LE LABYRINTHE : LA TERRE BRULEE : Hunger Max

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lelabyrintheterrebruleeaffichePendant très longtemps, le public fréquentant les cinémas pouvait être segmenté en deux groupes distincts : les grands et les petits, ou si vous préférez les adultes et les enfants. Et puis, les producteurs ont découvert une troisième catégorie d’êtres humains susceptibles de se rendre en masse dans les salles obscures : les adolescents. Cette espèce à part semble particulièrement friande de fantastique… bon ou alors les producteurs ont tout simplement voulu imiter le succès de la saga Twillight. Bon, ce n’est pas le débat du jour, qui peut se résumer ainsi : Le Labyrinthe : la Terre Brûlée est il un bon film ?

Après un premier épisode plutôt bien foutu, mélangeant Hunger Games et Cube, voici un deuxième opus également plutôt bien troussé qui tire son influence de Mad Max… et bon de Hunger Games toujours, parce qu’il faut bien suivre les franchises qui cartonnent. Bien sûr, ça reste assez gentillet, faudrait pas traumatiser le boutonneux, mais Le Labyrinthe : la Terre Brûlée est rythmé, convaincant et assez différent du premier épisode pour que l’on échappe à l’impression de réchauffé. On prend plaisir à retrouver les personnages et d’assister à leur évolution dans des décors spectaculaires.

lelabyrintheterrebruleeLe Labyrinthe : la Terre Brûlée reste néanmoins un film assez mineur dans son genre. Déjà parce que les thèmes abordés, les éléments de l’intrigue, sont eux quand même quelque peu usés à force d’être utilisés dans la plupart des œuvres du genre, combien même le résultat tient ici debout. La saga manque aussi d’un personnage et d’acteurs vraiment charismatiques. N’est pas Jennifer Lawrence qui veut. Bref, un film qui est un bon moyen d’attendre la conclusion de Hunger Games. Un sorte d’apéro avant le plat principal !

LA NOTE : 12,5/20

Fiche technique :
Production : Gotham Group, Temple Hill Entertainment, TSG Entertainment
Distribution : 20th Century Fox France
Réalisation : Wes Ball
Scénario : T.S. Nowlin, d’après La Terre brûlée de James Dashner
Montage : Dan Zimmerman
Photo : Gyula Pados
Décors : Daniel T. Lawrence
Musique : John Paesano
Durée : 133 mn

Casting :
Dylan O Brien : Thomas
Thomas Brodie-Sangster : Newt
Kaya Scodelario : Teresa
Ki Hong Lee : Minho
Giancarlo Esposito : Jorge
Patricia Clarkson : Ava Paige
Aidan Gillen : Janson
Lili Taylor : Mary

THE PROGRAM : Trop de faits tue l’effet

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theprogramafficheUn grand film repose souvent sur un grand personnage. Ils peuvent être évidemment de pure fiction, née de l’imagination d’un écrivain ou d’un scénariste. Mais on peut aussi piocher dans le monde réel qui compte lui aussi des figures assez marquantes pour leur consacrer un film. Lance Armstrong en fait assurément partie. Toute la difficulté réside dans la transformation de l’envie de faire vivre un personnage à l’écriture d’une histoire construire avec un début, un milieu et une fin. Cela exige de faire des choix. Pas sûr que Stephen Frears ait fait les bons pour The Program.

Etant un grand amateur de cyclisme, j’ai beaucoup aimé The Program. Mais surtout parce que le travail de retranscription d’épisodes « historiques » est relativement remarquable. Malheureusement, si vous ne connaissez pas déjà tout de ces péripéties, vous aurez bien du mal à apprécier ce travail et beaucoup de choses vous échapperont. A trop vouloir coller à la chronologie complète de la carrière du coureur américain, Stephen Frears nous livre un film bien trop factuel. Certes, cela donne un portrait vivant, mais un portrait trop superficiel et rapide, qui ne prend pas le temps de s’attarder sur les points les plus marquants de cet homme fascinant pour le meilleur ou pour le pire. Il aurait très certainement mieux valu se consacrer sur un épisode précis de sa trajectoire, notamment sa chute, au lien d’affiche une volonté d’exhaustivité.

theprogramOn retrouve dans The Program tout ce qui peut forcer l’admiration dans ce genre de biopic. En particulier, la ressemblance physique entre Ben Foster et le vrai Lance Armstrong. Ce n’est pas la première fois qu’un comédien livre une telle performance, mais cela reste épatant. Malheureusement, tous les personnages ne sont pas aussi convaincants… quand on est francophone. Bon, faire interpréter Johan Bruyneel, un flamand, par un français et donc le faire passer pour un wallon, faut être pointu pour tiquer. Par contre, faire interpréter le docteur Ferrari par Guillaume Canet est déjà plus problématique. Peut-être que les anglophones n’y voient que du feu. Par contre, pour un Français, son accent italien forcé est un peu ridicule. Bref, c’est un détail, mais à l’image de beaucoup de choses dans ce film, le signe d’une œuvre par tout à fait aboutie.

LA NOTE : 12/20

Fiche technique :
Production : Anton Capital Entertainment (ACE), StudiCanal, Working Title Films
Distribution : StudioCanal
Réalisation : Stephen Frears
Scénario : John Hodge, d’après le livre de David Walsh
Montage : Valerio Bonelli
Photo : Danny Cohen
Décors : Alan MacDonald
Musique : Alex Heffes
Costumes : Jane Petrie
Durée : 103 min

Casting :
Ben Foster : Lance Armstrong
Jesse Plemons : Floyd Landis
Chris O’Dowd : David Walsh
Guillaume Canet : Dr Michele Ferrari
Denis Ménochet : le coach
Dustin Hoffman : le courtier

BOOMERANG : Vive la famille… ou pas !

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boomerangafficheLe problème depuis Festen, c’est que les films sur les secrets de famille paraissent désormais toujours un peu fades. Il est pourtant encore possible de partir de cette base pour proposer une œuvre convaincante. La preuve avec Boomerang, le nouveau film de François Favrat, un réalisateur qui s’affirme un peu plus à chaque nouveau long métrage. Certes, on atteint pas les sommets du chef d’oeuvre de Thomas Vinterberg, mais on tient ici un des films français les plus solides de l’année.

Solide déjà parce que Boomerang bénéficie d’un scénario remarquablement bien écrit. Pourtant, la trame est relativement linéaire et classique. Le soupçon initial, le mystère qui semble plus souvent s’épaissir que se dissiper, les indices qui se lient peu à peu, avant que tout s’assemble enfin au moment de connaître enfin la vérité. La mécanique est connue, mais elle est ici formidablement bien huilée. Rien n’est cousu de fil blanc, l’intrigue progresse à un rythme subtilement équilibré pour permettre à la fois une tension constante liée à la frustration de ne pas savoir et des éléments qui se succèdent assez vite pour que jamais l’histoire ne patine.

boomerangSolide aussi parce que le casting l’est aussi. Le duo Laurent Laffite et Mélanie Laurent fait partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma français actuel. On ne peut pas dire que leur rôle dans Boomerang les pousse dans leurs derniers retranchements. Mais ce n’est pas parce que le rôle est « facile » (enfin tout est relatif) qu’il ne permet pas d’apprécier pleinement le talent quand il est bien au rendez-vous. Un mot aussi sur la jolie prestation d’Audrey Dana

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Les films du Kiosque, France 2 Cinéma, TF1 DA, UGC, OCS, Cine +
Distribution : UGC distribution
Réalisation : François Favrat
Scénario : François Favrat, Emmanuel Courcol, d’après le roman de Tatiana de Rosnay
Montage : Valérie Deseine
Photo : Laurent Brunet
Décors : Mathieu Menut
Musique : Eric Neveux
Costumes : Emmanuelle Youchnovski
Durée : 101 min

Casting :
Laurent Lafitte : Antoine
Melanie Laurent : Agathe
Audrey Dana : Angèle
Wladimir Yordanoff : Charles, le père
Bulle Ogier : Blanche, la grand mère
Anne Loiret : Anne-Sophie
Anne Suarez : Astrid
Lise Lamétrie : Bernadette
Gabrielle Atger : Clarisse, la mère

MARGUERITE : Elle aurait voulu être une artiste

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margueriteafficheQui n’a jamais rêvé d’être un artiste ? Bon ok, peut-être une partie de la population, je n’en sais rien. Simplement, je trouvais que cette interrogation métaphysique sonnait bien pour introduire ma critique de Marguerite, l’histoire d’une femme persuadée qu’elle est une grande chanteuse lyrique alors que sa voix sonne horriblement et désespérément faux. Le nouveau de Xavier Giannoli, un réalisateur à la carrière inégale, mais qui nous offre de temps en temps de très beaux films. Celui-ci en fait partie.

Marguerite repose déjà sur un bon « pitch »… Allez soyons francophone, disons une bonne idée de départ. Le grand mérite de Xavier Giannoli est de ne pas s’être arrêté là, comme c’est souvent le cas dans le cinéma français (enfin surtout pour les comédies). Il brode autour de ça une histoire plus complexe et riche que ce que l’on pouvait imaginer a priori. C’est surtout la très belle galerie de personnages particulièrement fournis qui fait vraiment la différence, donne une vraie épaisseur à cette histoire et ravi le spectateur.

margueriteMarguerite restera à coup sûr un des rôles les plus marquants de Catherine Frot. Elle figure depuis longtemps parmi les piliers du cinéma français et n’en est pas à son premier premier rôle, loin de là ! Mais rarement elle aura occupée ainsi seule le haut d’une affiche, surtout d’un film d’une telle qualité. Elle éclabousse la pellicule de son talent dans un rôle qui semble avoir été crée spécialement pour elle. N’est justement pas l’apanage des plus grands comédiens de toujours donner cette impression ?

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Fidélité films, Gabriel Inc, France 3 Cinéma, Sirena Film, Scope Pictures, CN5 productions, Jouror cinéma
Distribution : Memento Films
Réalisation : Xavier Giannoli
Scénario : Xavier Giannoli, Marcia Romano
Montage : Cyril Nakache
Photo : Glynn Speeckaert
Décors : Martin Kurel
Musique : Ronan Maillard
Durée : 127 min

Casting :
Catherine Frot : Marguerite Dumont
André Marcon : Georges Dumont
Michel Fau : Atos Pezzini,
DivoChrista Théret : Hazel
Denis Mpunga : Madelbos
Sylvain Dieuaide : Lucien Beaumont
Aubert Fenoy : Kyril Von Priest
Théo Cholbi : Diego

LE PRODIGE : La diagonale du fou

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leprodigeafficheAprès les biopics sur des chanteurs (je crois qu’à ce niveau là, on a fait le tour), des acteurs ou des Présidents des Etats-Unis, la nouvelle mode est au génie binoclard quelque peu asocial. Certes, Un Homme d’Exception avait valu un Oscar à Ron Howard en 2002 (on se demande encore pourquoi d’ailleurs), mais c’est surtout en 2015 que le genre a pris son envol. Après Alan Turing et Stephen Hawking, voici donc le Prodige, l’histoire de Bobby Fischer, peut-être le plus grand joueur d’échecs de tous les temps, mais très certainement le plus profondément zinzin (pour rester poli).

Le Prodige est très certainement contestable dans son exactitude historique. Mais si on se rappelle que ce n’est qu’un film, on appréciera la mise en scène de ce personnage dont Edward Zwick décide de faire un héros malgré tout. Il y a un parti pris scénaristique fort, très hollywoodien certes, mais assez bien mené pour faire un film sur un joueur d’échecs un film à vrai suspense, au moins autant que beaucoup de polars ou autres films d’action. Certes, on reste loin de la qualité de Blood Diamond, mais le réalisateur signe là son meilleur depuis lors… Bon faut dire, ce n’est pas très difficile non plus.

leprodigeTobey Maguire a la bonne idée de ne pas avoir cherché la ressemblance physique à tout prix. Il reste lui-même (physiquement parlant) mais livre un joli numéro d’acteur, démontrant qu’il a été certainement jusqu’alors dans sa carrière assez sous-exploité. Ce n’est pas non plus un rôle à Oscar, mais une performance assez convaincante et solide pour rendre crédible le Prodige. Comme quoi avec un peu de talent, on arrive à faire de bons films avec à peu près n’importe quel sujet.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : Gail Katz productions, MICA Entertainment, Material Pictures, PenLife Media, PalmStar Media
Distribution : Metropolitan Filmexport
Réalisation : Edward Zwick
Scénario : Steven Knight
Montage : Steven Rosenblum
Photo : Bradford Young
Décors : Isabelle Guay
Musique : James Newton Howard
Durée : 114 min

Casting :
Tobey Maguire : Bobby Fisher
Liev Schreiber : Boris Spassky
Peter Sarsgaard : Père Lombardy
Robin Weight : Regina Fischer
Lily Rabe : Joan Fisher
Evelyne Brochu : Donna
Michael Stuhlbarg : Paul Marshall

YOUTH : Contraste singulier

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youthafficheLe monde étant peuplé de plus en plus de personnes âgées, il est normal qu’ils soient de plus en plus présents sur nos grands écrans. Le film de vieux est à l’honneur. Youth aurait pu se contenter d’en être un parmi d’autres s’il n’était réalisé par Paolo Sorrentino, Oscar du Meilleur Film Etranger il y a deux ans pour La Grande Bellezza. Un cinéaste au style très particulier qui ne laisse personne indifférent. Sa nouvelle production en fera assurément de même.

Si, comme moi, vous n’avez pas aimé La Grande Bellezza, alors vous aurez beaucoup de raisons de ne pas aimer Youth non plus. En effet, on retrouve ici une réalisation baroque, tendance rococo, hyper chargée, qui cherche à vous en mettre plein la vue à chaque plan. C’est fait avec un immense talent, mais aussi une immense complaisance. Paolo Sorrentino se regarde filmer de manière narcissique, allongeant son film bien plus que de raison. C’est du cabotinage version metteur en scène. Trop, c’est trop et il est vraiment regrettable de voir autant de talent gâché par autant d’autosatisfaction.

youthMais si, comme moi, vous n’avez pas aimé La Grande Bellezza, vous pourrez quand même aimé Youth. En effet, ce film est parcouru d’une émotion très pure, très simple, presque naïve. Or, le contraste entre la réalisation et son sujet donne un résultat singulier et étonnant. Sans les défauts cités plus haut, il n’est pas certain que le film aurait été meilleur, tant il aurait perdu son essence même. Ce goût sucré/salé, aigre-doux donne toute sa saveur à cette œuvre d’une fraîcheur particulière.

P.S. : inutile de préciser que si vous avez aimé La Grande Bellezza, vous adorerez Youth !

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Indigo Film, Pathé, Bis films, C-films, Number 9 films, Medusa Film
Réalisation : Paolo Sorrentino
Scénario : Paolo Sorrentino
Montage : Cristiano Travaglioli
Photo : Luca Bigazzi
Décors : Ludovica Ferrario
Distribution : Pathé Distribution
Musique : David Lang
Durée : 108 mn

Casting :
Harvey Keitel : Mick Boyle
Michael Caine : Fred Ballinger
Alex Macqueen : l émissaire de la Reine
Rachel Weisz : Leda Ballinger
Madalina Diana Ghenea : Miss Univers
Paul Dano : Mick Boyle
Ed Stoppard : Julian
Tom Lipinski : le scénariste amoureux
Poppy Corby-Tuech : l espionne

PREMONITIONS : Grosses ficelles, mais travail bien fait

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premonitionsafficheAu cinéma, comme ailleurs, nous aimons être surpris, croiser de l’originalité, une nouveauté surprenante et inattendue. Cependant, nous aimons aussi compter sur les valeurs sûres, visiter des domaines connus, où nous nous sentons en sécurité dans un environnement familier. Prémonitions propose clairement ce dernier genre de voyage. Un film tissé avec de la grosse corde. Mais même quand le matériau est quelque peu grossier, le bon artisan sait tout de même en tirer du bon travail.

Prémonitions est donc un thriller qui reprend tous les éléments classiques du genre. La petite pointe de fantastique ne change pas grand chose à l’affaire, nous sommes là devant une traque de serial killer comme le cinéma nous en a déjà proposé beaucoup. Mais voilà, le jeune réalisateur brésilien, Afonso Poyart, n’est pas maladroit pour articuler tous ces ingrédients et nous livrer un résultat convaincant et jamais ennuyeux. La trame est épaisse, mais ce n’est pas pour autant cousu de fil blanc.

premonitionsOn peut tout de même reconnaître à Prémonitions le mérite d’aborder un sujet assez sérieux et de livrer une conclusion qui n’est pas tout à fait celle que l’on pouvait attendre dans un contexte aussi hollywoodien. Bon, puisque cela joue un rôle important dans le suspense crée par l’intrigue, je n’en dirai pas plus, si ce n’est pour préciser que cela contribue à quitter ce long métrage sur une impression encore plus positive. Le film permet de profiter du plaisir toujours réel de voir Anthony Hopkins à l’écran, dans un rôle de docteur, on en avait l’habitude, mais qui cette fois chasse un serial killer. Mais dans un sens ou dans un autre, le talent de cet immense acteur est bien là.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Afonso Poyart
Scénario : Sean Bailey, Peter Morgan et James Vanderbilt, d’après un sujet de Ted Griffin
Direction artistique : Cameron Beasley
Décors : Frank Galline
Costumes : Denise Wingate
Montage : Lucas Gonzaga
Musique : BT
Photographie : Brendan Galvin
Production : Thomas Augsberger, Matthias Emcke, Beau Flynn et Tripp Vinson
Durée : 101 minutes

Casting :
Anthony Hopkins: John Clancy
Colin Farrell : Charles Ambrose
Jeffrey Dean Morgan : Agent Joe Merriweather
Abbie Cornish : Agent Katherine Cowles
Autumn Dial : Emma Clancy
Janine Turner : Elizabeth Clancy
Kenny Johnson : David Raymond
Matt Gerald : Sloman
Joshua Close : Linus Harp

LIFE : N’est pas un mythe qui veut

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lifeafficheLa mode de biopics ne semble pas vouloir passer. Certes, on peut toujours argumenter que Life n’est pas vraiment un biopic, simplement un épisode de la vie d’une célébrité, qui de plus n’est pas vraiment le personnage principal du film. Mais tout de même, on assiste à un nouveau numéro d’acteur se métamorphosant en un personnage « historique ». Ici le jeune Dane Dehaan essaye de redonner vie au mythique James Dean. Malheureusement, n’est pas un mythe qui veut.

Autant être clair, je me suis relativement ennuyé devant Life. Et ce pour pas mal de raisons. Déjà parce que le sujet en lui-même n’est pas si passionnant que ça. La relation qui s’établit entre le photographe, le vrai « héros » du film, et son sujet aurait pu apporter une réflexion originale sur la célébrité et le succès. Au final, le scénario ne dit pas grand chose et l’histoire consiste au final en une sorte de concours d’états d’âme entre celui qui tient l’appareil et son sujet. Un sujet exceptionnel certes, mais pas au point de donner à lui seul l’épaisseur nécessaire à un film au final assez contemplatif.

lifeLife souffre aussi de la prestation de Dane Dehaan. Certains l’auront trouvé génial. J’ai trouvé au contraire sa performance beaucoup trop forcée. Il n’est pas rentré naturellement dans la peau de James Dean, il joue, ça se voit et du coup, donne l’impression d’en faire trop. Ceci est souligné par le fait que le seul moment d’émotion forte de ce film est pendant le générique de fin, lorsque l’on voit les vraies photos du vrai James Dean. A ses côtés, par contre, Robert Pattinson est impressionnant de justesse et de maîtrise. Qu’il est loin le temps de Twillight ! Il porte littéralement le film sur ses épaules, mais tout son talent ne pouvait à lui seul combler les manques qui font de ce long métrage un bel objet un peu vain.

LA NOTE : 9/20

Fiche technique :
Production : See Saw Films, Barry Films, First Generations
Distribution : ARP Selection
Réalisation : Anton Corbijn
Scénario : Luke Davies
Montage : Nick Fenton
Photo : Charlotte Bruus Christensen
Décors : Anastasia Masaro
Durée : 110 mn

Casting :
Dane DeHaan : James Dean
Robert Pattinson : Dennis Stock
Ben Kingsley : Jack Warner
Joel Edgerton : John Morris
Alessandra Mastronardi : Pier Angeli

LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT : Décalage belge

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letoutnouveautestamentafficheLe cinéma belge (wallon) nous livre régulièrement quelques films particulièrement décalés. Le dernier en date, Au Nom du Fils, mélangeait comédie, meurtres en série et critique sociale, dans un mélange détonnant rendant le film relativement inclassable. De même, il est bien difficile de ranger Le Tout Nouveau Testament dans une case. A la fois, il y en a-t-il vraiment besoin ?

Bon tout de même, il faut admettre que c’est utile pour les critiques amateurs qui se trouvent du coup bien embarrassé au moment de vous parler de ce genre de film. J’ai longtemps pensé que Le Tout Nouveau Testament était une mauvaise comédie. Ce n’est pas le cas, puisqu’il est loin d’être une simple comédie. Certes, le personnage de Poelvoorde est là pour apporter un vrai ressort comique. Mais il n’est au final qu’un second rôle, certes quelque peu survendu pour les besoins de promotion du film. Ce film reste avant tout une très belle fable humaniste, une réflexion poétique sur la vie, la mort, le sens que l’on donne à notre existence.

letoutnouveautestamentLa poésie qui parcourt Le Tout Nouveau Testament nous fait pardonner un fond pas toujours très clair ou convaincant. J’aurais par exemple une question : pourquoi le gorille ? Ok, si vous n’avez pas vu le film, vous ne comprendrez pas trop le sens de la question. Simplement, le film manque peut-être un peu de contenu et tombe dans le décalé pour le décalé, sans que l’on saisisse l’intérêt profond de certains choix scénaristiques. Les six apôtres aurait peut-être mérités de n’être que quatre. Mais au final, on se laisse bercer par cette jolie fable qui n’a pas parfois ni queue, ni tête. Mais là encore, y en a-t-il vraiment besoin ?

LA NOTE : 13,5

Fiche technique :
Production : Climax Films, Après le déluge, Juliette Films, Caviar Films, Terra Incognita
Réalisation : Jaco van Dormael
Scénario : Jaco van Dormael, Thomas Gunzig
Montage : Hervé de Luze
Photo : Christophe Beaucarne
Décors : Sylvie Olive
Distribution : Le Pacte
Musique : An Pierlé
Durée : 114 mn

Casting :
Benoit Poelvoorde : Dieu
Yolande Moreau : La femme de Dieu
Catherine Deneuve : Martine
François Damiens : François
Pili Groyne : Ea
Marco Lorenzini : Victor
Laura Verlinden : Aurélie

DHEEPAN : Palme de bronze

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dheepanafficheUne Palme d’Or est forcément très attendue par un cinéphile. Encore plus quand elle est signé par un grand réalisateur comme Jacques Audiard. S’il a reçu une telle récompense pour Dheepan, on pouvait aisément penser que ce film constituait un sommet dans sa carrière. Mais voilà, le choix d’un jury est forcément subjectif, parfois surprenant, parfois inattendu. De mon côté, il est clair que si j’avais du couronner un film dans la carrière du réalisateur, cela n’aurait pas été celui-là.

Entendons-nous bien, Dheepan est loin d’être un mauvais film, bien au contraire. Le sujet principal, le parcours d’une famille de réfugiés sri-lankais et surtout leur tentative d’intégration au sein d’une cité de région parisienne est remarquablement traité. Evidemment, cette thématique prend une résonance particulière. Mais indépendamment de ça, le film tient un propos non militant, équilibré, sans être totalement distancié. On est réellement en empathie pour ces personnages, mais plutôt grâce à la force de caractère dont ils font preuve, pour leurs faiblesses parfois, mais jamais par misérabilisme ou pitié.

dheepanMais Dheepan tient un propos plus ambitieux. Il nous parle aussi de la situation de certains quartiers que la misère ordinaire à pousser dans les bras de dealers qui font régner leur loi. Je sais que la situation décrite correspond à une réalité dont j’ai pu avoir des témoignages directs. Cependant, Jacques Audiard n’arrive pas à rendre cet aspect là vraiment convaincant. On n’y croit pas. Le seul personnage intéressant de ce côté, le chef de dealers, est passablement sous exploité et son ambiguïté ne pèse pas assez sur l’intrigue.

Dheepan pêche encore plus par son dénouement. Le final laisse quelque peu dubitatif aussi bien sur le fond que sur la forme. L’un comme l’autre ne permettent pas d’adhérer une seule seconde. C’est au final assez révélateur de cette histoire qui semble n’avoir jamais été totalement maîtrisée par Jacques Audiard. Cela n’aboutit pas à un film raté, mais loin d’être totalement réussi, en tout cas inabouti. Au final, Dheepan est un bon film, mais un Jacques Audiard moyen et une Palme d’Or décevante.

LA NOTE : 12,5

Fiche technique :
Production : Why Not Productions, Page 114, France 2 Cinéma
Réalisation : Jacques Audiard
Scénario : Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Noé Debré
Montage : Juliette Welfling
Photo : Éponine Momenceau
Décors : Michel Barthélémy
Distribution : UGC Distribution
Musique : Nicolas Jaar
Durée : 109 mn

Casting :
Antonythasan Jesuthasan : Dheepan
Claudine Vinasithamby : Illayaal
Kalieaswari Srinivasan : Yalini
Vincent Rottiers : Brahim
Marc Zinga : Youssouf