LES DERNIERES CARTES

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nicolassarkozy2La mascarade va bientôt cesser. Nicolas Sarkozy n’attendra pas début mars, comme initialement prévu, mais devrait se déclarer candidat dès la semaine prochaine. A la fois, s’il y a une seule personne qui a encore un doute sur sa candidature, soit c’est un génie visionnaire, soit il devrait consulter. Bref, son premier tract de campagne vient de sortir. Il s’appelle Figaro Magazine.

Depuis plusieurs mois, le Président et son équipe ont tout essayé pour remonter dans l’opinion, mais rien n’y fait. François Hollande continue d’être donné gagnant à 60% et si rien ne change dans les trois semaines qui viennent, ce score risque fort d’être définitif. Il faut donc réagir, même si les vacances qui commencent ne vont pas lui faciliter la tâche. En effet, quand on regarde le calendrier de près, le temps est de plus en plus compté. Cette accélération du planning est donc tout à fait compréhensible.

Mais ce temps limité fait aussi que le candidat Sarkozy n’aura pas beaucoup de cartes à jouer. Il ne faudra donc pas se tromper et frapper juste et rapidement. Cependant, un discours très polarisé constitue une vraie prise de risque. C’est tout ou rien. Certes, le flou n’est pas une tactique très efficace, mais tomber à côté signifie perdre toute chance au moment du sprint final.

L’interview dans le Figaro donne le ton. Faute de pouvoir convaincre par des propositions concrètes, sa dernière intervention télévisée le prouve, il va donc tenter d’amener la campagne sur le terrain des « valeurs ». Travail, famille,… bon on n’ose plus dire patrie, mais le discours ressemble un peu à ça. Il se rapproche surtout d’une frange de la droite qui ne tire pas vraiment vers le centre, c’est le moins que l’on puisse dire. Conjuguée à la dernière sortie de Claude Guéant, on voit bien comment l’UMP essaye de se concentrer sur des thèmes qui vont plaire à son électorat et sur lesquels la gauche ne pourra les suivre (et c’est tant mieux!).

Cependant, le problème pour Nicolas Sarkozy est qu’on ne gagne pas une élection présidentielle avec son seul électorat. Il l’a parfaitement compris en 2007 et c’est d’ailleurs une des raisons de sa victoire, quand son adversaire dépensait une énergie folle à convaincre son propre camp. Plus pragmatiquement, l’UMP semble tout miser sur le premier tour. Faire le score le plus proche possible de celui de François Hollande, voire même le dépasser, en mobilisant au maximum son électorat, semble constituer sa seule chance. Il compte en effet sur l’avantage de celui qui est en tête et qui a tendance à attirer les voix des vrais indécis. Cependant, si l’écart au premier tour est moins abyssal dans les sondages, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. A moins que Marine le Pen ne puisse se présenter… On peut vraiment soupçonner l’UMP de vraiment chercher cette fois-ci que le FN soit absent, malgré tous les beaux discours sur la démocratie.

Cette tactique est extrêmement risquée car elle pourrait figer définitivement la campagne dans un affrontement entre deux visions radicalement opposées. Or, le rapport de force actuel n’est absolument pas en faveur de Nicolas Sarkozy. La proposition d’organiser des référendums, au-delà de leur caractère ridicule et irréalisable (les sujets évoqués ne peuvent pas être raisonnablement tranchés par un simple oui ou non), montre bien comment il cherche avant tout à convaincre ses propres électeurs. Qui a envie d’un référendum sur l’indemnisation des chômeurs à part ceux qui veulent la restreindre ?

On est donc face à un candidat qui ne peut plus que miser sur un coup de poker. Mais vu le jeu qu’il a en main, il ne pourra compter que sur le bluff pour l’emporter. Un tactique qui permet peut-être de remporter quelques parties. Mais un titre prestigieux, c’est moins sûr…

ELLES : Risible

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ellesafficheAh j’ai bien ri devant Elles. Je n’ai pas été le seul, car plusieurs éclats de rire ont raisonné dans la salle venant de derrière moi (vu que je suis toujours au troisième rang) et ce à ne nombreuses reprises. Le signe d’un bon moment partagé par l’ensemble de l’audiance ? Pas vraiment. Le problème ? Ce n’est pas du tout censé être un film comique, mais un film sur la prostitution… Mais j’ai rarement vu un film aussi ridicule à tous points de vue !

Anne, journaliste pour un magazine féminin, enquête sur les étudiantes qui se prostituent pour financer leur cursus et leur logement. Elle rencontre Alicja et Charlotte qui vont se dévoiler de manière très crue, tandis qu’à la maison son couple bat de l’aile. Ces échanges vont la bouleverser et remettre en cause sa propre existence.

Il y a tellement de choses à redire à Elles qu’on ne sait par où commencer. Bon, globalement, si je devais résumer le message de ce film en une phrase, ça serait : il vaut mieux être une pute épanouie qu’une bourgeoise frustrée… Je caricature un peu, mais à peine. La vision donnée par ce film de la prostitution laisse pantois. Bon certes, on reste dans un contexte bien particulier, mais le film semble nier tout caractère traumatisant à cette situation. Bien sûr, on a droit à une petite scène de violence pour montrer que ce n’est quand même pas un métier sans risque, mais ça sonne presque comme un alibis.

A côté de ça, Elles nous narre les états d’âme de cette journaliste de renom, mais franchement… on en a absolument rien à faire. Son grand fils sèche le cours, olalala quelle horreur ! Bon, le but doit être de créer un contraste entre les quotidiens des différents personnages, mais en passant tant de temps sur celui qui n’a justement rien de passionnant, on plonge très vite le spectateur dans l’ennui le plus profond. Globalement, aucun personnage ne fonctionne dans ce film, ce qui finit d’achever toute parcelle d’intérêt dans le propos.

Mais si le fond est désastreux, que dire de la forme ? Là, on touche le fond justement, ce n’est pas peu dire. Elles est un film extrêmement cru, ce n’est pas peu dire non plus. Il est d’ailleurs interdit au moins de 12 ans. Je ne me rappelle pas avoir jamais vu de « golden shower » au cinéma. Bon là, je sais, vous êtes quelques uns à vous demander ce que c’est, mais ne voulant pas choquer les âmes les plus sensibles, je ne l’expliquerai pas ici. Le contenu sexuellement explicite aurait pu avoir un intérêt s’il était au service de quelque chose, mais il n’en est rien. Il est juste là pour masquer un vide abyssal et un propos qui n’en n’est pas un.

ellesElles recèle quelques scènes tellement ridicules qu’on en est gêné pour le réalisateur. Une scène de masturbation dans la salle de bain provoque déjà un début d’hilarité mal venue. Mais le film décroche le pompon du ridicule avec une scène de repas où la journaliste imagine que ses invités sont remplacés par les clients des deux jeunes femmes. Sauf que l’un est nu et joue « Les Feuilles Mortes » que tout le monde reprend en cœur. Certes, cela fait référence à un autre passage du film, mais tout de même, c’est complètement surréaliste tellement c’est risible. Mais de manière générale, l’usage à plusieurs reprises de musique classique pour accompagner des scènes sans intérêt, tout ça pour essayer de leur donner de la profondeur et de la grandeur, montre bien combien Malgorzata Szumowska sombre dans le n’importe quoi artistique.

On est presque peiné de citer les acteurs qui ont participé à ce naufrage. La pauvre Juliette Binoche ne pouvait pas grand chose pour sauver son personnage et sombre gentiment avec lui. Par contre, on retiendra tout de même comme seul et unique motif de satisfaction les performances des deux jeunes filles, incarnées par Anaïs Demoustier et Joanna Kulig.

Au final, si Elles pousse le spectateur à la réflexion, c’est parce qu’il se demande si le fond est bien consternant et la forme risible… ou bien si c’est l’inverse.

Fiche technique :

Production : Slot machine, Memento Films, Liberator productions, Zentropa, Canal + Poland, ZDF
Distribution : Haut et Court
Réalisation : Malgorzata Szumowska
Scénario : Malgorzata Szumowska, Tine Byrckel
Montage : Françoise Tourmen, Jacek Drosio
Photo : Michal Englert
Son : André Rigaut
Musique : Pawel Mykietyn
Costumes : Katarzyna Lewinska
Durée : 96 mn

Casting :
Juliette Binoche : Anne
Anaïs Demoustier : Charlotte
Joanna Kulig : Alicja
Louis-Do Lencquesaing : Patrick
Ali Marhyar : Saïd
François Civil : Florent

ANOTHER HAPPY DAY : Famille, je vous…

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anotherhappydayafficheDans la série des films qui vous font aimer votre propre famille en comparaison avec celle des autres, voici Another Happy Day. Une sorte de mini Festen (toute proportion gardée) à l’américaine, qui dynamite les valeurs traditionnelles de ce beau pays. Une film méchamment drôle, drôlement méchant, mais aussi terrifiant et émouvant.

Lynn arrive avec deux plus jeunes fils, Ben et Elliot, chez ses parents pour une occasion heureuse : un mariage. Il s’agit de celui de son troisième fils, demi-frère des deux autres, qu’elle n’a pas élevé, après avoir fui son ex-mari violent, Paul, avec sa fille. Toute la famille est là, à l’exception de cette dernière qui veut éviter de revoir son père biologique, auquel elle n’a pas parlé depuis sept ans. Il règne une ambiance particulièrement pesante, marquée par les tensions entre Lynn, Paul et sa nouvelle femme, sous le regard d’Elliot qui partage son temps entre les moments de lucidité ironique et l’abus d’alcool et de stupéfiants.

Another Happy Day est le premier film de Sam Levinson, fils de Barry Levinson, le réalisateur de Good Morning Vietnam et Rain Man. J’aurais donc pu commencer ma critique par « dans la série les chiens ne font pas de chats ». Remerciez-moi, je vous ai épargner ce lieu commun. Bon, après, il faut voir si ce film est une façon d’exorciser ce qui se passe dans la famille Levison. Franchement, je n’espère pas pour eux…

En effet, Another Happy Day est un film sur des gens qui se détestent et se méprisent, mais qui sont bien obligés de cohabiter puisqu’ils font partie de la même famille. Et comme pour la plupart d’entre eux, les apparences sont ce qu’il y a de plus important, tout cela donne une montagne d’hypocrisie, de non-dits, de messes-basses et de mesquineries cruelles et méchantes à n’en plus finir. Au milieu de tout cela, Lynn et son fils Elliot ont un grave défaut : ils expriment ce qu’ils ont sur le cœur et refusent de se soumettre à la dictature ambiante.

Il faut dire qu’ils ont de quoi se révolter. Mais comment faire quand votre propre famille ne cherche qu’à vous faire taire, à vous expliquer que tout est de votre faute puisque vous n’acceptez pas de faire comme si. Certaines scènes de Another Happy Day sont quelque part plus violentes que n’importe quel bain de sang, juste par une seule petite réflexion, une compassion que l’on refuse, un geste de mépris presque anodin. Face à cela, un des grands intérêt du film repose sur le contraste entre les efforts désespérés de Lynn pour faire comprendre ce qu’elle ressent et le regard cynique et désabusé d’Elliot.

Avec ce sujet, Another Happy Day aurait pu devenir soit une vraie comédie grinçante, soit un vrai drame psychologique. Sa grande originalité et sa grande force est de se situer entre les deux. Certes, certains passages sont d’une cruauté sans borne, mais le personnage d’Elliot apporte un détachement par rapport aux situations qui nous permet de contempler tout cela avec beaucoup d’ironie. Les « méchants » sont tellement mesquins et au fond malheureux qu’on arrive à rire d’eux, même si on prend évidemment pitié pour cette pauvre Lynn et pour sa fille.

anotherhappydayAnother Happy Day est un film qui va crescendo. Il est vrai qu’on a un peu de mal à rentrer dans cette histoire lors du premier tiers du scénario. Mais au fur et à mesure que l’on se rapproche du mariage, lorsque tous les personnages sont rassemblés et que la tempête peut éclater à tout moment, on se prend au jeu et on exulte devant le spectacle de cette famille très éloignée de l’idéal puritain qu’elle essaye de suivre.

Another Happy Day nous offre une très belle galerie de personnages et par la même occasion une très beau casting. Retenons trois nom : Elle Barkin nous offre une très belle performance qui est peu toujours sur le même registre, mais parfaitement exécutée. Ezra Miller confirme qu’il sait parfaitement incarné les adolescents torturés, après ses prestations remarquées dans City Island (un vrai petit chef d’œuvre bien trop inaperçu) et We Nee to Talk About Kevin. Enfin Demi Moore n’a peut-être le rôle plus subtil et le plus intéressant, mais elle brille par son charisme de vraie star d’Hollywood.

Another Happy Day est donc un film profondément humaniste… mais qui ne nous donne pas vraiment envie d’aimer certains humains.

Fiche technique :
Production : Mandalay Vision, Filmula, Prop Blast Films, Cineric, Taggart Productions
Distribution : Memento Films
Réalisation : Sam Levinson
Scénario : Sam Levinson
Montage : Ray Hubley
Photo : Ivan Strasburg
Décors : Michael Grasley
Musique : Olafur Arnalds
Durée : 119 mn

Casting :
Elle Barkin : Lynn
Ezra Miller : Elliot
Ellen Burstyn : Doris
Demis Moore : Thomas Haden Chirch
Kate Bosworth : Alice
George Kennedy : Joe

SHERLOCK HOLMES : JEU D’OMBRES : Un retour réussi pour le duo Holmes-Watson

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sherlockholmesjeudombresafficheLe premier volet de la nouvelle adaptation des aventures de Sherlock Holmes, incarné par Robert Downey Jr., était loin d’avoir fait l’unanimité et possédait bon nombre de farouche détracteurs. Le nouveau volet, Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres a toutes les chances de produire le même résultat, tant les ingrédients sont les mêmes. Après, tout est une question de goût.

Sherlock Holmes connaît désormais le nom de son ennemi, le Professeur Moriarty. Il soupçonne ce dernier d’être au centre d’une gigantesque machination criminelle. Il fera tout pour l’arrêter, même gâcher le mariage de son fidèle Watson, dont l’aide lui sera précieuse. Et il se jettera d’autant plus dans la bataille que son ennemi menace ceux qu’il aime. Un duel qui pourrait bien changer le cours de l’histoire.

Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres présente tout de même une grande différence avec le premier volet. On n’est plus ici dans le mystère à résoudre. Certes les intentions du Professeur restent longtemps mystérieuses, mais on est avant tout dans une sorte de jeu d’échec entre deux cerveaux géniaux, chacun essayant d’anticiper et de contrer les attaques de l’adversaire. Le célèbre détective a enfin un adversaire à sa mesure dans ce domaine et c’est sûrement cet aspect du scénario qui reste le plus intéressant et qui fait fonctionner ce film.

Un autre aspect confère une dose de charme supplémentaire à Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres. En effet, il laisse une large place à la relation entre le détective et son éternel acolyte. Une relation ambiguë, où les allusions à tout autre chose qu’une simple amitié virile se multiplient. Ceci est fait avec beaucoup de finesse et de subtilité et donne à leur numéro de duelliste un aspect politiquement incorrect des plus savoureux.

En fait, ce qui divise vraiment les spectateurs reste la réalisation de Guy Ritchie. Clip vidéo indigeste, esthétique énergique pour d’autres. Personnellement, elle ne me dérange pas du tout, même si je dois admettre qu’il use et abuse un peu toujours des mêmes effets. Les anticipations de Holmes sont filmées exactement de la même façon que dans le premier volet. Les ralentis sont également toujours autant présents et s’ils donnent quelques très beaux résultats, comme une fusillade dans la forêt, cela tourne parfois au tic cinématographique. Du coup, on peut aisément comprendre que cela en insupporte certains.

Mais de mon point de vue, le principal reproche que l’on peut formuler à l’encontre de Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres repose sur un début quelque peu longuet. Le film dure quand même un peu plus de deux heures, mais a quelque peu de mal à se mettre totalement en route. Heureusement, le rythme va crescendo et nous fait rentrer de plus en plus profondément dans cette intrigue qui au final nous fait passer globalement un très bon moment.

sherlockholmesjeudombresMais Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres, c’est surtout le plaisir de retrouver l’inoubliable duo Robert Downey Jr – Jude Law, qui fait rêver toutes les filles. Comme je l’ai évoqué plus haut, le scénario leur donne vraiment l’occasion de s’en donner à cœur joie et ils ne s’en privent pas les bougres ! Ils s’amusent comme des petits fous, frisent parfois le cabotinage, mais c’est pour notre plus grand bonheur. A leurs côtés, Noomi Rapace, la Lisbeth Salander du Millenium suédois, commence une prometteuse carrière hollywoodienne, même si le rôle lui permet nettement moins de briller que celui qui l’a rendue célèbre. Enfin, Jared Harris, échappé de Mad Men, campe un Professeur Moriarty machiavélique. Mais force est de constater qu’il ne peut rivaliser de charisme avec son adversaire. C’est sûrement une des plus flagrantes limites de ce film.

Comme le premier épisode, Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres reste un aimable divertissement donc la réalisation pourra exaspérer ou apparaître comme un facteur d’originalité. Reste un impayable duo d’acteurs !

Fiche technique :
Production : Warner Bros, Village Roadshow, Silver Pictures, Wigram Productions
Distribution : Warner Bros Entertainment France
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Michele Mulroney, Kieran Mulroney, d’après les personnages de Sir Arthur Conan Doyle
Montage : James Herbert
Photo : Philippe Rousselot
Décors : Sarah Greenwood
Musique : Hans Zimmer
Durée : 127 mn

Casting :
Robert Downey Jr : Sherlock Holmes
Jude Law : Docteur John Watson
Noomi Rapace : Mme Simza Heron
Jared Harris : Pr. James Moriarty
Stephen Fry : Mycroft Holmes
Rachel McAdams : Irene Adler
Paul Anderson : Colonel Sebastian Moran
Kelly Reilly : Mary Watson

CHUTE A L’AVANT

contador

contadorAlors qu’on s’attendait plutôt à un classement de l’affaire, le monde du cyclisme a connu un nouveau cataclysme après l’annonce de la suspension pour deux ans pour dopage d’Alberto Contador, avec au passage le retrait de sa victoire lors du Tour 2010. On peut légitimement considérer que ce n’est que justice. Mais cette condamnation a un léger goût amer.

Déjà parce que le champion espagnol est tombé pour des faits assez mineurs. On est un peu dans le cas, même si la comparaison est un peu déplacée, je l’admets, d’Al Capone, tombé pour fraude fiscale, faute de pouvoir prouver ses autres évidents et beaucoup plus graves délits. On peut d’ailleurs considérer que Contador paye ici avant tout ses liens présumés avec l’affaire Puerto, à travers laquelle il est passé sans éclaboussure. Du coup, au-delà de l’intime conviction, on n’est pas entièrement certain que justice soit faite…

Ensuite, cette condamnation arrive quelques jours après l’annonce de l’arrêt de l’enquête fédérale américaine à l’encontre de Lance Armstrong. Les amoureux du cyclisme plaçait beaucoup d’espoirs dans cette procédure qui aurait pu laver ce sport de sa tâche la plus flagrante. Certes, d’autres poursuites sont en cours, mais cela marque un sérieux coup d’arrêt à tous ceux qui voudraient remettre en cause les sept victoires de l’Américain.

En attendant, le cyclisme continuera de souffrir de cette image de sport de dopés. Peut-être parce que c’est sûrement un des rares sport où l’on cherche vraiment…

LE POIDS DES MOTS

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claudegueantCe soir, au 20h de France 2, lorsque l’on a interrogé Rachida Dati sur les propos polémiques de Claude Guéant, elle a commencé sa réponse par « Les Socialistes… ». On se demande vraiment ce que ces derniers venaient faire là. Cependant, cela venait en échos de « contrairement à la gauche,… » qui avait introduit les propos du Ministre de l’Intérieur. C’est bien la preuve que contrairement à ce qu’il a déclaré, il y a bien un calcul politique derrière tout ça. Surtout quand on connaît le public devant lequel ces propos ont été tenus, l’UNI, syndicat étudiant, qualifié pudiquement par les médias de « très à droite ».

Il y a dans les mots employés par Claude Géant une ambiguïté volontaire visant à brouiller les cartes. Car si on s’en tient à la deuxième partie de sa déclaration, on peut y voir la défense d’un modèle démocratique, humaniste, respectant la dignité des individus et l’égalité des sexes. Mais les termes « supérieures » et surtout « civilisation » cachent un sens beaucoup plus lourd et totalement abject.

Claude Guéant n’a pas dénoncé des modèles sociétaux inacceptables. Il a créé une échelle de valeur, sur laquelle il place l’Occident tout en haut. Peut-être que d’autres modèles sont, dans son esprit, tout aussi valables, mais cela n’a rien d’évident. La notion de supériorité renvoie surtout à des idéologies nauséabondes et cet emploi de vocabulaire n’a peut-être rien d’innocent. Il parle aux instincts les plus bas d’une partie de son électorat… et d’un électorat qu’il aimerait visiblement récupérer.

Enfin, le mot civilisation est sans doute ce qui fait définitivement basculé son propos dans l’inacceptable. En effet, il n’a pas parlé de régime politique ou de gouvernement. Il a employé un terme qui recouvre quelque chose de beaucoup plus large : la culture, l’art, le mode de vie, la langue, une certaine façon de penser… Une civilisation s’inscrit dans le temps et ne concerne pas que des élites au pouvoir, mais l’ensemble d’une population. Et là, on voit très bien ce à quoi son propos cherche à faire implicitement référence. Il est évident qu’il évoquait l’islam et le monde musulman.

Un discours contient ce que l’on dit clairement, explicitement. Puis, il y a les sous-entendus, les non-dits. Ces derniers seront plus ou moins bien perçus selon son auditoire. En prononçant son discours devant des membres de l’UNI, Claude Guéant savait très bien ce qu’ils allaient comprendre derrière ses propos. Maintenant qu’il l’assume et dise le fond de sa pensée au grand jour ! Mais c’est un pas qu’il n’ose pas encore franchir…

…mais il n’en pense pas moins !

DES PROMESSES NON ELECTORALES

franceitalie

franceitalieLe premier match du XV de France dans cette nouvelle édition du Tournoi des 6 Nations était très attendu. Tout d’abord parce que nos Bleus sont encore auréolés de l’héroïsme dont ils ont fait preuve lors de la finale de la Coupe du Monde. Une histoire d’amour née sur un seul match, mais une romance que l’on a envie de poursuivre. Ensuite, ce match constituait aussi les débuts sur le banc de Philippe Saint-André. La victoire fut au rendez-vous, 4 essais à 0, même si bien des questions restent encore posées.

Si le XV de France peut s’appuyer sur une certitude, c’est bien la solidité de sa défense. Parfois dominés territorialement et dans la possession par des Italiens en net progrès, les Bleus ont pliés mais jamais rompus. Par contre, la conquête fut encore une fois moyenne. La touche notamment a été très perturbée par le contre italien. Le 5 de devant a remplis la tâche qui était la sienne sans franchement dominer son adversaire. Ces forces et ces faiblesses étaient déjà présentes lors de la Coupe du Monde, l’impact de Philippe Saint-André n’a pas eu encore le temps de se faire sentir à ce niveau-là.

La ligne des 3/4 a par contre livré un match de très haut niveau… par intermittence. On a alterné actions de très grande classe et fautes de main. Mais globalement, ce secteur de jeu a apporté de belles satisfactions malgré la présence du débutant Fofana et de Malzieu qui n’a jamais réussi à s’imposer durablement sous le maillot bleu. Un essai pour chacun d’eux, la récompense méritée vue la qualité de leur prestation. En tout cas, Philippe Saint-André pourra s’appuyer sur ce secteur de jeu à l’avenir. Les essais en contre ont démontré qu’avec cette ligne arrière, les Bleus peuvent être dangereux même en cas de domination adverse.

Cette victoire contre l’Italie porte donc en elle de belles promesses. Mais on ne doit pas oublier que malgré ses progrès, les Transalpins souffrent encore d’un manque de talent individuel évident. Il faudra donc confirmer tout cela contre des adversaires d’un autre calibre.

FRONTIERE OBJECTIVEMENT SUBJECTIVE… OU L’INVERSE ?

frontieres

frontieresParmi les nouvelles anecdotiques mais qui se font une place dans les journaux, il y a eu aujourd’hui l’histoire de ce maire renvoyé en correctionnelle après avoir giflé un adolescent qui l’avait insulté. On a beaucoup débattu, beaucoup discuté pour savoir si, vraiment, la justice avait besoin de se mêler de cette histoire finalement assez anodine. Après tout une bonne paire de claques n’a jamais tué personne, surtout pas les petits cons. Cette histoire m’a pourtant amené à une réflexion plus large.

Une loi est une loi. Un coup est un coup. Or, donner des coups est puni par la loi. Je crois que personne ne voudrait que ce principe assez simple soit remis en cause. Simplement, nous sommes dans le cas d’un « oui, mais… » ou ce qui suit le mais est tellement long qu’il s’apparente à un nom à un non. Simplement, on n’écrit pas les lois de cette façon. Elles doivent tracer des lignes blanches dont le franchissement constitue une infraction. Après qu’on la franchisse un peu, beaucoup, passionnément ou à la folie, cela ne remet pas en cause la réalité de l’infraction.

En fait, cela pose le problème des frontières. Non, je ne veux pas parler d’immigration. Simplement de toutes les situations où l’on doit fixer une limite, une barrière, un seuil, un maximum, un minimum, appelons ça comme l’on veut. Et dans tous les cas, se pose la question du statut des éléments qui se situent juste à proximité, mais du mauvais côté, de cette ligne imaginaire.

Prenons deux exemples. Personnellement, je travaille sur des problèmes d’aménagement du territoire ou de développement territorial. Si les territoires administratifs ont des frontières bien définies, les « territoires de projet » n’en ont pas de facto, il faut les définir. Je travaille notamment sur un programme qui pousse à recycler localement les déchets. Il a fallu faire un bilan chiffré des entrées et des sorties du territoire que l’on avait défini, le but étant, à terme, de diminuer leur importance. Cela peut paraître un critère simple et objectif pour juger les priorités. Cependant, si on y réfléchit, il n’est peut-être pas plus urgent de traiter le problème relatif à 500 tonnes d’un déchet qui part à 10km de la frontière arbitraire que l’on s’est fixé que 50 t qui partent à l’autre bout du monde. Une solution simple pourrait être de reculer la frontière que l’on s’est fixé de 10km… sauf que l’on retrouvera exactement les mêmes problèmes à la nouvelle frontière. De proche en proche, on finirait par englober le monde entier et on perdrait totalement la notion du local qui présidait le projet de départ.

L’autre exemple concerne tous les automobilistes qui en recevant leur PV se plaignent de payer une amende, alors qu’ils n’ont dépassé la vitesse autorisée que d’un seul kilomètre/heure. Cependant, si on considère, par exemple, que, pour une limitation à 50km/h, on ne sanctionne pas jusqu’à 55km/h (on ne tient pas compte ici des tolérances dues à l’imprécision des mesures), la vitesse maximum autorisée devient de fait 55km/h, et non plus 50 km/h. Et donc, l’automobiliste sanctionné à 56km/h se plaindra à son tour et tout recommencera.

Les frontières imposées par toute règle objective constituent-elles donc une difficulté insurmontable ? Non bien sûr. Pour y arriver, il faut tout simplement un peu de bon sens, de souplesse, de jugement et de discernement. Autant de notions qui semblent extrêmement positives. Sauf qu’elles impliquent forcément une forme d’arbitraire… Bref pour que l’objectivité fonctionne totalement, il faut un peu de subjectivité…

Joli paradoxe…

ETERNELS PROBLEMES

logement

logementAvant parler boulangerie, le grand sujet politique d’hier a donc été le logement. Voilà évidemment un des thèmes qui vont animer la campagne présidentielle. C’est un sujet qui m’intéresse au plus haut point puisqu’en plus d’être directement concerné, payant un loyer exorbitant pour un appartement pas terrible, c’est le domaine dont je m’occupe le plus dans le cadre de mes fonctions hautement prestigieuses de conseiller municipal d’opposition.

Mais ce sujet, et quelques variantes comme celui des banlieues, semble être une sorte de mal chronique auquel aucune solution ne semble pouvoir être apportée. L’autre sujet de ce type est bien sûr le chômage, autre thématique qui va animer les débats qui s’annoncent. Alors, l’élection de 2012 sera-t-elle celle où surgiront enfin des solutions auxquelles personne n’avait encore pensé ? Pourtant, il suffit de consulter la littérature ou la presse pour voir que bon nombre de personnes, experts divers et variés, prétendent connaître la marche à suivre pour sortir de l’ornière. Leur mise en pratique ne doit pas être si simple que ça…

Je suis prêt à prendre les paris que l’élection de 2017 placera encore ces mêmes sujets au cœur des échanges. Evidemment, j’espère que la situation aura évolué favorablement d’ici là. Mais il est illusoire de croire qu’une quelconque baguette magique va venir effacer des problèmes auxquels on se heurte depuis plusieurs décennies. Je reste persuadé que résoudre une difficulté prend d’autant plus de temps que cette dernière existe depuis longtemps. C’est d’autant plus vrai en matière d’urbanisme, domaine où l’inertie est colossale. On ne construit pas un immeuble en claquant des doigts et 5 ans ne suffiront de toute façon pas à modifier la situation dans des proportions qui signifieraient que le problème peut être considéré comme résolu.

Les choses prennent du temps qu’on le veuille ou non. Mais la seule tare de la démocratie représentative est sa difficulté à traiter le long terme. On peut rêver, mais 2012 a peu de chance d’être très différent de ce point de vue là.

DES RENFORTS A DEFAUT DE STARS

thiagomotta

thiagomottaLe mercato vient de s’achever et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a été plutôt calme, aussi bien en France qu’en Europe. On ne peut que s’en réjouir, tant cette redistribution des cartes en cours de saison est aussi superflue qu’éthiquement discutable. Pourtant, on a longtemps cru que la trêve hivernale allait marquer profondément la Ligue 1.

En effet, on pensait que le PSG allait frapper un grand coup et qu’une pluie de stars allait s’abattre sur la capitale. Le triple raté Beckham-Pato-Tevez démontre bien que malgré l’argent des Qatari, le club est encore loin de jouer dans la cour de grands et de pouvoir attirer les meilleurs joueurs du monde. On ne devrait pourtant pas s’en étonner, encore moins s’en plaindre, mais la patience n’est pas la une vertu très footballistique.

Même si la grande star n’est pas venue, le leader du championnat s’est tout de même incontestablement renforcé pendant ce mercato. Le trio Maxwell-Alex-Thiago Motta est composé de joueurs habitués au plus haut niveau européen. Ils devraient apporter un vrai plus au club parisien pour différentes raisons.

Maxwell, un latéral gauche, vient renforcer le poste sans doute le plus faible du club parisien. Sans vouloir faire offense à Tiéné, on tenait là un maillon faible de l’équipe. Et on voit mal un entraîneur italien accepter de voir sa défense considérée comme une faiblesse. Après, ce n’est pas parce que l’on vient du Barca que l’on est un cador et le Brésilien a encore tout à prouver.

Alex débarque à un poste, arrière central, où la concurrence était déjà maximale. On peut donc s’en étonner. Mais il s’agit là d’une valeur sûre au niveau européen, même s’il n’était plus titulaire à Chelsea. Il a été la pierre angulaire de la grande équipe du PSV Eindhoven, demi-finaliste de la Ligue des Champions en 2005… Il est vrai que ça commence à dater, mais le Brésilien (encore un !)  n’a sûrement pas perdu toutes ses qualités. Il faut juste espérer qu’il ne prenne pas la place de Mamadou Sakho, grand espoir du football français qui pourrait voir sa participation à l’Euro compromise.

Un autre international français à de quoi s’inquiéter. En effet, le temps de jeu de Blaise Matuidi risque de diminuer très nettement avec l’arrivée de Thiago Motta. L’Italien d’origine brésilienne (tiens, tiens…) est devenu un pilier de sa sélection. Un titulaire de la Squadra Azurra ne peut décemment pas constituer une mauvaise recrue…

On s’amusera à noter que le deuxième plus gros dépensier de ce mercato en France s’appelle… l’AS Monaco, toujours relégable en Ligue 2. Entre les deux clubs, il y a un monde au niveau des résultats. Mais ils ont au moins le point commun de pouvoir dépenser sans compter…