MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS, BRIDGET JONES BABY : Heureuses retrouvailles

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missperegrineetlesenfantsparticuliersafficheLe mois de septembre cinématographique nous a offert deux retrouvailles heureuses. Retrouvaille avec un immense réalisateur, à savoir Tim Burton. Non qu’il n’ait jamais disparu de nos grands écrans, mais il est vrai que sa filmographie est beaucoup plus inégale ces dernières années. C’est donc avec joie qu’on le retrouve au meilleur de sa forme avec Miss Peregrine et les Enfants Particuliers. Pourtant, personnellement, la bande-annonce ne m’avait pas forcément rempli d’enthousiasme. Cela sentait le sous-Narnia à plein nez. Au final, Tim Burton a su créer un avenir bien à lui.

On retrouve dans Miss Peregrine et les Enfants Particuliers beaucoup d’éléments classiques de l’univers burtonien… mais de manière peut-être plus discrète que d’habitude. C’est gothique, mais pas trop. Du coup, il enrichit son propre imaginaire pour un résultat esthétiquement très réussi. Tout cela est au service d’une histoire qui sait séduire le spectateur. C’est avant tout par la galerie de personnages que le charme opère. Ce sont certes des enfants, mais ils présentent tous une réelle épaisseur et on échappe à toute litanie de bons sentiments. Action et aventures sont aussi au rendez-vous. Sans forcément être réellement originaux, ces aspects permettent aux spectateurs de ne jamais s’ennuyer une seconde.

bridgetjonesbabyafficheRetrouvaille aussi avec un personnage particulièrement attachant. Bridget Jones Baby nous permet de passer un nouveau bon moment avec notre célibataire désespérée préférée. Pourtant, vu le caractère particulièrement décevant du deuxième volet, on pouvait craindre le pire pour le troisième. Heureusement pour nous, Sharon Maguire retrouve l’esprit du permier volet… peut-être tout simplement parce que c’était déjà elle qui l’avait réalisé. Un retour aux sources salutaire donc.

Bridget Jones Baby a la bonne idée d’être drôle et rythmée. Cela n’échappe pas totalement à la sensation de recyclage, mais l’apport Patric Dempsey est assez significatif pour avoir tout de même la sensation de ne pas revivre encore et toujours la même histoire. L’humour est parfois assez premier degré, mais il fonctionne. Et le charme opère, malgré une Renée Zellweiger qui a décidé de ressembler à Carrie Fisher dans le dernier Star Wars. Elle est quasiment défigurée, mais son regard et son sourire restent les mêmes. Alors on passe outre et on se laisse bercer par cette histoire de bébé… et surtout d’amour ! Pour les romantiques… et les autres !

LES NOTES :
MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS : 13,5/20
BRIDGET JONES BABY : 13/20

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS
Fiche technique :
Production : Chernin Entertainment, Scope Pictures, Tim Burton productions, St. Petersburg Clearwater Film Commission
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Tim Burton
Scénario : Jane Goldman, d’après Miss Peregrine et les Enfants particuliers de Ransom Riggs
Montage : Chris Lebenzon
Photo : Bruno Delbonnel
Format : couleur – 1.85:1
Décors : Gavin Bocquet
Musique : Mike Higham, Matthew Margeson
Directeur artistique : Rod McLean, Mark Scruton
Durée : 127 min

Casting :
Eva Green : Miss Peregrine
Asa Butterfield : Jacob « Jake » Portman
Judi Dench : Miss Avocet
Terence Stamp : Abraham « Abe » Portman
Allison Janney : Dr Golan
Samuel L. Jackson : M. Barron
Ella Purnell : Emma Bloom
Chris O’Dowd : Franklin Portman
Rupert Everett : Un ornithologue

BRIDGET JONES BABY
Fiche technique :
Production : Miramax, StuidoCanal, Working Title Films, Universal Pictures
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Sharon Maguire
Scénario : Helen Fielding, Dan Mazer, Emma Tompson
Montage : Melanie Ann Oliver
Photo : Andrew Dunn
Décors : Roya Fraser, Sara Wan, John Paul Kelly
Musique : Craig Amstrong
Directeur artistique : David Hindle, Jonathan Houlding
Durée : 125 min

Casting :
Renee Zellweger : Bridget Jones
Colin Firth : Mark Darcy
Patrick Dempsey : Jack Qwant
Emma Thompson : Dr Rawling
Shirley Henderson : Jude
Jim Broadbent : le père de Bridget
Celia Imrie : Una Alconbury
James Callis : Tom
Mark Arnold : Anthony Mathis

FILMS D’AUTOMNE

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justelafindumondeafficheTrois films au programme de cet avis. Trois films qui n’ont a peu près rien en commun, si ce n’est d’être sorti au premier jour de l’automne sur nos écrans. On commence par Juste la Fin du Monde, le dernier film de Xavier Nolan. C’est certain qu’après avoir signé un chef d’œuvre comme Mummy, il était difficile de le voir rebondir à des hauteurs comparables. Son nouveau film représente à la fois une confirmation et une petite déception. La confirmation d’un talent de réalisateur absolument fabuleux. Les images sont sublimes, la direction d’acteurs incroyable. C’est beau, c’est maîtrisé, chaque plan est un bijou. Mais voilà, cela ressemble au final plus à un exercice de style qu’autre chose. La beauté artistique ne suffit pas à donner un vraie souffle à une histoire qui aurait du nous émouvoir profondément. Elle ne suffit pas à rendre attachant des personnages qui ne le sont pas. Du coup, on admire, on est parfois bluffé par tant de talent. Mais seul la raison vibre, pas le cœur. Or, c’est bien à lui que ce film aurait du être adressé.

kuboafficheOn enchaîne avec une petite pépite. Kubo et l’Armure Magique restera peut-être le meilleur film d’animation de cette année 2016. Une grande aventure enfantine, mais pas que. Il y a de l’action, des sentiments, de l’humour, des personnages très réussis et attachants. Que de bonne choses qui prennent vie grâce à une animation sublime, qui mêle différentes techniques. Principalement filmé en stop-motion, il s’en dégage un sens de l’esthétisme et une chaleur inaccessible au pur numérique. Le tout est soutenu par un casting voix assez incroyable : Charlize Theron, Ralph Fiennes, Rooney Mara et Matthew McConaughey, rien que ça ! Bref, pour petits et grands et à consommer sans modération.

brooklynvillageafficheOn termine par Brooklyn Village, film aux sujets multiples, mais dont aucun ne m’a vraiment passionné. Que ce soit l’adolescence ou les conséquences de la gentrification de certains quartiers, les thèmes sont abordés avec intelligence, mais ne provoque qu’un intérêt poli. Les moments d’émotion émeuvent, mais pas plus que ça. Bref, ce n’est ni mauvais, ni raté, mais guère emballant. Cela fait beaucoup de mais pour une seule critique. Un peu trop pour être celle d’un grand film.

LES NOTES :
JUSTE LA FIN DU MONDE : 12/20
KUBO ET L’ARMURE MAGIQUE : 14/20
BROOKLYN VILLAGE : 10,5/20

VICTORIA : Sans étiquette

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victoriaafficheMême si mon retard reste toujours stratosphérique (surtout après un week-end prolongé à six films…), il y a quand même quelques longs métrages sur lesquels j’ai envie de prendre le temps de m’arrêter. Victoria est de ceux-là. Non qu’il soit forcément parmi les meilleurs objectivement que j’ai vu ces dernières semaines, mais il représente un petit coup de cœur. Sûrement parce que dans de nombreuses critiques, j’affirmais adorer Virginie Efira, mais j’ajoutais toujours qu’elle était loin d’être la meilleure actrice du monde. Bon, la meilleure, ce n’est peut-être toujours pas le cas, mais en tout cas elle démontre un talent de comédienne qu’aucun de ses rôles précédents ne lui avait permis de démontrer.

Victoria a été vendu comme une pure comédie. Il s’agit bien d’une comédie,… mais bien plus que ça. Les sujets abordés sont nombreux et certaines ne prêtent pas forcément à rire. Cela donne un ton tragi-comique au film qui lui donne une vraie originalité. Il y a un peu d’audace dans chez Justine Triet à casser comme ça les barrières entre les genres, ce qui implique toujours le risque de ne pas trouver son public. Le succès du film montre qu’elle a bien fait et c’est mérité. L’histoire est intéressante et les personnages complexes. Il manque peut-être une vraie conclusion au propos, mais à la fois cela permet à chaque spectateur de tirer celle qui lui convient le mieux, et ce n’est pas plus mal.

victoriaVictoria reste donc à ce jour le grand rôle de la carrière de Virginie Efira. Elle garde naturellement son charme particulier de « girl next door mais pas tout à fait ». Mais cette fois, elle joue vraiment la comédie et offre une palette de registres qu’on le lui connaissait pas forcément. Ceci prouve encore une fois qu’il y a au fond peu de mauvais acteurs, plutôt beaucoup de réalisateurs incapables de les diriger correctement. Tout le casting est brillant. Je dois encore une fois dire du bien de Vincent Lacoste. Il continue de m’horripiler toujours un petit peu, mais j’avoue que son immense talent de comédien commence à avoir raison de mes réticences totalement subjectives. Une jolie histoire donc. Pas que jolie d’ailleurs, mais au moins qui méritait d’être racontée.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Ecce Films
Réalisation : Justine Triet
Scénario : Justine Triet
Montage : Laurent Sénéchal
Photo : Simon Beaufils
Décors : Olivier Meidinger
Distribution : Le Pacte
Durée : 97 min

Casting :
Virginie Efira : Victoria
Melvil Poupaud : Vincent
Vincent Lacoste : Sam
Laurent Poitrenaux : David
Laura Calamy : Christelle

RENTREE AMERICAINE

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infiltratorafficheSi l’été hollywoodien fut particulièrement décevant, la rentrée a montré qu’il restait tout de même un peu de talent de l’autre côté de l’Atlantique. Cela n’est pas venue des grosses productions qui se sont limitées aux remakes ratés, mais de films plus modestes mais très réussis. Le premier est Infiltrator qui nous a offert une nouvelle chance de voir Bryan « Breaking Bad » Cranston sur grand écran. Un polar classique, mais parfaitement exécuté. Scénario rythmé, réalisation soignée et casting au top, tous les ingrédients pour faire un bon film sont réunis. Un seul regret, le traitement un peu superficiel d’un des sujets principaux du film, à savoir l’attachement de l’infiltré pour ceux qu’il est chargé de faire tomber et l’ambiguïté provoquée par la fascination que le milieu exerce, même sur un agent d’expérience. Un traitement plus brillant aurait donné une toute autre dimension à ce film. Cependant, il serait bien dommage de bouder notre plaisir !

comancheriaafficheOn poursuit avec Comancheria. On est toujours sur le mode polar, mais cette fois le film nous entraîne dans l’Amérique la plus profonde qui soit. Un univers qui permet toujours de croiser des personnages que l’on qualifiera de hauts en couleur (mais qui font un peu peur quand même). Quand un d’entre eux est interprété par Jeff Bridges, cela donne un résultat convaincant. Surtout quand le scénario sait être à la fois sombre et non dénué d’un certain second degré. Le tout mis en image par une réalisation relativement brillante. Bref que du bon pour un film qui l’est tout autant.

wardogsafficheOn termine par War Dogs. Cette fois, on change de style puisqu’il s’agit d’une comédie. En fait, c’est un peu Lord of War version parodie. Le pitch est à peu près le même, même si ce film est visiblement inspiré d’une histoire vraie. Au final, ce dernier marche plutôt bien. On arrive à croire à cette histoire, même aux péripéties les plus improbables. Les deux personnages principaux sont attachants, même dans leurs pire aspects. On rit, même quand on ne devrait pas. Il y a dans ce film une réelle critique du système militaro-industriel américain. En effet, le spectateur suit le même chemin que nos deux protagonistes et finit pas trouver sympathique ce qui revient pourtant à vendre des armes pour tuer des êtres humains. En cela le film est aussi effrayant que drôle. Mais quelque part salutaire.

LES NOTES :
INFILTRATOR : 13/20
COMANCHERIA : 14/20
WAR DOGS : 12,5/20

DIVINES : Le meilleur de l’année ?

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divinesafficheLes « banlieues » sont entrées dans le cinéma français par la grande porte avec La Haine. Mais pendant de longues années qui ont suivi, il est vrai qu’elles ont aussi vite qu’elles étaient apparues. Progressivement, la situation est cependant en train de changer avec de plus en plus de films nous plongeant au cœur de cette réalité bien plus multiple que l’on veut bien le dire, loin des clichés. Il est vrai cependant que l’omniprésence de la violence et la dureté qu’elle implique dans les rapports humains se retrouvent souvent au cœur de ces films. Divines se situe dans cette lignée. Et nous offre peut-être le meilleur film de l’année.

La force de ce film et tout le talent qui transpire de chaque image doit nous faire oublier toutes les polémiques autour de la personnalité de sa réalisatrice et de ses prises de position. Elle nous offre une histoire forte avec des personnages particulièrement marquants. L’histoire se rapproche il est vrai de celle de Bande de Filles. Mais son impact se situe plusieurs crans au-dessus de celui du film, par ailleurs très réussi, de Céline Sciamma. Divines fait sourire parfois, nous fait trembler aussi, mais au final nous bouleverse. Le scénario nous fait passer d’une émotion à l’autre constamment, comme si chaque moment léger était forcément rattrapé par une réalité incroyablement lourde. Beaucoup d’intelligence dans l’écriture, mélangée à une émotion brute et forte, donne un mélange détonnant.

divinesDivines se démarque aussi dans la forme. Il se situe dans un cinéma du réel et de l’intime. Sans toutefois l’égaler, la manière de filmer de Uda Benyamina rappelle celle d’Abdelatif Kechiche. Une proximité avec les personnages, leurs émotions à travers la moindre expression de leur visage, chaque soubresaut de leur corps. Le film nous offre notamment, sans aucune vulgarité, une des scènes les plus érotiques que je n’ai jamais vu au cinéma. Cette façon de nous plonger au plus près des protagonistes décuple les émotions qu’ils nous transmettent, comme si nous les ressentions nous même. Tout cela donne un magnifique et bouleversant moment de cinéma.

LA NOTE : 17/20

Fiche technique :
Réalisation : Uda Benyamina
Scénario : Uda Benyamina, Romain Compingt, Malik Rumeau
Adaptation et dialogues : Romain Compingt et Uda Benyamina
Photographie : Julien Poupard
Décors : Marion Burger
Montage: Vincent Tricon et Loïc Lallemand
Mixage Son: Samuel Aichoun
Production : Marc-Benoît Créancier (Easy Tiger)
Musique originale : Demusmaker

Casting :
Oulaya Amamra : Dounia
Déborah Lukumuena : Maimouna
Jisca Kalvanda : Rebecca
Kevin Mischel : Djigui
Yasin Houicha : Samir
Madjouline Idrissi : Myriam
Mounir Margoum : Cassandra
Farid Larbi : Reda

DERNIER TRAIN POUR BUSAN : Le meilleur de l’été

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derniertrainpourbusanafficheAlors que le cinéma hollywoodien n’arrive plus à mettre un blockbuster devant l’autre depuis quelques mois, c’est vers la Corée que se tournent les cinéphiles avertis en cette année 2016. Après le fantastique The Strangers en juin dernier, cet été a été marqué par un autre petit bijou venu de Seoul. Dernier Train pour Busan a clairement surnagé dans l’océan de médiocrité estival. Encore un film de genre diront quelques esprits chagrins, mais un film doté de qualités assez marquantes pour en faire un excellent film tout court.

Pourtant, le film de zombies apparaît un genre plus éculé que jamais. The Walking Dead semble avoir fini de banaliser cette thématique. Dernier Train pour Busan montre qu’il y a encore bien des situations à imaginer pour ravir un spectateur finalement pas encore blasé. Après, l’idée n’est pas non plus totalement révolutionnaire, des zombies dans un train, mais elle n’en restait pas moins inédite. Mais c’est surtout la réalisation qui permet à ce film d’être vraiment marquant.

derniertrainpourbusanDernier Train pour Busan ne réinvente pas les codes du genre, mais les manie avec une maestria qui nous fait entrer tout entier dans le film avec une déconcertante facilité. L’équilibre entre les différentes scènes est parfait. On a le temps de connaître et de s’attacher aux personnages, avant d’enchaîner des passages aussi bien d’angoisse que d’action et qui arrivent à se renouveler en permanence. La galerie de protagonistes est particulièrement réussie et joue un grand rôle dans la réussite de ce film. Mais c’est surtout la direction artistique qui fait la différence pour nous plonger au cœur du suspense, Les âmes les plus sensibles seront peut-être perturbées par le flot d’hémoglobine. Cependant, le film sait garder une certaine mesure. Ne souffrant d’aucune sorte de médiocrité, il n’a pas besoin de chercher à faire dans le spectaculaire et le gore à tout prix. Bref, tout cela donne un vrai moment de cinéma qui nous fait dire que le 7ème art n’est pas prêt de mourir.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Red Peter Films
Réalisation : Sang-ho Yeon
Scénario : Sang-ho Yeon
Photo : Lee Hyung-deok
Décors : Lee Mok-won
Distribution : ARP Sélection
Effets spéciaux : Demolition
Durée : 118 min

Casting :
Gong Yoo : Seok-woo
Kim Su-an : Su-an
Jung Yu-mi : Sung-kyung
Ma Dong-seok : Sang-Hwa
Choi Woo-sik : Young-guk
An So-hee : Jin Hee

POUSSIERES D’ETE

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elvisandnixonafficheOn commence par un petit mot sur un film sorti bien avant les autres. Simplement, je me suis aperçu que j’avais oublié d’écrire une critique en temps en en heure. Elvis & Nixon est un film plaisant et surprenant. Plaisant car réalisé avec un certain talent et une vraie intelligence. Surprenant car elle nous raconte une histoire inattendue, à la fois réelle et imaginaire, celle de l’entrevue ayant vraiment eu lieu entre Elvis et le Président Nixon, dont les scénaristes imaginent la teneur. Mais il nous permet surtout d’assister à deux jolis numéros d’acteurs de la part de Michael Shannon et de Kevin Spacey.

On enchaîne avec Toni Ederman un film allemand de près de trois heures, dont certains affirment qu’il aurait du recevoir la Palme d’Or. Je ne pense pas avoir vu le même film qu’eux tant il s’assimile à un long moment de solitude. Solitude face à des personnages vis-à-vis desquels on a bien du mal à ressentir la moindre empathie, tant ils sont antipathiques. Entre la fille dépressive parce qu’elle travaille dans un cabinet de conseil qui l’envoie vivre en Roumanie et à qui on a envie de dire « c’est ton choix, vu ton diplôme, tu peux a priori faire autre chose » et son père qui est tout simplement insupportable et qui nous fait dire « avec un père comme ça, moi aussi je serai dépressif », il n’y a pas grand chose à sauver ce long désastre sans grand intérêt.

lefilsdejeanafficheVient ensuite, trois films français à ranger dans la série des « bien mais pas top ». Tout d’abord, le Fils de Jean. Le film est beau, l’histoire est bien racontée, même si on sent arriver le rebondissement d’un peu loin. L’émotion est là, on verse même une petite larme car cette fois on a pu s’attacher aux personnages. Enfin, rien ne vient non plus marquer profondément les esprits. Le sujet est moins fort que celui de Welcome, mais ça n’enlève rien au talent de Philippe Lioret dont le sens de la narration et de la direction d’acteurs restent remarquables. Et vu le quasi désert cinématographique qu’a représenté cet été, il est au final un des meilleurs films sortis à cette période.

Réunir à nouveau le réalisateur Pascal Chaumeil et Romain Duris à l’écran, après l’immense réussite de l’Arnacoeur, était particulièrement prometteur. Surtout avec un scénario signé Michel Blanc. Un Petit Boulot est effectivement convaincant, éminemment distrayant, sans pour autant atteindre des sommets. Une comédie sympathique, sans grande prétention, où tout le monde cabotine gentiment. Ca permet de passer un bon moment un soir de pluie, mais n’a pas l’épaisseur suffisante pour prétendre au titre de film culte.

frantzafficheEnfin, on termine avec Frantz de François Ozon. Un film qui a les mêmes qualités et les même défauts qui caractérisent sa filmographie. C’est esthétiquement très réussi, chaque plan est parfaitement cadré, les acteurs sont impeccablement dirigés, le récit est déroulé avec rythme et fluidité. C’est presque parfait… et comme d’habitude presque trop. A force de frôler une sorte de perfection académique, François Ozon oublie encore une fois de donner le petit supplément d’âme qui ferait toute la différente. Comme d’habitude, on admire plus son film qu’on ne le vit avec le cœur et les tripes. Et c’est toujours aussi dommage !

LES NOTES :
ELVIS & NIXON : 13/20
TONI EDERMAN : 06/20
LE FILS DE JEAN : 13/20
UN PETIT BOULOT : 12,5/20
FRANTZ : 12/20

BLOCKBUSTERS D’ETE : Morne saison

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jasonbourneafficheMaintenant que cette histoire de déménagement est passée, les cartons déballés, les livres rangés et les tableaux aux murs, il est temps de m’attaquer à la bonne trentaine de critiques en retard… Tâche assez herculéenne et qui va nécessiter quelques expédients comme l’écriture de critiques collectives. Nous allons donc commencer par la série de blockbusters très médiocres qui ont peuplé notre été. Une saison cinématographique vraiment décevante dont il n’y a pas grand chose à sauver.

Commençons par les films pas vraiment bons, mais même pas assez mauvais pour être vraiment remarquables. Bref les productions les plus inutiles à savoir Jason Bourne et Star Trek : Sans Limites. Deux films qui nous proposent quelques moments d’action certes distrayants, mais noyés au milieu d’un grand vide. Aucune imagination, aucun renouveau, aucun nouvel élément ou personnage marquant. Bref, deux archétypes de l’exploitation éhontée de franchise à succès. Certes, le spectateur est toujours heureux de retrouver les protagonistes, mais les scénaristes n’ont tellement rien à apporter de marquant qu’on aurait largement préféré qu’ils s’abstiennent.

commedesbetesJ’aurais pu ranger Insaisissables 2 dans la même catégorie. Cependant, il est nettement plus décevant car bien meilleur… dans sa première partie, avant de s’épuiser totalement après quelques bonnes idées. Le scénario ne tient clairement pas la route et sans l’effet de surprise du premier, on n’est plus du tout ébloui par la virtuosité de nos prestidigitateurs. Il y a une volonté de faire plus fort et plus spectaculaire, mais cela provoque exactement l’effet inverse. Ca sent le réchauffé et le plat en perd beaucoup de sa saveur.

On enchaîne avec deux blockbusters qui tiennent au final plus de la série B. Elles souffrent toutes les deux du même mal que le film précédent, mais à des degrés précédents. Nerve commence de manière sympathique et on entre volontiers dans cette histoire. Mais le propos s’essouffle très vite, enchaînant les idées convenues avant un grand final qui tourne au grand n’importe quoi. Instinct de Survie – The Shallows ne déçoit que par l’ultime dénouement. Malheureusement, tout le film est fait pour nous amener à ce moment et on est forcément du coup globalement un peu déçu.

suicidesquadaffichePetite déception aussi avec Comme des Bêtes, film d’animation sympathique au demeurant, mais loin des promesses que laissait entrevoir la bande-annonce. C’est au final gentillet, mais sans vraiment moment de bravoure qui aurait pu laisser une vraie trace. Le film souffre globalement d’un grand manque d’audace. Il y avait pourtant matière.

Mais que dire du grand raté de cet été cinématographique ! Suicide Squad aurait du être le blockbuster de l’été, que dis-je de l’année ! Il y avait tout pour nous livrer une œuvre subversive à l’humour noir. Là aussi, la bande-annonce laissait entrevoir le meilleur. Le résultat final est terriblement édulcoré, avec un dénouement qui sentirait presque la guimauve. On a du mal à croire à un tel gâchis, tant il y avait matière à faire infiniment mieux. La peur du politiquement trop incorrect laisse le film même pas au milieu du gué, mais à quelques centimètres du bord. Et du mauvais bord !

sosfantomesafficheOn termine par la seule petite éclaircie dans cet orage de médiocrité avec SOS Fantômes. Il y aurait pourtant beaucoup à reprocher à ce film où, encore une fois, beaucoup de bonnes idées ne sont pas exploitées jusqu’au bout. Mais le film bénéficie d’un avantage sur tous ceux qui ont précédé dans ce billet… Il ne se prend pas au sérieux !!! Il y a un côté potache très sympathique dans ce film. Les fans de l’original (dont fait partie votre serviteur) retrouveront avec joie une foule de clins d’œil à l’œuvre original, notamment quelques caméos du casting original. Le film a la bonne idée de ne pas être vraiment un remake mais revisite simplement une même idée de départ. Et cerise sur le gâteau, le film prouve que Chris Hemsworth est capable de jouer la comédie ! Et ceci n’est pas un mince exploit !

LES NOTES :
JASON BOURNE : 08/20
STAR TREK : SANS LIMITES : 09,5/20
INSAISISSABLES 2 : 09/20
NERVE : 06/20
INSTINCT DE SURVIE – THE SHALLOWS : 11,5/20
COMME DES BETES : 11,5/20
SUICIDE SQUAD : 07/20
SOS FANTOMES : 13/20

INDEPENDENCE DAY 2 : Navet de l’espace

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independenceday2afficheavons tous nos têtes de Turc, des personnes à qui l’on ne pardonne rien et dont on prend un malin plaisir à dire du mal aussi souvent que possible. En tant que critique cinématographique amateur, j’en possède quelques unes. Mais je pense que la plus grande d’entre elles se nomme Roland Emmerich, En effet, ce cinéaste…enfin cet homme derrière une caméra symbolise pour moi toute l’injustice du monde ! Etre à ce point dénué de talent et de personnalité artistique et se voir confier des moyens colossaux que de vrais metteurs en scène pourraient mettre à profit pour nous offrir des chefs d’oeuvres est quelque chose d’insupportable à mes yeux. Il est la figure faustienne du cinéma, ayant vendu son âme à des producteurs américains, nous livrant des films d’un patriotisme US totalement insupportable, lui qui est Allemand. Je suis donc aller voir Independence Day 2 pour avoir l’immense plaisir d’offrir une critique acide au cour de laquelle je pourrais me lâcher, ce qui fait quand même du bien parfois. Et de ce point de vue là, en toute objectivité, promis, je n’ai pas été déçu du voyage !

Et pourtant, j’ai cru pendant une bonne heure que j’allais être pris totalement à défaut et agréablement surpris. Non que le début de Independence Day 2 soit celle d’un chef d’oeuvre potentiel, mais ça se tient et ça évite pas mal de travers auquel Roland Emmerich nous a habitué. On se dit alors qu’on va juste assisté à un divertissement quelque peu médiocre, mais pas désagréable. Mais ceci n’est qu’illusion, puisque mon grand ami avait réservé le meilleur (ou le pire) de lui même pour la fin. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y est pas allé de main morte. Car ce n’est pas un, ce n’est pas deux, mais bien trois Présidents (ou ex-Présidents ne chipotons pas) des Etats-Unis qui mettent la main à la pâte pour combattre en première ligne les méchants vilains aliens et ainsi sauver l’humanité, si ce n’est, cette fois, l’univers tout entier. A ce niveau, on pourrait y voir presque de l’audace, mais cela rend juste le film totalement insupportable, surtout que rien par ailleurs ne donne envie de s’enthousiasmer.

independenceday2Les scènes d’action, les effets spéciaux, tout tombe dans le toujours plus, encore plus gros, encore plus fort. Cette course à la surenchère fait perdre toute velléité de donner ne serait-ce qu’un début d’âme aux personnages et à l’histoire en général. Tout est totalement prévisible. Le film nous propose même l’immuable scène où le chien est sauvé, clin d’oeil de Roland Emmerich à sa propre oeuvre, dont il souligne en fait par là son indigne faiblesse. Independence Day 2 est d’une médiocrité confondante. On ne s’y ennuie jamais vraiment peut-on répondre, mais c’est aussi que la prise de risque est inexistante. Tout est formaté, sans imagination et parfois, avouons-le, totalement idiot. Mais le pire dans tout ça, c’est que la porte est grande ouverte pour un troisième volet. Les producteurs hollywoodiens ont donc encore beaucoup d’argent à consacrer à ce niveau zéro du cinéma. Mais il faut croire que ça marche…. La preuve, j’y suis allé et j’irai très certainement voir le troisième volet pour dire évidemment tout le mal que j’en penserai.

LA NOTE : 5/20

Fiche technique :
Production : Centropolis Entertainment, TSG Entertainment, Electric Entertainment, Stereo D
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Roland Emmerich
Scénario : Roland Emmerich, Carter Blanchard, Dean Devlin
Montage : Adam Wolfe
Photo : Markus Förderer
Décors : Barry Chusid
Musique : Harald Kloser, Thomas Wanker
Durée : 121 min

Casting :
Judd Hirsch : Julius Levinson
Sela Ward : la Présidente des États-Unis Elizabeth Lanford
Vivica A. Fox : Jasmine Dubrow
Charlotte Gainsbourg : Dr. Catherine Marceaux
Maika Monroe : Patricia Whitmore
Jessie Usher : Dylan Dubrow
Liam Hemsworth : Jake Morrison
Travis Tope : Charlie

LE BGG – LE BON GROS GEANT : Le beau mais pas si géant

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lebggafficheIl n’y a pas d’âge pour être un grand enfant. Et tout le génie du monde ne vous préserve pas de ce travers qui n’en est pas un. Steven Spielberg en est la preuve, lui qui a presque livré un film autobiographique en consacrant une de ses œuvres au mythe de Peter Pan. Il en est la preuve au travers de le BGG – Le Bon Gros Géant, un conte tiré de Roald Dhal. Ne connaissant pas l’œuvre originale, je ne peux dire s’il s’agit d’une adaptation fidèle, mais le film souffre d’une histoire assez faiblarde que ne peut compenser une réalisation toujours aussi parfaite !

Le BGG – Le Bon Gros Géant ne parvient jamais vraiment à nous entraîner dans un récit qui incite pourtant au rêve et parle à notre imaginaire. Faute de rythme, d’épaisseur du propos ou de vrai souffle épique. Si la première moitié pourrait presque apparaître comme prometteuse, le film rate totalement un tournant crucial du scénario. Le début de dynamique est totalement cassé par une beaucoup trop longue séquence lourdingue et interminable. Cela nous amène vers un dénouement qui ne nous fait pas vibrer, faute de plus d’avoir ressenti un attachement fort envers les personnages.

lebggPar contre, visuellement le BGG – Le Bon Gros Géant est simplement sublime. Je ne parle même pas des effets spéciaux. Ceux-ci sont parfaitement réalisés, avec une petite touche vintage qui donne un certain charme à l’univers graphique du film. A côté de ça, on sent partout la patte d’un très grand cinéaste. La photographie, les cadrages, la manière dont la caméra navigue dans cet univers imaginaire, tout est parfait, pensé et précis. Le film est donc globalement beau, mais globalement loin d’être emballant.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Amblin Entertainment, Walt Disney Pictures, Walden Media, Reliance Entertainment, The Kennedy/Marshall Company
Réalisation : Steven Spielberg
Scénario : Melissa Mathison, d’après le roman de Roald Dahl
Montage : Michael Kahn
Photo : Janusz Kaminski
Décors : Rick Carter
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Musique : John Williams
Costumes: Joanna Johnston
Durée : 115 min

Casting :
Mark Rylance : Le bon gros géant
Ruby Barnhill : Sophie
Rebecca Hall : Mary
Penelope Wilton : La Reine
Bill Hader : Bloodbottler
Rafe Spall : L’intendant de la Reine