THE GREEN HORNET : Une double déception pour un divertissement finalement agréable

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thegreenhornetafficheThe Green Hornet était fort attendu pour plusieurs raisons. Premièrement, l’année dernière, Kick-Ass nous avait montré que les films de super-héros au second degré pouvaient donner de purs moments de bonheur cinématographique. Et puis, avec Michel Gondry aux commandes, on pouvait s’attendre à une imagination visuelle débordante et un humour décalé savoureux. Malheureusement, le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances.

Britt Reid est loin de ressembler à son père. Quand ce dernier dirige un journal d’investigation respecté, lui préfère la fête, l’alcool et les jolies filles. Mais au décès de son géniteur, il va devoir prendre sa succession. Un bien lourde responsabilité pour quelqu’un qui n’en a jamais assumées. Heureusement, il est épaulé par Kato, l’homme qui réparait les voitures et préparait le café de son père. Les deux compères décident alors de faire quelque chose de grand de leur vie et de combattre le crime.

The Green Hornet est une nouvelle version d’une histoire, née dans les années 30 à la radio, et qui a été adaptée plusieurs fois au cinéma et surtout dans une série télévisée qui a vu, dans les années 60, les débuts de Bruce Lee à l’écran. La version 2010 aurait pu revisiter le mythe, mais elle se contente malheureusement de l’effleurer. Car si ce film est au final plutôt sympathique, il est tout à fait oubliable et on n’attend pas avec une impatience spéciale la suite qui ne manquera pas de voir le jour.

Michel Gondry a été frappé du syndrome « mon gros budget nuit à mon originalité ». Il n’est pas le premier à y succomber, mais c’est bien dommage. Pourtant, The Green Hornet aurait pu lui donner l’occasion d’y exprimer tous ses talents. Dans la première partie du film, l’humour est bien plus présent que l’action, le temps que les héros naissent avant de combattre le crime. Mais au lieu de cet humour décalé auquel il nous avait habitué, on a droit à un humour un rien lourdingue et pas toujours très drôle. Là, on se dit que le film est plutôt mal parti.

Puis les scènes d’action prennent la relève. Et là aussi, ça commence doucement, avec des scènes divertissantes mais sans plus, avant un final heureusement plutôt réussi. Enfin, on se situe quand même à des années lumières du moment de jouissance cinématographique pure offert il y a un an par le dernier quart d’heure de Kick-Ass, auquel The Green Hornet fait quand même souvent penser. Enfin, la dernière demi-heure arrive tout de même à nous faire oublier la poussivité du début. Au final, on aura quand même passé un bon moment. Mais c’est vrai qu’on s’attendait à passer un très bon moment.

Ce qui manque vraiment à The Green Hornet, c’est un début de commencement de politiquement incorrect, de provocation ou d’anticonformisme. On l’espère, on l’attend, mais jamais il ne vient, ce qui nous laisse considérablement sur notre faim. Et on se demande comment le réalisateur d’OVNI cinématographique comme Eternel Sunshine of the Spotless Mind ou Soyez Sympas, rembobinez a pu signer un film si conventionnel.

thegreenhornetIl faut dire que le duo d’acteurs occupant le haut de l’affiche est plutôt pâlot. Seth Rogen, pourtant très impliqué dans un projet dont il est aussi scénariste, manque passablement de charisme et fait beaucoup trop transparaître son passé d’acteur de grosses comédies qui tâchent. Son comparse, Jay Chou, fait guère mieux et ne fera certainement pas oublié Bruce Lee.

Heureusement, ils font face à Christoph Waltz, l’acteur génial révélé par Inglorious Bastard. Il est peut-être ici moins inspiré que sous la caméra de Quentin Tarantino, mais il se démarque largement du reste du casting. On pourra toujours objecter que Cameron Diaz fait preuve elle-aussi de son charisme habituelle, mais son rôle ne lui permet pas de briller spécialement.

Au final, si The Green Hornet avait été réalisé par n’importe quel réalisateur débutant, on aurait pu apprécier pleinement ce divertissement agréable. Mais il est difficile d’oublier ce qu’il aurait pu être si Michel Gondry avait fait preuve de la même créativité qu’à son habitude.

Fiche technique :
Production : Original Films, Columbia Pictures
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Michel Gondry
Scénario : Seth Rogen, Evan Goldberg
Montage : Michael Tronick
Photo : John Schwartzman
Décors : Owen Paterson
Musique : James Newton Howard
Durée : 117 mn

Casting :
Seth Rogen : Britt Reid, Le frelon vert
Tom Wilkinson : Jaùes Reid
Christoph Waltz : CHudnofsky
Cameron Diaz : Lenore
Jay Chou : Kato
Edward James Olmos : Axford
Edward Furlong : Tupper
David Harbour : Scanlon

POUPOUPIDOU : Le James Ellroy de Mouthe

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poupoupidouafficheLe cinéma français commence l’année 2011 aussi bien qu’il avait terminé l’année 2010. Après la comédie romantique sympathique, La Chance de ma Vie, voici un polar original et surtout très réussi, Poupoupidou. Un film qui a quelque chose des frères Coen. Une comparaison flatteuse mais pas imméritée.

David Rousseau, écrivain en mal d’inspiration, est de passage à Mouthe, dans le Jura, pour la lecture du testament de sa tante, qui finalement ne lui lègue que son chien empaillé. En repartant, il croise les policiers qui viennent de retrouver le corps sans vie de Candice Lecoeur, idole de la télévision locale. Très vite, il va s’intéresser à ce fait divers, qui pourrait lui servir de sujet pour son prochain roman. Surtout que la thèse officielle du suicide ne le convainc pas.

Poupoupidou est donc un polar qui nous emmène dans la France profonde, très profonde. L’enquête est menée par un écrivain de roman policier de 8ème zone, un flic local qui rêve des techniques du FBI, une miss météo, célèbre pour avoir fait de la pub pour un fromage, une coiffeuse, une réceptionniste d’hôtel un rien gothique… Bref, pas de grands caïds ou de flics virils, mais du Français moyen, très moyen ! C’est en ça que l’on peut faire facilement le parallèle avec Fargo des frères Coen qui se situe tout à fait dans le même esprit. Jamais le film ne se moque de ses protagonistes, ou alors avec une infinie tendresse. On pourrait simplement considérer que ce film est l’adaptation du vers de Brasses : Au village aussi l’on a, de beaux assassinats.

Alors certes, Gérald Hustache-Mathieu n’a pas tout à fait le talent des deux frères les plus célèbres du cinéma américain. Mais il se défend et n’a pas à rougir de ce film, réussi et particulièrement original. On s’amuse vraiment de le voir prendre à contre-pied tous les poncifs du genre. On retrouve dans l’intrigue tous les éléments d’un film policier, avec son enquête, ses indices, ses pistes, vraies ou fausses, ses rebondissements… Mais le tout se situe dans un décor plutôt inhabituel et surtout avec des personnages que l’on a pas l’habitude de voir dans ce genre de production. Poupoupidou n’est donc pas vraiment une parodie, simplement un film au ton quelque peu décalé, pour un résultat plutôt rafraîchissant… Vous me direz, c’est normal quand on tourne un film dans le village le plus froid de France.

poupoupidouDe plus, la caméra de Gérald Hustache-Mathieu est particulièrement élégante. Il met parfaitement en valeur les décors enneigés dans lesquels évoluent ses personnages. Il possède également un vrai talent pour nous faire partager les sentiments et la sensibilité de ces derniers avec une vraie finesse. Un vrai travail de réalisation et de photographie donc, pas forcément spectaculaire, mais signe d’un vrai souci de faire de Poupoupidou un film aussi bon sur la forme que sur le fond.

Poupoupidou constitue une nouvelle preuve du talent de plus en plus multiforme de l’ancien Robin des Bois, Jean-Paul Rouve. Bien sûr, son talent comique est largement mis à contribution dans ce personnage d’écrivain à la fois lunaire et déterminé. Mais il le met en œuvre avec une finesse et une retenue infinies, et surtout énormément de talent. A ses côtés, Sophie Quinton nous livre une interprétation touchante d’un personnage tout en séduction et en fragilité. On avait un peu perdu de vue cette actrice depuis sa nomination pour le César du Meilleur Espoir Féminin en 2004 pour Qui a tué Bambi ? Espérons que ce film lance définitivement sa carrière, elle le mérite.

Poupoupidou confirme donc pleinement la bonne forme du cinéma français avec un film qui ravira tous les amateurs de films sortant des sentiers battus.

Fiche technique :
Réalisateur : Gérald Hustache-Mathieu
Scénario, Adaptation et Dialogues : Gérald Hustache-Mathieu, Juliette Sales
Assistants réalisateurs : Léonard Vindry, Virginie Audouard
Scripte : Sandrine Bourgoin
Chef décoratrice : Marie-Hélène Sulmoni
Mixage : Marc Doisne
Monteuse : Valérie Deseine

Casting :
Jean-Paul Rouve : David Rousseau
Sophie Quinton : Candice
Guillaume Gouix : Gendarme Bruno Leloup
Olivier Rabourdin : Maréchal des logis-Chef, Colbert, Commandant de brigade.
Joséphine de Meaux : Cathy
Arsinee Khanjian : Juliette Geminy
Clara Ponsot : La réceptionniste
Eric Ruf : Simon Denner
Jenny Bellay : Mme Humbert

INCENDIES : En quête d’un passé douloureux

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incendiesafficheLes films québécois ne sont pas très souvent distribués en France, mais lorsque c’est le cas, c’est généralement pour nous faire découvrir des œuvres singulières, mais surtout de très grande qualité. C’est à nouveau le cas avec Incendies, un film qui nous plonge au cœur de la guerre du Liban, au travers de la quête de deux jeunes gens pour redécouvrir le passé de leur mère. Un film dur parfois, mais jamais voyeur.

Jeanne et Simon Marwan écoute le notaire de leur famille lire le testament de leur mère, qui vient juste de décéder. Elle leur demande de partir à la recherche de leur père, qu’ils pensaient morts et de leur frère dont ils ignoraient l’existence. Si le jeune homme ne veut pas en entendre parler, sa sœur part au Liban se jeter corps et âmes dans ce voyage dans le passé de sa mère.

Incendies nous raconte deux histoires en parallèle. Celle de Jeanne et Simon d’un côté et de leurs recherches. De l’autre, celle de leur mère, qui commence bien avant leur naissance. Les deux lignes finiront naturellement par se rejoindre quand les jeunes gens découvriront enfin toute la vérité sur le passé de leur génitrice. Avant ça, Denis Villeneuve nous livre le portrait d’un pays déchiré, qui garde encore bien des stigmates des horreurs qui y ont vu le jour et le récit de la vie d’une femme qui, pour survivre, a du les affronter, les subir, voire y prendre part.

La force d’Incendies est de nous montrer sans lourdeur, au fil d’un récit remarquablement construit, la logique implacable de la haine, des représailles sans fin et de la violence. Une logique qui balaye tout sur son passage et finit toujours par rattraper ceux qui souhaiteraient y réchapper. Une logique où aucune neutralité n’est possible et où il faut forcément devenir l’ennemi de quelqu’un. Le conflit au Liban fait partie des évènements avec laquelle ma génération a grandi, sans jamais bien comprendre exactement ce qui s’y passait. Ce film est éclairant, même s’il n’a pas du tout vocation à être un documentaire sur le sujet. Mais à travers le parcours d’une individu, on comprend mieux comment tout un peuple a pu se déchirer ainsi.

Aucun manichéisme dans le propos. Aucune volonté de donner dans le spectaculaire gratuit non plus. Certaines scènes sont très dures, mais jamais la caméra de Denis Villeneuve ne cherche à en rajouter. Il nous montre juste ce qu’il faut pour que l’on prenne bien conscience de l’ampleur des évènements, mais sans s’y attarder inutilement. On regrettera simplement que le dénouement sombre dans une dramatique un peu superflue. C’est le seul moment où le film sombre un peu dans le « too much », mais rien qui vienne réellement gâcher la force du message.

incendiesLe travail de narration et de montage est lui aussi remarquable. En effet, ce genre de récits en parallèle peut parfois sombrer dans la confusion, surtout, comme c’est le cas ici, quand l’un des deux est un flash-back. De plus, les deux actrices jouant la mère et la fille se ressemblent quelque peu (ce qui n’est pas illogique non plus). Mais jamais on n’éprouve de difficulté à resituer ce que l’on voit à l’écran dans son contexte. On aurait envie de dire que c’est la moindre des choses, mais comme ce n’est pas toujours le cas, il était bon de le souligner.

Incendies est aussi l’occasion de découvrir deux très bonnes actrices : Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin. Leur performance se démarque par leur grande sobriété, même dans les passages les plus durs. Jamais elles n’ajoutent un pathos lourdingue superflu. En ça, elles contribuent largement à la qualité du film dans ce domaine. Un film qui n’en fait pas trop, mais qui atteint parfaitement son but.

Incendies constitue donc une des premières bonnes surprises de ce début d’année cinématographique. Un film fort et réussi, à défaut d’être génial, sur un sujet difficile mais traité ici avec beaucoup d’intelligence.

Fiche technique :
Production : Micro_Scope, TS productions, Phi group
Distribution : Happiness Distribution
Réalisation : Denis Villeneuve
Scénario : Denis Villeneuve, Valérie Beaugrand-Champagne, d’après la pièce de Wajdi Mouawad
Montage : Monique Dartonne
Photo : André Turpin
Son : Jean Umansky
Musique : Grégoire Hetzel
Costumes : Sophie Lefebvre
Directeur artistique : André-Line Beauparlant
Durée : 130 mn

Casting :
Lubna Azabal : Nawal Marwan
Mélissa Désormeaux-Poulin : Jeanne Marwan
Maxim Gaudette : Simon Marwan
Rémy Girard : le notaire Jean Lebel
Abdelghafour Elaaziz : Abou Tarek
Mohamed Majd : Chamseddine
Allen Altman : le Notaire Maddad

SOMEWHERE : Lost in Hollywood

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somewhereafficheLes films de Sofia Coppola m’ont toujours laissé circonspect. Je ne sais jamais très bien si je les adore ou si je les trouve creux. Des films ennuyeux devant lesquels on ne s’ennuie pas. Des films sublimes aux images ordinaires. Il y a quelque chose d’inexplicable, d’indéfinissable dans son œuvre. Si je lui accorde volontiers le mérite de ne pas laisser indifférent, mais je n’arrive jamais à être tout à fait convaincu. Somewhere, son nouveau film, n’a pas échappé à la règle.

Johnny est une star d’Hollywood. Il vit dans le luxe et n’a qu’à lever le petit doigt pour séduire les superbes créatures qui l’entoure. Mais dans cette vie où tout est trop facile, il s’ennuie profondément. Seuls vrais moments de bonheur, ceux passés avec sa fille de 11 ans.

Il est fort possible que ce synopsis vous fasse étrangement penser à celui de Lost In Translation, de la même réalisatrice. Il est vrai que Somewhere et lui ont énormément de points communs. On pourrait même facilement reprocher à Sofia Coppola de nous avoir fait exactement le même film. Cela n’aurait rien d’injuste, tant les thèmes développés sont les mêmes. A part la différence d’âge, le personnage interprété par Stephen Dorff est presque exactement le même que celui qui l’était pas Bill Murray…

Mais voilà, Stephen Dorff n’est pas Bill Murray. Somewhere n’a pas non plus sa Scarlett Johansson. Le passage se passant à Milan rappelle un peu le Japon de Lost In Translation en beaucoup moins dépaysant. Bref, Sofia Coppola nous ressert la même recette, avec des ingrédients de qualité moindre…

… et pourtant, Somewhere ne m’a pas fait flirter avec l’ennui, comme l’avait fait Lost In Translation. Certes, la trame narrative est tout aussi légère, pour ne pas dire inexistante. On est là face à un instantané d’une vie sans vrai début, ni fin. Le dernier plan nous offre certes une chute, mais pas vraiment de dénouement. Il n’y pas non plus de message. Ce film ne dénonce rien, ce n’est pas un brûlot contre la vacuité d’Hollywood ou la superficialité de la célébrité. Du coup, on retrouve cette impression de creux que donne souvent les films de Sofia Coppola.

Le problème, c’est que malgré tout ça, on reste fasciné par ce que l’on voit. C’est là que repose le vraie génie de Sofia Coppola. Pourquoi c’est beau ? Pourquoi c’est incroyablement séduisant ? Je l’ignore et ai du coup bien du mal à expliquer ce qui fait de Somewhere un film au style unique et parfois déstabilisant. On retiendra notamment une scène très courte, une conférence de presse, presque anodine, sans élément spectaculaire, mais qui exprime avec une force et une finesse incroyables le sentiment de vide qui habite Johnny. Un pur moment de génie cinématographique. Et c’est bien connu, le génie, ça ne s’explique pas.

somewhereSi j’ai eu l’air de dire du mal de Stephen Dorff plus haut dans cette critique, je m’en excuse auprès de lui, car ce n’était pas mon intention. Simplement, n’est pas Bill Murray qui veut. Il tient là son premier grand rôle au cinéma (à la télévision, on a pu le voir en tête d’affiche de la série XIII) et s’en sort remarquablement dans un rôle pas facile du tout. A ces côtés, la très jeune Elle Fanning, qu’on avait déjà pu voir dans Babel ou l’Etrange Histoire de Benjamin Button nous livre une prestation très prometteuse, même s’il faut toujours être prudent avec les acteurs de cet âge.

Somewhere a divisé la critique et divisera très certainement le public. C’est typiquement le genre de film dont les cinéphiles peuvent débattre encore et encore. D’autant plus, que c’est un film capable de diviser la propre opinion d’un même spectateur. Moi le premier…

Fiche technique :
Production : American Zoetrope, Focus Features
Distribution : Pathé
Réalisation : Sofia Coppola
Scénario : Sofia Coppola
Montage : Sarah Flack
Photo : Harris Savides
Décors : Anne Ross
Musique : Phoenix
Durée : 98 mn

Casting :
Stephen Dorff : Johnny Marco
Elle Fanning : Cléo
Chris Pontius : Sammy
Benicio Del Toro : une célébrité
Karissa Shannon : Cindy
Kristina Shannon : Bambi
Philip Pavel : Phil 

POUR ELLE : Erreur réparée

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pourelleafficheLorsque Pour Elle était sorti au cinéma et même après avoir vu la bande-annonce plusieurs fois, j’avais très peur que ce film donne un thriller franchouillard cheap et mou, bref une pâle copie des films du genre hollywoodiens. Mais après avoir vraiment adoré A Bout Portant, le film suivant de Fred Cavayé, je me suis dit qu’il fallait peut-être laissé une chance à celui-là et j’ai profité de son passage sur Canal pour cela.

Lisa et Julien forment un couple heureux, jusqu’au jour où la police vient arrêter la jeune femme, accusée de meurtre. Elle sera condamnée, bien qu’elle clame son innocence. Après le rejet du pourvoi en cassation, elle commence à sombrer dans une profonde dépression et supporte de plus en plus mal son incarcération. Julien craint alors qu’elle finisse par lui être fatale et décide donc de tout faire pour la faire évader. Mais comment faire quand on n’a rien d’un truand ?

Je m’étais donc trompé en jugeant mal Pour Elle au vu de sa bande-annonce. Ce n’est pas le chef d’œuvre du siècle, mais une histoire bien construite, bien filmé et qui se laisse voir avec plaisir. Un film français qui ne cherche pas à imiter à tout prix ses collègues d’outre-Atlantique, mais conjugue avec bonheur développement des personnages et intrigue rythmée.

Pour ce genre de film, film d’évasion ou de cambriolage, on se focalise généralement sur le « comment va-t-il faire ? ». C’est souvent là que repose tout son intérêt et le reste n’est là que pour compléter le décor. Ce n’est pas le cas dans Pour Elle. Ce qui intéresse Fred Cavayé, c’est comment un homme « ordinaire » va trouver la force et le courage de réaliser quelque chose pour lequel il n’était pas du tout destiné. Il le fait bien sûr par amour, mais jamais le propos ne tombe dans le cucul simpliste. Non c’est beaucoup plus subtil que ça, sans être non plus lourdingue faussement profond.

Mais tout cela n’empêche pas d’avoir un vrai fil rouge constitué par l’élaboration et la préparation de l’évasion. Cela maintient un vrai suspense et Fred Cavayé a le bon goût de nous présenter un déroulement presque crédible. Il y a un truc un peu gros, mais globalement, le plan est juste intelligent, pas improbable. Cela n’enlève rien au plaisir du spectateur. C’est certes moins jouissif, moins spectaculaire, mais ça colle assez bien avec le ton un peu grave de Pour Elle.

pourellePour Elle repose en large partie sur les épaules de Vincent Lindon. Sans un grand acteur, le film aurait pu vite sombrer dans le n’importe quoi. Le scénario ne pouvait fonctionner si le spectateur n’arrivait pas à croire que le personnage de Julien soit vraiment capable d’arriver à une telle extrémité. Vincent Lindon apporte donc une vraie crédibilité à la hauteur de son talent, ce qui n’est pas peu dire. A ses côté, Diane Kruger se contente d’être belle dans un rôle qui ne lui donne pas vraiment l’occasion de briller.

Fred Cavayé démontrait déjà dans Pour Elle un vrai sens de la réalisation et du rythme. Cela est peut-être moins éclatant que dans A Bout Portant. Il n’empêche que le réalisateur arrive ici à tirer les maximum des moyens dont il dispose. Pas d’explosions spectaculaires, mais une mise en scène toujours intelligente, sachant créer une tension rien que par le jeu des acteurs ou le « je vous en dis un peu mais pas trop pour préserver le suspense ». Espérons que ces deux films réussis poussent les producteurs à lui donner encore plus de moyens. Avec son talent et un budget à la Besson, Fred Cavayé pourrait bien nous livrer des films nous enlevant tout complexe face à Hollywood.

J’ai donc fait mon mea culpa et pris beaucoup de plaisir à voir Pour Elle. Une belle histoire d’amour et un film prenant et bien construit, à défaut d’être hyper spectaculaire.

Fiche technique :
Production : Fidélité films, Wild Bunch, TF1 Films, Jérico, TPS Star
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Fred Cavayé
Scénario : Fred Cavayé, Guillaume Lemans
Montage : Benjamin Weill
Photo : Alain Duplantier
Décors : Philippe Chiffre
Musique : Klaus Badelt
Costumes : Fabienne Katany
Durée : 96 mn

Casting :
Vincent Lindon : Julien
Diane Kruger : Lisa
Lancelot Roch : Oscar
Olivier Marchal : Henri Pasquet
Rémi Martin : Capitaine Jousseaume

LA CHANCE DE MA VIE : Charme à tous les étages

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lachancedemavieafficheLe cinéma français commence l’année comme il l’avait fini. Sur une très bonne comédie romantique ! Après l’Arnacoeur, un des meilleurs films de 2010, après Les Emotifs Anonymes, voici la Chance de ma Vie. C’est étonnant de voir notre 7ème art s’épanouir dans un domaine où Hollywood semblait régner en maître et sans partage. Mais on ne peut évidemment que s’en réjouir et espérer que cela continue.

Julien souffre d’un très sérieux problème. Il porte la poisse à toutes les femmes avec qui il commence une relation. Cela aboutit systématiquement à une rupture et très souvent un petit séjour à l’hôpital pour sa conquête. Alors, quand il rencontre Joanna, qui a tout de la femme de ses rêves, il craint fort que la malédiction ne frappe à nouveau. C’est malheureusement le cas, mais, cette fois-ci, elle s’accroche à lui malgré tout. Mais pour combien de temps ?

Au risque de me répéter, pour faire une bonne comédie romantique, il faut de l’humour et un couple qui fonctionne. Le reste, c’est la cerise sur le gâteau. Mais la Chance de ma Vie nous en propose plusieurs. Déjà l’idée de départ est très sympathique et on y adhère totalement. J’aurais presque pu dire originale, mais au fond, elle ne constitue qu’une énième version du complexe d’infériorité dont souffre le soupirant face à sa belle, situation hyper classique pour ce genre de production. Pour le coup, avec cette histoire de malédiction, Nicolas Cuche va au bout de cette idée pas forcément très neuve.

Autre petit détail qui donne un petit charme supplémentaire à la Chance de ma Vie est que l’on ne s’attend pas à la manière dont les choses vont forcément s’inverser sur la fin. Qui dit comédie romantique dit happy end et rebondissement final… Bon, si on pinaille, l’ultime rebondissement est certes totalement cousu de fil blanc, mais celui d’avant, celui qui change vraiment les choses est nettement plus surprenant et inattendu. Ce n’est pas le Sixième Sens ou Usual Suspect non plus, mais c’était à noter.

Mais venons en à l’essentiel. L’humour déjà ! Celui de la Chance de ma Vie nous vient quasiment essentiellement de François-Xavier Demaison et de son personnage dont la seule présence provoque les catastrophes. Ces dernières sont à la base d’un humour premier degré plutôt sympathique, mais ce qui est vraiment drôle dans ce film, c’est la manière dont Julien tente désespérément de les éviter ou d’en corriger les effets. Ceci ne faisant, au final, évidemment qu’empirer les choses. Le charme et le talent réels de cet acteur sont incontestables et prouve que l’on peut être drôle sans être forcément grimaçant ou hyper cabotin.

lachancedemavieEt si on s’attache autant au couple formé par les deux personnages, c’est aussi grâce au charme dévastateur de Virginie Efira. Elle avait déjà sauvé à elle toute seule L’Amour, c’est Mieux à Deux, de Dominique Farrugia, elle crève ici à nouveau l’écran. Certes, ce n’est pas l’actrice du siècle, mais elle dégage quelque chose de très fort et qui surtout colle tout à fait à ce genre de personnage. Elle n’est pas sexy et provocante, mais juste adorable, jolie et respire la sympathie et la joie de vivre. Bref, une fille qu’on a envie de serrer très fort dans ses bras pour ne plus la lâcher. Je ne sais pas si la carrière de Virginie Efira brillera de mille feux en dehors de ce registre, mais dans La Chance de ma Vie, elle est tout simplement parfaite.

La Chance de ma Vie possède évidemment les mêmes limites que toutes les autres comédies romantiques, avec un dénouement connu avant même d’entrer dans le cinéma. Il ne possède pas non plus cette flamme magique qu’avait allumé l’Arnacoeur. Mais dans le genre, le 7ème art nous propose bien plus souvent moins bien que mieux. Alors, il n’y a aucune raison de bouder son plaisir et de se refuser une heure et demi de romantisme et d’humour.

Fiche technique :
Production : Fidélité Films, TF1 Films production, Wild Bunch, Mars Films
Distribution : Mars distribution
Réalisation : Nicolas Cuche
Scénario : Laurent Turner, Luc Bossi
Photo : José Gerel
Décors : Bertrand Lherminier
Musique : Christophe La Pinta
Durée : 87 mn

Casting :
François-Xavier Demaison : Julien Monnier
Virginie Efira : Joanna Sorini
Armelle Deutsch : Sophie
Raphaël Personnaz : Martin Dupont
Thomas Ngijol : Vincent
Brigitte Roüan : Lydie, la mère
Elie Semoun : Philippe Markus
Francis Perrin : François

NOUS SOMMES LA NUIT : Wir sind die Nacht !

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noussommeslanuitafficheAprès onze ans à étudier l’allemand, j’avoue être absolument incapable de soutenir une conversation dans cette langue. Si j’arrive encore à comprendre de quoi parle un texte, je ne perçois que rarement le sens de ce qui peut être dit à l’oral. Cela ne m’empêche pas de prendre plaisir à voir des films allemands en version originale. Je me suis donc rendu voir Nous Sommes la Nuit, un film de vampires d’outre-Rhin, pour profiter de la joie d’ouïr la langue de Goethe. Et là, surprise, le narrateur commence à parler en anglais… Puis, les acteurs… Et c’est là que les problèmes commencèrent ! Car le doublage était affreusement mauvais, à la limite du sitcom ! Et puis quel est l’intérêt de proposer en France un film allemand doublé en anglais ? Bon, de toute façon, le film est nul, mais ce point de détail m’a rendu sa vision horriblement pénible.

Lena est une jeune délinquante de 20 ans, habillée avec l’élégance d’un sac à provision. Elle croise la route de trois belle vampire qui vivent, elles dans le luxe et la classe. Elles vont faire de Lena l’une d’ entre elle.

Vous l’aurez compris, Nous Sommes la Nuit ne brille pas particulièrement par l’originalité de son scénario. En fait, il ne brille pas du tout, mais on y reviendra. Une histoire de vampire hyper basique, pour ne pas dire sans intérêt. On pourrait éventuellement citer l’esthétique lesbien qui parcourt ce film, mais les histoires de vampires sont souvent marqué par un fort caractère sexuel, quand elles ne sont pas emplis de perversités. Alors ce n’est pas la vision de deux femmes qui s’embrassent qui va nous faire grimper aux rideaux. Les longs plans sur les soirées luxueuses et décadentes font plutôt penser à un reportage sur les rave party en banlieue qu’une vision orgiaque à la Pasolini.

noussommeslanuitLe réalisateur Dennis Gansel avait pourtant fait ses preuves avec le très réussi et surprenant la Vague. Mais là, c’est à peine digne d’un téléfilm pour adolescents… Bon, je suis peut-être un peu dur, mais à force de nous proposer le minimum de l’acceptable à tout point de vue, le tout ne l’est plus du tout. Pour être totalement positif, je saluerai le rebondissement du rebondissement qui m’a bien eu. C’est peu, mais c’est déjà ça. A côté de ça, les personnages sont d’une platitude affligeante et leurs réactions et évolutions sont cousus de fil blanc. Du coup, même la séquence « émotion » où une vampire retrouve sa fille octogénaire et mourante prête à sourire, alors que ce n’était évidemment pas du tout le but de la scène.

Je pourrais bien vous parler des acteurs. Mais comment les juger quand leurs performances sont à ce point massacrées par un doublage indigent. On n’a rien à dire sur le physique très avenant de ces jeunes filles. Les personnages masculins ont pour certains des physiques…comment dire… très allemands. Mais version Derrick, pas version Daniel Brühl. Pour autant, si j’avais l’occasion de revoir Nous sommes la Nuit en allemand, je crois bien que je m’abstiendrai. Bien sûr, je crois que cela me donnerait une image bien plus positive de ce film, mais je ne vois pas comment cela pourrait effacer totalement son manque flagrant d’intérêt.

Nous Sommes la Nuit est donc un gros navet. Ein Kitschiger Film comme on dirait outre-Rhin.

Fiche technique :
Réalisateur : Dennis Gansel
D’après les personnages créés par Dennis Gansel
Scénariste : Jan Berger
Directeur de production : Uli Fauth
Maquilleur : Georg Korpas
Directeur de la photographie : Torsten Breuer
Ingénieur du son : Alexander Saal

Casting :
Karoline Herfurth : Lena Bach
Nina Hoss : Louise
Jennifer Ulrich : Charlotte
Anna Fischer : Nora
Max Riemelt : Inspecteur Tom Serner
Jochen Nickel : L’officier de probation de Lena
Arved Birnbaum : Inspecteur Lummer
Steffi Kühnert : La mère de Lena

MEME LA PLUIE : Un film qui explose en vol

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memelapluieafficheL’histoire se répète inlassablement. La barbarie, l’oppression, l’esclavage, autant d’horreurs que l’on voudrait tant voir appartenir définitivement au passé. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit le plus souvent qu’ils ont simplement changé de forme. Voici la thèse défendue par Même la Pluie, un film espagnol extrêmement ambitieux. Peut-être un peu trop…

Une équipe de tournage débarque au fin fond de la Bolivie pour y réaliser un film sur l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique et la génocide qui en découlera. Ce choix a été fait pour des raisons budgétaires car ils sont sûrs de trouver là des centaines de figurants pour un salaire dérisoire. Mais au même moment, commence un conflit entre la population locale et la société chargée de gérer la distribution d’eau. A la tête du mouvement, un des acteurs locaux clés du film. Le tournage pourra-t-il se terminer ?

Pendant deux bon tiers du film, Même la Pluie tient toute ses promesses. Le parallèle entre la situation actuelle et les faits relatés dans le film qu’ils sont en train de tourner se fait avec intelligence et très simplement. Le spectateur ne se voit imposer aucune conclusion. On passe de l’un à l’autre, à chacun de bâtir les ponts qu’il voudra. Evidemment, on sent bien vers quoi on veut nous amener, mais on est libre de faire le chemin ou pas. Bien sûr, on pourra trouver le parallèle entre la compagnie des eaux et les conquistadors un peu caricaturale et simpliste… mais ce parallèle n’est jamais fait expressément.

Malheureusement, le dernier tiers de Même la Pluie vient un peu tout gâcher. Ce qui aurait du être un moment fort et poignant ne tient pas debout. Trop de détails ne sont pas crédibles une seule seconde. Cela nuit fortement à l’intérêt de la description qui nous est faite de l’exploitation actuelle de ces population. La dénonciation est cette fois beaucoup plus directe, mais ces longues scènes d’émeutes urbaines et de violences policières n’apportent pas grand chose. Le propos perd toute subtilité et leur côté spectaculaire n’est pas assez fort pour présenter un réel intérêt à ce niveau-là. Du coup, on en vient à regretter que le film pour lequel on a payé sa place ne soit pas plutôt celui dont le tournage nous est relaté ici. Les scènes censés en être tirées qui nous sont proposées constituent au final les meilleurs moments de ce film qui se prend complètement les pieds dans un tapis qu’il a lui même tissé.

memelapluieC’est fort dommage, car, comme je l’ai dit les deux premiers tiers étaient fort prometteurs. Et ceux grâce aux trois acteurs principaux : Gael Garcia Bernal, qu’on ne présente plus, Luis Tosar, une valeur sûre du cinéma ibérique, et l’étonnant Carlos Aduviri qui tient là un premier rôle prometteur. Malheureusement, à l’image du film, leurs jeux perdent en consistance à mesure que leurs personnages perdent en crédibilité.

Iciar Bollain a donc fini par être débordé par son sujet. Elle fait preuve d’un réel talent pour les scènes « historiques » et la retranscription des tensions qui montent progressivement entre les protagonistes. Mais sa caméra semble perdu quand le rythme s’accélère et l’adrénaline monte. On pouvait pourtant attendre mieux d’un scénario signé Paul Laverty, le scénariste habituel de Ken Loach. On retrouve bien le message direct et sans fioriture que l’on retrouve chez le réalisateur britannique. Sans doute, l’alchimie ne s’est pas faite avec le tempérament latin de l’équipe artistique.

Même la Pluie n’est pas si mauvais que ça, au fond. Mais il s’agit bien d’un film raté, mal maîtrisé et donc au final très décevant.

Fiche technique :
Production : Morena films, Mandarin Cinéma, Alebrije Cine y Video, Vacafilms
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Iciar Bollain
Scénario : Paul Laverty
Montage : Angel Hernandez Zoido
Photo : Alex Catalan
Décors : Juan Pedro de Gaspar
Son : Emilio Cortes
Musique : Alberto Iglesias
Costumes : Sonia Grande
Durée : 104 mn

Casting :
Luis Tosar : Costa
Gael Garcia Bernal : Sebastian
Juan Carlos Aduviri : Daniel, Hatuey
Karra Elejade : Anton, Christophe Colomb
Carlos Santos : Alberto, Bartolomé de la Casas

PALMARES 2010

inception

inception2011 a été une nouvelle année particulièrement riche d’un point de vue cinématographique. Par rapport à l’année dernière, le cinéma français s’est réveillé et place trois films dans le palmarès, plus My Own Love Song réalisé aux Etats-Unis par Olivier Dahan. L’Asie et l’Amérique Latine sont également présentes. Le cinéma d’animation prouve qu’il est définitivement incontournable, avec trois films et non des moindres.

Mais la plus grande difficulté a consisté à départager Inception et The Social Network. Deux chefs d’œuvre offerts par les deux réalisateurs les plus doués de leur génération : Christopher Nolan et David Fincher. Si le choix s’est finalement porté sur le premier, c’est sans doute que le second est peut-être trop lié à l’actualité pour devenir un classique intemporel. Mais ça, seul l’histoire le dira.

 

1-Inception

Un des scénarios les plus extraordinaires de l’histoire du cinéma, une mise en scène touchant au sublime et un Leonardo Di Caprio toujours plus charismatique pour une expérience cinématographique inoubliable.

2-The Social Network

David Fincher fait preuve ici d’un incroyable sens de la narration, transformant l’anecdotique en sujet passionnant. Jesse Eseinberg y livre le numéro d’acteur de l’année.

3-The Ghost Writer

Roman Polanski prouve ici qu’il reste un des plus extraordinaires réalisateurs de la planète avec ce polar égalant et passionnant. Du grand art !

4-Dans ses Yeux

Oscar du meilleur film étranger, ce polar argentin a conquis la planète entière par son scénario surprenant et passionnant et les merveilleux acteurs qui y figurent.

5-Toy Story 3

Le film d’animation de l’année qui conclut de la plus belle des manières la saga. Le dernier quart d’heure constitue un des moments cinématographiques les plus extraordinaires de l’année.

6-L’Arnacoeur

La bonne surprise du cinéma français qui nous offre la comédie de l’année. Une comédie romantique, mais pas que. Un Romain Duris au sommet dans un rôle où il fait étalage de toutes les facettes de son incomparable talent.

7-Kick-Ass

Entre film d’action et parodies, ce petit bijou nous offre la scène la plus jouissive de l’année, où une jeune fille de 10 ans prend d’assaut un building plein de malfrats armés jusqu’aux dents. Chloe Moretz n’a pas encore 13 ans, mais est déjà une très grande actrice. Espérons que la puberté ne lui enlèvera pas tout son talent.

8-In the Air

Un George Clooney au sommet pour cette comédie un rien désabusée, mais qui nous emmène au septième ciel.

9-Mother

La perle asiatique de l’année. Un film dont l’ambiance et le ton change du tout au tout, au fur et à mesure d’une intrigue pleine de surprises. Et un grand bravo à Kim Hye Ya, actrice de 69 ans, absolument époustouflante.

10-Tamara Drew

La petite perle de Stephen Frears qui nous livre ici une comédie comme seuls les Anglais en ont le secret. Un pur moment de bonheur et de rire.

11-Des Hommes et des Dieux

Pour beaucoup, ce film aurait du remporter la Palme d’Or. Un moment d’émotion intense, superbement mis en image par Xavier Beauvois, tout de même récompensé par le Grand Prix du jury.

12-Precious

Un sujet social très lourd, mais traité avec beaucoup de finesse, de poésie et d’optimisme. Jamais plombant, ce film est porteur d’espoir à bien des points de vue.

13-Dragons

Un film d’animation des plus réussis, au pays des vikings, plein d’humour et d’aventures, qui a ravi petits et grands.

14-Inside Job

Le film documentaire de l’année, qui nous plonge au cœur des mécanisme qui ont conduit à la crise économique. Passionnant, mais pas forcément très rassurant.

15-Alice aux Pays des Merveilles

Le dernier Tim Burton a divisé la critique. Sa vision sombre et inquiétante de l’univers de Lewis Caroll a eu du mal à trouver son public. Mais ce film n’en demeure pas moins passionnant et toujours aussi créatif visuellement.

16-La Princesse et la Grenouille

Un film d’animation en 2D qui confirme que la branche « classique » de Disney n’a plus grand chose à envier aux productions Pixar. On y retrouve le charme des classiques qui ont bercé notre enfance dans ce dessin-animé aussi bon et entraînant qu’un air de jazz de la Nouvelle-Orléans.

17-Agora

Le peplum de Alejandro Amenabar nous propose une grande fresque historique à l’ancienne, mais aussi un bon sujet de réflexion sur la place des religions dans nos sociétés. A la fois spectaculaire et passionnant.

18-Shutter Island

Scorsese aurait pu signer là une véritable chef d’œuvre si le rebondissement final n’avait été deviné par grand nombre de spectateurs, dont votre serviteur, bien avant la fin. Cela gâche un peu le plaisir procuré par ce scénario torturé.

19-City Island

Une comédie largement passée inaperçue et c’est bien dommage. Andy Garcia y retrouve un premier rôle à hauteur de son talent. Un portrait impertinent et anticonformiste bien loin de l’idéal hollywoodien.

20-Buried

Le film à déconseiller à tous les claustrophobes. 1H30 en compagnie du héros enfermé dans un cercueil. Un incroyable défi cinématographique relevé avec imagination et talent.

21-Cleveland contre Wall Street

Le vrai faux procès de la ville de Cleveland contre les financiers de Wall Street. Un procès qui n’aura certainement pas lieu pour de vrai. On se consolera avec ce film à la forme originale et au fond absolument passionnant et qui révèle bien des choses.

22-Les Petits Mouchoirs

Un énorme succès commercial pour le film de Guillaume Canet qui aura bouleversé les uns et donné envie de vomir aux autres. Il n’en reste pas moins une réalisation et surtout une direction d’acteurs particulièrement brillantes.

23-My Own Love Song

Une production hollywoodienne signée Olivier Dahan, assez mal reçue par la critique. Un film qui réchappe de peu à un pathos très lourd, pour nous offrir un très beau moment d’émotion et de poésie.

MEGAMIND : Quand les héros sont morts, les méchants s’ennuient

megamindaffiche

megamindafficheLa fin d’année est propice aux sorties de films qui plairons à nos chères petites têtes blondes. Elles sont en vacances, c’est donc le moment ou jamais de les pousser à emmener papa et maman au cinéma. Après Harry Potter, Narnia et Raiponce, voici Megamind. Une histoire de super héros, où la vedette, c’est le méchant. Un film qui surtout amusera beaucoup les cinéphiles par les multiples références parsemés ici ou là.

Depuis leur plus tendre enfance, Megamind, le méchant, et Metroman, le gentil, sont rivaux. Bien sûr, le bien l’emporte toujours… Jusqu’au jour où le héros que toute la cité adule se fait enfin tuer par son éternel ennemi. Megamind peut exulter et se rendre enfin maître de Metrocity… Sauf qu’il s’y ennuie très vite, sans personne pour l’arrêter. Il décide alors de créer un nouveau héros pour rejouer à nouveau le combat du bien contre le mal.

Megamind reprend peu ou prou le principe de base de Moi, Moche et Méchant. Un vilain, au final pas si vilain que ça, son assistant et une armée de petite créature, une affaire de rivalité, voici des ingrédients de base identiques aux deux films. Le film qui nous intéresse aujourd’hui est cependant un ton en dessous de son prédécesseur, en particulier au niveau de l’originalité. Il n’en reste pas moins un divertissement très plaisant.

Megamind s’amuse à parodier bien des classiques du fantastique et des films de super-héros. En premier lieu, la saga Superman dont les références sont omniprésentes. Mais on retrouvera aussi des éléments en provenance de l’univers Marvel (Megamind lui-même est la copie presque conforme du Cerveau, un des ennemis jurés des 4 Fantastiques), de Star Wars (en particulier au niveau de certains bruitages) et j’en passe. On y trouve aussi des clins d’œil à l’actualité et une bande-son rempli de standards du rock.

Il est vrai qu’au-delà de tout ça, Megamind est une histoire assez classique et surtout sans grande profondeur. Le film ne cherche guère à être plus qu’un sympathique divertissement familial. Mais en matière de films d’animation, il est vrai que la concurrence est désormais rude et que l’on devient particulièrement difficile. Du coup, si on rit et si on ne s’ennuie pas une seconde, on oubliera vite cette histoire au final sans grandes surprises.

megamindTechniquement, le film n’a rien non plus de révolutionnaire. La gestion de la 3D est très en deçà de Raiponce par exemple, les personnages manquant de profondeur visuel. Les décors sont par contre eux très soignés. Il manque peut-être aussi un caractère un peu plus cartoon. Il y a une vraie retenue visuelle. En fait, cela rejoint une impression générale donné par Megamind. Les auteurs n’ont pas été au bout de leur idée et n’ont pas exploité toutes les possibilités que leur imagination aurait pu leur offrir.

Pourtant, au niveau du casting vocal, Megamind s’est donné les moyens puisque les deux rivaux sont doublés par Will Ferrel et Brad Pitt, rien que ça, avec Ben Stiller au soutien. Cela assure évidemment une grande qualité « d’interprétation », mais ne gomme en rien les limites de ce film. Cela renforce même cette impression d’un film propre, efficace, plaisant, mais sans doute un peu trop formaté pour être génial, malgré un incontestable potentiel.

Megamind n’est donc pas le divertissement familial qui a bouleversé le monde à Noël. Il reste un spectacle plaisant qui ravira petits et grands, sans pour autant resté à jamais gravé dans leur mémoire.

Fiche technique :
Production : DreamWorks Animation
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Tom McGrath
Scénario : Alain Schoolcraft, Brent Simons
Montage : Michael Andrews
Décors : David James
Musique : Hans Zimmer, Lorne Balfe
Directeur artistique : Thimoty J. Lamb
Durée : 95 mn

Casting :
Will Ferrell : Megamind
Brad Pitt : Metro Man
Tina Fey : Roxanne Ritchi
Jonah Hill : Hal, Titan
Ben Stiller : Bernard