
Josh est un adolescent de 17 ans qui voit sa mère mourir d’une overdose. Il part alors vivre avec sa grand-mère et ses 4 oncles dans la banlieue de Melbourne. Sauf qu’il va vite comprendre pourquoi sa mère avait décidé de ne plus avoir de contact avec sa famille. Il s’agit en effet d’un gang de criminels endurcis et violents, qui agissent sous l’autorité bienveillante de sa grand-mère. La police met la pression pour mettre tous les membres de la famille sous les verrous et voit en Josh un maillon faible sur lequel appuyer. L’adolescent va devoir très rapidement choisir son camp.
Si Animal Kingdom est un film noir sur l’univers des truands, mais qui offre un angle original. Si vous ne jurez que par la violence presque glamour de la trilogie du Parrain, passez votre chemin. La banlieue de Melbourne ne fera rêver personne et encore moins ces quatre têtes brûlées aux rapports quasiment incestueux avec leur mère. Une belle famille de dégénérés, mais qui donnent réellement froid dans le dos. On comprend bien que le jeune Josh ne soit pas particulièrement enthousiaste à l’idée de partager leur quotidien.
Animal Kingdom est donc un film remarquablement intelligent qui nous fait découvrir le grand banditisme sans y ajouter une pointe d’esthétisme comme le fait souvent le cinéma. Ici la violence est crue et brute de décoffrage. Du coup, elle n’a pas besoin d’être spectaculaire visuellement pour donner quelques sueurs froides au spectateur. Elle n’a rien de fascinante ici, mais est au contraire particulièrement inquiétante. On comprend donc les hésitations de Josh, tiraillé entre la peur de rester au milieu de cette violence et celle de partir et de s’exposer aux représailles de ses oncles.
L’intrigue d’Animal Kingdom repose donc largement sur les choix de Josh. On peut craindre pendant une partie du film que cela soit un peu léger pour nous tenir en haleine pendant un peu moins de deux heures, mais le scénario arrive à remarquablement enchaîner rebondissements et surprises pendant la dernière demi-heure et donner finalement à l’histoire un tour inattendu. Du coup, on reste vraiment tendu dans son fauteuil pendant toute la dernière partie du film, ce qui contribue évidemment à nous laisser sur une très bonne impression.

Un mot enfin sur l’interprétation. Si le jeune James Frecheville s’en sort très bien dans son rôle d’adolescent un peu perdu, on retiendra surtout la performance de Jacki Weaver, qui campe une grand-mère au premier abord tout ce qu’il y a de plus sympathique, mais qui se révèle être au centre de cette mini-mafia familiale. Ben Mendelsohn interprète lui le plus inquiétant des quatre oncles… et pour être inquiétant, il l’est !
Animal Kingdom ravira donc tous ceux qui aiment les films noirs qui changent des films noirs.
Fiche technique :
Production : Porchlight Films, Screen Australia
Distribution : ARP Selections
Réalisation : David Michôd
Scénario : David Michôd
Montage : Luke Doolan
Photo : Adam Arkapaw
Décors : Josephine Ford
Musique : Antony Partos
Durée : 113 mn
Casting :
James Frecheville : Josh
Ben Mendelsohn : Pope Cody
Jacki Weaver : Smurf Cody
Guy Pearce : Inspecteur Leckie
Joel Edgerton : Baz Brown
Luke Ford : Darren Cody
Sullivan Stapleton : Craig Cody

Si ce petit fossé culturel ne rebute pas, la Ballade de l’Impossible se révèle un film terriblement émouvant sur le fond et magnifique dans sa forme. La caméra de Tran Ahn Hung est d’une incroyable élégance et d’une infinie subtilité, nous faisant partager les émotions des personnages de manière sensible. Le film est très crue, parlant beaucoup de sexualité, mais jamais une seule seconde vulgaire. Il explore simplement les sentiments des personnages de manière incroyablement profonde, nous entraînant avec lui dans cette histoire bouleversante. Aucun misérabilisme, aucune émotion facile, mais une exploration sans fard de la manière dont l’âme humaine peut se dissoudre dans la douleur. 
Si Casino est un tel chef d’œuvre, c’est aussi grâce à un trio d’acteurs qui font corps avec leur metteur en scène. Robert de Niro et Joe Pesci se sont faits face dans de nombreux films de Scorsese et leur confrontation est parfaitement rodée. Elle prend ici une dimension supplémentaire dans cette rivalité qui va crescendo vers une fin dramatique qui semble vite inexorable. Le seul léger reproche que l’on pourrait formuler à propos de ce film est d’avoir tenté de nous faire croire que Robert De Niro est un juif embauché par la mafia, alors que, malgré son immense talent d’acteur, il continue de respirer l’Italie par tous les pores !
Le seul aspect où l’on sent planer l’ombre de Kenneth Branagh est sur les rapports entre les personnages. Il y a quelque chose de shakespearien dans ces psychologies torturés par des rapports familiaux, emprunts de jalousie et de rivalité. Sauf que, même si tout ce beau monde porte des costumes qui pourraient être ceux d’une tragédie grecque, cela reste totalement surfait et encore une fois totalement attendu. Cela ne donne pas du tout de profondeur, cela contribue juste à ralentir une intrigue qui n’avait vraiment pas besoin de ça. 
Par contre, visuellement, l’Aigle de la 9ème Légion ne ressemble en rien aux films qui enchantaient nos mardis soirs du temps béni de la Dernière Séance. Les moyens ont été mis et le réalisme est cette fois de rigueur. Les décors ne semblent pas en carton pâte, les costumes ne semblent pas sortis du pressing et les accessoires du bazar du coin. Si on ajoute à ça des paysages grandioses (Visit Scotland!), des scènes de bataille parfaitement orchestrées, ce film a tout du spectacle cinématographique de grande qualité, à défaut d’être génial.
Patrice Leconte avait tout juste de quoi faire un long métrage avec ce scénario. Il l’étire donc un tantinet pour qu’il colle avec le minimum syndical pour une distribution en salle (à la fois, le spectateur n’a pas droit à une réduction si le film est particulièrement court). Mais il le fait avec son talent habituel, sa capacité à mettre en valeur ses acteurs et ses personnages, qui forment toujours l’âme de ses films. Du coup, le charme du début ne s’éteint jamais vraiment et l’on ressort de Voir la Mer avec un large sourire et le cœur plus léger.
Détective Dee : le Mystère de la Flamme Fantôme s’est donné les moyens techniques pour conquérir le monde. Costumes et décors sont splendides et spectaculaires. Le cinéma chinois nous a souvent offert de grandes fresques, n’hésitant pas à mobiliser des centaines ou milliers de figurants. C’est encore le cas ici, donnant à certaines scènes une réelle grandeur. J’apporterais simplement un nouveau petit bémol concernant certains effets spéciaux, qui font un peu datés. A l’heure où quasiment tous les films hollywoodiens frôlent la perfection à ce niveau-là, on devient quelque peu intransigeant à ce niveau-là. Mais bon, ici, rien de bien méchant et rien qui ne vienne vraiment gâcher le grand plaisir procuré par ce film. 
Bon à Tirer repose largement sur le duo des deux maris. Voir ces quasi quarantenaires persuadés de pouvoir brancher toutes les petites minettes de 20 ans dès que leur femme aura tourné le dos constitue le principal ressort comique de ce film… puisque évidemment, tout ne va pas se passer exactement comme prévu. Il y a quelque chose d’un peu pathétique dans leur démarche, mais les Frères Farrelly réussissent, avec beaucoup d’intelligence, à nous les rendre de plus en plus sympathiques au fur et à mesure de l’envolée de leurs illusions. Ils quittent leur statut de mâles obsédés et basiques pour celui… d’êtres humains, ce qui est déjà pas mal.
Moi, Michel G, Milliardaire, Maître du Monde repose essentiellement sur le duo d’acteurs, François-Xavier Demaison et Laurent Laffite. Ils livrent tous deux une prestation correcte, à défaut d’être inoubliable. Leur personnage est à l’image du film : intéressant dans sa découverte, mais qui finit par quelque peu tourner en rond. Du coup, ils sont condamnés aux mêmes mimiques, aux mêmes effets comiques. Ils réussissent néanmoins à rendre leurs personnages assez crédibles et sympathiques pour que l’on prenne plaisir à les suivre tout du long. 
La seule vraie satisfaction de ce film s’appelle Albert Dupontel. Mais est-ce vraiment étonnant pour cet acteur qui confirme à chaque sortie son immense talent et surtout sa polyvalence, longtemps ignoré du fait de son statut d’ex-comique. Il tire la Proie vers le haut et apporte assez de crédibilité à son personnage pour le sauver de la noyade. Surtout que son adversaire, remarquablement interprété par Stéphane Debac, fait quand même bien froid dans le dos par son cynisme et son redoutable pouvoir manipulateur. Par contre, Alice Taglioni, si elle reste une des plus belles actrices de l’hexagone, n’est vraiment pas crédible dans un rôle d’inspectrice de police totalement transparent.
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