HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT, 2ème PARTIE : Harry nous quitte en beauté

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harrypotteretlesreliquesdelamort2afficheVoilà, il est temps de dire au revoir aux aventures du petit sorcier à lunettes avec ce Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie. Bien sûr, les puristes diront que c’est avec le dernier tome de la saga littéraire que ses adieux ont eu lieu… et ils n’auront pas tort. Mais cela est un autre débat. En tout cas, ce dernier volet cinématographique conclut en beauté une saga qui aura charmé petits et grands.

Harry, Ron et Hermione savent désormais ce qu’ils leur restent à faire : trouver les trois derniers horcruxes pour les détruire et rendre Voldemort enfin mortel. Le premier se situe dans le coffre de Beatrix Lestrange à la banque Gringotts. Mais pendant ce temps, leur mortel ennemi réalise quel est leur plan et fera tout pour s’y opposer, armé désormais de la seule baguette susceptible de terrasser Harry.

Le premier volet de Harry Potter et les Reliques de la Mort avait divisé les fans. D’un côté, ceux qui y avaient retrouvé le rythme du livre et qui avaient apprécié ce calme avant la tempête. Les autres qui n’y avaient vu qu’un film manquant se souffle et de rythme. Cette seconde partie devrait réconcilier tout le monde puisque l’action y est présente du début jusqu’à la fin. Une vraie apothéose donc, qui ne laissera à personne le temps de s’ennuyer, même si elle n’échappera évidemment pas aux inévitables querelles de fans.

Certains considèrent ce Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie comme extrêmement fidèle au roman. D’autres affirment le contraire. En fait, cela dépend à quel niveau de détail on se situe. Le meilleur exemple est le duel final où l’on retrouve beaucoup d’éléments présents dans le livre, mais qui ne se déroulent pas exactement de la même manière, ni au même lieu exact. Les fans l’auront déjà remarqué en voyant la bande-annonce où on voit Harry et Voldemort se jeter ensemble dans le vide. Ce détail précis est une invention pour le film et donne naissance à un très bel instant cinématographique. Pour moi, cette légère divergence a apporté une plus-value, mais certains seront plus intransigeants et ne pardonneront aucun écart.

Dommage pour eux car Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie est une vraie réussite. Il faut bien sûr situer ça dans la continuité et y voir la conclusion d’une saga qui aura pris la forme de 8 films dont le succès et la qualité n’ont pas d’équivalent sur une telle longueur. Il ne s’agit plus de développer la moindre nouvelle intrigue, mais d’achever les quêtes et les combats menés par les protagonistes depuis longtemps. On est donc dans l’action pure et ce n’est pas pour une fois signe d’un manque d’épaisseur ou de richesse. Il est évident que le 8ème et dernier chapitre d’une histoire ne peut avoir du sens et de l’intérêt sans connaître tout ce qui a précédé.

harrypotteretlesreliquesdelamort2Effets spéciaux, décors, scènes d’action, tout est, comme d’habitude, parfaitement réalisés. On retrouve aussi dans Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie cette noirceur qui n’a fait que grandir au fur et à mesure des films. L’humour et la romance sont infiniment moins présents, tout est axé sur l’avancée de l’intrigue qui doit nous mener vers le duel final. Celui-ci occupe une bonne place dans ce film, ce qui lui a parfois été injustement reproché, mais, encore une fois, à l’échelle de la saga, il n’est certainement pas trop long. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour un au revoir spectaculaire et un rien nostalgique. Même s’il partage les fans, on retrouvera dans le film l’épilogue qui achève la saga et que personnellement j’aime beaucoup. La boucle se retrouve bouclée et de fort belle manière.

Pour finir, je tiens à souligner que la réussite de Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie ne serait pas complète sans une performance de Daniel Radcliffe à la hauteur du rôle. Bon, certes pas au-dessus, mais nettement plus convaincante que lors des deux derniers films. On aurait pu craindre que son manque de charisme ne finisse pas gâcher la saga. Il n’en est rien et il se met au niveau de tout un casting qui s’est investi dans ce dernier volet, à l’image d’Emma Thomson qui n’apparaît à l’écran que l’espace d’une seconde, mais qui est bien présente.

Harry Potter et les Reliques de la Mort, 2ème partie permet de quitter à regret le monde de Poulard et tous ces personnages que l’on a appris à aimer. Un final spectaculaire et épique, à la hauteur du mythe !

Fiche technique :
Production : Heyday films, Warner Bros, J.K. Rowling
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : David Yates
Scénario : Steve Kloves, d’après le roman de J.K. Rowling
Montage : Mark Day
Photo : Eduardo Serra
Décors : Stuart Craig
Musique : Alexandre Desplat
Effets spéciaux : Tim Burke
Durée : 130 mn

Casting :
Daniel Radcliffe : Harry Potter
Emma Watson : Hermione Granger
Rupert Grint : Ron Weasley
Ralph Fiennes : Voldemort
Alan Rickman : Severus Rogue
Helena Bonham-Carter : Bellatrix Lestrange
Julie Walters : Molly Weasley
Ciaran Hands : Abelforth Dumbledore
Matthew Lewis : Neville Londubat

BAD TEACHER : L’éducation n’est plus ce qu’elle était

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badteacherafficheLe rapport professeur-élève est un sujet inépuisable d’inspiration pour le 7ème art. Il faut dire qu’il peut être traité sous bien des points de vue, du plus sérieux au plus léger, du drame à la comédie bien lourde. Bad Teacher se situe plutôt dans cette dernière catégorie. Mais si l’humour reste très premier degré, il fonctionne assez bien pour nous faire passer un très agréable moment et nous procurer quelques fous rires.

Elizabeth n’est pas vraiment la prof idéale, puisqu’elle ne se préoccupe guère d’apprendre quoique ce soit à ses élèves. Mais qu’importe puisqu’elle quitte son job pour épouser le riche héritier qu’elle a dégotté. Sauf que ce dernier vient enfin de réaliser qu’elle n’en veut qu’à son argent et décide d’annuler le mariage. Elle se retrouve donc obligée de reprendre son poste à la prochaine rentrée, avec une nouvelle obsession…non pas la réussite de ses élèves, mais trouver 10 000 dollars pour se faire payer une nouvelle poitrine et retrouver un homme susceptible de l’entretenir.

Bad Teacher repose sur un ressort comique assez simple et classique, mais plutôt efficace. Elizabeth emploie des trésors d’imagination non pas dans sa pédagogie, mais pour passer l’année sans que ni ses élèves, ni les parents, ni sa hiérarchie ne trouvent à redire à son absence totale d’attention envers les chères têtes blondes auxquelles elle est censée enseigner la littérature. C’est un peu les Sous-doués, mais à l’envers. L’humour flirte parfois avec le pipi-caca et ne brille jamais par une subtilité excessive. Bref, on pouvait vraiment craindre que ça ne vole vraiment pas haut et que cela se révèle au final beaucoup plus drôle que lourd.

Mais ce qui sauve Bad Teacher, c’est son côté politiquement incorrect. Evidemment, le personnage va évoluer vers une certaine forme de rédemption. Cependant, le message n’est pas aussi basique et moraliste que beaucoup de productions hollywoodiennes de ce type. Là encore, ce n’est pas particulièrement subtil, mais n’est pas totalement dénué d’intelligence et égratigne vraiment certaines valeurs morales américaines. Le tout cherche beaucoup plus à faire rire que réfléchir, mais ce mélange nous permet d’apprécier, sans trop culpabiliser, même les gags les plus lourds.

badteacherBad Teacher ne fonctionnerait pas aussi bien s’il ne possédait pas quelques autres qualités. Le rythme notamment est constant. Si les gags ne s’enchaînent pas avec une frénésie absolue, on ne déplore jamais de réels temps morts dans ce film. Tous les personnages sont aussi très réussis, à la fois énervants et attachants. Là encore, le scénario échappe à un manichéisme qui aurait pu le rendre totalement insupportable. Les mauvais, mais aussi les trop bons profs en prennent pour leur grade et la morale de cette histoire ne se révèle certainement pas être un chant à la gloire du travail et de l’assiduité monastique.

Bad Teacher repose aussi très largement sur le talent de Cameron Diaz. Cette dernière prouve une nouvelle fois qu’elle est particulièrement à l’aise dans ce genre de comédies, même si on est loin ici du côté culte d’un Mary à Tout Prix. Le plus important est qu’elle semble réellement s’amuser dans son rôle et ce, de manière particulièrement communicative. A ses côtés, Justin Timberlake, Lucy Punch, Jason Segel, que les fans de How I Met Your Mother seront heureux de voir sur grand écran, complètent agréablement cette belle brochette d’acteurs enthousiastes.

Au final, Bad Teacher ne constitue certainement pas la comédie de l’année, mais fait assez rire, malgré quelques faiblesses, pour que l’on ne boude pas totalement son plaisir.

Fiche technique :
Production : Mosaic Media Group, Columbia pictures
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Jake Kasdan
Scénario : Gene Stupnitsky, Lee Eisenberg
Montage : Tara Timpone
Photo : Alar Kivilo
Décors : Jefferson Sage
Musique : Michael Andrews
Durée : 93 min

Casting :
Cameron Diaz : Elizabeth Halsey
Justin Timberlake : Scott Delacorte
Lucy Punch : Amy Squirrel
John Michael Higgins : Le principal Wally Snur
Jason Segel : Russell Gettis
Phyllis Smith : Lynn

HAPPY HAPPY : Un sourire venu du froid

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happyhappyafficheLe cinéma norvégien pourrait être comme son voisin suédois, plutôt synonyme, au moins sur nos écrans hexagonaux, de polars noirs et sombres. Mais c’est au contraire plutôt sous la forme de comédies pétillantes et réussies qu’il vient nous rendre visite. Enfin, cela reste un phénomène plutôt rare, mais on avait déjà pu apprécier il y a quelques temps Cops, une parodie de film policier hilarante. Si Happy Happy est peut-être plus axé second degré, il n’en constitue pas moins un vrai sourire venu du froid.

Kaia et Eirik vivent plutôt isolés dans le sud de la Norvège. Ils sont donc particulièrement heureux de voir débarquer de nouveaux voisins, Elisabeth et Sivge. Ils viennent de la ville, semblent très cultivés, heureux et épanouis. Bref, un couple idéal qu’ils vont tout de suite admirer et quelque peu envier. Sauf qu’il va s’avérer pas aussi idéal que cela.

Le synopsis aurait pu être celui d’un film dur et dramatique. Il n’en est rien, tant Happy Happy est léger et enjoué. Il s’agit d’une vraie comédie, non dénuée d’une certaine réflexion, mais qui tire plutôt sur le marivaudage. On parle de vrais problèmes de couple, mais sans dramatiser et en gardant le recul nécessaire pour que l’on rit de ce que l’on voit. Bien sûr, on peut parfois rire un peu jaune si on se reconnaît dans certaines situations, mais comme jamais le film ne prend ne devient méchant, on pourra quand même rire de bon cœur.

Le ton du film est un mélange détonnant de corrosif et de tendresse. On apprend vite à aimer les personnages, même si on se moque parfois de leurs états d’âme et de leurs réactions. Certains passages un peu acides ou désabusés sont vite contrebalancés par une humanité profonde. Si les travers des protagonistes sont mis en avant pour faire rire, ils restent tout simplement des travers humains. A la fois, si les personnes parfaites étaient supportables, ça se saurait ! On préférera nettement la compagnie des deux couples de Happy Happy.

On rit beaucoup devant Happy Happy. L’humour est surtout situationnel, rarement premier degré, mais cela n’empêche pas le spectateur de s’exprimer régulièrement par le biais de ses zygomatiques. Le film ne faiblit jamais de rythme et son format assez court permet vraiment de garder l’intérêt du spectateur de bout en bout. Le film aurait pu facilement traîner en longueur et tourner en rond dans son propos. Il n’en est rien et ce n’est pas la dernière de ses qualités.

happyhappyIl y a aussi dans Happy Happy un regard critique sur la société traditionnelle norvégienne. Là encore, cela reste drôle et assez tendre. Pour un étranger qui connaît très peu ce pays, cela est parfois difficile à saisir, même s’il est évident que le film cherche à faire passer un message sur le manque d’ouverture, sur la frustration que cela engendre et les comportements ridicules pour contourner des interdits qui n’ont pas vraiment de raison d’être. Les personnages finiront pas se libérer d’un carcan, cela représente un axe fort du film, même si on a parfois du mal à mesurer à quel point il est général à la société norvégienne ou spécifique aux personnages.

Happy Happy met en valeur quatre acteurs de grande valeur. On remarquera surtout Agnes Kittelsen et Henrik Rafaelsen dont les personnages sont les plus attachants et les plus sympathiques. La qualité de l’interprétation leur offre une grande crédibilité, sans laquelle le film ne marcherait pas aussi bien. Mais n’oublions pas Joachim Rafaelsen et Maibritt Saerens qui, même s’ils sont un tantinet plus en retrait, contribuent aussi largement à la réussite de ce film.

Au final, Happy Happy est une comédie rafraîchissante, dont on sort le sourire aux lèvres, le cœur léger, en se disant que les rapports humains ont infiniment plus de raison d’être source de joie et d’épanouissement que de tension et de peine.

Fiche technique :
Réalisation : Anne Sewitsky
Scénario : Ragnhild Tronvoll
Photographie : Anna Myking

Casting :
Agnes Kittelsen : Kaia
Joachim Rafaelsen : Eirik
Maibritt Saerens : Elisabeth
Henrik Rafaelsen : Sigve
Oskar Hernæs Brandsø : Theodor
Ram Shihab Ebedy : Noa

THE MURDERER : En Corée, noir, c’est noir !

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themurdererafficheLe film noir coréen est à l’honneur sur nos écrans en ce mois de juillet. Après le formidable J’ai Rencontré le Diable, voici The Murderer qui nous plonge dans certains aspects assez inavouables de la société du pays du matin calme. S’il n’est pas tout à fait aussi inoubliable que son prédécesseur, cette nouvelle pépite venue de Séoul nous rappelle pourquoi ce genre est si populaire dans ce pays.

Gu-nam vit dans la province chinoise de Yanbian, frontalière de la Corée. Sa femme est partie là-bas, mais ne lui donne plus de nouvelles et ne lui envoie pas non plus l’argent promis. De son côté, il perd régulièrement aux jeux l’argent qui devrait servir à rembourser à un malfrat local l’emprunt contracté pour organiser le départ de son épouse. Un jour, il se voit proposer un deal pour éponger sa dette : partir en Corée pour assassiner un homme et, s’il en a le temps, retrouver sa femme.

The Murderer se caractérise d’abord par une intrigue remarquable. Si le sujet de départ est classique, un homme forcé à commettre un crime pour rembourser une dette, elle va se dérouler, s’enrichir et rebondir plus d’une fois. On ne sait jamais où tout cela va finir par nous mener et cela permet au spectateur de rester dans l’histoire, malgré la relative longueur de ce film. Un bon scénario, c’est la première qualité que doit posséder un film noir. Mission accomplie à ce niveau-là.

Mais The Murderer ne s’arrête pas là. Il brille aussi par ses personnages. Un film noir n’est jamais manichéen et celui-là n’échappe pas à la règle. Simplement, on finit par devoir prendre partie dans ce monde peuplé de truands sans envergure et sans grand sens moral. Aucun d’eux ne poursuit de nobles objectifs, alors on se met à trembler pour celui qui lutte simplement pour survivre. Les protagonistes ont des caractères assez marqués et assez convaincants pour que leur opposition contribue à rendre l’intrigue particulièrement accrocheuse de bout en bout.

The Murderer est violent, même si on est loin du déchaînement de J’ai Rencontré le Diable. Elle n’y est surtout pas gratuite. Elle permet de nous faire partager le désespoir et la détermination d’échapper à une misère qui vous entraîne toujours plus bas. Elle est montrée de manière très crue et directe, mais jamais indécente. Elle contribue à créer la tension oppressante dans laquelle naviguent les personnages et les pousse à commettre parfois les pires atrocités.

themurdererPlus largement, The Murderer nous retranscrit visuellement avec talent une société gangrénée par la violence et la misère. Ce n’est pas seulement une histoire de truands, mais il y a aussi un vrai fond social sur la condition et l’exploitation des émigrés chinois en Corée. Le film ne s’en sert pas que comme un prétexte ou une toile de fond, mais cherche réellement à faire passer un message sur une situation sur laquelle, à mon avis, beaucoup des compatriotes de Hong-jin Na préfèrent fermer les yeux. Quant à nous, pauvres Occidentaux, nous découvrirons quelque chose dont nous ignorons tout.

The Murderer permet de découvrir encore une fois à quel point la Corée possède des acteurs fantastiques. J’ai l’impression de me répéter puisque je le dis dès que je parle d’un film de ce pays, mais je crois que j’aurais encore et encore l’occasion de le dire. Ce coup-ci, on saluera la performance de Jung-woo Ha et Kim Yun-seok (découvert en France avec The Chaser), les deux acteurs principaux. Mais c’est tout le casting qui est à couvrir d’éloges.

The Murderer constitue donc un excellent film noir sur le fond et la forme. Seul un thème assez classique ne lui permet pas d’être totalement inoubliable. Mais pour le coup, je cherche vraiment la petite bête.

Fiche technique :
Production : Wellmade Starm, Popcorn Films
Réalisation : Hong-jin Na
Scénario : Chihiro Itou, D’après l’oeuvre de Hiroshi Mori
Montage : Kim Sun-min
Photo : Lee Sung-je
Décors : Hwo-kyoung Lee
Distribution : Le Pacte
Son : Seung-yup Lee
Musique : Kenji Kawai, Jang Young-gyu, Byung-hoon Lee
Effets spéciaux : Jang-pyo Hong
Durée : 140 mn

Casting :
Kim Yun-seok : Myun
Jung-woo Ha : Gu-nam
Jo Seong-Ha : Kim Tae-won
Chul-min Lee : Choi Sung-nam

LES CONTES DE LA NUIT : Livre de contes animé

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lescontesdelanuitafficheMichel Ocelot perpétue aujourd’hui une longue tradition d’un cinéma d’animation hexagonal particulièrement créatif et original. Il est pour ainsi dire le successeur de Paul Grimault, le créateur du Roi et l’Oiseau. Tous deux ont su puiser dans les contes et légendes traditionnels pour en tirer des histoires modernes et surprenantes. S’inspirer ne veut pas forcément dire imiter ou répéter. Les Contes de la Nuit sont là pour le prouver.

Une fois la nuit tombée, un homme, un jeune garçon et une jeune fille s’amusent à revisiter les contes du monde entier et s’en inspirent pour interpréter des petites scénettes, réinventant des histoires à la fois typiques et universelles.

Les Contes de la Nuit ne constituent pas l’œuvre la plus marquante de Michel Ocelot. Cependant, elle saura charmer un public large, de 7 à 77 ans comme l’on dit. Comme pour beaucoup de contes traditionnels, il y a toujours plusieurs niveaux d’interprétation à chacune des courtes histoires racontées dans ce film. Les plus jeunes prendront tout au premier degré et y verront un livre de contes animés, comme ceux qui ont bercé notre jeunesse sur papier glacé. Personnellement, j’y ai retrouvé le plaisir que j’éprouvais petit en feuilletant une collection de beaux livres de contes du monde entier qui ornait notre bibliothèque.

Les adultes prendront la mesure de l’ironie et du second degré qui habitent ces contes… mais en mesureront aussi paradoxalement les limites. Par rapport aux œuvres précédentes de Michel Ocelot, notamment Kirikou, ces Contes de la Nuit n’ont pas la même portée et reste tout de même plus basiques, même si ce terme n’a pas forcément ici une valeur péjorative. Simplement, cela ne permet pas de dépasser le stade de la simple sympathie nostalgique pour ce film qui constitue un divertissement intelligent, mais essentiellement à l’adresse des plus petits.

On appréciera tout de même la volonté de nous faire découvrir différents folklores. En effet, on voyagera des Antilles au Tibet, en passant par l’Afrique et l’Amérique du Sud. A chaque fois, Michel Ocelot nous livre décors et costumes en rapport avec le contexte. Cependant, cela reste toujours épuré. Nous sommes censés assister à des pièces de théâtre, les éléments graphiques gardent donc toujours une certaine sobriété. Les personnages sont le plus souvent représentés en ombre chinoise, ce qui rappellera Princes et Princesses, mais aussi , aux gens de ma génération, la Princesse Insensible, qui agrémentait nos après-midi devant Récréa 2. Cela tranche vraiment avec l’exubérance technique des films d’animation actuelle et cela est sûrement volontaire. Cela déplaira sûrement à certains enfants, qui vous réclameront très vite un Cars 2, mais cela peut permettre aussi de vraiment se concentrer sur les différentes histoires.

lescontesdelanuitComme tous films à sketchs, les Contes de la Nuit est quelque peu inégal. La scénette la plus intéressante est à mes yeux celle qui se déroule au Tibet. C’est de loin la plus riche et la plus complexe et elle laissera peut-être assez dubitatif les plus petits. Après, chacun aura ses préférences selon la sensibilité qu’il porte aux différentes cultures qui habitent chacune de ces histoires. On a chacun son conte préféré dans un livre d’histoire et ce film n’échappe pas à la règle. Evidemment, il faudrait savoir conserver au moins une partie de son âme d’enfant pour les apprécier pleinement et ne pas en rire bêtement.

Au final les Contes de la Nuit laisse sur une impression moyenne si on se réfère au reste de l’œuvre de Michel Ocelot. Mais cela n’est pas faire justice à un film familial riche, original et intelligent.

Fiche technique :
Production : Nord-Ouest Films, Studio O, Studio Canal
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Michel Ocelot
Scénario : Michel Ocelot
Montage : Patrick Ducruet
Décors : Anne Lise Koehler, Christel Boyer, Simon Lacalmontie
Son : Séverin Favriau
Musique : Christian Maire
Effets spéciaux : Rodolphe Chabrier
Durée : 84 mn

Casting :
Julien Beramis : voix
Marine Griset : voix
Michel Elias : voix
Olivier Claverie : voix

I’M STILL HERE : Les blagues les plus longues sont parfois les meilleures

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iamstillhereafficheL’histoire du cinéma est jalonnée d’acteurs qui se sont investis au-delà du raisonnable dans certains rôles. On peut notamment citer les kilos pris par Robert De Niro pour Raging Bull ou au contraire ceux perdus par Michael Fassbender pour Hunger. Joaquin Phoenix a écrit une nouvelle page avec l’incroyable canular à l’origine du faux documentaire I’m Still Here.

En 2008, Joaquin Phoenix, alors que le film Two Lovers s’apprête à sortir sur tous les écrans, annonce qu’il met fin à sa carrière d’acteur pour se lancer dans le hip-hop. Ce changement brutal de vie doit faire l’objet d’un documentaire réalisé par son beau-frère, Casey Affleck. D’abord incrédule, le monde le voit sombrer chaque jour un peu plus, alors que son absence total de talent est de plus en plus criante.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Joaquin Phoenix a joué un rôle pendant deux années entière de sa vie. Pas à l’écran, mais dans son quotidien, où chacune de ses apparitions devaient confirmer ce que chacun avait pris au début pour une simple blague. Il ne s’agissait pas de simplement jouer les rappeurs amateurs, mais bien de se transformer peu à peu en déchet, négligeant chaque jour un peu plus son aspect physique extérieur. Et si vous le trouviez charmant dans Walk the Line ou La Nuit Nous Appatient, attendez-vous à le trouver nettement moins sexy hirsute et barbu.

I’m Still Here est donc un faux documentaire, à l’image de ce que fait Sacha Baron Cohen avec Borat ou Bruno. Un mélange de scènes purement fictives avec des passages où le personnage est confronté avec le « monde réel ». Le moment le plus célèbre repris dans ce film est une interview de Joaquin Phoenix au Late Show with Davin Letterman (genre de Nulle Part Ailleurs de la grande époque américain), où il se montre incapable de formuler des propos cohérents de plus dix mots. Un célèbre moment de télévision qui avait plongé les médias dans la stupéfaction et la consternation.

Evidemment, à chaque scène, on se demande bien qui est complice et qui ne l’est pas. Notamment pour un des moments de bravoure de I’m Still Here, quand Ben Stiller vient lui proposer un scénario et qu’il se voit répondre en gros que son humour, c’est de la mer… Mais au final, cette ambiguïté n’est guère gênante car c’est justement là la force de ce genre de film de démontrer par les faits à quel point chacun est plus ou moins en train de jouer un rôle.

iamstillhereUne grande différence entre I’m Still Here et les films de Sacha Baron Cohen réside dans l’ampleur de l’investissement réalisé par Joaquin Phoenix qui a vraiment changé sa vie pendant deux ans. Cela donne une dimension « historique » à ce film, qui est au final la plus grande blague de potache jamais réalisée. Mais à l’inverse, pour tenir aussi longtemps, il a fallu que tout cela reste très réaliste… Il n’y a donc pas de moments totalement surréalistes comme ceux que l’on peut voir dans Borat. On est donc là face à ce qui est à la fois la grande force, mais aussi la plus grande limite de ce film.

I’m Stil Here s’amuse quand même à égratigner largement le show-bizz et la jet-set. Un milieu très superficiel où Joaquin apparaît comme un grain de sable, car tout doit y rester glamour et respirer l’argent et le succès. Tout cela a d’autant plus de portée que l’acteur a perdu son frère, River Phoenix, star à Hollywood avant lui, d’une overdose. Un drame qui lui a sûrement permis d’acquérir ce recul et ce regard plein de dérision qui lui ont permis de s’engager dans un projet aussi fou.

I’m Still Here reste avant tout une curiosité cinématographique, plutôt qu’un vrai grand moment du 7ème art. Mais on ne pourra que saluer un tel investissement, peut-être un peu vain, mais certainement moins que tout ce à quoi le show-bizz accorde de l’importance.

Fiche technique :
Réalisation : Casey Affleck
Scénario : Joaquin Phoenix et Casey Affleck
Photographie : Magdalena Górka et Casey Affleck
Montage : Dody Dorn
Musique : Marty Fogg
Production : Joaquin Phoenix, Amanda White et Casey Affleck

Casting :
Joaquin Phoenix : lui-même
Antony Langdon : Anton
Carey Perloff : le réalisateur
Larry McHale : lui-même
Casey Affleck : lui-même
Jack Nicholson : lui-même
Billy Crystal : lui-même
Danny Glover : lui-même
Bruce Willis : lui-même
Robin Wright : elle-même
Danny DeVito : lui-même

LE DOULOS : Un film en avance sur son temps

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ledoulosafficheLa tradition du film noir de notre pays est profonde et se perpétue aujourd’hui encore, avec plus ou moins de bonheur. Elle doit son essor en particulier à un homme, Jean-Pierre Melville. De 1945 à 1972, il a fait tourner les plus grands dans des rôles inoubliables : Lino Ventura dans l’Armée des Ombres, Bourvil dans le Cercle Rouge, Alain Delon dans le Samouraï. Et puis, Jean-Paul Belmondo dans le Doulos.

Maurice Faugel sort de prison et pour se venger de l’assassinat de sa femme, il abat le recéleur Gilbert Varnove en lui volant argent et bijou. Le lendemain, il prépare un casse avec son ami Silien qui lui apporte du matériel pour ouvrir un coffre dans un hôtel particulier. Pourtant, on lui a dit de se méfier de lui car il a la réputation d’être un doulos, c’est à dire un informateur de la police.

Le Doulos est un film noir étonnamment moderne par bien des aspects. Il confirme tout le génie de Jean-Pierre Melville, un des réalisateurs en avance sur son temps et qui a vraiment inventé le cinéma. Le scénario déjà est complexe, avec des personnages dont on ignore les réels intentions, des rebondissements et un retournement de situation final. Les truands sont à la fois les méchants et les gentils de cette histoire où rien n’est blanc, ni noir. Si l’ambiguïté est une qualité encore aujourd’hui remarquable, elle l’était d’autant plus en 1963, où le spectateur n’avait pas forcément l’habitude d’être pris ainsi à contre-pied.

Le Doulos est aussi visuellement audacieux. Bien sûr, cela se joue dans quelques détails qui font sourire aujourd’hui, mais dans le contexte, il fallait oser. Déjà, on peut apercevoir la poitrine d’une femme nue allongée dans lit après une nuit d’amour. Bon désormais, c’est le coït que l’on nous montre, parfois en détail, mais à l’époque, on en était très loin. Autre détail, au cours du film, on assiste à beaucoup de morts par balles et comme à l’habitude à cette époque, aucune goutte de sang ne coule. Mais lors des dernières minutes, lors de l’ultime rebondissement, un filet d’hémoglobine sera visible, pour souligner le caractère dramatique de la scène. C’est presque anodin, mais cela représentait une vraie transgression des codes alors en vigueur.

ledoulosLe Doulos reste tout de même un film de son temps. Un film d’hommes, un film d’acteurs, mais manque parfois un peu de rythme et d’intensité par rapport aux productions actuelles. Mais on peut simplement y voir le témoignage d’un 7ème art qui se concentrait à l’époque sur l’essentiel, sur le cœur de l’histoire et non sur des scènes purement spectaculaires. Cela donne une légère impression de naïveté à ce film, même si, on vient le voir, Jean-Pierre Melville avait alors fait son maximum pour conserver un certain réalisme.

Le Doulos est enfin l’occasion d’admirer deux formidables acteurs au sommet de leur carrière. Jean-Paul Belmondo bien sûr, des décennies avant de briller avant tout par son yorkshire. On retrouve dans ce film tout le charisme qui a fait de lui un des plus grandes stars de l’histoire du cinéma hexagonal. A ses côtés, Serge Reggiani nous rappelle quel comédien il fut, même si sa carrière a connu beaucoup de seconds rôles. Là encore, beaucoup de sobriété dans le jeu, mais une présence à l’écran réellement impressionnante.

Le Doulos constitue donc un grand classique du cinéma français. Un des grands films de Jean-Pierre Melville, même si l’histoire en a surtout retenu d’autres. Mais la carrière de ce réalisateur fut si riche, qu’elle ne compte que des films d’exception.

Fiche technique :
Réalisation : Jean-Pierre Melville
1er Assistant réalisateur : Volker Schloendorff
Scénario, adaptation et dialogues : J.-P. Melville, d’après le roman de Pierre Lesou
Production : Carlo Ponti et Georges de Beauregard pour Rome-Paris Films
Publicité de la production : Bertrand Tavernier
Décors : Daniel Guéret
Photographie : Nicolas Hayer
Musique : Paul Misraki, en collaboration avec Jacques Loussier (piano-bar)
Direction d’orchestre : Jacques Metehon
Montage : Monique Bonnot
Genre : policier
Noir et blanc
Durée : 110 minutes
Sortie : 13 décembre 1962 (Italie), 8 février 1963 (France).

Casting :
Jean-Paul Belmondo : Silien
Serge Reggiani : Maurice Faugel
Jean Desailly : le commissaire Clain
Fabienne Dali : Fabienne
Michel Piccoli : Nuttheccio
René Lefèvre : Gilbert Varnove
Marcel Cuvelier : le premier inspecteur
Jack Léonard : le deuxième inspecteur
Aimé de March : Jean
Monique Hennessy : Thérèse

TRANSFORMERS 3 – LA FACE CACHEE DE LA LUNE : La face cachée du navet

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transformers3afficheLa première question est « pourquoi ? ». Pourquoi être allé voir Transformers 3, quand le deuxième volet fut une longue agonie de médiocrité cinématographique ? Quand tout dans la bande-annonce sonne comme une assurance d’assister à un gros navet. Quand la plupart des critiques vous confortent dans votre idée… Peut-être suis-je au fond quelque peu masochiste. Ou peut-être suis-je un incorrigible optimiste et j’espérais y trouver la même étincelle de second degré jouissif que possédait le premier volet. Que d’interrogations existentielles autour d’un tel film…

On nous a menti. La course entre Américains et Soviétiques pour la conquête spatiale cachait en fait un but secret. A la fin des années 50, les traces d’un crash d’un vaisseau spatial sur la face cachée de la Lune avaient été détectées et il fallait à tout prix être la première nation a pouvoir visiter l’épave. Il s’avère que cette dernière était un vaisseau Autobot, ayant fuit les dernières heures de la guerre avec à son bord une technologie qui aurait pu bouleverser le cours des évènements… et que les Decepticons rêvent de récupérer.

En fait, j’ignore pourquoi j’ai consacré autant de ligne au synopsis. Car la qualité et la complexité de l’intrigue n’est pas vraiment le qualité la plus marquante de Transformers 3… Autant dire que je me permets là un doux euphémisme… L’histoire n’est qu’un vague prétexte à un enchaînement de scènes d’action plus ou moins variées. Enfin, je dois reconnaître en tout honnêteté que le seul rebondissement du film m’a complètement surpris. Comme quoi, peut-être qu’ils auraient du persévérer dans cette voie.

Tout spectateur qui achète sa place pour Transformers 3 s’y résout pour voir de gros robots se taper dessus. Du coup, on se demande bien pourquoi les scénaristes se sont acharnés à nous ressortir encore le personnage de Sam Witwicki, toujours interprété par le non-charismatique Shia LaBeouf… Bon peut-être parce que c’est le héros de cette saga, mais franchement, on est venu là pour Optimus Prime et pour assouvir le désir de se débarrasser définitivement de la frustration de ne pas l’avoir eu en jouet quand on était petit !!! Alors, éventuellement, on peut apprécier le fait d’admirer la plastique de sa nouvelle copine sous à peu près tous les angles, mais franchement une Rosie Huntigton-Whiteley ne vaut pas le quart d’une Megan Fox !

Si le premier épisode de Transformers avait été si réussi, c’est qu’il maniait un humour très second degré, qui en faisait un film vraiment spectaculaire, mais ne se prenant pas du tout au sérieux. Ce troisième épisode essaye de retrouver cet esprit en y mettant une bonne dose d’humour et d’auto-parodie. Mais voilà, cette fois-ci tout est hyper premier degré, pour ne pas dire parfois un peu lourdingue. Le plus marquant est l’évolution du personnage interprété par John Turturo qui est devenu aussi superflu que grotesque. Seul l’apparition de John Malkovitch arrive à nous arracher quelques sourires.

transformers3Et ce qui demande le plus grand courage lorsque l’on va voir Transformers 3, c’est de se dire que l’on va en prendre pour 2h35 ! Et tenir aussi longtemps avec un scénario aussi ténu, ce n’est pas un mince exploit. Le tout est facilité par un affrontement final extrêmement long, ponctué par un des rares moments de bonheur cinématographique, lorsqu’un Decepticon serpentiforme s’attaque à la destruction d’un building en verre. Cela assouvira tous vos désirs cachés de vandalisme !

Bon quel est le bilan de tout cela ? Je serai particulièrement malhonnête en disant que je n’ai pris aucun plaisir à voir Transformers 3. Malgré cette liste de défaut longue comme le bras, le résultat est assez spectaculaire pour ne jamais vraiment succomber à l’ennui. C’est très basique, mais ça fonctionne quand même parfois assez bien. C’est sans doute ça qui fait l’énorme différence entre un Michael Bay et un Roland Emmerich, c’est cette faculté à rendre les scènes d’action assez prenantes pour que l’on oublie tout le reste.

Transfomers 3 est donc objectivement un navet. Mais que voulez-vous, je rêvais d’avoir le camion rouge et bleue quand j’étais petit, alors ce film m’a permis pour la troisième de toucher du doigt ce bonheur… C’est peu, mais c’est déjà beaucoup.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Hasbro, Di Bonaventura Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Michael Bay
Scénario : Ehren Kruger
Montage : Roger Barton
Photo : Amir M. Mokri
Décors : Jennifer Williams
Musique : Todd Haberman, Steve Jablonsky
Effets spéciaux : John Frazier
Directeur artistique : Benjamin Edelberg
Durée : 155 mn

Casting :
Shia LaBeouf : Sam Witwicky
John Turturro : Seymour Simmons
John Malkovich : Bruce Brazos
Frances McDormand : Charlotte Mearing
Patrick Dempsey : Dylan Gould
Rosie Huntington-Whiteley : Carly Spencer

UN AMOUR DE JEUNESSE : Un amour que l’on n’oublie pas

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unamourdejeunesseaffichePour introduire cette critique, je tiens à remercier une jeune fille. J’ignore tout d’elle, qui elle est, même son nom. Je crois qu’elle est assez jolie, même si je n’ai pas bien vu dans le noir. Elle ne lira sûrement jamais ces lignes, mais elle m’a épargné une expérience assez pénible, que j’ai déjà vécu et que je m’abstiendrais volontiers de revivre. En effet, en arrivant quelques secondes avant le début du générique, elle a empêché de voir Un Amour de Jeunesse en séance totalement privée. Pour une première semaine d’exploitation, même à 22h, ce n’est pas très encourageant quant au succès commercial de ce film. Et c’est bien dommage…

Camille a 15 ans et est folle amoureuse de Sullivan. Il est l’homme de sa vie et elle ne peut imaginer son existence sans lui. Alors, le jour où il part passer un an en Amérique du Sud, son univers s’écroule et rien ne semble pouvoir la consoler.

Un Amour de Jeunesse est donc un film sur le premier amour. Un amour qui marque à jamais (ou pas en fait, mais on va faire comme si, histoire de ne pas ruiner mon argumentation) à un âge où tout nous semble devoir être définitif. Ce n’est que plus tard que l’on apprendra que le temps guérit de tout et que rares sont les existences où l’on aime pas plusieurs fois. Ce film nous parle de tout ça, un sujet universel et immortel, traité ici avec beaucoup d’intelligence et d’émotion.

D’abord, je tiens à exprimer mon plaisir de voir un film parler de l’adolescence, sans en faire une caricature ridicule. Les jeunes de cet âge restent des êtres humains à part entière, ce que beaucoup de réalisateurs semblent oublier. Bon des fois, il est vrai, quand on en voit dans le métro, on se pose des questions, mais là n’est pas la question. Le personnage de Camille est parfaitement posé, avec la fragilité et le caractère entier qui caractérise cet âge. Mais, ses sentiments ressemblent à ceux que l’on a tous ressentis un jour ou l’autre et auxquels on peut donc s’identifier quelque soit son âge.

Un Amour de Jeunesse n’est pas que le portrait d’une jeune fille qui se construit. Le film nous amènera au fil des années à suivre son parcours et la manière dont il est marqué par ce premier amour. Il possède un vrai fil rouge narratif qui emmène vraiment les personnages d’un point A à un point B. Son évolution se fait à travers les évènements qu’elle traverse et l’intérêt du spectateur est maintenu car on ignore où l’histoire va bien pouvoir nous mener. Car jamais elle n’est cousue de fil blanc et même si elle traverse des épreuves qui nous rappellent celles que l’on a nous-même vécues, on ne sait jamais comment tout cela va se terminer.

unamourdejeunesseUn Amour de Jeunesse souffre par contre d’un léger manque de rythme, surtout dans sa première partie. C’est le passage le moins surprenant, du moins si on a lu le synopsis avant d’y aller, et il est vrai qu’il s’étire un peu en longueur. Cela fait craindre un film largement trop contemplatif. Comme évoqué plus haut, la suite est nettement plus riches en évènements, mais il faut admettre que tout cela n’est jamais raconté sur un rythme échevelé.

Mais le plus grand défaut de Un Amour de Jeunesse s’appelle Sébastien Urzendowsky. Je n’aime pas casser du sucre sur le dos des acteurs, mais là, je ne vois pas comment je pourrais défendre une prestation aussi poussive. Toutes ses répliques sont prononcées sur un ton qui sonne terriblement faux et ne contribue pas à compenser son absence totale de charisme. Du coup, on a bien du mal à comprendre comment cette jeune fille peut être aussi amoureuse de lui. Heureusement, à l’inverse, Lola Creton est la véritable révélation d’un film où elle fait étalage d’une sensibilité assez bluffante pour une actrice de son âge. Ne doutons pas que nous la reverrons bientôt.

Un Amour de Jeunesse est très beau film d’une profondeur remarquable, mais d’une forme pas tout à fait à la hauteur de l’émotion véhiculée par l’histoire.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas, Razor Film, Arte France Cinéma
Distribution : Les films du Losange
Réalisation : Mia Hansen-Love
Scénario : Mia Hansen-Love
Montage : Marion monnier
Photo : Stéphane Fontaine
Décors : Mathieu Menut, Charlotte de Cadeville
Costumes : Bethsabée Dreyfus
Durée : 110 mn

Casting :
Lola Creton : Camille
Sébastien Urzendowsky : Sullivan
Magne Havard Brekke : Lorenz
Valérie Bonneton : la mère de Camille
Serge Renko : le père de Camille
Özay Fecht : la mère de Sullivan

CASE DEPART : Départ en seconde classe

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casedepartaffichePendant longtemps, j’ai été voir, avec un acharnement étonnant, tous les films d’Eric et Ramzy. Après les avoir trouvés tous plus consternants les uns que les autres, j’ai enfin renoncé à cet acte masochiste et n’ai pas été voir Halal Police d’Etat. Mais quand j’ai vu la première fois la bande-annonce de Case Départ, j’ai eu très peur de replonger dans une nouvelle drogue tout aussi nuisible, à savoir le duo Thomas Ngijol-Fabrice Eboué. Mais au final, sans être enthousiaste, je n’aurais pas passé un trop mauvais moment.

Jöel et Régis sont deux demi-frères, mais n’ont pas grand chose en commun. Le premier est un glandeur invétéré, qui prend le racisme comme excuse à tous ses problèmes. Le second est conseiller municipal et joue la carte de l’intégration jusqu’à la caricature. Les deux se trouve réunis en Guadeloupe autour de leur père mourant. Ce dernier leur lègue l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres esclaves. Déçus de ne pas toucher d’argent, ils déchirent le précieux document, sous les yeux effarés de leur tante. Elle décide alors de les envoyer faire un tour en 1780…

Les Visiteurs au temps de l’esclavage, voilà quel aurait pu être le titre de ce film, qui repose sur même principe que la comédie de Jean-Marie Poiré. Un ressort connu, celui de l’anachronisme, mais qui continuera à faire rire, tant qu’il sera utilisé à bon escient. Dans Case Départ, il est mis en œuvre avec une certaine intelligente, au service d’un propos plein de bonnes intentions, à défaut d’une réelle profondeur.

Cependant, Case Départ souffre d’une limite irrémédiable. Le film est drôle…mais pas plus que cela. Certains gags fonctionnent bien, mais on les a déjà vu pour la plupart dans la bande-annonce. Du coup, les éclats de rire ne sont pas aussi nombreux que ce que l’on aimerait. Ils sont parfois réels, suffisants pour ne pas non plus passer un mauvais moment, mais pas assez pour faire de cette comédie un film culte.

Par contre, on peut reconnaître à Case Départ le mérite d’avoir échappé à une lourdeur trop commune dans ce genre de pure comédie. Pas de pipi-caca, mais quelques blagues en-dessous de la ceinture. Bon, ceux qui me connaissent me trouveraient quelque peu hypocrite si je considérais ça comme rédhibitoire. Seulement, dans ce film, ces gags-là ne sont certainement pas les plus drôles et du coup, ils n’apportent pas grand chose. Mais globalement, l’humour reste surtout situationnel et parfois teinté de second degré.

Case Départ tente aussi, de manière légère, de faire passer un vrai message. Et cela fonctionne plutôt bien, non que le sujet soit traité de manière exceptionnellement pertinente, mais avec tout de même un minimum de recul. En effet, tout le monde en prend pour son grade. Car si le racisme en lui-même est visé, le film se moque aussi allègrement de ceux qui l’utilisent comme excuse pour tout et n’importe quoi et les hypocrites qui se plaignent de ce qu’ils subissent, sans jamais réfléchir deux secondes à ce qu’ils infligent.

casedepartEn fait, Case Départ se démarque des films d’Eric et Ramzy par le fait que ce soit un vrai film, avec une intrigue, des acteurs qui jouent vraiment la comédie et une réalisation professionnelle. Pas d’impression d’assister à une suite décousue de sketchs et pas de cabotinage sans fin et sans aucun contrôle. Alors, certes, ce film n’est pas un chef d’œuvre, ne justifie peut-être pas le prix exorbitant d’une place de cinéma, mais on ne pourra reprocher aux auteurs de s’être moqué du monde.

Casde Départ est évidemment fait pour mettre en valeur le duo formé de Thomas Ngijol et Fabrice Eboué. Ils sont omniprésents à l’écran, mais sans pour autant partir dans des délires improvisés qui peuvent fonctionner dans un spectacle de « stand up comedy », mais jamais au cinéma, qui nécessite un cadre beaucoup plus construit et rigoureux. Ce ne sont peut-être pas le comédiens du siècle, mais il faut admettre que c’est eux qui nous font rire…quand le film nous fait rire.

Case Départ manque peut-être trop d’intensité comique pour être pleinement satisfaisant. Mais une soirée pluvieuse pourra être sans problème être agrémentée par cette comédie qui possède toute de même quelques qualités.

Fiche technique :

Réalisation : Lionel Steketee, Fabrice Éboué et Thomas N’Gijol
Scénario : Fabrice Éboué, Thomas N’Gijol et Jérôme L’hotsky
Décors : Christian Marti
Costumes : Pierre-Jean Larroque
Photographie : Jean-Claude Aumont
Son : Pierre André
Montage : Frederique Olszak
Musique : Alexandre Azaria

Casting :
Fabrice Éboué : Régis
Thomas N’Gijol : Joël
Stéfi Celma : Rosalie
Eriq Ebouaney : Isidore
Étienne Chicot : M. Jourdain
Catherine Hosmalin : Mme Jourdain
David Salles : M. Henri
Franck de la Personne : le curé
Joséphine de Meaux : Joséphine Jourdain
Franck Migeon : Le gendre
Max Baissette de Malglaive : Victor Jourdain
Alain Fromager : Chasseur #1
Sylvain Tempier : Chasseur #2
Michel Crémadès : Isaac
Isabel del Carmen Solar Montalvo : La vieille tante
Doudou Masta : Chef Neg’ Marron
Jean-Claude Duverger : Père Grosdésir
Jean-Yves Rupert : Jocelyn Grosdésir
Vincent Solignac : Le marchand d’esclaves