RETOUR CHEZ MA MERE : Comédie mais pas que

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retourchezmamereafficheIl est parfois tentant pour un producteur de faire passer son film pour ce qu’il n’est pas afin d’attirer plus de spectateurs dans les salles. Le plus souvent c’est en faisant passer pour une pure comédie un film qui est très loin de n’être que ça. C’est le cas de Retour Chez ma Mère. Un film sur les rapports familiaux drôle certes. Mais aussi tendre, cruel et même émouvant parfois.

Que tous ceux qui ont vu et adoré la scène de l’inscription sur Internet qui servait de bande-annonce se rassurent. Ils retrouveront cet esprit dans de nombreuses scènes. Mais ils devront s’attendre à faire également face aux non-dits et même une certaine souffrance qui peuvent faire partie de la vie familiale. Retour Chez ma Mère nous offre aussi de beaux exemples de la profonde humiliation que peut procurer une situation professionnelle difficile.

retourchezmamereToute la richesse de ce film transparaît dans la très belle performance de Josiane Balasko, très drôle mais encore plus émouvante. Certes, Retour Chez ma Mère, à force d’emprunter trop de chemins, finit par n’aller au bout d’aucun d’eux. Mais au moins, le spectateur est agréablement surpris par ce divertissement sans prétention mais qui offre un petit supplément d’âme.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Same Player, Pathé productions, TF1 films productions, Appaloosa films, Scope pictures, Chabraque productions
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Eric Lavaine
Scénario : Eric Lavaine, Héctor Cabello Reyes
Montage : Vincent Zuffranieri
Photo : François Hernandez
Décors : Isabelle Quillard
Musique : Fabien Cahen
Durée : 91 min

Casting :
Josiane Balasko : Jacqueline
Alexandra Lamy : Stéphanie
Mathilde Seigner : Carole
Philippe Lefebvre : Nicolas
Jérôme Commandeur : Alain
Cécile Rebboah : Charlotte
Didier Flamand : Jean
Patrick Bosso : Agent Pôle Emploi

L’IDEAL : Pas idéal, mais déjà mieux

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lidealafficheOn a tous droit à une seconde chance. J’avoue n’avoir qu’assez peu apprécié le premier passage au cinéma de Frédéric Beigbeder. D’ailleurs, il avait déclaré avec 99 Francs que cela serait son seul et unique passage sur grand écran. Mais voilà, le cinéma exerce une attirance irrésistible et le voilà de retour avec L’Idéal où il remet en scène son personnage, mais après l’avoir fait changer de branche professionnelle. Après avoir flingué le milieu de la publicité, il nous plonge cette fois dans l’univers de la mode et de sa vacuité infinie.

On retrouve donc ici le même thème que dans The Neon Demon de Nicolas Winding Refn. Si ce dernier est incontestablement un grand cinéaste et si Frédéric Beigbeder ne l’est incontestablement pas, je préfère nettement l’œuvre de ce dernier. Une œuvre maladroite, inégale, mais qui vaut mille fois la fausse perfection prétentieuse de l’autre. L’Idéal propose quelques répliques incroyablement drôles, quelques situations réellement réjouissantes. Bon, c’est vrai, des longueurs aussi, des moments où rien ne semble dirigé ou maîtrisé. L’ensemble forme un tout pas réellement convaincant, mais pas non plus totalement désagréable.

lidealSi sa réalisation flotte parfois, Frédéric Beigbeder affiche un sens artistique plus aiguisée que dans 99 Francs. A tel point que l’on a envie de le voir poursuivre dans le 7ème art. L’Idéal révèle un vrai potentiel, même s’il ne s’accompagne pas de la maturité nécessaire pour être pleinement exploité. Dommage que ce talent intermittent n’est pas su tirer le maximum d’un très beau casting. Si Gaspard Proust et Audrey Fleurot sont plutôt bons, on retiendra surtout la performance de Jonahtan Lambert qui apporte une excise touche de folie. Bref beaucoup de bonnes choses dans ce film, mais cela reste trop souvent un peu trop brouillon pour être pleinement apprécié.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Légende Films, Orange studio,Le 12e art, Nexus Factory, UMedia
Distribution : Legende dsitribution
Réalisation : Frédéric Beigbeder
Scénario : Frédéric Beigbeder, Nicolas Charlet, Bruno Lavaine, Yann Le Gal, Thierry Gounaud, d’après le livre Au secours pardon
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Photo : Gilles Porte
Décors : Stanislas Reydellet
Durée : 90 min

Casting :
Gaspard Proust : Octave Parango
Audrey Fleurot : Valentine Winfled
Anamaria Vartolomei : Lena
Jonathan Lambert : Carine Wang
Camille Rowe : Monica Pynchon

THE WITCH : L’élégance, sans la magie

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thewitchafficheJe suis une vraie gonzesse au cinéma… Oui bon ok, mon introduction est super sexiste, je sais bien, j’espère que vous me pardonnerez. Simplement, je pleure souvent, même devant les moments d’émotion le plus artificielles et factices. Et devant une film d’horreur, il m’arrive souvent de cacher mes yeux pour ne pas voir ce qui se passe. Pourquoi j’y vais alors me demanderez-vous ? Mais le caractère profondément masochiste est quand même à la base du plaisir que l’on prend devant ce genre cinématographique. J’en ai pris devant The Witch, mais pas tant que ça…

Allons à l’essentiel, The Witch est un film où il ne se passe pas grand chose. Ce n’est pas toujours un problème dans ce genre de film, car ce qui compte c’est la tension et la certitude chez le spectateur qu’il va finir par se passer quelque chose d’horrible à la fin. Sauf qu’ici, elle n’est jamais terriblement intense et surtout on a la sensation que rien de vraiment effrayant viendra conclure cette histoire. C’est d’ailleurs exactement ce qui se passe (ou plutôt qui ne se passe pas). Etre dans la retenue, c’est bien, mais trop de retenue tue la retenue, surtout dans ces circonstances.

thewitchC’est dommage car The Witch se distinguer par une élégance visuelle assez rare dans ce style cinématographique. Le film est beau, la manière dont les personnages sont mis en valeur par la qualité de la photographie remarquable. La direction d’acteurs est aussi d’un standing inhabituel, avec la jeune Anna Taylor-Joy qui crève vraiment l’écran. Mais tout ceci ne peut totalement sauver un film de ce genre quand il lui manque trop de l’essentiel. Un film trop incomplet pour être emballant donc.

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Réalisation : Robert Eggers
Scénario : Robert Eggers
Direction artistique : David LeBrun
Costumes : Linda Muir
Photographie : Jarin Blaschke
Montage : Louise Ford
Musique : Mark Korven
Production : Jodi Redmond, Daniel Bekerman et Lars Knudsen
Durée : 92 minutes

Casting :
Anya Taylor-Joy : Thomasin
Ralph Ineson : William
Kate Dickie : Katherine
Harvey Scrimshaw : Caleb
Ellie Grainger : Mercy
Lucas Dawson : Jonas
Julian Richings : le gouverneur
Bathsheba Garnett : la sorcière
Wahab Chaudhry : Black Phillip

BIENVENUE A MARLY-GOMONT : La fête du père

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bienvenueamarlygomontafficheDécidément, les pères sont à l’honneur ces derniers temps dans le cinéma français. Nous avions fini l’année 2015 avec Nous Trois ou Rien, petit chef d’œuvre qui nous faisait découvrir le destin du père de Kheiron dans un film écrit, réalisé et interprété… par ce dernier pour un hommage filial bouleversant. Voici désormais Bienvenue à Marly-Gomont qui raconte l’histoire du père de Kamini, qui nous avait fait découvrir ce petit village de Picardie il y a quelques années en chanson. Ce film est l’occasion de découvrir toute l’histoire qu’il y avait derrière et encore une fois le destin extraordinaire d’un père qui ne l’était pas moins.

Bienvenue à Marly-Gomont est loin d’être exempt de défauts. Il faut dire que l’équilibre n’est jamais facile à trouver quand on veut parler d’un sujet grave sur le ton de la comédie. Pourtant ce choix s’avère judicieux… dans sa partie la moins drôle. En effet, il impose une certaine pudeur sur les humiliations subies, sur la souffrance qu’elles ont pu engendrer. Une pudeur qui ne signifie pas que l’on en saisit pas la force. Un récit de la connerie ordinaire qui fait mouche et si on choisit d’en rire c’est que ça serait lui faire trop d’honneur d’en pleurer.

bienvenueamarlygomontPar contre, Bienvenue à Marly-Gomont perd quelque peu le sens de l’équilibre quand le balancier se retourne. Sans sombrer dans les bons sentiments sirupeux, le film en fait parfois un peu trop. Certes, il véhicule une vraie émotion, peut arracher une petite larme, mais il n’évite pas certaines facilités. La métamorphose semble trop soudaine, trop subitement unanime pour être vraiment convaincante. Certes, les contes de fée forment de belles histoires, mais le sujet aurait mérité de ce côté là plus de subtilité. Cela n’enlève rien au vrai mérite de ce film qui nous faire rire et pleurer, nous consterne et nous donne espoir.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Julien Rambaldi
Scénario : Kamini, Julien Rambaldi et Benoît Graffin
Direction artistique :
Décors : Alain Veissier
Costumes : Emmanuelle Youchnovski
Photographie : Yannick Ressigeac
Son : Dominique Warnier, Luc Thomas
Montage : Stéphane Pereira
Musique : Emmanuel Rambaldi
Production : Pauline Duhault, Olivier Delbosc, Marc Missonnier

Casting :

Aïssa Maïga : Anne Zantoko
Bayron Lebli : Kamini
Mata Gabin
Jonathan Lambert : Lavigne
Thomas VDB
Rufus : Jean
Jean-Michel Balthazar
Riton Liebman :
Stéphane Bissot :
Stéphanie Crayencour :
Medina Diarra : la fillette
Verhaeghe Catherine : la femme de Lavigne
Emilie Rouhart : Sylvie
Michel Schillaci : entraîneur de l’équipe de football de Marly-Gomont

ALICE DE L’AUTRE COTE DU MIROIR : Loin des merveilles

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alicedelautrecotedumiroirafficheEn matière de goûts cinématographiques (et de goûts tout court en fait), on peut parfois se sentir seul contre tous. Ainsi, j’ai été un des rares à trouver vraiment merveilleux le Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton. Je n’ai absolument pas compris le flot de mauvaises critiques qui l’avait recouvert. Je suis donc aller voir Alice de l’Autre Côté du Miroir sans me soucier des nombreuses voix qui ont mis en avant une certaine médiocrité. Sauf que cette fois, je ne ferai pas cavalier seul.

Alice De l’Autre Côté du Miroir constitue globalement un film plutôt distrayant, mais qui n’offre aucune raison de s’enthousiasmer. Un scénario pas très emballant, de nouveaux personnages sympas mais sans plus et un univers visuel qui copie celui imaginé par Tim Burton sans arriver à être à la hauteur de l’original. Bref, on ne s’ennuie pas mais on suit parfois les événements de loin. Les ressorts psychologiques des personnages sont quand même très simplistes et les scènes d’actions n’ont rien d’inoubliables.

alicedelautrecotedumiroirDu coup, Johnny Depp semble passablement anesthésié. Son jeu est paresseux et sans conviction. Heureusement, Sacha Baron Cohen apporte une réelle énergie et une certaine fraîcheur par son enthousiasme visible. Mia Wasikowska ne parvient pas à donner de l’épaisseur à son personnage, même si son charme suffit à emporter la sympathie du spectateur. Au final, Alice De l’Autre Côté du Miroir est un produit formaté, pas désagréable, mais d’un intérêt tout de même limité.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Production : Tim Burton Productions, Walt Disney Pictures, Roth Films, Team Todd, Legend3D
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
Réalisation : James Bobin
Scénario : Linda Woolverton d’après l’œuvre de Lewis Caroll
Montage : Andrew Weisblum
Photo : Stuart Dryburgh
Décors : Dan Hennah
Musique : Danny Elfman
Effets spéciaux : Neil Corbould
Maquillage : Peter King
Durée : 113 min

Casting :
Mia Wasikowska : Alice Kingsleigh
Johnny Depp : Le chapelier fou
Helena Bonham-Carter : La Reine Iracebeth
Anne Hathaway : La Reine Mirana
Sacha Baron Cohen : Le temps
Rhys Ifans : Zanick Hightopp
Lindsay Duncan : La mère d’Alice
Alan Rickman : la voix d’Absolem
Timothy Spall : La voix de Bauard

THE NEON DEMON : Le démon de la prétention

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theneondemonafficheCertains jeunes sportifs sont portés au rang de star avant même de faire réellement leur preuve. Leur talent naturel les promet à un brillant avenir et on leur promet vite monts et merveilles. Simplement, certains d’entre eux se croient du coup arrivés, ne se remettent plus jamais en question et finissent par plonger dans une insondable médiocrité. Si ce genre de trajectoire est plus rare chez les cinéastes, elle n’est pas totalement absente. C’est malheureusement sur cette pente glissante que semble s’être engagée la carrière de Nicolas Winding Refn avec The Neon Demon.

Une chose est sûr l’incroyable talent de Nicolas Winding Refn n’est pas mort. C’est avec beaucoup de maestria qu’il réussit à créer une ambiance envoûtante, pour ne pas dire troublante dans une bonne moitié de The Neon Demon. C’est beau et mystérieux, on n’a strictement aucune idée de là où cela va nous mener mais on a une folle envie de se laisser porter. Surtout qu’on imagine facilement qu’il ne va pas nous conduire dans un lieu trop attendu.

theneondemonMais voilà, The Neon Demon ne nous mène strictement nul part. On comprend alors qu’il est entièrement conçu pour célébrer le talent esthétique de Nicolas Winding Refn. Mais des images qui n’ont pas de sens ne seront jamais que des objets froids et sans émotion. Le film est une ode à l’autosatisfaction, une œuvre d’une prétention incroyable et surtout d’une vacuité totale. Il est beaucoup question d’ego dans ce film, mais le réalisateur de Drive devrait surtout penser à dégonfler un peu le sien avant de parler de celui des autres.

LA NOTE : 06/20

Fiche technique :
Production : Space Rocket Nation / Motel Movies
Réalisation : Nicolas Winding Refn
Scénario : Nicolas Winding Refn, Mary Laws, Polly Stenham
Montage : Matthew Newman
Photo : Natasha Braier
Décors : Elliott Hostetter, Jonathan Amico, Adam Willis
Distribution : The Jokers / Le Pacte
Son : Eddie Simonsen, Anne Jensen
Musique : Cliff Martinez
Maquillage : Erin Ayanian
Durée : 177 min

Casting :
Elle Fanning : Jesse
Karl Glusman : Dean
Bella Heathcote : Gigi
Jena Malone : Ruby
Christina Hendricks : Roberta Hoffman
Abbey Lee : Sarah
Keanu Reeves : Hank
Desmond Harrington : Jack

LE LENDEMAIN : Attention fragile !

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lelendemainafficheLes adolescents difficiles ont le vent en poupe au cinéma. Après Mommy venu du Québec, ou encore la Tête Haute, un des plus beaux films français de l’année dernière, voici le Lendemain qui nous vient de Suède. Un film riche qui nous parle plus largement de la difficulté à échapper à son passé quand il forge le regard des autres. Un film particulièrement convaincant par certains côtés… mais nettement moins par d’autres.

Le Lendemain nous offre une très belle rencontre avec un personnage qui sait nous toucher, malgré son infinie ambiguïté. On s’y attache malgré un mutisme prononcé, on finit par ressentir une très forte empathie. Du coup, on se laisse porter par cette histoire qui porte une vraie réflexion, sans avoir pour autant la prétention d’apporter des réponses définitives. C’est à chacun de s’approprier ce qui lui est présenté. Le spectateur est amené à se demander quelles auraient été ses réactions dans une telle situation.

lelendemainLe soucis est cependant que le Lendemain repose sur une base scénaristique fragile. En effet, l’histoire repose sur l’idée que le jeune homme, après avoir purgé sa peine, revienne dans son lycée. J’ai beau être particulièrement tolérant, il est vrai que je ne sais comment je réagirais si je voyais revenir le meurtrier d’une de mes amies. On peut facilement trouver ce choix absurde et qu’il provoque de manière assez artificielle beaucoup des problèmes auquel il se retrouve confronter. On peut facilement passé au-dessus, mais cela nuit tout de même à la solidité du propos.

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Magnus von Horn
Scénario : Magnus von Horn
Costumes : Anna-Karin Cameron
Photographie : Łukasz Żal
Montage : Agnieszka Glińska
Production : Madeleine Ekman et Mariusz Wlodarski
Durée : 102 minutes

Casting :
Ulrik Munther : John
Mats Blomgren : Martin
Wieslaw Komasa : le grand-père
Alexander Nordgren : Filip
Loa Ek : Malin
Ellen Mattsson : Bea
Sven Ahlström : le père de Kim
Stefan Cronwall : Grannen
Felix Göransson : Korv-Hannes
Oliver Heilmann : Kim
Inger Nilsson
Cecilia Wilhelmsson : le professeur de gymnastique

JULIETA : A fond la forme

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julietaafficheLa forme et le fond forment les deux faces d’une même pièce qui fait la qualité des films. Les grands films sont ceux qui arrivent à lier les deux pour créer une synergie qui les conduit à la perfection. D’autres ne brillent que par une seule face. Du coup, on est toujours partagé entre l’envie de s’enthousiasmer pour ce qui est particulièrement réussi et la frustration que le reste ne soit pas au niveau. Julieta, le nouveau film de Pedro Almodovar, m’a laissé sur un tel jugement mitigé.

Jamais Pedro Almodovar ne nous avait raconté une histoire aussi peu intéressante. Il nous offre un nouveau portrait de femme, mais assez peu inspiré. Il ne suffit pas de nous présenter des personnages tourmentés pour que l’on soit ému par leurs tourments. On compatit certes, mais plus par pitié qu’à travers une souffrance partagée avec le spectateur. Bref, Julieta réalisé par un autre cinéaste n’aurait pas eu grand intérêt.

julietaA l’inverse, jamais Pedro Almodovar ne nous avait proposé un film aussi beau. La photographie de Julieta est tout simplement sublime. Le travail sur les couleurs est réellement fantastique, faisant de ce film un vrai plaisir pour les yeux. Certains trouveront ça peut-être insuffisant pour se rendre dans une salle obscure. Mais les amateurs du 7ème art apprécieront cette qualité visuelle à sa juste valeur. Dommage simplement qu’elle soit un peu seule.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : El Deseo, FilmNation
Réalisation : Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar, d’après des nouvelles d’Alice Munro
Montage : José Salcedo
Photo : Jean-Claude Larrieu
Décors : Antxon Gomez
Distribution : Pathé distribution
Musique : Alberto Iglesias, Chavela Vargas
Effets spéciaux : El Ranchito
Durée : 96 min

Casting :
Emma Suárez : Julieta
Adriana Ugarte : Julieta jeune
Daniel Grao : Xoan
Inma Cuesta : Ava
Rossy de Palma : Marian
Michelle Jenner : Beatriz
Darío Grandinetti : Lorenzo

BOULEVARD : Goodbye Mister Williams

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boulevardafficheC’est bien connu les cimetières sont plein de gens indispensables et formidables. On est forcément toujours enclin de dire beaucoup de bien des personnes décédées, mais certaines mérites ces éloges. Le suicide de Robin Williams a bouleversé tous les cinéphiles. Un acteur qui aura joué dans un certain nombre de navets, mais aura livré des rôles aussi différent que son talent était immense. Boulevard restera un de ces derniers films, distribué tardivement en France et dans une indifférence totale. Certes, l’histoire n’est pas la plus intéressante qui soit. Mais l’interprétation est magnifique.

Boulevard prend une résonance particulière quelques jours après le drame d’Orlando. Le film a malheureusement désormais quasiment déserté nos écrans. Cependant, toutes ces émotions ne doivent pas obscurcir notre jugement et nous faire oublier que si le sujet est digne d’intérêt, son traitement est ici relativement imparfait. On s’attache aux personnages, on est ému, touché, mais on s’ennuie quand même un peu parfois. Le tout manque de tension et d’intensité pour vraiment nous saisir. Il souffre sans doute d’un excès de pudeur.

boulevardPar contre, la performance de Robin Williams est tout point remarquable. Il fait preuve d’une sobriété et d’une justesse rares. Il prouve une nouvelle fois qu’il savait être bien plus qu’un comique cabotin. La liste des films qui le prouve est longue, mais Boulevard y occupe une place de choix. A ses côtés, le jeune Roberto Aguire est lui aussi très convaincant et Kathy Baker apporte à ce film un petit supplément d’âme. Pas assez malheureusement pour donner une autre dimension à ce film qui manque quelque peu d’épaisseur.

LA NOTE : 11/20

Fiche technique :
Réalisation : Dito Montiel
Scénario : Douglas Soesbe
Direction artistique : Angela Messina
Décors : Brit Doyle
Costumes : Carlos Rosario
Photographie : Chung Chung-hoon
Montage : Jake Pushinsky
Musique : Jimmy Haun et David Wittman
Production : Monica Aguirre Diez Barroso, Ryan Belenzon, Mia Chang et Jeffrey Gelber
Durée : 88 minutes

Casting :
Robin Williams : Nolan Mack
Bob Odenkirk : Winston
Kathy Baker : Joy
Giles Matthey : Eddie
Eleonore Hendricks : Patty
Roberto Aguire : Leo
J. Karen Thomas : Cat

WARCRAFT : LE COMMENCEMENT : Voyage en sécurité

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warcraftafficheLes films adaptés de jeux vidéos ont souvent alternés le pire et le pas très bon. Du coup, l’annonce de l’arrivée de Warcraft : le Commencement sur les écrans n’avait pas réellement déchaîné d’attentes particulières. Puis les premières bandes-annonces sont arrivées et elles faisaient bien plus envie que ce que l’on pouvait imaginer. C’est donc avec confiance que je m’y suis rendu. Le résultat ne m’a pas déçu. Mais ne m’a pas enthousiasmé non plus il est vrai.

Warcraft : le Commencement est un film sans véritablement d’âme. Pas vraiment de défaut, mais aucune prise de risque. Tout reste superficiel, aussi bien l’histoire dénuée de vraies surprises que les personnages qui ressemblent parfois à un catalogue d’archétypes du genre. Le tout est cependant rythmé, alternant les phases de découverte de l’univers avec des scènes d’action plutôt bien menées. On ne s’ennuie donc jamais, sans pour autant tomber en amour faute d’une véritable magie qui dépasserait une efficacité toute commerciale.

warcraftWarcraft : le Commencement est visuellement plutôt réussi. Là aussi c’est d’une froide efficacité, mais on échappe au côté cheap qu’on eu beaucoup de films du genre. Les effets spéciaux donnent vraiment naissance à cet univers, mais ne le sublime pas. Bref, le film est globalement réussi, mais joue trop la sécurité pour être vraiment inoubliable. Il aura forcément une suite. On l’attend sans impatience, mais on prendra un certain plaisir à repartir dans ce monde.

LA NOTE:11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Duncan Jones
Scénario : Duncan Jones et Charles Leavitt d’après le jeu vidéo Warcraft créé par Chris Metzen
Direction artistique : Gavin Bocquet
Décors : Dan Hermansen, Helen Jarvis, Margot Ready et Grant Van Der Slagt
Costumes : Mayes C. Rubeo
Montage : Paul Hirsch
Musique : Ramin Djawadi1
Photographie : Simon Duggan
Production : Alex Gartner, Jon Jashni, Charles Roven et Thomas Tull
Durée : 123 minutes

Casting :
Travis Fimmel : Sir Anduin Lothar, chevalier de Hurlevent
Paula Patton : Garona Miorque
Ben Foster : Medivh, le Gardien et Protecteur d’Azeroth
Dominic Cooper : le roi Llane Wrynn, souverain de Hurlevent
Toby Kebbell : Durotan, chef du clan orc des Loups-de-Givre
Ben Schnetzer : Khadgar, ancien apprenti de Medivh
Robert Kazinsky : Orgrim Marteau-du-Destin
Daniel Wu : Gul’dan
Ruth Negga : Lady Taria Wrynn, épouse du roi, sœur d’Anduin Lothar
Anna Galvin : Draka
Clancy Brown : Main-Noire, le Destructeur
Terry Notary : Grommash Hurlenfer
Dylan Schombing : le prince Varian Wrynn
Callum Keith Rennie : Moroes
Burkely Duffield : Callan
Dean Redman : Varis
Ryan Robbins : Karos
Michael Adamwhaite : le roi Magni Barbe-de-Bronze
Andre Tricoteux : le capitaine de guerre des Orcs