LION : Slumdog CSP-

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lionafficheQuand un film fait sa promotion en insistant lourdement sur un parallèle avec un autre film, on se dit généralement que c’est mal parti. On se dit qu’il n’est visiblement pas capable de trouver assez d’argument pour séduire par lui-même. Et le plus souvent, on a raison d’être méfiant. Une nouvelle preuve avec Lion qui s’est présenté lui-même comme le nouveau Slumdog Millionaire. Malheureusement pour lui, Garth Davis est loin d’avoir le talent de Dany Boyd. Le résultat n’est pas dénué d’efficacité, mais totalement formaté et sans imagination.

Lion sombre tout du long dans la facilité et ne prend aucun risque qu’il soit narratif ou artistique. Certes, l’histoire vrai dont il est tiré valait bien un film, mais il se contente ici d’exploiter a minima un pitch qui aurait pu donner une œuvre d’une toute autre ampleur. Il nous propose une sorte d’émotion obligatoire totalement insupportable, comme si nous parler d’un enfant pauvre devait forcément nous tirer des larmes. Cependant, on peut posséder un cœur et garder un minimum de sens critique pour ne rien trouver de bouleversant à cette histoire que la narration rend ici totalement cousue de fil blanc.

lionTout n’est pas forcément à jeter dans Lion. La première partie reste quand même assez réussie, sans être pour autant géniale. Garth Davis n’est pas totalement maladroit caméra en main, même s’il semble incapable de la moindre audace. Ce film souffre en fait d’une ambition démesurée par rapport à la somme de talent qui lui donne vie. Les producteurs espéraient sans doute nous offrir (et à leur compte en banque) un film à Oscars. Mais la ficelle est trop grosse. Le film laisse froid, ou du moins ne dépasse jamais une légère tiédeur. Bien loin en tout cas des températures nécessaires pour fondre une statuette dorée.

LA NOTE : 10,5/20

Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Screen Australia, See-Saw Films, Aquarius films, Sunstar Entertainment, Narrative Capital
Distribution : SND
Réalisation : Garth Davis
Scénario : Luke Davies, d’après le livre de Saroo Brierley
Montage : Alexandre de Franceschi
Photo : Greig Fraser
Décors : Chris Kennedy
Musique : Volker Bertelmann, Dustin O’Halloran
Costumes : Cappi Ireland
Durée : 118 min

Casting :
Sunny Pawar : Saroo enfant
Dev Patel : Saroo adulte
Nicole Kidman : Sue Brierley
David Wenham : John Brierley
Rooney Mara : Lucy
Divian Ladwa : Mantosh Brierley
Priyanka Bose : Kamla, la mère
Abhishek Bharate : Guddu, le grand frère
Tannishtha Chatterjee : Noor
Nawazuddin Siddiqui : Rawa

A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES : A ces films qu’on oublie

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aceuxquinousontoffensesafficheMême motif, même punition. J’avais été voir Les Derniers Parisiens pour la seule présence de Reda Kateb à l’écran. De même, je suis allé voir A Ceux qui Nous Ont Offensés parce que Michael Fassbender occupe le rôle principal. Mais dans les deux cas, je n’ai pu que constater qu’un seul homme ne fait pas un film. Encore une fois, le film n’est pas franchement mauvais, mais manque de trop d’intérêt pour être vraiment enthousiasmant.

A Ceux qui Nous Ont Offensés est un film pour rien. Certes, une histoire se suffit parfois à elle-même, même quand elle ne porte pas de message, de réflexion profonde, qu’elle ne témoigne de rien. Juste un début, un milieu et une fin, une intrigue, des personnages. Cela donne parfois un résultat qui procure le seul plaisir de la narration et il peut être grand quand elle est est menée avec talent. Mais ici, même en se laissant porté par le récit, on arrive finalement à une destination sans grand relief après un voyage qui n’aura jamais vraiment stimulé outre mesure la curiosité du spectateur.

aceuxquinousontoffensesReste évidemment le plaisir d’admirer Michael Fassbender. Cependant, il ne tient pas ici son rôle le plus marquant, loin de là. D’ailleurs, il est relativement éclipsé par Brendan Gleeson dont le personnage est nettement plus intéressant. Bref, niveau performance d’acteurs, rien de délirant non plus, mais encore une fois rien de mauvais non plus. Globalement, A Ceux qui Nous Ont Offensé est réalisé avec un minimum de talent, mais sans souffle et sans imagination. On ne s’ennuie au final jamais vraiment, mais le film ne laisse quasiment aucune trace dans l’esprit du spectateur.

LA NOTE : 10/20

Fiche technique :
Production : Potboiler Productions, Film4, Albert Granville, Animal Kingdom, Head Gear films, DMC Film
Distribution : The Jokers
Réalisation : Adam Smith
Scénario : Alastair Siddons
Montage : Kristina Hetherington, Jake Roberts
Photo : Eduard Grau
Format : couleur – 35 mm – 2.35:1 – Dolby numérique
Musique : The Chemical Brothers
Directeur artistique : Andrea Matheson
Durée : 99 min

Casting :
Michael Fassbender : Chad Butler
Brendan Gleeson : Colby Cutler
Killian Scott : Kenny
Rory Kinnear : Lovage
Lyndsey Marshal : Kelly Cutler
Sean Harris : Gordon Bennett
Tony Way : Norman
Gerard Kearns : Lesterr
Barry Keoghan : Windows
Alan Williams : Noah

LOGAN : Le crépuscule des Dieux

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loganafficheA force de proposer plusieurs films par an, on commence à douter de la capacité de Marvel à se renouveler et à proposer quelque chose de vraiment différent. Pourtant, force est de constater que nos craintes sont infondées. Certes, pas une année sans un ou deux productions médiocres. Mais aussi la capacité de nous proposer encore de grands films. Logan est un grand film qui se démarque à la fois par des qualités purement artistiques et un scénario qui ne ressemble, de près ou de loin, à aucune autre histoire de super-héros.

La grande force de Marcel est d’avoir créé ce qui s’apparente à une mythologie. Avec ses mythes et ses dieux hauts en couleurs, mais qui, au fond, ne font que raconter l’histoire des simples mortels. Cela définit parfaitement Logan. Un film sur la nostalgie au moment de contempler sa propre existence que l’on sait être avant tout derrière soi. Contempler ses erreurs et savoir qu’il est trop tard pour les corriger. Il ne reste alors que la possibilité de transmettre aux plus jeunes pour qu’ils ne connaissent pas les mêmes travers. Voilà le coeur du film. Les péripéties, les combats qui rythment l’histoire ne sont que le support d’un propos profond sans être lourd, qui donne vraiment l’impression en tout cas d’être infiniment plus qu’un simple film de super-héros. Des héros qui ont d’ailleurs passé l’âge d’être super !

loganLogan est aussi peut-être le film Marvel le mieux réalisé jusqu’alors. La mise en scène épouse parfaitement le sujet et donne une âme supplémentaire au film. Crépusculaire, ce dernier porte le spectateur en lui offrant un superbe et imprenable point de vue sur un monde qui prend fin. La direction d’acteurs est elle aussi au niveau. Enfin, on se rappelle que le rôle de Wolverine est interprété par un grand acteur en la personne de Hugh Jackman. Enfin le comédien et le personnage entrent en synergie pour lui donner une épaisseur inégalée jusqu’alors dans cet univers. Pour terminer, il faut saluer la lumineuse révélation de ce film. Dafne Keen, par sa présence et son talent, nous fait définitivement aimer ce beau et grand film.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Donners’ Company, Kinberg genre, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, 20th Century Fox
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : James Mangold
Scénario : James Mangold, Scott Frank, Michael Green
Montage : Michael McCusker, Dirk Westervelt
Photo : John Mathieson
Décors : François Audouy
Musique : Marco Beltrami
Costumes : Daniel Orlandi
Durée : 137 min

Casting :
Hugh Jackman : Logan
Patrick Stewart : Professeur X, Charles Xavier
Dafne Keen : Laura
Boyd Holbrook : Pierce
Stephen Merchant : Caliban
Elizabeth Rodriguez : Gabriela
Richard E. Grant : Dr Rice
Eriq La Salle : Will Munson

LES OUBLIES : Pour ne pas oublier

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lesoubliesafficheBeaucoup de films portent sur des histoires, petites ou grandes, qui ne justifient guère en elle-même d’être portée sur grand écran. Parfois cependant, elles finissent par nous ravir par la grâce d’un réalisateur créateur d’images enchanteurs ou des comédiens qui savent donner une âme inespérée à un personnage au-delà du texte brut couché sur le papier où est imprimé le scénario. D’autres au contraire, valent d’être racontées pour ce qu’elles sont, juste ce qu’elles sont. C’est le cas de Les Oubliés. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’aurais consenti autant d’effort pour aller le voir alors qu’il ne se jouait plus qu’à un seul horaire dans un seul UGC, alors que la bande-annonce ne me disait trop rien. Poussé par mon instinct peut-être. Mais pour le coup, mon instinct avait vu juste.

Les Oubliés nous plonge donc dans un épisode méconnu de l’histoire. Un épisode terriblement dramatique, mais qui concerne les vaincus. Or, on sait bien que ce ne sont pas eux qui écrivent l’histoire et que les vainqueurs ne veulent voir en eux-même que des héros. Justice est donc rendue à ces jeunes garçons, morts de l’absurdité des guerres alors que l’Armistice avait été signée. C’est le moins que puisse faire l’humanité. Tout ceux qui sont sensibles à l’Histoire, celle avec un grand H, apprécieront donc ce film pour ce qu’il apporte à notre mémoire collective.

lesoubliesEvidemment, tout cela serait un peu juste si la réalisation et l’écriture n’avaient pas été à la hauteur. Les Oubliés bénéficient d’un scénario particulièrement intelligent qui laisse le spectateur entrer dans l’histoire en mesurant peu à peu tous les enjeux en même temps qu’il apprend à connaître les personnages. Le film évite avec brio l’émotion facile en jetant le drame à la face d’une salle obscure qui n’aurait pas eu temps de vraiment savoir quoi en faire. Il s’attache avant cela à créer une émotion profonde, ancrée au cœur du spectateur. Ce dernier pourra donc difficilement ne pas être bouleversé par cette histoire qui méritait bien plus qu’un film.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Réalisation : Martin Zandvliet
Scénario : Martin Zandvliet

Casting :
Roland Møller : Sgt. Carl Rasmussen
Mikkel Boe Følsgaard : Lt. Ebbe Jensen
Laura Bro : Karin
Louis Hofmann : Sebastian Schumann
Joel Basman : Helmut Morbach
Oskar Bökelmann : Ludwig Haffke
Emil Belton : Ernst Lessner (comme Emil Buschow)
Oskar Belton : Werner Lessner (comme Oskar Buschow)
Leon Seidel : Wilhelm Hahn
Karl Alexander Seidel : Manfred
Maximilian Beck : August Kluger
August Carter : Rudolf Selke
Tim Bülow : Hermann Marklein
Alexander Rasch : Friedrich Schnurr
Julius Kochinke : Johann Wolff

DE PLUS BELLE : L’envie d’y croire

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deplusbelleafficheTout le monde est beau, il suffit juste à chacun de savoir qu’il l’est. Voilà une belle idée inventée par les gens beaux. Les gens qui ne le sont pas savent bien que ce n’est pas vrai. Mais bon, on va essayer d’y croire le temps d’un film. Sinon, on se retrouve incapable d’apprécier pleinement De Plus Belle. Et cela serait fort dommage et injuste. Surtout qu’il se révèle bien plus riche que nous pouvait le laisser penser la bande-annonce.

J’avoue que je n’étais vraiment pas tenté par De Plus Belle, en ayant l’impression de pouvoir le raconter avant même de l’avoir vu. Or, il n’en est rien car des éléments importants du scénario (notamment un) n’était pas révélé par la bande-annonce. Au final, au-delà du message positif, peut-être un peu simpliste, délivré, d’autres sujets sont abordés (je ne les citerai évidemment pas du coup) avec beaucoup d’intelligence et de tendresse. Cela donne au final un joli film humaniste, avec des côtés gnangnans certes, mais d’autres qui ne le sont heureux pas du tout.

deplusbelleDe Plus Belle offre à Florence Foresti un très joli rôle. Elle rejoint la longue liste des acteurs « comiques » à qui on offre un rôle dramatique pour feindre de découvrir tout à coup l’étendu de leur talent. Cela est arrivé déjà trop de fois pour être vraiment surpris, mais comme rien n’est jamais gagné d’avance, on est heureux de le constater. Elle se hisse largement à la hauteur d’un Matthieu Kassovitz que ce rôle de pousse pas dans ses retranchements, mais qui apporte un supplément de charisme qui tire le tout vers le haut. Voici un film, dont on ressort une petite larme à l’œil, mais aussi avec un beau sourire qui fait du bien.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : StudioCanal, France 2 Cinéma, Auvergne Rhône-Alpes Cinéma, Nolita cinéma
Distribution : Studiocanal
Réalisation : Anne-Gaëlle Daval
Scénario : Anne-Gaëlle Daval
Montage : Frédéric Baillehaiche
Photo : Antoine Roch
Décors : Nicolas Migot
Musique : Alexis Rault
Durée : 98 min

Casting :
Mathieu Kassovitz : Clovis
Florence Foresti : Lucie Larcher
Nicole Garcia : Dalila
Jonathan Cohen : Frédéric
Olivia Bonamy : Manon
Josée Drevon : Yvonne
Jeanne Astier : Hortense
Norbert Ferrer : Ben
Perrette Souplex : Salomé

LES FIGURES DE L’OMBRE : Sous vos applaudissements

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lesfiguresdelombreafficheSi applaudir est un acte usuel, pour ne pas dire obligatoire, quand on parle de spectacle vivant, c’est une chose beaucoup plus rare au cinéma. Des applaudissements à la fin du film sont souvent le signe d’un public réellement conquis et enthousiaste. Alors entendre le public taper dans ses mains à plusieurs reprises, au cœur même du film, constitue un événement réellement exceptionnel. Les Figures de l’Ombre serait donc un film exceptionnel ? Je n’irai pas jusque là. Mais un film remarquablement réussi, c’est certain.

Les Figures de l’Ombre (dommage que le titre français ne reprenne pas le jeu de mots en anglais sur le double sens du mot « figures ») reste une grosse machine hollywodienne. C’est là sa plus grande limite. C’est largement cousu de fil blanc, certainement particulièrement romancé par rapport au déroulé réel des évènements. Le racisme, le féminisme peuvent donner des films durs et puissants. Ici, le résultat reste quand même assez gentillet, plein de bonnes intentions et de bons sentiments. La réalisation est sans réelle imagination, mais d’une froide efficacité.

lesfiguresdelombreCependant, cette efficacité toute hollywodienne constitue aussi la plus grande force du film. Les Figures de l’Ombre est une machine. Mais une machine incroyablement bien huilée qui nous fait entrer avec enthousiasme dans cette histoire et nous attacher immédiatement aux personnages. Le film est ponctué de quelques répliques particulièrement mordantes (celles qui ont provoqué des applaudissements en plein film). Et puis, il y a Kevin Costner… Il n’est pas une telle légende pour rien et son charisme ébloui l’écran sans qu’on sache même vraiment pourquoi. Mais il serait évidemment injuste, surtout pour un tel film, de passer sous silence la brillante performance de Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae. Ce film leur doit beaucoup. Assez pour mérite un tonnerre d’applaudissements.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Levantine films, Chernin Entertainment, Fox 200 Pictures
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Theodore Melfi
Scénario : Allison Schroeder, Theodore Melfi, d’après le livre de Margot Lee Shetterly
Montage : Peter Teschner
Photo : Mandy Walker
Décors : Wynn Thomas
Musique : Hans Zimmer, Pharrell Williams
Effets spéciaux : Crafty Apes
Durée : 126 mn

Taraji P. Henson : Katherine Johnson
Octavia Spencer : Dorothy Vaughn
Janelle Monáe : Mary Jackson
Kevin Costner : Al Harrison
Kirsten Dunst : Vivian Michael
Aldis Hodge : Levi Jackson

T2 TRAINSPOTTING : Même les junkies sont nostalgiques

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t2trainspottingafficheQuand on va voir la suite 20 après d’un film culte de son adolescence, on s’attend à deux choses. D’une part, un peu de nouveauté quand même, histoire de se dire qu’on ne s’est pas non plus déplacé pour rien. Mais d’autre part, beaucoup de liens avec le premier volet pour pouvoir s’adonner au doux plaisir de la nostalgie. Voici très certainement l’état d’esprit qui habitait les gens de ma génération au moment d’aller voir T2 Trainspotting. Pour un des deux aspects, ils en ont eu pour leur argent. Pour l’autre c’est moins sûr.

Ne gardons pas le suspense plus longtemps, T2 Trainspotting est avant tout un film nostalgique. Nostalgique par les souvenirs qu’il réveille chez le spectateur. Mais aussi parce que c’est un des sujets principaux du film. Un film sur le temps qui passe et la jeunesse depuis longtemps envolée, jusqu’au moment où on s’aperçoit qu’on a peu foiré sa vie et qu’il est trop tard pour tout recommencer. Cette synergie entre l’état d’esprit du public et le fil rouge du film fait la force de ce dernier et explique qu’au final on passe tout de même un excellent moment.

t2trainspottingAprès, sans cet œil nostalgique, il n’est pas évident de trouver à T2 Trainspotting un intérêt délirant. L’intrigue offre quelques rebondissements, mais tout sonne comme un prétexte à ce que j’ai développé précédemment. La seule nouveauté est le personnage réussi interprété par Anjela Nedyalkova. Elle apporte un peu de fraîcheur, alors que tout le reste s’apparente quand même à un grand recyclage. C’est certes écologique, mais un peu frustrant, surtout venant d’un réalisateur comme Dany Boyle qui ne force vraiment pas son talent. Mais au final, pour un spectateur comme moi, le bilan reste positif.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Cloud eight films, DNA films, Decibel Films, Tristar pictures
Distribution : Sony Pictures
Réalisation : Danny Boyle
Scénario : John Hodge, D’après Porno de Irvine Welsh
Montage : Jon Harris
Photo : Anthony Dod Mantle
Décors : Patrick Rolfe, Mark Tildesley
Musique : Rick Smith
Durée : 117 min

Casting :
Irvine Welsh : Mikey Forrester
Kelly Macdonald : Diane
Anjela Nedyalkova : Veronika
Robert Carlyle : Begbie
Ewen Bremner : Spud
Jonny Lee Miller : Sick Boy
Ewan McGregor : Renton
Shirley Henderson : Gail

LES DERNIERS PARISIENS : Il n’y a pas d’homme providentiel

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lesderniersparisiensafficheIl y a des acteurs qui peuvent vous amener à eux seuls à aller voir un film que vous auriez sûrement boudé sinon. Reda Kateb est de ceux-là. Sans sa présence à l’affiche, je ne serais sûrement pas allé voir les Derniers Parisiens. Mais un seul homme fait-il un film ? Peut-il compenser un scénario un peu faiblard ? Pas sûr que la réponse soit positive.

Les Derniers Parisiens est avant tout un hommage à Pigalle. Pas celui des sex-shops géant, mais celui des petits bistrots. Et surtout à ceux qui les tiennent. Ça rappelle parfois la série Pigalle, la Nuit. Mais pour une fois on préférera le petit au grand écran. En effet, cette histoire de relations fraternelles et tumultueuses n’a pas de quoi bouleverser le spectateur.

lesderniersparisiensHeureusement, il reste Reda Kateb. A la fois, on est venu voir les Derniers Parisiens pour lui. Il fait preuve de son charisme habituel et empli l’écran de sa présence. Cela reste un régal, même si on sent qu’il a bien du mal à donner le meilleur de lui-même dans ce rôle qui manque d’envergure. Reste pour apprécier ce film la nostalgie d’un Paris qui disparaît que le film tente de nous faire partager. De ce Paris, on peut bien être nostalgique. De ce film, c’est déjà plus difficile.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Hamé et Ekoué
Scénario : Hamé et Ekoué
Musique : Demon Pepper Island
Montage : Karine Prido
Photographie : Lubomír Bakechev
Cadre : Yoan Cart
Décors : Samuel Teisseire
Costumes : Khadija Zeggaï
Producteur : Benoît Danou, Hamé et Ekoué
Durée : 105 minutes

Casting :
Reda Kateb : Nas
Slimane Dazi : Arezki
Mélanie Laurent : Margot
Constantine Attia : Constantine
Bakary Keita : Bak
Willy L’Barge : Lucrèce
Yassine Azzouz : Diomède
Lola Dewaere : la serveuse du bar

SPLIT : Retour au sommet

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splitafficheOn ne peut pas être toujours au top de sa forme. Une carrière est forcément faite de hauts et de bas. Celle de Night Shyamalan n’échappe pas à la règle. Le soucis pour lui est que la sienne à commencé par un sommet avec le 6ème Sens. Depuis, il donne l’impression de remonter éternellement la pente en jouant aux montagnes russes. Mais avec Split, il prouve qu’il a encore toute sa place en altitude.

Les ressorts de Split n’ont rien de très originaux. Les victimes innocentes enfermées par un psychopathe constitue le pitch de bon nombre de productions chaque année. Mais ici, on voit bien ce que ça peut donner quand un cinéaste aussi talentueux s’y attaque. La qualité du scénario et de la réalisation font ici la différence. Une nette différence. Il redonne ses lettres de noblesse au film de genre et tous les amateurs éclairés ne peuvent que s’en réjouir.

splitLe principal intérêt du scénario repose sur la personnalité… ou plutôt les personnalités du psychopathe en question. 24 pour être précis. J’avoue que l’idée de base m’avait laissé circonspect. Mais Night Shyamalan réussit à l’exploiter pleinement pour un résultat convainquant qui doit beaucoup à la performance assez extraordinaire de James McAvoy. Le tout est sublimé par une forme impeccable qui crée une tension particulièrement intense de la première à la dernière seconde. Du coup, ça fait grave flipper sa mère, comme disent les jeunes. Et c’est tout ce qu’on demandait à ce film. Une bonne raison donc d’en sortir heureux.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Blinding Edge Pictures, Blumhouse Productions
Distribution : Universal Pictures International France
Réalisation : M. Night Shyamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Montage : Luke Franco Ciarrocchi
Photo : Mike Gioulakis
Format : couleur
Décors : Mara LePere-Schloop
Musique : West Dylan Thordson
Directeur artistique : Jesse Rosenthal
Durée : 117 min

Casting :
James McAvoy : Kevin, Denis, Barry, Hedwige, Patricia
Betty Buckley : Dr Fletcher
Anya Taylor-Joy : Casey
Jessica Sula : Marcia
Kim Director : Hannah
Brad William Henke : Oncle John
Sebastian Arcelus : Le père de Casey
Neal Huff : Mr Benoit

SI J’ETAIS UN HOMME : Grosse surprise

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sijetaisunhommeafficheSi J’Etais un Homme fait partie de ces films que je suis allé voir sans rien en attendre. Ca avait l’air plutôt lourdingue et en plus, il y avait Christian Clavier à l’affiche, ce qui n’est pas forcément bon signe. Mais voyant les critiques globalement positives, je me suis laissé tenter, parce qu’une comédie même un peu grasse fait du bien parfois en ces temps troublés. J’ai pris un risque, mais il fut payant, ce film étant beaucoup plus réussi qu’il n’en avait l’air.

Le grand mérite de Si J’Etais un Homme est presque paradoxalement de rester relativement superficiel. Superficiel ne veut cependant pas toujours dire idiot ou sans intérêt. Il ne fait qu’effleurer un sujet, mais aussi pour souligner qu’il est peut-être plus léger qu’on ne le pense. Si on parle bien ici du rapport homme-femme, avec ses inégalités, c’est aussi pour montrer qu’on est bien enfermé dans des stéréotypes qui ne résistent pas longtemps quand on s’y penche. Ils sont démontables d’une pichenette. Ce film n’est qu’une pichenette, mais pour le coup, c’était suffisant.

sijetaisunhommeSi J’Etais un Homme reste donc au final avant tout une comédie. C’est premier degré, ça navigue souvent en dessous de la ceinture, et pour cause, mais c’est drôle. Et bien la qualité première que l’on exige pour ce genre de film. Les personnages sont touchants, sympathiques et jamais gnangnans. Mention spéciale à Audrey Dana qui aura mis tout son cœur dans ce projet. Alice Belaïdi est toujours aussi attachante. Même Eric Elmosnino m’a presque séduit, pourtant dieu sait si je déteste ce acteur. En tout cas, si ce n’est pas le film du siècle, il constitue une bonne surprise rafraîchissante.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Audrey Dana
Scénario : Audrey Dana et Maud Ameline
Dialogues : Audrey Dana, Maud Ameline et Murielle Magellan
Musique : Emmanuel d’Orlando
Producteur : Olivier Delbosc et Marc Missonnier

Casting :
Audrey Dana : Jeanne
Christian Clavier : Dr Pace
Éric Elmosnino : Merlin
Alice Belaïdi : Marcelle
Joséphine Draï : Joe
Victoire Brunelle-Remy : Lou