
Lion sombre tout du long dans la facilité et ne prend aucun risque qu’il soit narratif ou artistique. Certes, l’histoire vrai dont il est tiré valait bien un film, mais il se contente ici d’exploiter a minima un pitch qui aurait pu donner une œuvre d’une toute autre ampleur. Il nous propose une sorte d’émotion obligatoire totalement insupportable, comme si nous parler d’un enfant pauvre devait forcément nous tirer des larmes. Cependant, on peut posséder un cœur et garder un minimum de sens critique pour ne rien trouver de bouleversant à cette histoire que la narration rend ici totalement cousue de fil blanc.

LA NOTE : 10,5/20
Fiche technique :
Production : The Weinstein Company, Screen Australia, See-Saw Films, Aquarius films, Sunstar Entertainment, Narrative Capital
Distribution : SND
Réalisation : Garth Davis
Scénario : Luke Davies, d’après le livre de Saroo Brierley
Montage : Alexandre de Franceschi
Photo : Greig Fraser
Décors : Chris Kennedy
Musique : Volker Bertelmann, Dustin O’Halloran
Costumes : Cappi Ireland
Durée : 118 min
Casting :
Sunny Pawar : Saroo enfant
Dev Patel : Saroo adulte
Nicole Kidman : Sue Brierley
David Wenham : John Brierley
Rooney Mara : Lucy
Divian Ladwa : Mantosh Brierley
Priyanka Bose : Kamla, la mère
Abhishek Bharate : Guddu, le grand frère
Tannishtha Chatterjee : Noor
Nawazuddin Siddiqui : Rawa

Reste évidemment le plaisir d’admirer Michael Fassbender. Cependant, il ne tient pas ici son rôle le plus marquant, loin de là. D’ailleurs, il est relativement éclipsé par Brendan Gleeson dont le personnage est nettement plus intéressant. Bref, niveau performance d’acteurs, rien de délirant non plus, mais encore une fois rien de mauvais non plus. Globalement, A Ceux qui Nous Ont Offensé est réalisé avec un minimum de talent, mais sans souffle et sans imagination. On ne s’ennuie au final jamais vraiment, mais le film ne laisse quasiment aucune trace dans l’esprit du spectateur.
Logan est aussi peut-être le film Marvel le mieux réalisé jusqu’alors. La mise en scène épouse parfaitement le sujet et donne une âme supplémentaire au film. Crépusculaire, ce dernier porte le spectateur en lui offrant un superbe et imprenable point de vue sur un monde qui prend fin. La direction d’acteurs est elle aussi au niveau. Enfin, on se rappelle que le rôle de Wolverine est interprété par un grand acteur en la personne de Hugh Jackman. Enfin le comédien et le personnage entrent en synergie pour lui donner une épaisseur inégalée jusqu’alors dans cet univers. Pour terminer, il faut saluer la lumineuse révélation de ce film. Dafne Keen, par sa présence et son talent, nous fait définitivement aimer ce beau et grand film.
Evidemment, tout cela serait un peu juste si la réalisation et l’écriture n’avaient pas été à la hauteur. Les Oubliés bénéficient d’un scénario particulièrement intelligent qui laisse le spectateur entrer dans l’histoire en mesurant peu à peu tous les enjeux en même temps qu’il apprend à connaître les personnages. Le film évite avec brio l’émotion facile en jetant le drame à la face d’une salle obscure qui n’aurait pas eu temps de vraiment savoir quoi en faire. Il s’attache avant cela à créer une émotion profonde, ancrée au cœur du spectateur. Ce dernier pourra donc difficilement ne pas être bouleversé par cette histoire qui méritait bien plus qu’un film.
De Plus Belle offre à Florence Foresti un très joli rôle. Elle rejoint la longue liste des acteurs « comiques » à qui on offre un rôle dramatique pour feindre de découvrir tout à coup l’étendu de leur talent. Cela est arrivé déjà trop de fois pour être vraiment surpris, mais comme rien n’est jamais gagné d’avance, on est heureux de le constater. Elle se hisse largement à la hauteur d’un Matthieu Kassovitz que ce rôle de pousse pas dans ses retranchements, mais qui apporte un supplément de charisme qui tire le tout vers le haut. Voici un film, dont on ressort une petite larme à l’œil, mais aussi avec un beau sourire qui fait du bien.
Cependant, cette efficacité toute hollywodienne constitue aussi la plus grande force du film. Les Figures de l’Ombre est une machine. Mais une machine incroyablement bien huilée qui nous fait entrer avec enthousiasme dans cette histoire et nous attacher immédiatement aux personnages. Le film est ponctué de quelques répliques particulièrement mordantes (celles qui ont provoqué des applaudissements en plein film). Et puis, il y a Kevin Costner… Il n’est pas une telle légende pour rien et son charisme ébloui l’écran sans qu’on sache même vraiment pourquoi. Mais il serait évidemment injuste, surtout pour un tel film, de passer sous silence la brillante performance de Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae. Ce film leur doit beaucoup. Assez pour mérite un tonnerre d’applaudissements.
Après, sans cet œil nostalgique, il n’est pas évident de trouver à T2 Trainspotting un intérêt délirant. L’intrigue offre quelques rebondissements, mais tout sonne comme un prétexte à ce que j’ai développé précédemment. La seule nouveauté est le personnage réussi interprété par Anjela Nedyalkova. Elle apporte un peu de fraîcheur, alors que tout le reste s’apparente quand même à un grand recyclage. C’est certes écologique, mais un peu frustrant, surtout venant d’un réalisateur comme Dany Boyle qui ne force vraiment pas son talent. Mais au final, pour un spectateur comme moi, le bilan reste positif.
Heureusement, il reste Reda Kateb. A la fois, on est venu voir les Derniers Parisiens pour lui. Il fait preuve de son charisme habituel et empli l’écran de sa présence. Cela reste un régal, même si on sent qu’il a bien du mal à donner le meilleur de lui-même dans ce rôle qui manque d’envergure. Reste pour apprécier ce film la nostalgie d’un Paris qui disparaît que le film tente de nous faire partager. De ce Paris, on peut bien être nostalgique. De ce film, c’est déjà plus difficile.
Le principal intérêt du scénario repose sur la personnalité… ou plutôt les personnalités du psychopathe en question. 24 pour être précis. J’avoue que l’idée de base m’avait laissé circonspect. Mais Night Shyamalan réussit à l’exploiter pleinement pour un résultat convainquant qui doit beaucoup à la performance assez extraordinaire de James McAvoy. Le tout est sublimé par une forme impeccable qui crée une tension particulièrement intense de la première à la dernière seconde. Du coup, ça fait grave flipper sa mère, comme disent les jeunes. Et c’est tout ce qu’on demandait à ce film. Une bonne raison donc d’en sortir heureux.
Si J’Etais un Homme reste donc au final avant tout une comédie. C’est premier degré, ça navigue souvent en dessous de la ceinture, et pour cause, mais c’est drôle. Et bien la qualité première que l’on exige pour ce genre de film. Les personnages sont touchants, sympathiques et jamais gnangnans. Mention spéciale à Audrey Dana qui aura mis tout son cœur dans ce projet. Alice Belaïdi est toujours aussi attachante. Même Eric Elmosnino m’a presque séduit, pourtant dieu sait si je déteste ce acteur. En tout cas, si ce n’est pas le film du siècle, il constitue une bonne surprise rafraîchissante.
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