ANOTHER YEAR : Les quatre saisons de Mike Leigh

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anotheryearafficheMike Leigh avait bouleversé la planète cinéma, il y a près de 15 ans désormais, avec son superbe Secrets et Mensonges, Palme d’Or à Cannes en 1996. Un pur chef d’œuvre d’humanité, mais aussi d’optimisme, doublé d’une réalisation audacieuse. Depuis, il nous livre régulièrement de nouveaux tableaux humanistes, encensés par la critique. Mais d’un point de vue personnel, je n’ai jamais ressenti le même enthousiasme. Et ce ne sera malheureusement toujours pas le cas avec Another Year.

Tom et Gerri forment un couple encore heureux et complice à cinquante ans passés. Mais autour d’eux, famille et amis ne connaissent pas le même équilibre. Alors ces derniers viennent souvent trouver refuge auprès de la sérénité dégagée nos deux cinquantenaires.

Vous l’aurez compris, Another Year n’a pas vraiment d’intrigue. Il s’agit plutôt d’un films à sketchs, quatre pour être précis, un par saison. Il y a cependant un fil rouge, celui de Mary, leur amie, maladroite et exubérante, à la recherche perpétuelle d’attention et de grand amour. Ce n’est pas forcément gênant en soi, mais cela rend plus compliqué de capter l’attention du spectateur. C’est dans doute cela qui faisait la grande force de Secrets et Mensonges, proposer une intrigue solide pour porter le propos humaniste plus général. Ce n’est pas le cas pour ce film.

Another Year commence doucement, par une longue phase de présentation des personnages. Elle est évidemment nécessaire puisque tout le film repose sur eux. Passé ce moment un peu longuet, mais qui permet de s’attacher aux protagonistes, on entre totalement dans l’intimité de ces derniers et on la partage en ami, parfois amusé, parfois attristé. Mon introduction pourrait donner à penser que ce film est décevant dans l’absolu. Il n’en est rien. S’il m’a légèrement déçu, c’est parce que j’en attendais plus, peut-être trop.

Car les qualités de Mike Leigh sont toujours là. Il s’agit bien d’un formidable réalisateur qui sait filmé les êtres humains et leurs émotions comme personne. L’usage du gros plan, où il faut, quand il faut, démontre une maîtrise totale de son sujet. Les acteurs nous communiquent leurs émotions beaucoup plus par leur communication non verbale, leurs expressions, leurs mimiques, leur regard qui fuit soudain devant la contrariété. Il y a un merveilleux travail de réalisation et de direction d’acteurs que peu de cinéastes seraient capables d’effectuer.

anotheryearAnother Year marque surtout la révélation de Lesley Manville, absolument époustouflante dans le rôle de Mary. Un personnage qui fait rire, parfois de manière sympathique, parfois de manière pathétique, quand le rire se fait à ses dépend. Elle est la star du film, de part sa place dans le scénario, mais surtout par la la formidable prestation livrée par cette actrice, habituée des films de Mike Leigh, mais qui tient là son rôle le plus marquant.

Si je devais faire un reproche à Another Year, c’est d’avoir choisi un ton si pessimiste. S’il y a une morale à cette histoire, c’est que certains sont fait pour le bonheur et d’autres le chercheront éperdument en vain toute leur vie. Bon, il est vrai que cela correspond bien à la réalité de l’existence. Mais du coup, on a du mal à comprendre ce que Mike Leigh cherche à nous dire. Peut-être voulait-il juste nous faire partager ce constat, mais j’ai ressenti une légère frustration de voir le propos s’arrêter là. C’est à mon sens dommage car, ajouté à l’absence d’une réelle intrigue, cela donne à ce film un aspect largement contemplatif. Une belle contemplation, il est vrai.

Another Year restera donc pour moi un nouveau beau film signé Mike Leigh, mais auquel il manque cette petite étincelle qui avait fait la différence dans Secrets et Mensonges.

Fiche technique :
Production : Thin Man Films, Simmon Channing Williams productions, Film 4
Réalisation : Mike Leigh
Scénario : Mike Leigh
Montage : Jon Gregory
Photo : Dick Pope
Décors : Simon Beresford
Distribution : Diaphana
Musique : Andrew Glen
Directeur artistique : Andrew Rothschild
Durée : 129 mn

Castng :
Lesley Manville : Mary
Ruth Sheen : Gerri
Jim Broadbent : Tom
Peter Wight : Ken
Martin Savage : Karl
Oliver Maltman : Joe
David Bradley : Ronnie
Karina Fernandez : Katie
Imelda Staunton : Janet

LOVE ET AUTRES DROGUES : Ambition mal récompensée

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loveetautresdroguesafficheMélanger comédie et sujet grave est un pari difficile. Il peut donner des résultats fantastiques car le rire est sûrement un meilleur vecteur de communication que l’apitoiement ou la culpabilisation. Mais atteindre un tel résultat est très difficile et on peut se prendre facilement les pieds dans le tapis. C’est malheureusement le cas de Love et Autres Drogues, une comédie romantique vraiment drôle mais au pathos un peu lourdingue.

Jamie est un dragueur invétéré, qui arrive généralement à ses fins et se sert largement de son charme dans son travail de commercial. Un jour, il croise la route de Maggie. Commence alors une relation torride qui pourrait bien se transformer en vrai romance. Seul problème, la jeune fille est atteinte d’une forme précoce de la maladie de Parkinson dont l’évolution vers la dépendance et le handicap est inéluctable à long terme.

Love et Autres Drogues laisse sur une impression très contrastée. On rit beaucoup et souvent. L’humour est parfois très premier degré, toujours un peu sur le même registre, mais se révèle terriblement efficace. Comme dans toutes les comédies romantiques, le suspense n’est pas vraiment le moteur principal de l’intrigue, seul l’humour peut en faire un film réussi. Mais dans le cas qui nous intéresse, Edward Zwick a cherché à enrichir son histoire d’éléments plus inhabituels. Louable intention si le résultat n’était pas si bancal.

En effet, on n’est pas du tout convaincu par l’aspect « l’amour malgré la maladie ». On aurait bien envie d’y croire, mais on a malheureusement plutôt envie de dire « oui, c’est ça, ça se passe comme ça chez McDonald ». Love et Autres Drogues hésitent visiblement à entrer dans le cœur du sujet, de peur de plomber l’ambiance sans doute, mais du coup, cela reste beaucoup trop édulcoré pour être crédible et surtout présenter un réel intérêt. Ce qui en présenterait, ça serait à la suite de cette histoire, les 30 ans pendant lesquelles le couple va vraiment affronter la maladie. Du coup, on regrette vraiment la présence de cet aspect qui, s’il donne sa personnalité et son originalité au film, ne fait au final que l’alourdir.

loveetautresdroguesC’est regrettable car le duo Jake Gyllenhaal et Anne Hataway fonctionne remarquablement bien. Cette dernière est assez charmante pour que l’on comprenne très bien que l’on puisse en tomber follement amoureux dès le premier regard. Quant au premier, il est excellent dans le rôle du dragueur impénitent qui connaît toutes les ficelles pour faire succomber ses proies. Le film est d’ailleurs très instructif sur ce plan-là… Bon, par contre, pas sûr que tout le monde connaisse le même taux de réussite en les appliquant.

Edward Zwick a donc raté son coup avec Love et Autres Drogues. On ne peut que saluer sa volonté de nous proposer autre chose qu’une énième comédie romantique hollywoodienne basée sur le même modèle immuable. Mais si, vraiment, vous avez le cœur romantique en ce début d’année, allez plutôt voir Les Emotifs Anonymes, beaucoup plus légers, mais tout aussi drôle.

Love et Autres Drogues vous fera donc beaucoup rire, ce qui est déjà pas mal. Mais il est évident qu’il cherchait à faire beaucoup plus. Sans vraiment y parvenir malheureusement.

Fiche technique :

Production : Bedford Falls Productions, New Regency Pictures, Stuber Productions
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Edward Zwick
Scénario : Charles Randolph, Edward Zwick, Marshall Herskovitz, D’après l’oeuvre de Jamie Reidy
Montage : Steven Rosenblum
Photo : Steven Fierberg
Décors : Meg Everist
Son : Edward Tise
Musique : James Newton Howard
Effets spéciaux : Ray Bivins, Robert J. Trosky III
Durée : 112 mn

Casting :

Jake Gyllenhaal : Jamie Randall
Anne Hathaway : Maggie Murdock
Oliver Platt : Bruce Winston
Hank Azaria : Dr Stan Knight
Josh Gad : Josh Randall
Gabriel Macht : Trey Hannigan

 

LE MONDE DE NARNIA, CHAPITRE 3, L’ODYSSEE DU PASSEUR D’AURORES : Plus anecdotique, mais toujours aussi divertissant

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narnia3afficheAlors que toute l’attention se portait sur un Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1ère partie, très controversé, l’adaptation d’une autre série phare de littérature fantastico-magique est presque passée inaperçue. Je veux parler de la sortie du troisième volet du Monde de Narnia, l’Odyssée du Passeur d’Aurores. Et de mon point de vue, c’est bien dommage.

Edmund et Lucy sont désormais séparés de Susan et Peter, partis en Amérique. Ils vivent chez leur oncle, en compagnie de leur insupportable cousin Eustache. Mais le Monde de Narnia n’est jamais loin et les voilà tous les trois happés par un tableau. Ils se retrouvent sur un bateau commandé par leur ami, le prince Caspien, qui vogue à la recherche de sept seigneurs, qui étaient restés à l’époque fidèles à son père, mystérieusement disparus.

Le Monde de Narnia, chapitre 3, l’Odyssée du Passeur d’Aurores a reçu un accueil plutôt froid de la part de la critique. Un des plus fréquents reproches formulés est son côté enfantin un peu trop prononcé. Il est vrai que l’on trouve ici nulle trace de la noirceur qui habite les derniers épisodes du magicien à lunettes et que l’intrigue manque quelque peu de complexité. Il s’agit effectivement d’un récit assez simple et abordable à tout âge. Mais de mon point de vue, cela ne gâche guère le plaisir, même pour les plus grands.

Par contre, j’admets volontiers que ce troisième épisode est nettement en retrait par rapport aux deux premiers volets dans l’ambition du récit. L’histoire est ici plus anecdotique, avec un souffle épique bien moindre. On n’assiste pas à de grandes batailles décidant du destin de tout un monde. En cela, le Monde de Narnia, chapitre 3, l’Odyssée du Passeur d’Aurores présente un intérêt limité à celui d’un simple, mais très bon divertissement.

Malgré la simplicité, le récit est rythmé, plein de magie et d’actions. Le tout est porté par des effets spéciaux plus beaux à chaque épisode. Si le premier volet de la saga avait été une vraie révolution à ce niveau-là, le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores se contente de se hisser au niveau des productions actuelles. Mais quand on sait à quel point les progrès ont été fulgurants ces dernières années dans ce domaine, on serait bien injuste de le lui reprocher. Mais au final, on ne s’ennuie pas une seconde et on apprécie également la petite dose d’humour, un peu enfantin lui aussi, qui ponctue l’intrigue.

narnia3L’interprétation est quant à elle assez moyenne, il est vrai. Les jeunes acteurs ont bien sûr grandis au fil des années et, un peu à l’image d’un Daniel Radcliffe, leur spontanéité et leur énergie se sont un peu diluées avec la puberté. Mais s’ils ne tirent pas le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores vers le haut, ils ne l’entraînent pas non plus vers les grands fonds. Là encore, on ne peut pas crier au génie, mais le plaisir est ailleurs.

Au final, le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores renoue avec un cinéma en vogue dans les années 60 avec les films tirés des voyages de Simbad ou l’adaptation du mythe de Jason et les Argonautes. Un bateau qui vogue d’iles en îles, entraînant les héros vers des mondes mystérieux et des aventures sans cesse renouvelées. Ca ne brille pas par sa profondeur ou son originalité, mais constitue un parfait divertissement familial et sympathique.

Le Monde de Narnia, chapitre 3, le Passeur d’Aurores est donc nettement plus anecdotique que ses prédécesseurs, mais ce n’est pas une raison, de mon point de vue, pour totalement bouder son plaisir.

Fiche technique :
Production : Walden Media, 20th Century Fox, Fox 2000 Pictures
Distribution : Twentieth Century Fox France
Réalisation : Michael Apted
Scénario : Michael Petroni, Richard LaGravenese, Christopher Markus, Stephen McFeely, d’après l’oeuvre de C.S. Lewis
Montage : Rick Shaine
Photo : Dante Spinotti
Décors : Barry Robison
Son : James Boyle, Nigel Stone
Musique : David Arnold
Effets spéciaux : Thomas Van Koeverden
Maquillage : Jen Stanfield, Rick Findlater
Directeur artistique : Marco Niro, Mark Robins, Karen Murphy (II)
Durée : 115 mn

Casting :
Georgie Henley : Lucy
Skandar Keynes : Edmund
Ben Barnes : Caspian
Will Poulter : Eustache
Tilda Swinton : La reine blanche
Liam Neeson : voix d Aslan
Simon Pegg : voix de Ripichip

LES EMOTIFS ANONYMES : Timides du Monde entier, unissez-vous !

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lesemotifsanonymesafficheTimides du Monde entier, unissez-vous ! Tel pourrait être le slogan des Emotifs Anonymes, une comédie romantique à la française, sans prétention mais fort sympathique. Un film qui ravira un large public, mais encore plus tous ceux qui ont souffert un jour ou continuent de souffrir de ce terrible handicap.

Angélique fait partie d’un cercle d’émotifs anonymes, tant sa timidité lui fait perdre ses moyens et lui gâche sa vie. Jean-René souffre des mêmes maux et suit une thérapie. Jean-René est le patron d’Angélique. Jean-René aime Angélique et Angélique aime Jean-René. Mais une histoire d’amour peut-elle vraiment naître entre deux personnes si incapables d’exprimer leurs sentiments ?

Les Emotifs Anonymes est un film court, 80 minutes, mais suffisant. Drôle, touchant, sincère, il nous conte une histoire simple, sans fioritures, que l’on prend beaucoup de plaisir à suivre. Une vraie comédie romantique, mais d’une remarquable intelligence. Comme je l’ai dit en introduction, ce film parlera à tous ceux qui pourront se reconnaître dans l’un ou l’autre des personnages, dans l’une ou l’autre des situations.

Bien sûr, tout cela est un peu poussé à l’extrême pour les besoins de la comédie. Mais on peut tout de même sans problème s’identifier à bien des traits de caractère des personnages ou des éléments des situations. Même si vous n’êtes qu’un peu timide, vous vous sentirez moins seul après avoir vu les Emotifs Anonymes. Par définition, la timidité est un sentiment parfois difficile à partager. Ce film est juste un divertissement, pas une thérapie, mais tout de même, il fait du bien.

Et il fait surtout beaucoup rire. Benoît Poelvoorde apporte bien sûr une large part de l’énergie comique communiquée par ce film. Il le fait avec son talent naturel, qui s’affine d’année en année et se place désormais très loin des cabotinages de ses débuts. Mais Isabelle Carré n’est pas en reste. Elle joue bien sûr principalement sur le registre de l’émotion et des sentiments, mais les situations dans lesquelles elle se place participe largement à l’élaboration de l’humour des Emotifs Anonymes.

lesemotifsanonymesOn pourra toujours reprocher aux Emotifs Anonymes un certain manque d’ambition. Certes, il se concentre vraiment sur l’essentiel de son propos. L’originalité vient quasiment uniquement des personnages et de leur personnalité et, au fond, la trame narrative est de ce qu’il y a de plus classique pour une comédie romantique. On peut y voir un défaut, mais parfois, il faut vaut mieux se concentrer sur la qualité plutôt que sur la quantité. Ce film n’est pas forcément riche dans l’absolu, mais le peu qu’il recèle représente une vraie richesse.

Les Emotifs Anonymes pourront donc attendre un passage à la télé ou la location du DVD pour être vu. Cependant, encore une fois, certains d’entre vous ressentiront peut-être une émotion particulière à la vue de ce film sans chichi, mais terriblement bien senti. Je ne sais pas comment était Jean-Pierre Aménis quand il était jeune, ou peut-être encore maintenant, mais j’aurais bien du mal à croire qu’il n’y a pas un peu de vécu dans ce film. Enfin, il faut dire aussi que croiser un jour une Isabelle Carré a de quoi vous faire perdre vos moyens.

Les Emotifs Anonymes n’est donc pas la comédie romantique de l’année. Mais avec l’Arnacoeur et De Vrais Mensonges, ce genre retrouve une place de choix cette année dans le paysage cinématographique hexagonal. Il n’y a pas qu’à Hollywood qu’on sait faire de bonnes comédies romantiques, que cela soit dit !

Fiche technique :
Production : Pan Européenne Production, Hassen Brahiti, Studio Canal, RTBF
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Jean-Pierre Améris
Scénario : Jean-Pierre Améris, Philippe Blasband
Montage : Philippe Bourgueil
Photo : Gérard Simon
Décors : Sylvie Olive
Son : Jean-Pierre Duret, Marc Bastien, François Groult
Musique : Pierre Adenot
Maquillage : Corine Maillard
Durée : 80 mn

Casting :
Isabelle Carré : Angélique
Benoit Poelvoorde : Jean-René
Lorella Cravotta : Magda
Lise Lametrie : Suzanne
Pierre Niney : Ludo
Swann Arlaud : Antoine

MON BEAU-PERE ET NOUS : La suite de trop

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monbeaupereetnousafficheNombreuses sont les séries cinématographiques qui comptent un film de trop. Bon parfois, ce sont tous les films qui sont en trop, mais cela constitue un autre problème. Généralement, un épisode, puis deux, parfois trois nous ravissent, avant qu’un dernier ne vienne un peu tout gâcher. C’est malheureusement le cas de Mon Beau Père et Nous, suite de l’excellent Mon Beau Père et Moi et du plutôt bon Mon Beau Père, mes Parents et Moi.

Jack, le beau-père particulièrement méfiant de Greg, se sent faiblir après avoir été victime d’un léger infarctus. Il se décide alors à transmettre le flambeau de patriarche à son gendre. Mais même après plusieurs années de mariage et désormais deux enfants, arrivera-t-il à considérer que ce dernier est digne de la tâche qu’il lui assigne ?

Avec l’introduction des parents de Greg dans le second épisode, ce dernier contenait assez de nouveautés pour que l’on retrouve le beau-père et son gendre avec un réel plaisir. Le ressort restait le même, mais était pour le coup largement enrichi. Pour Mon Beau Père et Nous, rien de tout cela. On revient même aux fondamentaux, mais l’effet de surprise de Mon Beau Père et Moi n’est évidemment plus là et cela nuit à la qualité de l’ensemble. Bref, c’est sans surprise et d’un intérêt plutôt limité.

De plus, Mon Beau Père et Nous souffre d’autres défauts. Si les dix dernières minutes nous arrachent enfin de vrais éclats de rires, le reste est plutôt poussif, en particulier la première moitié. On pourrait dire que le film monte peu à peu en puissance. Mais la progression est bien trop lente pour que l’ennui ne commence pas à poindre rapidement. Certains gags nous arrachent bien un sourire de temps à autres, mais ils sont au final peu nombreux et certains tombent carrément à plat. Bref, l’imagination des scénaristes semblent quelque peu à plat, semblant constamment se demander ce qu’ils pourraient bien inventer de nouveau. La réponse est malheureusement pas grand chose.

monbeaupereetnousOn aurait pu aussi être tout de même heureux de retrouver le duo Ben Stiller – Robert De Niro. Mais malheureusement, à l’image du film, les deux acteurs sont peu inspirés et leur prestation est parfois poussive. Avant la séquence finale, ils n’ont jamais vraiment l’occasion de se lâcher et de transmettre une réelle énergie comique. Du coup, on a parfois l’impression qu’ils s’ennuient quasiment autant que le spectateur. Et ce n’est pas la très brève apparition de Dustin Hoffman ou le physique de Jessica Alba, qu’il faut mieux aller contempler dans Machete, qui pourront changer le destin de ce film.

Mon Beau Père et Nous tente pourtant de s’enrichir d’une réflexion sur le couple, sa solidité dans le temps, sur le désir qui parfois s’atténue. Cet aspect serait presque touchant, mais est bien trop bancal. Il est abordé dans les moments les plus faibles du scénario et apparaît plus comme un bouche-trous plutôt que comme un axe fort du scénario. Les choses ne vont donc pas assez loin et ne sont pas traitées avec assez de finesses pour avoir réellement de l’intérêt.

Bref, n’y allons pas par quatre chemins. Mon Beau Père et Nous est un film décevant, sans grand intérêt. Une suite dont on se serait bien passée.

Fiche technique :
Production : DW Studios, Everyman pictures, Paramount pictures, Tribeca productions, Relativity Media, Universal Pictures
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Paul Weitz
Scénario : John Hamburg, Larry Stuckey
Montage : Greg Hayden, Leslie Jones
Photo : Remi Adefarasin
Décors : William Arnold
Musique : Stephen Trask
Directeur artistique : Sue Chan
Durée : 98 mn

Casting :
Ben Stiller : Greg Focker
Robert De Niro : Jack Byrnes
Owen Wilson : Kevin Rawley
Blythe Danner : Dina Byrnes
Dustin Hoffman : Bernie Focker
Barbra Streisand : Roz Focker
Teri Polo : Pam Focker
Jessica Alba : Andi Garcia
Laura Dern : Prudence
 

3h10 POUR YUMA : La nostalgie au bout du colt

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3h10pouryumaafficheLe western, voilà un genre miraculé du cinéma. Donné pour mort, ringardisé à la mort de Sergio Leone, il a connu une renaissance étonnante en 1992 grâce au génie de Clint Eastwood et son génial Impitoyable. Depuis, même si cela reste épisodique, on peut voir dans nos salles obscures quelques bons westerns. Open Range, Appaloosa, autant de réussites cinématographiques de ces dernières années. En nous proposant une nouvelle version de 3h10 pour Yuma, James Mangold prenait le risque de se fâcher avec les amateurs purs et durs du genre. Mais ce remake est une vraie réussite.

Criblé de dettes, Dan Evans est obligé de s’engager dans l’escorte d’un dangereux criminel, Ben Wade, pour sauver sa ferme et sa famille. Mais la bande de se dernier n’est pas loin et rien n’assure que ce petit groupe d’hommes arrivera à conduire le bandit jusqu’à Yuma, où il pourra prendre place dans le train-prison de 3h10.

Je dois avouer que l’original de 1957 manque à ma culture et je ne pourrai donc faire aucune comparaison avec ce dernier. Tant mieux, cela ne peut qu’assurer une plus grande objectivité de cette critique. 3h10 pour Yuma est très classique dans sa forme et peut apparaître comme un hommage aux maîtres du genre. Il est un peu plus près de John Ford que de Sergio Leone, mais certaines scènes n’auraient tout de même pas dépareillé dans un film du réalisateur italien. La relation entre les deux personnages principaux nous fait forcément penser au rapport entre le Bon et le Truand.

Cependant, 3h10 pour Yuma a un aspect manichéen relativement prononcé et qui nous rapproche beaucoup plus du pur western hollywoodien. Le personnage de Ben Wade est faussement ambigu. Certes, il navigue entre la brute épaisse et le bandit d’honneur, mais au final… Ah bah non, je ne vais pas vous révéler comme tout cela finit, même si le dénouement n’est pas forcément ce qu’il y’a de plus surprenant dans ce film.

3h10pouryuma3h10 pour Yuma alterne les scènes d’action et de fusillades classiques pour le genre et des moments d’affrontement plus psychologiques entre les deux personnages principaux. L’équilibre entre les deux aspects est très bon et constitue d’ailleurs le plus grand intérêt du film. Cela donne une certaine profondeur aux personnages sans pour autant alourdir le propos. Encore une fois, cela reste relativement manichéen, mais tout à fait dans l’esprit des westerns d’autrefois.

Pour assurer la réussite de son projet, James Mangold s’est assuré la présence d’un casting de grande qualité. Les deux héros sont interprétés par le duo Christian Bale – Russel Crowe, ce qui n’est pas le pire que l’on puisse imaginer. Ils ne tiennent pas là le rôle de leur vie, mais nous livrent une prestation sobre et efficace, avec cette retenue dans l’expressivité qui sied aux vrais durs de l’Ouest. On notera aussi l’apparition à l’écran de Peter Fonda, qui se fait rare et qui est mieux là que dans des navets comme Ghostrider.

3h10 pour Yuma ravira donc les nostalgiques du genre. Il n’a pas le génie d’un Impitoyable, mais a assez le goût des grands espaces de l’Ouest et l’odeur du colt chaud pour nous offrir un bon moment de cinéma nostalgique.

Fiche technique :
Production : Relativity Media, Tree Line
Distribution : TFM Distribution
Réalisation : James Mangold
Scénario : Halsted Welles & Derek Hass adapté de la nouvelle de Elmor Leonard
Montage : Micheal Mccusker
Photo : Phedon Papamichael
Format : 35mm
Décors : Andrews Menzies
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Arianne Phillips
Durée : 122 mn

Casting :
Russell Crowe : Ben Wade
Christian Bale : Dan evans
Logan Lerman : William Evans
Dallas Roberts : Grayson Butterfield
Ben Foster : Charlie Prince
Peter Fonda : Byron McElroy
Gretchen Mol : Alice Evans 

RAIPONCE : Humour, aventure et 3D

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raiponceafficheMes goûts cinématographiques sont relativement éclectiques. Pour preuve, il y’a quelques jours, je me suis fait une soirée ciné où j’ai vu successivement Machete… et Raiponce. Effectivement, difficile de faire plus différents. Mais en tout cas, j’ai passé une très bonne soirée, puisque ils constituèrent tous deux de vrais moments de plaisir cinématographique. Ce film d’animation confirme également un retour au top du secteur « classique » de Disney.

Raiponce est une jeune fille de 18 ans qui vit recluse dans une tour dont elle n’est jamais sortie, sous la surveillance de celle qu’elle croit être sa mère. Elle ignore qu’elle est en fait la fille du roi et de la reine qui la recherchent depuis son enlèvement tout bébé. Elle possède une chevelure magique capable de garantir la jeunesse éternelle à sa mère adoptive. Mais Raiponce ne rêve que d’une chose, visiter le monde et voir de près les lumières qui illuminent le ciel tous les ans le jour de son anniversaire.

Raiponce n’est pas au niveau du magnifique La Princesse et la Grenouille qui nous avait enchanté en janvier dernier. Mais il constitue un vrai bon divertissement familial chargé d’aventure et d’humour. Il n’a aucun complexe à nourrir vis-à-vis des productions de la branche Pixar, même si le ton est un peu plus enfantin et beaucoup plus classique. On ne s’ennuie pas une seule seconde, entraîné par le rythme rapide de l’intrigue.

Raiponce reprend une recette classique chez Disney : des personnages humains relativement réalistes et un élément animal à l’esprit « cartoon ». Ou plutôt deux ici, avec un caméléon et un cheval. Tous les deux apportent un vrai plus et un bonne dose de rire. Le vrai charme de ce film repose ici, car l’histoire principale ravira sûrement plus les jeune têtes blondes que les adultes même restés de grands enfants. Elle n’est pas désagréable à suivre, mais très classique et sans grosses surprises.

raiponceRaiponce manque cependant d’un vrai moment phare, d’une scène réellement inoubliable et enthousiasmante, comme pouvaient l’être par exemple le dernier quart d’heure de Toy Story 3 ou les dix premières minutes de Là-haut. Il y’a beaucoup de moments sympas, mais pas de séquences que l’on a envie de voir et se raconter encore et encore. De même, les chansons sont sympathiques, mais aucune qui restent réellement en mémoire. Bref, il s’agit là d’un très bon film d’animation Disney, mais peut-être pas d’un futur grand classique.

Par contre, j’ai été enthousiasmé par les aspects techniques. Soit, c’est moi qui n’avais pas tout à fait les yeux en face des trous précédemment, ou bien il y’a eu réellement un bond en avant dans la maîtrise technique de la 3D. Cela se remarque surtout dans le relief des personnages qui est réellement impressionnant. Pour la première fois peut-être, je n’ai pas du tout regrette cet euro supplémentaire que j’ai du débourser pour les lunettes. Même Toy Story 3 ne m’avait donné cette impression de relief, sans esbroufe, sans objets sortant loin de l’écran, mais général et sur tout les éléments du décor. Ca m’a vraiment bluffé et sonne pour moi comme le vrai avènement de la 3D.

Raiponce ravira donc toute la famille. Idéal pour passer un bon moment, même si ce film n’est pas le plus inoubliable des Disney.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Animation Studios
Distribution : The Walt Disney Company France
Réalisation : Nathan Greno, Byron Howard
Scénario : Dan Fogelman, d’après le conte des Frères Grimm
Montage : Tim Mertens
Décors : Doug Rogers
Musique : Alan Menken et Glenn Slater
Effets spéciaux : Lino Di Salvo et Mark Mitchell
Directeur artistique : Dave Goetz
Durée : 101 mn

Casting :
Mandy Moore : Raiponce
Zachary Levi : Flynn Rider
Donna Murphy : Mère Gothel
Ron Perlman : Frère Stabbington 1
Ron Perlman : Frère Stabbington 2
M.C. Gainey : Capitaine de la Garde

MACHETE : Machete don’t text, il faut le savoir !

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macheteafficheLorsqu’ils sortirent ensemble les films Boulevard de la Mort et Planète Terreur, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez avaient agrémenté les projections de fausses bandes-annonces, dont une est devenue culte après avoir faire hurler de rire des millions de spectateurs. Le succès fut tel qu’est né l’idée de réellement réaliser ce film. Ainsi est né Machete.

Machete est un flic mexicain trahit par sa hiérarchie, corrompue jusqu’à l’os par le parrain de la drogue locale. Sa femme et sa fille sont tuées, mais lui réussit à survivre et à s’échapper. Quelques années plus tard, il est devenu travailleur clandestin aux Etats-Unis. Repéré lors d’une bagarre de rue, il est contacté par un homme mystérieux pour assassiner le sénateur local, dont l’étendard est la lutte contre l’immigration clandestine.

Machete est une totale réussite. Un pari un peu fou relevé avec un incroyable brio par Robert Rodriguez. Car il ne s’est pas contenté de donner vie au personnage, il a réellement repris dans le film les passages les plus cultes de la fausse bande-annonce. On peut ainsi considérer que ce film est celui qui a eu la période de teasing la plus longue de l’histoire du 7ème art. Près de quatre ans d’attente, mais qui au final valait réellement le coup.

Bon cessons ces considérations qui ne concernent que ceux qui vouaient déjà un culte à Machete avant même que le film n’existe. Ce dernier se situe dans la droite lignée de Boulevard de la Mort et Planète Terror. Un faux nanar, à prendre au huitième degré, mais tourné avec le plus grand sérieux. Une parodie oui, mais qui ne tourne pas à la grosse farce mais reprend simplement avec humour et aucune retenue les codes du genre. Le tout avec un réalisateur de grand talent et un casting de choc. Bref que du bonheur !

Machete marche donc sur les traces du pire des films avec Charles Bronson, en tournant en dérision ces histoires de vengeances hyperviolentes. Les scènes d’action outrancièrement (le mot n’existe visiblement pas, mais je m’en fous !) spectaculaires sont avant tout là pour faire rire, même si les moyens sont là. Mais ce qui fait de Machete un film déjà culte, ce sont certains dialogues. On retiendra notamment un « Machete don’t text » (Machete n’envoie pas de texto) qui dans le contexte fait hurler de rire la salle et est déjà légendaire (suffit de vérifier sur Google si vous en doutez).

Ce qu’il y’a de bien quand on s’appelle Robert Rodriguez et qu’on est le frère jumeau de Quentin Tarantino, c’est qu’on a aucun mal de réunir un casting de très haute tenue. Aucun des nanars de quatrième zone que Machete parodie n’aura jamais compté un Robert De Niro dans sa distribution. Ce dernier, comme tous ses petits camarades, prennent un plaisir fou à tourner dans ce film incroyablement jouissif et ça se voit. Et cet enthousiasme est tout à fait communicatif.

macheteMais Machete permet surtout à Danny Trejo d’occuper le haut de l’affiche. Eternel second rôle, avec son physique improbable, il tient là le rôle qui lui permettra à jamais d’entrer dans la légende du 7ème art. Il ne joue pas Machete, il est Machete et on peut parier que de nombreux fans lui voueront encore un culte dans de nombreuses années.

Machete souffre cependant d’un défaut. Et oui, à force d’être main dans la main avec Quentin Tarantino, Robert Rodiguez nous fait presque regretter qu’il ne soit pas Quentin Tarantino lui-même. Machete réalisé par ce dernier, ce qui pourrait tout à fait se concevoir, aurait sûrement atteint des sommets encore supérieurs dans la jouissance. Robert Rodriguez est un réalisateur talentueux, à nul autre pareil pour transmettre une énergie jubilatoire, mais son cinéma reste quelque peu « brute de décoffrage », si vous me permettez l’expression. Machete l’est aussi. Un film presque parfait si ce n’est qu’on y trouve rien qui nous surprenne vraiment. C’est une parodie de film de genre, une parodie assez extraordinaire certes, mais juste une parodie. Robert Rodriguez a rempli sa mission à la perfection, mais n’a pas été au-delà. Alors que Quentin Tarantino l’aurait sûrement fait…

En tout cas, Machete est une vraie bonne surprise, un moment de jubilation pure qui figurera désormais au panthéon des films cultes.

Fiche technique :
Réalisation : Robert Rodriguez et Ethan Maniquis
Scénario : Robert Rodriguez et Álvaro Rodríguez
Décors : Christopher Stull
Costumes : Nina Proctor
Photographie : Jimmy Lindsey
Montage : Rebecca Rodriguez et Robert Rodriguez
Musique : John Debney et Carl Thiel

Casting :
Danny Trejo : Machete Cortez
Michelle Rodríguez : Luz
Jessica Alba : Yvetta Sartana
Robert De Niro : Sénateur John McLaughlin
Jeff Fahey : Micheal Booth
Lindsay Lohan : April Booth
Cheech Marin : le Père Del Toro
Steven Seagal : Rogelio Torrez
Daryl Sabara : Julio
Don Johnson : Von Jackson

UN BALCON SUR LA MER : Un scénario qui fait plouf !

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unbalconsurlamerafficheEn introduction de ma dernière critique, portant sur le film De Vrais Mensonges, j’avais souligné la qualité du cru 2010 du cinéma français, en particulier en cette fin d’année. Malheureusement, il arrive même aux meilleurs de connaître des faiblesses et je vais devoir vous parler d’une production hexagonale franchement ratée, à savoir Un Balcon sur la Mer, le dernier film de Nicole Garcia.

Marc est agent immobilier dans le sud de la France, dans une agence spécialisée dans la vente de grande propriété. Un jour, il croit reconnaître dans une acheteuse la petite fille qui vivait en face de chez lui lorsque lui et ses parents vivaient encore en Algérie et avec qui il a connu un amour enfantin. Ils finissent par passer la nuit ensemble. Mais très vite, il commence à douter de sa véritable identité.

Un Balcon sur la Mer possède une grosse faiblesse, son scénario. Et c’est quand même le genre de faiblesse relativement rédhibitoire. L’intrigue repose sur un suspense qui s’évente très vite puisque on devine tout de suite quel est le fin mot de l’histoire. Le suspense est levé définitivement alors qu’il reste une bonne demi-heure et on se demande vraiment à quoi du coup sert cette dernière. Bref, voilà un film mal écrit, doté d’une bonne base, mais terriblement mal exploitée. Cela le rend vain et surtout totalement inintéressant.

Un Balcon sur la Mer ne propose pas d’à côté qui pourrait sauver le film. La relation du personnage principal avec l’Algérie aurait pu porter un discours sur cette période douloureuse et controversée de l’histoire française. Elle n’est finalement que le prétexte qu’à de multiples flash-backs dont l’intérêt va en décroissant au fur et à mesure que le suspense s’éteint. Et comme il s’éteint très vite…

unbalconsurlamerLe seul intérêt que l’on pourrait trouver à Un Balcon sur la Mer reste le rôle à contre-emploi de Jean Dujardin. Sauf que ce denier, à force d’être employé à contre-emploi, est en train tout simplement de passer du statut d’acteur comique à acteur tout court. Et un grand acteur, il faut le reconnaître. Mais ce n’est certainement pas ce rôle que l’on retiendra dans sa carrière. Il y’est excellent, mais une excellence qui ne peut enthousiasmer vu le contexte. A ses côté, Marie-Josée Croze fait elle aussi de son mieux dans un rôle qui aurait pu être infiniment plus intéressant s’il gardait son mystère plus longtemps.

On pourra aussi retenir l’élégance de la réalisation de Nicola Garcia. Il faut admettre qu’elle nous offre quelques beaux paysages à contempler. Mais cela donne parfois l’impression d’être là pour masquer un vide ou pour gagner du temps dans une intrigue mal maîtrisée. Du coup, elle contribue au côté artificiel de ce film, dont toutes les qualités sont gâchées par la fragilité de la base scnéaristique.

Au final, Un Balcon sur la Mer est un film qui déçoit profondément, puisque rien n’arrive à nous faire oublier la faiblesse du scénario.

Fiche technique :
Production : Les productions du Trésor, EuropaCorp, France 3
Distribution : Europacorp distribution
Réalisation : Nicole Garcia
Scénario : Nicole Garcia, Jacques Fieschi
Montage : Emmanuelle Castro
Photo : Jean-Marc Fabre
Décors : Véronique Barnéoud
Musique : Stephen Warbeck
Durée : 105 mn

Casting :
Jean Dujardin : Marc Palestro
Marie-Josée Croze : Marie-Jeanne
Sandrine Kiberlain : Clotilde Palestro
Toni Servillo : Sergio Bartoli
Claudia Cardinale : la mère de Marc
Michel Aumont : Robert Prat

DE VRAIS MENSONGES : Sympathique et léger

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devraismensongesafficheEn cette fin d’année, le cinéma français nous propose de nombreux bons films, ce qui devrait faire de 2010 un bon cru. De Vrais Mensonges ne sera certainement pas l’œuvre la plus marquante de cette année, mais cette comédie romantique sympathique et légère nous réchauffe un peu en cette période de grands froids.

Emilie dirige un salon de coiffure et un beau matin elle reçoit dans son courrier une très belle lettre d’amour, mais anonyme. Elle la froisse et le jette directement à la poubelle, sous les yeux de Jean, son employé, sans se douter un instant que ce dernier en est l’auteur. Inquiète pour sa mère, qui vit quasiment recluse depuis que son mari l’a quittée, elle décide finalement de recopier la lettre pour lui envoyer. C’est le début d’une longue série de quiproquos et de malentendus.

La comédie romantique est par essence un genre mineur du cinéma, du fait que l’on connaît toujours pertinemment comment cela va finir. Après, elles peuvent plus ou moins drôles, plus ou moins crédibles, plus ou moins touchantes, et sont même parfois enthousiasmantes. De Vrais Mensonges fait incontestablement partie des comédies romantiques réussies. Elle possède un côte très vaudeville, très français, avec les quiproquos qui naissent beaucoup plus vite qu’ils disparaissent. Ce n’est pas non plus du Feydeau, mais il y’a là un vrai arrière-plan culturel purement hexagonal.

De Vrais Mensonges est avant tout très amusant, et parfois vraiment drôle. Il n’y pas cette volonté d’enchaîner les gags situationnels ou visuels, comme dans une comédie américaine. Mais on a très souvent le sourire aux lèvres et on connaît également quelques vrais éclats de rire. Le ton est vraiment léger. Il n’y a aucun développement social ou philosophique dans ce film. Les rapports mère-fille, les rapports entre personnes n’ayant pas le même bagage culturel sont des éléments constitutifs de l’histoire, mais qui sont vraiment là non pour être développés pour eux-mêmes, mais totalement au service du triangle amoureux.

devraismensongesLe succès d’une comédie romantique repose souvent en grande partie sur la sympathie que nous inspire les personnages. En effet, comme l’on connaît déjà la fin par avance, pour que l’on soit vraiment dedans, il faut vraiment que l’on ait envie de voir l’amour triompher. Et là, De Vrais Mensonges connaît sans doute sa plus grande faiblesse. En effet, si les personnages interprétés par Nathalie Baye et Sami Bouajila rallient tous les suffrages, il faut avouer que celui joué par Audrey Tautou a beaucoup d’une tête à claques… Et elle a beau répéter « mais en fait, je ne suis pas comme ça », on n’est pas toujours hyper convaincu. C’est le petit bémol que je mettrais à ce film, sans que cela ne remette en cause profondément sa qualité générale.

Au-delà des personnages qu’ils interprètent, le trio d’acteurs donne tout la mesure de son talent. Nathalie Baye est tout simplement géniale et c’est elle qui apporte ce petit souffle en plus que donne une âme à De Vrais Mensonges. Sami Bouajila nous propose quant à lui un jeu très sobre, mais qui convient parfaitement pour ce rôle d’homme timide et réservé. Audrey Tautou, enfin, sans être particulièrement géniale nous séduit encore une fois par son charme naturel. Après, personnellement, j’aimerais bien la voir prendre quelques kilos, mais cela constitue un autre débat.

De Vrais Mensonges fait donc partie de ces films légers que l’on oublie facilement, mais qui nous font incontestablement passer un très bon moment.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Pierre Salvadori
Scénario : Benoît Graffin, Pierre Salvadori
Montage : Isabelle Devinck
Photo : Gilles Henry, Philippe Eidel
Décors : Yves Fournier
Son : Michel Casang, Christophe Winding, Josefina Rodriguez, Joel Rangon
Durée : 105 mn

Casting :
Audrey Tautou : Emilie
Nathalie Baye : Maddy
Sami Bouajila : Jean
Stéphanie Lagarde : Sylvia
Judith Chemla : Paulette