
Britt Reid est loin de ressembler à son père. Quand ce dernier dirige un journal d’investigation respecté, lui préfère la fête, l’alcool et les jolies filles. Mais au décès de son géniteur, il va devoir prendre sa succession. Un bien lourde responsabilité pour quelqu’un qui n’en a jamais assumées. Heureusement, il est épaulé par Kato, l’homme qui réparait les voitures et préparait le café de son père. Les deux compères décident alors de faire quelque chose de grand de leur vie et de combattre le crime.
The Green Hornet est une nouvelle version d’une histoire, née dans les années 30 à la radio, et qui a été adaptée plusieurs fois au cinéma et surtout dans une série télévisée qui a vu, dans les années 60, les débuts de Bruce Lee à l’écran. La version 2010 aurait pu revisiter le mythe, mais elle se contente malheureusement de l’effleurer. Car si ce film est au final plutôt sympathique, il est tout à fait oubliable et on n’attend pas avec une impatience spéciale la suite qui ne manquera pas de voir le jour.
Michel Gondry a été frappé du syndrome « mon gros budget nuit à mon originalité ». Il n’est pas le premier à y succomber, mais c’est bien dommage. Pourtant, The Green Hornet aurait pu lui donner l’occasion d’y exprimer tous ses talents. Dans la première partie du film, l’humour est bien plus présent que l’action, le temps que les héros naissent avant de combattre le crime. Mais au lieu de cet humour décalé auquel il nous avait habitué, on a droit à un humour un rien lourdingue et pas toujours très drôle. Là, on se dit que le film est plutôt mal parti.
Puis les scènes d’action prennent la relève. Et là aussi, ça commence doucement, avec des scènes divertissantes mais sans plus, avant un final heureusement plutôt réussi. Enfin, on se situe quand même à des années lumières du moment de jouissance cinématographique pure offert il y a un an par le dernier quart d’heure de Kick-Ass, auquel The Green Hornet fait quand même souvent penser. Enfin, la dernière demi-heure arrive tout de même à nous faire oublier la poussivité du début. Au final, on aura quand même passé un bon moment. Mais c’est vrai qu’on s’attendait à passer un très bon moment.
Ce qui manque vraiment à The Green Hornet, c’est un début de commencement de politiquement incorrect, de provocation ou d’anticonformisme. On l’espère, on l’attend, mais jamais il ne vient, ce qui nous laisse considérablement sur notre faim. Et on se demande comment le réalisateur d’OVNI cinématographique comme Eternel Sunshine of the Spotless Mind ou Soyez Sympas, rembobinez a pu signer un film si conventionnel.

Heureusement, ils font face à Christoph Waltz, l’acteur génial révélé par Inglorious Bastard. Il est peut-être ici moins inspiré que sous la caméra de Quentin Tarantino, mais il se démarque largement du reste du casting. On pourra toujours objecter que Cameron Diaz fait preuve elle-aussi de son charisme habituelle, mais son rôle ne lui permet pas de briller spécialement.
Au final, si The Green Hornet avait été réalisé par n’importe quel réalisateur débutant, on aurait pu apprécier pleinement ce divertissement agréable. Mais il est difficile d’oublier ce qu’il aurait pu être si Michel Gondry avait fait preuve de la même créativité qu’à son habitude.
Fiche technique :
Production : Original Films, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Michel Gondry
Scénario : Seth Rogen, Evan Goldberg
Montage : Michael Tronick
Photo : John Schwartzman
Décors : Owen Paterson
Musique : James Newton Howard
Durée : 117 mn
Casting :
Seth Rogen : Britt Reid, Le frelon vert
Tom Wilkinson : Jaùes Reid
Christoph Waltz : CHudnofsky
Cameron Diaz : Lenore
Jay Chou : Kato
Edward James Olmos : Axford
Edward Furlong : Tupper
David Harbour : Scanlon

De plus, la caméra de Gérald Hustache-Mathieu est particulièrement élégante. Il met parfaitement en valeur les décors enneigés dans lesquels évoluent ses personnages. Il possède également un vrai talent pour nous faire partager les sentiments et la sensibilité de ces derniers avec une vraie finesse. Un vrai travail de réalisation et de photographie donc, pas forcément spectaculaire, mais signe d’un vrai souci de faire de Poupoupidou un film aussi bon sur la forme que sur le fond.
Le travail de narration et de montage est lui aussi remarquable. En effet, ce genre de récits en parallèle peut parfois sombrer dans la confusion, surtout, comme c’est le cas ici, quand l’un des deux est un flash-back. De plus, les deux actrices jouant la mère et la fille se ressemblent quelque peu (ce qui n’est pas illogique non plus). Mais jamais on n’éprouve de difficulté à resituer ce que l’on voit à l’écran dans son contexte. On aurait envie de dire que c’est la moindre des choses, mais comme ce n’est pas toujours le cas, il était bon de le souligner. 
Si j’ai eu l’air de dire du mal de Stephen Dorff plus haut dans cette critique, je m’en excuse auprès de lui, car ce n’était pas mon intention. Simplement, n’est pas Bill Murray qui veut. Il tient là son premier grand rôle au cinéma (à la télévision, on a pu le voir en tête d’affiche de la série XIII) et s’en sort remarquablement dans un rôle pas facile du tout. A ces côtés, la très jeune Elle Fanning, qu’on avait déjà pu voir dans Babel ou l’Etrange Histoire de Benjamin Button nous livre une prestation très prometteuse, même s’il faut toujours être prudent avec les acteurs de cet âge.
Pour Elle repose en large partie sur les épaules de Vincent Lindon. Sans un grand acteur, le film aurait pu vite sombrer dans le n’importe quoi. Le scénario ne pouvait fonctionner si le spectateur n’arrivait pas à croire que le personnage de Julien soit vraiment capable d’arriver à une telle extrémité. Vincent Lindon apporte donc une vraie crédibilité à la hauteur de son talent, ce qui n’est pas peu dire. A ses côté, Diane Kruger se contente d’être belle dans un rôle qui ne lui donne pas vraiment l’occasion de briller. 
Et si on s’attache autant au couple formé par les deux personnages, c’est aussi grâce au charme dévastateur de Virginie Efira. Elle avait déjà sauvé à elle toute seule L’Amour, c’est Mieux à Deux, de Dominique Farrugia, elle crève ici à nouveau l’écran. Certes, ce n’est pas l’actrice du siècle, mais elle dégage quelque chose de très fort et qui surtout colle tout à fait à ce genre de personnage. Elle n’est pas sexy et provocante, mais juste adorable, jolie et respire la sympathie et la joie de vivre. Bref, une fille qu’on a envie de serrer très fort dans ses bras pour ne plus la lâcher. Je ne sais pas si la carrière de Virginie Efira brillera de mille feux en dehors de ce registre, mais dans La Chance de ma Vie, elle est tout simplement parfaite. 
Le réalisateur Dennis Gansel avait pourtant fait ses preuves avec le très réussi et surprenant la Vague. Mais là, c’est à peine digne d’un téléfilm pour adolescents… Bon, je suis peut-être un peu dur, mais à force de nous proposer le minimum de l’acceptable à tout point de vue, le tout ne l’est plus du tout. Pour être totalement positif, je saluerai le rebondissement du rebondissement qui m’a bien eu. C’est peu, mais c’est déjà ça. A côté de ça, les personnages sont d’une platitude affligeante et leurs réactions et évolutions sont cousus de fil blanc. Du coup, même la séquence « émotion » où une vampire retrouve sa fille octogénaire et mourante prête à sourire, alors que ce n’était évidemment pas du tout le but de la scène. 
C’est fort dommage, car, comme je l’ai dit les deux premiers tiers étaient fort prometteurs. Et ceux grâce aux trois acteurs principaux : Gael Garcia Bernal, qu’on ne présente plus, Luis Tosar, une valeur sûre du cinéma ibérique, et l’étonnant Carlos Aduviri qui tient là un premier rôle prometteur. Malheureusement, à l’image du film, leurs jeux perdent en consistance à mesure que leurs personnages perdent en crédibilité.

Techniquement, le film n’a rien non plus de révolutionnaire. La gestion de la 3D est très en deçà de Raiponce par exemple, les personnages manquant de profondeur visuel. Les décors sont par contre eux très soignés. Il manque peut-être aussi un caractère un peu plus cartoon. Il y a une vraie retenue visuelle. En fait, cela rejoint une impression générale donné par Megamind. Les auteurs n’ont pas été au bout de leur idée et n’ont pas exploité toutes les possibilités que leur imagination aurait pu leur offrir.
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