Le flash-back est devenu une mode cinématographique tellement répandue qu’elle en devient exaspérante. C’est désormais quand un film commence vraiment par le début qu’on le remarque. Pourtant, cette frénésie ne doit pas nous faire oublier que cette technique, à une époque où elle paraissait encore innovante, a pu donner de très grands films. Peut-être même le plus grand de l’histoire, avec Citizen Kane, mais aussi d’autres classiques inoubliables comme les Tueurs de Robert Siodmak.
Dans une petite et paisible ville de l’Amérique profonde, débarquent deux tueurs à gage. Ils viennent pour tuer « le Suédois », gérant de la station service. Ce dernier, averti avant leur arrivée, ne cherchera même pas à fuir et se laissera exécuter. Jim Reardon, enquêteur pour la compagnie auprès de laquelle la victime avait souscrit une assurance-vie, va alors mener une investigation pour savoir pourquoi on en est arrivé là.
Les Tueurs est un grand classique du film noir, pour ne pas dire l’archétype. C’est aussi un film puzzle puisque l’enquête prend la forme de différents témoignages sur le passé de la victime, permettant de reconstituer peu à peu un tableau cohérent. Le tout s’achèvera par un vrai rebondissement. Bref, un film à la forme extrêmement moderne, pourtant sorti en 1946, dont on comprend aisément qu’il ait profondément influencé l’histoire du 7ème art. Il constitue également l’apogée de la carrière de Robert Siodmark, également auteur du Corsaire Rouge.
Les Tueurs nous rappelle aussi qu’il était une époque où on ne pouvait être réalisateur sans un vrai sens artistique. C’était l’époque du noir et blanc, où le travail sur l’éclairage donnait sa personnalité à un film. Là aussi, on est devant un modèle du genre, avec des ambiances plus ou moins lumineuses selon le ton de la scène. Les ombres deviennent presque des acteurs à part entière et il se dégage de ce film une beauté esthétique remarquable. On peut bien sûr faire également de beaux films en couleur, mais le noir et blanc garde son charme si particulier, lorsqu’il est talentueusement exploité.
On pourrait éventuellement reprocher à les Tueurs un manque d’originalité quant au fond du scénario. Il est vrai qu’il s’agit d’un film noir à l’intrigue somme toute classique, une histoire de truands, avec une femme au milieu. Mais il faut évidemment replacer les choses dans leur contexte et si ce n’est pas le premier film du genre de l’histoire du cinéma, on était encore à une époque où les codes et les archétypes étaient à inventer. Ce film se situe à l’aube de l’âge d’or hollywoodien des années 50 et 60 dont il peut revendiquer une parcelle de paternité.
Les Tueurs, c’est aussi un casting comme on n’en fait plus. Burt Lancaster – Ava Gardner, voilà un couple historique du 7ème art, à une époque où les effets spéciaux n’avaient pas encore dispensés les acteurs d’être expressifs. Il y a toujours cette impression de « surjeu », comme dans beaucoup de classique, mais il y’a un tel talent à l’écran que l’on n’y prête guère attention.
Les Tueurs est donc un classique qui doit figurer dans toutes les bonnes cinémathèques de cinéphile. Un de ces films qui ont inventé le cinéma et dont on ressent encore l’influence aujourd’hui.
La confiance… Au bout combien de temps l’accorder ? A qui ? Avec quelle preuve ? Voilà, le genre de question qu’heureusement on ne se pose pas tous les matins en se levant. Enfin, il y en a tout de même qui aiment se poser des questions à longueur de journée, mais là n’est pas le sujet de ce billet. Bref, voilà le genre de chose que l’on fait sans trop réfléchir, en se basant inconsciemment sur son expérience passée, influencée aussi forcément par son éducation et sa propre personnalité.
J’ai donc eu l’occasion depuis deux jours de vérifier qu’il faut parfois quand même y réfléchir à deux fois. J’ai toujours considéré que la confiance était quelque chose qu’il fallait accorder au départ et qu’il fallait attendre d’avoir des preuves que la personne n’en est pas digne pour la retirer. Façon peut-être un peu naïve de voir les choses, mais qui fonctionne quand même plutôt bien. Personnellement, j’ai eu plus de retours positifs d’un confiance accordée d’entrée que l’inverse. Mais évidemment, quand on est dans ce dernier cas, cela est particulièrement décevant.
Ma mésaventure actuelle est heureusement dans un cadre professionnel. Si je rumine relativement intensément depuis deux jours, je sais bien que cela va finir par se calmer et que cela ne va pas non plus bouleverser ma vie. De plus, ce n’est pas vraiment une personne, mais plutôt une institution où la responsabilité est diluée qui s’est comporté de manière à mon sens extrêmement malhonnête. N’empêche que sont impliqués des personnes avec qui j’avais des relations très cordiales. C’est sans doute cela le plus dur à encaisser.
Un ancien collègue me disait qu’il ne fallait jamais accorder de valeur à la promesse orale et que seule comptait les engagements écrits. Professionnellement, je viens d’avoir la preuve éclatante qu’il avait raison et que pour le coup, j’ai peut-être été un peu léger. Mais bon après plus de deux ans de collaboration, j’avais l’impression qu’on était au-delà de ça et je m’étais trompé. Que cela me serve de leçon.
Après, faut-il élargir ces principes à la vie de tous les jours ? J’en suis moins sûr. Peut-être que cela me vaudra quelques déceptions plus ou moins amères, mais je continue de penser que le monde est quand même largement plus peuplé de gens biens que de gens indignes de confiance. Alors, ne laissons pas les quelques mauvais exemples gâcher toutes les expériences positives, auquel on pense beaucoup moins facilement.
Percevoir le bon avec la même force que le mauvais, voilà quand même une bonne philosophie de vie.
Le tennis masculin connaît la période la plus faste de son histoire, alors que le tennis féminin atteint des sommets désintérêt sportif et médiatique. Quel contraste ce week-end. Alors que Nadal et Djokovic nous offrait un combat titanesque qui marquera pour longtemps les mémoires, Azarenka triomphait de Sharapova en deux sets secs, 1h22, en finissant sur un 6-0. Ce ne serait pas si grave s’il ne s’agissait pas de la 19ème finale d’un tournoi du Grand Chelem en deux sets sur… les 21 dernières.
Les années 90 avaient été synonymes de grands progrès du tennis féminin. Finis les 6-0 ; 6-0 en finale comme Steffi Graff face à Zvereva en 1988, à Roland-Garros. Puis quelques chose s’est brisé au milieu des années 2000, quand les stars du moment se sont lancées dans un concours de blessures. Et jamais, une relève digne de ce nom n’a pu s’imposer. Du coup, on oublie aussi vite qu’elles sont apparues celles qui rajoutent leur nom aux palmarès des quatre tournois majeurs.
Du côté des hommes, on n’a pas vraiment ce genre de soucis. Le trio Nadal-Federer-Djokovic joue un tennis comme on en a rarement vu. Chaque tournoi nous offre son lot de match à couper le souffle, à un niveau que l’on imaginait pas possible aussi fréquemment sur une si longue période. Et ce pauvre Andy Murray risque de devenir à jamais le joueur le plus talentueux n’ayant jamais remporté de Grand Chelem. Pourtant, de talent, il n’en manque pas et à toute autre époque, il aurait déjà occupé le rang de numéro 1 mondial.
Espérons que très vite le niveau du tennis féminin se rapproche à nouveau de celui des garçons. Mais la barre est placée plus haut que jamais.
Ce soir, Nicolas Sarkozy était en noir. Un costume de croque-mort. Mais quoi de plus normal quand on porte comme lui le deuil. Car si on doit retenir une chose de son intervention télévisée, c’est que le programme qui lui a permis d’être élu en 2007 est bien mort et enterré. Il nous l’a annoncé, le pouvoir d’achat vient de décéder. Demain, on ne travaillera pas plus pour gagner plus, mais on travaillera plus pour gagner autant, voire moins. Tout cela pour un seul et même objectif, lutter contre le chômage.
Il était quand même étonnant de voir un homme politique se renier à ce point sans jamais prononcer le mot « échec ». Car c’est bien de cela dont il nous a parlé ce soir. De l’inefficacité de la politique mise en place depuis 5 ans. De l’erreur dans les objectifs et les moyens. De promesses non tenues. Bien sûr, il aura expliqué que tout cela n’est pas de sa faute, mais celle de la crise et, naturellement, des socialistes et des 35 heures.
Face à lui, 4 journalistes partagés entre incrédulité et dépit. Pourtant, les premières minutes ont plutôt montré un Nicolas Sarkozy plutôt combatif, presque convaincant. Puis est venu le moment de parler de l’augmentation de la TVA. Le moment où il a fallu parler chiffres et propositions concrètes. Le problème alors ne tenait pas tellement dans le contenu, sur lequel on peut être évidemment en accord ou en désaccord, mais de l’impossibilité de rendre le tout cohérent avec les politiques menées jusqu’alors. Chaque contre-argument avancé par un de ses interlocuteurs semblait le plonger un peu plus dans la confusion.
Son bilan, Nicolas Sarkozy le traînera comme un boulet jusqu’au jour de l’élection. Chaque jour qui passe semble nous démontrer qu’il constituera un handicap insurmontable, face à un François Hollande sûr de lui et de son programme. On a assisté ce soir à un enterrement. Celui du Nicolas Sarkozy de 2007. S’il veut encore espérer être réélu, notre Président devra se muer en Phénix. Mais si ça commence à sentir le roussi, pas sûr que quoique ce soit puisse encore renaître de ces cendres.
Bon, j’en ai marre. Il y en a toujours pour les mêmes, toujours les mêmes qui reçoivent fleurs et compliments. Cela suffit ! Un peu de partage, d’égalité, de redistribution. Mais que voulez-vous, quand c’est mérité, c’est mérité… On n’y peut rien et c’est plus fort que nous. Certaines personnes méritent tout le bien que l’on pense d’eux et le confirment à chacune de leur sortie. C’est notamment le cas de George Clooney, au sommet de son art dans The Descendants.
Matt King est un père et un mari distant, pris par son travail d’avocat et la gestion d’un patrimoine familial possédé en commun avec une dizaine de cousins. Mais un jour sa vie bascule quand sa femme sombre dans le coma suite à un accident de bateau. Il va donc devoir s’occuper seul de ses deux filles, âgées de 10 et 17 ans. Et gérer la découverte du fait que sa femme avait un amant.
Si on regarde The Descendants de très loin, on peut se dire que c’est un film sur la mort et le deuil. Il est vrai que ces deux éléments jouent un rôle central dans ce film. Mais c’est avant tout un film sur les vivants, sur ceux qui restent, sur l’existence qui continue et qui n’a aucune raison d’arrêter d’être heureuse. Voici un film qui traite un sujet plutôt grave et sombre, mais avec un recul et détachement qui remettent les choses à leur place. Les morts n’ont pas que des qualités et savoir leur dire au revoir constitue une forme de libération.
The Descendants est un film très émouvant, très bien senti, mais aussi très drôle. On passe un peu constamment du rire aux larmes, mais c’est le premier qui domine largement. Le final est notamment remarquable de sobriété et d’intelligence, avec un magnifique dernier plan, tout simple, mais qui en dit presque aussi long que tout le reste du film. Bref, un film humaniste au propos parfaitement maîtrisé, qui reste très accessible, tout en évitant totalement le piège des lieux communs.
Si le fond ne souffre guère de défauts, la forme est un tout petit peu moins parfaite. En effet, The Descendants souffre de quelques longueurs. Rien de bien méchant, mais avec vingt minutes de moins, le film aurait été encore meilleur. Il y a notamment sur la fin une scène au final inutile, même si elle semble apporter une conclusion à un large pan de l’intrigue. Du coup, le film à du coffre, à défaut d’avoir pleinement du souffle.
Concernant l’interprétation, on retiendra avant tout un nouveau très grand rôle pour George Clooney. Il s’annonce d’ailleurs comme un très sérieux rival pour notre Jean Dujardin national. Les derniers Golden Globes n’ont d’ailleurs pas pu les départager car chacun d’eux est reparti avec un prix, l’un comme meilleur acteur dans une comédie, l’autre comme meilleur acteur dans une tragédie. A moins que Di Caprio ne les mette d’accord. Dans tous les cas, le vainqueur aura bien mérité sa statuette. Mais n’oublions pas à ces côtés, la jeune Shailen Woodley dont les débuts sur grand écran sont particulièrement réussis.
Nominés également pour le meilleur film, réalisateur et scénario, je doute que The Descendants rafle toutes les statuettes. Mais il constitue incontestablement un de premiers très bons films de l’année 2012.
Fiche technique :
Production : Ad HominemEnterprises Distribution : 20th Century Fox Réalisation : Alexander Payne Scénario : Nat Faxon, Alexander Payne, Jim Rash, d’après le livre de Kaui Hart Hemmings Montage : Kevin Tent Photo : Phedon Papamichael Décors : Jane Ann Stewart Son : Jose Antonio Garcia Musique : Dondi Bastone Effets spéciaux : Mark Dornfeld Maquillage : Julie Hewett Directeur artistique : T.K. Kirkpatrick Durée : 110 mn
Casting :
George Clooney : Matt King Shailene Woodley : Alexandra King Amara Miller : Scottie King Nick Krause : Sid Patricia Hastie : Elizabeth King Kaui Hart Hemmings : Noé, la secrétaire de Matt Beau Bridges : cousin Hugh Robert Forster : Scott Barbara Lee Southern : Alice «Tutu» Thorson
Le racisme est un fléau dans le sport, tout le monde pourra en convenir. Que ce soit sur le terrain et dans les tribunes, l’adrénaline ambiante a tendance à pousser aux pires comportements humains. Ces déviances doivent évidemment être combattues et espérons que dans quelques années, plus aucun cris de singe ou symbole nazi n’aura sa place en tribune.
Mais le racisme sert parfois aussi d’excuse à ceux qui n’ont pas l’honnêteté intellectuelle d’assumer leurs actes et leurs conséquences, ou tout simplement d’accepter la défaite. Sans parler même de sanction. Le sport français nous a malheureusement offert deux beaux exemples de complexe de persécution très mal placé. D’un côté, Mourad Boudjellal, le président du RC Toulon (rugby) qui trouve insupportable qu’on lui reproche de parler de sodomie quand il revient sur l’arbitrage d’un des matchs où son équipe a perdu. De l’autre, les dirigeants du Sporting Club de Bastia (football) qui crie au racisme anti-corse, alors que c’est le seul déplacement où une équipe de Ligue 2 peut raisonnablement craindre de voir son bus caillasser.
Le complexe de persécution est évidemment un phénomène beaucoup plus large dans le sport. Le complot venu de Paris est un grand classique. Chaque club au budget modeste va toujours se retrancher derrière l’indémodable « on dérange » dès qu’une décision arbitrale leur sera contraire. Depuis que l’homme joue, l’humanité connaît des mauvais perdants. Mais parfois, ces derniers se retranchent derrière des arguments parfois simplement ridicules, parfois réellement déplacés.
Ni Toulon, ni Bastia ne sont victimes d’un quelconque acharnement. Si ce n’est celui de leurs dirigeants à se couvrir de ridicule et à mériter au final le mépris qu’il dénonce.
Les chiens ne font pas des chats… Voilà, c’était le lieu commun du jour… Bon, pour ce n’est vraiment pas original pour introduire le deuxième film de Goro Miyazaki, le fils de Hayao. Et comme tel père, tel fils (deuxième lieu commun du jour, promis c’est de dernier…), les deux travaillent pour les studios Ghibli. Après, un premier film, Les Contes de Terremer, qui marchait quelque peu dans les traces paternelles, voici la Colline aux Coquelicots, un film qui s’affranchit nettement de l’influence de son aîné.
Pendant les années 60, une partie des élèves d’un lycée se mobilisent pour sauver de la destruction un vieux bâtiment qui leur sert de foyer. Ce combat va rapprocher Umi et Shun. Une histoire d’amour adolescente semble en train de naître. Mais en apprenant à se connaître, ils vont découvrir des éléments de leur passé qui les relient et qui va tout changer.
Un simple élément prouve que l’œuvre du fils n’est pas forcément parti pour ressembler à celle du père : il n’y a aucun élément de fantastique dans la Coline aux Coquelicots. Il s’agit d’une histoire réaliste sur l’adolescence, parcourue d’un peu de nostalgie. Une histoire assez simple, mais pas simpliste, qui réserve beaucoup de surprises et beaucoup de poésie.
Cependant, il est vrai que le principal reproche que l’on peut adresser à La Colline aux Coquelicots est peut-être un léger manque de densité. L’histoire est intéressante, mais pas passionnante. Les personnages sont attachants, mais pas inoubliables. Le tout est porté par un graphisme classique et sobre, exploitant somme toute assez peu les possibilités offertes par l’animation. Ce n’est pas le premier film de ce genre japonais réaliste, mais on est quand même loin d’avoir un sujet aussi fort que pour le Tombeau des Lucioles notamment.
On pourra tout de même apprécier une vision de l’adolescence plutôt réussie, ce qui n’est pas rien quand on connaît le nombre de films qui se plantent totalement à ce niveau-là. On y retrouve beaucoup d’éléments propres à la culture japonaise. Les films d’animation venus de ce pays, et dieu sait s’ils sont nombreux, mettent le plus souvent en scène des protagonistes de cet âge là, que ce soit dans un cadre réaliste comme ici ou pour aller combattre des Chevaliers d’Or vêtus d’armures de bronze. Mais il y a quand même dans ce film quelque chose de beaucoup plus universel, une nostalgie qui pourra toucher n’importe qui. L’histoire est également intemporelle et le lien avec les années 60 est assez ténu.
Graphiquement, La Colline aux Coquelicots se situe dans la tradition Ghibli, au niveau des personnages humains notamment. Mais, comme je l’ai évoqué plus haut, il n’y pas d’imagination graphique foisonnante. Tout se concentre sur l’intrigue. Un tel contraste avec l’œuvre d’Hayao n’est peut-être pas anodin. Il y a sûrement une volonté chez Goro de se démarquer de l’œuvre de son géniteur, histoire de se faire un prénom, comme l’on dit. Surtout que le jeune homme a déjà 45 ans, il serait donc grand temps…
Il faut être cependant honnête et constater qu’une autre différence existe entre les deux œuvres. Une différence de qualité et d’intérêt. Encore une fois, la Colline aux Coquelicots est fort sympathique et se laisse regarder, mais n’a rien à avoir avec des chefs d’œuvres comme Princesse Mononoke ou Porco Rosso. Cela viendra peut-être avec le temps, mais quand on regarde les œuvres de jeunesse d’Hayao, on se situait déjà bien plus haut que ça.
La carrière de Goro Miyazaki reste néanmoins à suivre. Espérons qu’il fasse encore mieux que ce la Colline aux Coquelicots. Mais enfin, c’est déjà pas mal.
Fiche technique : Production : Studio Ghibli, NTV, Dentsu, Walt Disney Company, Toho Company Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France Réalisation : Goro Miyazaki Scénario : Hayao Miyazaki, Keiko Niwa, d’après le manga de Tetsuro Sayama et Chizuru Takahashi Photo : Atsushi Okui Musique : Satoshi Takebe Durée : 91 mn
Bon l’idée de ce billet était de faire un commentaire à chaud du débat de ce soir. Sauf que c’est à ce moment-là que je m’aperçois que je ne suis pas journaliste, parce que les trucs à chaud, ce n’est pas vraiment mon fort. Sûrement mon côté ingénieur scientifique cartésien chiant… Enfin bon, je vais quand même livrer une ou deux impressions.
Déjà, une chose est sûre, dans cette campagne, il y en a un qui a un programme et des idées, et les autres les commentent. Les autres vont forcément finir par sortir du bois, mais en attendant, certains ne sont même pas encore candidats… Mais globalement cet état de fait est une vraie nouveauté par rapport aux campagnes présidentielles précédentes, où la droite avait clairement fixé les principales thématiques. On se souvient notamment de l’insécurité en 2002. Là, même si la campagne s’annonce encore longue, on voit bien que c’est François Hollande qui donne le ton. Le débat de ce soir l’a encore confirmé puisque si les propositions du candidat socialiste ont pu être discutées et même contestées, personne n’a pu lui opposer des idées alternatives précises, puisqu’aucune n’a encore été présentée par qui que ce soit. La prestation d’Alain Juppé fut de ce point de vue là éloquente… pour ne pas dire consternante.
Deuxièmement, si le débat s’est atrocement étendu sur le régime et le supposé changement de personnalité de François Holllande, c’est avant tout parce que son image a tellement évolué que ceux qui le suivent depuis longtemps ont du mal à le croire. Mais elle est désormais bien là, elle s’affirme même un peu plus à chacune de ses sorties. Or, on l’a vu avec Sarkozy en 2007, c’est sur son image au moment d’une élection que l’on gagne cette dernière.
Enfin, le débat de ce soir a quand même montré que si François Hollande maîtrisait très bien son sujet, il était encore possible de le bousculer un peu. Le journaliste de BFM a notamment réussi à révéler quelques points faibles. Bon après, on pourra rétorquer que ce brave homme a une vision quelque peu déformée de la société en plaçant le bas de l’échelle sociale à un revenu de 1700 euros par mois et les classes moyennes à plus de 4 000 euros… quand le revenu médian se situe en France à 1 500 euros.
François Hollande reste donc plus que jamais favori. D’ailleurs, on notera que Alain Juppé a dit spontanément, au début de son intervention, « quand vous serez Président »… Si même Alain Juppé le dit…
Qu’il est difficile de parler de Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes de manière objective, sans faire incessamment des comparaisons. En effet, ce film réussi l’exploit d’être à la fois l’adaptation d’un des plus grands succès de l’histoire de la littérature moderne (succès beaucoup plus mérité que pour Da Vinci Code soit dit en passant) et le remake d’un film européen, sorti il y a moins de trois ans. Ca fait beaucoup et à moins d’avoir vécu dans une grotte depuis cinq ans, on voit mal comment on ne pourrait pas mettre tout cela en parallèle. J’assure donc la part de subjectivité de cet avis.
Le journaliste Mikael Blomkvist est embauché par Henrik Vanger, un des plus riches industriels de Suède, pour enquêter sur le meurtre supposé de la nièce de ce dernier, survenu dans les années 60. Supposé car aucun corps n’a jamais été retrouvé. Le vieil homme est persuadé que le coupable se cache dans sa famille. Pour mener ses investigations, Mikael va recevoir l’aide de Lisbeth Salander, une jeune femme aussi mystérieuse que douée en informatique.
Allez, commençons par mon aparté préféré : les problèmes de traduction. Bon, cette fois, ce n’est pas le titre français qui pose problème, mais le titre original du film : The Girl with the Dragon Tattoo. Un titre qui n’a rien à voir avec le titre du roman en suédois, à la grande colère de la veuve de Stieg Larsson, qui a dénoncé cette édulcoration ridicule. Parenthèse refermée.
Si la question est : Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes est-il une bonne adaptation du roman de Stieg Larsson ? La réponse est oui. Si la question est : Présente-t-il vraiment un intérêt supérieur à la version suédoise déjà sortie sur nos écrans ? La réponse est plutôt non. Enfin, si la question, ce film est-il vraiment digne du talent de David Fincher ? La réponse est pour le coup clairement non !
Il faut savoir que David Fincher a accepté de réaliser Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes, en échange du financement de son The Social Network qui lui tenait à cœur. On est donc face à un film de commande, pas de l’accomplissement d’un rêve d’artiste. Et cela se ressent. Certes, même sans y mettre beaucoup du sien, il arrive à nous livrer un film plutôt brillant, mais sans cette étincelle de génie qu’il arrive à insuffler dans les projets dans lesquels il s’investit vraiment. Du coup, on n’est pas franchement convaincu de la supériorité de cette version sur celle de Niels Arden Oplev.
Certes, l’adaptation suédoise avait parfois des allures de téléfilm… pour la simple et bonne raison que c’était ce qu’elle était à la base. Mais elle arrivait à capter l’ambiance du livre et à lui rester extrêmement fidèle. C’est exactement ce qu’a également réussi David Fincher. Donc de ce point de vue match nul… Sauf qu’il y a quand même quelque chose qui m’a quelque peu gêné. Lorsque j’ai entendu parler du remake américain, j’ai supposé que l’intrigue serait transposée aux Etats-Unis… Et bien pas du tout, l’histoire se situe toujours en Suède. Mais du coup, il est assez ridicule de voir les personnages parler anglais alors que tout est écris en suédois et de sortir quelques mots de cette langue de temps en temps. Cela donne un aspect assez artificiel. Je reste persuadé que ce Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes aurait gagné à être moins fidèle au roman.
Mais là où la version de David Fincher n’a pas su faire la différence, c’est sur le casting. Entre Daniel Craig et Michael Nyqvist, le match est quasi nul. Par contre, Rooney Mara n’a pas pu égaler l’extraordinaire performance de Noomi Rapace. N’allez pas penser qu’elle est pour autant décevante et que ça nomination aux Oscars est imméritée. Simplement, la barre était extrêmement haute. Si la première version fait oublier tous ces défauts, c’est en grande partie grâce à elle, surtout quand on connaît l’importance de son personnage dans la saga Millenium.
Ce Millenium : les Hommes qui n’Aimaient pas les Femmes de David Fincher reste un excellent film avec un scénario fantastique qui fait que l’on ne s’ennuie pas une seule seconde sur les 2h38. Un film parfaitement réalisé, à défaut de l’être brillamment. Un film au casting que l’on applaudirait des deux mains, si on ne savait pas déjà qu’on pouvait faire encore mieux. Du coup, à ceux qui, comme moi, ont lu le livre et vu la première adaptation, je ne sais trop quelle conclusion apporter. Par contre, pour ceux qui n’ont fait ni l’un, ni l’autre, je n’ai qu’un conseil. Et il est excellent, croyez-moi. Vous ne regretterez pas une seule seconde de l’avoir suivi…
… lisez le livre !
Fiche technique :
Production : Columbia Pictures, MGM, Scott/Rudin, Yellow Bird Distribution : Sony Pictures Releasing France Réalisation : David Fincher Scénario : Steven Zaillian, d’après le livre de Stieg Larsson Montage : Kirk Baxter, Angus Wall Photo : Jeff Cronenweth Décors : Donald Graham Burt Musique : Trent Reznor & Atticus Ross Durée : 158 mn
Casting :
Daniel Craig : Mikael Blomkvist Rooney Mara : Lisbeth Salander Christopher Plummer : Henrik Vanger Stellan Skarsgard : Martin Vanger Steven Berkoff : Frode Robin Wright : Erika Berger Joely Richardson : Anita Vanger
Jusqu’à quel point les victoires du passé exonèrent des critiques lors d’un passage à vide ? Voilà une question qu’on ne pensait pas poser au sujet d’Arsène Wenger, tant son statut d’idole du côté d’Arsenal semblait le mettre à l’abri de la colère des supporters. Mais ce week-end, tout a changé après que le public de l’Emirates Stadium ait hué celui qu’il a longtemps considéré comme un Dieu vivant.
On peut trouver cela cruel. On peut aussi dire que cela fait partie du jeu. Mais on peut surtout se demander si cela est vraiment justifié. La saison d’Arsenal n’est pas si désastreuse que cela. Certes, il semble que la qualification pour la Ligue des Champions sera dure à obtenir, mais rien n’est encore fini. De plus, cela vient au moins autant de l’émergence d’une concurrence supplémentaire (Manchester City, Tottenham) que d’une réelle baisse de régime.
Mais les raisons de cette colère vienne de beaucoup plus loin. Les longues saisons sans trophée, une impression de tourner en rond. Longtemps, Arsène Wenger a justifié sa politique basée sur le recrutement de jeunes joueurs comme un investissement pour l’avenir. Tout comme les sommes colossales consacrée à la construction de l’Emirates Stadium. Mais les supporters attendent encore et toujours le retour sur investissement.
Alors oui, les sifflets à l’encontre de Wenger sont injustes et cruels. Mais il faut admettre que l’entraîneur français ne brille pas vraiment pas l’autocritique. Il reste fidèle à ses principes et sa politique, mais force est de constater qu’ils n’amènent plus le club londonien à briller comme au début des années 2000. Le départ en début de saison de Fabregas et Nasri montre bien qu’Arsenal glisse doucement vers une seconde division européenne.
Wenger reste un défenseur du fairplay financier, cher à Michel Platini. Peut-être que son instauration viendra prouve que sa ligne directrice est la bonne. Pas sûr que les supporters de l’Emirates Stadium soient prêts à attendre jusque là.
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