
Jacky est fils d’éleveur taiseux, qui soit gérer les blessures du passé. Mais il tient tout de même une place importante dans un vaste trafic d’hormones. L’assassinat d’un agent fédéral qui enquêtait sur le sujet va rendre tout à coup les acteurs de la filières particulièrement méfiants. Les rapports deviennent tendus et l’étau se resserre autour de ce petit monde, qui ressemble à s’y méprendre à une mafia.
Ce film aurait pu s’appeler Le Parrain chez les taureaux. Mais c’est surtout à Il Etait une Fois en Amérique qu’il fait penser. Une histoire d’amitié entre l’enfance et l’âge adulte entre des personnages qui vivent dans un monde illégal et violent. On sait bien que ce genre d’histoire est particulièrement cinégénique et on le pensait réservé aux réalisateurs d’origine italienne. Mais Michael R. Roskam n’a rien à envier à un Sergio Leone ou à un Coppola tant son film est abouti, fascinant, passionnant.
Bon, je m’emballe un tantinet, mais c’est assez mérité. Il y a tout de même une grande différence entre Bullhead et les films que je viens de citer. On n’y retrouve pas ce romantisme, ces décors urbains magistraux et ce sens de l’esthétisme grandiose. On est ici dans le monde de la terre, pour un film noir, poisseux, où la violence dans les rapports humains n’est pas cachée par des manières et des apparences. Du coup, ce film a un côté dépaysant, malgré la proximité géographique, nous faisant découvrir un monde où le cinéma ne nous avait jamais emmené.
Bullhead est donc un film à la fois classique et radicalement original. Il explore également profondément la personnalité de son personnage principal, beaucoup moins séduisant, moins brillant, qu’un Don Corleone, mais infiniment plus complexe. On ressent pour lui une affection plus sincère qu’une simple admiration ou qu’une fascination morbide. Cela donne une vision plus réaliste, plus humaine d’une forme de grand banditisme, qui nous procure tout de même encore une fois le frisson d’une vie dictée par la violence.
Bullhead se démarque par un scénario particulièrement brillant, où la tension est palpable de la première à la dernière seconde. Il est d’une remarquable intelligence en nous dévoilant peu à peu des éléments qui viennent enrichir l’intrigue et nous apporte un regard nouveau sur les évènements qui ont précédé. On rentre totalement dans ce histoire pour n’en sortir qu’après un dénouement certes classique et logique, mais qui conclut parfaitement ce film. Une vraie maîtrise dans l’écriture, à partir d’un sujet qui peut laisser dubitatif.

L’interprétation est à l’image du film, sans esbroufe, pas forcément hyper spectaculaire, mais totalement maîtrisée et aboutie. Matthias Schoenaerts constitue la vraie révélation de ce casting. Et la qualité de sa performance ne se limite pas à son physique particulièrement impressionnant. Son rôle quasi muet (bon j’exagère un peu là) n’aurait pu être aussi convainquant sans un vrai talent d’acteur.
Bullhead est sans doute le deuxième grand film de 2012, après la Taupe. Comme quoi, certains cinémas ne font peut-être pas dans la quantité, mais dans la qualité.
Fiche technique :
Production : Savage Film, Eyeworks, Artemis produtions, Waterland Film
Distribution : Ad Vitam
Réalisation : Michaël R. Roskam
Scénario : Michaël R. Roskam
Montage : Alain Dessauvage
Photo : Nicolas Karakatsanis
Son : Benoit De Clerck
Musique : Raf Keunen
Directeur artistique : Walter Hoevenaars
Durée : 129 mn
Casting :
Matthias Schoenaerts : Jacky Vanmarsenille
Jeroen Perceval : Diederick Maes
Jeanne Dandoy : Lucia Schepers
Barbara Sarafian : Eva Forrestier
Tibo Vandenborre : Antony De Greef
Frank Lammers : Sam Raymond
Sam Louwyck : Marc De Kuyper


Niveau casting, le meilleur acteur de Cheval de Guerre reste de loin… le cheval. D’ailleurs, je trouve dommage qu’il n’est pas été crédité au générique… Je n’ai peut-être pas bien vu, mais il doit bien avoir un nom dans vraie vie et il n’est pas cité… Sinon, ce film nous fait rendre compte que tout le monde vieillit, y compris Emma Watson, qui joue désormais les mères de famille. Si les ans ont ajouté quelques rides, ils n’ont rien enlevé de son talent. Par contre, ce qui m’a vraiment gêne, c’est le fait d’avoir choisir des acteurs anglais, allemands et français pour jouer les différents personnages de différentes nationalités pour finalement les faire tous parler anglais, souvent avec un accent à couper au couteau… Ca renforce la faiblesse de certains passages, en y ajoutant un soupçon de ridicule. 
Mais pourtant les riches consomment plus que les pauvres… C’est du bon sens, c’est mathématique… C’est vrai en valeur absolue, sauf que si on regarde la part des hauts revenus consacrée à la consommation, on voit qu’elle est bien inférieure à celle des ménages les plus modestes. On peut le voir sur ce graphique qui montre le poids de la TVA, et donc de la consommation, dans le budget des ménages. Et encore, cet indicateur minimise le phénomène puisque les produits de première nécessité, qui pèsent plus dans le budget des plus modestes, bénéficient d’une TVA très réduite. Quoiqu’il en soit, si vous avez 1 million d’euros à distribuer, vous stimulerez plus la consommation en donnant 1 000 euros à 1 000 bénéficiaires des minima sociaux, que 1 000 000 à un PDG.
Albert Nobbs est à la fois un film historique et universel. Car si le contexte sociétal est bien daté, les sentiments sont intemporels. Le temps passe, mais beaucoup de gens sont encore obligés de cacher ce qu’ils sont pour avoir droit à une chance de réussir. Le poids du regard des autres joue un rôle très important dans ce film d’une remarquable intelligence et d’une grande sensibilité. On ne peut qu’être touché par cette histoire subtile, parfois surprenante, qui arrive à créer une vraie tension narrative. Jamais le film ne sombre dans la facilité et ne devient cousu de fil blanc. Jusque dans les dernières minutes, on se demande où va nous mener l’intrigue.
La réalisation de Sécurité Rapprochée est plutôt soignée. Comme le scénario, elle est plutôt nerveuse et nous place au cœur de l’action. Cependant, jamais elle ne se transforme en bouilli type clip vidéo provoquant le décès de tous les épileptiques photosensibles de la salle. On avait remarqué le réalisateur, Daniel Espinosa, suédois, contrairement à ce que peut laisser penser son nom, avec Easy Money, film venu du Nord de l’Europe, contrairement à ce que peut laisser penser son titre. Le passage de l’autre côté de l’Atlantique est plutôt réussi et il s’est visiblement bien adapté à l’efficacité hollywoodienne. On peut peut-être simplement lui reprocher une photographie tirant un peu sur le sépia, qui faisait hyper novateur y a dix ans, mais qui tient désormais plus du tic que de la prouesse artistique.
Globalement, si Chronicle fonctionne, c’est parce que le film est rythmé, focalisé sur son sujet et ne se perd ni dans des considérations ésotériques, ni dans des scènes spectaculaires mais qui ne feraient pas avancer l’intrigue ou les personnages. Le film dure un peu moins d’une heure et demi et c’est suffisant. Comme je l’ai dit, le sujet et le film sont limités, mais cette limite est assumée et Josh Tank ne cherche jamais à les masquer artificiellement.

On sent bien qu’Angelina Jolie a mis beaucoup d’elle dans ce film. Dénoncer tout ce qu’on veut, bien au chaud à Hollywood est à la portée de la première star venue. Mais le risque artistique est ici trop réel pour que la démarche ne soit pas d’une totale sincérité. On ne réalise pas un film en bosniaque de plus de deux heures, aussi dur, pour se faire mousser. Surtout que sa réalisation reste d’une sobriété remarquable, entièrement au service de son sujet. Certes, le point de vue reste romanesque, avec toutes les limites que cela suppose, mais Au Pays du Sang et du Miel reste une fiction, pas un documentaire.
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