
Sophie Malaterre est une Québecoise qui traverse une mauvaise passe. Pas de boulot, pas de mec, pas d’argent pour partir en vacances… Jusqu’à ce qu’on lui conseille le site switch.com, un site internet d’échange d’appartements. En quelques clics, elle réussit à troquer pour le mois d’août sa petite maison au bord du St Laurent contre un appartement avec jardin et vue sur la Tour Eiffel. Arrivée à Paris, les premières 24h ressemblent à un rêve… avant que tout ne tourne au cauchemar.
Switch est un gros navet pour une seule et unique raison : un scénario en bois… C’est bien surprenant venant d’un maître français du polar, au moins littéraire, mais c’est comme ça. S’il y a une notion qui échappe totalement à cette histoire, c’est celle de la crédibilité. Elle est absente de la première à la dernière seconde. On veut bien être magnanime pour ce qui est du réalisme quand on va au cinéma, mais il existe quand même des limites à ne pas dépasser. Croire aux évènements relatés dans ce film tient de la candeur la plus absolue.
Premier exemple. Dans Switch, la police française affronte un terrible ennemi, qui vient contrarier toutes ses investigations et la réduire à l’impuissance : le mois d’août ! Alors certes, beaucoup de gens sont en vacances, tout demande un peu plus de temps, mais ceci est totalement surexploité par ce scénario. En fait, cela devient la parade magique à toutes les faiblesses, et dieu qu’elles sont nombreuses, de cette histoire. A chaque fois que la police cherche à faire quelque chose qui, dans un monde juste un tantinet réaliste, mettrait fin à cette intrigue fumeuse en deux secondes, on se heurte au même « ah mais oui, ça ne va pas être possible, on est au mois d’août… » . La première fois, ça peut passer, la quinzième, on se demande de qui on se moque.
L’autre énormité vient du personnage de Sophie, jeune Québécoise, censée être une simple graphiste… Je ne sais pas ce qu’ils apprennent dans les écoles d’art canadienne, mais visiblement cela tient de l’entraînement paramilitaire de très haut niveau. Le quidam obligé de se muer en super-héros pour survivre ou sauver celui ou celle qu’il aime est ultra classique. Sauf que généralement, justement, ce genre d’histoire s’appuie sur la maladresse du personnage. Dans Switch, la police n’arrête pas de répéter « Ca se voit que c’est une professionnelle… »… sauf qu’elle ne l’est pas du tout, mais semble capable de mettre une raclée à James Bond. Par contre, si elle est capable de sauter d’une fenêtre à une autre comme Jason Bourne, elle n’est guère maligne et ne pense même pas à donner le nom et l’adresse de gens qui la connaissent, genre sa mère, pour prouver son identité.

Et c’est vraiment dommage qu’un scénario aussi navrant vienne gâcher le très bon travail sur la mise en forme. En effet, l’histoire est ridicule, mais rythmée. Les scènes d’action sont parfaitement exécutées et très spectaculaires. On retiendra notamment une très belle poursuite à pied à travers les jardins de la zone pavillonnaire de Rueil-Malmaison. Les acteurs n’ont absolument rien à se reprocher. Eric Cantona est très bon et livre une performance propre et professionnelle. A ses côtés, Karine Vanasse s’en sort elle aussi très bien. On notera surtout sa superbe poitrine qu’elle exhibe à deux occasions, ce qui représente peut-être au final le seul réel intérêt de ce film.
Switch est plombé irrémédiablement par un scénario d’une médiocrité invraisemblable, où rien n’incite le spectateur à croire à la plausibilité de l’histoire.
Fiche technique :
Réalisation : Frédéric Schoendoerffer
Scénario : Jean-Christophe Grangé (scénario original, adaptation et dialogues) et Frédéric Schoendoerffer (adaptation et dialogues)
Images : Vincent Gallot
Musique : Bruno Coulais
Production : Carcharodon, L&G
Durée : 100 minutes
Casting :
Karine Vanasse : Sophie Malaterre
Éric Cantona : Damien Forgeat
Mehdi Nebbou : Stéphane Defer
Aurélien Recoing : Delors
Karina Testa : Bénédicte Serteaux
Bruno Todeschini : Verdier
Stéphan Guérin-Tillié : Policier, 3ème de groupe
Maxim Roy : Claire Marras
Karim Saleh : Kourosh
Jacob Desvarieux : Pat

Graphiquement enfin, Chico & Rita possède une vraie personnalité et une réelle originalité. L’animation a un aspect rétro, loin de ce à quoi nous ont habitué les images de synthèse. Du coup, on retrouve le caractère unique que peut avoir un coup de crayon, bien plus qu’une programmation informatique. Le graphisme contribue largement à la sensation d’exotisme et plus largement au charme de ce film. 
Si j’apprécie autant le cinéma coréen, c’est aussi pour les incroyables acteurs qu’il est capable de nous offrir. La palme revient sans contexte à Choi Min-sik, absolument extraordinaire dans son rôle de tueur psychopathe, à côté duquel Hannibal Lecter est un bisounours. Il nous avait déjà époustouflé dans les fabuleux Ivre de Femmes et de Peinture et Old Boy et on peut vraiment le considérer comme un des tous meilleurs acteurs au monde. A ses côtés, au plutôt en face, Lee Byung-Hun, que l’on avait découvert dans le jouissif Le Bon, la Brute et le Cinglé et qui avait gagné de l’argent en jouant dans GI-Joe. Si son personnage est sans doute moins charismatique que son adversaire, il s’en acquitte avec un aplomb et un talent magistraux.
Beginners met en scène deux acteurs à propos desquels je suis intarissable dans mes critiques. Mais pas vraiment pour les même raisons. Tout d’abord, mon grand ami Ewan McGregor, sur le dos duquel j’ai cassé du sucre à bien des occasions. Ce film ne nous réconciliera pas, tant son jeu manque de l’étincelle de génie que l’on peut attendre d’une telle star. Sa performance est à l’image du film, du talent, mais pas de magie, ni d’enthousiasme. Par contre, à ses côtés, Mélanie Laurent confirme tout le bien que je pense d’elle depuis bien longtemps. Quel charisme, quelle présence à l’écran ! Elle illumine de sa grâce ce film, qui sans cela aurait définitivement endormi le spectateur.
L’interprétation est par contre plus anodine. Rose Byrne est une sympathique actrice de série (Damages), mais que ce soit ici ou dans X-Men, le Commencement, elle ne brille pas d’un charisme particulier sur grand écran. A ses côtés, Patrick Wilson nous livre une performance solide et professionnelle, à laquelle il nous a habituée lors des dizaines de seconds rôles qu’il a pu interprété.
La réussite de Omar m’a Tuer tient aussi de la manière magistrale dont les acteurs sont entrés dans leurs personnages. La ressemblance physique de Sami Bouajila avec Omar Raddad porte la marque des grands acteurs. Il est possible qu’après ce rôle sa carrière prenne une autre ampleur. Il ne faut pas non plus oublier la manière dont Maurice Bénichou arrive à ressembler à Jacques Verges. Par contre, Denis Podalydes ne ressemble qu’à lui-même puisque son personnage n’existe pas dans la réalité, même s’il est largement inspiré de Jean-Marie Rouart qui a écrit un ouvrage similaire à celui que le film prête au dénommé Pierre-Emmanuel Vaugrenard. Enfin, on ne va pas le lui reprocher, car il a prouvé récemment avec la Conquête qu’il savait aussi se transformer physiquement pour un rôle et entrer parfaitement dans la peau d’un homme connu. 
Au-delà du fond, on pourra reprocher au réalisateur une forme parfois imparfaitement maîtrisée. Une Séparation est relativement long (un peu plus de deux heures) et il aurait certainement pu être raccourci. Mais il se serait sans doute quelque peu artificialisé. En devenant une œuvre d’art et suivant trop de conventions, il aurait perdu de sa force brute, même si, encore une fois, ce film n’est définitivement pas un documentaire, mais un vrai récit avec son début, ses rebondissements et sa conclusion. 
On passe donc un très agréable moment et l’ennui ne vient jamais une seule seconde pointer le bout de son nez. On rit aussi beaucoup, avec moins d’enthousiasme que dans le premier volet sans doute, mais avec de joie pour ne pas regretter d’être aller voir Kung-Fu Panda 2. On s’amusera aussi beaucoup à reconnaître le casting vocal. Le méchant est doublé par un Gary Oldman qui prend visiblement son rôle très au sérieux. Mais la vraie bonne surprise vient de la présence de Jean-Claude Van Damme, qui, s’il n’a qu’un petit rôle, prouve définitivement qu’il a quand même un vrai sens de l’auto-dérision.
Si le spectateur ne décroche jamais vraiment, c’est grâce au beau duo d’acteurs formé par Bradley Cooper et Robert De Niro. Evidemment, on ne présente plus le second et si Limitess ne figurera jamais dans ses plus grands rôles, il y apporte assez de talent et de charisme pour tirer le film vers le haut. Le premier, quant à lui, confirme de films en films qu’il est destiné à devenir une valeur sûre d’Hollywood. Il n’est peut-être pas l’acteur le plus expressif qui soit, mais son charme irradie à l’écran, surtout qu’il sait ne pas en abuser et à jouer tout de même aussi un tantinet la comédie. 
X-Men : le Commencement, sans être du même niveau que les deux premiers Spider-man de Sam Raimi, constitue sans aucun doute une des meilleures productions Marvel. Les films de super-héros reposant forcément beaucoup sur leurs personnages, leur donner de l’intérêt et de l’épaisseur est fondamental. Matthew Vaughn y parvient à la perfection, ce qui permet d’apprécier encore plus pleinement les scènes d’actions spectaculaires et les effets-spéciaux remarquables. Du grand spectacle donc, mais pas que.
Commentaires récents