AU REVOIR L’EUROPE

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edelpsgbenficaIl n’y aura donc aucun club français en quart de finale de Coupe d’Europe, grande ou petite. Le football hexagonal est renvoyé à ses limites actuelles. Pendant plus de dix ans l’Equipe de France nous a fait oublier que nos clubs ne pèsent plus grand chose sur l’échiquier européen. Depuis le cauchemar Domenech, on n’a vraiment plus trop d’occasions de s’enthousiasmer lors de rencontres internationales.

Sur les trois clubs français éliminés ces derniers jours, deux peuvent vraiment nourrir des regrets. L’OM et le PSG ont été sortis par pas forcément plus forts qu’eux. Le plus déçu reste le club parisien qui a dominé Benfica aussi bien lors du match aller que du match retour, mais sans réussir à n’en remporter aucun. Il faut dire qu’avec des deux avant-centres capables de rater des occasions à deux mètres cinquante du but et un gardien déjà légendaire (et pas pour de bonnes raisons), Paris a vraiment donné le bâton pour se faire battre. Et à ce niveau, ça ne pardonne pas, même si en face, ce n’était ni Manchester et encore moins le Real Madrid.

Car si Marseille peut s’en vouloir, la faute en revient à son adversaire qui a affiché une médiocrité désolante à la lecture de son effectif. Mais voilà, en football, les individualités peuvent masquer bien des failles collectives. L’OM s’est crée plus d’occasions que Manchester, mais avec une efficacité nettement inférieure. La raison en est simple, elle tient en la qualité individuelle de leurs attaquants respectifs.

Lyon quant à lui doit simplement admettre qu’il était moins fort que le Real Madrid, aussi bien individuellement que collectivement. Bien sûr, on peut empiler les « et si » tant qu’on voudra, il n’en restera pas moins que les Lyonnais n’avaient pas vraiment les moyens d’inquiéter réellement les Madrilènes. Si ce scénario rappelle celui de la demi-finale de l’année dernière contre le Bayern, la différence de niveau était cette fois bien plus nette, pour ne pas dire insurmontable.

Il ne nous reste donc plus que le championnat pour vibrer devant des clubs français. Cela tombe bien, il est passionnant cette année. Et ce week-end, c’est OM-PSG ! Voilà de quoi nous consoler !

DESTINS CROISES

arsenalbarcelone

arsenalbarceloneCette semaine sportive nous a permis de voir comme le destin d’une équipe peut différer de celui d’une autre. Certes, la qualité individuelle des joueurs qui les composent joue un rôle important, mais il y a toujours quelque chose de plus. Quelque chose d’inexplicable et d’intangible, qui sublime la somme des partis, ou au contraire la minore.

D’un côté, le FC Barcelone. Une équipe comme on en voit pas dix par siècle. Le niveau affiché ce mardi contre Arsenal a atteint des sommets normalement inaccessibles pour une collectif composé d’êtres humains. Iniesta, Xavi et Messi le sont pourtant (quoique certains doutent en ce qui concerne le petit Argentin), mais les voir aligner 724 passes, contre 119 à leurs adversaires a constitué un spectacle hors du commun. Les Londoniens n’ont jamais pu tirer une seule fois au but, ce qui n’était encore jamais arrivé à aucune équipe cette saison que ce soit en Coupe d’Europe, mais même dans les 5 principaux championnats (Allemagne, Angleterre, Espagne, France et Italie). Des chiffres qui donnent le tournis et qui semblent issus d’un carton du Brésil contre le Liechtenstein.

Et pourtant, j’ai été le premier à crier à l’injustice lorsque l’arbitre a décidé d’expulser bêtement Van Persie pour une broutille. Ceci ajouté à l’occasion en fin de match de Bendtner, on ne peut s’empêcher de penser qu’Arsenal n’est pas passé si loin d’une qualification qui n’aurait pas été si imméritée que que ça, au vu du courage affiché par cette équipe. C’est aussi ce qui rend le football incomparable car dans tous les autres sports possibles et imaginables, un tel écart statistique n’aurait pu que se concrétiser que par une écrasante victoire.

Cela aurait été notamment le cas au rugby. Il suffit de voir les scores en Coupe du Monde entre les nations majeures et les « petites » équipes. Cela sera très certainement encore le cas à l’automne prochain en Nouvelle-Zélande. Mais au vu de leur prestation de ce samedi, il n’est pas sûr que le XV de France fasse encore partie des équipes capables de cartonner qui que ce soit. La défaite pathétique contre l’Italie ne fait que confirmer les inquiétudes à son sujet. Rien ne fonctionne et pire, rien ne s’améliore au fil des matchs.

italiefranceLa qualité individuelle des joueurs n’est pourtant pas forcément en cause. La France compte sûrement le réservoir d’internationaux en puissance le plus étoffé au monde. D’ailleurs, on ne pourra pas reprocher à Marc Lièvremont de ne pas avoir donné sa chance à assez de monde, tant les changements furent continuels et incessants. C’est d’ailleurs peut-être là que réside le fond du problème, mais si une explication rationnelle et irréfutable existait, on aurait déjà remédié aux difficultés rencontrées et les Bleus auraient déjà récupéré le niveau de jeu qui devrait être le leur.

Alors certes, le XV de France n’a pas de Messi (sans mauvais jeu de mots), mais la différence de réussite entre Barcelone et l’équipe tricolore ne peut se résumer à cela. Peut-être d’ailleurs qu’elle ne peut pas se résumer du tout. Et peut-être que Barcelone ne gagnera pas la Ligue des Champions alors que les Bleus seront sacrés champions du Monde, qui sait ! Et c’est ça qui est bon !

MENAGE A CINQ

lillelyon

lillelyonRarement le championnat de France nous aura réservé un tel suspense. Bien malin est celui capable de dire dès aujourd’hui qui de Lille, Rennes, Marseille, Paris ou Lyon remportera finalement le titre. Chacun a ses atouts et ses handicaps et tous sont en droit d’espérer. Il reste 13 journées pour les départager et la lutte s’annonce acharnée jusqu’au bout.

Les deux favoris logiques restent les deux Olympiques. Leur seul handicap potentiel pourrait venir dans un parcours en Ligue des Champions qui se prolongerait. Bon, les résultats des matchs aller n’ont pas encore éteint tout espoir, mais il reste quand même plus probable que leur calendrier s’allège d’ici 15 jours. L’expérience et l’effectif jouent pour eux et on sait bien que ce sont des éléments qui font la différence dans la dernière ligne droite.

Rennes et Lille présentent l’avantage de pouvoir se concentrer uniquement sur le championnat. Le club breton semble le moins bien armé, mais force est de constater qu’il est toujours là. Et même de plus en plus présent, puisqu’il a occupé la place de leader l’espace de 24h le week-end dernier. L’absence d’un potentiel offensif d’envergure est largement compensé par un défense de fer. L’attaque n’est pas contre pas le soucis pour le club nordiste qui semblait parti pour s’échapper, avant de connaître un léger ralentissement lors des deux dernières journées. Pour beaucoup, ils restent les favoris, mais leur prochain match à Marseille permettra de voir ce qu’ils ont réellement dans le ventre.

Reste enfin mon club de cœur, le Paris-Saint-Germain qui signe là une saison d’un standing bien supérieur à ce à quoi il nous avait habité ces dernières années. Cependant, malgré mon optimisme débordant, il faut bien admettre qu’il semble cumuler les deux handicaps de ses rivaux. En course dans trois compétitions (championnat, Coupe de France, Europa League), le calendrier des Parisiens s’annonce démentiel lors des prochaines semaines. Il sera étonnant que cela ne se traduise pas par quelques points perdus ici ou là. De plus, surtout depuis le départ de Sessegnon au mercato d’hiver, l’effectif semble désormais un peu juste pour instituer un vrai turn-over. Cependant, l’équipe a toujours fait preuve d’un caractère remarquable depuis le début de saison. Peut-être sera-t-il suffisant pour surmonter tous ces handicaps.

En tout cas, ces 5 équipes apportent aux spectateurs beaucoup de bonheur. Bien sûr, rares sont les matchs de notre championnat à approcher le niveau d’un Arsenal-Barcelone, mais ne boudons pas notre plaisir. Et que le meilleur gagne…surtout si c’est Paris !

C’EST ENCORE LOIN LA COUPE DU MONDE ?

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angleterrefranceEvidemment, le refrain de la défaite encourageante, des progrès constatés, des éléments positifs à retenir, tout ça, tout ça, c’est bien beau, mais ça ne retire rien au fait que l’on a perdu face à l’Angleterre, ce qui en soit est déjà désagréable, mais que surtout, il faut bien l’admettre, nous avons été battu par une équipe meilleure que la notre et il n’y a aucune injustice à déplorer. Et ça, c’est vraiment beaucoup plus dur à supporter.

Même si Rougerie avait marqué son essai et même avec un arbitrage plus cohérent sur le mêlées, le XV de France aurait perdu hier après-midi à Twickenham. Le XV de la Rose est bien en avance sur nous sur la route qui mène, dans quelques mois désormais, à la prochaine Coupe du Monde. Alors on peut positiver autant qu’on le voudra sur les progrès, notamment en défense, réalisés par les Bleus, il n’empêche qu’il ne s’agit pas de devenir meilleur dans l’absolu, mais meilleur que les autres pour espérer être champion du Monde.

Malgré tout l’optimiste qui me caractérise, je doute fort que le XV de France puisse enfin remporter le titre suprême à l’automne prochain. Il faut simplement regarder les choses en face, nous n’avons pas une équipe suffisamment compétitive pour cela. On se rapproche de la situation de 1991 qui s’était soldée par une Coupe du Monde très moyenne de la part de l’Equipe de France. Après est-ce la faute du manque de talent des joueurs ou bien la faute à un sélectionneur totalement inexpérimenté ? La réponse n’est pas évidente et la connaître ne changerait plus grand chose, il est trop tard pour changer radicalement de cap.

J’espère évidemment me tromper dans mon analyse. Mais de toute façon, il n’y aucune honte à perdre contre plus fort que soit. C’est d’ailleurs ce que disent tous les perdants…

EXCEPTION CULTURELLE ET CHAMPIONS D’EXCEPTION

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jbgrangeAvec Jean-Baptiste Grange et Teddy Tamgho, la France tient deux grands et beaux champions, qui ont particulièrement brillé ce week-end. L’un est devenu champion du monde de slalom en ski alpin et l’autre a amélioré son record du monde du triple saut en salle. Deux champions hors normes dans le paysage du sport français,… mais pas tant que ça.

Notre réputation de champion du monde des matchs amicaux nous colle encore largement à la peau, malgré la mutation profonde du sport français depuis 20 ans. Mais si certaines disciplines sont complètement sorties de ce cliché, handball en tête, certaines sont encore en plein dedans. Il suffit de penser à la fragilité morale, et parfois physique, de nos tennismen pour en être convaincus.

teddytamghoJean-Baptiste Grange et Teddy Tamgho ont parfois fait partie de cette catégorie de champion pas toujours là le jour J. On l’a oublié, mais au milieu de la pluie de titres qui s’est abattue sur l’Equipe de France lors des derniers championnats d’Europe d’athlétisme, notre triple-sauteur avait constitué une vraie déception avec sa médaille de bronze, alors qu’il était archi-favori du concours. Il y a deux ans, aux championnats du Monde de Val d’Isère, on promettait deux titres à Jean-Baptiste Grange et il était reparti sans médaille autour du cou.

Avoir su rebondir après de vraies déceptions est signe d’un vrai mental de champion. Et puis, n’oublions pas qu’ils ont encore bien des années de compétition devant eux. J’espère et je suis même persuadé qu’à la fin de leur carrière, on ne retiendra que les performances de ce week-ends et bien d’autres exploits à venir, plutôt que les déceptions du passé.

ABIDAL, A TORT OU A RAISON

abidalfrancefootball

abidalfrancefootballLe numéro de France Football de ce mardi nous livre une interview d’Eric Abidal, où il revient longuement sur le pathétique feuilleton que nous a offert l’Equipe de France cet été. Les propos tenus par l’arrière gauche de Barcelone sont à la fois consternants et d’une rare pertinence.

Consternants puisque l’on voit qu’une esquisse de mea culpa. Du bout des lèvres, Eric Abidal admet que l’attitude de l’équipe de France n’a pas été celle qu’elle aurait du être. En termes de contrition, on a déjà fait beaucoup mieux. Il y a une sorte de déni qui ressemble fort à du je m’en foutisme et de l’irresponsabilité. On est en droit d’être déçu par un tel discours, qui prouve, encore une fois, que s’excuser et admettre ses erreurs ne sont pas toujours le fort des êtres humains.

Mais avec une recul de six mois, on regarde d’un autre œil les propos tenus ici. Eric Abidal, ni aucun autre joueur de l’Equipe de France n’est un criminel et le traitement médiatique de ces évènements fut complètement disproportionnée. On a parfois nagé en pleine délire, comme lorsque Thierry Henry fut amené directement depuis l’aéroport à l’Elysée. Cela ne constitue en rien une excuse à ce qui a été fait, mais il serait peut-être bon de relativiser.

Et puis, Eric Abidal revient longuement sur la manière pathétique où certains ont absolument voulu désigner des coupables. Et beaucoup parmi eux cherchaient avant tout à fuir leurs propres responsabilités. Si les Bleus ont dépassé tout ce qu’on aurait pu imaginer de pire, ils faut bien avouer qu’ils n’ont fait qu’écraser violemment un avion qui n’avait ni pilote, ni moteur depuis longtemps. Les sanctions prises envers certains joueurs et pas d’autres, leur infligeant un nombre de matchs de suspension déterminée à la tête du client, ne constituent pas vraiment un modèle de justice équitable.

Enfin, l’ancien Lyonnais rappelle avec force un fait sur lequel le silence est assourdissant. Tout le cirque médiatique est née d’une une du journal L’Equipe rapportant les propos de Nicolas Anelka… qui ne sont pas ceux que l’attaquant de Chelsea a tenu. On peut considérer que ce n’est qu’un point de détail, mais les mots réellement prononcés ont quand même un caractère moins insultants que ceux affichés en pleine page par le seul grand quotidien sportif français… dont on attend toujours le mea culpa. L’attitude de la rédaction du journal est dans ce dossier totalement inadmissible et ne peut qu’entretenir un sentiment d’injustice chez les joueurs de l’Equipe de France.

Eric Abidal a donc l’impression que les joueurs de l’Equipe de France ont payé pour d’autres. Mais ne pas être les seuls coupables ne retire rien à leur culpabilité. Cependant, la récente sortie pitoyable de la nouvelle ministre des sports, Chantal Jouanno, prouve bien qu’en termes de bêtise pure, les footballers font face à une rude concurrence.

INVINCIBLES ?

lesexpertschampionsdumonde

lesexpertschampionsdumondeLa pluie de superlatifs qui déferle dans les médias sur l’équipe de France de handball est, une fois n’est pas coutume, pleinement méritée. Les Experts ont signé un exploit qui les place au firmament des étoiles du handball, du sport français, voire même mondial, même si leur sport reste quand même relativement peu universel. Une telle domination dans un sport collectif est absolument exceptionnelle, surtout que rien ne semble pouvoir la contrarier dans un avenir proche.

Le destin de cette équipe est d’autant plus étonnant que la France fut longtemps une nation mineure des sports collectifs, jusqu’au début des années 90, aussi bien pour les équipes nationales au niveau mondial, que pour les clubs au niveau européen. Puis Limoges et l’Equipe de France de handball, déjà, ont montré le chemin que d’autres ont suivi depuis. C’est aussi étonnant de penser que cette domination sans partage se produit dans un sport qui, avant les Barjots de 1992, n’avait connu que des résultats très faibles pendant des décennies dans notre pays.

Cependant, chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du jour où cette équipe sera enfin battue. Le réservoir de talents que possède la France peut nous faire espérer que ce jour soit encore loin. Cependant, il pourrait arriver dès le prochain Euro, début 2012, le scénario de la finale l’a prouvé. Mais serait-ce un si grand mal ? En effet, si cette équipe, déjà tellement dominatrice, abordait les Jeux Olympiques, la seule vraie compétition qui compte, avec un esprit de revanche, elle sera peut-être définitivement invincible.

Devenir double championne olympique, c’est tout le mal que l’on peut souhaiter à cette équipe fantastique à tous les points de vue. Je dois bien avouer que pendant longtemps mon amour du handball s’est limité à suivre les bons résultats de l’Equipe de France. Ce sport est en effet parfois un peu « bourrin », ressemblant à des concours des lancers de boulets de canon par de grands costauds. C’est encore la base du jeu de bien des équipes, mais depuis toujours les Français ont usé de bien d’autres armes, pleines d’imagination et souvent particulièrement spectaculaires.

Pendant longtemps, les équipes françaises, notamment en football, étaient réputées pour la beauté de leur jeu, mais leurs piètres résultats. Nos Experts ont porté les deux à des sommets rarement, voire jamais, égalés. Ils méritent donc encore une fois tous les éloges qu’ils reçoivent. Et espérons qu’ils nous offrent encore longtemps des raisons de leur en offrir.

DE HEROS A ZERO

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finalecoupedavis2010La France aura donc vécu un remake du cauchemar de 2002 en perdant une finale de Coupe Davis, alors qu’elle menait 2-1 après le double. Mais le scénario de cette après-midi ne ressemble en rien à la déconvenue de Bercy contre les Russes.

Michael Llodra aura passé un drôle de week-end. Samedi, il était un héros, après le point du double acquis au bout d’un match au scénario renversant. Un moment comme seul le tennis peut en proposer. Un vrai match de Coupe Davis où chacun des acteurs se bat avec acharnement sur chaque point, l’enjeu dépassant largement sa propre réussite personnelle. Cette « magie » propre à cette compétition a souvent profité à l’Equipe de France. Cette fois, elle a précipité sa défaite.

Aujourd’hui, Michael Llodra a connu ce que Paul-Henri Mathieu a vécu il y’a 8 ans. Cette impression d’avoir failli à son devoir et de ne pas avoir été à la hauteur du maillot que l’on porte. Mais dans une proportion sans commune mesure. Il n’y a pas eu de match, Michael Llordra s’est fait laminer par un joueur pourtant censé être inférieur. Certes, Viktro Troicki s’est porté à un niveau qu’il n’avait jamais encore atteint. Cependant, cela n’explique pas tout. Il suffit de regarder les statistiques au service pour voir que Michael Llodra a tout simplement livré une performance indigne d’une finale de Coupe Davis. Il a gravement failli et la belle victoire de la veille ne pourra effacer ce constat.

C’est d’autant plus difficile à supporter que la France possède un réservoir de joueurs de haut niveau comme il n’en a jamais connu auparavant. Si sa présence régulièrement en finale de Coupe Davis a souvent tenu du miracle, désormais, elle est nettement plus logique. Du coup, il serait tentant de jeter la pierre au capitaine, Guy Forget. Le choix de Michael Llodra pour le match décisif s’est révélé être une erreur fatale. Il a donc une lourde part de responsabilité dans la défaite.

Evidemment, il est facile de dire tout cela a posteriori. Espérons que l’histoire retiendra surtout la victoire largement méritée de la Serbie. Même s’il avait évolué à son meilleur niveau, rien ne prouve que Michael Llodra aurait pu battre un Viktor Troicki marchant sur l’eau. Ah par contre, si Jo-Wilfried Tsonga n’avait pas été blessé…

C’EST LEUR CHOIX

russieqatar

russieqatarLe choix du pays organisateur d’une grande compétition sportive repose très souvent sur des critères aussi subjectifs que mystérieux. Enfin mystérieux, c’est une façon poli pour dire que des paramètres politiques et surtout financiers rentrent en jeu et font passer parfois au second plan les qualités « techniques » des dossiers de candidature. La France est très bien placée pour le savoir et garde toujours en travers de la gorge la défaite de Paris face à Londres pour l’organisation des JO de 2012.

La FIFA vit des heures difficiles avec de lourds soupçons de corruption pesant sur certains de ses membres. L’attribution de l’organisation des Coupe du Monde de 2018 et 2022 pouvait constituer l’occasion de montrer que la gouvernance du football mondial restait entre de bonnes mains sportives, et non purement financières. Pour le coup, c’est raté.

Le choix de la Russie peut éventuellement se justifier. Il s’agit quand même du plus grand pays du monde par sa superficie et il n’a encore jamais organisé cette compétition. Cependant, son dossier était loin d’être le meilleur, les infrastructures nécessaires étant pour beaucoup à ce jour inexistantes. Alors on peut arguer que, justement, l’organisation de la Coupe du Monde sera l’occasion pour ce pays de se doter de ces infrastructures qui serviront bien au-delà de la compétition. L’argument est recevable. Par contre, ce qui prête à sourire, c’est de savoir que le favori anglais a été discrédité par des accusations de corruption. Choisir à sa place un pays gangrené par ce même fléau n’est guère rassurant.

Par contre, le choix du Qatar est absolument injustifiable. Quelle est la légitimité de ce pays pour organiser une telle compétition ? Sportive ? Historique ? Démographique ? Sûrement pas. Le seul atout du Qatar, c’est son argent, l’argent du pétrole. Un argent qui servira à payer des stades climatisés. Quelle ironie que ce choix se soit fait en pleine conférence sur le climat à Cancun ! Le pire reste tout de même un des arguments mis en avant par les Qatari. En 2022, la FIFA en face d’elle les mêmes interlocuteurs… En gros, votez pour nous car ne nous sommes pas une démocratie. On croit rêver…

On a beaucoup tapé sur les joueurs de l’Equipe de France sous prétexte qu’elle vivait loin des réalités quotidiennes, les conduisant à agir avec un cynisme sans nom. Mais le choix de la Russie et du Qatar nous montre bien que c’est tout le football qui vit dans sa bulle. Une bulle gonflée à l’argent. Et on sait comment se finisse toujours ce genre de bulle… Par une crise sévère et violente.

 

 

LA PLAISANTERIE EST FINIE

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lyonpsg22Après avoir connu un début de championnat étonnant, où seulement 6 points séparaient le leader du premier relégable, la Ligue 1 semble avoir retrouvé la raison et nous offre enfin une hiérarchie beaucoup plus claire. Les tubes de ce début d’automne, Rennes, Saint-Etienne puis Montpellier, commencent sérieusement à patiner et laissent peu à peu filer les favoris… Certains diront les gros budgets.

Un quatuor semble parti pour se disputer le titre. A leur tête, l’Olympique de Marseille qui a enfin retrouvé l’élan de la saison dernière. Mais attention, sa situation rappelle de plus en plus celle de Bordeaux la saison dernière. Champion en titre, un collectif rodé, une avance au classement qui semble grandir inexorablement… les points communs sont nombreux. Espérons pour les Olympiens qu’ils ne connaîtront pas la même explosion en plein vol.

Derrière deux outsiders que l’on attendait et qui ont livré un affrontement de très haut niveau ce week-end. L’Olympique Lyonnais et le Paris-Saint-Germain semblent armés pour disputer le titre. Pour le premier, on s’y attendait, même si son début de championnat catastrophique nous avait fait douter le temps de quelques journées. Par contre, on n’attendait pas forcément les Parisiens à ce niveau. Certes, le recrutement était prometteur, mais les déceptions furent trop nombreuses ces dernières saisons pour y croire vraiment. Tout va bien pour l’instant, mais connaissant l’histoire du club, on se dit qu’une sortie de piste est toujours possible.

Enfin, et on l’oublie certainement trop souvent, il reste Lille et son armada offensive. Son jeu est par moment irrésistible et il possède de loin l’effectif le plus riche du championnat pour ce qui est de la ligne d’attaque. Mais avec Landreau dans les buts et deux milieux défensifs comme Cabaye et Mavuba, on se dit que cette équipe recèle bien d’autres richesses. Sur la continuité de sa formidable deuxième moitié de saison de l’année dernière, elle n’a aucun complexe à nourrir et aucune raison de douter.

Et Bordeaux ? Peu convainquant dans le jeu, sans performance remarquable, à part une victoire un rien miraculeuse au Parc en début de saison, l’équipe de Jean Tigana est pourtant bien présent dans le peloton de tête. Les départs de Chamakh et Gourcuff ont bien sûr considérablement affaibli l’équipe. Cependant, le groupe compte encore la plupart des joueurs qui dominaient le championnat de la tête et des épaules. Ne les oublions donc pas.

En tout cas, cela nous promet un championnat passionnant et ça, c’est une très bonne nouvelle !