DIS, C’EST ENCORE LOIN LA COUPE DU MONDE ?

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franceaustralieUne rouste, une branlée, une dérouillée, une fessée cul nu avec un martinet à piquants… On peut appeler ça comme l’on veut, mais ce qu’a subit ce soir le XV de France va au-delà de l’humiliation. Ce n’est pas la première fois que l’on se fait cartonner par une équipe de l’hémisphère sud. Mais 59 points à domicile, cela s’apparente à une défaite historique. A moins d’un an de la Coupe du Monde, on est en droit de s’inquiéter.

On le sait, ces confrontations Nord-Sud sont souvent faussées par des différences de qualité de préparation. Dans l’autre hémisphère, tout est pensé et organisé pour mettre les équipes nationales dans les meilleures conditions. En Europe, ce sont les compétitions de clubs qui rythment la saison. Dans un sport aussi physique que le rugby, cela peut aboutir à des différents énormes. Aussi énorme que 46 points en une mi-temps ?

Cette défaite pose tout de même question sur la qualité de sélectionneur de Marc Lièvremont. Depuis sa prise de fonction, on ne peut pas vraiment constater de progrès flagrants, ni de projet de jeux visible. Il est peu probable que le XV de France attaque la prochaine Coupe du Monde avec tous les joueurs présents sur la pelouse du Stade de France ce soir. Il serait pourtant temps qu’un noyau de titulaires indiscutables se détache. Choisir à la tête de l’Equipe de France un homme sans aucune expérience en club constituait peut-être une grave erreur.

Y’a’t-il tout de même des raisons d’espérer ? On peut toujours ne retenir que la première mi-temps au bout de laquelle le XV de France menait 16 à 13 (ce qui rend la seconde mi-temps encore plus incroyablement humiliante). Certes, ce score tenait du miracle car la domination australienne était déjà impressionnante. Les tricolores n’existaient que par la domination de leur mêlée. Une domination rare à ce niveau, mais qui s’est étiolée au fur et à mesure du match.

Une bonne mêlée, c’est une bonne base sur laquelle bâtir une équipe. Le problème, c’est que cette base existe depuis longtemps. Par contre, pour l’équipe, on attend toujours… 

C’EST SI BON !

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angleterrefrance12En sport, et en football en particulier, il y’a des adversaires que l’on prend plus de plaisir à battre que d’autres. Il y’a l’Italie, mais cette rivalité a été surtout exacerbée par les affrontements répétés entre nos deux équipes nationales depuis 15 ans, avec des scénarios assez improbables et pour le moins dramatiques. Mais historiquement, cette rivalité n’est rien par rapport à celle qui nous oppose à l’équipe allemande. La blessure du match de Séville ne se refermera sans doute jamais totalement et chaque victoire contre la Manschaft aura comme un goût de revanche.

Mais le vrai ennemi reste tout de même l’Angleterre. Car avouons-le, si on aime les Beatles et Hugh Grant, on continue de regarder la perfide Albion d’un œil méfiant. En sport, cette rivalité se manifeste aussi bien en football qu’en rugby, où elle est même exacerbée. Mais avec leur modèle social ultra-libéral que certains aimeraient nous imposer et les bâtons qu’ils ont toujours placés dans les roues de la construction européenne, avouons que tout cela dépasse largement le périmètre du stade. Et je ne vous parle même pas de leur gastronomie !

La victoire de l’Equipe de France hier à Londres a donc fait doublement plaisir. Humilier l’Angleterre chez elle et rabattre leur caquet aux Rosbifs, dont le fair-play est légendaire, surtout quand ils gagnent, est un plaisir irrationnel mais bien réel. Putain, ça fait du bien, ça défoule et ça donne envie de brailler la Marseillaise dans les rues de Londres.

Le plaisir fut aussi évidemment dans le jeu pratiqué par l’Equipe de France. Ce n’est pas encore digne des plus belles heures de 84 ou 98, mais au moins ça ressemble à une équipe, avec des passes qui arrivent à destination et un jeu collectif ressemblant à quelque chose. Il faut dire qu’au cours de ces quatre dernières années, on avait presque oublié que des joueurs de l’Equipe de France de football pouvaient courir derrière un ballon sans avoir l’air d’ignorer totalement ce qu’ils vont bien pouvoir en faire. Bref, ce n’est qu’un retour à la normale en fait, mais on revient de tellement loin qu’on ne peut s’empêcher d’exprimer un certain enthousiasme.

Quant à l’Angleterre, si j’étais méchant, je dirais que le Luxembourg nous a posé plus de problèmes. Bon, la différence est surtout que le Luxembourg joue comme une équipe du niveau du Luxembourg, c’est à dire à 11 derrière et se jeter sur tous les ballons comme des morts de faim. Les Anglais ont voulu jouer comme une équipe de haut niveau européen, oubliant qu’ils ne sont plus qu’une équipe de seconde zone. Mais Benzema et Valbuena leur ont gentiment rappelé.

LE PRINTEMPS EN AUTOMNE ?

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toulousepsgVoir le Paris Saint-Germain occuper la troisième place du classement fait évidemment plaisir au supporter que je suis. De plus, ceci intervient à la suite d’une belle victoire acquise à l’extérieur, à Toulouse plus précisément, où il n’est jamais facile de s’imposer. Cela intervient surtout à la suite d’un nouveau match sans aucun but encaissé, ce qui constitue une petite révolution par rapport aux dernières saisons, où la solidité défensive a souvent fait défaut à l’équipe de la capitale.

La victoire à Toulouse a surtout permis à Melvut Erding de retrouver le chemin des filets. Si tout le monde s’accordait sur le fait que Paris avait plutôt réussi son début de saison, des inquiétudes subsistaient par rapport au manque d’efficacité de son duo d’attaquants. Mais cette méforme des buteurs parisiens soulevait paradoxalement bien des espoirs. En effet, si l’équipe tournait déjà bien avec des avant-centres à la réussite en berne, voir ces derniers retrouver régulièrement le chemin des filets pourrait transformer le PSG en machine à gagner.

Le supporter parisien que je suis a donc retrouvé espoir et ambition pour son équipe. Mais je n’oublie pas qu’à la même époque, la situation était à peu près la même, avant que l’automne ne soit synonyme de plongée dans les profondeurs du classement. Mais le très bon recrutement de cette saison donne à penser que ce scénario ne se reproduira pas. Enfin, tous ceux qui suivent régulièrement le PSG savent qu’avec ce club il faut s’attendre à tout. Et surtout au pire…

POUR QUELQUES PICOGRAMMES DE PLUS

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contadordopeLe contrôle anti-dopage positif d’Alberto Contador a été un coup de tonnerre dans le monde du cyclisme, qui n’avait vraiment pas besoin de ça. Un coup de tonnerre dans les médias et l’opinion, entretenant la défiance envers un sport qui a pourtant toujours connu ce genre de pratiques, même au faite de sa popularité. Car objectivement, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.

La quantité d’anabolisants retrouvée dans les urines du champion espagnol est infinitésimale d’une part, et d’autre part, décelée lors d’un seul contrôle. Contador ayant été contrôlé quasiment tous les jours pendant ce Tour de France, on peut penser que sa ligne de défense, un contamination alimentaire, n’est pas si absurde que ça. Pourtant les sportifs ont parfois faits preuve de la plus grande imagination pour justifier un contrôle positif (comme l’abus de sexe… le ridicule ne tue pas…). Restent les soupçons d’autotransfusion, mais on voit bien ici comment la presse se jette sur le moindre début de suspicion, en mettant en avant des considérations scientifiques qui les dépassent quelque peu.

Si le règlement est appliqué à la lettre, Alberto Contador pourrait bien subir l’humiliation d’une suspension définitive et surtout d’un déclassement et la perte de son dernier maillot jaune. Au vu des faits qui lui sont reprochés, ça serait passablement injuste, sauf si l’autotransfusion était confirmée. Mais le passé de Contador, et le fait qu’il soit miraculeusement passé entre les gouttes de l’affaire Puerto, ne plaident pas en sa faveur.

La rédemption définitive du sport cyclisme se fera peut-être au prix de quelques injustices.

A DEUX DOIGTS DE LA REGRESSION

chelseaom

chelseaomL’année dernière, on avait vanté les progrès des clubs français en Ligue des Champions. Si la demi-finale entre Lyon et le Bayern avait montré le chemin restant à parcourir, Lyon, Bordeaux et même Marseille n’avaient pas eu à rougir de leur parcours. On espérait bien que la saison qui vient de débuter confirmerait cette montée en puissance, surtout que la crise économique a quelque peu calmé les ardeurs de certains grand clubs, au niveau du recrutement.

Après deux journées, force est de constater que c’est la déception qui domine et on peut craindre des résultats en net retrait par rapport à la saison précédente. Certes, il y’a les deux victoires lyonnaises, mais l’opposition fut à chaque fois particulièrement faible et la manière fut très loin d’être rassurante. Auxerre, lui, n’ai pas grand chose à se reprocher tant le tirage lui fut défavorable… ainsi que le cours des évènements car voir Auxerre avec 4 points au lieu de zéro n’aurait pas constitué une injustice.

Reste le cas Marseille. Si sa défaite à Chelsea n’a rien d’humiliante dans l’absolu, la manière ne fut guère glorieuse, tant l’OM a ressemblé à une victime désignée. C’est surtout le match contre Moscou qui laisse beaucoup de regret. La victoire du club russe a ressemblé à un véritable hold-up, mais risque de peser très lourd pour la qualification pour le prochain tour.

Mais n’est-il pas trop tôt pour tirer des conclusions sur le niveau exact des clubs français ? Sans doute, mais les deux prochains matchs devraient être beaucoup plus éclairants. Lyon affrontera enfin un adversaire digne de ce nom avec Benfica et devrait pouvoir mieux se situer sur l’échiquier européen qu’il connaît si bien.

Marseille au contraire va rencontrer un adversaire très faible avec les Slovaques de Zilina. Les 6 points sont indispensables pour garder un espoir de qualification, mais même tout simplement pour démontrer que le club a bien sa place à ce niveau.

Enfin personne n’en voudra à Auxerre d’être battu par l’Ajax, mais il y’a longtemps que le club néerlandais n’est plus tout à fait un grand d’Europe. Au vu des prestation du club bourguignon en Ligue des Champions cette saison, les joueurs de Jean Fernandez n’ont aucun complexe à avoir et peuvent viser la victoire aussi bien à domicile à l’extérieur.

Objectivement, les clubs français n’ont guère eu de réussite en ce début de Ligue des Champions. Mais la chance, ça se provoque. Alors sortez-vous le doigts !

LYON NE RUGIT PLUS

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lyonnerugitplusA Lyon, on apprécie beaucoup le départ historiquement catastrophique de Arles-Avignon qui prémunit le club rhodanien de l’humiliation ultime d’une place de lanterne rouge. Mais bon, avant-dernier, ce n’est guère plus brillant. C’est surtout à des années-lumières des ambitions d’un club qui pense généralement autant Ligue des Champions que Ligue 1. C’est évidemment aussi un classement très loin de la valeur intrinsèque de cette équipe.

Ce départ catastrophique de Lyon, qui plus est avec une défaite à domicile contre l’ennemi juré, montre bien une nouvelle fois à quel point le football est imprévisible. C’est avant tout pour cela qu’on l’aime. Mais ne doutons pas que sur la longueur d’un championnat, Lyon saura considérablement améliorer son classement. Cependant, le temps presse car les écarts avec la tête se creuse. S’il venait à rater la qualification en Ligue des Champions à la fin de la saison, cela constituerait un événement pour la Ligue 1 et même pour l’Europe, dont il est un des clubs les plus réguliers à ce niveau.

L’équipe est trop belle sur le papier pour ne pas espérer qu’elle exprime enfin tout son potentiel. On reproche souvent à la Ligue 1 de manquer de talents. Lyon en a, alors à eux de jouer !

COUPE DAVIS MON AMOUR !

coupedavis

coupedavisIl y’a des histoires d’amour qui ne s’explique pas. Elles durent sans jamais s’éteindre, malgré le temps qui passe et l’eau qui coule désespérément sous les ponts. L’histoire d’amour entre la France et la Coupe Davis est de celle-là.

L’Equipe de France de tennis va donc disputer une nouvelle finale de Coupe Davis, la 6ème depuis 1991. Une performance assez incroyable pour un pays dont les représentants sont incapables de gagner le moindre tournoi du Grand Chelem… Mais tant que ça quand on regarde les choses de plus près.

La France a en effet un avantage sur certains grands pays de tennis, c’est d’avoir toujours à sa disposition tous ses meilleurs joueurs. Quand un Federer ou les meilleurs Américains boudent la Coupe Davis, les joueurs français sont toujours prêts à saisir leur raquette pour défendre la patrie. Cette motivation crée une émulation interne qui pousse à se sublimer sur le terrain à la fois pour remporter le match, mais aussi pour conserver une place de titulaire pour le tour suivant.

Le tennis masculin est sans doute le sport individuel où l’élite est la plus dense. A part les trois ou quatre meilleurs mondiaux, tout le monde peut battre tout le monde sur le circuit principal. Les matchs se jouent à rien et c’est le plus souvent les qualités morales qui priment, tant les talents purs sont homogènes. Le tout n’est pas d’être capable de bien jouer, mais d’être capable de bien jouer tout au long d’un match, et plus encore d’un tournoi.

Alors quand un Français entre sur un court pour un match de Coupe Davis, il a l’avantage d’une motivation à nulle autre pareil. Et chaque performance de l’Equipe de France renforce un peu plus l’amour de notre pays pour cette compétition et par la même la motivation des joueurs. Bref, un cercle vertueux qui explique en grande partie nos résultats.

Enfin pour cette année, il reste tout de même le plus dur à réaliser…. Gagner la finale !

TOUS A LA COUPE DU MONDE !

equipedefrancefeminiedefootball

equipedefrancefeminiedefootballEn ces temps de reprise de Ligue des Champions, je ne parlerai ni de Lyon, ni de Marseille, ni d’Auxerre. Je n’évoquerai même pas la belle victoire du PSG ce soir à Séville, où il n’est jamais facile de s’imposer (oh putain le beau lieu commun journalistique !). Je n’évoquerai pas non plus le championnat de France et encore moins les six nouvelles places perdues au classement FIFA par l’Equipe de France…masculine.

En effet, ce petit billet tiens avant tout à saluer la qualification de l’Equipe de France féminine de football pour la prochaine Coupe du Monde. Une qualification acquise qui plus est en allant gagner en Italie, où il n’est pas non plus facile de s’imposer ! Une belle récompense pour une équipe dont le parcours dans ces éliminatoires a frôlé la perfection.

Certes, le football féminin ressemble un peu au football masculin des années 50, niveau vitesse de jeu. Mais bon, du coup, il propose un jeu plus technique, moins physique et franchement pas désagréable à regarder. Et on ne pourra que regretter que les droits télévisuels de phase finale de la prochaine Coupe du Monde appartiennent à Eurosport. Espérons que d’ici là, une chaîne plus accessible leur rachète les droits. On aura alors le droit de rêver à une Coupe du Monde de football où une Equipe de France nous enthousiasmerait… Ah putain que ça ferait du bien !

TROIS HOMMES D’EXCEPTION

rafaelnadal

rafaelnadalCes derniers jours ont vu trois immenses champions prendre encore une dimension supplémentaire. Trois sportifs au palmarès phénoménaux, dont la rage de vaincre n’a d’égal que le talent. Trois hommes qui ne peuvent inspirer qu’admiration et respect.

Le premier d’entre eux, Tony Estanguet, a prouvé qu’il ne faut jamais enterrer prématurément un champion de ce calibre. Après l’immense déception de Pékin, il a prouvé en remportant un nouveau titre mondial qu’il est toujours au sommet de son art. Sa rivalité avec le Slovaque Martikan constitue d’ailleurs une des plus incroyables rivalités de l’histoire du sport. Comptant deux titres olympiques chacun, on ne peut qu’espérer une belle aux Jeux de Londres.

Le deuxième, Rafael Nadal, vient de rentrer dans un club extrêmement select. Il n’est que le 7ème joueur de l’histoire du tennis a avoir remporté au moins une fois les 4 tournois du Grand Chelem. Il s’ouvre surtout la possibilité de battre de nombreux records et de peut-être prendre un jour à Roger Federer le statut de plus grand joueur de l’histoire. Le chemin est certes encore long et son jeu manque sans doute de variété pour ne pas tomber un jour sur un adversaire capable de le battre régulièrement.

Le dernier, Teddy Riner, va lui sans doute grandir dans la défaite. Certes, elle est injuste et imméritée. Mais il est encore si jeune qu’il est impensable qu’il n’atomise pas tous les records. De nombreux titres mondiaux et olympiques l’attendent et personne ne lui en voudra d’être humain. Enfin, un minimum…

CA FAIT DU BIEN PAR OU CA PASSE

bosniefrance

bosniefranceOn avait presque peur de ne plus connaître le bonheur de voir l’Equipe de France remporter un jour à nouveau un match, mais heureusement, les Bleus nous ont ce soir rassuré en allant l’emporter en Bosnie 2 à 0. Vu les résultats depuis un an, pour ne pas dire quatre, on aurait presque envie de sauter au plafond, même si au fond, ce résultat est simplement normal.

Les vraies raisons de se réjouir tiennent surtout dans la manière dont a été acquise cette victoire. Non que le jeu ait été d’une qualité phénoménale, mais les notions de collectif et de tactique semblent avoir retrouver un minimum de sens, chose qui avait totalement disparu sous l’ère Domenech. Bien sûr, le travail est encore immense, mais on part de tellement loin qu’on est simplement heureux de voir l’Equipe de France dans le bon chemin, après avoir si longtemps erré sans but (avec jeu de mots !).

L’autre bonne nouvelle peut sembler contradictoire avec le propos précédent. En effet, le score s’est débloqué par un exploit individuel de Karim Benzema. Les esthètes auraient peut-être préféré une belle action collective, mais on sait bien qu’aucune équipe ne devient grande sans joueurs capables de faire la différence individuellement. C’est d’ailleurs ça qui permet aux grandes équipes de l’emporter, même quand elles semblent être dominées collectivement. La France a donc besoin de ses deux dimensions pour retrouver un rang un peu plus conforme à ses ambitions.

Karim Benzema n’a pas encore pris la dimension que son talent lui promet. Espérons que lui et l’Equipe de France suivront désormais le même chemin. Celui qui mène aux sommets.