
Sparring propose une nouvelle version du personnage éternel du combattant un peu trop vieux et usé pour les combats qu’il mène. Un personnage attachant autant que pathétique, mais dont le destin n’est pas écrit d’avance. La fin sera-t-elle noire ou optimiste ? Je ne répondrai évidemment pas à la question mais c’est bien elle qui maintient l’intérêt du spectateur tout du long. Les personnages qui peuplent ce film ne sont pas les plus inoubliables qui soient, mais tiennent assez la route pour nous faire pleinement apprécier ce scénario tout de même bien construit.

LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Samuel Jouy
Scénario : Samuel Jouy, Clément Roussier et Jérémie Guez
Photographie : Romain Carcanade
Montage : Tina Baz et Ronan Tronchot
Décors : Frédérique Doublet et Frédéric Grandclere
Costumes : Alice Cambournac
Producteur : Bruno Nahon
Production : Unité de Production
Distribution : EuropaCorp Distribution
Durée : 95 minutes
Casting :
Mathieu Kassovitz : Steve Landry
Olivia Merilahti : Marion Landry
Souleymane M’Baye : Tarek M’Bareck
Billie Blain : Aurore Landry
Lyes Salem : Omar
David Saracino : David
Yves Afonso : Pierrot
Alban Lenoir : l’adversaire de Tarek M’Bareck

L’Insulte est aussi un film portrait. Le portrait de deux hommes que le poids de l’histoire sépare. Le tout est porté par un formidable duo d’acteurs. Adel Karam et Kamel El Basha donnent une grande humanité à leurs personnages et contribuent largement à la grande qualité de ce film. Ziad Doueiri peut réellement être fier de son travail, car sa réalisation donne vie de manière éclatante à ce scénario qu’il a lui même coécrit. Cette œuvre est donc largement la sienne et elle représente un film réellement marquant de ce début d’année cinématographique.
La grâce de Mélanie Thierry ne suffit pas à sauver la Douleur. Elle tente de donner de l’épaisseur à son personnage, mais condamné à de longues séquences sans dialogue, elle erre à l’écran un peu perdue, reléguée au rang de potiche. Ses compagnons à l’écran, aussi bien Benoît Magimel que Benjamin Biolay, surjouent quelque peu et on a bien du mal à croire à leurs personnages respectifs. Leur jeu est en fait aussi bancal que cette adaptation qui ne s’assume pas et sert ni la littérature, ni le cinéma.
Du coup, les comédiens, aussi brillamment dirigés soient-ils, ont bien du mal à faire vivre leurs personnages respectifs et à leur donner une réelle crédibilité. La dhiarrée verbale permanente n’a rien de naturel. Dommage car, comme pour chaque Woody Allen, le casting vaut le détour. Au final, on retiendra avant tout de Wonder Wheel une délicieuse bande-originale qui, comme d’habitude, est composée de jazz essentiellement. Ce n’est pas rien, mais certainement pas assez pour un réalisateur qui nous a habitué à tellement mieux.
Antony Cordier nous livre une leçon de direction d’acteurs. Il tire vraiment tout son casting vers le haut, chacun donnant une épaisseur et un charme supplémentaires à leur personnage. Or c’est avant tout sur eux que repose Gaspard Va au Mariage. Ils jouent donc un rôle central dans la réussite de ce film, même s’il faut souligner l’élégance d’une réalisation qui met parfaitement en lumière leur performance. Très honnêtement, je n’aimerais pas avoir la famille que nous fait découvrir ce film. Mais je suis vraiment heureux d’avoir passé un joli moment de cinéma avec eux.
Malheureusement, Steven Spielberg ne peut s’empêcher d’alourdir quelques scènes par des discours plein d’une morale bien pensante toute américaine. Et même servi par l’immense Meryl Streep, ce genre de discours s’apparente à un petit four indigeste au milieu d’un festin par ailleurs particulièrement succulent. Au final, Pentagon Papers s’apprécie pleinement par sa perfection académique, mais ne parvient pas à transcender totalement son sujet pour faire basculer le spectateur dans un enthousiasme complet. Cependant, qui aime le 7ème art, ne pourra que savourer ce cours magistral de cinéma.
3 Billboards ne pouvait de toute façon ne pas être un film totalement raté puisqu’il compte la formidable Frances McDomarnd à son casting. Sa seule présence justifie presque l’achat de se rendre dans une salle obscure pour voir ce film. Mais la distribution ne s’arrête pas là avec un Woody Harrelson dans un rôle taillé pour lui et un Sam Rockwell qui parvient à donner une épaisseur supplémentaire à son personnage. Tous concourent à faire de ce film une réussite. Un bon moment de cinéma, qui donne vie à une histoire qui méritait bien d’être racontée et de prendre vie sur grand écran.
La principale faiblesse de la Surface de Réparation reste son interprétation parfois un peu hésitante. Franck Gastambide fait du mieux qu’il peut, mais son talent reste trop limité pour donner une dimension supplémentaire à son personnage. Quant à Hippolyte Girardot, il n’est guère crédible dans un rôle un peu bancal il est vrai. Heureusement, la jeune Alice Isaaz parvient elle à transcender son personnage et apporte un élan supplémentaire à cette histoire. La réalisation de Christophe Régin est propre mais sans génie. Un peu à l’image de ce film de milieu de tableau, à l’abri de la relégation, mais qui ne peut pas prétendre jouer l’Europe.
Le Rire de ma Mère bénéficie d’un très beau casting. Suzanne Clément tient là un des rôles les plus marquants de sa carrière et elle porte une bonne partie du poids du film sur ses épaules. Pascal Demolon y est vraiment excellent alors que j’ai rarement été convaincu par cet acteur. Il serait enfin particulièrement injuste d’oublier la jolie performance du jeune Igor Van Dessel, donc le jeu est peut-être un rien hésitant parfois, mais qui y est pour beaucoup dans l’émotion véhiculé par ce film. Au final, on est touché par cette histoire et ces personnages. Et si le film donne parfois l’impression de tourner un peu en rond, on en ressort quand même avec un gros pincement au cœur.
Les faiblesses de Downsizing se reflètent dans l’interprétation paresseuse d’un casting pourtant bien doté. Il est d’ailleurs regrettable que le personnage interprété avec le plus de conviction soit celui qui disparaisse assez tôt dans le film. Je ne dirais évidemment pas qui pour ne pas spoiler. Et comble du malheur pour ce film, cela fait un moment déjà que la qualité des effets spéciaux, même remarquables, ne permet pas de donner un intérêt supplémentaire à un long métrage. On est beaucoup trop blasé à ce niveau-là pour cela. On en reste donc sur une impression assez négative de ce film au démarrage pourtant prometteur.
Commentaires récents