
Tom et Gerri forment un couple encore heureux et complice à cinquante ans passés. Mais autour d’eux, famille et amis ne connaissent pas le même équilibre. Alors ces derniers viennent souvent trouver refuge auprès de la sérénité dégagée nos deux cinquantenaires.
Vous l’aurez compris, Another Year n’a pas vraiment d’intrigue. Il s’agit plutôt d’un films à sketchs, quatre pour être précis, un par saison. Il y a cependant un fil rouge, celui de Mary, leur amie, maladroite et exubérante, à la recherche perpétuelle d’attention et de grand amour. Ce n’est pas forcément gênant en soi, mais cela rend plus compliqué de capter l’attention du spectateur. C’est dans doute cela qui faisait la grande force de Secrets et Mensonges, proposer une intrigue solide pour porter le propos humaniste plus général. Ce n’est pas le cas pour ce film.
Another Year commence doucement, par une longue phase de présentation des personnages. Elle est évidemment nécessaire puisque tout le film repose sur eux. Passé ce moment un peu longuet, mais qui permet de s’attacher aux protagonistes, on entre totalement dans l’intimité de ces derniers et on la partage en ami, parfois amusé, parfois attristé. Mon introduction pourrait donner à penser que ce film est décevant dans l’absolu. Il n’en est rien. S’il m’a légèrement déçu, c’est parce que j’en attendais plus, peut-être trop.
Car les qualités de Mike Leigh sont toujours là. Il s’agit bien d’un formidable réalisateur qui sait filmé les êtres humains et leurs émotions comme personne. L’usage du gros plan, où il faut, quand il faut, démontre une maîtrise totale de son sujet. Les acteurs nous communiquent leurs émotions beaucoup plus par leur communication non verbale, leurs expressions, leurs mimiques, leur regard qui fuit soudain devant la contrariété. Il y a un merveilleux travail de réalisation et de direction d’acteurs que peu de cinéastes seraient capables d’effectuer.

Si je devais faire un reproche à Another Year, c’est d’avoir choisi un ton si pessimiste. S’il y a une morale à cette histoire, c’est que certains sont fait pour le bonheur et d’autres le chercheront éperdument en vain toute leur vie. Bon, il est vrai que cela correspond bien à la réalité de l’existence. Mais du coup, on a du mal à comprendre ce que Mike Leigh cherche à nous dire. Peut-être voulait-il juste nous faire partager ce constat, mais j’ai ressenti une légère frustration de voir le propos s’arrêter là. C’est à mon sens dommage car, ajouté à l’absence d’une réelle intrigue, cela donne à ce film un aspect largement contemplatif. Une belle contemplation, il est vrai.
Another Year restera donc pour moi un nouveau beau film signé Mike Leigh, mais auquel il manque cette petite étincelle qui avait fait la différence dans Secrets et Mensonges.
Fiche technique :
Production : Thin Man Films, Simmon Channing Williams productions, Film 4
Réalisation : Mike Leigh
Scénario : Mike Leigh
Montage : Jon Gregory
Photo : Dick Pope
Décors : Simon Beresford
Distribution : Diaphana
Musique : Andrew Glen
Directeur artistique : Andrew Rothschild
Durée : 129 mn
Castng :
Lesley Manville : Mary
Ruth Sheen : Gerri
Jim Broadbent : Tom
Peter Wight : Ken
Martin Savage : Karl
Oliver Maltman : Joe
David Bradley : Ronnie
Karina Fernandez : Katie
Imelda Staunton : Janet

C’est regrettable car le duo Jake Gyllenhaal et Anne Hataway fonctionne remarquablement bien. Cette dernière est assez charmante pour que l’on comprenne très bien que l’on puisse en tomber follement amoureux dès le premier regard. Quant au premier, il est excellent dans le rôle du dragueur impénitent qui connaît toutes les ficelles pour faire succomber ses proies. Le film est d’ailleurs très instructif sur ce plan-là… Bon, par contre, pas sûr que tout le monde connaisse le même taux de réussite en les appliquant.
L’interprétation est quant à elle assez moyenne, il est vrai. Les jeunes acteurs ont bien sûr grandis au fil des années et, un peu à l’image d’un Daniel Radcliffe, leur spontanéité et leur énergie se sont un peu diluées avec la puberté. Mais s’ils ne tirent pas le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores vers le haut, ils ne l’entraînent pas non plus vers les grands fonds. Là encore, on ne peut pas crier au génie, mais le plaisir est ailleurs. 
On pourra toujours reprocher aux Emotifs Anonymes un certain manque d’ambition. Certes, il se concentre vraiment sur l’essentiel de son propos. L’originalité vient quasiment uniquement des personnages et de leur personnalité et, au fond, la trame narrative est de ce qu’il y a de plus classique pour une comédie romantique. On peut y voir un défaut, mais parfois, il faut vaut mieux se concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. Ce film n’est pas forcément riche dans l’absolu, mais le peu qu’il recèle représente une vraie richesse. 
On aurait pu aussi être tout de même heureux de retrouver le duo Ben Stiller – Robert De Niro. Mais malheureusement, à l’image du film, les deux acteurs sont peu inspirés et leur prestation est parfois poussive. Avant la séquence finale, ils n’ont jamais vraiment l’occasion de se lâcher et de transmettre une réelle énergie comique. Du coup, on a parfois l’impression qu’ils s’ennuient quasiment autant que le spectateur. Et ce n’est pas la très brève apparition de Dustin Hoffman ou le physique de Jessica Alba, qu’il faut mieux aller contempler dans Machete, qui pourront changer le destin de ce film.
3h10 pour Yuma alterne les scènes d’action et de fusillades classiques pour le genre et des moments d’affrontement plus psychologiques entre les deux personnages principaux. L’équilibre entre les deux aspects est très bon et constitue d’ailleurs le plus grand intérêt du film. Cela donne une certaine profondeur aux personnages sans pour autant alourdir le propos. Encore une fois, cela reste relativement manichéen, mais tout à fait dans l’esprit des westerns d’autrefois.
Raiponce manque cependant d’un vrai moment phare, d’une scène réellement inoubliable et enthousiasmante, comme pouvaient l’être par exemple le dernier quart d’heure de Toy Story 3 ou les dix premières minutes de Là-haut. Il y’a beaucoup de moments sympas, mais pas de séquences que l’on a envie de voir et se raconter encore et encore. De même, les chansons sont sympathiques, mais aucune qui restent réellement en mémoire. Bref, il s’agit là d’un très bon film d’animation Disney, mais peut-être pas d’un futur grand classique.
Mais Machete permet surtout à Danny Trejo d’occuper le haut de l’affiche. Eternel second rôle, avec son physique improbable, il tient là le rôle qui lui permettra à jamais d’entrer dans la légende du 7ème art. Il ne joue pas Machete, il est Machete et on peut parier que de nombreux fans lui voueront encore un culte dans de nombreuses années.
Le seul intérêt que l’on pourrait trouver à Un Balcon sur la Mer reste le rôle à contre-emploi de Jean Dujardin. Sauf que ce denier, à force d’être employé à contre-emploi, est en train tout simplement de passer du statut d’acteur comique à acteur tout court. Et un grand acteur, il faut le reconnaître. Mais ce n’est certainement pas ce rôle que l’on retiendra dans sa carrière. Il y’est excellent, mais une excellence qui ne peut enthousiasmer vu le contexte. A ses côté, Marie-Josée Croze fait elle aussi de son mieux dans un rôle qui aurait pu être infiniment plus intéressant s’il gardait son mystère plus longtemps.
Le succès d’une comédie romantique repose souvent en grande partie sur la sympathie que nous inspire les personnages. En effet, comme l’on connaît déjà la fin par avance, pour que l’on soit vraiment dedans, il faut vraiment que l’on ait envie de voir l’amour triompher. Et là, De Vrais Mensonges connaît sans doute sa plus grande faiblesse. En effet, si les personnages interprétés par Nathalie Baye et Sami Bouajila rallient tous les suffrages, il faut avouer que celui joué par Audrey Tautou a beaucoup d’une tête à claques… Et elle a beau répéter « mais en fait, je ne suis pas comme ça », on n’est pas toujours hyper convaincu. C’est le petit bémol que je mettrais à ce film, sans que cela ne remette en cause profondément sa qualité générale.
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