LA PIEL QUE HABITO : Le Almodovar ultime

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lapielquehabitoaffichePedro Almodovar est sans doute le réalisateur non-anglo-saxon en activité le plus connu de par le monde. Ses films sont toujours très attendus et je fais partie de ceux qui les considèrent comme des évènements. Pourtant certaines de ces dernières œuvres m’avaient quelque peu déçues, notamment La Mauvaise Education et Etreintes Brisées, car je trouvais qu’il y ressassait quelque peu toujours les mêmes thèmes et les mêmes obsessions. J’attendais donc avec une certaine appréhension La Piel que Habito.

Le docteur Robert Ledgard est un des plus grands spécialistes mondiaux de la greffe de peau. Il se consacre avec d’autant plus d’ardeur à son travail que sa propre femme est morte des suite de ses brûlures. Il a mis au point un peu synthétique qui pourrait révolutionner la médecine. Mais ce qu’il ne peut avouer, c’est qu’il l’a testé sur une mystérieuse cobaye qui reste cloîtrée chez lui.

La Piel que Habito est peut-être le meilleur scénario que Pedro Almodovar n’ait jamais écrit. Ce film pourra être cité comme un des modèles de rebondissement qui change toute la perspective du film d’un seul coup. Ce n’est pas tout à fait Le Sixième Sens ou Usual Suspects, le revirement étant moins brutal et moins proche de la fin. On peut comprendre de quoi il en retourne plus ou moins tôt, mais au moment où cela arrive, on en reste comme deux ronds de flan.

La Piel que Habito possède par ailleurs toutes les qualités habituelles d’un film de Pedro Almodovar. C’est ce qui en fait réellement un film d’exception. On y retrouve ses personnages incomparables. Incomparablement torturés diront certains, mais au moins sont-ils particulièrement marquants. On est toujours partagé entre fascination, sympathie et dégoût. Du coup, on cherche à approfondir nos propres sentiments vis à vis des protagonistes, ce qui nous pousse à entrer de plus en plus loin dans l’histoire. Mais au cours du scénario, les rebondissements nous feront changer d’avis à plusieurs reprises.

Pedro Almodovar a encore puisé dans bien de ses thèmes favoris pour écrire La Piel que Habio, certains surgissant d’ailleurs de manières très inattendues. Mais cette fois, je lui pardonne totalement tant tous ces éléments s’arrangent cette fois de manière inédite et particulièrement fascinante. Ce film peut vraiment surprendre même les plus grands fans du réalisateur espagnol, tout en les ravissant puisqu’on y retrouve tout ce qui a toujours fait son succès. Se renouveler en exploitant ce que l’on fait de mieux, voilà la marque des grands !

lapielquehabitoLa Piel que Habito nous offre également une réalisation et une photographie sublime. C’est sûrement là que l’on mesure le mieux combien un excellent scénario ne pourra jamais remplacer un grand cinéaste. Chaque scène, chaque plan est une perfection visuelle, sans que l’on ne mesure jamais vraiment pourquoi. Pedro Almodovar ne donne pas dans l’esbroufe et les effets de caméra spectaculaires. Il n’est pas Gaspar Noe ou Daren Aronofsky. N’empêche que chacun de ses films n’aurait pu être réalisé par un autre, celui là ne faisant pas exception.

La Piel que Habito offre un de ses plus grand rôle à Antonio Banderas. 22 ans après Attache-moi, il retrouve avec un immense bonheur Pedro Almodovar. Bonheur pour les spectateurs avant tout ! On a parfois du mal à se dire qu’il a 22 ans de plus, tant il est bien conservé, mais cet acteur a incontestablement acquis un charisme que seule la maturité peut accorder. Mais le reste du casting n’a pas à rougir de la comparaison. On peut une nouvelle fois mesurer l’incomparable talent du réalisateur espagnol pour la direction d’acteurs.

Au moment des remises de prix de fin d’année, La Piel que Habito figurera sûrement dans les premières places de bien des palmarès. Du mien en tout cas, cela est certain !

Fiche technique :
Production : El Deseo
Réalisation : Pedro Almodovar
Scénario : Pedro Almodovar, d’après
Montage : José Salcedo
Photo : José Luis Alcaine
Distribution : Pathé Films
Son : Pelayo Gutirrez
Musique : Alberto Iglesias
Durée : 120 mn

Casting :
Antonio Banderas : Robert Ledgard
Elena Anaya : Vera
Marisa Paredes : Marilia
Jan Cornet : Vicente
Roberto Alamo : Zeca
Blanca Suarez : Norma
Eduard Fernandez : Fulgencio

CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER : Une nouvelle naissance, 70 ans après

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captainamericaafficheMarvel a visiblement décidé de remplir nos écrans cet année, avec pas moins de trois films de super-héros. Il y a tout d’abord eu le très moyen Thor, pourtant réalisé par Kenneth Branagh. Puis le très réussi X-Men : le Commencement. Restait donc à savoir où Captain America : First Avenger allait pencher la balance. Le verdict est sans appel : le cru 2011 est excellent !

Alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, Steve Rogers rêve de s’engager dans l’armée pour défendre la liberté. Mais à cause de sa carrure frêle et de ses problèmes de santé, il se fait invariablement éconduire. Jusqu’au jour, où il croise le Professeur Erskine qui va le sélectionner pour un programme de création de super-soldats. L’urgence est là, car au même moment, un scientifique nazi, à la tête d’une mystérieuse organisation, l’Hydra, a mis la main sur une formidable source d’énergie.

Captain America est le second super-héros de l’histoire, né en 1941, deux ans après Superman. Il est donc un des personnages les plus légendaires de l’univers Marvel et a servi de modèle a bien de ses futurs collègues nés dans les années 60 (Les 4 Fantastiques, les X-Men, Ironman, Thor, Spiderman…). Il est donc l’archétype du super-héros costumé, symbole d’une Amérique qui se voulait le phare du monde occidental, du monde libre. Aujourd’hui, beaucoup des éléments qui ont présidé à sa création n’ont plus cours et prêtent même à sourire.

Il est vrai qu’il ne viendrait à l’idée de personne de nos jours de tailler le costume d’un personnage dans le drapeau américain ou bien de faire enfiler à un héros son slip par-dessus ses collants. Mais ses accoutrements grotesques font intégralement partie de la culture des supér-héros de comics. Marvel, suite au premier X-Men, de Bryan Singer, avait tenté de les supprimer dans ses publications… mais à vite fait machine arrière. Le problème est qu’objectivement, Captain America, a sans doute la tenue de combat la plus ridicule de tous. Quant au récit de ses origines, il est plutôt naïf et simpliste, en tout cas pas au niveau de ce que peut attendre le lecteur ou le spectateur de 2011.

Le problème se posait donc pour l’adaptation de Captain America : First Avenger : comment en faire un personnage à la fois crédible et fidèle à l’original, puisque toute trahison serait très mal vécue par les fans. Et bien, le tour de force a été réalisé ! Les connaisseurs de l’univers Marvel ne seront pas déçus et retrouveront un récit proche de la bande-dessinée, avec de multiples clins d’œil à l’œuvre de Jack Kirby, auquel le film cherche vraiment à coller. Mais les autres ne seront pas déçus non plus.

En tout cas, les deux types de spectateurs sentiront bien qu’il souffle sur Captain America : First Avenger un vent de nostalgie. On frôle parfois avec la parodie, ou disons plutôt l’hommage aux vieux films d’aventures. On retrouve le même esprit que dans les Indiana Jones, auxquels d’ailleurs il est fait une référence explicite. Un gentil, gentil et beau. Un méchant, méchant et laid. Une belle fille. Et évidemment, beaucoup de bagarres, de fusillades et de poursuites. Bref, de l’action, beaucoup d’action et le bien qui triomphe à la fin.

Captain America : First Avenger est donc un film quasi-parfait dans ce qu’il cherche à être. Un divertissement spectaculaire qui met en scène un univers et des personnages qui appartiennent à l’imaginaire de millions de gens à travers le monde depuis 70 ans, ce qui n’est pas rien. La mission est parfaitement accomplie. Après, on pourra préférer les personnages plus torturés, comme ceux des Spiderman de Sam Raimi ou de Ironman, mais le Steve Rogers de ce film est vraiment fidèle à celui qui vit depuis des décennies dans les pages des bandes-dessinées Marvel.

Captain America : First Avenger est porté par des effets spéciaux encore une fois impeccables. L’univers graphique est surtout beaucoup plus soigné et moins kitch que celui de Thor par exemple. Bien sûr, il s’agissait de reconstituer les années 40, pas un monde imaginaire comme Asgard. Mais tout cela est fait avec beaucoup plus de goût et de subtilité. Sans cela, le problème posé par le ridicule du costume n’aurait jamais pu être réglé de manière aussi réussie.

L’acteur Chris Evans qui interprète Steve Rogers est à l’image de son personnage : un rien monolithique et froid, mais c’est tout à fait ce que Captain America est. Il est le parfait opposé de Robert Downey Jr qui interprète Tony Stark dans Ironman, mais c’est tout à fait ce que ces deux personnages sont. Les fans de Marvel le savent bien. Je n’y verrai donc pas une erreur de casting comparable à Chris Hemsworth pour Thor.

captainamericaLe reste du casting se distingue surtout par la présence de Tommy Lee Jones, qui ne tient pas là son rôle le plus intéressant, mais qui s’en sort avec son talent habituel. Mais la plus grande star de Captain America : Frist Avenger est incontestablement Hugo Weaving (le Elrond du Seigneur des Anneaux) qui semble parfaitement à l’aise dans la peau de Crâne Rouge… ce qui, dit comme ça, n’est pas très rassurant pour lui. Enfin, on ne restera pas insensible au charme de Hayley Atwell, que l’on avait déjà remarqué dans l’adaptation télévisé des Pilliers de la Terre de Ken Follett.

Au final, Captain America : First Avenger n’est peut-être pas le meilleur film de super-héros dans l’absolu. Mais c’est peut-être celui qui a su le mieux retranscrire l’esprit de l’œuvre originale. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…

P.S. : Comme tous les films Marvel (sauf X-Men : le Commencement bizarrement), il y a une scène à la fin du générique qui ouvre sur un prochain film… Cette fois-ci, c’est encore plus net puisque tout cela finit carrément par la bande-annonce de The Avenger, prévu pour 2012. Et on se réjouit d’avance de voir Tony Stark, et donc Robert Downey Jr, se moquer du physique de bodybuilder de Thor-Chris Hemsworth.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Marvel Entertainment
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Joe Johnston
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely, d’après les comics de Marvel
Montage : Robert Dalva, Jeffrey Ford
Photo : Shelly Johnson
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Alan Silvestri
Durée : 124 mn

Casting :
Chris Evans : Steve Rogers, Captain America
Tommy Lee Jones : Col. Chester Phillips
Hugo Weaving : Johann Schmidt, le crâne rouge
Hayley Atwell : Peggy Carter
Sebastian Stan : Bucky Barnes
Dominic Cooper : Howard Stark
Derek Luke : Gabe Jones
Ken Choi : Morita
Stanley Tucci : Abraham Erskine

COMMENT TUER SON BOSS ? : Pour bien préparer la reprise du boulot

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commenttuersonbossafficheQuand j’étais petit, j’avais adoré le film Comment se débarrasser de son patron ?, Bon, en fait, ça fait tellement longtemps que je me rappelle uniquement du fait de l’avoir beaucoup aimé, mais absolument pas de l’histoire, ni de sa qualité réelle, qui doit être sûrement inférieure à mon souvenir juvénile. Par contre, maintenant que je suis un vrai adulte responsable, je peux juger le film Comment Tuer son Boss ? avec assurance et raison. Et cette fois, j’en suis sûr et certain, c’est un bon film.

Nick, Kurt et Dale seraient bien plus heureux sans leurs patrons respectifs pour leur gâcher la vie. L’un est un tyran, l’autre un cocaïnomane lubrique et la dernière une nymphomane invétérée. Par peur du chômage, ils n’osent démissionner. Mais alors, la seule solution n’est-elle pas de les faire assassiner ?

Comment Tuer son Boss ? est l’antithèse totale de Mes Meilleure Amies, la très mauvaise comédie que j’ai eu la très regrettable idée d’aller voir il y a quelques jours. Pourtant, les deux films partent d’un pitch ultra-classique, pour ne pas dire éculé. Mais tout cela ne constitue qu’un point de départ, l’essentiel réside dans la direction que l’on prend par la suite. Ce coup-ci, les scénaristes se sont dirigés vers le drôle, pas trop lourdingue et rythmé, plutôt que vers le pas drôle, affligeant et qui s’étire en longueur. Et croyez-moi, cela fait toute la différence.

Comment Tuer son Boss ? est vraiment drôle, sans être littéralement hilarant. Quelques gags arrachent tout de même de vrais et bons fous rires comme on les aime. Mais l’humour est le plus souvent situationnel et quand on ne s’esclaffe pas, on a toujours au minimum le sourire aux lèvres. Pas de pipi, caca, popo, juste une histoire de brosse à dent dans l’anus… Mais bon, avec le contexte, ça se justifie totalement et passe comme un lettre à la poste. Enfin, un jour où il n’y pas trop de queue au guichet.

Comment Tuer son Boss ? se distingue également par son rythme, qualité indispensable pour une vraie bonne comédie. Ce film a le bon goût de ne durer qu’un peu plus d’une heure et demi, soit le format idéal pour ce genre de film. Ainsi, on évite de tourner en rond et d’épuiser totalement le pitch avec des vannes de seconde zone. A comparer avec les plus de deux heures de Mes Meilleures Amies… Ok, j’arrête avec ce film, mais je crois qu’il m’a vraiment traumatisé.

Enfin, Comment Tuer son Boss ? restera dans les annales pour les trois rôles des patrons insupportables, qui ont permis un contre-emploi délectable de trois grands acteurs. Enfin, Kevin Spacey est ici dans un rôle qui lui va quand même très bien, il suffit de voir l’excellent Swimming with Sharks pour s’en convaincre. Par contre, Colin Farrel et Jennifer Anniston sont étonnants dans la peau de personnages très éloignés de ce qu’ils ont l’habitude d’interpréter. Pour cette dernière, c’est presque une révélation. Certes, tous les fans de Friends savent déjà qu’elle sait faire rire, mais pas forcément avec un tel sens de la comédie.

commenttuersonbossMais ce trio improbable n’éclipse pas totalement leurs trois souffre-douleurs. Jason Bateman, Jason Sudekis et Charlie Day s’en sortent à merveille. Seul le dernier, le moins expérimenté sur grand écran, en fait parfois un tout petit peu trop. Mais rien de bien méchant et surtout rien qui vienne gâcher le plaisir. Une comédie réussie est souvent un film où les acteurs son réellement dirigés et non livrés à eux-mêmes dans un numéro de cabotinage. Comment Tuer son Boss ? en fait incontestablement partie. Enfin, notons que le casting est complété par Jamie Foxx et Donald Sutherland… On a rarement vu un film avec un casting « second rôle » de cette qualité.

Comment Tuer son Boss ? est au final sûrement LA comédie de cet été et une des meilleures de l’année assurément.

Fiche technique :
Production : Rat Entertainment, New Line Cinema
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Seth Gordon
Scénario : Michael Markowitz, John Francis Daley, Jonathan Goldstein
Montage : Peter Teschner
Photo : David Hennings
Décors : Shepherd Frankel
Musique : Christopher Lennertz
Durée : 97 mn

Casting :
Jason Bateman : Nick Hendricks
Charlie Day : Dale Arbus
Jason Sudeikis : Kurt Buckman
Kevin Spacey : Dave Harken
Jennifer Aniston : Dr Julia Harris
Colin Farrell : Bobby Pellit
Jamie Foxx : Dean Jones
Donald Sutherland : Jack Pellit

MELANCHOLIA : Dépression et fin du monde

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melancholiaafficheLars Van Trier est un réalisateur qui laisse rarement indifférent. Et là, je ne parle pas de sa sortie regrettable sur Hitler lors du dernier Festival de Cannes. C’est son art même qui souvent dérange et déstabilise, aussi bien par la forme que par le fond. Mais si ces dernières œuvres avaient plutôt laissé la critique et le public assez froid, son dernier film, Melancholia, semble lui avoir à nouveau ouvert la voix du succès. Mais personnellement, je resterai beaucoup plus mitigé.

Justine devrait être heureuse aujourd’hui. C’est son mariage, célébré dans la majestueuse propriété de sa sœur, Claire, et son beau-frère, qui a dépensé beaucoup d’argent pour l’occasion. Il n’est pas donc pas vraiment ravi de la voir de plus en plus absente, voire triste au cours de la soirée. Dans le même temps, la planète Melancholia erre dans l’espace et s’apprête à passer à proximité immédiate de la Terre. Certains craignent même que les deux astres se percutent et que notre monde doit détruit.

Melancholia est un film en deux chapitres. L’un raconte le mariage de Justine et la manière dont elle le vit. La seconde est centrée sur le personnage de Claire et raconte son angoisse face à l’eventualité de voir la planète Melancholia percuter et détruire notre planète. Vous ne voyez pas le lien entre les deux ? C’est normal car il est loin d’être évident, pour ne pas dire complètement absent. Ce n’est guère surprenant de la part d’un Lars Van Trier que ce genre de détail n’a jamais dérangé. C’est ce qui fait l’originalité et l’intérêt de son cinéma, étranger aux conventions et aux codes en vigueur.

Melancholia, c’est donc un peu deux films en un. Aucun des deux ne vous fera rire aux éclats. S’il existe un fil conducteur qui fait de ce film un tout, c’est un pessimisme déprimant. Du coup, il avait intérêt à posséder bien des qualités pour ne pas plonger le spectateur dans une neurasthénie totale. Malheureusement, la première partie n’arrive vraiment pas à le sortir de la torpeur dépressive dans laquelle elle le plonge. C’est pauvre Justine a le droit de broyer du noir, mais personnellement, j’avoue que cela ne m’a guère touché. Par contre, ennuyé, oui.

Fort heureusement, la deuxième partie de Melancholia nous propose un très beau moment de cinéma, qui s’achèvera sur des dernières minutes de toute beauté. Une heure sur la fin possible du monde, aussi différente d’Armageddon que DSK de Mère Thérésa. On est là tout de suite beaucoup plus convaincu et on entre dans l’émotion des personnages, car cette fois, on comprend vraiment ce qu’ils ressentent. Et le tout est traité avec beaucoup de finesse et de sensibilité.

Reste la forme. Lars Van Trier reste fidèle à sa manière si particulière de filmer, avec ses mises au point incessantes à mesure que la caméra se déplace… ce qu’elle fait tout le temps. Ses films sont sûrement parmi ceux qui comptent les plus longues durées de « flou » et Melancholia n’échappe pas à la règle. Cependant, on peut trouver ça fatiguant à la longue. Beaucoup trouvent son style pompeux et prétentieux. Personnellement, je trouve simplement que le réalisateur danois est en train de galvauder quelque peu son style si particulier en le transformant en cadre rigide et incontournable. Visuellement, le film est superbe, mais peut donner un peu mal à la tête et on aimerait parfois vraiment que la mise au point reste constante.

melancholiaPar contre, Lars Van Trier reste un très grand directeur d’acteurs. Le prix à Cannes remis à Kirsten Dunst est mille fois mérité. On imaginait difficilement cette actrice capable d’une telle performance dans un rôle aussi dur et difficile. Elle est tout simplement éblouissante et c’est grâce à elle, si on supporte la première moitié du film. Melancholia offre également sûrement son plus beau rôle à Kiefer Sutherland, qui prouve ici qu’il n’est pas que Jack Bauer, mais peut être un grand acteur de cinéma. Enfin, Charlotte Gainsbourg est égale à elle-même en femme fragile et sensible. Un rôle qui lui sied à ravir et dans lequel elle peut exprimer tout son talent.

Melancholia fait partie de ses films qu’on aimerait encenser pour les risques pris par le réalisateur. Lars Van Trier invente son cinéma avec une ambition que certains qualifient de présomption, flirtant avec la mégalomanie. Personnellement, je ne lui jetterai sûrement pas la pierre pour s’aventurer là où personne ne va. Même, si avec ce film, il ne m’a qu’à moitié convaincu.

Fiche technique :
Production : Zentropa Entertainment APS
Réalisation : Lars von Trier
Scénario : Lars von Trier
Montage : Molly Malene Stensgaard
Photo : Manuel Alberto Claro
Décors : Jette Lehmann
Distribution : Les Films du Losange
Son : Kristian Eidnes Andersen
Durée : 130 mn

Casting :
Production : Zentropa Entertainment APS
Réalisation : Lars von Trier
Scénario : Lars von Trier
Montage : Molly Malene Stensgaard
Photo : Manuel Alberto Claro
Décors : Jette Lehmann
Distribution : Les Films du Losange
Son : Kristian Eidnes Andersen
Durée : 130 mn

MES MEILLEURES AMIES : On m’avait pourtant prévenu…

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mesmeilleuresamiesafficheLorsque que j’ai vu pour la première fois la bande-annonce de Mes Meilleures Amies, je me suis dit « qu’est ce que c’est encore que cette grosse bouse ! ». Et comme je l’ai vu de nombreuses fois, je me le suis répété à maintes reprises. Et puis, lorsque le film est sorti, il a plutôt reçu de bonnes critiques, alors je l’ai placé dans mon programme. Une amie m’a alors averti… je ne l’ai malheureusement pas écouté…

Annie n’est pas vraiment au top. Célibataire, elle couche avec un macho qui ne lui apporte guère d’attention. Professionnellement, elle a du fermer sa pâtisserie pour être vendeuse dans un magasin minable. De plus, elle vit dans un appartement, dont elle a du mal à payer le loyer, avec un colocataire pas franchement sympathique et la sœur de ce dernier. Heureusement, sa meilleure amie de toujours, Lillian, se marie et elle va être sa demoiselle d’honneur. Cependant, elle va vite se heurter à Helen, que la future mariée fréquente depuis peu mais assidument, et qui est surtout indécemment riche et qui cherche à tout contrôler.

« Elles jouent encore moins bien que dans une pub pour Tampax ». Phrase prononcée par un ado en voyant sa belle-mère jouer au tennis contre sa « rivale »… Voilà, la seule réplique vraiment drôle de Mes Meilleures Amies. Une réplique, c’est mieux que rien… Mais une seule réplique en 2h05 de film, c’est quand même désespérément peu. Le reste des gags : du pipi, caca, popo, vomi où seule l’option vulgarité a été coché et jamais la case drôle. C’est plutôt embêtant pour une comédie, surtout si on a payé pour la voir.

Bon, le film parle aussi pas mal de sexe. Il y a une volonté évidente de coller à Sex and the City, avec des dialogues crus et profondément féministes. Mais Annie n’est pas Carrie, loin de là. Dans le cas qui nous intéresse, c’est juste gras et affligeant souvent, jamais ni glamour, ni réjouissante. Aucun second degré, sans même oser prononcer le mot subtilité, un concept visiblement totalement inconnu des scénaristes de cette grosse bouse, qui n’a d’ailleurs guère fait rire dans la salle. Bref, Mes Meilleures Amies est raté sur toute la ligne…

mesmeilleuresamiesAllez positivons. Il y a quand même un aspect plutôt réussi dans Mes Meilleures Amies, c’est l’histoire d’amour entre Annie et un policier un peu timide. C’est mignon, parfois touchant et ce sont les seuls moments où on se prend un minimum d’affection pour les personnages. Plus que quand ils vomissent et chient dans un lavabo d’un magasins de robe de mariée en tout cas, suite à une tourista foudroyante… Cette romance nous offre aussi la seule scène qui nous arrache un long sourire, quand Annie commet toutes les infractions routières possibles et imaginables juste sous le nez du flic pour attirer son attention alors qu’il boude, enfermé dans sa voiture de service, stationnée sur le bas-côté. Bon bah voilà, j’ai donné tout ce que j’avais pour dire du bien de ce film. Et croyez-moi, c’est déjà beaucoup !

Faut-il vraiment parler des acteurs qui ont eu le malheur de tremper dans cette mascarade ? Allez, on va dire qu’il n’y sont pour rien, car ils donnent tout de même leur maximum. Après si les dialogues sont nuls et les situations affligeantes, ce n’est pas de leur faute. On signalera donc tout de même que le couple Kristen Wiig – Chris O’Dowd est plutôt mignon, qu’on préférait Maya Rudolph dans Away we go, que Rose Byrne sait parfaitement être exaspérante et que Melissa McCarthy arrive presque à nous faire rire. Et puis, on signalera la parfaite apparition de Monsieur « Don Draper des Madmen », John Hamm, irrésistible en macho vulgaire. Le rôle en fait trop, mais lui au moins s’éclate à jouer l’antithèse du personnage qui l’a rendu célèbre.

Mes Meilleures Amies est donc bien une bouse. On m’avait prévenu. J’écouterai la prochaine fois.

Fiche technique :
Production : Universal pictures, Relativity Media, Apatow productions
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : Paul Feig
Scénario : Kristen Wiig, Annie Mumolo
Montage : William Kerr, Mike Sale
Photo : Robert D. Yeoman
Décors : Jefferson Sage
Musique : Michael Andrews
Costumes : Leesa Evans
Durée : 125 mn

Casting :
Kristen Wiig : Annie
Chris O’Dowd : Officier Rhodes
Maya Rudolph : Lillian
Jessica St Clair : Whitney
Ellie Kemper : Becca
Jill Clayburgh : la mère d’Annie
Rose Byrne : Helen
John Hamm : Ted
Melissa McCarthy : Megan

IMPARDONNABLES : Venise I love you… Le film nettement moins

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impardonnablesafficheSi André Téchiné était au Parti Socialiste, on dirait de lui qu’il est un éléphant. Heureusement, les grands artistes ont eux le droit de durer sans que l’on y voit le moindre mal. Sa carrière de réalisateur débuté au cinéma en 1975 se poursuit encore aujourd’hui. Pour preuve, la sortie sous nos écrans de Impardonnables. Mais si son début est plutôt prometteur, le film finit par décevoir.

Francis, écrivain à succès, vient à Venise pour trouver le calme et l’isolement propice à son inspiration. Il y trouvera finalement surtout l’amour, en la personne de Judith, son agent immobilier, qui lui a trouvé une grande demeure isolée de l’autre côté de la lagune. Un jour, Alice, sa fille, vient lui rendre visite…avant de disparaître quelques jours plus tard.

Impardonnables commencent comme un polar. Un polar qui s’annonce excellent. Les plans sur les regards des personnages nous font penser que certains ne sont pas ce qu’ils semblent être, que de lourds secrets sont enfouis, voire qu’ils possèdent des intentions cachées et inavouables. Et bien… en fait pas du tout. Tout ce petit beau monde est exactement comme il prétend être et tous les soupçons qui peuvent naître se révèlent totalement infondés. Mais alors, où réside l’intérêt de l’histoire ?

André Techiné aurait pu inventer le rebondissement ultime : l’absence de rebondissement alors que tout le monde s’y attend. Sauf que cela ne fonctionne pas du tout et vu que film dure pas loin de deux heures, le spectateur a vite fait de comprendre que le scénario d’Impardonnables ne cherche pas du tout de le surprendre ou à l’emmener sur de fausses pistes. Il se contente de lui décrire les relations complexes entre des personnages un tantinet torturés. C’est déjà pas mal me direz-vous, mais il faudrait pour que l’on rentre vraiment dans l’histoire que les protagonistes nous inspirent un minimum de sympathie.

Mais le seul personnage qu’Impardonnables nous fait vraiment aimer…s’appelle Venise. En effet, ce film nous offre une vision amoureuse de cette ville, à l’image de Minuit à Paris pour la Ville Lumière. Certains plans sont splendides, comme cette vue de la ville au fond de la lagune sur laquelle s’abattent les éclairs d’un orage. Le problème, c’est que l’on est pas venu dans une soirée National Geographic et que cela ne suffit pas à compenser notre frustration.

impardonnablesEn fait, plus globalement, si l’histoire de Impardonnables ne convainc qu’à moitié, pour ne pas dire qu’à un tiers, la mise en image est par contre d’une grande qualité. Photographie, montage, direction des acteurs, tous ces éléments nous permettent de bien nous rendre compte qu’il n’y a pas n’importe qui derrière la caméra. C’est d’ailleurs grâce à tout ça que le début est prometteur, avec une tension qui monte très vite. Dommage, qu’elle ne soit pas maintenue et que le tout se dégonfle comme un soufflé raté.

Impardonnables s’appuie sur un casting de très haute volée. Bon, on peut en avoir assez de voir encore et toujours André Dussolier, mais il reste tout de même incontestablement un des meilleurs acteurs de notre pays. A ses côtés, Carole Bouquet est toujours aussi sublime. Je ne sais pas quel est la part due aux chirurgiens, mais à 54 ans, elle peut encore faire beaucoup d’ombre à bien de jeunes actrices. Elle n’en fait pas par contre à Mélanie Thierry qui, même si son rôle reste tout de même relativement limité, confirme son statut de très grand espoir du cinéma hexagonal.

Impardonnables ne tient donc pas vraiment ses promesses. La faute à un scénario pas vraiment intéressant, quant la mise en image est elle d’une très grande qualité.

Fiche technique :
Production : SBS Films, Soudaine Compagnie, CRG International, TF1 DA, France 3 Cinéma
Réalisation : André Téchiné
Scénario : André Téchiné, Mehdi Ben Attia, d’après le roman de Philippe Djian
Montage : Hervé de Luze
Photo : Julien Hirsch
Décors : Michèle Abbé-Vannier
Distribution : UGC distribution
Musique : Max Richter
Costumes: Khadija Zeggaï
Durée : 111 mn

Casting :
André Dussollier : Francis
Carole Bouquet : Judith
Mélanie Thierry : Alice
Adriana Asti : Anna Maria
Mauro Conte : Jérémie
Alexis Loret : Roger
Zoé Duthion : Vicky

LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES : Singes opprimés du monde entier, unissez-vous !

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laplanetedessingeslesoriginesafficheEn 1963, Pierre Boulle, un auteur bien de chez nous, publiait la Planète des Singes, un roman qui allait connaître un incroyable destin…cinématographique. Adapté, très librement, en 1968, il peut être considéré, avec Tarzan et Dracula, comme une des premières franchises de l’histoire d’Hollywood, avec pas moins de 4 suites. Le premier volet a eu droit à un remake, plutôt raté, en 2001 par Tim Burton. Voici, désormais la Planète des Singes : les Origines. Peut-être le meilleur de tous ces films.

Will Rodman poursuit depuis 5 ans des recherches sur un remède à la maladie d’Alzheimer, motivé par la maladie de son propre père. Il teste sur des chimpanzés une molécule prometteuse, qui semble booster leur intelligence. Mais le jour où il doit présenter à son Conseil d’Administration son singe le plus spectaculaire, ce dernier se rebelle contre le personnel du labo et entraîne l’ordre d’abattre tous ses congénères. Mais Will recueillera un bébé, nommé César, dont l’intelligence se révèle très vite prodigieuse.

La mode est aux prequels, c’est à dire aux suites qui se situent chronologiquement avant l’œuvre originale. Après les X-Men et avant Alien, voici donc la Planète des Singes. Il est vrai qu’il est légitime de s’interroger sur comment la Terre a pu finir par être dominé par nos plus proches cousins. C’était l’objet au début des années 70 des Evadés de la Planètes des Singes, de la Conquête de la Planète des Singes et de la Bataille de la Planète des Singes, trois beaux navets, pas vraiment convaincants. La Planète des Singes : les Origines est lui nettement plus réussi.

Bon, évidemment, on notera quelques approximations biologiques. Si les chimpanzés ne parlent pas, ce n’est pas parce qu’ils n’en sont pas intellectuellement capables (ils peuvent maîtriser la langue des signes), mais parce que leurs cordes vocales ne leur permettent pas (contrairement à celles de perroquets). Mais je pense que tous ceux dont les études en biologie n’ont pas été trop poussées pourront faire abstraction et jouir du spectacle et d’un scénario par ailleurs assez intelligent.

L’intrigue de la Planète des Singes : les Origines est parfois un peu simpliste. Singes opprimés du monde entier, unissez-vous ! Beaucoup de bons sentiments donc, qui frise parfois l’ode au communisme, mais le tout reste tout de même très bien construit. La catastrophe qui s’annonce prend corps étape par étape, formant un inexorable engrenage qui se met peu à peu en place sans que les personnages, humains, ne s’en aperçoivent. Le tout va évidemment très mal se terminer pour notre espèce. On est donc face à une histoire portant une réflexion plutôt maladroite, mais qui arrive tout de même à maintenir le suspense et l’intérêt du spectateur de bout en bout.

laplanetedessingesLes scènes d’action sont elles très spectaculaires, portés par des effets spéciaux de toute beauté. Quel contraste avec les costumes un peu ridicules du film de 1968 ! Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on n’a jamais l’impression d’être face à des images de synthèse, mais le travail réalisé est vraiment impressionnant. La bataille finale, entre les singes et la police et l’armée sur le Golden Gate Bridge à Los Angeles reste un beau moment de cinéma.

Le casting est par contre solide mais sans génie. Enfin pour ce qui est des humains. James Franco a le vent en poupe à Hollywood, mais force est est de constater que son charisme reste limité. A ses côtés, Freida Pinto est fort jolie, mais son rôle ne sert pas à grand chose au fond. Par contre, Andy Serkis, confirme, après Gollum dans le Seigneur des Anneaux, qu’il est l’acteur à engager pour donner vie à une créature en image de synthèse.

Au final, La Planète des Singes : les Origines est un des plus films les plus spectaculaires de cet été, avec un scénario intelligent, malgré une réflexion un peu simpliste.

Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, 20th Century Fox Film
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Rupert Wyatt
Scénario : Rick Jaffa, Amanda Silver, d’après le roman de Pierre Boulle
Montage : Conrad Buff, Mark Goldblatt
Photo : Andrew Lesnie
Décors : Claude Paré
Musique : Patrick Doyle
Durée : 105 min

Casting :
James Franco : Will Rodman
Freida Pinto : Caroline Aranha
Andy Serkis : César
John Lithgow : Charles Rodman
Brian Cox : John Landon
Tom Felton : Dodge Landon
David Oyelowo : Steven Jacobs
Jamie Harris : Rodney
Madison Bell : Alice Hunisker

SUPER 8 : Divertissement, à défaut de chef d’oeuvre

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super8afficheL’été est propice au foisonnement des « blockbusters »… En français, des films américains à gros budget dont le but est d’attirer un maximum de spectateurs dans les salles obscures. A la fin, on fait les comptes et on voit qui a raflé la mise au box-office. Cette année, un des plus attendus était Super 8. J.J .Abrams à la réalisation et au scénario, Steven Spielberg à la production. Bref que du beau monde ! Mais si ce film constitue un agréable divertissement, il est difficile de le considérer comme un chef d’œuvre du genre.

Une bande d’adolescents, au fin fond de l’Amérique, s’amuse à réaliser un film de zombies avec une caméra Super 8. Un soir, il tourne une scène le long de la voie ferrée et assiste à un terrible accident : un professeur de science semble avoir volontairement percuté un train pour provoquer son déraillement. Très vite, l’armée débarque et les évènements inexpliqués se multiplient.

On le voit tout de suite Super 8 possède un scénario extrêmement classique. Ce n’est pas illogique car ce film se veut un hommage nostalgique à un certain cinéma fantastique, peuplé de créatures monstrueuses, bien avant l’arrivée des images de synthèse. Une sorte de vieux film, mais réalisé avec les moyens d’aujourd’hui. On peut facilement imaginer que J.J. Abrams et Steven Spielberg se sont faits plaisir avec ce film qui a du leur rappeler leurs premières émotions cinématographiques. On retrouve avec ce film la même démarche qu’avait eu ce dernier en produisant les Goonies, au milieu des années 80.

Malheureusement, Super 8 est aussi plombé par quelques défauts. Bon, rien de bien méchant, mais assez pour décevoir ceux qui vont le voir en en attendait beaucoup. L’histoire possède deux volets : le volet aventure pure et le volet relations entre les personnages. C’est ce dernier qui est nettement moins réussi. On retrouve un côté assez moralisateur et cucul, que les fans de Spielberg connaisse bien, mais qui prend ici une place trop importante pour seulement faire partie du décor et être facilement oublié. Du coup, si la fin n’est pas dénuée d’une certaine émotion, cette dernière est quelque peu prévisible et manque franchement d’intérêt. Bien sûr, elle donne aussi un peu d’épaisseur aux personnages, les rendent sympathiques, mais alourdit surtout un récit, qui aurait gagné à plus de légèreté et de fluidité.

super8Car à côté de ça, Super 8 nous offre du grand spectacle. Il reprend toutes les ficelles du genre, mais avec assez de talent et de moyens pour que cela ne ressemble en rien aux séries B, dont le film se veut pourtant l’héritier. Si on est pas forcément surpris par un récit qui ne déborde pas de rebondissements, on ne s’ennuie pas une seule seconde et on retrouve toute la joie un peu enfantine que l’on ressent devant un film d’aventures. On sait bien comment tout cela va finir, mais qu’importe. On est là pour se divertir et, au moins sur ce point, ce film remplit sa mission à la perfection. Bref, s’il y a bien des reproches rationnels à faire à ce film, il n’empêche qu’à la fin, on ne peut qu’admettre que l’on a passé un très bon moment.

Le casting ne brille pas particulièrement dans Super 8. On notera simplement la très bonne prestation de la jeune Elle Fanning, que l’on avait déjà remarquée dans Somewhere et l’Etrange Histoire de Benjamin Button. Comme tout talent adolescent, cela reste à confirmer une fois la puberté achevée, mais les promesses sont là. A ses côtés, Joel Courtney est lui aussi à la hauteur malgré ses 15 ans.

Au final, Super 8 est un film parfait dans sa forme, plus inégal dans son fond. Mais ne boudons pas notre plaisir, il est aussi un des divertissement le plus réussis de l’été, même si on pouvait attendre plus d’une telle débauche de talent.

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Bad Robot, Steven Spielberg, Paramount Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : J.J. Abrams
Scénario : J.J. Abrams
Montage : Maryann Brandon
Photo : Larry Fong
Décors : Leia Pratapas
Son : Mark Ulano
Musique : Michael Giacchino, Tim Simonec
Effets spéciaux : Kim Libreri, Stephan Trojansky, Dennis Muren
Maquillage : Bonni Flowers, Annabelle MacNeal, Rick Pour, Deborah Lamia Denaver
Directeur artistique : David Scott
Durée : 110 min

Casting :
Ryan Lee : Carey
Riley Griffiths : Charles Kaznyk
Kyle Chandler : Jackson Lamb
Elle Fanning : Alice Dainard
Joel Courtney : Joe Lamb
Gabriel Basso : Martin
Zach Mills : Preston
Noah Emmerich : Nelec
Bruce Greenwood : Cooper

LE MOINE : Le Moine est fait

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lemoineafficheDominik Moll est le champion du thriller psychologique à la française. Son Harry, un ami qui vous veut du bien avait fortement marqué les esprits et demeure encore aujourd’hui un de mes films préférés. Depuis ces productions sont peut-être passées plus inaperçues, mais je fais partie de ceux qui les attendent encore avec impatience. Le voir mettre en scène Vincent Cassel dans le Moine paraissait donc particulièrement prometteur. Mais le résultat est inégal, malgré d’incontestables qualités.

Frère Ambrosio force l’admiration de toute la région par la vigueur de ses prêches et la rigueur de sa foi. Un jour, un jeune novice est accepté au monastère. Défiguré par un incendie, il porte constamment un masque. Il porte surtout un secret que Frère Ambrosio va finir par découvrir et qui va ébranler ses convictions.

Le Moine porte la pate d’un vrai cinéaste, maître de son art aussi bien techniquement qu’artistiquement. Une photographie élégante, un sens du rythme, une capacité à dévoiler les mystères dans un parfait équilibre entre la lenteur qui tient en haleine et une avancée constante de l’intrigue. Dans la forme donc, rien à dire. On est là face à une œuvre aboutie, élégante et maîtrisée. Rien que pour ça, ce film tranche avec la majorité des films français qui négligent bien trop souvent ces aspects-là.

Le fond, par contre, est plus inégal. Le scénario arrive tout de même à nous intriguer et à maintenir l’intérêt du spectateur du début à la fin. Par contre, certains rebondissements laissent circonspects et même si on a envie de savoir où cela va nous mener, on n’est pas toujours franchement convaincu par le chemin emprunté. Heureusement, la dernière pirouette en surprendra plus d’un (en tout cas, cela a parfaitement fonctionné pour moi) et donne un sens général au film, qui nous permet de quitter la salle sur une impression plutôt positive.

lemoineL’histoire nous plonge dans l’univers feutré d’un monastère et au cœur de la mysticité chrétienne. Le ressort est somme toute classique et pas forcément très surprenant. C’est une des limites du Moine, qui n’emmène jamais le spectateur sur des chemins inconnus et originaux. Le début du film nous rappelle parfois le Nom de la Rose, même si les histoires finiront par prendre des voies très différentes. On n’est jamais réellement déstabilisé et c’est ce qui explique que ce film ne dépasse jamais le stade de l’intérêt pour entre dans le réellement passionnant.

Vincent Cassel est comme à son habitude impeccable et charismatique. Il a peut-être quelque peu tendance à imposer son jeu à son personnage et non l’inverse. C’est parfois le défaut des grands acteurs, mais son immense talent nous permet de lui pardonner aisément. Il est secondé dans ce film par deux jeunes actrices, Joséphine Japy et Déborah François (César du Meilleur Espoir Féminin en 2008 pour le Premier Jour du Reste de ta Vie), qui emplissent leur rôle sans être totalement éclipsée par leur brillant partenaire. Et ce n’est pas donné à tout le monde. On ne crie pas au génie, mais on voit là tout de même la vraie capacité de Dominik Moll à diriger ses acteurs. Enfin, on retrouve comme dans tous les films de ce réalisateur, Sergi Lopez dont l’apparition est courte, mais encore une fois, fort remarquée.

Le Moine ne constitue donc pas le meilleur film de Dominik Moll, mais une telle concentration de talent ne pouvait donner un résultat foncièrement mauvais.

Fiche technique :
Production : Diaphana Films
Distribution : Diaphana Distribution
Réalisation : Dominik Moll
Scénario : Dominik Moll, Anne-Louise Trividic, D’après l’oeuvre de Matthew G. Lewis
Montage : François Gédigier, Sylvie Lager
Photo : Patrick Blossier
Décors : Antxón Gómez
Son : François Maurel
Musique : Alberto Iglesias
Durée : 101 mn

Casting :
Vincent Cassel : Ambrosio
Catherine Mouchet : Elvire
Sergi Lopez : le débauché
Géraldine Chaplin : l abbesse
Déborah François : la jeune fille
Jordi Dauder : père Miguel
Roxane Duran : Soeur Agnès
Joséphine Japy : Antonia

COLOMBIANA : Luc Besson avant 5 minutes devant lui, alors il a écrit un scénario…

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colombianaafficheLuc Besson est une figure centrale du cinéma français. Une figure loin de faire l’unanimité, c’est le moins que l’on puisse dire. Certains considèrent qu’il tire le cinéma vers des territoires où il n’ose guère s’aventurer, d’autres qu’il le tire surtout vers le bas. Si, personnellement, j’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour son travail de réalisateur, j’avoue que son travail de scénariste ou de producteur me laisse nettement plus circonspect : quelques belles réussites, beaucoup de déchets… Colombiana ne viendra malheureusement pas équilibrer la balance du bon côté.

La jeune Cataleya assiste petite fille au massacre de sa famille par les membres d’un des principaux cartels colombiens. Elle réussit à s’échapper par miracle et rejoint son oncle aux Etats-Unis. Elle y apprendra l’art de tuer, préparant patiemment sa vengeance.

Le thème de la vengeance continuera à constituer une source inépuisable d’inspiration pour les scénaristes pour encore bien des générations. Sauf que si Colombiana manque incontestablement d’une chose, c’est bien d’inspiration. Pas une once d’originalité ou de créativité à l’horizon, mais beaucoup de poncifs, de péripéties prévisibles et de platitude. Ce n’est même pas mauvais, ridicule ou incohérent, c’est juste sans intérêt. Les rares rebondissements ne surprennent personne et ne permettent pas à l’encéphalogramme des spectateurs de s’exciter un peu.

Le pire dans tout cela reste les personnages. Ils souffrent tous d’une absence totale de charisme, n’éveille aucun attachement ou aucune sympathie. L’héroïne ne fait naître aucun sentiment et, du coup, on ne prend pas du tout sa quête à cœur. Le méchant ne fait pas flipper et son décès final ne fait ni chaud, ni froid. Tout cela explique largement pourquoi on n’entre jamais dans cette histoire qui ne valait vraiment pas le coup d’être raconté. On n’y croit pas, pas forcément parce qu’on ne pourrait pas le faire, mais parce qu’on en a aucune envie. Et ce n’est pas la transparence de la réalisation et de la bande-originale qui viendra sauver le film.

colombianaEt les scènes d’action me direz-vous ? Parce que bon, soyons honnêtes, on ne va pas voir ce genre de production Besson pour la profondeur des personnages. Mais là encore Colombiana respire la médiocrité par tous les trous de la pellicule (ok, je sais, tout est en numérique désormais, mais je trouvais l’image jolie). Le seul moment d’intérêt vient lorsque… élimine une de ses cibles à l’intérieur même d’un poste de police. Par contre, le final, qui aurait pu ressembler à un Commando, version femme fatale, est dénué de la moindre once de talent cinématographique. On préférera un million de fois revoir les vingt dernières minutes de Kick-Ass, qui permet de mesurer la différence entre un cinéaste et un tâcheron.

L’interprétation ne vient en rien sauver Colombiana. La performance de Zoe Saladana n’aurait de toute façon rien pu changer au destin de ce navet. Alors, je ne lui jetterai pas la pierre car il est difficile de surnager quand tant de médiocrité vous entraîne irrémédiablement vers le fond. Le seul plaisir sera éprouvé par les fans d’Alias qui seront heureux de retrouver Michael Vartan…qui nous rappelle malheureusement pourquoi sa carrière d’acteur ne décolle pas.

Colmbiana ne réconciliera donc pas Luc Besson avec ses détracteurs, tant ce film transpire la médiocrité. Une vraie déception donc, même si on n’attendait pas grand-chose de ce film. Mais rien, c’est encore moins que pas grand-chose.

Fiche technique :
Réalisation : Olivier Megaton
Scénario : Luc Besson et Robert Mark Kamen
Direction artistique : Gilles Boillot, Franckie Diago, Pascal Leguellec et Fanny Stauff
Décors : Patrick Durand
Costumes : Olivier Bériot
Photographie : Romain Lacourbas
Montage : Camille Delamarre
Musique : Nathaniel Méchaly

Casting :
Zoe Saldana : Cataleya Restrepo
Jordi Mollà : Marco
Lennie James : Agent spécial Ross
Amandla Stenberg : Cataleya Restrepo, jeune
Michael Vartan : Danny Delanay
Cliff Curtis : Emilio Restrepo
Beto Benites : Don Luis
Jesse Borrego : Fabio
Cynthia Addai-Robinson : Alicia
Angel Garnica : Pepe