MARIA BY CALLAS : Des éclairs et c’est tout

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mariabycallasafficheSi j’écoute régulièrement de l’opéra, je ne suis pas non plus un amateur pointu ou passionné. Je connaissais donc Maria Callas de nom, sans vraiment connaître son histoire, ni même son œuvre. J’avais simplement idée de la dimension mythique du personnage. Cette dernière attisant ma curiosité, je suis allé voir Maria by Callas pour en savoir plus et mieux mesurer le pourquoi de sa place particulière dans l’histoire. Malheureusement, l’idée même de départ de ce documentaire ne l’autorisait pas.

Maria by Callas consiste en fait à une série d’extraits d’interviews de la chanteuse. Il s’agit bien de la découvrir à travers ses propres mots, de partager son regard sur elle-même. Du coup, il n’y a pas de recul, d’expertise extérieure. Pour quelqu’un qui connaîtrait déjà bien son histoire, cela présente sûrement un grand intérêt. Pour les spectateurs qui, comme moi, cherchent à découvrir qui elle est, son parcours, son œuvre, ce choix est un peu frustrant. Je n’en ai pas appris autant que je l’espérais et finalement, le film a plus attisé que rassasié ma curiosité.

mariabycallasHeureusement, Maria by Callas nous offre également quelques morceaux musicaux en intégralité. Le choix s’est porté sur des grands classiques : la Traviata, Carmen, Ave Maria… Tous ceux qui apprécient un minimum l’opéra ne pourront être qu’émerveillé par la voix de la chanteuse. Le documentaire parvient tout de même à donner une idée sur les raisons qui ont rendu cette artiste aussi mythique. Ce n’est pas rien, mais cela ne représente que quelques éclairs dans un film qui dure pas loin de deux heures. Un peu trop peu pour en ressortir enthousiaste.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Petit dragon, Elephant Doc, Unbeldi productions, France 3 cinéma
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Tom Volf
Montage : Janice Jones
Durée : 113 min

Casting :
Maria Callas : elle-même
Fanny Ardant : la lectrice des lettres de Maria Callas

A GHOST STORY : Un fantôme pas comme les autres

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aghoststoryafficheSi on pense film de fantôme, on pense naturellement à un film d’horreur, avec le bruit dans le placard et la musique qui fait peur. Il est fort possible qu’une partie du public ait imaginé cela en allant voir A Ghost Story. Or, il n’en est rien et c’est peut-être pour cela qu’elle a déserté la salle avant la fin. En effet, pas d’effroi, ni de frisson dans ce film mais beaucoup de poésie. Il s’agit d’un film contemplatif. Très contemplatif. Trop contemplatif ?

Étirer une scène à l’infini pour plonger le spectateur dans l’attente de la chute est un procédé de mise en scène fort respectable. Mais répéter l’opération pour quasiment chacune d’elles finit surtout par plonger le spectateur dans un certain ennui. L’effet de surprise disparaît et finit par être remplacé par une réelle impatience, pour ne pas dire un agacement. Surtout que certaines scènes de A Ghost Story ne sont pas non plus toutes indispensables. Bref, il n’y avait pas vraiment matière à proposer un long métrage.

aghoststoryA Ghost Story n’est cependant pas dénué d’intérêt. Le film reste globalement inattendu et surprenant. Il est parcouru par une poésie touchante qui vous attache à l’histoire malgré l’ennui qui guête. Surtout que les images et la musique sont assez belles pour créer une ambiance assez fascinante. Si vous acceptez d’être quelque peu déstabilisé par ce film qui ne rentre dans aucune case, alors vous n’aurez pas envie de sortir de la salle avant l’heure mais bien de savoir où ce joli moment de poésie va vous mener.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Sailor Bear, Zero Trans Fat productions, Ideaman Studios
Distribution : Universal Pictures International
Réalisation : David Lowery
Scénario : David Lowery
Montage : David Lowery
Photo : Andrew Droz Palermo
Musique : Daniel Hart
Durée : 92 min

Casting :
Casey Affleck : C
Rooney Mara : M

LUCKY : Good-bye Harry, hello John

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luckyafficheAller voir le dernier film d’un grand acteur récemment décédé est une belle manière de lui rendre hommage. Surtout quand ce dernier aura encore occupé le haut de l’affiche à 90 ans, achevant ainsi une vie tout entière marquée par le 7ème art. Lucky constitue donc l’occasion d’adresser un dernier au revoir à Harry Dean Stanton. Surtout que le film a été spécialement écrit pour lui et s’inspire largement de sa vie et de sa personnalité. Pas étonnant alors qu’il y soit aussi éblouissant.

Lucky repose donc sur cet ultime et brillant numéro d’acteur. Car il faut l’avouer, en dehors de l’émotion due à la présence de Harry Dean Stanton à l’écran, le film flirte parfois avec l’ennuyeux. Flirte seulement heureusement. Faisant moins d’une heure et demi, il a la bonne idée de ne pas se prolonger plus que nécessaire. Le temps d’apprécier la découverte d’un personnage assez remarquable, et pas que par son âge, et de savourer une vision moins caricaturale que d’habitude de l’Amérique profonde.

luckySi Lucky restera le dernier film de Harry Dean Stanton, il est aussi le premier film du réalisateur John Carroll Lynch. Contrairement à ce que pourrait facilement penser la présence de David Lynch au sein du casting, il n’est pas le fils (ni le neveu, ni le cousin) de. Il signe un film formellement abouti qui arrive à exploiter pleinement un scénario finalement peu consistant. On a donc envie de le revoir avec un peu plus de matière à mettre en scène. Il est trop tôt pour lui prédire une carrière de plus de 60 ans comme son acteur, mais on peut que la lui souhaiter longue et réussie. A suivre donc.

LA NOTE :12/20

Fiche technique :
Réalisation : John Carroll Lynch
Scénario : Logan Sparks et Drago Sumonja
Photographie : Tim Suhrstedt
Montage : Robert Gajic
Musique : Elvis Kuehn
Durée : 88 minutes

Casting :
Harry Dean Stanton : Lucky
David Lynch : Howard
Ron Livingston : Bobby Lawrence
Ed Begley Jr. : docteur Christian Kneedler
Tom Skerritt : Fred
Beth Grant : Elaine
James Darren : Paulie
Barry Shabaka Henley : Joe
Yvonne Huff : Loretta
Hugo Armstrong : Vincent
Bertila Damas : Bibi
Ana Mercedes : Victoria

LES GARDIENNES : Attendre et attendre encore

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lesgardiennesafficheEn cette période de centenaire, la Première Guerre Mondiale apparaît comme un sujet privilégié ces derniers temps au cinéma. La vie sur le front et l’après-guerre ont déjà fait l’objet de longs métrages. Les Gardiennes nous présente quant à lui la vie à l’arrière, plus particulièrement dans des exploitations agricoles désertées par les hommes où les femmes ont du prendre les choses en main. Xavier Beauvois signe un film dans son style habituel… Mais qui ici donne un film avant tout ennuyeux.

Proposer un film lent et contemplatif quand il place la notion d’attente au coeur de son propos peut apparaître comme une bonne idée. Sauf que du coup le spectateur attend plus qu’il ne contemple. Ce n’est qu’il se passe rien dans les Gardiennes, mais tout se passe lentement. Chaque scène s’étire plus que de raison, diluant ainsi toute tension narrative et par la même occasion l’intérêt du spectateur. C’est dommage car le scénario recèle en sin sein les éléments d’une histoire puissamment dramatique.

lesgardiennesSur la forme, les Gardiennes reste un film réellement abouti. Xavier Beauvois reste un cinéaste de premier plan et ça se voit. Il reste en particulier un formidable directeur d’actrices et arrivé à sublimer un casting de haut niveau. Mention spéciale à Iris Bry qui n’a rien à envier au talent de Nathalie Baye. Au final, le film parlera aux amoureux d’histoire agricole. Les autres devront prendre le risque de s’ennuyer quelque peu devant ce beau spectacle qui un manque un peu trop de consistance.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Les films du Worso, Pathé, Versus production, Rita productions, Orange studio
Distribution : Pathé distribution
Réalisation : Xavier Beauvois
Scénario : Xavier Beauvois, Frédérique Moreau, Marie-Julie Maille, d’après le roman d’Ernest Pérochon
Montage : Marie-Julie Maille
Photo : Caroline Champetier
Décors : Yann Mégard
Musique : Michel Legrand
Durée : 134 min

Casting :
Nathalie Baye : Hortense Sandrail
Laura Smet : Solange
Iris Bry : Francine Riant
Olivier Rabourdin : Clovis
Cyril Descours : Georges Sandrail
Nicolas Giraud : Constant Sandrail
Gilbert Bonneau : Henri
Mathilde Viseux : Marguerite
Yann Bean : John

SANTA ET CIE : Ho ho ho !

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santaetcieafficheA Noël, on a facilement envie de rires et de légèreté. Bon en fait, on en a envie tout le temps, mais disons qu’il est de bon ton d’oublier un peu ses soucis à cette période de l’année. Donc quoi de mieux qu’une bonne comédie familiale, drôle et touchante, pour cela. Il suffit donc de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Santa et Cie, nouveau film d’Alain Chabat. Et surtout un de ses plus réussis.

Si Alain Chabat a signé dans sa carrière un des films les plus cultes de l’histoire du cinéma français (Asterix et Obelix, Mission Cléopâtre), il a également signé plusieurs comédies à moitié réussies, parfois même aux trois quart ratées. Avec Santa et Cie, il signe un film avant tout, pour ne pas dire uniquement, léger mais abouti. L’humour fait mouche, les personnages sont attachants, l’histoire est rythmée. Le tout saupoudré d’un rien de poésie qui ne fait pas de mal, surtout que cela n’alourdit en rien le reste, qui demeure beaucoup plus digeste qu’une bûche avec trop de matière grasse.

santaetcieSi Santa et Cie dépasse beaucoup des autres films d’Alain Chabat, c’est parce que ce dernier semble avoir compris que la direction d’acteurs est capital pour une bonne comédie. Le cabotinage reste quand même souvent l’ennemi du rythme, qui est lui le meilleur allié du rire. Il dirige donc avec un certain talent son casting en commençant par lui-même. Certes, il flirte parfois avec la ligne rouge du laisser-aller et en fait peut-être un chouïa trop et sombre parfois dans la facilité. Mais il en sort vite et se met au niveau du duo formé par Pio Marmaï et la merveilleuse Golshifteh Farahani qui fonctionne à merveille. Du coup, c’est bien tout le film qui fonctionne parfaitement et apporte un peu de magie de Noël sur cette fin d’année cinématographique.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisateur et scénario : Alain Chabat
Production : Alain Goldman
Musique : Matthieu Gonet
Durée : 100 minutes

Casting :
Alain Chabat : Santa
Pio Marmaï : Thomas
Golshifteh Farahani : Amélie
Bruno Sanches : Magnus et tous les autres lutins
Louise Chabat : toutes les lutines
David Marsais : l’inspecteur Olivier Le Guennec
Grégoire Ludig : le commissaire Stéphane Bertoli
Audrey Tautou : Wanda, la femme de Santa
Johann Dionnet : le frère de Thomas
Jean-Pierre Bacri : le Père Noël rouge
Thomas VDB : le dealer de bonne humeur
Patrick Timsit : l’oncle d’Amélie
Kyan Khojandi : le cousin d’Amélie

 

BIENVENUE A SUBURBICON : Mêmes les meilleurs ont des faiblesses

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bienvenueasuburbiconafficheGeorge Clooney constitue pour moi une idole absolue. C’est donc par solidarité avec lui que j’ai été voir Bienvenue à Suburbicon, malgré un accueil critique plus que mitigé. Et forcément en tant que socialiste, la solidarité est essentielle pour moi. Surtout qu’un scénario signé des frères Coen ne pouvait pas donner à mon sens quelque chose de foncièrement mauvais. Comme quoi on peut se tromper car il s’agit incontestablement d’un film raté auquel il manque trop de choses pour être vraiment intéressant.

Bienvenue à Suburbicon se veut tout d’abord une satyre de l’Amérique blanche des banlieues américaines dans les années 60… même si beaucoup de thèmes sont encore d’actualité. Le trait est malheureusement trop grossier pour ne pas se contenter d’enfoncer des portes ouvertes. Le film est aussi un nouveau récit de quidams se lançant dans une entreprise criminelle qui les dépasse progressivement. Un thème récurrent chez les frères Coen. Mais ils retrouvent ici incapables de se renouveler et semblent à cours d’idées nouvelles.

bienvenueasuburbiconLe jeu des acteurs reste ce qui sauve (un peu) Bienvenue à Surbibicon. Matt Damon et Julianne Moore prennent beaucoup de plaisir dans leur rôle, parfaitement secondé par Oscar Isaac. Tout le monde s’amuse et empêche le film de totalement sombrer. Ce n’est cependant pas suffisant pour compenser les faiblesses citées plus haut. Au final, ni les frères Coen, ni George Clooney n’arrivent à donner de l’épaisseur, ni étincelle, ni fantaisie à cette histoire. Comme quoi rassembler autant de talent dans un même film ne suffit pas à garantir le succès. Heureusement qu’il reste la solidarité !

LA NOTE : 09/20

Fiche technique :
Production : Black Bear Pictures, Dark Castle Entertainment, Huahua Media, Silver Pictures, Smokehouse Pictures
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Geroge Clooney
Scénario : Ethan & Joel Coen, George Clooney, Grant Heslov
Montage : Stephen Mirrione
Photo : Robert Elswit
Décors : James D. Bissell
Musique : Alexandre Desplat
Directeur artistique : Christa Munro
Durée : 105 min

Casting :
Matt Damon : Gardner Lodge
Julianne Moore : Margaret / Rose
Noah Jupe : Nicky
Oscar Isaac : Roger
Glenn Fleshler : Ira
Alex Hassell : Louis
Leith M. Burke : M. Meyers
Karimah Westbrook : Mme Meyers
Gary Basaraba : Oncle Mitch

STAR WARS, EPISODE VIII : LES DERNIERS JEDI : Kill the past, kill the fan !

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lesderniersjediafficheRédiger la critique d’un Star Wars constitue un exercice à la fois difficile et exaltant. Mais écrire celui sur Star Wars, Episode VII : les Derniers Jedi revient carrément à participer à une bataille intergalactique d’une violence inouïe. Pourtant en ressortant de ce film, je me suis dit qu’on pouvait difficile être fan et ne pas l’adorer, malgré les faiblesses objectives. Or c’est exactement l’inverse qui se produit. Une grande partie des admirateurs de la saga est entrée dans une croisade délirante pour le descendre en flamme, quand les spectateurs plus neutres l’ont apprécié à sa juste valeur. Je vais de mon côté m’efforcer de garder la tête froide et de parler sereinement de objet passionnel.

Je vais faire tout mon possible pour ne pas spoiler le film pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, même si grande est la tentation. Je dirais simplement que pour le fan, tout se joue dans une des premières scènes du film. On reprend là où l’Episode VII s’était arrêté, Rey tend son sabre laser à Luke et là… Chuuuut ! Simplement, soit vous trouvez ce qui se passe ensuite totalement surprenant, inattendu et du coup génial (c’est mon cas), soit vous trouvez que c’est une insulte impardonnable et vous basculez à mon avis irrémédiablement dans le côté obscur des contempteurs de Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi.

Je souhaite de tout cœur pour vous que ce ne soit pas le cas car sinon vous passerez à côté d’un grand moment d’audace scénaristique. Non pas dans l’absolu, mais au moins dans le contexte d’une saga faisant l’objet d’un tel culte. Depuis deux ans, des millions des fans ont attendu des réponses, échafaudé des théories, imaginé ce à quoi pourrait ressembler Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. Le film leur envoie au final un grand coup de pied au cul en ne leur proposant absolument pas ce qu’ils attendaient sur de nombreux points. Beaucoup ont pris ça comme une déclaration de guerre. C’est à mon sens surtout une manière assez brillante de tourner une page, de passer à autre chose, surtout après avoir tant reprocher à l’Episode VII de s’être contenté de reprendre des éléments déjà connus.

Le fan que je suis a aimé profondément Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. En plus du côté totalement inattendu que j’ai évoqué plus haut et dont il est difficile de parler sans trop en dire, je retiendrai deux éléments. Tout d’abord, les personnages qui prennent une dimension et une complexité supplémentaire. Ils quittent surtout leur caractère profondément manichéen inhérent à la Saga (le côté obscur contre le côté lumineux) pour apparaître torturés, shakespeariens et du coup nettement plus intéressants. Cela rend surtout leurs réactions et leurs actes beaucoup moins prévisibles.

lesderniersjediEnsuite, l’humour beaucoup plus assumé dans Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. Il y a là clairement une volonté des producteurs (et donc de Disney) de reproduire ce qui a si marché avec Marvel. Beaucoup de fans ont très mal pris ce choix, le prenant comme un manque de respect envers le côté sacré de la saga. C’est oublier que l’humour a toujours été un de ces fondements (sinon C3PO n’existerait pas) et que je préfère nettement ce premier degré assumé que le caca-prout qu’on peut trouver dans l’Episode I par exemple. Personnellement, j’ai été un peu déstabilisé il est vrai par ce choix, mais au final je trouve que ça s’insère parfaitement dans une histoire qui revient, faut-il le rappeler, à voir des gens se battre avec des épées lumineuses déguisés en moine-chevaliers. Si on ne peut pas rire de ça, autant ne plus rire du tout. Et puis finalement, c’est un vrai plaisir d’être déstabilisé ainsi par quelque chose d’aussi familier dont on imaginait pas qu’elle en avait encore la capacité.

Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi n’est cependant pas exempt de défauts loin de là. Mais aucun film de la saga ne l’est et je ne crois pas qu’il fasse pire ou moins bien qu’aucun autre. Ce qui m’a le plus dérangé ce sont quelques faiblesses « techniques » avec des séquences visuellement un peu ratées (spéciale dédicace à Mary Poppins), ce qui est assez impardonnable pour un tel film. On peut aussi reprocher un arc narratif assez superflu qui vient allonger le film de manière artificielle. A cela s’ajoute quelques incohérences, des lois de la physique bafouées, mais là franchement, je ne vois pas pourquoi faire ces reproches à cet épisode en particulier, c’est juste de la mauvaise foi !

Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi marque donc la fin d’une époque et offre la perspective d’une direction nouvelle. Que les grognons restent nostalgiques à jamais de l’attaque des pots de yaourt… pardon de l’Etoile de la Mort de l’Episode IV ! Les autres seront heureux d’emprunter cette nouvelle voie et étant heureux de ne pas savoir où elle va les mener.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Studios Motion Pictures, Lucasfilm, Bad Robot Productions
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
Réalisation : Rian Johnson
Scénario : Rian Johnson
Montage : Bob Ducsay
Photo : Steve Yedlin
Décors : Rick Heinrichs
Musique : John Williams
Durée : 152 min

Casting :
Adam Driver : Ben Solo / Kylo Ren
Carrie Fisher : Générale Organa
Mark Hamill : Luke Skywalker
Oscar Isaac : Poe
John Boyega : Finn
Daisy Ridley : Rey
Gwendoline Christie : capitaine Phasma
Lupita Nyong o : Maz
Domhnall Gleeson : Général Hux
Kelly Marie Tran : Rose Tico

COCO : T’as le look Coco !

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cocoafficheA force de parler autant de l’impact de Disney sur la franchise Star Wars ou même l’univers Marvel, on en oublie que la Mickey Mouse Compagny continue de produire et réaliser des films d’animation. Et même de très bons films d’animation. Coco passe relativement inaperçu dans cette fin d’année cinématographique et c’est vraiment regrettable. Il s’agit pourtant d’un film en tout point réussi qui rassemblera toute la famille, dans le sourire et la bonne humeur. Ce n’était pourtant pas gagner d’avance pour un film qui parle avant tout… de la mort.

Coco fait donc preuve d’une certaine audace dans le choix du thème de départ. Et d’une grande intelligence scénaristique pour arriver à séduire un public aussi large à partir de ce dernier. Certes, le film n’est peut-être pas à conseiller aux tous premiers âges, mais pas besoin d’attendre longtemps non plus. Le film est assez drôle et enjoué pour plaire aux enfants, mais cette légère noirceur sous-jacente apporte une certaine maturité au propos qui ravira les adultes. Et tout le monde se retrouvera pour apprécier pleinement les aventures rythmées et haletantes que vont vivre des personnages terriblement attachants.

cocoCoco est aussi particulièrement réussi graphiquement. Là aussi pas évident de concilier une représentation de la mort avec un univers assez coloré pour ne pas devenir effrayant. L’équilibre trouvé est le bon grâce à une créativité remarquable. Tous les éléments potentiellement inquiétants sont dessinés avec un petit rien de dérision qui supprime l’excès de noirceur sans pour autant décharger les symboles de leur sens. Le résultat est donc à la fois distrayant et réellement surprenant et méritait un peu plus de lumière médiatique. Mais que faire face à la Force !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Pixar Animation Studios, Walt Disney Pictures
Distribution : Walt Disney Studios
Réalisation : Lee Unkrich, Adrian Molina
Scénario : Lee Unkrich, Adrian Molina, Jason Katz, Matthew Aldrich
Montage : Steve Bloom, Lee Unkrich
Photo : Matt Aspbury
Décors : Harley Jessup
Musique : Michael Giacchino
Durée : 109 min

Casting :
Anthony Gonzalez : Miguel
Gael Garcia Bernal : Hector
Benjamin Bratt : Ernesto de la Cruz
Alanna Ubach : Mama Imelda
Renee Victor : Abuelita
Jaime Camil : Papa
Alfonso Arau : Papa Julio

MAKALA : Voyage, rencontre et cinéma

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makalaafficheLe cinéma permet de s’évader, de visiter des terres inconnues et surprenantes. Elles sont souvent totalement imaginaires, inquiétantes ou féeriques. Mais le 7ème art peut aussi nous permettre de voyager sur notre bonne vieille Terre et découvrir des lieux et des personnes tout ce qu’il y a de plus réels. C’est le cas notamment de Makala, qui nous emmène sur les pas d’un producteur de charbon de bois au Congo. On ne part donc pas dans une galaxie lointaine, très lointaine, mais le dépaysement est garanti.

Makala est un film documentaire. Un documentaire dans le sens où on y retrouve non pas des comédiens interprétant un rôle, mais on assiste à des scènes de vie de personnes vivant simplement leur quotidien. Mais un film puisqu’il nous raconte une histoire avec un début et une fin, sans aucun commentaire extérieur. On se doute bien que certains passages ont peut-être fait l’objet d’un minimum de mise en scène, mais il y a aussi beaucoup d’instants pris sur le vif. De toute façon, le spectateur n’a pas vraiment le temps de se poser la moindre question et est tout de suite happé par le récit.

makalaMakala constitue à la fois un voyage et une rencontre. La rencontre de Kabwita dont la vie est si éloignée de notre propre quotidien. Notre monde offre encore bien des fortunes et des destins divers à ceux qui le peuplent. Il n’y a aucune forme de misérabilisme dans le regard d’Emmanuel Gras, même s’il est difficile d’envier la vie de son sujet. Pas de jugement, mais une vraie découverte humaine. La forme est de plus soignée renforçant de manière remarquable la force du propos. Une tranche de réel donc, mais une vraie tranche de cinéma aussi.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Bathysphère
Réalisation : Emmanuel Gras
Scénario : Emmanuel Gras
Montage : Karen Benainous
Photo : Emmanuel Gras
Distribution : Les films du losange
Musique : Gaspard Claus
Durée : 96 min

LA VILLA : A bout de souffle

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lavillaafficheCertains réalisateurs passent toute leur carrière à faire et refaire toujours le même film. D’autres, sans doute allergiques aux castings, tournent encore et toujours avec les mêmes comédiens. Certains comme Robert Guédiguian cumule les deux. Une nouvelle preuve avec la Villa qui réunit une nouvelle fois Ariane Ascadie, Jean-Pierre Darroussin et Gérare Meylan. Mais à force de toujours se baser sur les mêmes éléments, la paresse gagné.

La Villa brille par une interprétation d’une médiocrité désespérante. Rares sont les répliques qui sonnent vraies. Robert Guédiguian ne semble pas chercher une seule seconde à diriger son casting. C’est un travers fréquent des trop vieux couples (ou ici plutôt la partouze) où la connaissance mutuelle s’apparente à une routine mortifère. Plus personne ne fait d’effort pour personne, tout le monde est en roue libre. Difficile alors d’accrocher alors pour cette histoire pas particulièrement intéressante par ailleurs.

lavillaOn retrouve dans la Villa tous les thèmes habituels des films de Robert Guédiguian. Il s’agit donc d’un film engagé qui ne laisse guère de doute sur le positionnement politique de son auteur. Que l’on partage ou non les mêmes convictions, on ne peut que constater que le film ne sert pas vraiment les causes qu’ils cherchent à défendre par le manque de subtilité du propos. Ce dernier se contente avant tout d’enfoncer des portes ouvertes avec une naïveté qui ne parvient même pas à être touchante. Le film ne brille donc ni par la forme, ni par le fond et n’est pas loin d’être celui d’un réalisateur à bout de souffle.

LA NOTE : 07/20

Fiche technique :
Réalisation : Robert Guédiguian
Scénario : Robert Guédiguian et Serge Valletti
Directeur de la photographie Pierre Milon
Décors : Michel Vanderstien
Montage : Bernard Sasia
Ingénieur du son : Laurent Lafran
Directrice de casting : Jacqueline Vicaire
Producteurs : Robert Guédiguian, Marc Bordure
Durée : 107 minutes

Casting :
Ariane Ascaride : Angèle Barberini
Jean-Pierre Darroussin : Joseph
Gérard Meylan : Armand
Jacques Boudet : Martin, le père d’Yvan
Anaïs Demoustier : Bérangère
Robinson Stévenin : Benjamin
Yann Trégouët : Yvan
Geneviève Mnich : Suzanne, la mère d’Yvan
Fred Ulysse : Maurice, le père
Diouc Koma : le soldat