
La foule se presse au cœur de Manhattan. Depuis quelques minutes, un homme se tient sur la corniche d’un grand hôtel de New-York, prêt à sauter. Une tentative de suicide qui va très vite monopoliser l’attention des badauds, des médias et de la police. Mais l’inspectrice qui négocie avec lui va rapidement avoir des doutes sur ses réelles motivations.
Le synopsis que je viens de vous livrer en dit beaucoup moins long que la très mauvais bande-annonce qui a fait la promotion Dos au Mur. Certes, le scénario reste globalement très linéaire et offre très vite au spectateur beaucoup d’éléments qui lui font comprendre le véritable fond de l’histoire. Mais tout de même, il est dommage, pour un film basé presque uniquement sur le principe « les choses ne sont pas ce qu’elles sont en apparence », de trop en dire puisque cela tue un peu tout intérêt.
Dos au Mur est en fait un film de « casse » très classique. Ce n’est pas tant sur le dénouement qu’il y a un suspense, mais sur le comment vont-ils y arriver. De ce point de vue, le film est assez bien mené, même si on a déjà vu mille fois mieux. Le film nous offre un dernier tiers beaucoup plus tourné vers l’action, encore une fois bien foutu, sans être la séquence la plus spectaculaire de l’année. Globalement, nous sommes là devant un pur divertissement, qui peut faire passer un vrai bon moment si on arrive à rentrer dans l’histoire, en oubliant limites et imperfections.
Paradoxalement, ce qui fait la plus grande force de Dos au Mur fait aussi sa faiblesse. En fait, le scénario déroule son idée de base, assez bonne au demeurant, et ne cherche pas constamment à nous entraîner dans de fausses pistes et surtout sans chercher à entretenir un faux suspense qui aurait ressemblé à de grosses ficelles bien trop visibles. Mais du coup, on peut reprocher au film un sérieux manque d’ambition. Cependant, il vaut absolument mieux qu’il se soit contenter de faire bien, sans chercher à faire mieux, au risque probable d’en devenir mauvais.

Dos au Mur nous propose un casting lui aussi très professionnel. Le trio Sam Worthington, Elizabeth Banks et Jamie Bell s’acquitte de sa tâche sans zèle, mais avec le minimum de crédibilité. Ils ont quand même l’air de prendre un minimum de plaisir à jouer, un plaisir assez communicatif. Ed Harris est lui d’une autre trempe, mais son rôle de « méchant » est un peu trop caricatural et trop peu présent pour que son talent face à la différence. Enfin, un mot enfin sur la révélation de ce film : Genesis Rodriguez. Bon, soyons honnête, ce n’est pas vraiment une révélation artistique, mais plutôt esthétique. Les quelques secondes où on la voit en sous-vêtements pourraient presque justifier à elles-seules la vision de ce film. Quel corps, mama mia !

Restent néanmoins quelques passages vraiment drôles, faisant de la Vérité Si Je Mens 3 un divertissement passable pour soir de pluie. Les éléments du scénarios sont plus ou moins bien réussis. Le meilleur reste l’histoire d’amour entre Patrick et sa contrôleuse fiscale. A l’inverse, les relations entre Serge et son beau-père n’apportent vraiment rien et n’arrachent guère qu’un sourire circonspect. Sans parler d’épisode de trop, ce film fait rentrer la saga dans le rang et une quatrième volet pourrait facilement la faire basculer du côté obscur du navet. 
Comme tous les films basé sur un solitaire obligé de renoncer à sa solitude, El Chino véhicule un message humaniste. Vous vous doutez bien que tout cela ne se termine pas sans que le personnage central ne soit quelque peu sorti de sa misanthropie. Il est délivré avec beaucoup d’intelligence et n’alourdit en rien le film. Il fait même partie intégrale du charme que dégage cette production argentine. Là encore, certains éléments sont plutôt inattendus, à défaut d’être totalement inoubliables. 
La réalisation de Thierry Binisti est sobre et parfaitement au service de son histoire et de ses personnages. Il alterne les passages touchants, drôles et dramatiques avec le même bonheur. Il arrive à insuffler ce qu’il faut de rythme pour arriver à nous faire entrer dans cette histoire entre deux êtres qui ne peuvent se voir et se rencontrer.

Mais cet aspect de la Taupe ne prend vraiment son intérêt que par la merveilleuse façon dont cette tension est visuellement retranscrite à l’écran. La manière dont Tomas Alfredson capte les regards, fait ressortir par des petits riens la nature profonde des personnages fait de ce film une œuvre totalement aboutie. Le travail sur la photographie, la musique et surtout les couleurs démontre à quel point la réussite de ce film ne doit rien au hasard. On est face à un travail cinématographique majeur qui n’est pas là juste pour épater la galerie, mais au service, on l’a vu plus haut, d’un scénario fort et complexe.



Tucker et Dale Fightent le Mal fonctionne à la perfection aussi grâce aux petits à côté. Mine de rien, ce film apporte une petite dose de réflexion sur les préjugés et la confiance en soi. Pas de la philosophie hyper profonde, mais le tout est traité avec assez d’intelligence pour apporter un vrai plus et surtout nous permettre de nous attacher terriblement aux personnages. Cela confirme vraiment la qualité d’écriture d’un scénario dont le titre ne nous le laissait pas présager.
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