Je suis un petit être sensible. Je pleure quand un film est triste, je me cache les yeux quand il se veut effrayant. Je détourne parfois également le regard quand le sang coule de manière trop réaliste. Je n’aime pas ça dans la vraie vie et guère plus à l’écran. C’est donc avec une certaine imprudence que j’ai été voir Grave. Certes, je savais qu’il s’agissait d’anthropophagie, mais je ne m’attendais tout de même pas à ça. Rarement, voire jamais, un film m’aura inspiré un seul et même mot : répugnant.
Grave n’est pas un film gore. Il n’y a aucun excès d’hémoglobine, pas de gros plans sur des flots de sang coulant à l’excès ou jaillissant de manière spectaculaire. Ici, on n’est pas dans le grand-guignol, mais dans une représentation froidement réaliste des événements. Une froideur que l’on peut qualifier de clinique, surtout quand on sait que le décor de cette histoire est une école vétérinaire. Tout cela donne un spectacle incroyablement dérangeant, flirtant parfois avec l’insoutenable. Mais aussi un spectacle, il faut bien l’avouer, parfois totalement fascinant.
Grave repousse les limites, mais de manière assez gratuite. Ne cherchez pas ici de grande réflexion philosophique ou l’étude d’un quelconque sujet de société. Mais il n’est pas plus gratuit que le premier film de vampire venue. Sauf que le film abandonne toute forme d’hypocrisie, abattant tous les codes qui rendent les horreurs que l’on se raconte depuis toujours au coin du feu pour se faire peur supportable. On peut donc détester ce film, le trouvant juste abject. Mais l’incroyable malaise qu’il est susceptible de provoquer en fait un film unique et audacieux. Une audace répugnante, mais une véritable audace. Et l’audace est trop rare au cinéma pour ne pas être saluée.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Petit film Réalisation : Julia Ducournau Scénario : Julia Ducournau Montage : Jean-Christophe Bouzy Photo : Ruben Impens Décors : Laurie Colson Distribution : Wild bunch Musique : Jim Williams Durée : 98 min
Casting : Ella Rumpf : Alexia Garance Marillier : Justine Laurent Lucas : Le père Joana Preiss : La mère Rabah Naït Oufella : Adrien Bouli Lanners : Le routier Marion Vernoux : L infirmière
Je n’ai pas toujours aimé les films de James Gray. Mais je reconnais sans retenue qu’ils sont tous beaux, bénéficiant d’une mise en scène totalement maîtrisée et particulièrement esthétique. Par contre, les scénarios ne m’ont pas toujours totalement convaincus et m’ont parfois légèrement ennuyé. Heureusement, The Lost City of Z fait partie des longs métrages totalement réussis, sans doute son meilleur avec La Nuit Nous Appartient. C’est d’autant plus remarquable, qu’il quitte son terrain de prédilection, la faune urbaine des quartiers les moins huppés, pour la jungle d’Amérique du Sud.
The Lost City of Z reste tout de même plus proche de l’univers habituel de James Gray que ce qu’il semble à première vue. En effet, le film traite avant tout des ressorts les plus profonds de l’âme humaine, de ce que la détermination et la poursuite d’un rêve poussent à faire au-delà de ce qui apparaît comme raisonnable. Même si le décor a changé, les thèmes restent donc les mêmes. Mais ce mélange de nouveauté et d’un sujet parfaitement maîtrisé donnent un résultat particulièrement convaincant et parfois même fascinant.
The Lost City of Z est un film inclassable. Il reprend beaucoup d’éléments des grands films d’aventures d’autrefois, mais la réflexion quasi philosophique qu’il porte en fait bien plus qu’un divertissement qui ne chercherait qu’à nous en mettre plein les yeux. Le rythme ne correspond d’ailleurs pas du tout à un tel film. Mais il n’est en rien un film contemplatif, bien qu’il prenne le temps de développer un propos introspectif. C’est bien l’équilibre relativement inédit entre ces deux aspects qui donne à ce film sa personnalité. Et qui en fait surtout une belle réussite.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Keep Your Head, MICA Entertainment, MadRiver Pictures, Plan B Entertainment, Sierra / Affinity Distribution : StudioCanal Réalisation : James Gray Scénario : James Gray, d’après la biographie de David Grann Montage : John Axelrad, Lee Haugen Photo : Darius Khondji Décors : Jean-Vincent Puzos Musique : Christopher Spelman Costumes : Sonia Grande Durée : 141 min
Casting : Charlie Hunnam : Col. Percival Fawcett Robert Pattinson : Henry Costin Sienna Miller : Nina Fawcett Tom Holland : Jack Fawcett Harry Melling : William Barclay Franco Nero : Baron de Gondoriz Angus Macfadyen : James Murray Aleksandar Jovanovic : Urquhart
Le twist est une danse qui fait bouger les hanches en rythme. C’est aussi un horrible anglicisme qui désigne un retournement de situation, une expression tout de même un peu longue à prononcer. Il constitue souvent la cerise qui donne tout son goût à un gâteau cinématographique. S’il fonctionne, c’est tout le scénario qui fonctionne car il aura transporté jusqu’au bout le spectateur sans que ce dernier ne puisse faire autre chose que se laisser faire sans résistance. Miss Sloane propose un tel twist et m’a offert une jolie ballade vers un dénouement que je n’ai pas vu venir.
Miss Sloane est un film typiquement hollywoodien, mais dans ce que Hollywood nous offre de meilleur. Avant tout, et vous l’aurez compris, un scénario parfaitement mené du début à la fin. Une intrigue qui peut facilement s’assimiler à un film de procès, le genre peut-être le mieux maîtrisé de l’autre côté de l’Atlantique. Tout cela ne présente aucune originalité révolutionnaire, mais échappe totalement à l’impression de déjà-vu. Et puis, tout est assez rythmé et filmé avec une efficacité à toute épreuve pour que le spectacle soit plus que plaisant.
Miss Sloane bénéficie en plus de la présence de Jessica Chastain. Elle s’affirme définitivement comme une immense star qui peut assurer à elle seule une grande partie de la réussite d’un film. Sa présence, son charisme, tout simplement son talent irradient à l’écran. Elle rend crédible cette dénonciation du rôle du poids des lobbies qui porte pourtant des gros sabots. Mais certaines personnes gardent la classe et l’élégance quelque soit ce qu’ils portent. Ce film prouve qu’une Jessica Chastain en sabots vaut mieux que beaucoup d’autres actrices en Louboutin.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Transfilm, Archery Pictures, Canal +, FilmNation Entertainment, France 2 Cinéma Distribution : EuropaCorp Réalisation : John Madden Scénario : Jonathan Perera Montage : Alexander Berner Photo : Sebastian Blenkov Décors : Matthew Davies Musique : Max Richter Costumes : Georgina Yarhi Directeur artistique : Mark Steel Durée : 132 min
Casting : Jessica Chastain : Elizabeth Sloane Gugu Mbatha-Raw : Esme Manucharian Michael Stuhlbarg : Pat Connors John Lithgow : Senateur Ron M. Pearling Mark String : Rodolfo Schmidt Alison Pill : Jane Molloy Douglas Smith : Alex Sam Waterston : George Dupont Dylan Baker : le présentateur TV
Film vu avant tout pour un membre du casting que j’apprécie particulièrement, troisième ! Si je suis allé voir la Confession, c’est avant tout pour la présence de Romain Duris à l’écran. Il faut dire que je ne savais pas grand chose d’autre au moment de rentrer dans la salle. Même pas qu’il s’agissait de l’adaptation du roman et remake du film de Melville du même nom, Léon Morin Prêtre… dont je ne savais pas grand chose non plus de toute façon. Malheureusement, encore une fois, un seul homme (ou femme) est trop peu pour faire un excellent film.
Si je connais de nom du livre et du film originaux, sans les avoir lu ou vu, c’est sans doute parce qu’ils sont d’une qualité qui justifie une certaine pérennité. Mais après voir vu la Confession, je m’interroge. En effet, cette histoire n’a vraiment éveillé en moi qu’un intérêt limité. Que ça se soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue psychologique, le propos n’est ni vraiment profond, ni surprenant, ni passionnant. Et pire que ça, le récit nous mène vers un dénouement d’une platitude absolue qui prive l’ensemble d’un sens global.
La Confession constitue tout de même l’occasion de revoir enfin dans un rôle vraiment consistant Marine Vacth, révélée il y a deux ans par Jeune et Jolie. Elle confirme sa grande valeur de comédienne et on peut vraiment s’étonner de ne pas la voir tourner beaucoup souvent. Romain Duris se repose beaucoup sur son charisme, sans en faire beaucoup plus. Cela lui suffit pour être crédible, mais c’est trop peu pour tirer le film vers le haut. Il en aurait pourtant eu bien besoin.
LA NOTE : 09/20
Fiche technique : Réalisation : Nicolas Boukhrief Scénario : Nicolas Boukhrief, d’après le roman de Béatrix Beck Musique : Nicolas Errèra Montage : Lydia Decobert-Boukhrief Photographie : Manuel Dacosse Décors : Julia Irribarria Costumes : Patricia Saive Producteur : Clément Miserez, Matthieu Warter, Nicolas Jourdier et Geneviève Lemal Durée : 116 minutes
Casting : Romain Duris : père Léon Morin Marine Vacth : Barny Anne Le Ny : Christine Sangredin Solène Rigot : Marion Lamiral Amandine Dewasmes : Daniele Fouchet Lucie Debay : Sabine Charlie Lefebvre : France Lucas Tavernier : capitaine Lommel Marie-Jeanne Maldague : Barny vieille
Dracula, Frankenstein, Sherlok Holmes, Le Gendarme de St Tropez, autant de mythes du cinéma qui reviennent encore et encore sur nos écrans pour de nouvelles versions (ok pour le dernier ce n’est techniquement pas vrai, mais ne doutons pas que ça finira par venir). King-Kong fait également partie de ceux là. Des producteurs en mal d’inspiration ont donc décidé de s’en emparer pour nous proposer Kong : Skull Island. En mal d’inspiration, car si un remake peut se justifier quand on offre une vision originale d’un mythe déjà connu, il est clair ici que les scénaristes n’avaient strictement rien à dire.
Kong : Skull Island constitue un vrai gâchis. En effet, il est tout de même doté d’une grande qualité indéniable. Le personnage de King-Kong est ici sublime. Les progrès de l’image de synthèse nous offre un Kong majestueux, expressif, dont il se dégage vraiment quelque chose. Le film est une vraie réussite esthétique. Les scènes d’action, toutes les créatures, les décors, tout aurait pu forcer l’admiration s’ils avaient bénéficié d’un minimum de talent artistique dans la réalisation. Celle de Jordan Vogt-Roberts se contente d’une certaine efficacité sans âme.
Le vrai défaut de Kong : Skull Island réside dans son scénario indigent. Si le mythe de King-Kong a traversé un siècle, c’est notamment par la relation de la belle et la bête et, avouons-le, sa charge érotique. Or cet aspect est totalement absente de ce film qui ne nous offre guère plus que des combats entre des grosses bébêtes. C’est assez pour ne pas s’ennuyer, mais pas assez pour éviter que ce film soit aussi vite oublié qu’il est vu. Autant de moyens techniques et un joli casting pour servir une histoire si pauvre, c’est de la confiture donnée aux grands singes.
LA NOTE : 10,5/20
Fiche technique : Production : Legendary Entertainment, Warner Bros Distribution : Warner Bros. Pictures France Réalisation : Jordan Vogt-Roberts Scénario : Dan Gilroy, Max Borenstein, Derek Connolly, d’après une histoire de John Gatins Montage : Richard Pearson Photo : Larry Fong Décors : Stefan Dechant Musique : Henry Jackman Costumes : Mary E. Vogt Durée : 118 min
Casting : Tom Hiddleston : James Conrad Samuel L. Jackson : Preston Packard Brie Larson : Mason Weaver John C. Reilly : Hank Marlow John Goodman : Bill Randa Corey Hawkins : Houston Brooks John Ortiz : Victor Nieves Tian Jing : San Toby Kebbell : Kong
Le cinéma argentin fait désormais partie des cinémas qui ont le droit de cité sur les écrans français, grâce au succès de Dans tes Yeux il y a quelques années. Et vu la qualité de ces productions, les cinéphiles hexagonaux ne peuvent que s’en réjouir. Un nouvelle preuve avec Citoyen d’Honneur. Un film que j’ai été voir sans en savoir grand chose et qui a mis du temps à me convaincre. Mais une fois que toutes les pièces de puzzle sont bien en place, on découvre alors un spectacle étonnant.
Le cinéma argentin se caractérise souvent par des histoires inattendues. C’était déjà le cas avec El Chino, Citoyen d’Honneur se situe dans cette droite lignée. On se demande longtemps quel intérêt va pouvoir présenter ce récit de retour d’un prix Nobel de littérature dans son village natal. Mais peu à peu les événements se précipitent et rien ne se passe plus comme tout aurait du se passer. Cela donne un film drôle et corrosif sur la nature humaine, peut-être un peu vache avec l’Argentine profonde, mais terriblement savoureux vu d’ici.
Citoyen d’Honneur offre une galerie de personnages croquignolesques des plus réussie. Elle prend vie à travers autant de performances remarquables de la part d’un grand nombre de comédiens. Le cinéma argentin confirme qu’il possède un réservoir inépuisable en la matière. Certes, c’est un compliment que j’adresse à beaucoup de pays, mais ici il n’est clairement pas usurpé. Au premier rang d’entre eux, Oscar Martinez, que l’on avait découvert dans les Nouveaux Monstres. Il tient ici un rôle comme beaucoup d’acteurs aimeraient en compter dans leur carrière. Il le tient avec brio et tire le film vers le haut, pour le hisser à une hauteur remarquable.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Arco libre, Television Abierta, Magma Cine, A contracorriente films, INCAA, TVE, ICAA, Ibermedia, Aleph Media Distribution : Memento films Réalisation : Gastón Duprat, Mariano Cohn Scénario : Andrés Duprat Montage : Javier Braier Photo : Mariano Cohn Musique : Toni M. Mir Directeur artistique : Maria Eugenia Sueiro Durée : 118 min
Casting : Oscar Martinez : Daniel Dady Brieva : Antonio Andrea Frigerio : Irene Nora Navas : Nuria Manuel Vicente : L intendant Gustavo Garzon : Gerardo Palacios
Peu de réalisateurs parviennent à développer un style assez personnel pour être reconnaissable du premier coup d’œil. Aki Kaurismäki fait partie de ceux-là. Un style où se mêle humanisme, poésie avec toujours un léger sens de l’absurde qui crée un décalage savoureux. On avait pu le voir notamment dans l’Homme Sans Passé et Le Havre. On le retrouve tel qu’en lui même avec De l’Autre Côté de l’Espoir. Un film qui traite une nouvelle fois de la question des réfugiés (comme le Havre) et qui constitue un bel hommage à la générosité simple et spontanée.
Ceux qui connaissent bien et surtout apprécient Aki Kaurismäki n’auront guère besoin de plus que cette introduction. Il n’ont aucune raison de ne pas aller voir De l’Autre Côté de l’Espoir. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans cet univers singulier n’en auront aucune, bien au contraire. Voici l’occasion idéale de découvrir cet univers touchant et drôle, porté par une imagination visuelle où la fantaisie arrive par petites touches à des moments inattendus. Un film de Kaurismäki est un peu comme une boîte de chocolat, à chaque plan, on ne sait jamais d’avance sur quoi on va tomber.
Si on doit faire un seul reproche à De l’Autre Côté de l’Espoir, c’est peut-être une fin qui laisse penser qu’Aki Kaurismäki ne savait pas trop comment terminer cette histoire. Mais cela reste un défaut mineur, car si le film nous offre un vrai propos doté d’une réelle profondeur, cela passe autant par l’ambiance générale et les personnages que par un fil narratif vraiment élaboré. Avec ce film, on entre dans un univers humain et visuel, autant que dans une histoire. Un univers dans lequel on se sent bien, qui nous tire vers le haut en nous incitant à la réflexion. Et un peu au rêve également.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Production : Sputnik Oy, Oy Bufo Ab, Pandora film Distribution : Diaphana Réalisation : Aki Kaurismäki Scénario : Aki Kaurismäki Montage : Samu Heikkilä Photo : Timo Salminen Décors : Heikku Häkkinen, Markku Pätilä Directeur artistique : Aki Kaurismäki Durée : 98 min
Casting : Sherwan Haji : Khaled Sakari Kurosmanen : Wikström Ilkka Koivula : Calamnius Janne Hyytiainen : Nyrhinen Nuppu Koivu : Mirja Simon Al-Bazoon : Mazdak Tommi Korpela : Melartin Kati Outinen : la vendeuse de vêtements Kaija Pakarinen : la femme de Wikström
Le talent est clairement un des éléments les moins bien partagés sur terre avec les emplois d’assistants parlementaires surpayés. Certains en bénéficient et en abusent même, d’autres doivent se contenter de besogner besogneusement. Il y a un peu plus d’un an, Orelsan nous avait prouvé son talent protéiforme avec l’excellent Comme c’est Loin. C’est au tour de Grand Corps Malade de montrer qu’il est aussi à l’aise sur grand écran que sur scène. Son premier film, Patients, constitue une incontestable réussite, pleine d’intelligence et d’émotion.
Patients est un film autobiographique. Grand Corps Malade raconte sa propre expérience de la rééducation après avoir frôler la paraplégie. Un parcours forcément douloureux, physiquement et psychologiquement, quand on réalise à quel point les séquelles vont forcément modifier le future que l’on s’était imaginé. Tout cela est remarquablement retranscrit dans ce film, avec finesse, humour, mais sans éluder les aspects les plus sombres et la diversité des parcours. Celui de Grand Corps Malade constitue certes en lui même un message d’espoir, mais le film montre bien que tout le monde ne sera pas en mesure de le suivre dans une situation comparable.
Cinématographiquement, Patients n’est pas un film parfait. Mais on pardonne volontiers les quelques maladresses dont font preuves les deux co-réalisateurs débutants. Le film connaît quelques longueurs, certains dialogues sont un peu trop écrits, mais rien qui ne vienne diminuer l’impact du propos. Le projet était beau, mais assez casse-gueule, et l’immense majorité des pièges ont été évités. Pour finir, il ne faudrait pas passer la contribution de l’excellent casting qui est à saluer dans son ensemble.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Mandarin films, Kallouche cinéma, Gaumont Distribution : Gaumont Réalisation : Grand corps malade, Mehdi Idir Scénario : Grand corps malade, Fadette Drouard, d’après l’autobiographie de Grand corps malade Montage : Laure Gardette Photo : Antoine Monod Décors : Sylvie Olivé Musique : Angelo Foley Costumes : Claire Lacaze Durée : 110 min
Casting : Pablo Pauly : Ben Soufiane Guerrab : Farid Moussa Mansaly : Toussaint Nailia Harzoune : Samia Franck Falise : Steeve Yannick Renier : François Jason Divengele : Lamine Dominique Blanc : Dr Challes
La vie est injuste. Alors qu’Alibi.com se joue encore sur un nombre important d’écrans, j’ai du repérer la seule séance du jour du MK2 Montparnasse où se jouait 20th Century Women, un samedi soir à 21h, pour avoir la chance de voir ce film. Qu’est ce qui m’a poussé à faire autant d’effort pour ne pas rater ce long métrage, dont je ne savais pas grand chose avant d’entrer dans la salle ? L’instinct du cinéphile, sûrement, le même qui m’avait poussé à des efforts similaires pour aller voir les Oubliés. L’instinct… ou la métacritique d’Allociné…
20th Century Women est un film féministe, ce qui n’étonnera personne à la lecture du titre. Cependant, il s’agit avant tout d’un film humaniste car les personnages masculins n’y ont rien de secondaires. Il s’agit d’un film portrait, centré sur ses personnages, au travers desquels il livre le portrait d’une époque. C’est par eux que naît l’attachement relativement immédiat du spectateur et c’est par eux que tous les sujets seront abordés. Mais il ne s’agit pas d’un film choral, encore moins d’un film à sketchs, car les liens qui tissent entre eux offre au film son unité.
20th Century Women brille par un délicieux casting. Le trio formé par Annette Bening, Greta Gerwig et Elle Fanning frôle la perfection. Il est merveilleusement mis en valeur par la caméra subtile et élégante de Mike Mills. Il se dégage de tout ça beaucoup de poésie, de tendresse et d’émotion. De la réflexion, même si le film ne perd jamais une très agréable légèreté. Au final, un très bel hymne à la liberté et surtout au libre arbitre. Tout simplement un très beau film.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Annapurna Pictures, Archer Gray, Modern People Distribution : Mars distribution Réalisation : Mike Mills Scénario : Mike Mills Montage : Leslie Jones Photo : Sean Porter Décors : Chris Jones Musique : Roger Neill Durée : 109 min
Casting : Annette Bening : Dorothea Greta Gerwig : Abbie Billy Crudup : William Elle Fanning : Julie Mucas Jade Zumann : Jamie Curran Walters : Matt John Billingsley : Le gynéco d Abbie Gareth Williams : Chef des pompiers Alison Elliott : la mère de Julie
Je n’ai jamais apprécié outre mesure Nicolas Bedos. Ce n’est pas qu’il me hérissait particulièrement le poil, il me laissait largement indifférent. Et je n’étais pas loin de penser que son talent s’arrêtait au fait d’être le fils de. Il m’est désormais impossible de tenir un tel discours après avoir vu Monsieur & Madame Adelman. Acteur, réalisateur, scénariste, la réussite de ce film reste avant tout la sienne. Et on réussit rarement sans un minimum de talent.
Monsieur & Madame Adelman n’est certes pas non plus le film du siècle. Il s’agit avant tout d’une histoire d’amour, à la fois terriblement ordinaire et passablement extraordinaire. Ordinaire par les hauts et les bas que connaît ce couple comme tous ceux qui vivent une relation au très long cours. Extraordinaire par les personnalités des deux protagonistes qui n’auraient pas justifié un film si jamais elles avaient été trop banales. D’ailleurs, si Nicolas Bedos est évidemment au cœur de la réussite de ce film, il doit aussi beaucoup à sa compagne à l’écran, Doria Tillier qui tient là son premier rôle au cinéma et qui prouve une nouvelle fois que miss météo sur Canal+ est une école étonnamment efficace pour nous offrir des comédiennes de grand talent.
Doria Tillier a également cosigné le scénario. Or, Monsieur & Madame Adelman bénéficie avant tout d’un script remarquablement écrit. Les dialogues arrivent à être particulièrement percutants, tout en échappant à l’impression d’être trop littéraires. Du coup, on croit à cette histoire, reposant sur deux personnages auxquels on s’attache aussi bien pour leurs forces que leurs faiblesses. La réalisation est sobre, mais parfaitement maîtrisée. Tout ceci nous emmène vers un dénouement qui s’impose de lui-même tout en réservant quand même une dose de surprise.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Les films du Kiosque, France 2 cinéma, Orange studio, UMedia, Le Pacte, Chaocorp Distribution : Le Pacte Réalisation : Nicolas Bedos Scénario : Nicolas Bedos, Doria Tillier Montage : Anny Danché, Marie Silvi Photo : Nicolas Bolduc Décors : Stéphane Rozenbaum Son : Marc-Antoine Beldent, Séverin Favriau, Jean-Paul Hurier Musique : Philippe Kelly, Nicolas Bedos Durée : 120 min
Casting : Nicolas Bedos : Victor Adelman Doria Tillier : Sarah Adelman Christiane Millet : Mme De Richemont Antoine Gouy : Le journaliste Julien Boisselier : Antoine De Richemont Denis Podalyès : Le Psy Zabou Breitman : La directrice d’école Jean-Pierre Lorit : Marc
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