La comédie romantique constitue sûrement le genre cinématographique le plus balisé qui soit. Le schéma est presque toujours identique mais cela ne l’empêche pas de se répéter inlassablement au travers de multiples productions qui viennent régulièrement peupler nos écrans. Cependant, de temps en temps, on y trouve aussi des comédies romantiques qui changent des comédies romantiques. C’est le cas de Maggie a un Plan. Un film sur une femme qui veut… se séparer de son mari pour le refourguer à son ex-femme. Une idée sympathique, mais loin d’être totalement exploitée.
Maggie a un Plan n’est donc pas tout à fait une comédie romantique. Un film relativement inclassable, entre comédie des mœurs, film portrait et réflexion sur la nature humaine. Mais à force d’être tout ça, il reste superficiel sur tous les aspects qu’il aborde. Le résultat n’est pas désagréable, mais jamais passionnant. On aurait aimé que le scénario creuse de manière bien plus conséquente certains de ses aspects les plus prometteurs pour devenir vraiment intéressant et non pas simplement gentiment divertissant.
Heureusement Maggie a un Plan bénéfice d’un casting de très grande qualité. Ethan Hawke et Julianne Moore, on a fait pire comme duo de seconds rôles. Ils ne forcent pas leur talent mais il est suffisant pour ne pas vraiment en avoir besoin. La grande star de ce film reste tout de même Greta Gerwing. Elle arrive à rendre son personnage attachant, à défaut d’être totalement convaincante. A l’image de tout le film en fait.
LA NOTE : 11/20
Fiche technique : Production : Freedom Media, Hall Monitor, Hyperion Media Group, Locomotive, Rachael Horovitz Productions, Round Films Distribution : Diaphana Films Réalisation : Rebecca Miller Scénario : Rebecca Miller, Karen Rinaldi Montage : Sabine Hoffman Photo : Sam Levy Décors : Alexandra Schaller Musique : Michael Rohatyn Durée : 98 min
Casting : Greta Gerwig : Maggie Ethan Hawke : John Julianne Moore : Georgette Travis Fimmel : Guy Bill Hader : Tony Maya Rudolph : Felicia Wallace Shawn : Kliegler Mina Sundwall : Justine
Alors ce pitch, ça donne quoi ? Et bien, c’est un groupe de jeunes gens enfermés dans un espace clos avec autour d’eux des gens qui veulent les tuer… Non sérieusement ? Mais c’est déjà vu mille fois ! Voilà peut-être ce qu’a entendu Jeremy Saulnier quand il a parlé de son nouveau film, Green Room, autour de lui. Il est vrai qu’on a vu plus original. Mais on a été tellement séduit par son précédent film, Blue Ruin, que l’on avait hâte de le voir s’attaquer à ce genre très classique, mais qui arrive mine de rien à se renouveler. Enfin, pas toujours non plus…
Green Room est un film qui n’arrive jamais à faire des choix clairs et du coup qui reste le cul entre deux chaises. Entre premier et second degré, entre froideur et émotion, le réalisateur n’arrive pas à trancher. Cela aurait pu donner un film riche, mais cela donne malheureusement plutôt un film bancal. Certaines séquences sont séduisantes sans arriver à faire monter la tension assez haut pour que l’on soit totalement happé et que l’on tremble pour les personnages. Au final, seul un chien vient apporter un petit moment de grâce juste avant le dénouement, mais c’est un peu léger.
D’un point de vue Green Room bénéficie d’une réalisation beaucoup plus soignée que l’immense majorité des films du genre. Mais là encore, Jeremy Saulnier n’arrive pas à s’appuyer sur cette qualité pour créer une synergie avec les autres éléments du film. Du coup, on regarde ça avec un peu d’admiration, mais aussi un détachement qui ne sied pas du tout pour un film qui devrait au contraire nous faire trembler tout du long. Le suspense est assez fort pour ne pas s’ennuyer, mais les amateurs de grand frisson seront peut-être quelque peu déçus.
LA NOTE:11/20
Fiche technique : Production : Broad Green Pictures, Film Science Réalisation : Jeremy Saulnier Scénario : Jeremy Saulnier Montage : Julia Bloch Photo : Sean Porter Décors : Ryan Warren Smith Distribution : The Jokers Musique : Brooke Blair, Will Blair Durée : 95 min
Casting : Joe Cole : Reece Alia Shawkat : Sam Mark Webber : Daniel Imogen Poots : Amber Patrick Stewart : Darcy Banker Anton Yelchin : Pat Callum Turner : Tiger
Il y a des destins extraordinaires qui deviennent légendaires et que l’histoire ancre dans la mémoire collective. Mais il y en aussi beaucoup connus de seuls quelques initiés ou érudits. Je trouve incroyable qu’un cinéphile amateur d’histoire comme moi n’est jamais saisi l’important du parcours de Dalton Trumbo, ni même retenu son nom, avant de voir le film biographique qui lui est consacré. J’avais vaguement connaissance de la polémique autour du choix du scénariste de Spartacus, sans que cela m’ait marqué plus que ça. Je ne prétends pas n’avoir aucune lacune en la matière, mais tout de même. On ne peut donc que se réjouir de voir son destin porté à l’écran. Surtout que le résultat est en tout point remarquable.
Ecrire la biographie d’un scénariste nécessite évidemment un excellent scénario. Il est vrai que la vie de Dalton Trumbo est en elle-même fascinante. Mais même la plus extraordinaire des histoires nécessite un minimum de talent de narrateur pour être vraiment passionnante. Le film l’est réellement, même si on peut reprocher quelques longueurs et chute d’intensité. L’intrigue est riche. On y découvre un destin individuel certes, mais aussi un portrait détaillé de la manière dont Hollywood a vécu le maccarthysme. Ces deux aspects se complètent parfaitement et rendent le film prenant du début à la fin.
Dalton Trumbo constitue surtout la confirmation que Bryan Cranston ait un formidable acteur. Ce rôle lui a valu une nomination aux derniers Oscars largement mérité. Quel dommage qu’il ait fallu la série Breaking Bad pour qu’on lui offre enfin des rôles beaucoup plus consistant sur grand écran. Il incarne parfaitement son personnage sans pour autant tomber dans l’imitation à tout prix. Plus globalement, le film bénéficie d’une réalisation élégante de la part de Jay Roach, pourtant spécialiste des grosses comédies qui tâchent, tels Austin Powers. Un changement radical de style parfaitement réussi. Pour notre culture ! Et pour notre plus grand bonheur !
LA NOTE : 14,5/20
Fiche technique : Réalisation : Jay Roach Scénario : John McNamara, d’après le livre Dalton Trumbo de Bruce Cook Direction artistique : Mark Ricker Décors : Cindy Carr Costumes : Daniel Orlandi Photographie : Jim Denault Montage : Alan Baumgarten Musique : Theodore Shapiro Production : Monica Levinson, Michael London (en), Nimitt Mankad, John McNamara, Shivani Rawat, Jay Roach et Janice Williams Langue : anglais Durée : 124 minutes
Casting : Bryan Cranston : Dalton Trumbo Diane Lane : Cleo Trumbo Helen Mirren : Hedda Hopper Louis C.K. : Arlen Hird Elle Fanning : Nikola Trumbo John Goodman : Frank King Michael Stuhlbarg : Edward G. Robinson Adewale Akinnuoye-Agbaje : Virgil Brooks David James Elliott : John Wayne Dean O’Gorman : Kirk Douglas Stephen Root : Hymie King Alan Tudyk : Ian McLellan Hunter Roger Bart : Buddy Ross John Getz : Sam Wood Christian Berkel : Otto Preminger Richard Portnow : Louis B. Mayer Sean Bridgers : Jeff Krandall
Grâce à Woody Allen, tout critique de cinéma sait ce que ressent le journaliste chaque année quand il doit traiter la rentrée des classes, le chassé-croisé du mois d’août ou bien encore les courses de Noël. Chaque année, c’est la même chose, mais il faut pourtant savoir se renouveler. Pour ce qui est du réalisateur new-yorkais, le cru 2016 sera d’autant plus problématique que Café Society est un Woody Allen tout ce qu’il y a de plus classique. Faisons donc sobre et disons simplement que c’est un bon cru, savoureux sans être pour autant inoubliable.
Café Society navigue des eaux connues. On y retrouve beaucoup de thèmes chers à Woody Allen : le triangle amoureux, l’apprentissage de la vie d’un jeune premier, le choc des classes sociales ou encore le rapport à la judaïté. Le ton est léger mais pas trop. Bref, il y a infiniment moins de prise de risque ou d’originalité que dans un Blue Jasmine par exemple. Mais on ne peut pas reprocher à un réalisateur aussi prolifique de revenir de temps en temps aux fondamentaux. Surtout quand le résultat reste quand même très agréable et plaisant.
Café Society repose avant tout sur un fabuleux trio d’acteurs, mis particulièrement en lumière par les légendaires qualités de direction de Woody Allen. Steve Carrel confirme que le virage pris par sa carrière depuis quelques années est une brillante idée. Il n’est définitivement pas qu’un grand acteur comique, mais un grand acteur tout court. Jesse Eisenberg continue, film après film, de démontrer qu’il sera une des figures marquantes d’Hollywood dans les années à venir. Et que dire de Kirsten Stewart, absolument éblouissante de charisme, qui inonde l’écran de sa présence à chacune de ses apparitions. Le tout donne sa solidité à ce film largement réussi.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Production : Letty Aronson, Stephen Tenenbaum, Edward Walson, Ron Chez, Adam B. Stern, Allan Teh Réalisation : Woody Allen Scénario : Woody Allen Montage : Alisa Lepselter Photo : Vittorio Storaro Format : couleur – 2,00:1 – son Dolby numérique Décors : Santo Loquasto Distribution : Amazon Studios, Mars Film Directeur artistique : Michael E. Goldman, Doug Huszti Durée : 96 min
Casting : Kristen Stewart : Vonnie Steve Carell : Phil Jesse Eisenberg : Bobby Ken Stott : Marty Corey Stoll : Ben Parker Posey : Rad Blake Lively : Veronica Jeannie Berlin : Rose Tony Sirico : Vito
Bon désolé, je vais encore axer mon introduction sur une comparaison, mais ce n’est pas faute si le cinéma a tendance à bégayer quelque peu parfois. Ainsi, après l’Etudiante et Monsieur Henri, voici Adopte un Veuf, une nouvelle production hexagonale avec comme point de départ la cohabitation forcée d’une personne relativement âgée et un rien misanthrope et une (voir même des dans le cas présent) personne beaucoup plus jeune. Si le ton des deux films est assez différent, on peut quand même se demander si les scénaristes ne maquent pas parfois d’imagination. Ou bien peut-être simplement qu’ils hument le même air du même temps et qu’ils sont donc amenés à avoir des idées semblables de manière assez synchrone. En tout cas, les deux films peuvent se classer dans la même catégorie : les films sympathiques et gentillets qui se laissent regarder.
Adopte un Veuf est donc avant tout une comédie. Il est parcouru d’autres émotions, peut tirer une larme ou deux à un moment donné, mais globalement l’histoire est au service de l’humour. Et au final, c’est ce qui rend le film très agréable. Il ne cherche pas à être autre chose que ce qu’il est et échappe ainsi à une lourdeur qui aurait pu le guetter. Il s’agit donc d’un divertissement léger misant sur le comique de situation et des personnages attachants. C’est plutôt bien écrit, sans vraies longueurs, ponctué de francs éclats de rire et assez touchant parfois. Certes, tout cela n’est jamais d’une intensité folle et manque peut-être d’un vrai morceau de bravoure qui aurait vraiment marqué les esprits. Mais le tout fonctionne bien et il est toujours injuste de reprocher à un bon film de ne pas être un chef d’oeuvre.
Adopte un Veuf repose sur un casting plutôt malin. André Dussolier constitue le pilier central de la distribution. Un pilier évidemment solide, vu le talent et la polyvalence de cet immense acteur. Le choix de Bérangère Krief était plus risqué. Elle est égale à elle-même. Son ton n’est peut-être pas d’une justesse à toute épreuve, mais elle compense mille fois ces légers flottements par une énergie folle et particulièrement communicative. Elle rend terriblement adorable et attachant un personnage qui aurait pu ressembler facilement à une abominable hystérique. Les seconds rôles qui les entourent sont eux aussi d’un très bon niveau, ce qui permet de saluer la direction d’acteurs de François Desagnat qu’on avait pourtant déjà connu beaucoup moins inspiré en la matière. Il signe là de loin son meilleur film, ce qui n’était pas difficile néanmoins.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : François Desagnat Scénario : Jérôme Corcos et Catherine Diament Musique : Fabien Cahen Montage : Béatrice Herminie Photographie : Vincent Gallot Costumes : Khadija Zeggaï Décors : Samantha Gordowski Producteur : Antoine Pezet et Jérôme Corcos Production : Nac Films et Someci Durée : 97 minutes
Casting : André Dussollier : Hubert Jacquin Bérengère Krief : Manuela Baudry Julia Piaton : Marion Legloux Arnaud Ducret : Paul-Gérard Langlois Nicolas Marié : Samuel Edlemann Panayotis Pascot : Julien Vincent Desagnat : Roméro Blanche Gardin : Rose Guillaume Delorme : Seb Mathieu Madénian : Arnaud Nathalie Roussel : la voisine d’Hubert Juliette Tresanini : Juliette
A propos du Chasseur et la la Reine des Glaces, on pourrait entamer un débat absolument passionnant… Est-ce une suite ou un spin-off ? Surtout, que par certains côtés c’est aussi un prequel. Voilà un débat réellement fondamental. Ou tout du moins le seul qui vale le coup. En effet, la question de savoir si c’est un bon film est vite tranchée… La réponse est non !
S’il y a un reproche qu’on ne peut pas faire à le Chasseur et la Reine des Glaces, c’est d’être visuellement raté. Les costumes, les décors, les effets spéciaux sont vraiment beaux. Ils auraient du contribuer à créer une sensation de féerie et soutenir un souffle épique… s’il existait. Mais le scénario est vraiment faiblard avec des éléments qui prêtent vraiment à rire.
Et puis, il est difficile de donner une dimension réellement épique à un film dont le héros a le charisme d’une plaquette de beurre 1er prix. Une plaquette musclée certes, mais une plaquette quand même. Heureusement, à ses côtés, Jessica Chastain a le charme d’un beurre salé fermier étalé sur le meilleur pain frais. Mais ce n’est pas suffisant pour sauver Le Chasseur et la Reine des Glaces de son effroyable médiocrité.
LA NOTE : 07/20
Fiche technique : Réalisation : Cédric Nicolas-Troyan Scénario : Evan Spiliotopoulos et Craig Mazin Direction artistique : Andrew Ackland-Snow, John Frankish, Steven Lawrence, Luigi Marchione, Frank Walsh, Tom Whitehead Décors : Dominic Watkins Costumes : Colleen Atwood Photographie : Phedon Papamichael Musique : James Newton Howard Production : Joe Roth Production déléguée : Chloe Yellin, Palak Patel, Sarah Bradshaw Sociétés de production : Roth Films, Prime Focus World et Universal Pictures Durée : 114 minutes
Casting : Chris Hemsworth : Eric, le Chasseur Charlize Theron : la reine Ravenna Jessica Chastain : Sara, la Guerrière Emily Blunt : Freya, la Reine des glaces Nick Frost : Nion Sam Claflin : William Rob Brydon : Gryff Sheridan Smith : Mme Bromwyn Alexandra Roach : Doreena Sope Dirisu : Tull Sophie Cookson : Pippa Sam Hazeldine : Liefr Fred Tatasciore : Le miroir Colin Morgan : Duc de Blackwood Conrad Khan : Eric, jeune Niamh Walter : Sara, jeune
Je sais bien que j’use et j’abuse des comparaisons dans mes critiques. Evidemment, je peux argumenter longuement à chaque fois sur pourquoi elles sont parfaitement justifiées. Cette fois, elle est tellement évidente que je n’ai même pas besoin de chercher d’excuse. La Saison des Femmes se situe dans la droite lignée de Mustang et Much Loved, sortis l’année dernière. Deux films merveilleux sur l’émancipation des femmes dans des pays où leur condition reste difficile. Désormais, ce n’est plus deux, mais bien trois !
La Saison des Femmes nous emmène cette fois en Inde. Comme pour les deux films cités plus haut, il nous propose un cocktail de rires, de larmes, de joie, de tristesse, mais surtout beaucoup d’émotions. Le tout enrobé des couleurs et de la musique de ce pays à nul autre pareil. Le résultat est peut-être parfois moins maîtrisé que pour les deux autres, mais on est tellement porté par le film, les personnages, leur histoire, leurs sentiments que l’on n’y prête guère attention. On fait ainsi un fantastique voyage qui ne nous cache rien des aspects les plus sombres d’une société d’une incroyable violence parfois.
La Saison des Femmes est aussi l’occasion de découvrir de merveilleuses actrices. Là aussi, l’émerveillement rappelle celui que l’on a connu devant Mustang et Much Loved. Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla et Lehar Khan confirment déjà que les plus belles femmes du monde sont indiennes, mais surtout livrent une performance d’actrice d’une justesse, d’une fraîcheur et d’une sincérité rares. Toutes les émotions évoquées plus haut passent par elles, même si la réalisation est par ailleurs impeccable. Le film est au final une rencontre. Une grande et belle rencontre.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Shivalaya Entertainment, Blue Waters Motion Pictures, Airan Consultants Pvt Ltd Distribution : Pyramide Distribution Réalisation : Leena Yadav Scénario : Leena Yadav Montage : Kevin Tent Photo : Russell Carpenter Décors : Amardeep Behl Musique : Hitesh Sonik Directeur artistique : Amardeep Behl Durée : 118 min
Deuxième film consécutif dont j’ignorais à peu près tout avant d’aller le voir : Desiertio. Un film qui nous plonge aussi dans la misère sociale, mais dans un décor bien différent de celui de Les Ardennes. On se retrouve à suivre un groupe de Mexicains bien décidés à émigrer aux Etats-Unis en traversant de longs kilomètres de désert (d’où le titre). Et là… Non, il ne faut rien dire pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui comme moi aurait la chance de voir ce film sans en connaître l’idée centrale.
Il serait dommage de la gâcher d’autant qu’elle est relativement inattendue. Certes, déjà utilisée ailleurs, mais on attendait pas forcément à la voir apparaître dans ce contexte. Au final, au-delà de son caractère spectaculaire, elle en dit long sur beaucoup de sujets, sur la fracture entre ces deux pays et sur les relents nauséabonds qui parcourent l’Amérique profonde. Desiertio peut donc être vu de bien des façons et chacune d’entre elles permet de mesurer la qualité de ce film.
Desierto est réalisé par Jonas Cuaron, le fils d’Alfonso Cuaron à qui on doit l’extraordinaire Gravity. Bon sans ne sachant mentir, le film est parfaitement maîtrisé artistiquement et la narration est parfaite. Certes, les grandes étendues désertiques se prêtent aux très beaux plans sur un décor sublime. Mais ici, le désert n’est pas qu’une simple toile de fond, mais un acteur à part entière, parfaitement mis en valeur. Si je veux rien dévoiler de cette histoire, c’est aussi parce qu’elle est racontée un vrai sens du rythme et de l’intensité. Le film tout juste une heure et demi et il n’y a pas une minute de trop pour donner vie à ce qui n’est peut-être pas une grande histoire, mais dont Jonas Cuaron a totalement exploité le potentiel.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique : Réalisation : Jonás Cuarón Scénario : Jonás Cuarón et Mateo Garcia Direction artistique : Alejandro García Costumes : Andrea Manuel Photographie : Damian Garcia Son : Raul Locatelli Montage : Jonás Cuarón Musique : Woodkid Production : Alfonso Cuarón, Carlos Cuarón, Jonás Cuarón, Alex Garcia, Charles Gillibert Durée : 94 minutes
Casting : Gael García Bernal : Moïse Jeffrey Dean Morgan : Sam Alondra Hidalgo : Adela Diego Cataño : Mechas Marco Pérez : Lobo Oscar Flores : Ramiro David Lorenzo : Ulysse Butch McCain : Un animateur radio
Dans la série des séances programmées sans que je sache grand chose des films que je vais voir, la soirée de mardi fut particulièrement bonne. Elle a débuté avec les Ardennes, un film flamand qui confirme la grande vitalité du cinéma belge. Une œuvre qui rappelle Bullhead par bien des points, même si on ne se situe pas tout à fait au même niveau de qualité.
Les Ardennes constitue une nouvelle plongée dans la Flandre profonde pour un film à l’ambiance définitivement noire. Cette histoire de triangle amoureux impliquant deux frères, dont un sort tout juste de prison repose sur des bases déjà vues. Que ce soient les éléments de l’intrigue ou le fond social, on navigue dans un terrain connu et sans réelle surprise. Heureusement tout change dans la dernière partie du film avec l’arrivée de personnages sortant vraiment de l’ordinaire. Cela aboutit à un dénouement là aussi déjà vu, mais qui fonctionne assez bien pour nous laisser sur une sensation forte.
Les Ardennes ne sont pas tout à fait le nouveau Bullhead aussi parce qu’on y trouve pas le nouveau Matthias Schoenaerts. Le trio d’acteur est certes convaincant mais ne possède évidemment pas le même charisme. Par contre, il bénéficie lui aussi d’une réalisation artistiquement aboutie. L’ambiance est vraiment pesante, la photographie contribuant largement à cette noirceur. Le cinéma flamand ne nous offrira pas cette fois-ci un nouveau film de l’année, mais prouve en tout cas qu’il a toute sa place sur nos écrans.
LA NOTE : 13,5/20
Fiche technique : Réalisation : Robin Pront Scénario : Jeroen Perceval et Robin Pront Musique : Hendrik Willemyns Montage : Alain Dessauvage Photographie : Robrecht Heyvaert Costumes : Catherine van Bree Décors : Geert Paredis Producteur : Bart van Langendonck Coproducteur : Peter Bouckaert et Ellen Havenith Producteur délégué : Xavier Rombaut Production : Savage Films Coproduction : Eyeworks et Bastide Films PRP Durée : 93 minutes
Casting : Jeroen Perceval : Dave de Swaef Kevin Janssens : « Kenny », Kenneth de Swaef Veerle Baetens : Sylvie de Winter Jan Bijvoet : Stef de Volder Sam Louwyck : Joyce Viviane De Muynck : Mariette Eric Gordon : Gérard Peter Van den Begin : Robert Rachid Appa : Chalid Caroline Stas : Linda, la policière Dominique Van Malder : Tommy Brit Van Hoof : Cindy Bart de Graauw : un client de la discothèque Kuno Bakker : Robert
Décidément, la mode est aux super-héros qui, au lieu d’affronter des super-vilains voulant dominer le monde, se battent gentiment (ou pas) entre eux au lieu de sauver un monde qui n’est justement jamais à l’abri d’un super-vilain voulant le dominer. Donc après Batman vs Superman, voici Captain America : Civil War. Ce n’est pas trahir le scénario que de raconter qu’il aboutira à un affrontement entre deux groupes d’Avengers, tant la promotion du film a mis en avant cet élément, notamment sur les murs du métro. Cette production a surtout permis de mettre en lumière la différence d’approche entre Marvel et DC… Et surtout l’incontestable supériorité du premier. Elle est avérée depuis longtemps sur le papier des comics. Elle se confirme au cinéma.
En effet, Marvel a bien compris qu’un film de super-héros ne peut guère enthousiasmer sans un minimum d’humour et de second degré. En effet, il s’agit quand même de personnages en costume parfois un peu ridicule qui se battent contre des méchants qui eux aussi ont souvent des goûts vestimentaires douteux. Si Marvel a été très loin dans la démarche avec Ant-Man et encore plus Deadpool, elle propose avec Captain America : Civil War un bon équilibre entre une action spectaculaire, parfaitement réalisée et jamais trop redondante et des dialogues parsemés de bons mots, de clins d’oeil sympathiques et d’un brin d’auto-parodie tout à fait réjouissant. Le film ne se prend jamais au sérieux, ce qui paradoxalement le rend nettement plus crédible qu’un Batman vs Superman d’une lourdeur absolument insupportable.
Certes, Marvel multiplie les films et on pourrait légitimement craindre l’overdose. Mais à l’heure où le public est habitué aux séries au long court, il apprécie au contraire de retrouver ces personnages familiers qu’il a appris à connaître. Cela ouvre tout un champs d’auto-référence à cet univers qui certes ravira surtout les fans, mais donne du dynamisme au propos (pas besoin de longues introductions ou explications). Le spectateur est en terrain familier et il s’y sent bien. De plus, si l’intrigue en elle-même n’est pas non plus d’un intérêt bouleversant, les scènes d’action arrivent encore à être suffisamment variées pour divertir et parfois même enthousiasmer. Surtout que les nouveaux personnages sont plutôt réussis (notamment la Panthère Noire), même si on peut s’interroger sur l’opportunité de voir une nouvelle version de Spider-Man encore une fois interprété par un nouvel acteur. Au final, on retrouve dans Captain America : Civil War tout ce qu’on en attendait mais avec un niveau de qualité qui fait encore encore nettement la concurrence avec la concurrence.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Production : Marvel, The Walt Disney Company France Distribution : The Walt Disney Company France Réalisation : Anthony Russo, Joe Russo Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely Montage : Jeffrey Ford, Matthew Schmidt Photo : Trent Opaloch Décors : Owen Paterson Musique : Henry Jackman Durée : 148 min
Casting : Chris Evan : Steve Rogers, Captain Americ Robert Downey Jr : Tony Stark, Iron Man Scarlett Johansson : Natasha Romanoff, Black Widow Sebastian Stan : Bucky Barnes, Winter Soldier Anthony Mackie : Sam Wilson, Falcon Jeremy Renner : Clint Barton, Hawkeye Chadwick Boseman : T’Challa, VBlack Panther Paul Bettany : Vision
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