
A Alger, dans les années 20, le rabbin Sfar découvre avec stupéfaction que son chat sait soudainement parler, après avoir mangé son perroquet. Un chat philosophe et impertinent, qui se met dans l’idée de faire sa bar-mitsva. Mais ce qui l’intéresse par dessus tout, c’est de traîner dans les bras de la belle Zlabya, la fille du rabbin.
J’ai été voir le Chat du Rabbin sans avoir jamais lu aucun des albums de la bande-dessinée dont il est tiré. J’ai donc eu sur ce film un œil dénué de tous préjugés ou d’attentes particulières. Et j’avoue avoir été au final plutôt charmé, à défaut de réel enthousiasme, par cet univers plein de poésie et d’humour. J’ai beaucoup aimé cette manière légère d’aborder des thèmes plutôt graves comme l’intolérance, la religion, le racisme et les préjugés. Le film délivre un message particulièrement pertinent et qui passe tout seul, telle une pâtisserie orientale.
Il est vrai que le Chat du Rabbin s’appuie sur une trame narrative un peu légère. L’intrigue en elle-même ne casse pas forcément des briques et n’est pas particulièrement intense. Mais ce film est plus comme un voyage dans un monde dans lequel on a plaisir à flâner et à rencontrer un grand nombre de personnages hauts en couleur que l’on quitte toujours à regret. Cela constitue sans doute la plus grande limite de cette œuvre, tout en lui donnant aussi son originalité et une part de son charme. Joann Sfar est définitivement un artiste anticonformiste, qui s’amuse à détourner les formes d’expression de leur cadre habituel. En cela, ce film est sympathiquement rafraîchissant.

Le casting vocal est d’un niveau rarement égalé dans notre pays. On voit bien que le succès de Gainsbourg, Vie Héroïque a donné envie à beaucoup de gens de travailler avec Joann Sfar. Le chat est doublé par François Morel, la fille par Hafsia Herzi, mademoiselle « je fais la danse du ventre comme personne ». On trouve aussi au détour des personnages François Damiens, Matthieu Almaric, Jean-Pierre Kalfon et Fellag. Maurice Bénichou en doublant le rabbin tient là un des rôles les plus importants de sa carrière, lui qui peuple le cinéma français de seconds rôles depuis près de 40 ans.
Le Chat du Rabbin ravira sûrement les amateurs de la BD… ou pas. Mais pour les autres, le dépaysement est garanti, assaisonné d’une bonne dose de poésie, pour une ode à la tolérance agréable et impertinente, qui aurait gagné à être porté par une intrigue plus conséquente.
Fiche technique :
Production : Autochenille productions, TF1 Films, UGC, Banjo studio
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Joann Sfar, Antoine Delesvaux
Scénario : Joann Sfar, Sandrina Jardel, d’après la BD de Joann Sfar
Montage : Maryline Monthieux
Musique : Olivier Daviaud
Durée : 100 mn
Casting :
François Morel : le chat
Maurice Bénichou : le rabbin
Hafsia Herzi : La fille du rabbin
François Damiens : le reporter
Mathieu Amalric : le prince
Jean-Pierre Kalfon : le Malka des Lions
Fellag : le Cheikh Mohammed Sfar
Marguerite Abouet : l’Africaine
Sava Lolov : le peintre russe

Pourtant, on sent bien que Very Bad Trip 2 ne déploie pas les moyens d’un film de seconde zone. Beaucoup de talent y est mis en œuvre, mais rien ne peut rattraper le caractère foireux des gags. Pas même la réalisation qui fait souvent preuve d’imagination et d’un vrai sens de la photographie. Todd Philipps sait définitivement manier une caméra et on aimerait bien voir ce que cela pourrait donner s’il se décidait à tourner autre chose que de la bonne grosse comédie qui tâche. Cela sera peut-être pour une prochaine fois, parce que là, pour le coup, ça tâche et ça a du mal à partir au lavage.
Et puis, Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence recèle quelques jolis moments de cinéma. La séquence où surviennent les sirènes est notamment particulièrement réussie, aussi bien sur le contenu que sur la forme. Cela démontre que la franchise a plutôt bénéficié du passage de témoin entre Rob Marshall et Rob Verbinski. On sent la patte d’un vrai réalisateur, même si on sent aussi encore la patte du politiquement correct à la Disney. Cependant, le côté assez troublant, il faut bien l’avouer, de ces créatures de légende apportent un peu de sensualité dans une saga pour l’instant assez chaste.
La réalisation est quant à elle sobre et classieuse. Le travail de photographie donne à la Défense Lincoln un petit aspect rétro, hommage aux polars des années 60-70 (Bullit, les 3 Jours du Condor…). Le ton tire parfois sur le film noir, mais Brad Furman reste sur sa ligne directrice visuelle qui empêche le film de se prendre trop au sérieux. L’image de macho au grand cœur, l’importance donnée à sa voiture renvoie aux personnages interprétés par Boggart, même si c’était alors la figure du détective privée qui primait, non celle de l’avocat. En tout cas, pour un premier film, on ne peut que saluer ce travail, même si certains trouveront peut-être qu’il manque du coup un peu de personnalité. 
Le Complexe du Castor brille donc aussi bien par le fond et l’originalité du scénario que par la forme de sa mise en scène. Et au-delà du rythme, il y a une vraie élégance dans la caméra de Jodie Foster. Mais aussi une certaine virtuosité dans la manière dont elle fait de cette marionnette un personnage à part entière. Le choix des cadrages jouent un rôle capital dans la construction de l’intrigue et l’évolution du couple Walter-castor. On aurait pu facilement sombrer dans le ridicule, ou du moins sourire à des moments qui n’auraient pas du s’y prêter. Mais au contraire, on entre totalement dans cette histoire, qui pouvait pourtant nous sembler si improbable à l’origine.
Mais la Conquête reste néanmoins sans complaisance pour ses personnages et il est difficile de dire qu’il les rend plus sympathiques en les rendant plus humains. Au contraire, on plonge en plein cœur du décalage entre leur médiocrité d’hommes et la grandeur qu’ils doivent afficher en public. Ce décalage, s’il est inévitable en politique, donne un air de farce à chacun de leur agissement, alors que c’est le destin même du pays qui se joue. D’ailleurs, la musique est là pour le souligner constamment, avec des airs que l’on attendrait plus sur la piste d’un cirque que dans les salons de l’Elysée. Si on ajoute à cela des répliques sûrement trop bonnes et cinglantes pour être véridiques, ce film nous offre quelques moments d’anthologie délectables, comme le dernier déjeuner de travail entre Domique De Villepin qui vient de prendre la tempête CPE en pleine figure et un Nicolas Sarkozy qui sati pertinemment qu’il n’a plus rien à craindre de lui. Tout cela est étonnamment drôle, même si, parfois, on aimerait penser que tout cela n’est pas vrai.
Reste tout de même cette réalisation épurée qui, elle, n’a jamais varié. Si on est méchant, on dit que ça a le relief d’un téléfilm ou d’un film roumain, si on est gentil, on parle de sobriété au service de l’histoire et des acteurs. Dans tous les cas, le problème est que, si on accroche pas à l’histoire, il ne reste plus grand chose pour satisfaire le spectateur. Et comme ce fut mon cas, ce film ne restera pas pour moi un grand souvenir. 
Car la réalisation de Terrence Mallick tient du miraculeux, sans jamais la moindre fraction d’esbroufe ou de spectaculaire faussement élaboré. Certains plans constituent de pures merveilles, simplement par le positionnement de la caméra. On retiendra notamment celui où Jack s’approche du berceau de son petit frère, où comment la simple vision d’un bébé marchant vers un couffin touche au divin. Comme quoi, il ne faut parfois pas grand-chose, si ce n’est un talent et la force si mystérieuse du génie et de l’inspiration. 
Le casting est un des points forts de Priest. Pas de tête d’affiche spectaculaire, mais un certain nombre de valeurs sûres du cinéma hollywoodien. Paul Bettany plutôt habitué au second rôle tient cette fois le premier. Evidemment, ce n’est pas non plus un grand rôle shakespearien, mais il arrive à donner de la crédibilité à un personnage qui, avec sa croix tatoué sur son front, aurait pu facilement faire rire. Face à lui, Karl Urban est lui aussi convaincant, comme à chacune de ses sorties de plus en plus nombreuses depuis ses débuts en Eomer dans le Seigneur des Anneaux. Maggie Q n’est pas l’actrice du siècle, mais elle apporte une vraie touche de charme à ce monde un peu glauque. Enfin, c’est un vrai plaisir de voir apparaître Brad Dourif, excellent acteur trop peu utilisé, que l’on avait lui aussi découvert dans le Seigneur des Anneaux et surtout dans la série Deadwood. 
Woody Allen confirme son incomparable talent de directeur d’acteur en offrant à Owen Wilson un des rôles les plus intéressants et le plus subtils. L’habitué des grosses comédies qui tâchent trouve ici un personnage qu’il peut incarner sans grimace ou en faire des tonnes. Et il s’en sort parfaitement, arrivant à attirer immédiatement la sympathie du spectateur. En face de lui, Marion Cotillard est égale à elle-même. Certains diront, quoi encore elle ! Mais si on pense ce qu’on veut de la femme qu’elle est, l’actrice dégage un peu plus de charisme à chacun de ses apparitions, devant peu à peu une véritable étoile du cinéma mondial.
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