, comme on aurait pu l’espérer. Un film intéressant, mais qui est très loin d’exploiter pleinement le potentiel du sujet.

Fiche technique :
Production : Recorded Picture Company (RPC), Lago Film, Prospero Pictures
Distribution : Mars Distribution
Réalisation : David Cronenberg
Scénario : Christopher Hampton, d’après les oeuvres de Christopher Hampton et John Kerr
Montage : Ronald Sanders
Photo : Peter Suschitzky
Décors : James McAteer
Musique : Howard Shore
Directeur artistique : Nina Hirschberg, Frances Soeder, Anja Fromm
Durée : 99 mn

Casting :
Keira Knightley : Sabrina Spielrein
Viggo Mortensen : Sigmund Freud
Michael Fassbender : Carl Jung
Vincent Cassel : Otto Gross
Sarah Gadon : Emma Jung

LE HAVRE : Humanisme décalé

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lehavreafficheJ’ai découvert Ari Kaurismaki un peu par hasard. Enfin, je l’aurais peut-être découvert de toute façon, mais j’avais reçu une invitation pour une avant-première mystère, c’est-à-dire sans savoir quel film j’allais voir, dans le cadre du label des spectateurs UGC. J’avais alors espéré qu’il s’agisse du Pianiste de Roman Polanski, mais j’avais eu la surprise d’assister à un film finlandais, l’Homme sans Passé. Je ne l’avais absolument pas regretté. J’ai donc été très heureux de le voir tourner à nouveau en France et nous proposer son nouveau film, Le Havre.

Marcel Marx est cireur de chaussures au Havre. Autant dire qu’il ne roule pas sur l’or. Heureusement, Arletty, sa femme, est là pour prendre soin de lui. Mais cette dernière tombe malade et doit être hospitalisée. Marcel va donc devoir se débrouiller seul. C’est alors qu’il croise le chemin d’Idrissa, immigré clandestin qui s’est échappé quand le reste de son groupe s’est fait arrêter sur le port, alors qu’ils tentaient de rejoindre Londres, cachés dans un conteneur. Il mettra alors tout en œuvre pour aider le jeune garçon.

Le Havre est une fable. Pour preuve son caractère intemporel. S’il renvoie à des évènements politiques très récents, notamment le démantèlement du camp de réfugiés de Sangatte, l’univers visuel, les objets, les habits nous revoient plutôt vers les années 60. Ari Kaurismaki a voulu ainsi donner un caractère plus universel à son film qui constitue un très beau moment d’humanisme. Un film sur la solidarité contre les logiques déshumanisées.

Le Havre est un film simple au message clair et direct. C’est ce qui en fait sa plus grande force, mais aussi sa plus grande limite. Pas d’esbroufe, mais une forme qui ne sublime pas son propos et se contente de le porter. Mais cette simplicité est aussi vecteur d’une grande poésie car elle crée un décalage complet par rapport aux canons du cinéma d’aujourd’hui, lui donnant un côté… décalé justement. En fait, c’est un peu comme si c’étaient les rapports humains et la solidarité qui étaient eux-mêmes décalés à notre époque.

On retrouve dans le Havre, ce qui fait le charme du cinéma d’Ari Kaurismaki. Un regard d’une grande tendresse sur le genre humain, ses forces et ses faiblesses. Il n’a pas son pareil pour rendre ses personnages attachants, en faisant toujours preuve d’un humour très subtil et souvent ironique. Ce film vaut autant pour son intrigue que pour la galerie de protagonistes souvent lunaires, mais qui ont toujours en eux quelque chose qui nous renvoie à nos voisins et évidemment à nous-mêmes.

lehavreUne seule chose m’a cependant quelque peu déranger dans Le Havre. C’est l’interprétation très particulière d’André Wilms. Ce vieux routier du cinéma français tient là un de ses rares premiers rôles. Il livre une performance décalée qui colle assez bien avec l’esprit du film, mais qui je trouve sonne souvent faux. Du coup, au lieu d’être lunaire, son personnage semble juste interprété par un très mauvais acteur. Ce qui n’est pourtant pas le cas.

Le reste du casting est par contre tout à fait à la hauteur, au premier rang duquel Jean-Pierre Daroussin. Il est égal à lui-même, ce qui ne constitue pas le dernier des compliments. Oui, bon, je sais j’ai déjà employé cette expression pour Ruppert Everett dans ma précédente critique. Mais que voulez-vous, elle est très pratique pour parler d’un très bon acteur qui est très bon.

Le Havre constitue donc une belle surprise de ce début d’année. Un joli moyen, très poétique, de nous rappeler à l’essentiel.
 
Fiche technique :
Production : Sputnik Oy, Pyramide productiond, Pandora film
Réalisation : Aki Kaurismäki
Scénario : Aki Kaurismäki
Montage : Timo Linnasalo
Photo : Timo Salminen
Décors : Wouter Zoon
Distribution : Pyramide distribution
Son : Tero Malmberg
Durée : 93 mn
 
Casting :
André Wilms : Marcel Marx
Kati Outinen : Arletty Marx
Jean-Pierre Darroussin : Inspecteur Monet
Blondin Miguel : Idrissa
Elina Salo : Claire
Evelyne Didi : Yvette
Quoc-Dung Nguyen : Chang
Jean-Pierre Léaud : le dénonciateur
Pierre Etaix : Dr Becker
Roberto Piazza : Little Bob

OH MY GOD ! : Plaisir électrique

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ohmygodafficheUne fois n’est pas coutume, je vais saluer la bonne idée d’un traducteur qui a substitué un titre en anglais… à un autre titre en anglais (genre Fast and Furious pour the Fast and the Furious). En effet, le film dont je vais vous parler aujourd’hui porte le titre original de Hysteria, alors qu’il est sorti sur nos écrans sous le nom de Oh my God ! Cela aurait pu être ridicule, si cela ne proposait un excellent jeu de mot, puisque ce film nous parle de l’invention du…vibromasseur.

Mortimer Granville est un médecin idéaliste qui croit en les progrès scientifiques de l’hygiène et de la médecine. En butte à l’autorité de sa hiérarchie qui ne croit pas en l’existence des microbes, il finit une nouvelle fois par se faire renvoyer. Il retrouve une place chez un gynécologue, spécialiste des soins aux femmes hystériques sous forme de massage de la vulve. Il connaît tout de suite un succès foudroyant, mais son poignet a du mal à suivre. Avec son meilleur ami, fasciné par les nouvelles possibilités offertes par l’électricité, ils vont mettre au point un appareil massant automatique.

Oh my God ! est une pure comédie anglaise, à la fois drôle, décalée et irrévérencieuse. Elle arrive magistralement à parler de sexe et de masturbation sans pour autant être une seule seconde vulgaire. Les choses sont dites crûment, mais dans un univers médical où l’emploi de termes rigoureusement scientifiques est de rigueur. C’est justement ce décalage qui constitue le principal ressort comique de ce film. Il est exploité pleinement et avec beaucoup de subtilité et d’efficacité. On ne rit pas forcément aux éclats du début à la fin, mais on sourit au moins tout le temps et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Mais à la pure comédie s’ajoute aussi un propos social. Là encore, on est dans la plus pure tradition du cinéma britannique, en particulier depuis The Full Monty. Si la lutte des classes est largement évoquée, c’est surtout le féminisme qui prédomine. Bon, cet aspect est lui beaucoup moins subtil et beaucoup moins réussi. Au moins le message est clair, direct et compréhensible par tous, mais du coup, il n’apporte rien de bien nouveau, ni rien qui ne soit évident. Alors bien sûr, il y a certains messages qu’il n’est jamais superflu de rabâcher. Disons simplement que cela n’apporte pas vraiment de plus-value au film.

ohmygodEnfin, Oh my God ! présente aussi un petit aspect romance, mais il resgte vraiment cousu de fil blanc. Cependant, comme on s’attache vraiment aux personnages, cela passe comme une lettre à la poste. Cela représente plus un fil rouge narratif support de la comédie qu’un vrai facteur de tension. Rien de bien génial donc, mais rien de bien gênant non plus.

Hugh Dancy tient le haut de l’affiche de Oh my God ! Il tient là son premier premier rôle dont il s’acquitte avec talent, à défaut de génie. Mais les deux vraies vedettes de ce film sont Maggie Gyllenhaal qui ne sait toujours pas qu’elle finira par m’épouser et Ruppert Everett, égal à lui-même, ce qui constitue en soi un fort beau compliment. Une mention spéciale également à la sémillante Sheridan Smith, qui apporte une pointe de « coquinerie » à ce film.

Oh my God ! n’est certainement pas la comédie de l’année mais propose un divertissement rafraîchissant pour ces fêtes de fin d’année. Comme à son habitude, même quand il n’est pas génial, le cinéma anglais reste quand même très bon.

Fiche technique :
Production : Informant media, Forthcoming Films, Beachfront films, Chimera Films, arte France cinema
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Tanya Wexler
Scénario : Jonah Lusa Dyer, Stephen Dyer, Howard Gensler
Montage : Jon Gregory
Photo : Sean Bobbitt
Décors : Sophie Becher
Musique : Christian Hensen
Durée : 100 mn

Casting :
Maggie Gyllenhaal : Charlotte Dalrymple
Hugh Dancy : Dr Mortimer Granville
Jonathan Pryce : Dr Robert Dalrymple
Felicity Jones : Emily Dalrymple
Ruper Everett : Mprs Edmund St John Smythe

17 FILLES : Bien traité, à défaut d’être convaincant

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17fillesafficheLes films sur l’adolescence sont généralement de très mauvais films. Le plus souvent les personnages ne ressemblent strictement à rien, en tout cas pas à un jeune de la vraie vie vraie… même si l’ado de la vraie vie vraie ne ressemble effectivement généralement à rien, mais c’est un autre débat. A chaque nouvelle production de ce genre, on peut donc s’attendre au pire. 17 filles en est un nouvel exemple, mais se démarque par des protagonistes enfin réalistes… à défaut que l’ensemble soit réellement convaincant.

La jeune Camille, jeune lycéenne, tombe accidentellement enceinte. Elle est terrifiée, mais décide tout de même de garder le bébé. Mais pour finir de conjurer son angoisse, elle arrive à convaincre plusieurs de ses camarades de faire comme elle pour qu’elles élèvent leurs enfants toutes ensemble.

17 filles est inspiré de faits réels. La manière dont les sœurs Coulin ont insisté sur ce point que ce soit lors de la promotion et avec la mention au début du film montre bien qu’elles n’ont qu’une peur : qu’on ne croit pas du tout à cette histoire. Le problème est que quand on regarde les choses de plus près, on s’aperçoit que la transposition entre la réalité et la fiction a pris quelques libertés. En effet, les faits en question se sont déroulés aux Etats-Unis, alors que le film se déroule à Lorient. On peut donc facilement imaginer que le contexte n’est pas tout à fait le même, avec un thème social sous-jacent, celui de la perte de dynamisme économique de la ville, qui s’applique à un contexte très franco-français.

Pris individuellement, tous les personnages d’adolescentes sont assez convaincants, réalistes et provoquent un certain attachement de la part du spectateur. Pour le coup, ça change vraiment des productions habituelles où ce genre de rôle provoque plutôt une aversion complète, comme par exemple pour Les Beaux Gosses, où les deux protagonistes principaux étaient absolument insupportables et antipathiques. Cette sympathie est vraiment ce qui sauve 17 Filles, qui fait que l’on s’intéresse malgré tout à ces jeunes filles et à leur choix quelque peu surprenant.

Malheureusement, ce n’est pas parce qu’on s’y intéresse, que l’on y croit vraiment. Déjà, il y a quelque chose d’extrêmement choquant, c’est l’absence total de personnage masculin. Certes, le propos est centré sur les jeunes filles, mais les deux sœurs Coulin auraient pu s’intéresser au moins un minimum à la réaction des garçons. Surtout que l’on évoque largement la réaction des professeurs et des parents. Ces adolescents savent quand même avec qui ils ont couché et ne doivent quand même être totalement indifférents à voir leurs conquêtes porter leur bébé. Cela appauvrit terriblement le propos et lui faire perdre une large part de sa crédibilité.

17fillesOn appréciera tout de même la sensibilité avec laquelle les sœurs Coulin ont traité le propos dans 17 filles. Elle s’attachent vraiment à nous faire ressentir toutes les émotions typiques de l’adolescence. En cela, le film est une vraie réussite. Le contexte est certes exceptionnel, mais au fond, on ne nous fait partager que des sentiments que beaucoup de nous ont ressenti à un moment ou à un autre entre 13 et 18 ans. L’ordinaire et l’extraordinaire se mêlent donc dans ce film qui, s’il laisse parfois perplexe, maintient l’intérêt du spectateur de bout en bout. On peut être, comme moi, absolument pas convaincu, mais sans pour autant s’être ennuyé.

Réunir un casting adolescent n’est pas toujours chose facile, car, à cet âge, on a souvent perdu la spontanéité qui fait des jeunes enfants souvent des acteurs naturels. Mais 17 filles nous offre une jolie brochette de jeunes actrices prometteuses. Louise Grinberg tient le rôle principal ce qu’elle assume parfaitement, peut-être grâce à son expérience accuse par sa prestation dans Entre les Murs. On saluera également la très jolie performance de Yara Pilartz qui fait de son personnage un des plus marquants du casting.

17 Filles propose donc une histoire quelque peu inattendue et bien traitée, mais à laquelle il est parfois difficile d’y croire. Comme quoi la réalité dépasse parfois la fiction.

Fiche technique :
Production : Archipel 35
Réalisation : Muriel Coulin, Delphine Coulin
Scénario : Muriel Coulin, Delphine Coulin
Montage : Julien Bourdeau
Photo : Jean-Louis Vialard
Décors : Benoît Pfauwadel
Distribution : Diaphana Films
Son : Olivier Mauvezin
Maquillage : Sylvie Aid-Denisot
Durée : 87 mn

Casting :
Noémie Lvovsky : L infirmière scolaire
Esther Garrel : Flavie
Roxane Duran : Florence
Juliette Darche : Julia
Louise Grinberg : Camille
Florence Thomassin : la mère de Camille

C’EST DONC TON FRERE : Une première mitigée

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cestdonctonfrereafficheEn tout modestie, je pense avoir une culture cinématographique légèrement supérieure à la moyenne. Pourtant, il me reste encore de grandes zones d’ombres. Je n’ai jamais vu les Enfants du Paradis (le truc que je n’ose dire au reste de ma famille sous peine d’être immédiatement déshérité… faut juste un jour que j’arrête d’oublier de piquer discrètement le DVD), je n’ai vu aucun Freddy (la première version) et jusqu’à jeudi dernier aucun Laurel et Hardy. Vous me direz, on peut vivre avec ça, mais je suis quand même heureux d’avoir complété ma culture avec C’est donc ton Frère du célèbre duo. Même si je ne pense pas devenir fan du jour au lendemain.

Stan Laurel et Oliver Hardy sont deux respectables hommes mariés. Un jour l’un d’eux reçoit une lettre de sa mère leur annonçant que Alf Laurel et Bert Hardy, leurs deux frères jumeaux, deux mauvais garçons, ont été pendus lors d’une mutinerie. Or ces derniers sont bien vivants et débarquent dans la même ville. Va s’en suivre de multiples quiproquos.

C’est donc ton Frère est sorti en 1936 et fait partie de la multitudes de films et courts métrages mettant en scène Stan Laurel et Olivier Hardy. On est en plein age d’or du cinéma burlesque américain, avec comme autres têtes d’affiche les Marx Brothers et Charlie Chaplin. Ce dernier a vraiment marqué la naissance de ma culture cinématographique et je connais bon nombre de ses films par cœur. Forcément, je n’ai pu m’empêcher d’établir des comparaisons. Et elles ne sont pas favorables au duo comique.

Le comique de C’est donc ton Frère repose sur deux ressorts principaux. Le premier tient par les quiproquos qui naissent de la présence de deux paires de jumeaux qui ignorent qu’il sont dans la même ville au même moment. Voilà un point de départ très classique pour un film burlesque ou une comédie de boulevard populaire. Ici l’idée est exploitée avec réussite, mais sans génie. Rien de vraiment surprenant ou d’inattendu. On rit plus d’une fois, mais pas aux éclats car on voit arriver bon nombre de situations de très très loin.

Le second ressort est un comique visuel très premier degré. On n’échappe d’ailleurs pas à la traditionnelle tarte à la crème. C’est là que l’écart se creuse avec un Charlie Chaplin capable de livrer de vrais morceaux de bravoure comme le numéro de patins à roulettes dans les Temps Modernes ou le rasage en musique du Dictateur. Là, on en est très très loin. C’est parfois drôle, mais souvent c’est un rien lourdingue et s’étire aussi quelque peu en longueur. Cela reste extrêmement basique, jamais marié d’un rien de poésie, ni avec une autre forme d’expression artistique comme le chant ou la danse.

cestdonctonfrereLa réalisation de C’est donc ton Frère est elle aussi très basique. Laurel et Hardy faisait des films à la chaîne et on sent bien que l’aspect artistique était totalement négligé. On est très loin, une nouvelle fois, du travail de photographie d’un Chaplin. Mais c’est vrai là devant une œuvre dont le format (65 minutes) et la qualité seraient plus ceux qu’une production purement télévisuelle. Mais d’une œuvre qui a traversé près d’un siècle, on attend un plus qu’un bonne émission de télé.

Reste tout de même le talent et le charme du duo. Si leur renommé a traversé le temps et ai connu par des gens qui, comme moi, n’ont jamais aucun de leur film, c’est tout de même qu’ils possédaient un génie exceptionnel. Cependant, on sent bien qu’il est ici sous-exploité dans une production réalisé avec trop peu de soin et d’attention artistique.

Bon, voilà c’est fait, j’ai enfin vu un film de Laurel et Hardy. Je me couche désormais moins idiot, à défaut d’être franchement convaincu. Bon maintenant, je vais penser à voir un film de Marx Brothers…

Fche techinque :
Titre original : Our Relations
Réalisation : Harry Lachman
D’après la nouvelle The Money box de W.W. Jacobs
Scénario : Felix Adler, Richard Connell, Charles Rogers, et Jack Jevne
Photographie : Rudolph Maté
Musique : Leroy Shield
Production : Stan Laurel et Hal Roach
Pays d’origine : États-Unis
Format : Noir et blanc
Genre : Burlesque
Durée : 65 minutes
Date de sortie : 1936

Casting :
Stan Laurel : Stan Laurel et Alf Laurel
Oliver Hardy : Oliver Hardy et Bert Hardy
James Finlayson : Finn
Alan Hale : Joe Grogan, le patron du café
Sidney Toler : le capitaine du SS Periwinkle
Daphne Pollard : Madame Daphné Hardy
Betty Healy : Madame Betty Laurel
Iris Adrian : Alice
Lona André : Lily
Arthur Housman : L’ivrogne
Ralf Harolde, Noel Madison : Les gangsters

MISSION : IMPOSSIBLE – PROTOCOLE FANTOME : Mission accomplie

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missionimpossibleprotocolefantomeafficheMission : Impossible est une des plus anciennes franchises cinématographiques tirées d’une série télévisée. Après des débuts franchement moyens, confirmant au passage le déclin irréversible de Brian De Palma, elle s’est améliorée au fur et à mesure des épisodes. Le 4ème volet, Mission : Impossible – Protocole Fantôme, confirme cette tendance en se montrant à la hauteur du volet précédent, grâce à un retour aux fondamentaux… même si l’esprit de la série n’est plus tout à fait là.

Lors d’une mission à Moscou, où ils sont tranquillement en train d’infiltrer le Kremlin, l’agence Mission : Impossible est piégée, accusée à tort d’un terrible attentat. Sa dissolution est décidée. Il ne reste plus qu’une seule chance pour Ethan Hunt et son équipe : mettre la main sur le véritable responsable qui cherche accessoirement à déclencher une guerre nucléaire pour anéantir une large part de l’humanité pour que cette dernière reparte sur de nouvelles bases.

Mission : Impossible – Protocole Fantôme est un excellent film, malgré tout un tas de défauts objectifs, pour la simple et bonne raison qu’il offre au spectateur exactement ce qu’il est venu chercher. C’est à dire de l’action, de l’action et encore de l’action. Des poursuites, des bagarres, des poursuites, des gadgets, des bagarres et des poursuites. Après tout le reste, franchement, cela passe au second plan.

Et dans ce domaine, Mission : Impossible – Protocole Fantôme nous en donne pour notre argent. Le film est incroyablement rythmé. Il sacrifie d’ailleurs les scènes intermédiaires, et par la même occasion la crédibilité du scénario, pour sauter directement d’une scène d’action à une autre. Ces dernières sont excellentes, spectaculaires et variées (avec tout de même une préférence pour les poursuites). Bref, on est face à une sorte de James Bond survitaminé. Le tout est aussi plausible qu’une victoire de Christine Boutin aux prochaines présidentielles, mais on en prend plein les mirettes. La scène d’escalade sur la plus haute tour de Dubaï vaut son pesant de cacahuètes, morceau de bravoure d’un film qui exclut toute forme d’ennui.

missionimpossibleprotocolefantomeAprès évidemment, le côté totalement basique du scénario ne fait pas de Mission : Impossible – Protocole Fantôme un pur chef d’œuvre. Encore une fois, on n’est de toute façon pas venu pour cela, mais il est vrai que pour accéder au rang de film culte, il aurait fallu réussir à marier les deux. Et puis bon, Ethan Hunt aura beau s’agiter tant qu’il ne voudra, il n’aura jamais la classe d’un 007 en smoking. Les personnages sont eux aussi vraiment bruts de décoffrage et on ne peut pas dire que les scénaristes se soient vraiment foulés pour leur donner la moindre épaisseur. Mais bon, on se prend vraiment au jeu et on passe un excellent moment. C’est vraiment le principal dans un film de ce genre. Les fans de la série regretteront par contre que l’action pure ait été à ce point privilégiée, ce qui n’a jamais été le point central de la version télévisée.

On retrouve une nouvelle fois à l’affiche d’un Mission : Impossible un Tom Cruise qui n’a décidément pas son pareil pour courir après ou poursuivi par des méchants. Il faudrait compter le nombre de kilomètres parcouru à pleine vitesse au fil de sa carrière car je pense vraiment qu’on tient là un record mondial. Mais bon, quand on fait les choses si bien, pourquoi s’en priver. On tient là une autre raisons pour laquelle le film fonctionne si bien. Le reste du casting est par contre vraiment anodin, même si Simon Pegg apporte un peu d’humour rafraîchissant. Par contre, on préférait nettement Michael Nykvist dans la trilogie Millenium.

Mission : Impossible – Protocole Fantôme remplit donc pleinement sa mission et ne s’autodétruit pas au bout de cinq secondes.

Fiche technique :
Production : Paramount pictures, Skydance Productions, Bad Robot, FilmWorks, Stillking Films
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Brad Bird
Scénario : Josh Appelbaum, André Nemec
Montage : Paul Hirsch
Photo : Robert Elswit
Décors : James D. Bissell
Musique : Michael Giacchino
Effets spéciaux : ILM
Durée : 133 mn

Casting :
Tom Cruise : Ethan Hunt
Paula Patton : Jane Carter
Jeremy Renner : Brandt
Simon Pegg : Benji Dunn
Ving Rhames : Luther Stickell
Josh Holloway : Trevor Hanaway
Michael Nyqvist : Kurt Jendricks
Anil Kapoor : Brij Nath