
Simth entre à l’université. Comme tous les garçons de son âge, il pense avant tout au sexe, qu’il aime pratiquer aussi bien avec les hommes que les femmes. C’est d’ailleurs pour ça qu’il fantasme abondamment sur son camarade de chambrée, un surfeur blond nommé Thor. Un soir, après avoir abusé de substances illicites, il croit voir une jeune femme assassinée par des hommes portant des masques d’animaux. Mais a-t-il rêvé sous l’effet de la drogue ou bien est-ce vraiment arrivé ?
Kaboom est un grand mélange détonnant entre film de serial killer, film d’adolescent, film policier, film fantastique… Le tout donne un cocktail psychédélique qui décontenance quelque peu le spectateur parfois, mais lui offre un spectacle réellement original. Cela ressemble parfois un peu à un grand n’importe quoi, mais le scénario finit par donner un sens à l’ensemble. Bref, un petit OVNI cinématographique jouissif et plein d’imagination.
L’imagination est là avant tout pour compenser un manque évident de moyens. Mais au final, il vaut cela que l’inverse. Kaboom est un film osé, dans tous les sens du termes. Gregg Araki ne s’est imposé aucune limite, va vraiment au bout de ses idées et les exploite à fond. Et comme, il n’en manque pas, on va de surprises en surprises. On est donc là devant un vrai film d’auteur. Un auteur un peu trash et nourri à culture pop, mais qui au moins assume ses choix et ne cherche pas à entrer dans des cases toute faites.
Le ton général de Kaboom est plutôt parodique. Tous les genres qu’il aborde sont traités avec second degré. Il reprend les codes des genres, mais avant tout pour s’en moquer. Mais encore une fois, le tout est cohérent et jamais le film ne s’égare de son fil rouge narratif. D’ailleurs, le film n’est pas du tout hilarant, il y a rarement de gags à proprement dits. Les âmes les plus sensibles pourront même voir leur dos parcouru par quelques frissons de peur. Mais globalement, le spectacle prête à sourire car jamais il ne se prend au sérieux.

Kaboom offre un premier à quelques jeunes acteurs. Thomas Dekker est ici plus à l’aise et à son avantage que dans le très mauvais remake des Griffes de la Nuit. Juno Temple est ici plus à l’aise et à son avantage que dans ce beau navet qu’est les Trois Mousquetaires. Haley Benett est ici aussi à l’aise et à son avantage que dans l’excellent Le Come-Back.
Le hasard fait donc bien les choses. Kaboom est un film au vrai potentiel de film culte. Original, décalé, n’ayant pas froid aux yeux, il constitue une preuve que l’imagination et l’audace peuvent compenser le manque de moyen. Et rien que pour ça, ce film mérite d’être vu !
Fiche technique :
Production : Why not productions, The Next World, Graveyard Machine, Desperate pictures, Crispy Films
Réalisation : Gregg Araki
Scénario : Gregg Araki
Photo : Sandra Valde-Hansen
Décors : Todd Fjelsted
Distribution : Wild Bunch Distribution
Musique : Vivek Maddala
Durée : 88 mn
Casting :
Thomas Dekker : Smith
Juno Remple : London
Kelly Lynch : Nicole
Haley Bennett : Stella
James Duval : Le messie
Jason Olive : Hunter
Chris Zylka : Thor
Roxane Mesquida : Lorelei
Andy Fischer-Price : Rex

Ensuite graphiquement, l’esprit est là aussi. Mais l’esprit, pas le pinceau d’Hergé. En choisissant le « motion capture », Steven Spielberg a trouvé à mon sens un bon compromis entre la volonté de faire un « vrai film » et de respecter un univers graphique entré dans la légende. De toute façon, un film, même d’animation, ne sera jamais une BD. Si on ne peut l’accepter, alors il ne vaut mieux pas se déplacer dans une salle obscure. En tout cas, on ne peut que se réjouir qu’il ait attendu aussi longtemps pour faire aboutir son projet, car il n’est pas évident que les effets spéciaux d’il y a quinze ans auraient permis d’aboutir à un tel résultat esthétique.
Le tout est filmé par l’extraordinaire caméra de Steven Soderbergh. Il possède un vrai style visuel bien à lui, tout en élégance, avec un vrai sens esthétique et une photographique toujours hyper soignée. On pourrait simplement lui reprocher d’exposer une nouvelle fois un talent dont il a fait preuve déjà à maintes reprises. Contagion est un film très beau cinématographiquement, mais venant de ce réalisateur, sans vraie prise de risque. Enfin de là à dire que l’on se lasse, il y a un gouffre que ne suis pas prêt de franchir. 
L’Ordre et la Morale pêche donc autant par la forme qu’il était courageux par le fond. Au final, on ne peut pas vraiment dire que l’on s’ennuie, malgré quelques longueurs. On reste vraiment intéressé par le sujet et même si la fin est connue, on a très envie de voir jusqu’où le gâchis va aller. Si le but de Mathieu Kassovitz était avant tout de délivrer un message, il a pleinement atteint son but. Si son retour en France, après la réalisation d’une série de navets hollywoodiens, devait signifier une confirmation des espoirs nés au moment de la Haine ou de Un Héros Très Discret, c’est déjà nettement moins réussi.
Il ne faut voir dans Les Intouchables qu’une comédie. Une comédie incroyablement intelligente, qui possède un vrai fond, qui délivre un message fort et percutant, mais une comédie avant tout. Car le film possède par ailleurs certaines limites. Le personnage de Driss notamment passe du statut jeune braqueur de banlieue à celui de bisounours de manière un peu trop immédiate pour être tout à fait crédible. Il manque sûrement d’une certaine ambiguïté, son parcours n’est sans doute pas assez jalonné de doute pour donner à ce film une autre dimension sociale et une profondeur supplémentaire. Mais l’équilibre du scénario en aurait été profondément bouleversé, le film aurait été tout autre et son succès sûrement moindre. Et le message qu’il délivre sûrement moins entendu…
L’Exercice de l’Etat jouit d’une réalisation sobre, mais sûrement pas sans talent. Pierre Schoeler possède un vrai sens de la mise en scène. Ce film est tout sauf statique et même si les intrigues sont de couloir, le montage est assez nerveux pour créer une vraie tension. Tout est feutré, dans le non-dit dans ce milieu et on ressent ici parfaitement comment tout est en fait en ébullition permanente, jamais très loin de l’explosion.
Visuellement, Poulet aux Prunes fait aussi preuve de beaucoup d’imagination et de poésie. Si la majeure partie du film est tourné « normalement », certains passages sont sous forme d’animation et certains plans larges apparaissent en partie dessinés, sans que l’on cherche vraiment à nous le cacher. Personnellement, je n’ai pas lu la bande-dessinée, mais on sent bien que Marjane Satrapi a vraiment voulu conserver son esprit aussi bien visuel que narratif. A la fois, elle était la mieux placée pour le faire.
Les Marches du Pouvoir met en scène le beau et sémillant Ryan Gosling. Ce n’est pas vraiment une surprise tant il est omniprésent sur nos écrans depuis quelques mois. Il faut dire que le garçon à du talent et un charisme fou et qu’on comprend que les producteurs se l’arrachent. Cependant, gare à l’overdose. Enfin, elle ne viendra pas avec ce film où il brille encore par son jeu sobre mais d’une justesse remarquable. George Clooney est bon comme George Clooney, ce qui n’est pas peu dire, même si son rôle n’est pas le plus essentiel de ce film. Enfin, le casting est complété par deux des meilleurs seconds rôles d’Hollywood, qui confirment ici ce statut : Philippe Seymour Hoffman et Paul Giamatti.
En choisissant un réalisateur qui ne baignait pas dans une culture science-fiction, les producteurs ont évité certains excès ou caricatures du genre. Mais à l’inverse, on en reste vraiment au stade l’aimable divertissement. On est loin des rapports homme-machine vus par Azimov. Il y avait pourtant moyen de voir plus grand, d’être plus ambitieux dans le propos. Certes, on aurait pu prendre le risque de se planter et de sombrer dans le ridicule, mais cela aurait valu le coup. Mais bon, c’est un thème tout de même très classique de science-fiction, alors on ne doute pas que d’autre films plus audacieux viendront.
Ensuite, la partie intrigue policière proprement dite, c’est à la dire la recherche des coupables, est suffisamment solide et riche en rebondissements pour que Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle-Orléans maintienne l’intérêt du spectateur éveillé jusqu’au bout. Ce n’est pas la plus fantastique qui soit, là non plus ça ne brille pas par son originalité, mais au moins cela ravira tous les amateurs de polars au scénario relativement consistant.
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