
Le Duc d’York, second fils de George V, Roi d’Angleterre, est atteint d’un terrible bégaiement qui l’empêche quasiment de prendre la parole en public. Son épouse le pousse à consulter tous les docteurs et orthophonistes possibles et imaginables, pour autant d’échecs. Jusqu’à ce qu’il se rende chez Lionel Logue, aux méthodes pas réellement orthodoxes.
Faire un film de près de deux heures sur des cours d’orthophonie, voilà un défit qui pouvait sembler difficile à relever. Evidemment, le Discours d’un Roi nous parle de beaucoup d’autres choses, mais la relation entre le prince et son docteur constitue plus qu’un fil rouge. C’est réellement là le cœur et même le corps de ce film remarquable. C’est surtout la révélation d’un réalisateur de très grand talent, qui n’avait à sa filmographie, jusque là, que quelques téléfilms ou séries de seconde zone.
Ce film m’a rappelé d’une certaine manière The Social Network. Non que les sujets soient proches, mais il y a là deux grands moments de l’art de la narration. L’intérêt que présente une histoire tient évidemment à son contenu, mais aussi par la manière de la raconter. Il y a dans Le Discours d’un Roi un travail de mise en scène, au sens le plus fort du terme, absolument remarquable. Sans cela, cette histoire aurait pu tout aussi bien plonger le spectateur dans le plus grand ennui et ne présenter strictement aucun intérêt.
Le Discours d’un Roi aurait pu être une histoire classique de relation mentor-élève. Mais cette fois-ci, l’élève est un potentiel futur Roi d’Angleterre et le maître un obscur orthophoniste sans référence. Là repose évidemment tout l’intérêt de cette relation contre nature, où les rôles doivent s’inverser dans le secret du cabinet du médecin. Cela enrichit considérablement le propos et constitue un des facteurs clés qui le rendent passionnant. Le Discours d’un Roi figurera dans les plus grands rôles de la carrière de Colin Firth. D’ailleurs, je ne comprends même pas qu’une version française peut exister pour ce film où la performance d’acteur repose en grande partie sur la diction. Je n’ai rien contre l’acteur qui le double, mais bon… Enfin, on a déjà beaucoup parlé de Monsieur Bridget Jones à l’occasion de la sortie de ce film, alors je voudrais insister sur les interprétations remarquables de Geoffrey Rush et Helen Bohnam-Carter. On n’assiste pas ici simplement à un numéro d’acteur exceptionnel, mais à un triple dose de bonheur.
Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, UK Film Council, Momentum Pictures, Aegis Film Fund, Molinare London, FilmNation
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Tom Hooper
Scénario : David Seidler
Montage : Tariq Anwar
Photo : Danny Cohen
Décors : Eve Stewart
Musique : Alexandre Desplat
Durée : 118 mn
Casting :
Colin Firth : Le Roi George VI, Duc de York
Helena Bonham-Carter : La Reine Elizabeth, Duchesse de York
Geoffrey Rush : Lionel Logue
Guy Pearce : Le Roi Edouard VIII
Michael Gambon : Le Roi George V
Derek Jacobi : L’archevêque Cosmo Langi
Timothy Spall : Winston Churchill

Rien à Déclarer, comme beaucoup de comédie, repose sur un duo d’acteurs que tout opposent et qui vont être obligés de cohabiter. C’est sans doute le ressort comique le plus éculé qui soit, mais quand c’est bien fait, on ne s’en lasse pas. Dany Boon et Benoît Poelvoorde, voilà un couple prometteur. Si le cinéma était une compétition, la médaille d’or reviendrait incontestablement à la Belgique. Le rôle déjà à la base est nettement plus intéressant, mais il faut bien admettre que l’essentiel de l’énergie comique de ce film émane d’un Benoît Poelvoorde en pleine forme. Dany Boon apparaît plus comme un faire-valoir. Mais pour sa défense, il s’est écrit un rôle qui ne lui permet que trop rarement de sortir de son rôle habituel de brave gars sympathique. 
Restent des personnages sans grand relief, des rebondissements pas toujours très convaincants (ah il est mort, ah bah non finalement, il a survécu !). Mais l’intérêt de Tron est ailleurs. Hier dans le caractère révolutionnaire et spectaculaire de ses graphismes. Aujourd’hui, par sa mise en perspective avec tout ce qu’il a pu enfanter. Sur le coup, les studios Disney avaient frappé un grand coup, à une époque où leur branche animation avait bien du mal à produire le moindre film de premier plan.
Comme pour Dans ses Yeux, mais un degré moindre, le principal attrait de Carancho repose dans ses personnages et leurs interprètes. On ne s’étonnera donc pas de retrouver en haut de l’affiche Ricardo Darin, qui est donc de tous les succès du cinéma argentin. C’est évidemment un bonheur de le revoir sur les écrans tant son charisme et son talent se suffisent à eux-mêmes. Mais à ses côté, la charmante Martina Gusman ne s’en laisse pas compter et prouve que ce pays possède un réservoir d’excellents comédiens que l’on ne soupçonnait pas.
Black Swan constitue surtout une vraie révélation relativement inattendue. Celle de Natalie Portman comme une très grande actrice, dans un rôle incroyablement difficile, à des années-lumières de ceux qui lui avaient précédemment proposés. Mais elle s’y abandonne corps et âmes pour une interprétation qui vaut largement l’Oscar qui lui est promis. Une performance artistique mais aussi physique. Elle nous fait vivre la douleur, les douleurs ressenties par son personnage avec une force et une intensité rares. Une nouvelle preuve que c’est en poussant les acteurs dans leurs retranchements les plus profonds que naissent les numéros d’acteurs inoubliables.
Surtout que les Chemins de la Liberté ne brille pas par son suspense. On sait dès la première seconde qu’ils seront trois à arriver jusqu’en Inde. Reste à savoir qui, mais tout au long du film, on n’a jamais trop de doute sur l’identité du prochain qui va succomber. L’intérêt est donc ailleurs. Il est dans le sentiment d’évasion, dans l’admiration que l’on peut avoir pour l’abnégation de ces personnages. Mais encore un fois, il manque un grand souffle épique pour ce film soit totalement passionnant, pour que le spectateur rentre vraiment dans cette histoire incroyable, mais pourtant vraie. On y trouve tout ce à quoi on pouvait s’attendre, mais absolument rien de plus. Il n’y a aucune prise de risque, ni artistique, ni narrative. Alors même si ce qui nous ait proposé est plutôt réussi, on reste un peu sur notre faim.
Enfin, terminons par ce qui est vraiment confondant de médiocrité. L’interprétation ! A la limite Benoît Magimel ne s’en sortirait pas trop mal par rapport à ses compagnons. Certes, il a l’air d’y croire comme le candidat socialiste à l’élection municipale de Neuilly-sur-Seine, mais au moins, il nous sert le minimum syndical. Par contre, en face de lui, Gilbert Melki nous livre peut-être son plus mauvais rôle. On se pince pour y croire tellement son jeu tire sur la caricature. On serait dans une parodie, on pourrait presque le trouver excellent. Le problème, c’est qu’on est dans un film qui se veut on ne peut plus sérieux, pour ne pas dire qui se prend au sérieux, et du coup, ça finit de couler l’Avocat, qui prenait déjà pas mal l’eau par ailleurs. 
Il faut cependant bien le reconnaître, tout cela contribue à notre attachement aux personnages et à notre envie de les voir accéder au bonheur. A la fois, si tout était facile pour eux, il n’y aurait même pas de film. Mais comme pour le scénario, les protagonistes ne restent pas focalisés sur leurs problèmes et décident d’avancer et de vivre leur vie. Pas d’optimisme béât non plus, juste des gens de la vraie vie vraie, qui n’ont rien de winners implacables ou de losers pathétiques. 
Ces trois morceaux convergent vers une fin pas vraiment convaincante. Du coup, on ressort avec un sentiment de déception. On aimerait voir le verre au deux tiers plein, mais malheureusement le gros tiers de vide marque fortement l’esprit du spectateur. Et ce n’est pas les prestations pâlottes de Matt Damon, dont on peut admirer les yeux de chien battu pendant deux heures, et Cécile de France dont le personnage était de toute façon trop inintéressant pour être sauvé, qui arrivent à inverser la tendance. Seuls les deux jumeaux, interprétés par les jeunes Frankie et George McLaren, viennent quelque peu éclairer cette grissaille. 
En fait, une grande partie du charme d’Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs, repose sur ce jeu incessant entre les échelles. Les objets changent de fonction selon par qui ils sont utilisés, une simple épingle devenant une véritable épée par exemple. Alors bien sûr, tous ceux qui regardaient les Minipouss à la télé dans les années 80 ou qui ont succombé (ou subi) la mode des Minimoys connaissent bien ce principe. Mais il est utilisé ici avec beaucoup plus de finesse et de poésie, et surtout dans un univers visuel beaucoup plus fouillé et tout simplement joli.
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