Qui n’a jamais rêvé d’être un artiste ? Bon ok, peut-être une partie de la population, je n’en sais rien. Simplement, je trouvais que cette interrogation métaphysique sonnait bien pour introduire ma critique de Marguerite, l’histoire d’une femme persuadée qu’elle est une grande chanteuse lyrique alors que sa voix sonne horriblement et désespérément faux. Le nouveau de Xavier Giannoli, un réalisateur à la carrière inégale, mais qui nous offre de temps en temps de très beaux films. Celui-ci en fait partie.
Marguerite repose déjà sur un bon « pitch »… Allez soyons francophone, disons une bonne idée de départ. Le grand mérite de Xavier Giannoli est de ne pas s’être arrêté là, comme c’est souvent le cas dans le cinéma français (enfin surtout pour les comédies). Il brode autour de ça une histoire plus complexe et riche que ce que l’on pouvait imaginer a priori. C’est surtout la très belle galerie de personnages particulièrement fournis qui fait vraiment la différence, donne une vraie épaisseur à cette histoire et ravi le spectateur.
Marguerite restera à coup sûr un des rôles les plus marquants de Catherine Frot. Elle figure depuis longtemps parmi les piliers du cinéma français et n’en est pas à son premier premier rôle, loin de là ! Mais rarement elle aura occupée ainsi seule le haut d’une affiche, surtout d’un film d’une telle qualité. Elle éclabousse la pellicule de son talent dans un rôle qui semble avoir été crée spécialement pour elle. N’est justement pas l’apanage des plus grands comédiens de toujours donner cette impression ?
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Fidélité films, Gabriel Inc, France 3 Cinéma, Sirena Film, Scope Pictures, CN5 productions, Jouror cinéma
Après les biopics sur des chanteurs (je crois qu’à ce niveau là, on a fait le tour), des acteurs ou des Présidents des Etats-Unis, la nouvelle mode est au génie binoclard quelque peu asocial. Certes, Un Homme d’Exception avait valu un Oscar à Ron Howard en 2002 (on se demande encore pourquoi d’ailleurs), mais c’est surtout en 2015 que le genre a pris son envol. Après Alan Turing et Stephen Hawking, voici donc le Prodige, l’histoire de Bobby Fischer, peut-être le plus grand joueur d’échecs de tous les temps, mais très certainement le plus profondément zinzin (pour rester poli).
Le Prodige est très certainement contestable dans son exactitude historique. Mais si on se rappelle que ce n’est qu’un film, on appréciera la mise en scène de ce personnage dont Edward Zwick décide de faire un héros malgré tout. Il y a un parti pris scénaristique fort, très hollywoodien certes, mais assez bien mené pour faire un film sur un joueur d’échecs un film à vrai suspense, au moins autant que beaucoup de polars ou autres films d’action. Certes, on reste loin de la qualité de Blood Diamond, mais le réalisateur signe là son meilleur depuis lors… Bon faut dire, ce n’est pas très difficile non plus.
Tobey Maguire a la bonne idée de ne pas avoir cherché la ressemblance physique à tout prix. Il reste lui-même (physiquement parlant) mais livre un joli numéro d’acteur, démontrant qu’il a été certainement jusqu’alors dans sa carrière assez sous-exploité. Ce n’est pas non plus un rôle à Oscar, mais une performance assez convaincante et solide pour rendre crédible le Prodige. Comme quoi avec un peu de talent, on arrive à faire de bons films avec à peu près n’importe quel sujet.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Gail Katz productions, MICA Entertainment, Material Pictures, PenLife Media, PalmStar Media
Le monde étant peuplé de plus en plus de personnes âgées, il est normal qu’ils soient de plus en plus présents sur nos grands écrans. Le film de vieux est à l’honneur. Youth aurait pu se contenter d’en être un parmi d’autres s’il n’était réalisé par Paolo Sorrentino, Oscar du Meilleur Film Etranger il y a deux ans pour La Grande Bellezza. Un cinéaste au style très particulier qui ne laisse personne indifférent. Sa nouvelle production en fera assurément de même.
Si, comme moi, vous n’avez pas aimé La Grande Bellezza, alors vous aurez beaucoup de raisons de ne pas aimer Youth non plus. En effet, on retrouve ici une réalisation baroque, tendance rococo, hyper chargée, qui cherche à vous en mettre plein la vue à chaque plan. C’est fait avec un immense talent, mais aussi une immense complaisance. Paolo Sorrentino se regarde filmer de manière narcissique, allongeant son film bien plus que de raison. C’est du cabotinage version metteur en scène. Trop, c’est trop et il est vraiment regrettable de voir autant de talent gâché par autant d’autosatisfaction.
Mais si, comme moi, vous n’avez pas aimé La Grande Bellezza, vous pourrez quand même aimé Youth. En effet, ce film est parcouru d’une émotion très pure, très simple, presque naïve. Or, le contraste entre la réalisation et son sujet donne un résultat singulier et étonnant. Sans les défauts cités plus haut, il n’est pas certain que le film aurait été meilleur, tant il aurait perdu son essence même. Ce goût sucré/salé, aigre-doux donne toute sa saveur à cette œuvre d’une fraîcheur particulière.
P.S. : inutile de préciser que si vous avez aimé La Grande Bellezza, vous adorerez Youth !
LA NOTE : 14/20
Fiche technique :
Production : Indigo Film, Pathé, Bis films, C-films, Number 9 films, Medusa Film
Au cinéma, comme ailleurs, nous aimons être surpris, croiser de l’originalité, une nouveauté surprenante et inattendue. Cependant, nous aimons aussi compter sur les valeurs sûres, visiter des domaines connus, où nous nous sentons en sécurité dans un environnement familier. Prémonitions propose clairement ce dernier genre de voyage. Un film tissé avec de la grosse corde. Mais même quand le matériau est quelque peu grossier, le bon artisan sait tout de même en tirer du bon travail.
Prémonitions est donc un thriller qui reprend tous les éléments classiques du genre. La petite pointe de fantastique ne change pas grand chose à l’affaire, nous sommes là devant une traque de serial killer comme le cinéma nous en a déjà proposé beaucoup. Mais voilà, le jeune réalisateur brésilien, Afonso Poyart, n’est pas maladroit pour articuler tous ces ingrédients et nous livrer un résultat convaincant et jamais ennuyeux. La trame est épaisse, mais ce n’est pas pour autant cousu de fil blanc.
On peut tout de même reconnaître à Prémonitions le mérite d’aborder un sujet assez sérieux et de livrer une conclusion qui n’est pas tout à fait celle que l’on pouvait attendre dans un contexte aussi hollywoodien. Bon, puisque cela joue un rôle important dans le suspense crée par l’intrigue, je n’en dirai pas plus, si ce n’est pour préciser que cela contribue à quitter ce long métrage sur une impression encore plus positive. Le film permet de profiter du plaisir toujours réel de voir Anthony Hopkins à l’écran, dans un rôle de docteur, on en avait l’habitude, mais qui cette fois chasse un serial killer. Mais dans un sens ou dans un autre, le talent de cet immense acteur est bien là.
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Réalisation : Afonso Poyart
Scénario : Sean Bailey, Peter Morgan et James Vanderbilt, d’après un sujet de Ted Griffin
Direction artistique : Cameron Beasley
Décors : Frank Galline
Costumes : Denise Wingate
Montage : Lucas Gonzaga
Musique : BT
Photographie : Brendan Galvin
Production : Thomas Augsberger, Matthias Emcke, Beau Flynn et Tripp Vinson
La mode de biopics ne semble pas vouloir passer. Certes, on peut toujours argumenter que Life n’est pas vraiment un biopic, simplement un épisode de la vie d’une célébrité, qui de plus n’est pas vraiment le personnage principal du film. Mais tout de même, on assiste à un nouveau numéro d’acteur se métamorphosant en un personnage « historique ». Ici le jeune Dane Dehaan essaye de redonner vie au mythique James Dean. Malheureusement, n’est pas un mythe qui veut.
Autant être clair, je me suis relativement ennuyé devant Life. Et ce pour pas mal de raisons. Déjà parce que le sujet en lui-même n’est pas si passionnant que ça. La relation qui s’établit entre le photographe, le vrai « héros » du film, et son sujet aurait pu apporter une réflexion originale sur la célébrité et le succès. Au final, le scénario ne dit pas grand chose et l’histoire consiste au final en une sorte de concours d’états d’âme entre celui qui tient l’appareil et son sujet. Un sujet exceptionnel certes, mais pas au point de donner à lui seul l’épaisseur nécessaire à un film au final assez contemplatif.
Life souffre aussi de la prestation de Dane Dehaan. Certains l’auront trouvé génial. J’ai trouvé au contraire sa performance beaucoup trop forcée. Il n’est pas rentré naturellement dans la peau de James Dean, il joue, ça se voit et du coup, donne l’impression d’en faire trop. Ceci est souligné par le fait que le seul moment d’émotion forte de ce film est pendant le générique de fin, lorsque l’on voit les vraies photos du vrai James Dean. A ses côtés, par contre, Robert Pattinson est impressionnant de justesse et de maîtrise. Qu’il est loin le temps de Twillight ! Il porte littéralement le film sur ses épaules, mais tout son talent ne pouvait à lui seul combler les manques qui font de ce long métrage un bel objet un peu vain.
LA NOTE : 9/20
Fiche technique :
Production : See Saw Films, Barry Films, First Generations
Le cinéma belge (wallon) nous livre régulièrement quelques films particulièrement décalés. Le dernier en date, Au Nom du Fils, mélangeait comédie, meurtres en série et critique sociale, dans un mélange détonnant rendant le film relativement inclassable. De même, il est bien difficile de ranger Le Tout Nouveau Testament dans une case. A la fois, il y en a-t-il vraiment besoin ?
Bon tout de même, il faut admettre que c’est utile pour les critiques amateurs qui se trouvent du coup bien embarrassé au moment de vous parler de ce genre de film. J’ai longtemps pensé que Le Tout Nouveau Testament était une mauvaise comédie. Ce n’est pas le cas, puisqu’il est loin d’être une simple comédie. Certes, le personnage de Poelvoorde est là pour apporter un vrai ressort comique. Mais il n’est au final qu’un second rôle, certes quelque peu survendu pour les besoins de promotion du film. Ce film reste avant tout une très belle fable humaniste, une réflexion poétique sur la vie, la mort, le sens que l’on donne à notre existence.
La poésie qui parcourt Le Tout Nouveau Testament nous fait pardonner un fond pas toujours très clair ou convaincant. J’aurais par exemple une question : pourquoi le gorille ? Ok, si vous n’avez pas vu le film, vous ne comprendrez pas trop le sens de la question. Simplement, le film manque peut-être un peu de contenu et tombe dans le décalé pour le décalé, sans que l’on saisisse l’intérêt profond de certains choix scénaristiques. Les six apôtres aurait peut-être mérités de n’être que quatre. Mais au final, on se laisse bercer par cette jolie fable qui n’a pas parfois ni queue, ni tête. Mais là encore, y en a-t-il vraiment besoin ?
LA NOTE : 13,5
Fiche technique :
Production : Climax Films, Après le déluge, Juliette Films, Caviar Films, Terra Incognita
Une Palme d’Or est forcément très attendue par un cinéphile. Encore plus quand elle est signé par un grand réalisateur comme Jacques Audiard. S’il a reçu une telle récompense pour Dheepan, on pouvait aisément penser que ce film constituait un sommet dans sa carrière. Mais voilà, le choix d’un jury est forcément subjectif, parfois surprenant, parfois inattendu. De mon côté, il est clair que si j’avais du couronner un film dans la carrière du réalisateur, cela n’aurait pas été celui-là.
Entendons-nous bien, Dheepan est loin d’être un mauvais film, bien au contraire. Le sujet principal, le parcours d’une famille de réfugiés sri-lankais et surtout leur tentative d’intégration au sein d’une cité de région parisienne est remarquablement traité. Evidemment, cette thématique prend une résonance particulière. Mais indépendamment de ça, le film tient un propos non militant, équilibré, sans être totalement distancié. On est réellement en empathie pour ces personnages, mais plutôt grâce à la force de caractère dont ils font preuve, pour leurs faiblesses parfois, mais jamais par misérabilisme ou pitié.
Mais Dheepan tient un propos plus ambitieux. Il nous parle aussi de la situation de certains quartiers que la misère ordinaire à pousser dans les bras de dealers qui font régner leur loi. Je sais que la situation décrite correspond à une réalité dont j’ai pu avoir des témoignages directs. Cependant, Jacques Audiard n’arrive pas à rendre cet aspect là vraiment convaincant. On n’y croit pas. Le seul personnage intéressant de ce côté, le chef de dealers, est passablement sous exploité et son ambiguïté ne pèse pas assez sur l’intrigue.
Dheepan pêche encore plus par son dénouement. Le final laisse quelque peu dubitatif aussi bien sur le fond que sur la forme. L’un comme l’autre ne permettent pas d’adhérer une seule seconde. C’est au final assez révélateur de cette histoire qui semble n’avoir jamais été totalement maîtrisée par Jacques Audiard. Cela n’aboutit pas à un film raté, mais loin d’être totalement réussi, en tout cas inabouti. Au final, Dheepan est un bon film, mais un Jacques Audiard moyen et une Palme d’Or décevante.
LA NOTE : 12,5
Fiche technique :
Production : Why Not Productions, Page 114, France 2 Cinéma
Réalisation : Jacques Audiard
Scénario : Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Noé Debré
En tant que grand consommateur de comics, je devais aller voir ce film. Pourtant, je savais pertinemment à quoi m’en tenir, que ce soit à travers les critiques presse que les échos de ceux qui ont eu la malchance d’y être traînés par leur progéniture. En m’y rendant moi-même, je suis aussi en droit d’émettre un jugement objectif et basé sur ma propre expérience. Et ce jugement est sans appel : Les 4 Fantastiques est un gros navet !
Je ne sais même pas où commencer. Intrigue, personnage, choix visuels, tout est à peu près catastrophique dans les 4 Fantastiques. Rien ne fonctionne. On ne demande évidemment pas à un film de super-héros d’être réaliste, mais on s’attend quand même que le réalisateur nous amène à y croire malgré tout. Là pour y croire, il faut vraiment avoir une foi inébranlable. Les producteurs Marvel n’ont pas l’air de l’avoir d’ailleurs car, contrairement à tous les autres productions de cet univers, il n’y a pas, sauf erreur de ma part, d’apparition de Stan Lee… et surtout aucun scène cachée dans le générique. Ce dernier fait constitue plutôt une bonne nouvelle puisque cela signifie très certainement qu’aucune suite n’est prévu à ce ratage.
Les 4 Fantastiques est le troisième reboot pour une franchise Marvel. Mais comme pour Hulk ou Spider-Man, la nouvelle version est désespérément mauvaise et ne peut supporter la comparaison avec la première version. Et pourtant dans le cas qui nous intéresse, on ne paraît pas de très haut. Cet échec cuisant conduira, espérons-le, Marvel à abandonner totalement l’idée de relancer de zéro des séries qui ont déjà été adaptées. Surtout que pour se démarquer, les scénaristes se sentent obligés de multiplier les trahisons par rapport au comics original, alors que cette fidélité constitue justement une force des films Marvel. A oublier très vite donc !
LA NOTE : 6/20
Fiche technique :
Production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, TSG Entertainment, Marv Films et Genre Films
Distribution : 20th Century Fox
Réalisation : Josh Trank
Scénario : Simon Kinberg, Jeremy Slater, et Josh Trank
Montage : Elliot Greenberg
Photo : Matthew Jensen
Décors : Chris Seagers
Musique : Marco Beltrami, Philip Glass
Durée : 106 mn
Casting :
Miles Teller : Reed Richards / Mr Fantastique
Susan Storm : Susan Storm / La Femme invisible
Michael B. Jordan : Johnny Storm / La Torche humaine
J’aime beaucoup l’humour de Seth McFarlane. Nettement moins sa propension à gâcher ses meilleures idées par d’autres beaucoup moins subtiles, parfois même carrément lourdingues… ou pire scatologiques. C’est donc souvent avec une certaine appréhension que je vais voir ses films qui peuvent être parfois désespérément ratés comme Albert à l’Ouest. Ted fait partie à l’inverse incontestablement des réussites. Lui offrir une suite pouvait cependant faire craindre une fuite en avant dans un toujours plus d’un pesanteur insupportable. Il n’en est rien. Bien au contraire !
Aussi paradoxal que cela puisse paraître pour une pure comédie, Ted 2 est excellent… parce que pas aussi drôle que cela. Ou plutôt, on n’y retrouve pas forcément une quête effrénée des gags qui doivent s’enchaîner à tout prix et le plus vite possible. L’humour est ici plus situationnel, même si le film réserve quand même de vrais moments de premier degré. J’ai sûrement moins souvent éclaté de rire que face au premier, mais j’ai très certainement gardé un grand sourire plus permanent face à un humour, mine de rien, plus subtil.
En effet, à côté de ça, Ted 2 nous propose ce que sait faire de mieux Seth McFarlane. C’est à dire, l’utilisation de tous les archétypes du cinéma ou plus largement de la culture américaine pour les tourner en ridicule. Cela passe parfois par trois fois rien, un détail, une phrase, mais c’est parfois incroyablement bien senti ! Il se concentre vraiment sur cela dans ce film, en oublie le pipi-caca-prout et signe là sûrement son meilleur film de mon point de vue. Il fait même preuve d’un certain talent dans la direction d’acteurs avec Amanda Seyfried pour la première fois un minimum convaincante. Bref, certainement pas la comédie de l’année, mais pour moi, une très bonne surprise par rapport à ce que à quoi on pouvait s’attendre.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique :
Production : Fuzzy Door Productions, Universal Pictures, Media Rights Capital
Distribution : Universal Pictures International France
Voilà près de dix minutes que je suis devant ma page blanche sans savoir comment amorcer ma critique de La Belle Saison. Non qu’il n’y ait rien à dire sur ce film, bien au contraire. Un film trop riche pour trouver facilement une porte d’entrée plus pertinente qu’une autre. J’ai donc du utiliser cet artifice pour me lancer. La réalisatrice Catherine Orsini signe là incontestablement son film le plus marquant et le plus abouti d’une carrière pour l’instant relativement anonyme.
La Belle Saison aborde bien des sujets. Le fil rouge reste une histoire d’amour entre deux femmes à une époque et dans un milieu où cela restait encore difficilement accepté. Enfin, pour bien connaître ce milieu (agricole), je dois dire que les choses n’ont pas forcément autant évolué que dans le reste de la société. Mais justement, le film parle aussi de la fracture entre un monde urbain plus progressiste et un monde rural plus conservateur. Il évoque aussi largement les combats féministes des années 70 ou encore la manière dont l’amour permet de franchir (ou non) les obstacles.
Tous ces sujets sont traités avec plus ou moins de réussite et de pertinence. La Belle Saison n’échappe pas à quelques clichés ou à une vision nostalgique et idéaliste des engagements des années 70 (travers fréquents chez les cinéastes de cette génération). Mais globalement, l’histoire est convaincante et on se laisse porter par elle avec plaisir et intérêt. De même les deux actrices, Cécile de France et Izia Higelin, ont parfois quelques faiblesses dans leur jeu, mais au final, on est séduit par les deux personnages et on s’y attache avec une vraie force. D’un point de vue plus cinématographique, le film recèle quelques belles scènes dont une sur un quai de gare particulièrement réussie. Tout comme le film l’est !
LA NOTE : 13/20
Fiche technique :
Production : Chaz Productions, France 3 Cinéma, Artémis Productions
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